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00:00 Que se passe-t-il en Martinique ? 07:07 Situation au Liban 08:13 Présentation du projet de loi de finances 2025 09:21 P. Diddy reste en détention 09:46 Sanofi vend sa filiale Opella 10:33 La hausse de l'espérance de vie ralentit 11:12 Le prix Nobel de la paix est décerné à... 11:49 Question du jour
Des prix bien, bien plus élevés que ce que l'on peut trouver dans l'Hexagone
et une colère qui monte en Martinique, un département d'outre-mer français donc situé dans les Caraïbes.
Ces derniers jours ont été marqués par de nouveaux incidents
dans le cadre du mouvement contre la vie chère qui dure depuis septembre au moins.
Sur place, la situation est critique mais alors que se passe-t-il ?
Pourquoi le gouvernement est autant critiqué ?
Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien.
C'est donc le sujet à la une des actualités du jour.
Alors depuis plusieurs semaines, des tensions importantes ont lieu
entre les forces de l'ordre et les manifestants qui protestent contre la vie chère sur l'île
avec des prix qui s'envolent et qui plongent dans la difficulté les habitants.
Et on va revenir évidemment dans un instant sur les raisons de cette colère
et cette situation de hausse dramatique des prix.
Mais revenons d'abord pour commencer sur les derniers événements et donc sur ces tensions.
La situation semblait s'être calmée depuis quelques jours
mais ce lundi 7 octobre, des tensions ont eu lieu entre les CRS et des militants
qui menaient une action de blocage à Lamantin près de Fort-de-France.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les tensions sont encore montées d'un cran.
Des barricades ont été installées dans plusieurs communes de la Martinique.
Un commissariat et plusieurs magasins de l'île ont été brûlés
ainsi que plus de 400 véhicules qui ont été brûlés selon l'AFP.
Au total, c'est 26 gendarmes et policiers qui ont été blessés dont un qui a été blessé par balle.
Une personne est aussi décédée, touchée par balle.
Mais à l'heure où on enregistre ces actualités du jour,
on ne sait pas exactement dans quelles circonstances.
C'est ce qu'indique la préfecture en tout cas à la chaîne La Première.
Maintenant évidemment, on va suivre ça dans les prochaines heures
et je vous tiendrai au courant sur le sujet avec une enquête dans tous les cas qui a été ouverte
et la préfecture de Martinique qui de son côté dit écarter l'implication des forces de l'ordre
qui n'auraient, je cite, pas fait usage de leurs armes au cours des émeutes.
Bon pour compléter sur les dernières informations, ce jeudi, plus d'une cinquantaine de personnes
ont envahi la piste de l'aéroport de Fort-de-France et huit personnes ont été arrêtées.
Il y a aussi trois vols qui ont donc été déroutés vers la Guadeloupe avec à leur bord 1117 passagers.
Il y a aussi plusieurs vols au départ et à l'arrivée de Fort-de-France qui ont été annulés.
L'objectif affiché par certains manifestants était de dénoncer l'arrivée de nouveaux renforts de forces de l'ordre.
Sauf que selon l'AFP, c'était une fausse rumeur,
mais une fausse rumeur qui s'inscrit en l'occurrence dans un contexte très particulier
puisque depuis le 21 septembre en Martinique, la CRS 8 a été déployée.
Alors on en a déjà parlé dans ce format, la CRS 8 c'est une brigade d'intervention rapide
qui est dédiée aux situations de violences urbaines, d'émeutes ou de troubles graves à l'ordre public.
On peut noter que sur place, la présence de cette brigade, elle est vécue par certains comme une provocation
puisque c'est la première fois qu'une compagnie républicaine de sécurité,
donc c'est le nom complet de CRS, est autorisée à intervenir sur l'île depuis près de 65 ans.
La dernière fois que les CRS étaient autorisées, c'était en 1959,
lorsque la Martinique avait été le théâtre de violences provoquées par un accident de la route.
L'intervention des policiers suite à des tensions avait été jugée disproportionnée,
avec notamment la mort de trois jeunes martiniquais âgés de 15, 19 et 20 ans.
Alors selon la députée PS de la Martinique, Béatrice Belay, je cite cette mesure
« ne fait qu'aggraver les tensions et détourner l'attention des revendications légitimes des martiniquaises et des martiniquais.
Elle appelle à l'instauration d'un dialogue ouvert et transparent.
Du côté du gouvernement, le ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet,
a condamné dans un communiqué cette violence.
Il a appelé, je cite, « à la responsabilité et à l'apaisement ».
On peut aussi noter qu'un couvre-feu de 21h à 5h du matin a été instauré,
ainsi qu'une interdiction des manifestations et des rassemblements jusqu'au lundi 14 octobre.
Enfin, on peut aussi le noter, vous le savez si vous êtes sur place,
les établissements scolaires sont aussi restés fermés pour le deuxième jour consécutif ce vendredi,
selon le rectorat de Martinique.
Mais alors, qui sont ces militants ? Pourquoi manifestent-ils ?
Eh bien, il faut savoir que ce sont, pour certains d'entre eux,
des membres de ce qu'on appelle le Rassemblement pour la Protection des Peuples et des Ressources Afro-Caribéens.
C'est en fait un collectif qui a pour but de protester,
notamment contre la question de la vie chère sur place.
Face aux violences constatées ces derniers jours,
l'organisation a rappelé qu'elle prônait des actions pacifiques,
tout en condamnant la répression des forces de l'ordre.
L'une des revendications de cette organisation,
c'est d'aligner les prix que l'on retrouve en Martinique et en Guadeloupe
avec les prix que l'on peut retrouver en France métropolitaine.
Pour vous donner une idée, et ça, c'est les chiffres de l'INSEE,
les prix de l'alimentation en Martinique sont près de 40% plus élevés que dans l'Hexagone.
Et ça, c'est des chiffres de 2022, donc sur les deux dernières années,
avec notamment l'inflation, l'écart s'est probablement encore creusé.
Il y a donc des prix plus importants, alors qu'en parallèle,
eh bien, 27,4% des habitants en Martinique vivent sous le seuil de pauvreté,
Et attention, parce que j'ai vu des commentaires qui me paraissaient légitimes et intéressants
dans notre vidéo qu'on a faite sur Instagram hier sur le sujet.
Là, c'est donc des chiffres de l'INSEE, mais ce qu'il faut bien comprendre,
c'est qu'évidemment, il y a des disparités et des écarts importants en fonction des produits.
Il y a de nombreux témoignages, y compris de certains d'entre vous qui suivez ce format-là,
qui ont fait état de prix beaucoup, beaucoup plus élevés sur certains produits du quotidien,
Et l'une des raisons de ces prix qui s'envolent, c'est qu'aujourd'hui,
l'île est dépendante à près de 80% d'importations de l'Hexagone.
Or, eh bien, aujourd'hui, il y a globalement deux ou trois groupes en Martinique
qui se partagent la distribution, donc notamment la gestion dans les supermarchés,
et qui vont d'ailleurs, pour certains d'entre eux, contrôler toute la chaîne de valeur.
Ils sont donc accusés par les locaux d'abuser de cette position pour maximiser leurs revenus.
Alors, face à cela, on peut noter que l'État avait négocié cet été un bouclier qualité-prix
censé modérer les prix de 134 produits du quotidien.
Pour beaucoup de Martiniquais, ce n'est pas assez.
Par ailleurs, on peut noter que le conseil exécutif de Martinique a proposé
le retrait de ce que l'on appelle l'octroi de mer.
En fait, c'est une taxe aujourd'hui qui existe sur les biens importés en Martinique.
Et donc, l'idée du conseil exécutif de Martinique était de retirer cette taxe sur une partie des produits.
Le truc, c'est que sans rentrer dans les détails, ça peut mener à d'autres problèmes,
parce que certes, ça peut mener à une baisse des prix,
mais c'est aussi une taxe qui sert aujourd'hui à protéger la production locale
pour autonomiser les territoires d'outre-mer.
Et l'objectif aussi, c'est de financer les collectivités locales,
puisque ça représente près d'un tiers des ressources des communes.
Je rentre pas dans les détails de ce débat là-dessus,
mais c'est donc un sujet relativement délicat aujourd'hui.
Et donc, ce que demandent surtout les manifestants aujourd'hui,
c'est une baisse des marges de la grande distribution.
Et à noter au passage, et on en reparle dans le en-bref juste après,
mais que le gouvernement de Michel Barnier envisage de diminuer de 250 millions d'euros
le budget alloué à la mission Outre-mer,
qui est une instance qui est dédiée au suivi des politiques publiques
concernant les territoires d'outre-mer français.
Ça représente une baisse de près de 10% par rapport à l'an dernier.
Tout cela s'ajoute donc à un contexte déjà extrêmement tendu.
En tout cas, ce que l'on sait, c'est qu'une nouvelle table ronde est prévue ce vendredi,
à l'heure où ces actus du jour seront postés.
On verra donc à quoi ça ressemble dans les prochaines heures.
Je vous tiendrai au courant, y compris sur Instagram ou sur TikTok.
N'hésitez pas à vous abonner pour le format des actus du jour.
Le week-end, ça se passe là-bas.
Les noms du compte, à chaque fois, vous le savez, c'est Hugo Décrypte.
Je vous laisse avec Samy pour les actualités en bref,
et je reviens juste après pour la question du jour.
Merci Hugo, et bonjour à tous.
On commence avec cette actu.
Au Liban, au moins 22 personnes ont été tuées et 117 ont été blessées ce jeudi soir
par deux bombardements israéliens dans le centre de Beyrouth, la capitale du pays,
selon le ministère libanais de la Santé.
Cette attaque est la plus meurtrière à Beyrouth depuis fin septembre.
Le chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah, un parti islamiste et groupe armé libanais,
était visé par ces frappes, mais on ne sait pas encore s'il est mort,
selon une source proche du Hezbollah citée par l'AFP.
Depuis le 23 septembre, plus de 1200 personnes ont été tuées au Liban,
et plus d'un million ont été déplacées pour fuir la guerre, selon l'ONU.
Et d'ailleurs, autre information sur le Liban,
l'ONU a accusé, cette semaine, Israël de cibler ses casques bleus au Liban.
Il faut savoir que s'attaquer à des casques bleus,
qui sont des soldats envoyés par l'ONU dans des zones de conflit
pour aider à protéger les civils et à favoriser la paix,
est très mal vu et considéré comme contre-productif pour la paix et la sécurité dans le monde.
L'ONU dispose de près de 10 000 soldats dans le sud du Liban,
et deux de ces casques bleus ont donc été blessés par un char israélien ce jeudi, selon un communiqué.
De nombreux pays, comme la France, l'Italie ou encore l'Irlande, ont condamné cette attaque,
alors que de nouveaux casques bleus ont été blessés par des tirs ce vendredi.
En tout cas, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barreau,
a convoqué ce vendredi l'ambassadeur d'Israël en France, on verra ce qu'il en est.
Deuxième actue, le gouvernement de Michel Barnier a présenté, ce jeudi,
qui a pour but de définir le budget de l'État pour l'année à venir.
Alors on va pas pouvoir rentrer dans tous les détails puisque c'est assez dense,
mais donc, comme prévu, une contribution exceptionnelle va être demandée
aux 0,3% des personnes qui ont les plus hauts revenus,
soit environ 65 000 ménages, selon le gouvernement.
Cette contribution exceptionnelle ne devrait durer que 3 ans,
et les 400 entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse les 1 milliard d'euros
vont aussi devoir verser un complément exceptionnel sur leurs profits,
ce qui devrait rapporter 12 milliards d'euros sur 2 ans à l'État.
Parmi les autres mesures, les consultations médicales seront moins prises en charge
par l'assurance maladie et davantage par les mutuelles,
et les retraites seront également gelées pendant 6 mois et ne seront revalorisées
qu'à partir du 1er juillet au lieu du 1er janvier.
Et enfin, dernière mesure qui fait beaucoup parler,
le budget prévoit 4000 postes d'enseignants en moins par rapport à 2024,
principalement en maternelle et en école élémentaire.
Le gouvernement a justifié cette mesure par la baisse du nombre d'élèves
qui devrait s'accélérer, avec 97 000 élèves en moins à la rentrée 2025.
L'objectif de tout ça, en tout cas, c'est normalement pour l'État
de réaliser 40 milliards d'euros d'économie et d'obtenir 20 milliards de recettes en plus
grâce à la fiscalité et donc les impôts.
Troisième actus rapidement, le rappeur américain P. Diddy,
accusé de viol et d'avoir dirigé un système violent de trafic sexuel et d'extorsion,
va rester en prison à New York jusqu'à son procès le 5 mai 2025,
fixé par la justice américaine ce jeudi.
En parallèle de ce procès pénal, le rappeur de 54 ans est aussi poursuivi au civil
par plus de 120 victimes, dont 25 mineurs à l'époque des faits,
qu'il accuse d'agression sexuelle, selon leur avocat américain.
De son côté, P. Diddy continue de plaider non coupable et se dit innocent.
Quatrième actus, le groupe pharmaceutique français Sanofi a confirmé ce vendredi
qu'il comptait vendre sa filiale Opéla, qui commercialise notamment le Doliprane, à un fonds américain.
Ce fonds américain, qui s'appelle C-DNR, pourrait contrôler près de 50% de Opéla,
qui est présente dans 100 pays et qui possède donc le Doliprane, le Dulcolax ou encore l'alizopaine.
Selon le journal économique Les Echos, cet achat pourrait s'élever à plus de 15 milliards d'euros.
Mais ce rachat inquiète notamment car il pourrait y avoir une délocalisation de la production des Doliprane,
ce qui pourrait mener à un problème d'approvisionnement en cas de crise
et une dépendance de la France envers un autre pays.
Surtout que le paracétamol, donc le médicament de la marque Doliprane,
avait déjà connu des tensions au cours de l'hiver 2022 et 2023.
Pour pallier le problème, le ministre français chargé de l'industrie Marc Ferracci
aurait demandé des engagements de Sanofi et du futur repreneur
afin de garantir le maintien du siège et des centres de décision sur le territoire français.
Cinquième actus, la hausse de l'espérance de vie humaine ralentit dans les pays riches,
selon une étude publiée ce lundi dans la revue Nature Aging.
En fait, l'espérance de vie des humains a connu un boom après la seconde guerre mondiale
grâce au progrès de la médecine et de la santé publique.
Mais donc, selon l'étude qui a analysé les 8 pays dont la population a atteint
les niveaux les plus élevés d'espérance de vie, comme la France, l'Australie et le Japon,
ces populations n'ont gagné en moyenne que 6,5 années d'espérance de vie en plus de 30 ans,
soit bien moins que les 3 ans de plus par décennie observées après la guerre.
En fait, selon les chercheurs, on aurait atteint une sorte de plafond de verre de la longévité,
puisque de plus en plus de personnes meurent moins prématurément de maladies
et survivent désormais jusqu'à un âge avancé,
où le vieillissement de notre organisme est pour le moment irrémédiable.
Et on termine avec cette actu, le prix Nobel de la paix 2024
a été attribué à l'organisation japonaise Nihon Idankyo pour son combat contre l'arme atomique.
Ce mouvement rassemble les survivants des bombes nucléaires larguées par les Etats-Unis
à Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945, et qui ont tué environ 120 000 personnes.
Avec cette récompense, le comité norvégien a souhaité honorer tous ces survivants, je cite,
qui, malgré leurs souffrances physiques et leurs souvenirs douloureux,
ont choisi d'utiliser leur expérience coûteuse pour cultiver l'espoir et l'engagement en faveur de la paix.
L'année dernière, c'est la militante iranienne Narj Mohammadi,
emprisonnée en Iran pour son combat contre le voile obligatoire
et contre la peine de mort qui avait reçu le prix Nobel de la paix.
Merci beaucoup Samy.
La question du jour, elle est liée à l'actualité, c'est la suivante.
Pourquoi est-ce que c'est toujours le Premier ministre israélien qui prend la parole et pas le Président ?
Eh bien en fait, en Israël, le rôle du Premier ministre et celui du Président, ils sont très différents.
C'est pas tout à fait comme en France, c'est même pas du tout comme en France où, vous le savez, le Président a beaucoup de pouvoir.
En Israël, c'est le Premier ministre, qui est donc actuellement Benjamin Netanyahou,
qui est le chef du gouvernement et qui détient véritablement le pouvoir exécutif.
Ça veut dire que c'est lui qui est responsable de la mise en œuvre des lois, des décisions politiques majeures,
et des questions de défense et de sécurité.
Pour ce qui est du Président israélien, en ce moment, c'est Isaac Herzog.
Il joue un rôle plutôt symbolique et cérémonial.
Il est censé incarner l'unité nationale et il a des fonctions plutôt symboliques.
Et pour compléter ces infos, le Président, il est élu pour 7 ans par le Parlement israélien, qui est la Knesset.
Et le Premier ministre israélien, il est désigné par le Président, mais en fait, il est désigné là aussi de façon symbolique.
En fait, il doit désigner un Premier ministre qui ressort de la majorité au Parlement israélien.
Là, en l'occurrence, ça se rapproche un petit peu de ce qu'on est censé avoir en France.
En tout cas, si vous voulez poser votre question du jour et que je réponde la semaine prochaine,
n'hésitez pas à mettre une question directement dans les commentaires sur YouTube ou alors en podcast audio, vous le savez.
Sur Spotify, notamment, il y a un outil qui vous permet de poser des questions directement.
N'hésitez pas à vous abonner, je sais mais c'est pas encore le cas.
Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches, passez un excellent week-end et on se dit donc à lundi pour le retour de ce format.