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Malgré cet afflux, ces îles volcaniques malmenées par la nature ont su préserver des espaces de toute beauté qui enchantent le voyageur prêt à sortir des sentiers battus. Avec une culture imprégnée par l’Amérique du Sud et une situation géographique proche des côtes nord-africaines, les Canaries sont terres de mélange. Cet archipel espagnol garde encore bien des secrets et chacune de ses îles affiche un caractère propre où l’art se mêle souvent aux décors naturels et sauvages et où le charme des villages traditionnels se marie au spectacle de superbes plages désertes. Tenerife - La grande Canarie - Lanzarote - Fuerteventura - La Gomera - La Palma - El hierro - Alegranza - Montana Clara
Un film écrit par Eric Bacos Réalisé par Eric Bacos 00:00 Canaries, les îles métisses 26:25 Secrets Bien Gardés 44:40 Les Canaries Aujourd'hui
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Iles volcaniques malmenées par la nature, l’archipel des Canaries a su préserver en dépit
de la pression du tourisme de masse des espaces splendides que nous allons vous faire découvrir
Culture métissée par l’Amérique du sud, et toutes proches des côtes nord-africaines,
les Canaries sont au carrefour des océans sur des routes initiées par Christophe Colomb.
Au-delà des clichés, cet archipel espagnol reste un secret bien gardé et chacune de ses
îles offre son lot de surprises, avec son propre caractère où l’art se mêle souvent
aux décors naturels et sauvages et où le charme des villages traditionnels se marie au spectacle
des plages superbes et désertes qui s’offre au visiteur pour peu qu’il sorte des sentiers battus.
Ténérife est la plus grande des îles de l’archipel et sans doute la plus connue.
L’aborder par la cote nord est un bon moyen de visualiser l’ampleur
du séisme volcanique qui a secoué l’île il y a tout juste 300 ans.
Garachico était jusqu’en 1706 le prospère port principal de Ténérife
jusqu’au jour où il fut submergé par les laves d’une gigantesque éruption volcanique
Au bout de ces flots figés de laves, et avec l’aide de l’océan,
c’est une succession de piscines naturelles qui vient border le village
Au rythme des houles et des marées, ces bassins se remplissent et se régénèrent en permanence
Zone de pêche privilégiée pour certains ou bains de mer protégés pour d’autres,
cela reste un plaisir unique que de profiter des ces piscines naturelles
Dans le grand canyon qui a été englouti par la lave, la nature a repris le dessus.
On a conservé sur les bâtiments cette pierre de lave noire incontournable.
On pourrait croire que la ville à l’époque était maudite : énormes tempêtes,
inondations, incendies, épidémies et pour clore le tout la terrible
éruption de 1706 qui recouvrit le port et la moitié de la cité sous la lave.
Plusieurs bâtiments ont survécu autour de la Plaza Libertad, comme le couvent de San
Francisco et l’église, mais aujourd’hui le village est tourné vers l’avenir
en accueillant les visiteurs venus faire des randonnées ou profiter des piscines naturelles
Tout au long de cette cote nord-ouest des haciendas
surplombent des exploitations de bananes et de cactus.
Elles ont conservé un cachet colonial hispanique offrant au littoral un charme indéniable
En prenant de la hauteur on atteint les premières forêts
de pins qui indiquent la proximité du Pico del Teide le grand volcan de l’île
A partir de 2000m d’altitude débute une plaine sortie d’un roman de science
fiction. Les roches volcaniques figées dans des sculptures improbables représentent
des formations uniques protégées depuis 1954 dans un parc national.
Dans un jeu de lumière quasi surnaturel le Pico del Teide se découpe au loin,
bordé de quelques fumerolles.
S’étirant sur plus de 180km2, le parc est le plus grand d’Espagne,
un lieu où le chaos a généré de splendides paysages surnaturels.
Avec ses 3718m, le Teide est le plus haut sommet d’Espagne. En plein hiver
il lui arrive d’être entièrement recouvert de neige. Mais ces instants sont rares car
le soleil se charge rapidement de lui rendre sa teinte brute.
Pour accéder au sommet un chemin serpente entre la roche noire et
les derniers névés, résidus d’une récente tempête.
Surplombant toute l’île, le cratère est recouvert d’une fine couche de
souffre qui s’échappe par petites bouffées de ses
entrailles. Les mesures révèlent que le volcan rejette100 tonnes par jour de Co2
La dernière éruption remonte à 1798 et provenait d’un volcan voisin, le Pico Viejo.
Le Teide est sous surveillance permanente mais ne suscite pas d’inquiétude :
c’est un volcan actif mais en phase de repos.
Un voile de brume masque les autres îles au loin
sur l’océan mais n’enlève en rien à la magie du lieu
Le village le plus proche du volcan est celui de Vilaflore,
qui compte 2 églises dont une entièrement bâtie en pierre volcanique.
Vivant sous la constante menace d’une telle puissance naturelle, les villageois au cours
de siècles n’ont eu d’autres ressources que de s’en remettre à la protection de l’esprit saint.
L’autel de l’Eglise San Pedro, entièrement en
bois provient des forêts proches du volcan situées au dessus de village
En rejoignant la mer vers le sud le relief reste marqué par son histoire agitée,
les Canarios ont même appelé ces falaises Los Gigantes, certaines atteignant 600m de hauteur
Historiquement, le centre et les villages en altitude étaient plus peuplés que les
côtes où l’on ne trouvait que quelques villages de pêcheurs.
Les cultures en terrasses ont été peu à peu abandonnées avec la mécanisation des récoltes mais
elles ont façonnés les villages dont les maisons s’espacent en suivant les mouvements du relief
Les cactus sont omniprésents aux Canaries, ils servaient jadis d’habitat et de nourriture aux
cochenilles. Ces minuscules insectes encore récoltés aujourd’hui produisent d’infimes
quantités d’une précieuse substance rouge utilisée dans les colorants et les cosmétiques.
Une des cotes les plus préservées de l’île est à la pointe ouest que les locaux appellent le Nord.
Autour de Los Silos les bananeraies se multiplient, une mutation récente car depuis
le 17ème siècle , la région approvisionnait toute l’île en blé, ce qui lui valu son nom.
Los Silos est un village rural qui a conservé son caractère, en dehors du blé le village possédait
aussi de nombreux fours à chaux et des sucreries qui en faisait un centre économique important
Avec l’église de la Seniora de La luz, Le village fait aussi mentir la tradition de ses voisins
en affichant une église d’une blancheur éclatante au lieu de la roche volcanique
A celui qui poursuit son chemin jusqu’à l’extrémité de l’île,
s’offre un paysage encore une fois inattendu et qui contraste avec les plages bondées du grand sud
La grande place du village de Buenavista a beau être souvent bondée,
le dimanche après midi tout y est calme et tranquillité. On prend le
temps de bavarder et de laisser l’après midi s’avancer sans aucunes contraintes
En reprenant de la hauteur au dessus de ces villages l’île renferme d’autres trésors.
Il faut d’abord contourner quelques fermes, suivre la route qui serpente dans la montagne Del Agua,
pour ensuite emprunter des chemins forestiers.
C’est dans ces lieux peu fréquentés que l’on retrouve la Laurisilva une forêt
exubérante dominée par les lauracées et les fougères. Cette végétation a disparue
du bassin méditerranéen au tertiaire et ne subsiste uniquement que dans cette région.
Les forêts de lauracées sont un type de forêt subtropicale qui se caractérisent
par une humidité élevée et des températures relativement stables. Dans son état le plus
primitif , cette forêt est composée d’une vingtaine d’espèces différentes
d’arbres sous lesquels se développent de nombreuses variétés de fougères,
de mousses et autres plantes propres à la pénombre des sous-bois.
Aujourd’hui seuls quelques sentiers permettent d’accéder à ces forêts
qui font l’objet de toutes les attentions pour les protéger.
La Orotava fait partie des plus jolies villes de l’île. Elle est installée au
cœur d’une des plus riches vallées de Ténérife. Dès le 16ème siècle les
Espagnols fortunés y firent bâtir églises et maisons de maîtres.
Les jardins du Marquis de la Quinta Roja datent du 19ème siècle. Dessinés par le
Français Adolphe Coquet, ils descendent en cascade le long de la colline.
La Orotava est une ville ancienne et dense qui a conservé son cachet historique,
elle reste la vedette de cette cote Nord Ouest
L’église de la Concepcion est l’un des plus beaux exemples d’architecture baroque de l’archipel.
Vers la partie haute d’Orotava, des ruelles mènent à d’anciennes demeures
dont certaines sont encore habitées par de vieilles familles Canariennes.
D’autres servent de musée ou encore de chambre d’hôtes
Tous ces hôtels particuliers sont typiquement Canariens, certains comme la Casa Lercaro
datent du 17ème siècle et durant l’été accueille des concerts dans ses jardins.
En revenant vers l’est de l’île la pression démographique se fait plus importante.
La Laguna, voisine de la capitale Santa Cruz,
a réussi malgré tout a conservé son charme en particulier au cœur de son quartier historique
La veille ville a été construite à partir de principes philosophiques et scientifiques
précis s’appuyant notamment sur des œuvres de Léonard de Vinci,
qui ont servi ensuite de modèles à plusieurs capitales et villes coloniales d’Amérique Latine.
En dehors d’être une ville militaire importante, La Laguna devient aussi dès le 16ème siècle un
centre religieux important avec de nombreux monastères et couvents.
La notion de ville idéale développée dans les travaux de De Vinci et mis en pratique par les
colons Espagnols a permis à La Laguna de rester longtemps la capitale de l’île et de préserver
une bonne partie de ses quartiers anciens. En effet la ville n’étant pas fortifiée,
c’est grâce à cette planification qu’elle a pu évoluer de la sorte.
Aujourd’hui La Laguna est devenu lun faubourg de la capitale,
Santa Cruz. L’histoire s’est donc inversée et à partir de 1805 Santa Cruz se libéra de
l’emprise de La Laguna qui perdit beaucoup en importance après le séisme de Garachico.
Les premiers occupants de Ténérife seraient arrivés d’Afrique du Nord
vers 200 ans av Jésus christ. Appelés Guanches ces
statues témoignent pour la postérité de leur force et leur courage légendaires.
Ce qui est plus singulier c’est cette avancée sur la mer qui se découpe au loin
et qui en fait un symbole fort de la ville. L’auditorio de Tenerife a été dessiné par
l’architecte Espagnol Santiago Calatrava.Il n’est pas sans rappeler celui de Sydney
Le reste de la ville incite à prendre rapidement de la hauteur vers le nord-est,
en direction des montagnes de l’Anaga, considérée comme la partie la plus ancienne de l’île
Cet espace qui a su rester en grande partie sauvage est souvent pris dans
la brume et les nuages, offrant un contraste saisissant avec la densité
de la capitale distante de seulement quelques kilomètres à vol d’oiseau
C’est également dans cette partie de l’île
que l’on peut encore trouver de la forêt primaire avec des Laurisilva
En allant vers le nord est de l’archipel nous arrivons sur l’île de Lanzarote,
Lanzarote est un immense champ volcanique donnant
l’étrange impression qu’il a été récemment labouré.
Le parc de Timanfaya protège aujourd’hui tout cet espace de l’avidité des promoteurs et il
est resté vierge de toute construction et la nature offre un spectacle unique.
Les Montanias del Fuego, les montagnes de feu
portent bien leurs noms au cœur des 501 km2 du parc.
Il s’agit des restes de l’éruption de septembre 1730, un des plus spectaculaires épisodes de
l’histoire des volcans de notre planète qui a généré plus de 48 millions de m3 de lave.
Le parc comporte une succession de cratères, sans doute sans aucun équivalent sur Terre.
La vie ayant quasiment disparu de cette zone, la Carcos A vinagrera,
une plante importée de l’ile voisine de la Palma par les éleveurs de chèvre,
est en train de coloniser doucement les pentes des volcans.
A quelques centimètres de la surface la température monte très vite,
il suffit d’éparpiller quelques brindilles sèches pour que le feu prenne rapidement.
Même constatation avec de l’eau versée sur le sol, l’effet de Geyser est immédiat
En remontant vers le centre de l’île, Téguise est l’un des villages
historiques de Lanzarote où alternent des ambiances de Pueblo espagnols et de
médinas des cotes nord africaines proches seulement d’une centaine de kilomètres
Téguise s’inscrit un peu comme une petite oasis au milieu des
plaines centrales dénudées de l’île. Quelques monuments et de
belles maisons rappellent que Teguise fut jusqu’en 1852 la capitale de Lanzarote
Plusieurs églises et couvents émaillent le village. Mais au
hasard d’une ruelle ce qui retient l’attention,
c’est l’atelier d’Antonio Hernandez l’un des derniers luthier des Canaries, qui fabrique
le Timple un instrument traditionnel.En combien de temps vous fabriquez un timple ?
il y a des models plus ecoonomiques qui prennent 3-4 jours pour leur construction...
quel bois utlisises-tu:palissandre, du pin, de l’acacia, sapeli, samguila...
Antonio est l’ultime luthier sur Lanzarotte et un des derniers de l’archipel des Canaries,
les jeunes n’y voient que peu de perspectives d’avenir
Le timple est couramment utilisé dans le folklore, ou au sein de grandes formations comme ici celle
qui rend hommage à un « gaucher » célèbre aux Canaries, Marco El Zurdo, aujourd’hui disparu
En remontant vers le Nord les maisons se font plus rare et la côte toujours plus volcanique
fait face à un océan qui, certains jours de grosse houle, peut s’avérer redoutable.
A
l’extrémité nord de l’île à partir du Mirador del Rio d’immenses plages désertes se dessinent,
toutes proches de la petite île voisine de la Graciosa
Par le passé les Espagnols avaient installé des batteries de canon pour
protéger El Rio ce détroit qui sépare les 2 îles et qui était à l’époque stratégique
En longeant la côte par le nord on arrive à Famara,
un village paisible entièrement blanc bordé d’une grande plage de sable et
de galets noirs :un décor un peu rugueux mais qui convient parfaitement aux Canarios.
De la plage de La Caleta, l’île de la Graciosa se découpe à l’horizon
Cette partie de l’île n’est pas très hospitalière et il faut arriver au petit
village de La Santa pour retrouver une ambiance plus sereine. Encore que ce port de pêche soit
considéré comme une exception. Il fait face à un océan souvent difficile, il est éloigné du
reste de l’île et la pêche a été complètement décimée par les nouvelles règles de l’Europe,
ne laissant plus que quelques bateaux à l’ancre pour la consommation locale
Mais les connaisseurs savent que c’est un lieu privilégié
pour savourer un coucher de soleil sur l’océan.
Si Lanzarote a conservé tout son charme, elle le doit surtout à un homme,
César Manrique. Il n’y a pas un coin de l’île qui n’ait été influencé par l’artiste.
On pourrait d’ailleurs le qualifier de visionnaire pour avoir dès les années 60
anticipé sur ce qu’allait être le tourisme de masse sur les Canaries et de décider d’allier
la création artistique, avec le respect de la nature et la préservation de son île.
Peintre, sculpteur, Cesar Manrique a aussi créé de
nombreux mobiles animés par le vent qui jalonnent certains carrefours de l’île
Disparu accidentellement en 1992 sa maison a été transformée en musée. César Manrique
avait utilisé la lave et ses cavités à l’état brut pour en faire une demeure d’avant-garde raffinée.
La maison abrite aussi la fondation qui poursuit l’action de l’artiste notamment
en faveur de la préservation de l’environnement de l’île,
tout en continuant à promouvoir les activités artistiques autour de l’œuvre de Manrique
Pour sa maison il a exploité 5 bulles volcaniques générée lors
des éruptions de 1730, créant un espace de vie unique en son genre.
La piscine est aussi caractéristique de la signature de Manrique avec ces
contrastes forts et que l’on retrouve dans d’autres parties de l’île
Influencé par Picasso et Matisse, César Manrique a vécu plusieurs années à New York où il a exposé
avec succès, mais l’appel de son île natale sera le plus fort. En 1968 il revient chez lui avec
une foule d’idée destinées à mettre en valeur la beauté de Lanzarote, pour lui incomparable.
Ces mobiles le long des routes de l’île sont la signature la plus évidente de l’artiste.
Un hôtel, des piscines naturelles, César Manrique a été très créatif ; il a aussi
réussi à l’époque à obtenir qu’aucun panneau publicitaire ne soit autorisé sur l’île. Ce
qui aujourd’hui encore est toujours le cas malgré une pression de plus en plus forte des promoteurs
Ce jardin entièrement dédié aux cactus au nord de Guatiza témoigne aussi du désir
de Manrique de sauvegarder, de partager en les utilisant, les décors naturels.
Aujourd’hui on peut dire que c’est essentiellement sa campagne
pour la protection de l’architecture traditionnelle et de l’environnement
qui a obligé le gouvernement à promulguer des lois limitant l’urbanisation de l’île.
Cette ancienne carrière tient davantage de l’œuvre d’art géante que du jardin botanique
et ce malgré la présence d’environ 1500 espèces toutes soigneusement identifiées.
Tous ces cactus ont été rassemblés par le botaniste Gonzalez Ferrer
avec des spécimens venant également de Madagascar, d’Afrique et du Mexique.
Lanzarote est l’île la plus marquée par l’intensité de l’activité volcanique récente.
Et pourtant on arrive à y cultiver à force de travail et d’imagination,
les fameuses « Papas » ces petites pommes de terre jadis arrivées du Pérou.
Mais le plus surprenant reste la vallée de la Geria,
où l’on découvre avec surprise plusieurs grands vignobles.
Les pieds de vigne son plantés dans de petites cuvettes qui
ont pour but de les protéger du vent, les racines vont ensuite puiser assez
profondément dans le sol pour atteindre la couche plus sablonneuse du terrain
La vigne est présente depuis plusieurs siècles sur l’île
La culture de la vigne est très ancienne ici à Lanzarote,
Shaekespeare à l’époque déjà vantait les mérites du vin des Canaries,
cette Bodega est un projet nouveau qui a à peine une dizaine d’année d’existence
Ce qui est inattendu, avec la Bodega Stratus,
c’est sa conception. On a suivi les cavités naturelles du Barranco del Obispo. Les chaix
ont été entièrement aménagés à l’intérieur du ravin et dans la roche volcanique
Lanzarote peut difficilement échapper à son passé tourmenté,
en particulier sur la côte ouest qui est la plus proche de la montagne de feu.
La mer combinée au vent et à la pluie a sculpté des plages étonnantes en
les transformants en des lieux d’exception .
A El golfo, le lago de los Clicos produit des couleurs
aux nuances inconnues des plages habituelles
Quelques kilomètres plus au sud à Las Hervideros la houle
poursuit son travail pour creuser patiemment la roche volcanique.
Seuls les marais salants de Janubio apaisent un peu les contours de cette côte sauvage
L’île de Gran Canaria occupe avec celle de Ténérife une place centrale parmi les ile des
Canaries. Elle n’est que 3ème par la taille mais abrite la moitié de la population de l’archipel
Mieux vaut donc l’aborder par l’un des ces « barranco », des ravins qui remontent
vers le centre de l’île, pour pouvoir profiter d’une nature encore préservée
Ici l’épisode volcanique est beaucoup plus ancien qu’à Lanzarote ou Ténérife.
Les villages sont nichés dans des vallées verdoyantes
Gran Canaria est la seule de l’archipel à être de forme quasiment ronde, le village
de San Bartolome est à proximité du centre de l’île qui lui correspond au point le plus élevé.
Même si ce n’est pas évident, la nature a été plus généreuse,
on rencontre une variété de champs et de cultures au fur et à mesure que l’on prend de la hauteur
Les pluies sont aussi légèrement plus abondantes, plusieurs retenues d’eau
comme ici à Araia alimente l’île en eau et donnent à la montagne de belles couleurs.
En poursuivant notre route vers le centre, le paysage change à nouveau,
la forêt se fait plus dense et les pics se découpent à l’horizon.
Nous sommes sur le massif de Tamadaba, le point culminant de l’île, le Pozo de las Nieves, est à
1949m d’altitude et est entouré de la montagne sacrée du Roque Bentayga et du Roque Nublo.
En basculant vers le littoral, Aguimes est une petite ville regroupée autour de son église.
L’église de San Sebastian a été construite en 1780 avec un dôme
qui possède 12 grandes fenêtres, pour les 12 apôtres, et qui est
considéré comme l’un des meilleures exemples du néo classicisme canarien.
Son histoire comme celle des autres villes des îles a été mouvementées, notamment
lorsque les Guanches, ont été envahis par les différentes vagues de colonisation espagnole.
Le centre ville autour de la Plaza del Rosario a été parfaitement restauré et
est bordée de beaux exemples de l’architecture Canariennes. La vieille ville a été crée en 1486
par le royaume Castillan qui venait d’occuper l’île. Mendizabal en prendra possession en 1837,
mais tout au long de son histoire l’architecture et le style de la ville a été préservé et en fait
aujourd’hui un des vieux quartiers de l’archipel le mieux conservé.
Que ce soit les rues pavées, les toits plats, le travail du bois,
la tradition de l’époque est encore bien présente lorsque l’on flâne dans ses ruelles.
Ingénio sa voisine est quasiment dessinée sur les mêmes principes. Mais il s’agit
surtout d’un village d’artiste où l’on trouve des broderies recherchées et des potiers.
Francisco est céramiste, il s’inspire beaucoup de ce qui
a été réalisé par les Guanches, la population aborigène de l’île
c’est un artisanat aborigènes, les aborigènes c’étaient les Guanches qui étaient ici bien
avant l’arrivée des conquistadors espagnols avant les années, les
conquistadors eux sont arrivés entre 1400 et 1500
Maspalomas, à la pointe sud de l’île, attire des touristes de
l’Europe entière qui ne viennent que pour une chose : profiter du soleil.
Dans cet univers largement bétonné les dunes de Maspalomas ont non seulement
survécu mais elles constituent une sorte de no man’s land paisible et hors du temps.
La remontée le long de la cote ouest est à l’image de Maspalomas,
il faut attendre Puerto Mogan pour commencer à retrouver des espaces plus équilibrés.
ici comme sur les autres îles la pêche est réduite à quelques bateaux qui sortent pour
le compte des restaurants, lorsque ces mêmes bateaux ne leur appartiennent pas directement,
leur assurant ainsi un approvisionnement régulier
La route qui mène au village de Mogan laisse apparaître des strates géologiques anciennes.
La roche volcanique avec des traces de souffre créent un tableau original
La route serpente longtemps à flanc de montagne avant de replonger vers la coté
nord ouest d’où émergent les inévitables serres de bananes. Un marché économique important pour
l’île puisque l’archipel arrive à écouler sa production sur la métropole espagnole.
Le port de San Nicolas est lui aussi devenu symbolique
Il précède une côte battue par les flots aux roches imposantes
La route a d’ailleurs bien du mal à suivre un relief aussi tourmenté,
Les falaises tombent à pic dans l’eau, le lieu dégage une puissance indéniable.
un peu plus au nord à Puerto de las Nieves, ce qui attirait beaucoup c’était cet éperon rocheux,
le doigt de dieu, décapité il y a quelques année par un cyclone.
Conséquences, les terrasses des restaurants qui lui faisaient face sont désertes
Sur la côte Nord de grandes familles possèdent de vieilles Haciendas comme
la Marquise de Arucas qui a transformé tout son corps de ferme datant de 1572
en une maison d’hôtes pleine de caractère au beau milieu des champs de bananes ;
Parfaitement rénovée la bâtisse est la demeure la plus ancienne de l’île
A un battement d’aile de l’Haciendas c’est la résidence privée de la
famille avec un jardin superbe aux portes de la ville d’Arucas
Arucas est surprenante en raison de cette curieuse cathédrale dont
la construction a débuté en 1906 pour s’achever 70 ans plus tard.
Elle offre un contraste saisissant avec les maisons blanches des environs;
avec ses flèches sophistiquées, cette église conçue par un architecte Catalan a des airs
de famille avec la celebrissime Sagrada Familia de Barcelone . Elle a été entièrement
construite à partir de pierre taillée dans des carrières voisines de la ville.
Avec un peu de curiosité au détour d’une porte entreouverte on peut découvrir de vieilles maisons
du 17ème siècle comme celle-ci avec sa magnifique cour et qui appartient à l’actuel centre culturel
Arucas est fier de son passé, même les bars se nichent dans des bâtiments historiques
Quittant Arucas pour le centre de l’île, nous arrivons à un village remarquable,
Terror. Contrairement à ce que peut évoquer son nom,
ce dernier est fort paisible et un haut lieu de pèlerinage depuis qu’au 15ème
siècle la Vierge aurait été aperçue au sommet d’un pin de la forêt voisine.
Plusieurs demeures remontent au 17ème siècle et donnent au village un cachet
incomparable. Même les bâtiments les plus récents ont conservé le style architectural de l’époque.
Le nord de l’île est dominé par la capitale, Las Palmas, la plus grande ville des canaries .
Avec son agglomération, la ville s’étale de part et d’autre de l’océan.
Située en plein centre ville, la plage de las Canteras est la plus connue et la plus fréquentée
Le vieux quartier de la Vegueta est à lui
seul un livre d’histoire qui se feuillette au gré des bâtiments.
Las Palmas a toujours été un grand port stratégique et une ville marchande.
Christophe Collomb y aurait fait une courte halte avant de reprendre la mer vers l’ouest.
Las Palmas tira grand profit de la conquête Espagnole de
l’Amérique latine et du commerce transatlantique qui en découla.
L’archipel devint aussi une cible de choix pour les pirates et pour finir Santa Cruz de
Ténérife pris le dessus politique en devenant la capitale de l’archipel .
A la fin du 19ème siècle Las Palmas redevint florissante grâce
à l’engouement des Britanniques et jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale,
elle était une escale privilégiée pour les paquebots transatlantiques.
Pour finir notre périple dans cet archipel nous naviguons vers le Nord est, vers Fuerteventura,
sans doute l’île qui a conservé son caractère le plus authentique et sauvage.
Le bateau accoste à Coralejo, la principale ville de la pointe nord de l’île.
Avec l’aide des alizés le temps est clair sur la baie avec à droite l’île de Lobos,
Plus loin à l’horizon l’îlede Lanzarote se détache visible avec la ville de Playa Blanca.
Avec des conditions climatiques que certains qualifient d’éternel printemps,
les côtes des Canaries ont tout pour attirer les surfeurs.
Les échanges avec les colonies hispano-américaines ont profondément influencé la culture de ces îles.
Ainsi le carnaval de Coralejo, bien que de taille plus humaine offre une ressemblance
évidente avec ceux des mégapoles latino comme Rio ou encore Caracas,
sans doute. C’est un des temps forts de l’île et Coralejo est la dernière étape
pour ces cortèges chatoyants qui ont auparavant sillonné toutes les autres îles de l’archipel.
Chaque char est animé par une famille ou des commerçants et compte tenu de la
taille de la ville tout le monde se connaît ou presque. Les sons se mélangent aussi :
de la salsa a la samba, le rythme est soutenu et les festivités se poursuivront tard dans la nuit.
Fuerteventura est l’île de l’archipel la plus proche des côtes Africaines, le Cap Juby au Maroc
n’est qu’à 100km ; les dunes de Coralejo donnent donc un avant-goût du continent et de ses déserts.
Par rapport aux autres îles, Fuerteventura offre l’avantage
de posséder de nombreuses plages de sable blancs
Le parc naturel de Coralejo qui protége les dunes essaye de résister tant bien que
mal à la pression touristique. Plusieurs grands hôtels sont déjà aux frontières du
parc et le seul respect de ces dunes par les touristes n’est pas toujours une tâche aisée.
Encore récemment il n’y avait ni électricité ,ni
eau courante dans les îles, et en particulier à Fuertevenura.
Ici à Alcogida tout un village a été rénové et transformé pour montrer
comment était organisé l’habitat traditionnel.
Si aujourd’hui ces demeures restaurées dégagent un parfum de nostalgie et un charme indéniable,
il faut garder en tête qu’à l’époque, les conditions de vie étaient rudes,
au rythme de la culture du maïs et de l’élevage
Les troupeaux de dromadaires ont été introduits au 15ème siècle par des marchands venus du Sahara.
Ils se sont si bien adaptés qu’aujourd’hui la race Majorero ne se trouve plus qu’aux Canaries
Sur l’île il y avait plusieurs options pour moudre le maïs et l’orge : le vent,
l’homme ou l’âne. Aujourd’hui peu de moulins fonctionnent encore mais maïs et orge sont
encore présent dans le quotidien des Canarios en particulier avec le gofio, un plat traditionnel.
Les premières tribus venues sur l’île, les Guanches, existaient déjà à l’époque
préhistorique. Ils ont laissée quelques traces de leur mode de vie d’avant l’arrivée des colons
espagnols. L’influence hispanique a ensuite été écrasante et ce n’est que récemment que
l’ on a remis en valeur la culture et le passé Guanches dans certaines îles.
Même si l’influence volcanique est plus ancienne
et moins marquée que dans les îles voisines la cote ouest est rude.
En dehors de quelques maisons de pêcheurs les traces de vie y sont rares
Fuerteventura est une île aride et quasi désertique avec très peu
d’eau. Le manque d’eau se constate près du Parc naturel de Betancuria
où les collines rondes peuvent changer d’apparence en fonction des rares pluies
Véritables oasis, les villages se nichent au creux des vallées. Certains sont historiques
comme celui de Pajara avec son église du 17ème siècle d’inspiration Aztèque. C’est
une belle illustration de l’influence latino américaine, ici Mexicaine.
Lorsque l’île fut colonisée en 1405, le gros de la population habitait dans ces vallées,
à l’écart d’une mer considérée comme hostile
Le village de Betancouria est lui aussi un village historique. C’est un seigneur
Normand Jean de Béthancourt qui lui a donné son nom en 1405 après avoir envahi
cette partie de l’île. Il y fit construire sa résidence principale et une chapelle.
Au cours du 15ème siècle des Franciscains s’y installèrent
et agrandirent la ville qui resta la capitale de l’île jusqu’en 1834.
En quittant le centre de l’île vers le sud, les côtes s’allongent,
le sable se fait plus blanc et de longues plages balayées par les alizés comme ici à Sotavento
sont devenu des points de passages obligés pour tout windsurfeur nomade qui se respecte
La côte nord-est, est également exposée au vent et à la houle.
Elle a réussi grâce à l’action de ses habitants et des passionnés de la mer
à préserver les falaises et les plages qui la bordent de tous les excès du tourisme de masse
La plage d’El Cotillo fait partie des lieux qui font le régal des magazines spécialisés
dans le windsurf, une légende à laquelle participe de nombreux
passionnés venus de l’Europe entière ou même installés à l’année sur place.
Le village d’El Cotillo au calme apparent est protégé par une
épaisse digue des tempêtes hivernales qui soulèvent parfois des houles de 7 à 8 m.
Dès la belle saison les quelques barques de pêcheurs profitent des eaux poissonneuses
mais uniquement pour répondre à des besoins locaux. Il n’y a plus d’industrie de pêches
malgré cet environnement propice : l’Europe en a décidé autrement.
Le phare de Toston marque l’entrée d’une réserve naturelle qui se poursuit jusqu’à
Coralejo mais qui, l’été, a bien du mal à résister à l’invasion des camping cars
En remontant plus vers le nord et La Oliva le paysage ne change guère :
très aride et avec ce qu’il faut de végétation pour donner de belles couleurs.
On croise souvent des troupeaux de chèvres dont la réputation n’est plus à faire dans l’Archipel.
Il en existe plus de 35 espèces différentes, dont certaines ne se trouvent que sur cette île.
Ces chèvres sont bichonnées car elles permettent de fabriquer le fameux Queso,
un fromage frais à pâte tendre.
L’adoption de règles communautaires au niveau européen a porté un coup
dur à toutes ces exploitations artisanales qui ont du s’adapter aux nouvelles normes
sanitaires pour poursuivre la production d’une spécialité pourtant veille de plusieurs siècles
Anjela concocte sa recette depuis plus de 40 ans avec beaucoup de patience et des
gestes lents dont la répétition associée à de longues pressions donnent tout son
goût au Queso. Celui de Fuerteventura est le plus fameux de toutes les îles.
Le fromage sera affiné pendant au moins une semaine.
Il peut selon les goûts rester vieillir plus
longtemps ou être aussi aromatisé avec du piment ou encore des herbes
Une des bases de l’alimentation des Canarios pendant des dizaines d’années a été le maïs.
Marco nous présente la recette du Gofio
Marco fait partie de ces Canarios qui ont compris de la nécessité de
défendre la culture locale. En dehors de la cuisine,
il aide son ami Jose à remettre au gout du jour un sport traditionnel : le Juedo del Palo
Ces bâtons que l’on taille dans les forêts de laurasilva étaient utilisés par les bergers.
Dans les mains de ceux qui en maîtrisent la technique,
ils peuvent se transformer en armes redoutables
Jose
Vera est aussi un adepte du Lata qui permettait au berger de progresser
rapidement pour descendre les pentes escarpées des montagnes en effectuant le Salto del Pastor
à l’aide de la Lata, une longue perche enduite au préalable de graisse de porc.
Lorsque l’on s’en donne la peine, toutes ces îles recèlent de trésors comme cette
baie magique après El Cotillo .Lesvents et les vagues y ont crées des plages privilégiées,
à l’abri, éloignées des centres touristiques et de la foule..
La ténacité des habitants de la côte nord à défendre leur patrimoine a beaucoup joué pour
que ces lieus nous parviennent ainsi préservés. Et puis la frénésie immobilière de ces dernières
années commence à retomber au profit d’une vision plus durable et respectueuse de l’environnement.
Ces plages vont pouvoir ainsi profiter aux générations futures et perpétuer
l’idée que les Canaries possèdent encore des sites magnifiques :