Euro-2021 : l'Italie sacrée aux tirs au but face à l'Angleterre • FRANCE 24

Le Café des Sports
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L'Italie a remporté l'Euro en terrassant l'Angleterre chez elle aux tirs au but dimanche 11 juillet à Londres, remportant son deuxième titre européen après un demi-siècle d'une longue attente... qui se poursuit pour les Anglais, privés de trophée depuis 1966.
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Bonsoir à tous, il est 23h03.
L'Italie est donc championne d'Europe.
Édition spéciale sur France 24 pour revenir sur cette grande finale.
Vous faire vivre l'ambiance à Londres et à Rome, évidemment.
Et pour analyser cette rencontre avec ceux qui nous ont accompagnés
durant toute cette compétition, nos deux consultants.
Patrick Julliard, bonsoir.
Bonsoir, Eliott.
Journaliste Foot365 et Sylvain Henri-Cicero, bonsoir.
Bonsoir.
Consultant sport international.
C'est donc l'Italie qui est championne d'Europe.
Au bout du suspens, c'était pourtant Luuk Schoo
qui avait ouvert la marque dès la deuxième minute de jeu
avant de voir Bonucci égaliser à la 67ème minute.
Plus rien ne sera inscrit ensuite.
Et finalement, c'est au tir au but que l'Italie est sacrée.
3-2 après un dernier tir manqué par Saka.
On va retrouver notre correspondant à Londres, Hervé Amory,
qui se trouve devant le stade de Wembley.
On va le retrouver dans quelques petites minutes.
Problème de liaison, messieurs, donc.
L'Italie qui est championne d'Europe.
Ça s'est joué au tir au but, mais on ne peut pas dire
que ça a été volé sur ce qu'on a vu de ce match.
Non, absolument pas.
L'Italie qui avait subi dès la deuxième minute
le pire scénario possible.
L'ouverture du score anglaise à Wembley
devant un public déchaîné qui se sentait déjà parti
pour enfin briser cette malédiction
qui poursuit l'Angleterre depuis 55 ans.
Et puis l'Italie, patiemment, ne s'est pas affolée.
Elle a d'abord subi les Anglais qui essayaient de pousser
pour accroître leur avantage.
Elle a laissé passer cet orage.
Elle a repris la possession du ballon.
Et ensuite, elle a tissé sa toile patiemment.
Et elle a surtout bénéficié peut-être de l'erreur fondamentale
des Anglais sur ce match, c'est-à-dire celle de trop compter
sur leur défense et sur leur avantage
qui n'était finalement que d'un but.
Et ce qui devait arriver arriva avec cette égalisation.
Symbole de l'Italie, c'est Bonucci qui marque
sur une première reprise de Verratti
qui était vraiment dans le dépassement de fonction.
Lui qui ne frappe pratiquement jamais au but.
Là, il est décisif.
Donc oui, l'Italie pour moi est plus complète.
Elle a plus mérité de gagner cette finale
parce qu'elle s'est plus battue.
Elle a plus été chercher au fond d'elle-même cette victoire.
Et pour le football et pour l'aspect plus complet de cette équipe,
c'est un très beau vainqueur de 7 euros.
Oui, complètement.
L'Italie a su se réinventer, contrairement à l'Angleterre.
On a vu une Italie qui n'était pas dans le rythme.
Elle n'arrivait pas à changer de rythme en première période.
Et d'ailleurs, quand on regarde attentivement le premier but,
ce premier but de Shaw de la deuxième minute,
on s'aperçoit que la charnière centrale
est complètement aspirée par Kane.
C'était un peu leur crainte.
Et c'est comme ça qu'ils vont libérer Luke Shaw
qui va marquer le but.
Ils ont eu du mal ensuite lors de cette première mi-temps
à accélérer.
Ils étaient toujours sur le même rythme.
Mais je pense que le retour des vestiaires a été très intéressant.
La causerie de Mancini a aussi dû jouer quelque chose
en disant, les gars, il va falloir que vous réinventiez,
que vous trouviez un système pour aller perturber cette équipe
qui est stéréotypée.
On en revient toujours à la même chose.
Southgate, en fait, a perdu la rencontre sur son entêtement
à ne pas se réinventer.
Contrairement à ce qu'ont fait les Italiens en seconde période
en conservant le ballon, un peu à l'espagnol,
en privant les Anglais de ballon,
en les étouffant et en faisant en sorte de monter de plus en plus haut.
On a vu des légalisations dans les messages que nous avons reçus
en disant qu'ils vont bloquer Catenaccio.
Ils n'ont pas du tout joué tel qu'on aurait pu le prévoir.
C'est-à-dire qu'ils ont joué vraiment en se projetant vers l'avant,
en proposant du jeu, en essayant de faire en sorte
qu'ils soient proches du camp inverse.
C'est en cela qu'il faut féliciter les Italiens
parce qu'ils ont su se réinventer pendant cette rencontre.
Et c'est ce qui fait augmenter encore plus la côte de sympathie
que j'ai pour cette équipe.
On voit les images de l'IES.
Du côté de l'Italie, c'est l'équipe la plus séduisante de cet Euro
qui finalement l'emporte.
Même si c'est au tir au but.
La plus séduisante.
On peut peut-être penser que le Danemark est une équipe très séduisante,
mais c'est la plus complète.
C'est l'équipe qui propose le plus
et qui sait le mieux s'adapter aux aléas d'un match.
Elle a su, lors des précédents tours,
fermer le jeu, casser le jeu adverse quand il le fallait,
alors que Mancini a plutôt essayé de reconstruire cette équipe
vers un jeu plus offensif, plus créatif, plus joueur.
Et sur ce match, elle a patiemment repris la possession
à une équipe qui menait chez elle, devant son public,
qui avait vraiment enfoncé,
qui avait vraiment eu le premier avantage
et qui avait pris un ascendant psychologique énorme.
Elle a su ne pas s'affoler.
Elle a su.
Donc c'est des vertus à la fois mentales, à la fois techniques,
à la fois tactiques dans la gestion des événements.
À l'image de Bonucci qui est le buteur
et qui est encore décisif dans la série de tir au but.
C'est tout ça l'Italie.
Il y a un peu de roublardise, il y a beaucoup de générosité,
il y a du talent, il y a de la créativité
et il y a surtout de l'intelligence de jeu.
L'Angleterre, c'était plus scolaire.
C'est-à-dire que tant que les événements allaient dans le sens de l'équipe,
c'était bien.
Mais là, par exemple, je suis certain
que Southgate n'avait pas prévu de marquer aussitôt.
Ce n'était pas le plan.
Je ne pense pas que le plan des Anglais était de marquer très vite
et ensuite de pousser à fond.
Ils n'ont pas su vraiment quoi faire de cet avantage.
Ils n'ont pas su le bonifier et essayer d'enfoncer le clou
et de mettre le deuxième but.
On a senti ensuite l'Angleterre en gestion.
Et la preuve, c'est que le seul tir cadré du temps réglementaire,
c'est le but.
Il n'y a rien eu de plus.
C'est le signe d'une équipe qui attendait que ça passe,
qui attendait que ça se termine.
Et finalement, à vouloir trop contrôler les choses
et trop se reposer sur ses atouts
parce que la défense anglaise a encore été remarquable.
Il a été très dur de lui marquer un but.
Pickford manque de sortir sa tête de vératier.
Il la repousse sur son poteau.
Et c'est grâce à ce poteau que Bonucci peut reprendre.
Ça a failli marcher, mais ça n'a pas marché
parce qu'en football, même si la carte qu'on a est une carte maîtresse,
on ne peut pas jouer que sur une seule carte.
Il faut en avoir plusieurs.
Et Southgate l'a trop oublié ce soir et sur tout le tournoi.
Et puis Gareth Southgate, il avait vraiment sur le banc
des atouts offensifs incroyables comme Marcus Rashford,
comme Jadon Sancho qui sont rentrés à la 119e minute seulement,
c'est-à-dire seulement pour jouer les tirs au but.
Et le choix est totalement raté.
C'est eux qui ratent les tirs au but avec Saka.
Avec Saka, les trois jeunes qui loupent,
c'est incohérent parce qu'on sait pertinemment
qu'un joueur a besoin de rentrer un peu dans le bain.
On en a parlé avant de rentrer dans le plateau.
Il aurait fallu qu'ils les fassent rentrer 10, 15 minutes avant,
qu'ils prennent la dimension de l'enjeu de l'événement,
qu'ils prennent la dimension du public qui est là et de l'attente du public.
Qu'ils soient tout simplement chauds, qu'ils soient rentrés froids.
Et on a vu même dans leurs courses.
Vous savez, je crois que dans la course d'un joueur professionnel,
il a peur de se blesser.
C'est-à-dire qu'automatiquement, inconsciemment ou consciemment,
il y a le corps qui dit non, non, il ne faut pas y aller trop rapidement
parce que je peux me blesser.
Et je crois que c'est trois joueurs qui...
Je crois même que Rashford n'a même pas touché un ballon.
Ou c'est Sancho ?
Sancho n'a pas touché le ballon.
C'est-à-dire qu'il est complètement froid.
Son premier ballon, c'est le ballon qu'il prend pour aller tirer son tir au but.
C'est une erreur monumentale de la part de Southgate.
Et Southgate, alors là, est marqué vraiment par le sort et par le destin
parce qu'il a perdu deux séances de pénalty de tir au but
en tant que joueur, en tant que sélectionneur.
Hier, lors de ce même rendez-vous, je lui disais,
il peut être un héros, il peut être un oubli, il peut être un zéro.
Là, on va laisser passer, je pense, demain la tristesse
et cette nuit, la gueule de bois que vont avoir les Anglais.
Mais que va-t-il se passer jusqu'à la Coupe du Monde ?
Ça, c'est une autre question parce qu'il est marqué, là, maintenant.
Il est marqué par son destin, par ce qu'il a créé
et par ce manque de diversité, par ce manque de création
à s'entêter, à vouloir absolument conserver son schéma,
surtout avec un matériau des joueurs qui sont juste exceptionnels, incroyables.
Vous savez quoi ? Il faudrait peut-être inverser.
J'aimerais bien voir Mancini avec ce matériau de joueur anglais.
Voir ce que ça donne, ça pourrait être assez intéressant.
Allez, on va se rendre du côté de...
