8 Vues de vidéo·26 mai 2024 #ecologie #environnement #nature Et si une vision optimiste de la préservation de la nature était possible ?
Au travers d'exemples de mobilisations concrètes, de la sauvegarde de la tortue Hermann, seule tortue terrestre française, au Balbuzard pêcheur, en passant par les récifs coraliens de Polynésie française ou le marais de Brouage en Charente-Maritime, l'ouvrage "Convivialité. L'alliance avec la nature" nous invite à repenser notre vision de l'écologie et les liens avec le vivant qui nous entoure.
En présence des trois auteurs, découvrez comment respecter et habiter notre planète autrement, et comment interagir avec les humains, animaux et végétaux qui la peuplent en toute humilité et convivialité !
Au programme ---
00:00 Introduction
01:59 La genèse du livre "Convivialité. L'alliance avec la nature"
03:47 Comment définir la convivialité ?
06:10 Regarder autrement la nature : respecter toutes les formes de vie
23:20 Habiter autrement la Terre : créer un vivre-ensemble convivial avec la nature
34:54 Interagir autrement avec le vivant : agir pour les humains, les animaux et les végétaux
42:56 Questions-réponses
53:44 Conclusion
Avec ---
- Patrick Blandin, ancien professeur d'écologie générale du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris et président d'honneur du Comité français de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) ;
- Frédéric Ducarme, enseignant-chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle, secrétaire général de la chaire Outre-Mer de Sciences-Po Paris et scaphandrier scientifique ;
- Damien Marage, forestier de formation, est docteur en sciences de l'environnement, professeur des universités en géographie et membre du Conseil national pour la protection de la nature.
Rencontre "L'alliance avec la nature" du 18 mars 2024 à l'Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution, animée par Aurélie Luneau, journaliste à France Culture.
Crédits ---
© MNHN, 2024
#ecologie #environnement #nature
rencontre aujourd'hui vous l'aurez
compris autour d'un livre ce livre
convivialité l'alliance avec la nature
donc paru aux éditions de l'Atelier et
en présence des trois auteurs un ouvrage
qui dans le contexte souvent morose hein
il faut bien l'avouer sur le front
environnemental et climatique et bien
propose une vision optimiste une vision
positive de la préservation de la nature
au travers de récits d'action et de
mobilisations concrètes iser sur nos
territoires des exemples de de partage
he de l'espace entre vivant humain et
vivant non humain et c'est aussi un un
appel à à retisser des liens avec la
nature alors quand même rappelons que la
nature on en fait partie hein et et
c'est un appel à à écouter à respecter
sa diversité en toute humilité à entrer
en convivialité avec les autres espèces
interagir repenser notre relation avec
elle et le tout à travers des histoires
qui qui montre combien tout cela est
possible à côté de chez nous ou au bout
du monde avec nous donc Patrick Blandin
bonsoir bonsoir merci d'être avec nous
vous êtes ancien professeur d'écologie
générale du Muséum national d'histoire
naturelle et président d'honneur du
Comité français de l'UICN l'Union
internationale pour la conservation de
la nature àau côté Frédéric ducme
bonsoir bonsoir vous êtes enseignant
chercheur au Muséum secrétaire général
de la chair outrem de sciences pour
Paris et scafandrier scientifique on va
comprendre que toutes les histoires qui
parlent aussi d'océan ou de récif on
vous les doit et puis Damien marage
bonsoir bonsoir vous êtes forestier de
formation docteur en sciences de
l'environnement professeur des
universités en géographie et puis membre
du Conseil national pour la protection
de la nature voilà je crois que vous
savez presque tout sur nos auteurs
entrons dans le vif du sujet première
question peut-être pour tous les trois
quelles étaient vos vos vos intentions
vos ambitions de départ et est-ce qu'on
peut parler en fait de ce livre comme
d'un manifeste éthique Patrick Blandin
écoutez le nous représentons aussi au
sein du Comité français de l'UICN un
groupe de travail qui s'intitule avec
beaucoup de prétention éthique en action
et nous avons une grosse part de notre
travail de ces dernières années a été de
bâtir à manifeste le proposer à tous les
membres du comité qui l'ont adopté et
c'est donc un document qui qui pose les
bases de éthique de de nos
activités l'idée est venue que ça
pourrait peut-être intéresser le grand
public mais quand on a présenté ici ou
là le manifeste très institutionnel
évidemment très formel on va dit non
c'est pas ça d'où l'idée euh d'un livre
vraiment destiné au plus large public
possible et donc est très vite venu
l'idée de mettre en valeur les actions
que les membres et les affiliés du
comité français du scenne mène sur le
terrain et effectivement aussi bien en
métropole que dans bien d'autres terres
plus ou moins lointaines donc idée de
recueillir vraiment des expériences de
terrain des démarches et les mettre en
perspective par rapport à tout ce que
nous avions mis en avant dans le dans le
manifeste donc voilà à peu près la la
démarche et un dernier petit point c'est
que l'an dernier c'était le 75e
anniversaire de la fondation de lun à
Fontainebleau et que cela nous créait
une échéance qui nous obligeait à être
très très rapide et voilà donc ce fut
une aventure forte alors convivialité ça
peut surprendre quand même comme titre
sans tomber pour autant dans les bons
sentiments utopique quelle définition
donnez-vous tous les trois à ce mot dans
votre démarche
réond c'est un terme alors qu' a qui a
beaucoup de résonnance et conotation on
fait exprès de pas de pas trop le
définir pas faire trop de travail
théorique dans le livre pour le laisser
un peu un peu neutre et ou en tout cas
naïf c'est un terme qui évidemment les
philosophes savent qu'il a été théorisé
par Ivan on fait exprès de faire aucune
référence à
Ivan pour le laisser dans dans sa
virginité la convivialité on sait tout
ce que c'est on est content d'avoir des
gens avec qui manger euh d'avoir des
invités et il y a cette idée qu'on est
un peu des invités sur terre et et donc
ça se distingue surtout de beaucoup
d'autres modalités par exemple tout à
l'heure on parlait avant l'émission de
de de collaboration la collaboration
idée d'un travail qu'on fait ensemble en
vue d'un but bah là c'est juste vivre
ensemble alors on voulait pas le vivre
ensemble parce que lui aussi il y a
plein d'usages politiques et cetera donc
voilà on voulait un terme qui qui n'a
pas de qui n'appartient pas à une
chapelle philosophique particulière et
qui évoque le fait qu'on qu'on vit
ensemble en fait c'est même la si on
veut être savant c'est la tradution
latine du grec symbiose qui est aussi
cidée de vivre ensemble mais ici avec
des connotations plus plus plus
généreuses et plus populaires euh oui
Damien marrage peut-être un point et
quoi de plus convivial lorsqu'on est
lorsque nous sommes à table alors à
table avec avec les les autres les
autres vivants on est on est plus vite
on est plus vite rassasi on est plus
vite on arrive plus vite à saciéter
lorsque le repas est convivial et donc
c'est aussi une invitation euh à être à
arriver plus rapidement heureux
ensemble lorsque nous sommes réunis
vivants et
euh humain et et non humain à cette
table donc construire un un mieux vivre
ensemble un chemin que que l'on découvre
possible grâce à votre livre et avec
toutes ces actions menées par des
individus en différ différents endroits
du monde et donc il faut préciser que ce
livre s'appuie justement sur ces actions
concrètes des membres et des experts du
comité de l'UICN du comité français donc
on va on va peut-être en découvrir
certains exemples plus précisément en
regardant justement la façon dont vous
nous faites entrer dans cette
convivialité vous nous parlez de
regarder et de respecter la nature
autrement
c'est-à-dire Patrick Blandin
et
bien je vais faire une référence à
quelque chose qui est ancien au sens que
ça remonte à 1982 où figurez-vous
que l'organisation internationale qui
réunit tous les états de cette terre a
promulguer une charte pour la nature
dans laquelle il est dit que toute forme
de vie mérite le respect et donc c'est
au fond cela que nous avons voulu
illustrer en seant la question et en
montrant
comment à différentes échelles depuis
des petits organismes discrets jusqu'à
des grands
écosystèmes de belle ampleur et de de
haute diversité et bien notre première
démarche devrait être le respect donc
comme c'est pas toujours le cas le
respect de toute forme de vie le respect
de toute forme de vie alors ça va très
loin ça on pourra peut-être en discuter
avec vous mais c'est important de se
dire que c'est pas seulement les espèces
emblématiques c'est pas seulement voilà
les écosystèmes merveilleux de là-bas
mais il y a le prê de chez nous où il
faut aussi respecter donc une invitation
à à décentrer son propre regard hein
c'est ça pour accorder de la valeur à à
toutes ces formes de de vie qui nous
entoure alors on peut peut-être
commencer à entrer dans des exemples
Frédéric ducme la tortue Herman allez
alors c'est le premier c'est le premier
chapitre qu'on a écrit la tortue D'man
pour ceux qui la connaissent pas c'est
c'est la seule tortue terrestre
française qu'on trouve essentiellement
dans le massif des morts dans le
Var et donc en tant que seule tortue
terrestre française voilà elle a une
certaine originalité évidemment c'est
pas c'est c'est on a fait exprès aussi
dans le livre comme disait Patrick ce
côté toute forme de vie mérite le
respect et pas seulement les tigres et
les ours blancs donc du coup il y a pas
de chapitre sur les tigres et les ours
blancs parce que vous savez tous ce
qu'il y a à savoir sur les tigres et les
ours blancs inversement la tortue d'
Herman ben elle vous pouvez la
rencontrer assez facilement vous risquez
de rouler dessus cet été en vacances et
donc il y a une vraie convivialité avec
elle que vous avez pas forcément avec
les ours blancs en tout cas je vous le
souhaite voie d'extinction quand même
enfin ou en danger alors elle est en
danger mais elle se porte mieux
justement parce que comme le raconte le
le le livre il y a eu des efforts de
conservation qui ont été faits euh alors
elle est relativement bien protégé hélas
dans le massif des morts le il est
surtout connu ce massif vous le
connaissez sans doute par les médias
parce que tous les étés c'est souvent là
que ça brûle et effectivement bah les
tortues ça court pas très vite et donc
quand la forêt brûle la tortue elle
brûle avec ou si elle brûle pas avec
elle n'a tout simplement plus rien à
manger après l'incendie et donc elle
meurt de faim si elle a survécu
l'incendie elle meurt de faim donc c'est
c'est une espèce effectivement qui est
qui est al qui est moins menacée par les
hommes maintenant parce qu'elle est
protégée mais qui est menacée
indirectement par le réchauffement
climatique par les incendies et cetera
et par le le son habitat maintenant est
relativement bien g mais comme on dit
aussi on a mis 100 ans parce que c'est
au congrès de 1923 qu'il y a eu les
premiers appels à protéger cette espèce
ici même peut-être même dans l'ancêre de
cet
amphithéâtre et il a fallu en fait des
décennies et des décennies pour mettre
en action une une vraie action publique
parce qu'évidemment encore une fois la
petite tortue D'man elle est bien
modeste elle a pas la chance d'être
aussi belle qu'un tiggre et pour
convaincre les institutions de de
protéger une espèce comme ça ça met
beaucoup plus de temps que pour une
espèce charismatique Damien marage allez
quelques exemples al moi j'ai j'ai
relevé la Massane ou la moule perlière
on peut parler des deux hein c'est vrai
que regarder regarder autrement c'est
c'est aussi cette forme de cette forme
de respect que l'on doit avoir pour
toute forme de vie y compris les plus
insignifiantes ou ou même les les
invisibles parce que figurez-vous c'est
ce que vous avez derrière derrière moi à
l'écran vous avez là une une moule une
moule d'eau douce et oui ça existe he il
y a pas que les les moules de de bouchot
euh il y a aussi des moules d'eau douce
alors il y a deux grandes espèces de
moules d'eau douces et en particulier
une moule ici qui produit des perles
figurez-vous que moi-même hein j'ai
appris en en en écrivant ce ce chapitre
des des tas de choses sur là alors je
connaissais la biologie de cette espèce
tout à fait particulière je vais y venir
mais surtout que bah avant tout
simplement que soit on on mette des
perles de pacotill ou bien qu'on aille
chercher des perles des perles dans des
dans des dans des organismes marins et
bien en fait les perles que revêit nos
grands de ce de de nos royaumes et bien
en particulier hein j'évoque la robe
d'une certaine Catherine de mdicis qui
était constituée de 32000 perles de
cette
espèce alors sachant que en gros il y a
un taux de un un sur un sur 10000 donc
vous imaginez il a fallu ouvrir à peu
près 32 millions de moules pour
constituer cette robe qu'elle portait au
moment du baptême de son fils au château
de
Fontainebleau cette espèce elle est
absolument insignifiante c'est-à-dire
que vous vous promenez dans la campagne
ici c'est plutôt dans le dans des dans
des dans des paysages de du Limousin
voilà c'est une petite un petit cour
d'au un affluent de la de la Vienne euh
vous vous promenez vous ne voyez pas
cette espèce elle est totalement
invisible et qui plus est dans son cycle
biologique qui est très complexe et
bien le la petite moule met entre 7 à 15
ans à se développer avant que réellement
elle émerge du substrat et qu'on puisse
l' voir alors le revers quand même de ça
parce que c'est sa très très grande
longévité hein c'est plusieurs dizaines
voire en tout cas entre 100 parfois 150
ans hein donc c'est un organisme qui vit
extrêmement longtemps mais qui a une
biologie très très complexe et on a
voulu mettre en avant ce euh ce ce ce
mollusque euh ben tout ça simplement
aussi pour faire être surpris euh par
ces par cette invisibilité et laisser
aussi divaguer notre imaginaire comme
comme le disait Frédéric l'idée c'est n
pas forcément de de tout décrire par le
menu c'est un un livre grand public on
raconte des histoires et et d'ailleurs
là je voudrais faire une une une incise
euh vraiment vraiment là je tiens à à
remercier au nom de au nom de nos de mé
de mes deux colistiers et puis au nom du
du groupe de travail éthique en action
au nom du Comité français du ICN
vraiment tous ces membres qui nous ont
répondu et et et et avec qui on a
échangé pour pouvoir euh vraiment
rédiger euh
C histoires ces belles histoires ouais
parce que c'est c'est des hommes et des
femmes aussi hein exactement parce qu'il
faut préciser quand même que cette moule
perlière on la retrouve donc au plateau
des mil vaches elle a quand même
grandement disparu de France et il en
restait très peu elle est menacé
d'extinction en effet oui exactement et
c'est l'initiative de Gilbert cocher il
faut saluer qui a décidé d'interpeller
de sensibiliser de recenser justement ce
qu'il restait aujourd'hui de de de ces
perles d'eau douce enfin de ces moules
perlières d'e douce en France et et qui
a obtenu un plan d'action pour la sauver
hein c'est ça un plan d'action national
tout à fait donc finalement on peut dire
que l'arme c'est aussi de faire
connaître la situation c'est de
médiatiser de montrer le danger
d'extinction de ce qui constitue un un
patrimoine naturel et et un symbole ben
je dirais que
les les les femmes et les hommes dont on
dont on cite les ici on on relate les
histoires finalement c'est c'est à la
fois des médiateurs mais a quelque part
j'ai envie de dire des entrepreneurs de
la cause de la convivialité c'estàdire
c'est par leur truchement
que on arrive à enfin que vous découvrez
la vie la biologie de ces espèce ce
qu'on y fait comment comment on les on
les conserve comment on les on les
sauvegarde l'exemple de la tortue c'est
pareil hein ça fait intervenir des des
acteurs voilà qui
uvrent pour pour sa sauvegarde et là
c'est c'était le la même chose pour le
la moule la moule perlière moule
perlière qui a une biologie tellement
elle est tellement sensible on parle de
c'est un très bon indicateur biologique
de la la qualité des cours d'eau donc
imaginez il faut moins de un milligam de
nitrate dans l'eau pour qu'elle puisse
accomplir tout ou partie de son cycle
biologique or on sait
que les pratiques agricoles souvent ont
tendance à utiliser des nitrates et donc
réduisent d'autant plus la la la la
répartition des cours d'eau favorables à
à son maintien d'où l'importance de
sensibiliser aussi pour pouvoir
s'attaquer ensuite aux causes he des
destructions et de la rupture souvent de
cette continuité écologique on va
pouvoir en
parler Frédéric ducme on peut parler du
cas de de Brouage en charante maritime
peut-être face à l'île- de Ray puisque
là aussi il y a un bel équilibre
écologique un lieu qui est
rendez-vous qui qui est un rendez-vous
des oiseaux migrateurs et dans ce
lieu-là véritablement l'histoire de de
tous ces hommes ces femmes de de ceux
qui décident de de s'unir hein et et
d'univers professionnel différent est à
l'œuvre pour pour pouvoir sauver ce
marais oui j'ai fait les deux chapitres
qui portent sur des zones humides
puisque je suis plongeur j'ai pas
tellement l'habitude moi de des marais
euh d' je j'ai hélas je me suis encore
jamais rendu dans le marais de Brouage
alors heureusement j'ai pu discuter avec
les les personnes sur le terrain qui
travaillent sur cet espace j'aimerais
bien y aller un jour du coup parce que
ça m'a donné envie euh il est
intéressant ce marê parce qu'il vraiment
une histoire et ça montre aussi tout
comment le bah l'histoire
environnementale est en chassée dans
l'histoire
humaine donc c'était évidemment le la
mer dans les temps anciens a monté et
descendu des des dizaines de fois donc
c'est des zones très très plat de des
des charantes Maritimes et cetera où ce
Marat a été un un Marat salant on
cultivait le sel et c'était un endroit
important pour le sel et puis finalement
il s'est envasé il était plus propre à
faire du sel donc il a été abandonné
étant abandonné il a été colonisé par
des oiseaux euh et donc c'est devenu un
endroit important en fait comme il y
avait encore des installations humaines
ça faisait un endroit extrêmment il y
avait beaucoup d'habitats différents
c'était très
morcelé il y avec des bassins avec
différents niveaux de salénité
différents niveaux aussi de de terre et
cetera donc ça faisait une grande gamme
d'habitats et après euh dans les années
il a il a été remis euh en état à partir
du 19e siècle euh et et donc maintenant
il est à la fois c'est à la fois un lieu
agricole euh où on cultive notamment où
on élève plutôt euh des vaches qui
étaient connu au 2e siècle parce que
c'était parmi les premiers à faire du
lait comme elle pouvait être dehors très
tôt et euh et aujourd'hui en fait l'eau
remonte comme vous savez que la montée
des océan et donc ces marais commencent
à se resaliniser les terres aussi se
resalinisent et une partie des terres
sont plus plus propre à l'agriculture et
à l'élevage et donc la question c'était
qu'est-ce qu'on fait est-ce qu'on fait
des systèmes de dig en gros est-ce qu'on
se bat contre l'océan à la Hollandaise
ou est-ce qu'on laisse l'océan reprendre
une partie de ses espaces en fait donc
il y a eu un arbitrage local et ça c'est
intéressant parce que c'est aussi un
exemple de démocratie locale et
d'habitants qui prennent en main leur
espace en bon qu'est-ce qu'on fait on a
ce phénomène de la mer qui monte on peut
mentionner l'implication de la LPO le
conse Conservatoire du littoral la
communauté d'agglomération de Rochefort
océan et puis le Conservatoire d'espace
naturel de nouvelle- aququitaine qui se
mettent ensemble et qui décide d'agir
agir aussi parce que avant ce cette
question de euh de réchauffement
climatique et de de de de montter des
EAU en tout cas de l'adaptation des
territoires côtiers et la mer qui
revient il y avait aussi de grandes
craintes face aux élevages intensifs
hors sol et et au à la
céréaliculture intensive bien sûr pour
répondre à ces besoinsl et là vraiment t
tous ceux qui que j'ai mentionné se sont
vraiment impliqués ont œuvré
ensemble en coopération j'allais dire en
toute convivialité en tout cas pour pour
préserver cet endroit unique oui et je
pense que ça c'est assez représentatif
donc de l'esprit du livre et et aussi de
du Comité français de l'UCN c'est-à-dire
le
essayer de penser la subtilité le le
champ de l'écologie aujourd'hui est très
politisé facilement radicalisé il y a
beaucoup de clans comme ça qui se qui
s'affrontent sous le regard amusé du
grand capital euh et le et là par
exemple entre une agriculture qui est
celle de l'élevage extensif de
pleinchamp et une autre partie de
l'agriculture qui est celle en fait
simplement de du maïs planté en
monopécifique évidemment ça a pas du
tout le même effet sur l'environnement
donc dans les deux cas on est dans le
cadre de l'agriculture mais en fait
c'est de deux modèles agricoles
radicalement différents sachant que le
maïs est fait pour nourrir des bêtes qui
sont enfermés alors oui c'est produit
plus de plus de viande mais évidemment
une viande de moins bonne qualité et de
moins d'intérêt et avec un impact
surtout écologique bien plus fort et
donc là aussi le but est pas de de de de
de jeter le Arau sur l'agriculture en
général mais de montrer comment deux
modèles et bien cohabite de manière
assez différente avec la biodiversité
évidemment dans le champ de maïs champ
de maïs c'est quand même un milieu assez
homogène et pas très intéressant pour la
biodiversité alors que du du pâurage
extensif ça permet en fait aux oiseaux
de bah eux aussi de de de de vivre avec
avec les bêtes sachant qu'il y a même
des oiseaux qui vont déparasiter les
bêtes et c'est il y a une vraie
convivialité même même une symbiose pour
le coup donc convivialité dans le monde
du vivant humain et dans le monde du
vivant non humain lorsque on se rend
compte aussi à travers vos histoires que
vous nous sensibilisez à à ce qu'on ne
voit pas c'estàdire la nécessité de
prendre en compte l'invisible et
l'obscure et là on peut plonger avec
vous parce que vous êtes scafandrier
hein quand même c'est aussi une autre de
vos de vos qualités on va dire et donc
partir sur les récifs coraliens
surprenants au fond de l'océan donc en
pollinisée
française oui là on documentait les les
travaux assez intéressants d'une équipe
de plongeurs qui qui est assez célèbre
qui s'appelle under the Po qui se fait
connaître en faisant des plongées
justement sub glaciaire d'abord au Pôle
Nord puis au pôle Sud et en fait là
aussi tout le monde connaît les récif de
corail au moins de
réputation c'est là où les gens qui ont
la chance et l'envie et l'envie de
partir en vacances en avion vont pouvoir
soit juste se baigner soit carrément
plonger découvrir ces écosystèmes
merveilleux et donc ces écosystèmes ils
sont assez bien connu le réif de de cor
même si c'est sans doute les plus
complexes de notre planète mais en fait
ils sont connus jusqu'au profondeurs où
on plonge et donc ils sont aussi
protégés jusqu'aux profondeurs où on
plonge et en fait au-delà de 30 m comme
personne n'y va on sait pas trop ce
qu'il y a et ça n'intéresse plus grand
monde et c'est et puis et surtout c'est
pas protégé en fait on protège les sites
de plongé or et ben la vie elle descend
elle descendre parce qu'ilelle a pas de
palier de décompression et donc la vie
descend jusqu'au fond or ces gens-là ont
documenté il y a plusieurs équipes he
qui font ça dans le monde documente donc
tout ce qui se passe au-delà de la
profondeur maximale de plongée on n' pas
les mêmes espèces pas les mêmes enjeux
et on a aussi du corail y compris du
corail qui fait de la photosynthèse
parce qu'en fait la photosynthèse va
descendre beaucoup plus profond qu'on le
croyait alors c'est des coros très
spécifique et donc ces zonesl il faut
les documenter pour pouvoir aussi les
protéger surtout qu' qu' elles sont
connectées en fait au reste c'est que
les poissons eux ils s'arrêtent pas à 30
m les poissons et d'ailleurs un des un
des résultats des équipes qui font ça
c'est de voir qu'en fait les tous ces
poissons tropicaux des récifs de corail
dont on croyait que si vous ouvrez un
livre on vous dit bah oh il descend
jusqu'à 30 40 m non c'est le plongeur
qui descend à 304 m en fait ces poissons
coraliens on retrouve les même à 120 m
et ça personne le savait parce que
personne nétait allé voir et euh et donc
c'est voilà connecter en fait les
espaces qu'on connaît à des espaces
qu'on connaît moins y compris penser la
conservation de tes deux espaces et leur
relation euh c'est une chose importante
et en fait voilà que la que la
protection de la nature dépasse là où
porte notre regard et aille aussi à ce
qu'on ne peut pas voir directement mais
qu'on peut comprendre d'où le le
l'attention que vous portez aussi aux
techniques destructrices he de de pêche
notamment et et aux exploitations aussi
au projets d'exploitation des
faux-marins ce qui nous fait basculer
tout naturellement de comment regarder
et respecter ce vivant à comment habiter
autrement aussi Patrick bland he sur
cette notion d'habiter autrement la
terre en recréant un un lien de
proximité entre l'espèce humaines les
animaux et les végétaux
oui on pourrait retenir de ce qui vient
d'être dit c'est
que avec notre regard nous pouvons
accorder aux autres vivants des valeurs
et ce qu'on a mis en avant C trois
valeurs la première c'est la valeur
d'existence qui est déjà dans dans cette
citation que je vous ai donné de de la
la Charte de l'ONU voilà le droit a
existé pour pour tout vivant et puis et
on le sent au travers des exemples qui
ont été donné il y a des espèces ou des
milieux qui nous rappellent des choses
du passé qui nous racontent des
histoires qui sont des histoires de la
vie et de son évolution et donc de ce
fait on peut leur accorder une valeur de
mémoire et puis et là on a l'exemple
avec les les récifs dont on vient de
parler qui sont en profondeur qu'on
connaissait très mal mais qui méritent
un des exister de d'être respectés eux
ils ont en outre une valeur d'avenir
parce que ils sont peut-être là en
solution pour des moments difficiles
pour ce qui nage un peu au-dessus mais
qui va pouvoir descendre donc voilà on a
on a cette combinaison de de regard et
du coup comment habiter avec tout ce
tout ce monde là et la première idée
c'est de se dire puisque les les
composants de la nature nous les
respectons
comment nous organiser dans l'espace
comment nous allons nous occuper
l'espace pour leur donner toute la place
auquel ces espèces ces milieux ont droit
du fait de leur valeur d'existence et de
leurs autres valeurs donc comment
organiser l'espace pour au fond faire de
la place au monde sauvage Damien marage
un exemple qui vous tient à cœur alors
oui j'ai j'ai j'ai choisi ce soir je
vais pas parler de forêt parce
que je suis effectivement on m'a
présenté comme comm forestier de
formation forestier aussi de de cœur et
et je et je continue dans mes travaux de
recherche à étudier les forêts et j'ai
rédigé voilà dans dans cet ouvrage La la
plupart quion tous les articles qui
concernent des exemples qui touch les
forêts à travers le monde on a parlé de
la Massane tout à l'heure on a parlé
vous avez évoqué Aurélie la Massane parl
question a des forêts sèches des forêts
sèches de Nouvelle-Calédonie la forêt de
fontaine BL bien
entendu mais tout ça je je vais les
laisser de côté ce soir et là j'ai
plutôt choisi un un exemple qui me
tenait à cœur c'est c'est celui vous
avez sous les sous les yeux c'est celui
d'un d'un oiseau d'un grand rapace
migrateur qui est un un aigle pêcheur
qui est quasiment le seul aigle pêcheur
que nous avons en Europe he qui est le
balbusard pêcheur et figurez-vous que
cette voyez c'est une photo du une d'un
nid euh de balbusard avec le balbusard
au nid euh et euh c'est pas euh c'est
pas en Mauritanie ce n'est pas euh euh
ce n'est pas dans des grands espaces
sauvages euh que
niche cette espèce
elle niche dans des marais dans les
marais de de l'esson dans les marais de
la Juine à proxy imité immédiate de de
corbeill et sonne on est à à 3 km de
corbeill et sonne donc au au au bord de
au bord de la scène en île-defance et
voyez que cette espèce sauvage je répète
un un aigle un aigle pêcheur et bien il
trouve il on lui a pas dit tiens viens
nicher ici non c'est lui-même hein
lui-même donc le couple qui a choisi ce
lieu pour nicher il en avait sûrement
d'autres à disposition il a choisi
celui-ci pour un certain nombre de de
raison de de sûrement de de qualité de
la ressource de quantité de la ressource
de
quiétude bref un certain nombre de
paramètres qui lui permet de d'accomplir
bah toute sa tout son tout son cycle
biologique d'élever d'élever ses jeunes
puis ensuite de repartir parce que je
disais c'est un Agle migrateur donc il
il va repartir en en en Afrique
subsaharienne pour passer la mauvaise
saison et ce cet oiseau et bien il
cohabite
avec les populations
humaines et alors il faut préciser que
il existait en France mais qu' avait
disparu de France au 19e siècle tout à
fait donc c'est quand même un retour
qu'il fautal absolument donc comme quoi
quand on aménage quand on
ménage des
espaces plutôt de quiétude une certaine
configuration de de l'espace qui qui
permettent à des espèces de trouver leur
place parmi nous là aussi en toute
convivialité et y compris dans des on va
dire des espaces des des des des aires
urbaines hein voilà là avec une
sauvegarde et vous et vous le raconter
on rentre à chaque fois dans ces
histoires et on les lâche pas donc c'est
vrai que je j'ajoute un petit peu mon
grain de sel hein si je peux me
permettre mais c'est vrai que c'est une
histoire de sauvegarde aussi du Marais
euh avec une volonté politique aussi
local avec un travail mené par le
Conservatoire départemental des espaces
naturels sensibles euh et dont le
département se dote en 94 enfin voilà
c'est vraiment là aussi une chaîne
humaine une labellisation euh via via la
liste verte des airs protégées et
conservver de l'ICN donc c'est vraiment
toutes ces énergies voilà qui se et ces
envies qui qui se combinent pour euh
permettre à ce balbusard pêcheur de
revenir en fait en France métropolitaine
oui oui tout à fait euh c'est c'est
vraiment des histoires à chaque fois
incroyables finalement enfin faire
surgir de de ce qui était on on on dit
pas je pense on ne dit pas assez euh ce
qui est fait et et parfois ce qui fait
fait bien et et là je trouve qu'on a on
a eu l'opportunité grâce aux éditions de
l'Atelier et de de le faire ou de le
raconter de de de pouvoir euh mettre sur
le devant de la scène des histoires qui
peuvent peut-être qui peuvent peut-être
ou banales ou euh ou disons pour le
grand public voilà pas forcément de
grand intérêt mais en réalité il y a
derrière ça des des femmes des hommes
qui s'engagent euh pour euh ces espèces
et en particulier ici pour laisser des
espaces à disposition de ces espèces et
en retour en retour la collectivité les
habitants la collectivité ici on cite le
marais de fontené on pourrait suciter
enfin parler de l'autre marais euh et
bien à chaque fois ça permet aussi
d'engager les jeunes au travers de
l'éducation l'environnement parce que
vous voyez cette photo c'est quoi c'est
tout simplement une une prise d'une
webcam qui est installée et qui permet
aussi de faire découvrir ces espèces la
biologie de ces espèces auprès du plus
grand nombre et en particulier
sensibiliser les jeunes publics donc ce
ne sont pas des petites histoires mais
de grandes histoires pour pour ce vivant
qui assure notre propre sur survivance
on peut le dire en tout cas on on dépend
de ce vivant pour notre propre devenir
il faut le rappeler donc nous étions à à
Fontenis le viicomte on va continuer à
voyager avec vous Frédéric ducarmme
allez je vous laisse au choix soit vous
nous parlez du désert des Agriates au
nord-ouest de la Corse ou le cas de la
rivière Yvette euh qui là est en vallée
de Chartreuse de Chartreuse en Vallée de
Chevreuse pardon Chevreuse moins loin
peut-être peut-être parler de livette
justement parce que pour pour rebondir
sur ce que disait sur ce que disait
Damien Le effectivement on on vous fait
pas le récit de la pantère des neiges
parce qu'il paraît que ça a déjà été
fait mais en fait et c'est une belle
histoire aussi c'est une très belle
histoire ça dépend qu' raconte le le ce
qu'on fait en fait c'est vraiment en
fait l'épopée de la nature ordinaire
parce que vous verrez sans doute jamais
de pantère des neiges à part celle qui
est juste là-bas à la Ménagerie du
Jardin des Plantes
elle fait pas partie de votre
environnement vous êtes pas en
convivialité avec elle par contre vous
vivez au quotidien avec plein d'autres
espèces dans lui là voilà
voir en RER il est pas très loin euh et
donc céit intéressant de dire bah ouais
la nature en fait elle est pas
cantonnée à trois grands parcs africains
euh des réserves de wilderness
américaine et et le fin fond de
l'Amazonie d'ailleurs quand on parle de
l'Amazonie c'est pour parler en fait non
pas du fin fond de l'Amazonie mais des
zones
périurbaines des des grandes villes de
de guyan française parce que oui la
nature elle est pas que dans l'Amazonie
elle est aussi là où là où sont les gens
et P que c'est là en fait que se jouent
les
enjeux
et cette rivière Yvette en fait avait
dénaturé et là elle a été rendue à la
vie voilà alors livette ceux qui ont
fait des études sur le plateau de saclet
la connaissent parce que c'est la
rivière qui traverse vraiment
l'université d'orset et en fait toute
voilà c'est la rivière qui est au fond
de la vallée de de chevreus qui suit le
RERB cette fois-ci et et c'est une
rivière en fait qui avait été remontée
carrément elle était en fond de vallée
et ben on l'avait remonté sur un flan de
vallée pour y mettre des moulins et pour
à la place au fond de la vallée faire
l'agriculture aujourd'hui ben
l'agriculture a laissé la place à son
tour à l'urbanisation évidemment
qu'est-ce qui se passe quand on fait de
l'urbanisation dans un fond de vallée
comme ça et qui pleut et bien ça fait
des inondations donc maintenant l'idée a
été
de de remettre la la
rivière là où on pouvait au fond de la à
ta place en fait en creux de vallée et
surtout alors que livette si vous même
même à l'université d'ors livette c'est
quasiment c'est un chenal en fait elle
est entre deux murs c'est un cours d'eau
enfin c'est un égoutût qui court entre
deux murs et le but éit de casser les
murs et d'en refaire une vraie rivière
c'estd une rivière vivante donc vivante
dans le sens qu'elle héberge la vie déjà
mais vivante aussi dans le fait que un
cours d'eau a une vie un cours d'eau il
change c'est qu'il y a des cru annuels
qui vont redessiner son cours un cours
qui va se diviser il va charier des
pierres qui vont s'accumuler à certains
endroits il va avoir de l'érosion à
d'autres endroits donc ça varie en
permanence un cours d'eau un vrai cours
d'eau vivant un peu comme ce sont les
infrastructures écologiques mais qui ne
sont pas respecté par les humains voilà
et donc là le but en fait a été de
renaturer cette rivière pour permettre
en fait qu'elle absorbe les inondations
parce que c'est aussi ça l'intérêt du du
d'une rivière c'est que elle a elle a
plusieurs lit de débordement qu'elle
creuse chaque année et quand il y a des
inondations et bien en fait ce trop
plein d'eau est absorbé autour et va pas
inonder les espaces urbains et donc le
Paris de cette renaturation de livette
c'était d'une par de faire revenir la
vie mais surtout pour les municipalités
en fait le vrai enjeu c'était qu'il ait
plus ces problèmes d'inondation
récurrente et ça a marché et c'est ça
qui est bien et c'est pour ça que c'est
un super exemple de ce qu'on appelle les
solutions fondées sur la nature concept
inventé par les UCN euh ou parce que
plutôt que de mettre des murs plus haut
deavir des pompes électriques des
machins comme ça en fait refaire une
rivière vivante et ben ça reste le
meilleur des moyens pour lutter contre
les inondations donc regarder et
respecter autrement habiter autrement
Patrick Blandin il nous manque un aspect
interagir autrement donc imaginer et
penser autrement pour engager cette
nouvelle façon d'interagir alors là ce
qui raisonne en vous c'est aussi ce une
une santé une planète oui alors déjà
rien que les exemples qui viennent
d'être développés montrent qu'on est en
interaction avec le vivant et qui est
très important de de de voir c'est qu'on
a insisté là sur des exemples de
proximité c'està-dire comment être avec
de la nature sauvage près de chez nous
donc c'est vraiment la l'idée de la
convivialité mais à une autre échelle
c'est aussi quelle place voulons-nous
laisser à la nature tranquille libre en
paix euh aussi peu dérangé que qu'on le
puisse de notre part et ça aussi c'est
important mais voyez que ça vous amène à
à penser à différentes échelles euh pour
cette habiter autrement on le pense déjà
au niveau de nos territoires mais c'est
aussi habité autrement la planète
donc quelle place nous laissons au monde
sauvage sur cette planète et puis
comment ça s'organise alors non pas
c'est on va pas faire des des
appartements séparés pour le monde
sauvage ici et puis nous bien bien loin
pour navoir aucun danger en fait il faut
penser tout ça en continuum comment
organiser notre présence dans l'espace
de telle sorte que on est de la nature
très libre
euh au bout du gradient si je puis dire
et puis tout près de chez nous mais
tranquille aussi en convivialité en bon
voisinage hein voilà et donc ça oblige à
interagir enfin ça invite à interagir
avec la nature autrement mais comme vous
l'avez senti dans les exemples ça ne
peut se faire que si on interagit entre
autrement
entre humains et que l'on construit
ensemble des projets qui donnent une
envie
d'avenir alors je ne sais pas si on aura
le temps de développer quelques exemples
mais euh on laissera aussi la la place
aux questions du public moi ce que j'ai
relevé aussi dans votre livre parce que
vous posez des questions et vous n'avez
pas forcément les réponse à tout mais ça
ça permet aussi de de sensibiliser le
lecteur vous écrivez ceci mais comment
écouter les autres espèces domestiques
et sauvages comment entendre les
silences éloquents de la nature écorche
et vive et le peut-on sans entendre le
cri des humains que l'injustice plonge
dans la détresse qui veut nous donner
quelques explications sur cette pensée
que vous nous glissez aussi comme ça
dans dans certaines pages du livre je
crois qu' a une une dimension très
importante qu'il faut bien saisir dans
cette démarche de protection de la
nature on pourrait dire que vous savez
on s'est dit maître de la nature maître
est dominateur et protéger c'est encore
une forme de de de maîtrise d'une
certaine façon c'est oh pauvre petite
nature je je vais m'occuper de
toi c'est pas suffisamment convivial si
je puis dire comment arriver à se mettre
sur sur le même plan c'est là où on
retrouve la notion de de respect de
l'ensemble de de la nature enfin
vis-à-vis des l'ensemble des composants
de la nature et puis ça ne peut pas se
faire sans penser que nous sommes dans
la nature que nous sommes de la nature
et qu'elle nous contient et donc on ne
peut pas aujourd'hui penser nos rapports
je dirais spatiaux et d'interaction avec
la nature sans penser aussi nos rapports
entre humains dans un esprit de de
justice trop d'exemples existent
d'actions de protection de la nature qui
n'ont pas été respectueuses des humains
dans l'histoire de la protection de la
nature et donc là aussi il faut changer
de regard il faut donc interagir
autrement avec les autres humains pour
bâtir un avenir de convivialité de mieux
vivre ensemble qui nous inclut bien
organisé dans l'espace qui veut prendre
la parole Damien marage oui j'étais en
train de noter une petite une petite
citation là qui m'est revenue de de
Michel ser dans son contrat naturel en
1990 il avait cette formule toujours
toujours très ciselée hein il ne dépend
de nous que tout ne dépende pas de
nous
et c'est c'est tellement tellement
limpide on comprend tout de suite que
effectivement on doit laisser euh bah
une part une part de d'invisible une
part de d'incroyable une part de d'un
monde qu'on ne peut pas qu'on ne peut
pas atteindre et qui
euh se passe de nous très bien
finalement c'est ce que vous appelez une
éthique en action c'est ça c'est une des
des axes oui h l'idée d'éthique en
action c'est que vous savez quand très
naïvement voilà je je vais dire je suis
à peu protecteur de nature je prétends
et puis on se croise dans la rue on en
parle un peu avec quelqu'un qui dit mais
pourquoi pourquoi vous protégeer la
nature ah bah au fond y ai-je bien
réfléchi quelles sont les valeurs
profondes qui motivent mon action et ça
c'était la première idée de notre
démarche c'est exprimons clairement les
valeurs que nous portons pour pouvoir
les partager avec des avec les autres et
à partir du moment où ces valeurs sont
bien exprimées bien pensées bien portées
on peut de montrer comment ça nourrit
l'action et c'est là ce qu'on a voulu
démontrer au travers de ce livre c'est
que parce qu'il y a des valeurs qui
vraiment supportent tout ce que ces gens
dont nous avons parlé ou évoqué
rapidement le porte quelquefois pas de
manière complètement consciente
d'ailleurs il y a aussi à faire émerger
cette conscience des valeurs profondes
que l'on a et bien on peut agir et on
peut agir ensemble pour un projet commun
alors on a été très ambitieux à la fin
de l'ouvrage puisqu'on a parlé d'un
monde désirable h mais euh dans
l'ambiance grise d'aujourd'hui est-ce
que c'est pas un devoir de faire monter
un peu le désir d'un monde autre
Frédéric Ducarme rapidement et on passe
la la parole à la salle bah tout a été
dit le oui évidemment la la question et
je pense qu' un des fils rouges du livre
c'est ça c'est de surtout pas opposer
les humains et la nature en fait qui est
une opposition qui a été inventée par
les détracteurs de l'écologie mais quand
on regarde l'histoire de la pensée
écologique ça a jamais existé dès les
penseurs personnels liste des des années
20 les premiers protecteurs de la nature
avaient déjà l'idée que il fallait pas
qu'il fallait pas séparer les humains de
la nature c'est une idée à la rigueur
qui qui un peu plus existé en
Amérique plutôt d'ailleurs à droite que
à gauche je pense à des associations
comme Earth first mais en fait c'est
toujours étaé très très minoritaire la
protection en fait pourquoi protéger la
nature parce que la nature c'est toi euh
c'est tout parce que la nature c'est
nous euh et que et qu'en fait ce qu'on
protège c'est cet ensemble dont on fait
partie et c'est ça la convivialité c'est
qu'on est embarqué sur le même bateau et
que à un moment quand je suis sur un
bateau et qu'il y a un trou dans la
coque si si je répare le trou dans la
coque je sais pas si c'est pour moi pour
le capitaine pour l'armateur enfin non
je répare le trou dans la coque en fait
parce que j'ai envie que mon bateau il
continue et c'est juste ça et même si
quelqu'un voilà si l'armateur il perd un
petit peu d'argent mais c'est pas grave
eu donc c'est vraiment ça le but qu'on
est embarqué dans le même bateau et que
le c'est là qu' en fait et c'est pour ça
que c'est une éthique qui ne qui n'est
pas une éthique antihumaniste au
contraire c'est du vrai humanisme bien
compris
et et qui s'oppose aux éthiques
antihumanistes que sont certaines
rationalités industrielles qui qui
justement nont de rationalité que le N
donc c'est considéré he les obligations
les devoirs que nous avons vis-à-vis du
vivant et ça nécessite forcément du
respect une écoute un esprit de
tolérance également alors est-ce que c
ou certaines ont des questions dans la
salle oui je vois madame au centre voilà
le micro va venir jusqu'à vous
ou merci merci beaucoup pour t ces
interventions est-ce que vous pouvez
s'il vous plaît expliciter le titre de
cette diapo pour une seule santé vous
n'en avez pas parlé mais ça m'intrigue
une santé une planète je pense qu'on est
sur ce terrain là Patrick
Blandin très très rapidement c'est
quelque chose qui qui a monté au cours
de C dernières années en particulier
parce que l'on a pris conscience que la
santé humaine dépendait de la bonne
santé alors je mais guillemets des
écosystèmes parce que c'est pas si
facile que ça à définir et de de de
rapport sains si je puis dire avec le
reste du monde vivant et au fond quand
quand on développe complètement cette
idée et bien c'est une seule santé qu'il
faut penser qui est incluse la santé des
autres vivants et des humains et au fond
cette ce livre est aussi une petite
contribution pour dire c'est important
de de de se mettre dans cette vision qui
est aussi celle de la navigation en
commun que Frédéric évoquait tout à
l'heure voilà c'est n nous sommes
ensemble et nos santés sont
interdépendantes donc agissons pour que
tout le monde soit en meilleure santé
possible c'est l'idée du mieux vivre
ensemble et on a je soulligne ce point
de sur les mots on a évité de parler de
bien vivre ensemble on a toujours essayé
de remplacer par mieux vivre ensemble
avec l'idée que le le bien-être on sait
pas forcément très bien ce que c'est
mais comprendre qu'on va mieux ça c'est
peut-être plus perceptible et donc c'est
l'idée aussi qu'on est en dynamique en
trajectoire et que l'on cherche à ce que
le mieux vivre soit pour tous les
vivants de cette planète Frédérique Duce
oui c'est V qu' il y a eu historiquement
cette illusion qu'on pouvait protéger la
nature séparément enfin que la nature on
allait la mettre là la nature elle
commence ici
elle commence ici elle s'arrête là et
après c'est le règne des humains et en
fait évidemment on peut pas séparer les
deux aussi facilement la plupart des des
grandes maladies qui émergent sont à la
base des ohonoses et si les animaux
tombent malades c'est pas normal en fait
qu'un animal soit malade dans moi qui a
travaillé un peu au Kenya vous verrez
jamais un un un zèbre qui tousse parce
que le zèbre qui tousse il y a le lion
qui l'entend tousser qui dit tiens
celui-là il doit courir moins vite que
les autres et donc ça va très très vite
et un écosystème en bonne santé il y a
pas de maladie donc s'il commence à
avoir des maladies c'est que
l'écosystème en mauvaise santé et à
partir de là ces maladies elles peuvent
s'étendre aux humains et donc très
simplement une seule santé bah ouais
c'est cette illusion
de pendant moi qui suis né dans les
années 80 en plein dans le dans l'usage
des des objets euh
euh des objets électroniques portatifs
on a produit des centaines de milliards
de piles dans les années 80 les
trois/arts de ces piles ont terminé dans
la nature ces piles contenaient pour
beaucoup du mercure donc on a foutu du
mercure partout sur Terre en se disant
ah c'est pas bien grave ça va quelque
part
mais ça va où ça va se dissoudre dans
l'océan ça augmente le taux de mercure
dans l'océan vos il y a des petites
algues qui vont assimiler ce mercure
puis qui vont pas arriver à s'en
débarrasser qui seront mangés par des
petites crevettes qui seront mangés par
des petits poissons qui seront mangés
par des gros poissons et c'estes F que
vous avez dans votre assiette et donc en
fait c'est pour ça une seule santé c'est
que oui le si les poissons en mer sont
plein de mercure bah c'est pas bon pour
moi en fait même très égoïstement c'est
aussi ça la la force de cet argument une
seule santé c'est que c'est pas le
l'écologie c'est pas une histoire de de
de tout rêveur amoureux des papillons
même si je sais que mon voisin de gauche
est très amoureux des papillons
l'écologie c'est aussi en fait des
humains qui pensent à eux et à eux en
tant qu'ils sont membre bah d'un
organisme plus vaste et c'est cet
organisme plus vaste il faut qu'il aille
bien c'est c'est comme se dire ah mon
bras a un cancer mais c'est que mon bras
alors ça va c'est pas moi bah si en fait
mais c'est pareil avec la nature on
s'est amusé avec une expression qui est
l'altruisme égoïste c'està-dire que se
préoccuper des autres c'est aussi
espérer un retour pour nous et et puis
toujours dans les dans les termes aussi
même si on l'a pas écrit explicitement
mais ça rejoint cette notion dont tu
parlais Patrick de finalement d'un
humanisme un humanisme qui serait
écologique ah oui ça c'est possible
finalement une nouvelle forme
d'humanisme qui intégrerait qui
élargirait le cercle de la communauté
biotique et donc c'est c'est c'est c'est
cet humaniste humanisme écologie que
l'on que l'on que l'on porte dans ce
livre et et ça fait référence et je
j'étais très très surpris de lire ça de
de de Jean Malori dans lettre à un
inuite en fait il en il en parle il
développe cette notion du d'humanisme
écologique dans son dernier ouvrage de
2018 autre
question allez-y
voilà monsieur
euh ben merci pour
toute ces interventions qui qui vraiment
soulèv énormément de de réflexions et de
questions j'aurais juste une petite
remarque très
courte quand on pense au par exemple à
la fast fashion et aux
dernières marque la Chinoise enfin au
bilan économique social et écolog que
absolument catastrophique on se dit que
il y a encore beaucoup de travail de
conviction et de sensibilisation et de
d'éducation à faire même si on voit que
la législation avance aussi sur ce
terrain messieur la grande différence
entre aujourd'hui les les les
effectivement les les scandales qu'on
peut lire sur chine et C autres marques
et ben c'est qu'on est au courant et que
ça fait scandale c'est la phase fashion
ça inventée dans les années 60 et alors
bien sûr ça veut pas l'ampleur que ça a
aujourd'hui mais n'empêche qu'à l'époque
tout le monde s'en fichait le fait que
les vêtements soient en fait bah pas du
tout ni recyclable ni recyclé donc que
la plupart de nos vêtements même quand
quand on les donne à recycler termine en
Afrique la grande différence c'est
qu'aujourd'hui on le sait et bah c'est
pas grand-chose mais c'est quelque chose
c'est qu'aujourd'hui quand la quand une
révolution industrielle a lieu elle est
tout de suite questionnée sur ses
fondements écologiques et ça ça change
beaucoup la donne par rapport à toutes
les autres petites révolutions ou
évolutions industrielles qui ont pu
avoir lieu jusqu'au ici et donc
ça ça permet quand même d'infléchir des
comportements et de fait le le grand
capital commence à regarder ça avec
inquiétude parce qu' il y a des il y a
des lancements qui peuvent qui qui
peuvent être des échecs commerciaux à
cause de cet aspect écologique et donc
c'est cette pression là qu'il faut
mettre à fond pour voilà c'est c'est ce
grand bateau faut faut tourner un peu la
la barre c'est pas facile elle est dure
mais mais elle peut tourner quand même
et elle l'a déjà fait il y a eu plein
d'objets technologiques lancés à tambour
Battan qui ont été des échecs donc ils
ont pas les il y a des grands
milliardaires qui dirigent des groupes
plus puissants que la plupart des États
mais c'est pas pour autant que qu'ils
ont tous les pouvoirs et justement il
est bien de d'être conscient du petit
pouvoir qu'on a nous aussi je voudrais
je voudrais
rebondirite pas tellement je suis pas un
spécialiste de la enfin de la fast
fashion et cetera mais dans notre
ouvrage on traite un d'un sujete d'une
grande entreprise storngj storngj donc
c'est en fait c'est l'entreprise une
filiale de GRT gaz qui qui stock le gaz
que l'on reçoit par tanker par métanier
à dunkererque ou à fosse surmer et il y
a que 14 sites industriels en France où
on stock du gaz tout le Gaz de France il
est stocké dans 14 sites industriels et
cette entre reprise a fait le Paris
c'est ce qu'on développe hein dans un
des chapitres et bien de de de prendre
en charge euh ces ces ces espèces
animales végétales sur ces sites
industriels au cœur de ces sites
industriels et même plus que ça ils sont
aller jusqu'à modifier dans
leur process
industriel jusque dans le passage des
Comand dans la logistique la prise en
compte de la biodiversité dans leur
entreprise
c'est donc les choses y compris de
l'Intérieur y compris par certaines
entreprises du du grand
capital et bien regarde aussi en
convivialité les les autres les autres
vivants alors évidemment déjà il y a une
une premier objectif c'est une réduction
des coûts c'est évident ne pas tondre
parce que c'est ce qui se passait sur
ces tit industriel c'està dire vous y
passez la tondeuse très régulièrement
pour faire propre bah ils ont commencé
par ne plus passer la tondeuse et puis
d'utiliser des des des des phytophage
voilà qui le font à leur not à notre
place donc en ne brûlant pas du en ne
brûlant pas du du carérosè du c'est
c'est des moutons par exemple voilà donc
voilà il y a tout tout ce toute cette
logique qui s'est mis en place dans
cette dans cette entreprise donc dans un
des chapitres qu'on qu'on traite Patrick
Blandin sera le peut-être m de la fin
d'ailleurs peut je sais pas euh je pense
que dans l'intervention qui qui nous a
amené à dire ce qu'on vient de dire là
il y a aussi peut-être l'inquiétude je
dirais d'une d'un décalage entre les
gentilles petites histoires que nous
racontons et puis l'ambiance générale de
la planète en ce moment qui est quand
même assez angoissante
et moi je me suis souvent demandé
en travaillant avec ce projet de livre
et avec ce livre c'est est-ce qu'on n
pas des gentin na quoi tout simplement
et je me dis bah oui mais s'il y a pas
des gentils naïfs pour quand même dire
aux gens qu'il y a des choses qui
peuvent se faire qu'il y a des choses
qui se font qui donnent une autre vision
possible bien on aura peut-être manqué
notre responsabilité donc je pense que
la naïveté bien pensé dans ce domaine
est importante pour dire voyez ce que
les les humains sont aussi capables de
faire face au cynisme et à l'égoïsme des
autres donc restons des gentils naïfs on
peut aussi devenir des citoyens
écogardiens de la nature hein ça existe
il y a il y a de nouvelles professions
peut-être en tout cas de nouvelles
activités avec beaucoup d'importance par
rapport à ce vivant merci merci à tous
les trois merci messieurs pour cette
rencontre et ces chemins tracés pour
rendre le monde désirable en tout cas
plus désirable et bien sûr à découvrir
votre livre convivialité l'alliance avec
la nature paru aux éditions de l'Atelier
plus d'informations aussi sur le site du
Muséum national d'histoire naturel merci
à tous et à toutes
[Applaudissements]