Bonjour! Aujourd'hui nous partons à la découverte de ladéesse-mère de Carthage, Tanit. Une déesse adorée pour sa fertilité, sa protection et sa sagesse. Mais qui était-elle vraiment ? Était-elle une déesse d'origine Amazigh, phénicienne ou mésopotamienne? Dans cette vidéo nous allons tenter de mieux comprendre son rôle dans la culture carthaginoise tout en découvrant son héritage fascinant dans la culture moderne, d'Ibiza jusqu'en Tunisie.
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Sources: Carthage, Gilbert-Charles Picard La civilisation punique : Histoire et religion, M'hamed Hassine Fantar Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, Stéphane Gsell University of Oxford Archaeological Research Group (collaborative research on Carthaginian sites, including Tophet of Carthage)
Musique: Adrian Von Ziegler, Arabian Fantasy Music - King of Thieves
Thèmes explorés dans la vidéo : Les origines de Tanit : Berbère ou Phénicienne ? La place de Tanit dans la société carthaginoise Les sacrifices humains : mythe ou réalité ? L'héritage de Tanit dans la culture moderne : de la Tunisie à Ibiza Tanit dans la littérature populaire
Thalit, la déesse de la guerre, de la fertilité et de la sagesse, est surtout connue aujourd'hui
comme l'une des divinités majeures de Carthage.
Mais ses origines sont en réalité très difficiles à cerner avec précision, c'est
parce que son culte résulte d'un secrétisme religieux très complexe entre plusieurs traditions
culturelles et donc, on ne sait pas trop si c'était à l'origine une divinité amazyre,
phénicienne ou encore mésopotamienne.
Donc, comme je l'ai mentionné, pour certains, c'était une déesse issue des croyances
et de la mythologie des Amazyres, un peuple autochtone d'Afrique du Nord qui était
là depuis des milliers d'années, bien avant l'arrivée des phéniciens, des grecs
ou des romains.
D'ailleurs, certains historiens, comme Gilbert Charles Picard, Mohamed Hassin Fantar ou encore
Serge Lancel, présentent Thalit comme une déesse de la fertilité originaire des croyances
amazyres qui, petit à petit, s'est vue assimilée par les phéniciens puis enfin
plus tard par les cartaginois lors de l'expansion de leur empire.
Pour d'autres, Thalit était une déesse phénicienne qui aurait des origines mésopotamiennes.
Lorsque les phéniciens, qui rappelons-le, étaient un peuple de marins et de commerçants
au fond des Carthages autour de 814 avant Jésus-Christ, ils ont apporté avec eux,
en plus de leurs marchandises, leurs croyances et leurs dieux.
Thalit a alors été intégré au panthéon cartaginois tout en s'adaptant aux traditions
locales.
Ce qui est sûr et certain, c'est que pour la grande majorité de ces experts, il ne
fait aucun doute que Thalit est étroitement lié à plusieurs autres divinités comme
la déesse Naïth chez les anciens égyptiens, Junon chez les romains ou encore Athéna dans
la mythologie grecque.
Un autre mystère entoure son nom.
Le nom Thalit a été traduit de différentes manières au fil du temps, mais sa signification
reste aujourd'hui encore incertaine.
Il existe plusieurs théories à ce sujet.
L'une d'elles propose que le nom provient d'une racine sémitique signifiant se lamenter,
faisant d'elle la déesse qui pleure.
Cela suggère qu'elle aurait pu être une divinité pleurant un dieu mourant, à l'instar
du mythe d'Aphrodite et Adonis dans la mythologie grecque.
Une autre interprétation avance que Thalit pourrait signifier dame du dragon ou du serpent,
et cette idée est liée au mythe cananéen de Tanin, un monstre marin ressemblant à
un dragon des mers, mentionné d'ailleurs dans la bible hébraïque.
Selon cette hypothèse, Thalit aurait pu être à l'origine un titre ou un épiphète pour
une autre déesse, comme Astarté ou Achéra, avant de devenir une divinité distincte.
Comme je l'ai mentionné au début, Thalit était une déesse très complexe et il est
difficile de saisir entièrement comment ses pouvoirs et son caractère étaient perçus.
Elle occupait une place centrale en tant que déesse mère de Carthage.
Avec son compagnon, Baal Hamon, elle était responsable de la protection de la ville et
de ses habitants, apportant prospérité et fertilité.
Elle était considérée comme une source de chance et de bien-être.
On l'associait également au ciel, à la lune et même à l'océan.
En effet, dans de nombreuses représentations, elle est entourée de symboles liés à la
mer, comme des dauphins ou des poissons, ce qui montre son lien étroit avec les marins
et les voyages en mer.
Quant à son rôle en tant que déesse de la fertilité, il se reflétait principalement
dans l'abondance de symboles comme les grenades, les palmiers, les raisins et les fleurs sauvages
présents dans ses représentations.
Ce qui est particulièrement marquant chez Thalit, c'est son symbole distinctif, qui
est une sorte de triangle surmonté d'une ligne et d'un cercle juste au-dessus.
Certains historiens pensent qu'il représente une figure humaine stylisée ou une allégorie
de la fertilité.
Ce symbole est presque toujours présent là où Thalit est représenté, que ce soit sur
les stèles, des amulettes ou encore d'autres artefacts.
Aujourd'hui encore, il est très populaire, notamment en Tunisie où il est souvent utilisé
dans l'art et les décorations, et je suis certain que certains d'entre vous sont familiers
avec ce symbole.
L'une des grandes controverses autour de Thalit concerne les sacrifices humains, en
particulier ceux d'enfants.
C'est aujourd'hui encore un sujet très débattu par les historiens, certains pensent
que les sacrifices étaient courants et même nécessaires dans le cadre du culte cartaginois,
tandis que d'autres estiment que ces récits, souvent apportés par des auteurs grecs et
romains, étaient très exagérés pour donner une image barbare et cruelle des cartaginois.
Ce qu'on sait, c'est que comme dans d'autres cultures phéniciennes, les sacrifices humains
étaient souvent pratiqués pendant des périodes de crise.
D'après certains récits, les cartaginois sacrifiaient régulièrement leurs enfants
aux dieux Baal Hamon, et avec le temps, ces terribles sacrifices se faisaient au nom de
Thalit.
Le site funéraire de Carthage, utilisé environ entre 700 et 146 avant Jésus-Christ, est l'un
des indices majeurs de cette pratique.
Selon un document collaboratif rédigé par plusieurs institutions du monde entier, dont
l'université d'Oxford, il y avait dans le site funéraire de l'ancienne ville plus
de 20 000 urnes contenant des ossements incinérés de jeunes humains et d'animaux, dont environ
80% étaient des fœtus ou des nouveaux-nés.
Les inscriptions sur ces urnes étaient en grande partie votives, et cela veut tout simplement
dire que ces offrandes étaient faites pour remercier les dieux en échange d'une faveur
reçue.
Mais comme je l'ai mentionné plus tôt, cette histoire de sacrifice humain est toujours
aujourd'hui un sujet de débat majeur parmi les historiens.
Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Croyez-vous que les cartaginois pratiquaient réellement
ces sacrifices humains, ou est-ce que c'est encore une fois une tentative de propagande
de la part des romains destinée à dénigrer toute civilisation qui n'était pas la leur,
en la présentant comme inférieure et barbare ? Faites-nous part de vos idées dans les commentaires.
Pendant des siècles, Tenlith a été la déesse protectrice et adorée de Carthage, mais malheureusement,
après trois longues guerres contre Rome, connues sous le nom de Guerre Punique, Carthage
avait fini par tomber, complètement détruite et ravagée par les romains en 146 av. J.-C.
Mais la chute de la ville n'avait pas marqué la fin immédiate du culte de Tenlith.
Pendant plusieurs siècles, elle était encore vénérée, non seulement par les cartaginois,
dispersés un peu partout, mais aussi dans d'autres régions d'Afrique du Nord.
Mais au fil du temps, ce culte avait fini par s'éteindre progressivement, d'abord
avec l'expansion du christianisme, qui devint la nouvelle religion dominante de l'empire
romain, puis avec l'arrivée de l'islam, qui avait remplacé la grande majorité des
anciennes croyances locales.
Mais pourtant, Tenlith continue d'exercer une influence considérable à l'époque
moderne. Par exemple, sur l'île d'Ibiza, il existe une grotte appelée Cova de Culera,
qui est célèbre pour ses liens avec la déesse cartaginoise. Des fouilles archéologiques
ont révélé une série d'offrandes votives, comprenant des figurines et des objets en
céramique qui ont été associés au culte de Tenlith. Il est très probable que cette
grotte ait été autrefois un sanctuaire qui lui était dédié, et que les habitants
de l'île y venaient régulièrement pour déposer des offrandes, dans l'espoir d'obtenir
une faveur quelconque de sa part.
En Tunisie, l'impact de Tenlith reste encore présent dans la culture populaire moderne.
On retrouve des références à la déesse dans les arts, où par exemple, des amulettes
et des symboles ressemblant à celui de Tenlith sont toujours utilisés dans l'artisanat
local, perpétuant ainsi une partie de l'héritage cartaginois.
Elle a également laissé une empreinte durable sur la culture populaire mondiale, notamment
à travers certaines œuvres littéraires et des créations artistiques qui s'inspirent
de l'histoire fascinante de Carthage.
Par exemple, le roman Salambo de Gustave Flaubert, publié en 1862, se déroule dans la ville
antique et décrit la vie pendant la rébellion des mercenaires, une période très tumultueuse
juste après la première guerre punique contre Rome.
Tenlith y est présentée dans l'histoire comme une déesse centrale de la culture cartaginoise.
Elle est aussi mentionnée dans le roman Hannibal's Children de l'auteur américain John Maddox
Roberts.
Ce livre, basé sur une histoire alternative, imagine un monde où Carthage aurait remporté
les guerres puniques contre Rome, bouleversant ainsi le cours de l'histoire.
Tenlith y est présentée comme une déesse très importante, et son culte continue à
jouer un rôle central dans la vie des Carthaginois.
Comme d'habitude, si vous avez d'autres références dans la culture populaire à Tenlith,
n'hésitez pas à laisser un commentaire juste en dessous.
Sur ce, c'est tout pour la vidéo d'aujourd'hui sur Tenlith et j'espère que vous avez apprécié
ce petit voyage à travers l'une des déesses les plus importantes du monde antique.
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