Êtes-vous sûr de savoir distinguer l’Arctique de l'Antarctique ? Sommes-nous menacés par la fonte de la banquise ou celle des continents de glace sur l'océan ? Y a-t-il une biodiversité importante dans les pôles ? Petite leçon de rattrapage sur l'importance des pôles pour l'humanité toute entière.
Avec Guillaume Massé, chargé de recherche au CNRS, chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle.
Crédits --- « Pour que nature vive » est un podcast produit par le Muséum national d'Histoire naturelle et Création Collective, en partenariat avec le Ministère de la Transition écologique dans le cadre de son programme "Biodiversité. Tous vivants !" et avec le Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Interviews : Vincent Edin Enregistrements : Thibault Delage à l’Arrière Boutique Réalisation : Enky Wave
pour que nature vivent
les podcast du Muséum pour comprendre le
vivant et notre planète vivant notre
planète
[Musique]
mangez quelque chose d'animal n'a jamais
été anodin pour l'homme donc si les
algues venaient à disparaître et bien
c'est toute cette chaîne alimentaire qui
va aussi disparaître vous avez bousillé
tous les forêts en Europe et maintenant
qu'on veut nous couper les arbres pour
nous développer vous nous dites NON
n'écoutez pas on parle souvent de la
qualité de l'air à Paris bah finalement
une partie de ces terres se retrouve au
pôle dans l'océan sur la banquise moi
j'appelle ça la mondialisation de la
pollution si on veut atteindre nos
objectifs de conservation de la nature
on y arrivera pas en faisant des petits
ajustements de notre modèle actuel
pourquoi l'humanité ne pourrait pas
faire en sorte que notre planète soit
habitable c'est un choix de société
c'est à nous citoyen de le faire
vie et défi en milieu polaire avec
Guillaume massé
[Musique]
êtes-vous sûr de savoir différencier
l'article de l'Antarctique et
sommes-nous menacés par la fonte de la
banquise ou celle des continents de
glace sur l'océan y a-t-il une
biodiversité importante dans les pôles
au fond notre méconnaissance des
extrêmes du globe explique sans doute
notre manque de prise de conscience sur
ce qui se passe là-bas et c'est un Thor
petite leçon de rattrapage sur
l'importance d'épaule pour l'humanité
tout entière avec Guillaume massé vous
êtes chargé de recherche au CNRS est
basé à la station marine de Concarneau
station du Muséum National d'Histoire
Naturelle bonjour Guillaume bonjour
Vincent alors peut-être pour commencer
et pour faire comprendre l'importance de
l'Amazonie on emploie souvent l'analogie
suivante on dit que c'est le poumon de
la terre et si on filait cette métaphore
corporelle au fond quels organes
seraient l'épaule
je dirais le cœur
parce qu'en fait au pôle
c'est un peu l'origine de la circulation
océanique donc c'est l'épaule qui vont
faire bouger l'océan et circuler en fait
les masses d'eau au sein de l'océan
après
vous avez parlé de poumons pour
l'Amazonie je dirais c'est le poumon
droit de poumons gauche c'est aussi
l'océan parce que quand on parle de
poumons production d'oxygène on parle de
photosynthèse
et dans l'océan il y a aussi beaucoup
d'organismes qui font de la
photosynthèse
[Musique]
ce qu'on entend évidemment que ce soit
poumon ou coeur c'est qu'il s'agit
d'organes vitaux si on nous enlevait
l'épaule on serait donc dans un état
cataclysmique tout à fait l'épaule sont
vraiment importants en fait pour
l'humanité
et puis à réfléchir à penser poumons
cœur
j'aurais tendance à dire et là en
parlant un peu pollution par exemple que
l'océan c'est pas un rat pendant
longtemps on a considéré que l'océan
c'était un puissant fond qu'on pouvait
diverser en fait tous nos déchets et de
toute façon c'est de manière ultime
c'est là que nos déchets arrivent mais
finalement il faut bien prendre
conscience que l'océan ça n'est pas le
rein de la planète
et donc il faut arrêter de te déverser
des déchets en fait au sein de l'océan
oui parce qu'on ne peut pas l'enlever et
espérer qu'une greffe nous sauvera
miraculeusement je vais continuer le
diagnostic médical avec vous docteur
Masset la grande maladie du moment c'est
le réchauffement climatique et on sait
se réchauffement il touche très
inégalement les zones du globe un monde
à plus un degré 5 comme on en parle
beaucoup ces derniers temps c'est une
donnée globale et ça ne veut pas dire
qu'il fera plus 1,5 degrés de manière
équitable partout dans le monde or on le
sait l'augmentation elle sera plus forte
dans certaines zones et moins forte dans
autres pour l'épaule qu'en est-il et
qu'est-ce que ça va changer
un degré 5 donc qui est un peu la limite
qu'on s'est fixé ou que le GIEC a fixé
pour un monde qui soit
économiquement viable et puis vivable
pour nous
un degré 5 à Paris et ben finalement ça
risque d'être 7 8 degrés à Reykjavik ou
à nous par exemple au Groenland
alors c'est un phénomène qu'on appelle
l'amplification polaire c'est à dire que
avec cette circulation océanique il y a
beaucoup de chaleur qui est présente aux
tropiques par exemple ou à l'équateur
qui est redirigé vers l'épaule donc
toute cette chaleur arrive vers l'épaule
donc que ça soit via la circulation
océanique ou aussi la circulation
atmosphérique parce que les masses d'air
bougent aussi et donc transportent
beaucoup de chaleur vers l'océan alors
cette chaleur un impact par exemple sur
la banquise et pourtant la banquise en
plus d'être à la base de la circulation
océanique c'est aussi un régulateur du
climat parce que la banquise c'est blanc
ça reflète l'énergie solaire on appelle
ça l'albédo et donc si vous commencez à
diminuer la couverture de banquise vous
allez réduire l'albédo et finalement
c'est un peu un effet cumulatif
donc on l'entend très bien pourquoi
est-ce que c'est infiniment plus fort le
réchauffement dans l'épaule qu'ailleurs
quand on sait que on nous dit qu'un
réchauffement a plus 1,5 degrés ça peut
être très grave j'imagine qu'il y a plus
8 degrés c'est catastrophique mais
concrètement donnez-nous à voir vos
craintes
en fait c'est quelque chose qu'on
maîtrise pas encore très très bien mais
ce qui est clair c'est que ce qu'on
appelle le permafrost ou le père gélisol
en français donc c'est le sol qui est en
permanence gelée donc ce sol c'est comme
un grand congélateur
et en fait ce sol a tendance à se
dégeler et la limite du pergélisol a
tendance à monter vers le nord donc vers
le pôle on va parler de l'article et je
pense que ça nous est tous arrivé quand
on a un congélateur qui tombe en panne
on revient de vacances de week-end on
arrive et puis il y a une odeur
insoutenable dans la maison ou dans
l'appartement et en fait c'est justement
exactement ce qui peut se passer avec le
père Gil des sols c'est à dire que quand
vous aviez l'intérieur de votre
congélateur à moins 20 degrés
donc toute la vie était en suspens et
puis ce congélateur se réchauffe et là
la vie reprend son cours et donc toute
la matière organique donc dans le
congélateur la viande dans le sol les
feuilles la tourbe la matière organique
recommence à se faire dégrader et en
fonction des conditions vous avez une
mission à nouveau de CO2 et quand c'est
des zones qu'on appelle anoxique
c'est-à-dire que quand il y a plus
d'oxygène certaines bactéries se mettent
en route et produisent du méthane et le
méthane est aussi un gaz à effet de
serre qui est encore plus puissant en
fait que le CO2
les mécanismes globaux du réchauffement
étant bien décrit je vous propose de
rentrer dans le détail se réchauffement
global il va avoir quel impact pour la
biodiversité des pôles à la fois
terrestre mais surtout marine
moi je m'intéresse à l'importance de la
banque pour les écosystèmes polaires
donc je vous ai dit tout à l'heure vous
réchauffer bah c'est comme un glaçon qui
fond donc vous avez ce couvert de
banquise qui diminue
et en fait ce qui se passe c'est assez
magique si vous regardez sous la
banquise ça un petit peu comme si vous
vous baladiez dans une prairie mais à
l'envers
donc il y a beaucoup d'algues qui
poussent à la base de la banquise et ces
algues en fait sont à la base de la
chaîne alimentaire donc les zones
polaires que ça soit en article au nord
ou en Antarctique au sud sont des zones
qui sont très très productives où il y a
beaucoup de micro-algues donc que ce
soit la base de la banquise ou flottant
dans l'eau autour qui pousse et en fait
c'est microalgues sont après manger par
le crime donc vous avez des des
biomasses extrêmement élevés en fait de
krill donc le Christ c'est une petite
crevette c'est ce que mangent les
baleines mais aussi ce que mange les
manchots ce que mange tout un tas
d'organismes c'est vraiment au centre de
l'écosystème Antarctique
et donc ce kril va manger ces
micro-algues ce cri il va être mangé par
les manchots et ainsi de suite et donc
ce qui m'intéresse c'est de comprendre
en fait l'importance de la banquise
justement pour le krill pour les
manchots pour les baleines puisque la
banquise est en train de disparaître
alors avant d'arriver au à la
disparition de la banquise on est bien
d'accord que très souvent le symbole
pour montrer les périls qu'il y a dans
l'épaule c'est ce fameux
ours blanc sur un bout de glace qui
rapetisse qui rapetisse mais si en
réalité on voulait avoir une image plus
juste il faudrait zoomer sur du krill
oui on trouve que le kril c'est
important pour les baleines ou les
phoques ce qui va remplacer le krill en
Arctique c'est ce qu'on appelle des
copeppes c'est des petits crustacés
aussi quelque chose que tous les jeunes
connaissent c'est dans Bob l'éponge vous
avez ce copehpad qui essaye de voler la
recette
de burger de Bob l'éponge et donc c'est
ça un copipod et des copeppes en fait il
y en a des milliards en arctiques et eux
aussi sont très centraux pour les
écosystèmes donc c'est un peu le même
principe le copehpad va manger en fait
les algues et donc finalement que ça
soit le krill que ça soit les copeuds on
les collecte aussi parce que ils sont
pleins de bons éléments je pense que
vous avez entendu parler des oméga 3 par
exemple donc le krill est vraiment
rempli d'oméga 3 et tout un tas de
d'éléments extrêmement importants et
extrêmement intéressant pour nous donc
on en fait des compléments alimentaires
mais on en fait aussi de l'alimentation
par exemple pour Noël les saumons donc
on va chercher du kril en Antarctique
pour nourrir nos élevages de saumon en
Norvège ou en Écosse ou en France
[Musique]
alors voilà pour les périls moins connu
allons vers le péril le plus célèbre
quand on pense au pôle c'est le la fonte
des pôles et la montée du niveau des
océans comme vous aimez les analogies ce
que vous pouvez à l'aide d'un verre de
whisky nous dire est-ce que c'est la
fonte de la banquise ou celle des
continents de glace qui nous menacent
irrémédiablement
c'est une belle analogie entre
guillemets dans le sens où si vous
faites cette expérience si vous mettez
un glaçon dans un verre de whisky ou
pour les plus jeunes à verre d'eau vous
allez constater que une fois le glaçon
fondu finalement le niveau de l'eau va
pas vraiment avoir changé et ça c'est ce
qu'on appelle en fait la glace à pois
équivalent à un volume beaucoup plus
important donc on a l'impression que ça
va monter mais non ça va pas monter donc
ça c'est l'effet fonde de la banquise
c'est à dire que si la banque qui se
fond ça va avoir tout un tas d'impact
mais ça va pas augmenter en fait le
niveau de l'océan
par contre ce qui est vraiment impactant
c'est quand vous commencez à fondre la
glace qui est stockée sur les continents
donc là on parle de leadin groenlandais
donc la glace continentale au niveau du
Groenland mais aussi en fait bien sûr la
glace qui est présente et stockée alors
c'est des milliards de mètres cubes
d'eau qui sont stockés sous forme de
glace en Antarctique et donc ça c'est
les fameux gros blocs qui finissent par
se détacher du continent et qui dérive
et eux pour le coup augmente le niveau
global des océans oui tout à fait alors
les gros blocs on les voit mais en fait
l'essentiel de la fonte se passe par en
dessous on la voit pas en fait c'est
comme si vous aviez des rivières
souterraines qui se donnaient dans
l'océan Antarctique et les phénomènes
extrêmes que l'on observe en ce moment
où on nous explique qu'il y a plus de 32
degrés d'amplitude par rapport à
l'habitude que l'été du coup la banquise
ne se reconstitue absolument pas est-ce
que pour vous c'est irrémédiable est-ce
que ça veut dire par conséquent qu'on on
va avoir une disparition totale de la
banquise non c'est pas tout à fait vrai
je pense que c'est intéressant en fait
d'utiliser cette histoire de disparition
de la banquise pour vraiment alerter les
gens mais si on veut vraiment être
précis il y aura toujours de la banquise
en hiver
mais par contre ce qu'il n'y aura plus
c'est ce qu'on appelle la banquise
pérenne c'est-à-dire c'est la banquise
qui survit à l'été et ça en article on
s'achemine vers cette situation en
Antarctique la plupart de la banquise
font en été on a une très très grande
surface de banquise en hiver mais par
contre elle quasi disparaît en été sauf
dans certaines zones
[Musique]
comment on va revenir plus globalement
sur l'épaule et les océans petite leçon
de rattrapage à l'usage de celle et ceux
qui nous écoutent est-ce que vous pouvez
nous rappeler la différence entre
l'article et l'Antarctique lequel est au
nord et au sud l'article c'est le Nord
si je devais le décrire c'est un océan
qui est bordé par des continents
et l'Antarctique bien sûr c'est le sud
et en fait là c'est l'inverse c'est un
continent qui est bordé par un océan
donc ça c'est vraiment la grosse
différence bien après il y a des petites
choses comme
vous verrez jamais un ours polaire en
Antarctique
les manchons
d'après vous en article ou en
Antarctique
tout à fait on parle de pingouins en
Arctique donc le pingouin torda par
exemple mais les manchots c'est en
Antarctique allez puisque vous me parlez
des manchots il y a une autre
conséquence inattendue du réchauffement
climatique c'est leur faible
reproduction alors est-ce que vous
pouvez nous expliquer l'étonnante
réaction en chaîne qui s'est mis en
route pour qu'on en arrive à ce triste
résultat qu'est-ce qui contrarie leur
leurs ébats amoureux
vous savez que en Antarctique il peut
faire très très froid le manchot est une
espèce qui est vraiment super adapté je
dirais c'est un peu le bulldozer de
l'Antarctique il est capable de
supporter en fait des températures qui
sont très très froides par contre avec
le réchauffement climatique
d'habitude il pleut jamais il pleut en
péninsule Antarctique ça arrive mais
dans les zones qui nous intéressent
principalement c'est à dire dans la zone
française donc il faut savoir que la
France est possessionnée en Antarctique
donc à la station Dumont d'Urville
et donc beaucoup d'études s'y passent et
ce qui est clair c'est que il pleut
jamais
sauf ces dernières années et ça c'est
certainement dû justement à un
réchauffement des températures ce que
vous pouvez dater ces dernières années
les années qui ont été vraiment
catastrophiques c'est 2017 et 2018 sur
une échelle très très récente alors
c'est arrivé de pleuvoir il y a
certainement des accidents parce que le
climat c'est pas forcément non plus une
chance exacte mais il a plu en fait ces
dernières années et en fait les poussins
de manchots ne sont pas étanches
donc ils sont mouillés et leur
résistance après au froid si on se
trouve à moindrie ainsi de suite donc il
y a il y a ça qui joue et puis après il
y a aussi la banquise et ça c'est mon
travail
la banquise il en faut mais pas trop
c'est un juste milieu on Antarctique de
l'Ouest c'est très clair on a une
diminution flagrante en fait la surface
de banquise en Antarctique de l'Est on
est incapable de le dire et en fait ce
qu'on sait par contre c'est qu'il y a de
très très fortes variations d'une année
à l'autre donc une année vous allez
avoir une banquise qui est très très
étendue et là finalement le manchot
maman ou papa manchots vont devoir faire
des grandes grandes distances pour aller
se nourrir et revenir en fait au nid
donc sur le continent pour nourrir leur
poussin donc ça c'est trop et quand il y
en a pas assez mais finalement je vous
parlais de ces algues qui vivent à la
base de la banquise quand il y en a pas
assez le cri n'a pas mangé suffisamment
de sésale et en fait c'est ses algues
qui sont des meilleures aliments et qui
rendent le kril beaucoup plus
intéressant en termes de nutrition
et donc finalement ils vont aller pêcher
du krill il y en aura moins
et donc ils ont du mal à fournir une
alimentation de qualité à leur poussin
aussi donc tout ça ça joue en fait que
ça soit le climat directement mais aussi
la banquise indirectement
[Musique]
[Musique]
pourquoi est-ce qu'on arrive pas à
expliquer ces variations de banquise il
nous manque quoi il ne manque des
capteurs il nous manque des gens sur
place une partie de la réponse c'est que
quand nous on va en Antarctique ces 10
jours de voyage
[Musique]
donc ça en fait c'est juste pour vous
faire comprendre en fait que c'est parmi
les zones les plus reculées de la
planète
et donc les études qu'on y fait ben
finalement de je dirais fatalement elles
sont beaucoup moins nombreuses que
celles qu'on va pouvoir faire sur le
littoral métropolitain et donc ça coûte
beaucoup d'argent et tout ça fait que on
n'a pas suffisamment de données il faut
qu'on intensifie les recherches
justement pour pouvoir comprendre
pourquoi il y a cette dichotomie entre
l'Est et l'Ouest en Antarctique alors on
commence à le savoir mais typiquement on
est très fort en modélisation en France
et donc on modélise le climat et ça
c'est des choses qu'on n'arrive pas à
expliquer à la des modèles il faut
encore qu'on aille à la pêche aux
données qu'on y mette des capteurs des
flotteurs tout un tas de choses qu'on
est débrises glaces en fait pour aller
prendre des mesures et ainsi de suite
pour pouvoir justement répondre à ces
questions qui sont extrêmement
importantes
ce faisant vous serez l'héritier
indirect de Charcot qui était un eau
brillant pionnier dans l'exploration des
pôles il y a environ
100 ans quand Charcot faisait ses
voyages des effets du dérèglement
climatique n'étaient pas visible du tout
en tout cas pas l'œil nu et pas pas de
façon flagrante
à quoi peut servir le fait de retourner
sur les traces de Charcot est-ce que son
voyage a eu un intérêt pour
l'observateur scientifique que vous êtes
aujourd'hui et à quoi servirait un
voyage en 2022 alors j'aime bien le fait
que vous ayez cité Jean-Baptiste Charcot
c'est
[Musique]
[Musique]
[Musique]
et en fait moi j'aimerais beaucoup y
retourner 120 ans après
parce que effectivement maintenant on
observe des changements ça a beaucoup
changé c'était dans la péninsule
Antarctique donc c'est la zone qui c'est
le plus réchauffé en Antarctique
et j'aimerais reconnecter des poissons
des bivals et ainsi de suite et en fait
aller voir dans les collections du
Muséum et comparer il y a quelque chose
qui est intéressant chez les poissons
par exemple c'est que les poissons ont
en quelque sorte une oreille à
l'intérieur de cette oreille il y a une
sorte d'os
et cette hausse on appelle ça un
autolyte
en fait c'est un peu comme la boîte
noire du poisson dans le sens où si vous
le coupez vous regardez c'est un peu
comme une des cernes d'arbres
vous pouvez en fait regarder la
croissance du poisson vous pouvez même
en fait en regardant certains éléments
comme l'oxygène à l'intérieur de cette
hausse
et le long de ces cernes de ces Street
croissance vous pouvez même reconstruire
en fait les températures à l'époque où
ils vivaient donc un spécimen qui a été
collecté par Sharko au début des années
1900 ça va être comme un enregistrement
de température mais aussi on va voir en
fait comment ce poisson grandissait à
cette époque là
et en fait si on y va en 2022 avec tous
ces changements et qu'on fait la même
chose à ce moment là on verra si le
changement climatique il a eu un impact
sur la croissance de ce poisson et
typiquement il y a des espèces de
poissons qui sont extrêmement
importantes pour les écosystèmes donc en
ciblant ces espèces là on va pouvoir
essayer de comprendre si le changement
climatique a eu un impact sur la
croissance de ces poissons qui sont eux
aussi très importants pour les chaînes
alimentaires là-bas
[Musique]
comme vous êtes un scientifique très
rigoureux vous ne partez pas avec un a
priori vous ne savez pas d'ores et déjà
si les poissons ont une croissance
extrêmement forte ou si au contraire ils
ont rapetissé vous savez pas si ce sont
disséminés si ils voyagent plus
facilement que que par le passé vous
attendez d'être émerveillé parce que
vous allez voir quoi je ne serai prédire
ce que on risquerait de trouver et je
pourrais faire une analogie avec où je
travaille donc à la station marine de
Concarneau à Concarneau il y a beaucoup
de pêche à la sardine et à l'heure
actuelle les pêcheurs viennent nous voir
ils nous disent ah je ne comprends pas
la sardine elle est beaucoup plus petite
qu'avant
ça nous pose un problème
et là on commence à comprendre que pour
cette sardine les conditions de l'océan
sont extrêmement importants puisqu'elles
vont influencer sur la disponibilité de
sa nourriture donc du phytoplancton et
du zooplancton
et que la résultante c'est que la
sardine elle est trop petite pour les
pêcheurs
et donc de la même manière tout ce que
vous évoquez depuis le début de
l'épisode sur
le krill et les coquillages de Bob
l'éponge dont le nomméchappe leur
raréfaction pourrait évidemment avoir eu
un impact sur la croissance ou non des
poissons oui bien sûr et finalement la
pêche au kril pour aller nourrir de
soumon c'est pas notre seul lien avec
l'épaule sur le plan de l'alimentation
ou de la ressource mais si on part sur
le climat ce krill comme c'est une
petite espèce il a beaucoup de
prédateurs et en fait la nuit
et remontant surface le jour il descend
par contre le jour il va s'alimenter en
algue ces algues elles ont capté du CO2
pour leur croissance donc c'est un puits
de CO2 elles vont capter le CO2 dans
l'océan donc c'est CO2 va se dissoudre
de l'atmosphère vers l'océan va se
transférer aux algues et en fait le kril
va manger ça le jour le cri le dessin
alors là vous avez quand même un
ascenseur un CO2 on va dire puisque
après quand le cri de meurt ou les
fesses de ce krill sont dans l'eau ils
vont descendre beaucoup plus rapidement
donc c'est un peu la ascenseur assez de
ça aussi c'est un service auquel on
pense pas en fait et quand on va
prélever du crime et ben cet ascenseur
il marche moins bien
[Musique]
[Musique]
pour nous quitter tout à fait on a fait
un rapide tour d'épaule et on a observé
beaucoup de ses habitants sauf les
humains on dit que c'est une zone
désertique mais c'est faux il y a
évidemment des humains il y a les Inuits
et en l'espèce depuis que la modernité
est arrivée chez eux ce que nous on
appelle la modernité est arrivé avec un
certain nombre de travers notamment
alimentaires avec de la junk food et
pour vous le fait que leur alimentation
traditionnelle était remplacée par de la
junk food bah c'est une excellente
analogie du revers de la modernité et du
progrès expliquez-nous ça voilà tout à
fait donc les Inuits en Arctique sont
carrément frappés de plein fouet à la
fois par le changement climatique mais
effectivement par l'impact que nous
habitons du Sud avance sur eux
alors comme vous le disiez on leur a
apporté nos mauvaises habitudes
alimentaires c'est pareil comme c'est
des habitants de l'extrême donc les
Inuits sont extrêmement adaptés à leur
environnement et donc depuis
des siècles se nourrissent
traditionnellement d'animaux de phoques
de baleines
d'oiseaux de mer
et en fait
ces ressources sont très très riches en
lipides par exemple et c'est lipides ils
sont hyper importants pour tout ce qui
est développement du cerveau pour le
cœur en fait tout ce qui est santé
cardiovasculaire et finalement eux
puisqu'il mangeaient quasi exclusivement
ces aliments et qui maintenant se tourne
vers les burgers vers les aliments ultra
transformés et ainsi de suite qui
contiennent bien moins de quantités en
fait de ces lipides intéressants chez
huiles intéressantes et ben finalement
le revers de la médaille c'est qu'ils
sont beaucoup plus malade ils ont
énormément de problèmes de santé
cardiovasculaire et ainsi de suite et
ainsi de suite
alors il continue à manger en partie
leur alimentation traditionnelle
mais tout à l'heure j'ai évoqué en fait
que l'océan c'était pas un rein
et je dirais lorsqu'on démarre sa
voiture à Paris par exemple et ben
finalement on va empoisonner
les Inuits au nord du Canada ou au
Groenland parce que finalement je vous
ai parlé tout à l'heure du transfert de
chaleur par l'atmosphère mais en fait on
transfère pas que de la chaleur on
transfert aussi certains polluants qu'on
aimait dans l'atmosphère et on parle
souvent de la qualité de l'air à Paris
m'a finalement une partie de cet air se
retrouve au pôle et va retomber là bas
dans l'océan sur la banquise et ainsi de
suite et là on parle de métaux lourds de
mercure de plomb même si maintenant on
roule à l'essence sans plomb en fait il
y a tout un tas de métaux lourds qui se
retrouvent sur la banquise dans le
milieu marin et finalement comme les
Inuits ils mangent des aliments ou des
animaux qui sont en haut de la chaîne
alimentaire vous avez ce qu'on appelle
un processus de bio accumulation
c'est à dire que les algues vont
accumuler une petite partie des
polluants et puis finalement les copapod
Bob l'éponge les copains en fait vont
concentrer ces polluants encore plus et
ainsi de suite et ainsi de suite jusqu'à
par exemple l'ours polaire qui est mangé
aussi par les Inuits traditionnellement
qui vont ensuite avoir énormément de
polluants dans l'organisme et dans leur
viande et donc si vous analysez le sang
d'un Inuit et bien vous allez retrouver
tout un tas de polluants du mercure et
ce mercure en fait vous avez dû entendre
parler de la maladie de Minamata au
Japon et ben typiquement en fait les
méthyles mercure sont très toxiques et
impactent en fait sur le développement
des jeunes Inuits et ainsi de suite ça
veut dire qu'en fait si je résume ce que
vous venez de nous dire on leur a
apporté une double peine c'est-à-dire
non seulement leur apporter une
nourriture non appropriée mais en plus
on a entre guillemets perverti ou
souillé la leur quoi tout à fait
moi j'appelle ça la mondialisation de la
pollution en fait
[Musique]
dans cet épisode vous venez d'écouter
Guillaume massé chargé de recherche au
CNRS chercheurs au Muséum National
d'Histoire Naturelle interviewée par
Vincent
[Musique]
pour que nature vivent
un podcast produit par le Muséum
national d'histoire naturelle et
création collective en partenariat avec
le ministère de la transition écologique
et le ministère de l'enseignement
supérieur de la recherche et de
l'innovation
pour la réédition du livre avant que
nature meurt de Jean d'orst Robert
Barbot professeur au Muséum a écrit une
postfast intitulée pour que nature vive
qui a inspiré le titre de ce podcast