Ils sont peut-être la plus mauvaise équipe de rugby de France. Derniers du plus bas niveau français les joueurs de l’US Finhan n’en perdent pas moins l’envie de bien figurer. L’Equipe Explore les a suivis en 2015, alors qu’il leur reste trois matches pour remporter une victoire dans la saison. Un film d’Aurélien Delfosse et Pierre Le Baud.
----------------------------------------------------------------------
Ne ratez rien de l'actualité sportive 👉 http://ow.ly/5etn30qnKgp Abonnez-vous à l'offre numérique 👉 http://ow.ly/wjz230qqgaU Regardez la chaine l'Équipe 👉 http://ow.ly/GE3O30qqg19 Suivez-nous sur :
Facebook 👉 http://ow.ly/fWOD30qnKgK Twitter 👉 http://ow.ly/d7Ya30qnKh1 Instagram 👉 http://ow.ly/NTtx30qnKhh Snapchat 👉 http://ow.ly/XGkv30qqfYg Twitch 👉 http://ow.ly/sWHt30qqg8M ----------------------------------------------------------------------
Aujourd’hui, L'Équipe, c’est une centaine de disciplines suivies, plus de 10 000 journées de reportages, plus de 100 tours du monde parcourus par plus de 300 journalistes pour être présents sur les terrains de sport du monde entier.
L'Équipe, c'est :
- le premier titre d'information sportive en France
- la première chaîne gratuite 100% sport en France
- le leader de l'information sportive en ligne
Zéro victoire. Zéro victoire à la maison cette année.
C'est le dernier. Hors de question qu'on perde ce match aujourd'hui.
Si on a un minimum de fierté, un minimum d'honneur et de respect pour ce club,
c'est même pas qu'on sort la tête haute, c'est qu'on ne perd pas.
Je m'en fous par quelle manière, on ne perd pas ce match.
Allez, allez, allez.
Ce que chacun le veut, ça va te le faire.
Bon les copains, pas la peine de te mettre l'impression.
Ces hommes ont tout perdu.
Dix matchs, dix défaites.
Une saison ratée dans l'enfer de la quatrième série.
Au fond du trou.
Le plus bas niveau du rugby français.
C'est merde.
Tout en bas.
Ils sont derniers.
Derniers des derniers.
Oh merde.
On n'est pas venus ici pour prendre une branlée.
C'est mou.
Mais un ultime défi les attend.
Il leur reste trois matchs pour remporter une victoire.
Trois matchs pour laver leur honneur.
Allez, on accélère, d'où sommes-nous ?
Parce qu'à Fignan, on ne s'arrête pas de jouer
quand on est bon dernier.
Au cœur du Tarn-et-Garonne,
on ne se met pas au vert les veilles de match.
24 heures avant le coup d'envoi,
la première mi-temps se joue déjà ici,
au club house.
Et le sort de la rencontre
tient dans les mains de Sébastien.
C'est parfait, je te dis à demain Frédéric.
Ciao, bonne soirée.
A demain, ciao.
Et bien de plus.
Qu'est-ce que vous faites Sébastien ?
J'appelle les joueurs
pour savoir s'ils seront tous là demain.
Donc j'appelle ceux qui étaient absents
à l'entraînement vendredi.
Et donc pour l'instant, trois appels.
J'ai deux messages et un qui est OK.
Donc je vais continuer à appeler la liste.
Tu es là à 13h15 alors.
Dans cette commune de 1500 habitants,
on peine à aligner chaque week-end une équipe au complet.
Bon, reste zen.
On a besoin de toi demain.
Allez, ça marche Thomas.
7, 8, 9, 10.
Avoir un effectif de 16 joueurs,
c'était un peu le challenge de la semaine.
Oui, tout à fait.
On est un peu dans le dur.
Petit effectif.
Donc pour pouvoir faire un match de rugby,
il faut être 16.
Minimum.
16, c'est parce qu'il faut un remplaçant ?
16, parce qu'il faut absolument un remplaçant.
Donc là, si je fais une feuille de match avec 15 mecs,
je perds le match 25 à 0.
Avant même d'avoir mis le pied sur la pelouse.
Alors, tous les samedis après-midi,
le patron du club local change de costume
et devient recruteur,
avec ses propres joueurs dans son viseur.
Déjà sur la saison, on est à deux forfaits.
Et là le troisième, c'est forfait général
et la saison est terminée.
Là, on n'a plus le droit à l'erreur.
On a utilisé les deux jokers qu'on avait
et Dieu sait qu'il reste...
Ah, le joueur qui m'appelle.
Oui, Nicolas ?
Oui, et toi ?
Non, non, tu ne me déranges pas.
C'est le dernier match à la maison.
Il faut vraiment que vous soyez dedans.
Notre gros défaut, ce n'est pas technique.
Notre gros défaut, ce n'est pas physique.
Notre gros défaut, c'est mental.
Il faut avoir envie d'aller plaquer.
Sérieusement, les gars.
Chacun d'entre vous.
Il faut que vous trouviez le moyen de vous préparer mentalement.
C'est une équipe qui joue sur la largeur.
On doit faire le deuxième rideau.
À 95 ans, l'US Fignon traverse l'une des périodes
les plus difficiles de son histoire.
Le club n'a connu que deux victoires en deux ans.
Et cette saison, Fignon a toujours été battu.
L'équipe s'est donc rassemblée autour d'un nouvel objectif.
Gagner au moins l'un de ces trois derniers matchs.
On est en quatrième série territoriale.
C'est le plus bas niveau du rugby français.
On est en quatrième série, donc techniquement,
il y a des drapages tous les dimanches.
Là, c'était le bel coup.
Venez ici, les gars. Tranquille, on souffle.
On récupère.
En termes d'envie, c'est exactement ça.
Ce que vous êtes en train de faire, c'est ce que je vous avais demandé.
Ça, c'est bien.
Il y a eu de bonne motivation, il y a eu de l'envie.
Il y a eu du plaquage. Impeccable.
Sur un match, ils voient qu'ils mènent au score
et qu'à un moment donné, ils s'écroulent.
Pourquoi ? Parce que tout d'un coup,
il y a collectivement un passage à vide.
Les gars, on reste calme.
Nico, Nico, n'écoute pas.
N'écoute pas ce qu'ils disent sur le bord du terrain.
Reste dans le match.
Intervalle et tout. Lâchez-moi du jeu.
Intervalle et tout. Ils connaissent même pas.
Quand tu te dis qu'on tenait le match
et qu'à un moment donné, on a eu 20 minutes
où on a eu un passage à vide complet,
c'est dur de l'accepter.
C'est pour ça qu'ils ont la tête au fond du jeu.
On rentre dans une spirale infernale.
Après, on perd.
Ça nous met un coup au mental, au moral.
Après, on le sait, pas de morale.
Pas de victoire, et ainsi de suite.
C'est difficile à s'en sortir.
On comptait beaucoup sur ce match.
Le dernier à la maison, ça s'est joué à peu.
On est dernier.
On est la plus mauvaise équipe de France.
On va dire de Midi-Pyrénées.
Peut-être pas de France.
Je regarde toujours en haut, je regarde jamais en bas.
Pour ça, en bas, je ne verrai personne.
Ça devrait me faire peur, le vide.
Il n'y a plus personne derrière nous.
Il ne faut pas grand-chose pour gagner un match.
Mais on n'arrive pas à le gagner.
Il faut être réaliste.
On n'est pas bon.
Mais on voit ce qu'ils sont capables de donner.
Et on se dit qu'il y a de quoi faire.
Il nous reste deux matchs.
On est encore en vie, malgré deux forfaits cette année.
Mais on est encore là.
On a un atout.
L'atout, à l'heure d'aujourd'hui, affiliant,
c'est la vaillance,
le cœur,
et un clocher.
Un clocher,
des couleurs à défendre.
Avec ça, on peut voyager.
Les voisins de l'US Fignon
sont des géants du rugby tricolore.
Montauban au nord, Toulouse,
40 kilomètres plus au sud.
Entre eux, une France rurale
où chaque village a son équipe,
son église et son terrain de rugby.
Ici, on joue depuis toujours.
Et de mémoire de Fignanet,
on n'avait jamais connu une telle saison.
Tout le monde joue
deux mille mêlés chez Moria.
C'est le gabarit, d'ailleurs.
Pas trop grand.
Nous, c'était les deux mille mêlés.
J'ai arrêté de jouer à 50 ans, moi, ici, à Fignanet.
Voilà les premiers maillots avec lesquels j'ai joué.
C'était à quelle époque ?
176.
176, 177.
Après, on a commencé
à jouer avec des maillots jaunes et rouges.
Parce que les couleurs de Fignan,
c'est jaune et rouge.
Il y a des écussons par là.
Voilà.
Voilà le logo avec les trois bandes.
Il était comment, le club,
à l'époque, quand vous arrivez ?
Moi, il était en quatrième série.
C'était le bas de l'échelle.
Après, tous les ans, on montait,
on montait, on montait.
On était champion du Pyrénées en 1777.
Après, on a été champion du Pyrénées,
je crois, en 1778.
Et la troisième année, on l'a perdu en 1779.
Voilà la photo.
On a été trois fois champion,
trois fois finaliste.
C'est un bon souvenir pour moi.
Ça, c'est la photo des finalistes.
Karl.
Le cube.
Le cube ?
Le cube, on l'appelait.
Pourquoi ?
Parce qu'il était taillé comme un cube.
C'était un grubier dur,
c'était rude.
Les mêlés, maintenant,
on se caresse pour entrer.
Avant, on se mettait à 2 ou 3 mètres,
on rentrait comme des béliers.
Et t'entendais un coup de crâne.
Des fois, pas bien qu'il tombait.
Des fois, on se mettait à genoux.
C'était pas de la rigolade.
Avant, on se comptait de peu.
Nous, avec un maillot dans le terrain,
ça suffisait. On mettait un maillot dans les vestiaires,
on était contents.
Maintenant, il faut presque mettre les chaussettes,
mettre les chaussures et être motivé pour entrer.
Moins de passion, vous trouvez ?
Ah oui.
Moins d'envie, toujours.
C'est mon avis personnel, maintenant.
Je peux me tromper.
Mais ils ont moins d'envie, c'est tout.
L'âge d'or des Finianais
est désormais loin derrière.
Autre époque, autre modèle.
Je regardais le match hier du Stade,
quand tu vois ce qu'il dirait, l'équipe devait être blasée.
Moi, ils me donnaient autant et je jouais.
Ce dimanche, l'équipe se déplace pour disputer
l'un des deux matchs qui lui restent,
avec une ambition retrouvée.
On va à Lerme-Saint-Clarc,
qui est un petit club de la Grande de Balneau-Toulousaine.
C'est un club qui est classé
dans le bas du classement,
un peu comme nous.
Ça va être peut-être un petit peu tendu.
On sait pertinemment qu'on finira
dernier de poule, mais on va essayer
de gagner un match à l'extérieur.
Ça ferait du bien au moral pour les gars.
Pourquoi pas ? Sérieux.
De quoi ?
Avoir le bonus offensif.
Ça vous est déjà arrivé de marquer 3 essais dans le même match ?
Euh... attends.
Ça remonte un peu.
C'est un cadet.
Non, je rigole.
C'était l'année dernière, non ?
L'année dernière ou il y a deux ans ?
L'année dernière, je crois.
Mais pas cette année.
Cette année, je crois qu'on a marqué
deux ou trois essais.
Mais pas dans le même match.
Le fait qu'on marque pas d'essais,
ça les frustre.
On panique.
Notamment quand on approche les 22 adverses.
On a tendance à vouloir jouer trop vite,
trop personnel.
Et c'est ce travail-là qu'on fait, nous, les entraîneurs.
Comment reconstruire un groupe ?
On retravaille sur la confiance,
sur leur capacité
à pouvoir jouer.
L'ERM, une équipe qui est à 20 dernières,
on va vous demander la même préparation
de match que le week-end dernier, c'était bien.
On a une possibilité de les faire déjouer
ici, chez eux.
Alors, on va la jouer à fond, cette carte.
C'est bon, les gars ?
Allez, maintenant, on rentre dans le match.
Vers le bas.
Vers le haut.
Prends un accélère.
Parce qu'ils sont condamnés,
déjà derniers,
les Finianers partent en quête d'autre chose.
D'une solidarité,
des essais,
et du plaisir de jouer.
Mais leur priorité reste encore et toujours de gagner.
Un essai,
bientôt suivi de deux autres.
Pour la première fois de la saison,
Luis Finian prend le large
et semble en mesure de l'emporter.
Avant de perdre pied.
Sur ce match-là, ils ont vu qu'ils avaient marqué
trois essais, mais ils n'avaient pas gagné.
Ils avaient marqué autant d'essais que
depuis le début de la saison.
Et ça,
c'est incompréhensible.
Une de plus.
On progresse. Tous les dimanches, on progresse.
Sur le dernier match,
on a été capable de marquer trois essais dans un match.
On n'a pas été capable de marquer
trois essais sur toute la saison.
On en marque trois dans le même match.
Ça veut dire que
ça commence à prendre. C'est un peu tard,
mais ça prend. Et moi, ça me fait plaisir.
On n'est pas morts.
On a mis trois essais.
C'est la première fois.
Dans la voiture, on disait
qu'on n'avait jamais marqué trois essais.
Et là, on les a marqués.
Et on a le bonus défensif.
Bonus défensif.
T'es fou, toi.
On va être à moins un au point.
En semaine,
Nicolas est vendeur technique
dans un magasin de bricolage.
Si, il les prend.
Normalement, les camions plateau,
ils prennent une tonne 4.
Pour lui, le rugby est une histoire d'amitié
débutée presque par hasard.
Avant,
j'étais jockey.
Tous mes potes jouaient au rugby.
On faisait l'école de rugby.
Après, un jour, ils sont venus me chercher.
Ils montent un club.
J'ai dit que je n'avais jamais fait de rugby.
Je me suis mis au rugby comme ça.
Il y a 10 ans.
Ses débuts affiniants,
il les doit à Ronan, le capitaine de l'équipe,
son ami de toujours
et son collègue de travail.
Ronan, je pense qu'il est respecté au boulot
et sur le terrain.
C'est un bon gars. Il bosse bien. Il fait son boulot.
Ça va ?
Si au rugby,
les coachs lui donnent sa chasse de capitaine
et au boulot, ils lui donnent aussi sa place de responsable de réel,
c'est qu'à un moment donné, le gars, il le mérite.
Ici, c'est un peu l'autre facette du rugby amateur.
Le rugby le week-end
et le reste de la semaine, c'est le travail.
Oui, mais ça reste quand même rugby.
Quand on se voit, on parle des matchs, on parle des entraînements.
Oui, c'est sûr.
Quand on se voit, on ne parle pas boulot.
Même ici, ils nous chambrent.
Il y a quelques-uns, des anciens rugbymen,
ils nous chambrent un peu.
Ils disent quoi ?
C'est une saison difficile.
Forcément, ils rigolent.
On leur dit qu'on n'a pas perdu ce week-end.
Ah bon ? Oui, on n'a pas joué.
Tu fais un entraînement ?
Et pardi.
Moi, je suis sûrement en retard.
Je finis à 7h30, il est temps de m'arriver.
La journée de travail de Laurent Lafon s'achève
dans la banlieue de Toulouse.
À la recherche de solutions pour son équipe,
il va assister à l'entraînement des jeunes joueurs
du plus grand club de la région.
Là, on va au Stade Toulousain.
Le Stade Toulousain a accepté
de bien vouloir discuter avec nous
des difficultés
des clubs amateurs.
On va être reçus par
Philippe Rouget-Thomas.
C'est bien parce qu'on va pouvoir échanger
un petit peu et voir
les différences qu'on a entre
le rugby amateur et le rugby pro.
Sur le terrain, l'un des responsables
du club le plus titré de France
avec l'entraîneur d'une des moins bonnes équipes
du pays. L'espace d'une soirée,
tous deux partagent leurs expériences
et leurs recettes.
Est-ce qu'il fait que vous avez un éducateur
à chaque atelier ?
Oui, pratiquement.
Ils font par demi-heure à peu près
et après, je les récupère
pour les faire passer dans les ateliers.
Et ce choix des ateliers,
c'est en fonction de l'évaluation
que vous faites à l'année ?
Oui.
Après, c'est eux qui montent les exos.
Moi, je leur dis que ceux-là, il faut travailler
sur les bondissements, sur la mobilité.
L'autre, c'est plutôt les étirements.
L'autre, c'est la vitesse.
Suivant les besoins,
elle adapte ses exos.
Il y a quelque chose qui t'étonne, Laurent ?
Non, c'est une approche
très professionnelle.
Après, suivant les besoins des équipes,
comment on va se rapprocher des passes de finale.
Suivant ce qu'auront observé
les éducateurs par rapport
à la préparation des phases finales
et les faiblesses de leurs équipes,
on fera des ateliers qui corrigeront leurs besoins.
Travailler par atelier,
c'est l'idéal pour la technique individuelle.
Il n'y a pas mieux.
Parce que là, ils sont mélangés à 23 quarts.
Qu'est-ce qui se passerait
si tu mettais ça en place à Fignon ?
J'aurais deux ou trois piliers
avec le genou par terre en train de souffler.
Comme des bœufs.
Parce que ça demande de la mobilité.
Ça demande physiquement
d'être capable de tenir des courses longues
et d'accélérer, fractionner, etc.
Ce n'est pas obligatoirement
des qualités intrinsèques
des avants dans les séries régionales.
On se met en place ?
A Fignon, d'autres priorités.
Ici, le manque de joueurs
se fait aussi sentir à l'entraînement.
Ce soir-là,
on prépare le dernier match de la saison
sans adversaire direct,
faute d'un effectif suffisant.
Il y a bien longtemps qu'on ne fait plus
d'entraînement purement technique individuel.
Ce n'est pas primordial, ce n'est pas ce qui manque le plus.
Dans la situation actuelle, ce qui importe,
c'est de travailler collectivement,
de trouver des repères collectifs.
Il y a beaucoup de jeux
où ils doivent s'adapter
à la situation,
parce que là, on travaille sans opposition.
Dimanche, il y a du monde !
C'est bon !
Allez, venez ici !
Dimanche, rendez-vous, 11h30,
on part à midi, on a 2h de route.
Mais cette équipe-là,
on peut aller faire des jouets,
ils jouent la qualif,
ça serait sympa pour eux, pour leur faire honneur,
de leur faire louper la qualif.
Ça donnerait tout le respect qu'on leur donne.
OK ?
Une victoire lors du dernier match
permettrait à Fignon de sauver sa saison.
C'est le meilleur moment.
T'as hâte de rentrer sur le terrain, mais t'apprennes un peu.
T'as envie de gagner,
t'as pas envie de prendre de route.
Tu sais que tu vas faire tout le match, t'as pas de remplaçant.
C'est une pression supplémentaire.
Si on veut rentrer comme il faut,
et être compétitif,
il vaut mieux rentrer chaud.
Sur les plaquages,
sur les entrées en mêlée,
c'est surtout les muscles du haut qui changent un peu.
Donc c'est important
qu'ils soient bien chauds.
Ce jour-là, Fignon affronte
Rieucrot, une équipe ariégeoise
qui joue l'un des rugby les plus durs de 4ème série.
C'est bon, tout le monde les crampons.
L'année dernière, c'était pas mal passé,
mais c'est du jeu d'avant.
Quand on n'y arrive pas,
on en voit. Après on boit une bière quand même.
C'est qui qui a mis la plus forte,
c'est toi qui payes.
C'est comme ça que ça marche.
Il n'y a qu'un truc qui compte, c'est l'envie avec un temps pareil.
C'est les premières chaleurs. C'est pareil que nous.
On n'est pas venus ici pour prendre une branlée.
À la sortie des mêlées, je veux des bombes.
Il faut les bouger. On n'est plus mobiles,
on va en profiter. Il va falloir courir pour ça.
C'est ça, ça commence par ça déjà.
Ou moins courir.
Il n'y a pas d'enjeu.
Si on ne se fait pas plaisir
sur ce genre de match,
on ne fera jamais plaisir.
Continue à faire baisser, Kenji.
C'est bon, ça suffit, Kenji.
Allez, allez, allez.
Reculez, reculez.
Devant, c'est costaud, mais derrière,
ça va, on fait
le jeu égal.
C'est à nous d'augmenter notre niveau, je pense.
Il y a moyen de faire quelque chose ici.
On est capable d'aller la chercher, cette victoire.
Parce qu'ils ne sont pas
au-dessus.
C'est à nous de nous sortir les doigts et d'y aller.
Fini en rivalise avec un adversaire
plus physique et plus puissant.
Mais il est incapable de marquer
et finit par céder juste avant la mi-temps.
On se serre, on met le genou à terre,
on écoute ce qu'on a à vous dire.
On va jouer plus près des gros.
On va rentrer, on va faire des bombes autour des mêlés.
On va faire des 89.
On va aller un peu plus dans le cœur,
on va porter un peu plus de ballon.
Même si on se fait sanctionner à la première mi-temps,
à un moment donné,
ça va quand même payer de porter des ballons.
Il faut aller nous chercher au fond de votre tête,
les gars, il faut y aller.
Nouvelle approche pour la deuxième mi-temps,
parce qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas
les qualités pour pouvoir jouer derrière.
On est mous,
on n'a pas de vitesse,
donc on va restreindre un petit peu
le périmètre où on va se rejoindre dans le jeu.
Et on va jouer plus simple, plus direct.
Ça va Didier ?
T'as le temps, t'as le temps.
C'est bon ?
Putain, mais vous faites pas des passes pour vous faire des passes.
Il a le trou, il le prend pas.
C'est comme ça.
Il faut arrêter.
Il a le trou, prends-le.
C'est pas possible.
On a fait 20 bonnes minutes, je crois, quelque chose comme ça.
Et après, on est sortis du match,
on a raté les plaquages,
on a commencé à baisser les bras,
on dirait, mentalement.
Ça va être très dur de remonter, là.
Très très dur.
On verra. On y croit quand même.
Trois matchs,
une dernière défaite.
Lourde,
inévitable.
Les Fignanais viennent de perdre leur pari.
On s'est peut-être coupés aujourd'hui,
tout le monde, et pas d'exception.
Donc les gars, on va lever la tête maintenant.
Ça s'est passé, on va rentrer à Fignan.
Il y a du monde qui nous attend.
Je veux juste qu'on reste une bande de copains.
C'est dur, hein, Didier ?
Il y en a qui s'y filent le plus que d'autres.
C'est normal, la déception, je comprends.
Maintenant, regardez Didier, s'y est filé,
et nous, on a triché, certains.
Ça fait chier, quoi.
Perdre des matchs tout le temps.
J'en peux plus.
C'est une grosse défaite, aujourd'hui ?
C'est pas que c'est une grosse défaite.
C'est une de plus, quoi.
Allez, une croix de plus.
Ça fait trop, là.
Ce goût de la victoire,
jamais il disparaît.
C'est comme le goût de marquer des essais.
On se rappelle, même au bout de 20 ans de carrière,
le premier essai qu'on a marqué.
On va attendre des jours meilleurs.
Ça viendra, ça viendra, j'ai pas peur.
Sportivement,
on peut pas faire de bilan.
Le côté sportif, là, passe en deuxième plan.
Le côté sportif passe en deuxième plan.
Le côté humain passe d'abord.
À Fignon,
des personnes qui ont
25, 30 ans,
qui n'ont jamais joué au rugby,
je les accueille, qu'on gagne ou qu'on perde.
Mais au moins, ils essayent d'apprendre à jouer au rugby.
Et je pense que
c'est ce qu'on peut faire de mieux.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org