Actuel leader de Ligue 2, le Paris FC va bientôt être racheté par Bernard Arnaut, troisième fortune mondial et dirigeant du groupe LVMH, et Red Bull, déjà implenté dans le football européen à Leipzig et Salzbourg. Mais quel est le véritable projet des futurs propriétaires du club du sud de la capitale ? Eléments de réponse avec Gilbert Brisbois.
Mais effectivement, la grosse info de la journée, c'est le rachat du Paris FC par l'homme d'affaires français, par la famille Arnaud, la deuxième fortune mondiale, la plus grosse française, avec en plus Red Bull dans la danse.
On va tout vous expliquer. Vous pouvez appeler au 3216. Est-ce que selon vous, c'est une grande nouvelle pour le foot français ?
Mais donc Gilbert Bribois nous rejoint. Salut Gilbert !
Salut tout le monde !
Il est revenu de vacances avec plein d'infos.
Salut Gilbert !
Il bosse comme un malade.
Il bosse tellement que ça fait trois semaines qu'il est en vacances.
Oui mais bon, il a enquêté.
Il a bossé tout l'été. T'étais où toi ?
En vacances.
Avec toute la rédaction RMC Sport, Gilbert, tu as pu avoir plein d'infos, des infos que vous n'avez lues nulle part ailleurs de ses sorties sur le rachat du Paris FC.
Comment ça va se passer ?
Avant le débat, les éléments factuels.
Ce n'est pas LVMH qui rachète le Paris FC, c'est bel et bien la holding de la famille Arnaud.
Il faut savoir que les enfants de Bernard Arnaud, ils sont cinq, quatre garçons et une fille.
En fait, ils aiment le foot.
C'est une surprise parce qu'en fait, ils n'étaient jamais vraiment exprimés là-dessus.
Donc, ils aiment beaucoup le foot.
Ils aiment le sport.
LVMH a notamment signé un gros contrat avec la Formule 1 il y a quelques jours.
Et donc, ça fait déjà plusieurs mois maintenant qu'ils se disent, tiens, pourquoi pas investir dans le foot ?
Ils se sont penchés sur les cas de certains clubs, leurs difficultés, notamment Bordeaux d'ailleurs, Christophe.
Mais finalement, leur choix s'est porté sur le Paris FC.
Il faut savoir que dans la famille Arnaud, chez LVMH, Paris, ça a une importance pour les marques de luxe et tout ça.
Et donc, il se trouve qu'en plus, il y a des liens avec Pierre Ferracci et son fils, le président actuel du Paris FC.
Donc, en gros, qu'est ce qui va se passer ?
La famille Arnaud arrive, va devenir majoritaire dans le Paris FC dans les semaines qui viennent.
Et ils ne viennent pas seuls parce qu'ils viennent avec Red Bull.
Alors, pourquoi Red Bull ? Parce qu'ils ont des contacts avec Red Bull de longue date via la Formule 1.
Et donc, ils savent ce que fait Red Bull dans le foot.
Et eux, ils se disent, nous, on n'a pas d'expertise foot.
Donc, il faut qu'on soit accompagné de gens qui savent et qui ont déjà fait leur preuve.
C'est le cas de Red Bull avec Leipzig, Salzbourg.
Donc, la stratégie globale de la famille Arnaud, ce n'est pas une stratégie Qatari, un peu blibli,
où on met les millions sur la table et on achète les meilleurs joueurs.
— C'est faire l'inverse. — Exactement.
C'est plutôt de miser sur la formation, d'aller doucement dans le projet.
Pour l'instant, le Paris FC n'est pas en lien, déjà.
— Non, mais cette année, ça peut être la bonne année.
— Ça peut être la bonne année.
Donc, ils arrivent plutôt un peu dans leur petit soulier, en quelque sorte.
Ils disent, nous, quand on vient, c'est sur le long terme.
On va investir, mais on va pas faire n'importe quoi.
On va s'appuyer sur l'expertise de Red Bull.
On va s'appuyer aussi sur l'existant.
Pierre Ferracci va rester président du club pendant encore 2 ans.
Normalement, dans 2 ans, ce sera donc Antoine Arnaud, fils de Bernard Arnaud,
qui sera le président du Paris FC.
— Mais Red Bull, on peut pas considérer que le Paris FC rentre dans la galaxie Red Bull.
— Ah, pas du tout. Non, non, pas du tout.
Ce sera pas un club...
— C'est un échange de compétences, quoi.
— Exactement.
Red Bull sera actionnaire minoritaire du Paris FC.
Mais le nom restera.
Le club restera le Paris FC.
Ce sera pas le Red Bull Paris ou autre chose.
Ni d'ailleurs le Paris Louis Vuitton FC.
Parce que Louis Vuitton est, par exemple, une des marques...
— Ça peut être le charlétier Red Bull à Rennes.
— Tiens, à propos du stade, ça, c'est un autre élément important.
Normalement, la saison prochaine, le Paris FC va jouer à Jambouin.
— Ouais.
— C'est assez marrant, parce que Jambouin, le stade Jambouin,
pour ceux qui connaissent pas Paris,
est situé à peu près à 50 mètres à vol d'oiseau du Parc des Princes.
— De l'autre côté de la rue.
— Qui sont collés exactement de l'autre côté de la rue.
Donc plus un stade de foot, en l'occurrence,
parce qu'il n'y a pas de piste d'athlée,
aujourd'hui occupé par le stade français.
Donc le stade français et le Paris FC occuperaient ce stade Jambouin tous les deux.
Voilà.
Que vous dire d'autre ?
— Mais pourquoi pas à l'avenir...
A priori, ils ont vocation à rester à Jambouin ?
— Attention, parce que maintenant, ça, c'est...
Il y a un jeu de billard à plusieurs bornes.
Le PSG met la pression à la mairie de Paris...
— On en a parlé tout à l'heure.
— Voilà, par rapport au Parc des Princes.
Et là, Annie Hidalgo, elle boit du p'tit lait à la mairie de Paris,
parce qu'Annie Hidalgo, elle peut très bien dire à la fille...
— Du p'tit lait, je sais pas.
Allez-y.
— Hier, Annie partait.
J'ai un club, désormais, pour occuper mon stade,
en plus soutenu par la famille d'acteurs riches de France.
— La vraie question, Gilbert.
Ces 190 milliards, je crois, la fortune de Bernard Arnault...
— On n'est pas loin de 200.
— Un ou deux milliards près.
Est-ce qu'il va investir massivement ?
Ou est-ce que ça va être comme à Rennes,
où François Pinault, qui est aussi les plus grandes fortunes françaises...
— Selon les infos qu'on a, en l'occurrence,
la famille Arnault dit
quand on vient quelque part, qu'on achète une entreprise,
c'est pour la développer, et on y va.
Mais on a besoin d'apprendre,
et on veut faire les choses sur le temps long.
Voilà un peu les infos qu'on a.
Donc il faut pas s'attendre à ce que tout à coup,
au mercato de janvier, là, ce soit la révolution par EFC.
Pas du tout.
Déjà, ils sont très très humbles en disant
déjà, montons en Ligue 1.
Ensuite, structurons le club,
changeons de stade, et step by step, quoi.
Voilà.
— Déjà retrouver la Ligue 1, parce que comme tu l'as dit...
— Je sais que le débat va être lancé.
Je me permets de donner mon avis.
C'est quand même une nouvelle extraordinaire pour le foot français.
— Incroyable, même.
— La troisième fortune mondiale
qui s'intéresse enfin au foot,
au foot français,
et qui est prête à investir.
Donc en fait, ça va créer un effet d'émulation.
— Non mais c'était même une anomalie.
— Comment va réagir le Qatar, les autres clubs,
les zones industrielles françaises qui ne sont pas dans le foot.
Ça peut leur donner aussi des idées.
Enfin franchement, dans le marasme actuel,
marasme de l'équipe de France.
Plus personne voit la Ligue 1
parce que personne n'est abonné à Dazone.
Y a rien qui va.
Là, franchement, c'est la meilleure nouvelle de la rentrée.
— Exactement. Non mais c'était même une anomalie
par rapport à ce que tu disais sur la famille Arnaud
qui aime le foot, qui est très proche.
Moi, je sais que très souvent,
je croise les fils au Parc des Princes
parce que malgré tout, ils sont très proches
des dirigeants du Paris Saint-Germain aussi.
— Ils ont beaucoup d'affaires avec le Qatar.
— Oui, mais ils sont très proches.
Ils se cachent pas.
Quand ils viennent voir le match,
ils sont bien placés, ce qui est normal.
Ils regardent, mais ils sont passionnés.
Et donc ça, c'est important, tu vois,
d'avoir de l'argent.
Ça, ils en ont beaucoup.
Mais d'avoir ce côté aussi passionné.
Quand t'es passionné de quelque chose,
tu vas t'investir à fond.
Et très certainement, oui,
il y aura des effets positifs.
— Du cas que tu dis quand même,
c'est à condition.
Sous certaines conditions, c'est une bonne nouvelle.
— Bien sûr.
Moi, ça m'énerve ce que vous êtes en train de dire.
Sous prétexte qu'ils ont de l'argent,
c'est super nouvelle.
Non, mais n'importe quoi.
L'argent.
Moi, je suis pour la décroissance dans le football.
Comme il va y avoir encore plus d'argent,
encore plus de matchs et toujours pareil.
Tu vois pas que le système du football
est à bout de souffle ?
Il est à bout de souffle.
Donc moi, que ces gens-là viennent très bien.
Moi, ils ont une réussite de tout ce qu'ils ont fait.
Ils l'ont réussie.
Donc je souhaite la réussite de leur projet.
Mais je souhaite pas la réussite de leur projet
en amenant des milliards d'euros...
— Mais Gilbert vient de te dire...
— Oui, oui, oui.
Non, mais d'accord.
— Je suis assez d'accord avec Sistos sur le fond, moi.
— On est d'accord avec ça.
Moi, je veux une réussite...
Je veux une réussite...
Excuse-moi, Gilbert.
Je veux une réussite saine.
Je veux une réussite qui fasse rêver les enfants.
Je veux pas une réussite où tu vas acheter des joueurs,
que tu vas surpayer, repayer,
qu'ils vont...
Dès que tu leur demandes un interview après match,
ils vont te cracher à la gueule
parce qu'ils sont surpayés,
parce qu'ils aiment plus jouer au foot,
ils en ont marre du foot,
et ils sont prous.
— Le projet qui est reçu, apparemment.
— Mais on n'en sait rien !
C'est le...
Mais excuse-moi.
Excuse-moi, Tony.
C'est le football d'aujourd'hui.
Donc j'en sais rien, le projet qui va être mis en place.
Aujourd'hui, le foot...
Eh ben oui, donc moi, je dis...
— Peut-être qu'ils en marrent.
— Peut-être que oui.
— Sous condition.
S'ils arrivent avec de la compétence
plus que de l'argent,
je dis très bien.