00:00 Introduction 01:00 Entrer au studio Illumination Mac Guff 04:00 Construire sa bande démo d'animation 05:48 Les styles d'animation 09:20 Plusieurs métiers/domaines à la fois 12:57 Court-métrage "La Méduse" 14:10 Intégrer une équipe dans un studio d'animation 18:45 Le télétravail dans l'animation 21:40 Organiser ses journées de travail 26:40 La création des vidéos YouTube 31:24 L'impact des vidéos sur la vie professionnelle 37:54 Garder sa liberté créative et ne pas se lasser 40:38 Le festival d'Annecy 2022 41:22 Conclusion
Salut Mélanie, merci d'avoir accepté l'invitation, ça fait longtemps qu'on n'a pas discuté tout court, je crois.
Et voilà, je voulais faire un peu cette vidéo-là, histoire de voir un peu ce que tu fais en ce moment,
qu'on puisse discuter de choses et d'autres par rapport à tout ça.
Juste pour ceux et celles qui ne te connaîtraient pas, est-ce que tu peux juste en quelques mots dire qui tu es et ce que tu fais ?
Ok, alors du coup, moi c'est Mélanie.
Actuellement, je suis animatrice 3D dans le studio Illumination McGuff.
C'est, pour ceux qui ne connaissent pas, le studio qui a fait Les Mignons, Comme des Bêtes, Moins Moches et Méchants.
Et donc, je suis tout récemment sortie d'études, c'est que depuis septembre 2020 que j'ai commencé à travailler dans ce secteur.
Et j'ai participé à Tous en Scène 2, qui est sorti au cinéma en décembre.
Et à côté de ça, je fais des vidéos YouTube depuis quelques années maintenant,
où ça parle de dessin, d'animation, vu que c'est mon métier maintenant,
et aussi de tout ce qui est domaine voyage, randonnée, carnet de voyage, où j'emmène un peu mes crayons dans mon sac à dos, un peu partout.
Par rapport au métier que tu fais maintenant, comment est-ce que tu es rentrée dans ce studio en particulier ?
Est-ce que, tu as sûrement répondu à ça déjà, mais il y a des choses que je vais répéter un petit peu pour ceux qui n'ont pas vu tes forums de questions, des choses comme ça.
Comment est-ce que tu es rentrée dans ce studio ? Est-ce que c'était avec un stage ?
Est-ce que c'était avec une connaissance que tu as connue à l'école, qui ensuite t'a fait le lien ?
C'est souvent des trucs comme ça, comment ça s'est passé pour toi ?
C'est vrai que le réseau, ça peut jouer beaucoup dans le domaine.
Après, me concernant, je ne suis pas trop passée par là.
Moi, ça a été beaucoup dans le domaine un peu compliqué après le premier confinement,
où en soi, avec l'école des Gobelins, c'est vrai qu'on était censé avoir pas mal de meetings avec les entreprises, notamment au Festival d'Annecy, où j'ai fait ma formation.
C'était la formation d'un an en cinéma d'animation 3D, donc vraiment très spécifique.
Il y a vraiment une semaine à Annecy où tu peux rencontrer les entreprises, donc il y avait ça qui était prévu.
Tout ça, ça a été annulé, donc je ne pouvais pas me reposer dessus.
Pour résumer un petit peu, pendant le premier confinement, c'est là où je me suis mise sur LinkedIn,
que j'ai commencé à contacter les gens, à essayer de me faire un réseau,
et essayer de voir quelle boîte faisait tel ou tel projet, s'il y avait des besoins d'embauche.
Donc, j'avais commencé à envoyer mes demandes de stage à ce moment-là.
C'est vrai que tu contactes directement une personne, c'est un animateur, c'est quelqu'un qui s'occupe du recrutement.
Comment est-ce que tu trouves les personnes et tout ça ?
Oui, tout à fait. Je m'étais fait une petite liste, à essayer de regarder qui étaient les RH actuels,
et aussi des anciens des Gobelins, par exemple, je regardais où ils tombaient actuellement dans les entreprises,
si ça pouvait m'intéresser. Par exemple, il y en avait qui étaient au Canada, à Montréal.
Je suis allée taquer à leurs potes, « Coucou, est-ce que je peux savoir un peu ce que tu fais en ce moment ?
Est-ce qu'il y a de la place ? Comment ça se passe ? »
Mais ce n'est pas par ce biais-là, finalement, que ça s'est fait.
C'est pareil, pendant le premier confinement, ils ont vu un peu nos bandes démo, certaines entreprises.
Et c'est marrant, parce que ce n'était pas sous l'office de « on va vous recruter », c'était plus l'aspect prof et correction.
On a montré des choses qui n'étaient pas forcément finies.
Et c'est là que, quelques mois plus tard, je me suis retrouvée contactée par Illumination,
qui m'a proposé de bosser sur Tous en scène 2, alors que, de base, je n'avais même pas candidaté pour cette boîte,
parce que je ne voulais pas retourner en région parisienne au moment de tout ce qui est confinement.
Il y avait Annecy à côté, où j'étais actuellement, et c'est vrai que ça me donnait plutôt envie de rester,
ou en tout cas d'aller tester d'autres choses aussi, d'autres villes en tout cas.
Et ça s'est clairement fait.
Tu as juste mis en ligne une démo sur Vimeo, j'imagine ?
Ouais, c'est ça.
Et ensuite, c'est ça qui est vu ?
Ouais, que la personne a regardé, qu'elle m'a donné quelques retours dessus.
On s'était vu en zoom quand même, mais c'était vraiment sur « corriger mes travaux ».
Je pense que le courant était bien passé à ce moment-là, et il se trouve que c'est Malide actuellement.
C'est ma supérieure en animation, donc je pense que c'était vraiment par ce biais-là que ça s'est fait.
Donc ça veut dire que la démo, est-ce qu'il y avait vraiment une sorte de construction de la vidéo démo pendant ta formation ?
Est-ce qu'il y a vraiment eu un truc de « voilà, vous faites ça comme ça, etc. »
pour que chacun et chacune ait vraiment son truc bien ficelé à la fin, histoire de trouver des jobs ?
Il y avait des trucs là-dessus ?
Alors, pour les bandes démo, ouais, quand même, on a eu des retours de la part des profs.
Même des intervenants, il y avait des intervenants qui avaient bossé à Pixar,
qui ont quand même regardé ce qu'on avait fait, donc ça a beaucoup aidé, on ne va pas se le cacher,
de quelle animation était la plus intéressante à mettre en premier.
C'était vraiment par rapport à leurs retours, on s'est dit « ah, il a bien l'air d'aimer ça, est-ce que je ne le mettrais pas devant ? »
Et voilà, c'est comme ça qu'on a agencé.
On avait aussi des conseils, comme le fait qu'il ne faut pas que la bande démo dure mille ans non plus,
que c'est vraiment concentré de travaux, et que tout le travail, c'est de sélectionner qu'est-ce que tu veux mettre dedans.
Et surtout, quel poste en animation tu veux avoir ?
Parce qu'en soi, j'ai fait la formation en animation 3D, mais dans la classe,
même dans les années précédentes, il y a des gens, des fois ils faisaient la formation d'animation,
et ce n'était pas pour être animateur, c'est parce qu'ils faisaient du développement,
et ils bossaient sur Maya, et ils voulaient savoir comment les animateurs se débrouillaient sur ce logiciel-là pour l'améliorer.
Donc c'est vraiment drôle, parce que ça part à d'autres choses.
Donc après, faire la bande démo selon ce que tu veux faire par la suite.
Pareil pour l'animation, il y a tellement de styles d'animation,
il y a l'animation réaliste, il y a l'animation cartoon, semi-réaliste,
et pendant les modules au Gobelin, on voyait un peu tout, et les différentes façons d'animer,
donc pareil, selon ce qu'on préférait, on va un peu plus privilégier dans la bande démo certains styles,
et aussi le style de studio qu'on vise, parce que chaque studio a un peu leur ambiance et leur manière d'animer.
Ok, parce que c'est vrai que les différents styles, ça c'est un truc où quand je commençais à me renseigner sur l'animation,
il y a vraiment des années, quand j'étais au collège et tout ça,
j'avais l'impression qu'il y avait un peu des obligations,
que tu deviens animateur de tel style et pas d'un autre,
alors qu'ensuite en discutant avec les gens petit à petit, tu te rends compte que tu peux très bien,
par exemple toi tu pourrais très bien ensuite partir faire du VFX avec des animations de créatures réalistes,
ou que tu peux montrer que tu sais le faire, ça marcherait quand même.
Je ne sais pas si tu as des retours comme ça de trucs, même des envies de faire d'autres styles d'animation, etc.
De base, en tout cas quand j'étais au Gobelins, ce qui me plaisait pas mal, c'était quand même le semi-réaliste.
Donc c'est pas non plus totalement cartoon, c'est pas réaliste, c'est un mix des deux,
où tu peux t'amuser à faire pas mal de stretch and squatch,
tu peux bien travailler par forme, où tu déformes complètement le personnage à certains moments,
pour qu'il arrive d'une pose A à une pose B, ça c'est quelque chose qui m'amuse beaucoup.
Après, je suis assez curieuse de tester d'autres choses, parce que je suis quand même au tout début de ma carrière,
donc j'ai bien envie de voir d'autres studios, même d'autres façons de créer,
pour pas me m'enfermer tout de suite dans une case, de voir un peu comment ça se passe.
Même l'animation de jeux vidéo en soi, c'est complètement différent et c'est quelque chose qui pourrait me plaire à tester.
Et là, tu peux tomber sur une production au temps où tu travailles en keyframe,
donc un peu ce qu'on fait sur les longs-métrages, où tu bosses pose par pose,
et tu crées vraiment ton animation, ou une prod, où tu vas plutôt partir d'animations qui sont déjà enregistrées avec la motion capture,
et là c'est totalement différent, c'est un autre travail, c'est totalement différent, tu pars d'une animation,
quelque chose qui est recordé, qui est totalement beaucoup trop détaillé et complexe,
et que tu vas plutôt faire du ménage, essayer de simplifier, rendre les mouvements un peu plus fluides,
donc c'est totalement différent et c'est vrai que c'est quelque chose qui pourrait m'intéresser à faire.
Après, pareil, vu que je suis un peu plus dans le chemin de tout ce qui est animation, animation réaliste, longs-métrages,
si par exemple j'ai envie d'aller dans le jeu vidéo, il faudrait que je touche un peu par moi-même à Mobu,
qui est un autre logiciel d'animation que je n'ai pas encore travaillé dessus, après c'est toi en autodidacte.
Mobu, c'est vraiment pour la motion capture et pour mettre les animations vraiment dans le jeu vidéo,
parce que dans le jeu vidéo, tu as pas mal d'animations qui sont censées se mixer les unes avec les autres,
tu cours, puis tout d'un coup tu appuies sur un bouton et ton personnage doit faire une action, donc c'est assez différent.
Ça gère les transitions entre les différentes animations.
Je me demande comment ça marche, en vrai, est-ce qu'il faut s'arranger pour que l'image de fin soit la même
qu'une autre animation ensuite faite par quelqu'un d'autre ? Il doit y avoir plein de trucs complexes à prendre en compte, j'imagine.
Oui, je pense que c'est assez différent par rapport à une animation où tu t'arrêtes,
où tu essaies vraiment même de faire par rapport à la caméra pour que la silhouette soit jolie et tout ça.
Là, en jeu vidéo, tu as la caméra qui tourne autour, donc c'est différent.
Il y a moins de triche aussi, j'imagine, parce que forcément, tu peux aller partout, donc tu peux pas trop planquer des trucs.
C'est clair, en termes de formes.
Mais en tout cas, pour conclure ça, c'est vrai qu'on se forme dans un domaine, j'ai l'impression, avec les écoles, tout ça,
mais après, soi-même, on peut s'améliorer dans une certaine branche ou toucher un autre logiciel pour se réorienter,
se diriger vers quelque chose qui nous intéresse.
J'ai vraiment le sentiment de ne pas être limitée à une case précise,
et je pense que c'est le cas de beaucoup d'artistes dans les domaines créatifs qui ont aussi plusieurs casquettes.
Moi, par exemple, j'ai aussi la casquette d'illustratrice, où je suis artiste-auteur à l'Ursafe.
L'autre cas, c'est micro-entreprise.
C'est vrai que dans la boîte, on est plusieurs à faire différentes choses, à être animateur d'un côté et à faire de l'illustration de l'autre
ou faire des courts-métrages aussi pour d'autres personnes.
Il y a une personne dans la boîte qui a participé au clip d'Orelsan qui a sorti récemment,
qui est très bien réussi, mais qui était sur ce projet aussi.
Donc c'est assez courant d'avoir plusieurs facettes.
De ce que j'ai vu dans les profils des gens qui sont venus sur la chaîne, il y a un peu deux choses.
Il y a un peu ceux qui sont touche-à-tout, où il y a un petit peu d'illustration, un petit peu de ça.
Je ne sais jamais trop si c'est peut-être aussi parce que c'est financièrement plus intéressant d'avoir les deux casquettes,
selon le stade où tu en es et le salaire que tu peux avoir.
Il y en a d'autres qui sont beaucoup plus à l'aise à se dire, moi je fais mes sept heures par jour en studio,
après je fais ma vie à côté et puis c'est très bien.
Donc il faut aussi savoir quel est son profil quelque part, essayer d'expérimenter des trucs pour savoir ce qu'on préfère.
Parce qu'on peut ne pas aimer faire de l'animation tout le temps, il faut se connaître petit à petit.
Mais ce n'est pas grave de ne pas le savoir à l'école en tout cas, c'est important de le préciser.
Je suis totalement d'accord.
De toute façon, en vérité, moi quand j'étais étudiante, c'est vrai que je pouvais être un peu stressée par ce côté-là,
à me dire, il faut tout de suite que je sache, qu'est-ce que je veux faire exactement, me spécialiser,
parce qu'il faut trouver un métier et pour trouver un métier, des fois, c'est mieux de se spécialiser.
Et en fait, en vérité, tu fais tes années d'études, tu vois ce qui te correspond un peu plus et après tu peux réajuster.
Par exemple, je suis dans un métier, je peux réajuster selon vers quoi j'ai envie d'aller,
il n'y a pas du tout de pression. En vérité, tout coule de source une fois que tu suis un petit peu d'avoir,
qu'est-ce que tu as envie de faire et qu'est-ce que tu aimes. Il faut juste suivre ce que tu aimes
et je pense que ça peut éloigner déjà d'autres pistes et faire le tri.
En tout cas, dans l'idéal, c'est un milieu où ça marche vraiment à la compétence.
J'imagine que le fait d'avoir fait une école plus ou moins prestigieuse
peut faire en sorte qu'on regarde peut-être un peu plus facilement ton CV ou des choses comme ça.
Mais en vrai, c'est juste la vidéo. Est-ce que c'est bien fait ou pas ?
Est-ce qu'on a besoin de ce type de profil ? Je pense que le diplôme n'est pas si important.
On a déjà bâché ça plein de fois dans les vidéos, peut-être de l'autre côté aussi.
Mais la pression du diplôme, finalement, n'a pas l'importance comme pour un médecin ou autre.
C'est vraiment une obligation. De l'autre côté, c'est un peu moins comme ça.
C'est vrai que c'est assez drôle parce que du coup, j'étais déjà elimination
quand deux mois plus tard, je suis allée à la remise de mon diplôme
que j'ai passé les euros. J'ai dû poser une journée de travail
pour aller faire mes examens, pour avoir mon diplôme
alors que j'en avais plus trop besoin. C'est juste un papier.
C'est vrai que c'est plutôt toutes les compétences que tu peux avoir.
Et quand tu pars de ce principe-là, les écoles, ça n'a plus trop d'importance.
C'est vraiment toi, comment tu vas évoluer au sein de ces années d'études,
te former aussi par toi-même,
développer tes compétences.
Il y a pas mal de personnes qui sont autodidactes, qui peuvent très bien réussir dans le domaine,
je pense. Après, c'est sûr que me concernant, vu que je suis au Gobelin,
c'est quelque chose qui a pas mal aidé parce que ça a déjà sa renommée, ça a le réseau.
Mais dans mon travail, il y a des personnes qui ne viennent pas forcément des Gobelins,
qui viennent d'autres écoles. Ils sont aussi animateurs.
Et par rapport au côté, se former à côté, par exemple,
tu as fait un court-métrage. C'était un court-métrage dans le cadre de l'école,
le court-métrage où tu as été en festival, etc. Est-ce que dans ta démo,
il y avait des choses qui étaient hors de l'école aussi ? Comment est-ce que tu as équilibré le truc ?
De ce que j'ai compris, il ne faut pas mettre non plus que des exercices d'école où tout le monde a la même marche,
où tout le monde a le même truc. Pour candidater au Gobelin,
j'avais mis tout ce qui est animation et projets personnels et tout ça.
Mais pour être animateur 3D, c'est vrai qu'au Gobelin,
on avait vraiment des exercices qui rentraient pour être dans une bande démo spécifique d'animation 3D.
J'ai vraiment montré ce que je savais faire le mieux en animation spécifiquement.
Donc je n'ai pas mis ce court-métrage qui, en termes d'animation,
n'était pas vraiment ultra poussé.
C'était beaucoup plus le côté créatif.
Il y a vraiment le côté technicienne
et à côté le côté plus création. C'est vrai que quand tu vois des fois
des courts-métrages au Festival d'Annecy, c'est plus l'originalité qui se dégage du court-métrage
que de l'animation pure et dure qui va faire passer le message.
Souvent, c'est des petites équipes, des gens tout seuls qui font, des gens un, deux, trois.
Forcément, il n'y a pas les mêmes moyens, c'est sûr.
Peut-être que je bifurque un peu vite sur autre chose, mais en gros,
en parlant d'équipe, comment ça s'est passé la transition entre tu fais tes trucs
avec ta classe ou toute seule et d'un coup tu es dans une plus grande équipe ?
Tu as trouvé ta place dans l'équipe ? Des choses comme ça ?
C'est vrai qu'au Gobelin, on est individuels
à faire nos animations et c'est vrai que c'est un point que je viens de réaliser
même là maintenant. À l'école Estienne, on avait encore des petits travaux de groupe
où on s'organisait. Ah tiens, tu fais les décors, l'animation. Et au Gobelin,
on est celles devant notre animation à devoir la gérer et il n'y a personne d'autre,
il n'y a pas de camarade qui va intervenir dessus à part vraiment pour donner des retours.
D'ailleurs ça, c'est pas pareil en 2D. En 2D, au Gobelin Paris,
ils sont vraiment plusieurs, ils sont 4-5. Donc en 3D, c'est forcément une personne
qui fait un court-métrage ? Ouais, là pour le coup, pour l'année d'études que j'ai fait,
on n'a pas fait de court-métrage de fin d'études comme j'ai pu faire
à l'école Estienne. Donc c'était vraiment des modules pour apprendre
l'animation, les principes, tout ça. C'était vraiment à fond dans ça.
On n'a pas eu plein plein de matière et c'est vrai qu'en sortant
de l'école Estienne, ça m'a un peu soulagée parce que l'école Estienne, t'as énormément
énormément de projets en même temps. Je me souviens, il y a un moment où
j'avais un mémoire de cinématographie à faire, plus on avait un projet pour
Canal J où c'était sur le mois, on avait les gens de Canal J, après on allait passer sur la chaîne.
Il y a tout qui se mélangeait et c'est un rythme assez fou
en vérité. Ça te met le
bagage pour la suite. Alors qu'à l'école des Gobelins, quand je suis arrivée, je me suis dit
j'ai du temps le week-end pour dessiner, pour faire mes
randonnées, pour même plus peaufiner mes vidéos YouTube.
Ils nous ont plus mis comme si on était déjà animateur 3D
même dans les boîtes. T'as tes heures de travail, tu bosses pas
à la maison, tu restes vraiment dans tes heures
dans la journée et donc ça nous a vraiment préparé
au métier, comme si on était déjà dans le métier. Après la petite différence
c'est que moi quand je suis rentrée dans le studio, je suis passée en animation
crowd, donc il y a beaucoup de personnes en début de carrière
qui sont dans ce côté-là, animation crowd, c'est tout ce qui
est figurant dans le film en gros. C'est plus ou moins, c'est que des fois t'as des
animateurs qu'on appelle les animateurs main qui gèrent vraiment
le personnage principal en premier plan et ensuite il y a les figurants derrière
ou alors il y a aussi des shots où c'est que des figurants, donc là c'est toi qui t'occupes vraiment
de toute la scène. Et ouais, pour ces
plans-ci, surtout en animation crowd, t'es amenée à travailler
beaucoup plus en équipe que si tu es animateur main
parce qu'il y a des plans où il y a tellement de personnages, il y a des centaines et des centaines
de personnages, surtout dans le film dans lequel je travaille actuellement
ou même par exemple tous en scène 2, quand t'as les concerts
tous les gens qui applaudissent, tout ça, ça fait vraiment une foule incroyable
donc on se retrouve à être plusieurs animateurs sur la même scène 3D
ça c'est assez marrant mais ça fonctionne par l'ailleurs où par exemple moi je m'occupe de toute la
partie droite, une personne toute la partie gauche et selon la complexité
du plan on peut se retrouver à 4, 5, voilà on était à un moment
6, 7 mais c'est limite le maximum, c'est vraiment
des gros shots et là l'idée c'est vraiment essayer que
le plan marche et que toutes les animations fonctionnent entre elles et qu'il n'y a pas une animation
enfin une section qui est beaucoup plus dynamique que l'autre
et tout ça c'est en fonction aussi des retours des réalisateurs
par exemple pour tous en scène 2 la complexité c'était faire les personnages
qui bougent sur le rythme de la musique et je me souviens
j'étais arrivée en début de production où j'avais pas forcément
tous les outils que j'avais pu intégrer pour travailler
plus vite parce que t'as une barre d'outils quand même pour te faciliter la tâche
et j'étais un peu débarquée en fin de production où c'était un rythme effréné
j'ai appris sur le tas, donc ça pour le coup c'est un
style de fonctionnement que j'avais pas appris en études et que
c'est en travaillant que j'ai vu qu'il y avait cette partie là et que c'était vraiment
quelque chose à part. Surtout dans les énormes studios comme ça
tu te rends compte de toutes les différentes branches qu'il va y avoir
c'est pas juste animation, donc il y a les animations principales comme tu dis, les animations
des personnages qui sont derrière et il y a plein d'autres trucs ensuite qui rentrent en compte
dans l'animation et ensuite chaque domaine avec plein de petites branches
et tout ça. Est-ce que tu travaillais sur place d'ailleurs ou est-ce que c'était aussi du télétravail
des fois ? Oui alors pour le coup j'ai fait 4 mois
de fin de prod sur SYNC 2 et ça je l'avais fait sur place
et là maintenant ça fait un mois et demi où j'ai choisi de passer en télétravail
dessus où je suis ANC. Il y a aussi un moment où tout le monde était en télétravail
et moi c'est vrai que rester sur Paris ça ne m'intéressait plus sachant qu'en plus j'avais
un tout petit studio parce que c'est vrai que j'étais sortie d'études comme beaucoup de personnes
on n'a pas forcément l'argent pour se payer un beau logement
c'est un peu vite que j'ai un salaire
et puis en plus c'est tellement compliqué de trouver un logement
même à venir à ANC où en soi c'est pas la ville
la moins chère c'était plus facile pour trouver. J'ai retrouvé
les montagnes à côté. Donc là ça fait un an et demi que je suis en télétravail
là-dessus et ça se passe bien. C'est des zooms
toute la journée. Des visios, c'est bien parce que
maintenant l'entreprise elle a bien mis ça en place et ça marche
très bien comme ça en fait. Même en est en zoom avec les réalisateurs
Je pense que ça faisait peur avant au studio alors que maintenant depuis
par exemple du côté de Pixar, Lucas a été fait en télétravail
pareil pour Red récemment. Donc il y a vraiment plein
de productions vraiment gigantesques. Je crois que c'était le cas aussi pour
Le Dernier Dragon, des choses comme ça où il y a marqué à la fin que ça a été fait chez les gens
Avant il y avait une vraie crainte de ne pas que les infos sortent. Je pense que maintenant ils sont super
cybersécurité et tout mais au moins tu peux le faire aller plus chez toi
Pour le coup sur le projet sur lequel je travaille, je pense que plus que le fait
qu'on est en télétravail, ils ont vu qu'on était productif, il n'y a pas de soucis
On a eu des chiffres qui montrent même qu'en période de confinement et de Covid, on a été plus
productif qu'avant. Donc ça c'est assez marrant, ça a que fait les
encourager dans ce sens là. Mais le côté qui pouvait un petit
peu les refroidir, c'était avoir peur que les infos sortent parce que forcément
t'as les conjoints aussi qui vivent avec, t'as les enfants pour certains
qui sont curieux, qui regardent l'écran. En plus c'est de l'animation donc forcément
ça les intéresse. Donc on a des petites règles un peu au sein
du studio et puis c'est vrai que pour l'instant ça marche bien
Et ils sont beaucoup plus ouverts de ce côté là à ce que même des personnes
débutent en télétravail, ce qui n'était pas du tout le cas il y a quelques mois.
Vraiment ça, ça change très vite. Même moi le fait que j'aille m'installer à Annecy
c'était en février 2021, on m'avait dit au téléphone
Ah mais t'es sûr que tu veux bouger de Paris ? Tu sais dans trois mois on peut te rappeler
pour que tu bosses au studio. Et maintenant c'est
totalement normal même de bosser autre part que Paris
Y'a pas de soucis de ce côté là. Donc c'est plutôt pas mal parce que ça t'a offert l'opportunité
quand même de liberté géographique pour ça
et de travailler quand même dans le studio que tu souhaites sans être dans la ville
si t'as pas envie d'être à Paris par exemple. Donc quand tu travailles là pour un studio
j'imagine que t'es intermittente comme la plupart des gens
Oui c'est ça. Donc ça veut dire que t'as un peu la vie de freelance mais
avec l'intermittence et le côté vraiment dans un studio et tout ça
En fait y'a tout qui se mélange un peu maintenant en termes de conditions de travail
tout le monde travaille un peu pareil depuis chez soi. Et donc t'arrives à t'organiser correctement tout ça ?
Comment tu fais ? T'as vraiment 7h par jour, enfin je sais pas combien tu dois faire
mais t'as pas de problème à bien gérer le truc ? Alors en début de prod
on était pas beaucoup d'animateurs. En fait c'est toujours ça. En production
généralement on débute en toute petite équipe où c'est moins de 10 puis après ça se remplit
on devient 30. Et c'est vrai qu'au départ il faut être assez aligné
avec les horaires de tout le monde. Comme ça tu peux bien répondre à ta supérieure
enfin je dis supérieure mais dans le domaine on appelle ça lead pour que les gens comprennent
C'est supérieure à l'animation en gros. C'est supérieure à l'artistique
mais je pense qu'il n'y a pas trop le côté non plus vous êtes mes esclaves
Juste ça dans le domaine on se tutoie beaucoup. Donc ça fait sauter pas mal de barrières
ça aide pas mal je trouve. Donc pour ça on essaie
de pas mal s'aligner. Maintenant on commence à être en fin de production, on est 30
donc on a des horaires qui peuvent être un tout petit peu plus variables. Par exemple il y a certaines personnes
qui commencent à 9h le matin, d'autres à 10h et après
ça joue aussi sur la fin de journée. L'idée c'est quand même
d'être là pour les réus d'équipe, pour voir les réalisateurs
quand on passe en round avec eux pour montrer nos shots d'animation
Et au niveau de la charge de travail que t'as, est-ce que t'as
quand même bien les délimitations j'imagine
entre ta journée de travail et ensuite ton temps libre etc.
Comment est-ce que t'arrives à gérer le truc ? Parce que là tu me dis qu'il y a des horaires qui sont finalement assez fixes
donc c'est pas un télétravail où tu dois juste faire des heures et où tu les places où tu veux. C'est vraiment un truc un peu classique
C'est ça. Par exemple le côté bosser le dimanche et le samedi
à part le samedi quand on est en fin de prod et qu'ils ouvrent les heures suples
tout le monde bosse les mêmes jours
C'est ça qui donne un cadre assez bien je pense pour les personnes qui ont du mal
à être en télétravail parce qu'il y a quand même le côté où c'est comme si
t'étais au studio où quand tu te connectes t'es dans le chat et on voit que t'es connecté
aussi donc au bout de 20 minutes d'inactivité par exemple
t'es déconnecté on le sait donc ça peut peut-être aussi t'encourager à être
focus et à pouvoir répondre si on te contacte
Après ce qui est pas mal c'est que si jamais
t'as un rendez-vous médical dans la journée ou que d'un coup
t'as une urgence tu peux tout de suite prévenir ta lead et décaler tes heures
sur l'autre jour et là c'est toi qui te gères de ce côté là aussi
Du moment que tu préviens il n'y a pas de soucis
Me concernant par exemple ça fait un an et demi que je suis en télétravail
c'est vrai que c'est quelque chose qui me convient plutôt bien parce que je pense
qu'en études j'ai quand même appris à bosser pas mal chez moi
A l'école estienne on bossait beaucoup les week-ends, le soir
Je pense que les années d'études en vérité ça te forme pas mal
à travailler à la maison et à te concentrer suffisamment
Par exemple j'ai ma chaîne YouTube où tout ça en vérité j'ai aucune obligation
de le faire c'est pas moi-même où je vais bosser dessus
donc c'est vrai que ça m'a jamais posé de soucis pour me concentrer
et que limite quand je suis chez moi tranquillement à la maison j'arrive
à être plus productive que quand je suis au studio ou dans une salle de classe
où t'as le bruit autour et t'as les caméras qui viennent te parler
Il y a les gens à côté t'as envie de leur parler
Et là sur cette production t'es là pendant combien de temps ?
Alors le temps de la production
Là on arrive en fin de production et normalement ça devrait se finir
courant des vacances d'été
ça va se finir et après j'aurai un break de quelques mois
Je sais pas encore ce que j'ai envie de faire par la suite
Pour l'instant c'est vrai que j'aurais fait deux productions chez Illumination
C'est vrai que j'ai quand même un petit peu le temps libre
le week-end pour faire des randonnées et mes projets mais il y a pas mal de gros projets
que j'ai envie de faire et que je manque un peu de temps
Donc c'est ça qui est pas mal je trouve avec l'intermittent
c'est que quand tu finis généralement une production t'as quelques semaines de libre
ou un peu plus si tu décides de changer de studio ou de pas tout de suite
enchaîner pour faire tes projets à toi
tout en ayant une petite assurance où tu sais que tu toucheras un petit quelque chose
parce que heureusement t'as Pôle Emploi qui est derrière pour t'assurer le coup
le temps que tu puisses rebondir
t'as ce côté là où t'es pas enchaîné à un emploi
et tu peux avoir tes deuxièmes casquettes
tes autres casquettes qui arrivent à ce moment là
donc je vais me laisser un peu de temps pour faire des vidéos Youtube
des illustrations et des voyages après ça
Comment est-ce que tu fais pour t'organiser parce que je sais que de mon côté
je suis un peu dispersé je sais que je veux faire tel ou tel sujet
et puis je fais ça de temps en temps quand j'ai envie de le faire
est-ce que de ton côté vu que t'as plein d'autres choses à faire à côté
t'as une sorte d'obligation d'être un peu plus structurée peut-être
parce que je sais que quand on s'était vu t'avais par exemple 3 vidéos que t'étais en train de monter
En fait j'ai toute une liste de vidéos que je sais que j'ai envie de faire
c'est une liste d'envie on va dire
et selon les moments de l'année les opportunités c'est vrai que je commence à travailler sur un sujet
après en terme de réalisation et de production de la vidéo
ça dépend s'il y a un délai particulier
par exemple là j'avais fait une vidéo sur l'orientation et je savais que je pouvais pas la sortir trop tard
parce que t'avais tout ce qui est parcoursible qui se faisait
donc j'ai vite vite essayé de la finir à ce moment là
pareil c'était pour la première fois où je faisais un partenariat assez sérieux avec une marque
Asus c'est ça
où ils étaient dans la boucle donc j'avais aussi des retours à leur donner
et je pouvais pas prendre le délai que je voulais
donc là c'était vraiment quelque chose qui était planifié
je travaillais vraiment sur ça le week-end et compagnie
c'était un peu plus calculé après pour les autres vidéos
vu que j'ai quand même un travail à côté et que ça c'est quelque chose que je fais en plus
maintenant que j'ai vraiment mon travail je laisse un peu plus de liste dessus
et c'est vraiment selon mes envies
après quand je finirai ma production actuelle et que je serai peut-être un peu plus présente sur Youtube
ça sera peut-être un peu plus planifié mais pour le moment
c'est vraiment selon le temps que je peux dégager
et les opportunités du moment. Par exemple je sais que souvent l'été
c'est le moment où il y a toute la saison bivouac par exemple
où je fais un peu plus de voyages, où je tourne énormément
je tourne beaucoup, je regarde beaucoup et après
quand ça arrive vers octobre c'est plus le moment où t'es chez toi parce qu'il commence à faire froid
et je tourne un petit peu moins et je vais plus privilégier
le montage donc c'est vrai que ça se passe souvent un peu comme ça
j'ai des fois tout un dossier où j'ai énormément de vidéos qui sont déjà
à tourner et qu'il y a juste le montage à faire
je dis juste le montage mais je pense que tu comprends à quel point c'est une grosse partie
de mon côté c'est des trucs très similaires tout le temps
peut-être que ça changera, je verrais bien. En gros j'ai face caméra, face iPad
je fais mon truc et en vrai dans la journée c'est tourner
monter, valider. Alors que toi c'est plus
d'ailleurs c'est des trucs que j'aime bien faire aussi mais j'ai moins l'occasion de le faire
en tout cas je ne prends pas vraiment le temps de le faire mais de faire des trucs plus construits avec vraiment plein de plans différents
et donc un travail de montage bien plus grand. Moi c'est plus de la démo et de
ok on va faire ça un peu plus sur le bif on va dire
c'est vrai que ça m'avait bien plu de faire des vlogs quand j'avais fait le voyage à vélo en 2019
donc où je filmais tous les jours. Ah oui j'ai vu que tu avais fait cette expérience là
pour plusieurs jours, trop bien. Je me sentais quand même un peu obligé
enfin obligé, c'était pas par rapport aux autres mais je me disais il faut que je passe
j'avais pas envie que ça sorte quand je suis trop loin de là
où c'est, tu vois ce que je veux dire ? Niveau date tu veux dire ?
Ouais c'est ça, je me disais si je fais un truc le lundi, je veux que le mardi
ça puisse être vu parce que je veux pas que ce soit une fois que je suis arrivé à la destination qu'on voit
le premier jour quoi. Alors que toi quand tu fais un voyage ça sera
un vlog sur ce voyage là, tu peux le voir un mois après quelque part, bah t'as tout le truc
donc il y avait une optique différente aussi là dessus. Des fois c'est ça
que j'aime bien laisser passer un petit délai entre
l'expérience que je vis et le montage parce que je me rends compte
qu'il y a pas mal de choses où c'est une valeur que j'ai mis personnelle
où j'ai vraiment de l'attachement sur certains plans
où en fait quand je laisse passer un certain temps je me dis ah c'est peut-être pas intéressant
pour les gens qui vont regarder et donc ça aide aussi pour le tri quoi
Tu essaies de voir ça comme une autre personne en fait. Ouais et puis j'ai tellement
d'heures de vidéos qu'il faut bien ça pour compacter
ça et faire une vidéo de 20 minutes, 30 minutes
max limite pour pas que
ça soit trop long. Donc ouais c'est vraiment le plus gros travail
c'est d'essayer de compacter ça, de rendre ça dynamique
Avant de se lancer sur Youtube et de se diriger un peu plus vers des vidéos
comme ça, j'aurais pas imaginé que ça prend autant de temps
donc c'est vraiment une hobby on va dire, c'est vraiment
quelque chose qui prend des après-midi et des week-ends à côté
quoi, c'est sûr. Et est-ce que ça t'a débloqué des trucs, même côté
professionnel d'une manière générale, pas forcément de rentrer sur
un projet mais que ça a un écho dans les gens autour de toi
par rapport à ton travail et tout ça ? Ouais, alors il y a
plusieurs points où vraiment je voyais plus l'intérêt de Youtube
pour aussi le côté opportunité que ça peut me débloquer
parce que pendant très très longtemps en vérité Youtube ça te rapporte rien, genre vraiment
c'est plus un investissement que tu fais, acheter le matériel et tout le temps
que tu mets dedans pour avoir presque aucune rémunération
c'est vrai que là on a la vision des fois des Youtubers qui
s'en mettent plein les poches mais la grosse réalité c'est que pendant très très longtemps
ouais voilà c'est ça, à part si tu fais vraiment des partenariats tout le temps
que t'es associé à des marques et que tu peux promouvoir ça aussi
sur d'autres réseaux sociaux, la vraie réalité c'est qu'il faut être passionné quand même
et pour moi c'est vrai que ça m'avait aidé
par exemple à avoir notamment une expérience
en Chine, c'était vraiment la première fois que j'ai vu que Youtube
ça m'avait permis d'avoir une expérience intéressante que j'avais
vraiment envie de vivre, donc là pour le coup c'était un appel à candidature pour
faire un court métrage d'animation en Chine et donc ils avaient vu tout mon côté
aussi sur Instagram avec ce que je faisais certes
niveau carnet de croquet et tout ça, mais là-bas il y avait vraiment
l'ambassade de France en Chine qui commanditait vraiment le projet
qui m'avait dit, en fait on a regardé tes vidéos, on a vu
les deux vidéos que t'avais fait sur ton voyage solo à 19 ans
quand t'étais parti à Madeira et à Lisbonne et on t'a vu
interagir avec les personnes dans l'auberge de jeunesse et on s'est dit que t'avais la
communication qui était recherchée pour le projet
et ça m'a fait marrant de me dire que t'as des personnes
de l'ambassade là-bas qui avaient regardé sans doute sur un grand écran ma vidéo
mais que ça m'avait débloqué ce projet-là
sachant que normalement ce qu'ils recherchaient plus c'était des gens
qui avaient un peu plus d'expérience que moi je pense, parce que j'avais 20 ans
et les autres personnes qui étaient avec moi avaient plutôt 26 ans, 27 ans
avaient déjà un pied dans le monde du travail
c'est juste le fait de faire le pas, de faire des choses
qui a débloqué, ça a été un peu ça pour moi aussi, j'ai fait des ateliers
dans des médiathèques, des écoles, d'autres trucs, participer à des choses
parce qu'ils connaissent les vidéos et qu'ils savent que j'explique comme ça, assez simplement
c'est un peu une carte de visite je trouve
c'est ça, alors qu'au niveau technique, c'est pas forcément la folie, on est pas les meilleurs du monde
c'est juste qu'on va être là, on va discuter, on va savoir un peu parler avec les gens
mais c'est vrai que c'est aussi bien, je trouve, que toi comme moi, on ne dépend pas de ça
donc c'est ça qui est cool aussi, parce que de ton côté, c'est juste
tu t'amuses à faire ça, et en même temps ça peut créer des portes
pour d'autres trucs, et de mon côté, si je voulais vraiment vivre que de Youtube
je pense qu'il ne faudrait pas que je fasse ce que je fais là, parce que des vidéos longues
où on est juste en train de dessiner, où il n'y a pas de truc vraiment marrant, je pense que c'est un peu chaud
à faire fonctionner, mais c'est plus une vitrine maintenant aussi pour l'application
il y a ce truc là aussi, qui fait que c'est un support plus qu'autre chose
et puis en même temps, ça permet de se dire, même si là ça marche pas
s'il n'y a pas non plus des milliers et des milliers de vues tout le temps, qui fait qu'il y a un salaire qui sort
c'est pas grave, on peut juste faire les trucs qui sont importants, qu'on veut partager
pour moi vraiment, en fait, si
je me suis lancée dans l'animation 3D à côté, c'est que certes
c'était quelque chose qui m'intéressait, mais après, c'est pas non plus ma passion
principale, et je me suis dit que ça me donnait un travail
assez confortable, pour pouvoir ensuite avoir d'autres casquettes à côté
par exemple, pour l'illustration, je sais que c'est assez dur de
ne vivre que de ça, où en tout cas, il faut travailler énormément, énormément, énormément
Beaucoup de clients pour l'illustration
C'est ça, et du coup, je me suis dit que
ne pas tout miser sur ce côté-là, passion à la fois YouTube et illustration
en ayant mon autre métier à côté, ça me permettait aussi d'avoir
une liberté sur ces deux côtés-là, ces deux casquettes
et faire un peu plus ce que j'aime, sans être esclave
notamment des partenariats, ou de délai, et rester dans
quelque chose qui te plaît, et même sur le long terme, pouvoir faire vraiment des contenus
qui ne s'essoufflent pas, parce qu'au final, c'est quand même quelque chose
qu'on fait par envie.
Les sujets sont un peu plus pertinents aussi peut-être, par exemple
les interviews avec des pros, en soi, ça ne peut pas être
très rémunérateur, c'est obligé, parce que ça concerne trop peu de gens, on parle longtemps
d'un truc un peu technique, donc c'est bien d'avoir la possibilité de faire ça
de parler de trucs, ou pareil pour toi, c'est peut-être des choses un peu plus larges
parce que par exemple, faire un bivouac, ça peut être des trucs qui peuvent intéresser des tonnes
de monde, mais je ne pense pas que tu aies dit, ah celle-là elle va cartonner
c'était juste, je fais ça, ça peut intéresser des gens, et puis ça a dû un peu se faire comme ça
Après, c'est vrai que
je pense qu'il y a pas mal de personnes après les confinements qui avaient un peu cette envie-là
un peu comme moi, d'aller juste en montagne, de s'évader
juste par le biais du voyage
se perdre un peu dans la nature, donc je pense que c'est ça qui a fait que ça a pas mal marché
et puis c'est pas non plus des activités qui demandent
beaucoup d'investissement, parce qu'en soi tu marches dans la montagne
c'est pas non plus trop onéreux, c'est vraiment accessible à tout le monde
En tout cas pour la base, quand tu commences, tu peux commencer n'importe quoi
c'est comme la course à pied, si tu commences n'importe quoi, après tu te dis ok je vais prendre des chaussures
je vais prendre ça, je vais prendre ça, au début tu commences juste avec ce que t'as
Et puis ça rentrait pas mal aussi dans
la thématique de ma chaîne, où généralement ce que j'essaye de
véhiculer par mes vidéos, c'est l'aspect liberté
prendre sa liberté de créer, aussi par exemple pour le dessin
en trouvant son style graphique à soi, en s'émancipant un petit peu
d'essayer de plaire à tout le monde, en s'affirmant dans ce qu'on a vraiment envie de faire
et le côté liberté de bouger
par le voyage, ou même si t'es une femme seule, que c'est pas forcément
un frein pour aller faire des activités physiques
ou ce genre de choses.
Par rapport au projet, c'est vrai que comme t'as un peu la stabilité à côté
d'avoir un job, même si ensuite il faut trouver d'autres jobs en intermittence
tu peux aussi faire ce que tu veux comme création à côté, alors que si t'étais
illustratrice, tu ferais peut-être plein de choses qui te plaisent, mais aussi des choses qui te plaisent pas
parce que tu dois travailler avec tes clients, parce que c'est important, donc peut-être que ça pourrait
potentiellement dégoûter du côté illustration.
Voilà, tu touches totalement à un point
que je m'étais dit dans les pistes que j'écartais quand j'étais étudiante
c'est que j'avais vraiment peur de me lasser du dessin
si j'en faisais vraiment mon métier principal et mon gagne-pain, j'avais peur que
j'en sois un peu esclave, esclave des clients, des commandes
de me forcer à dessiner et au final que ça fasse que j'ai plus du tout
envie à côté de m'y mettre et de perdre le côté dessiner
aussi pour soi, parce que c'est quelque chose qui me rend assez heureuse de me dire que
je prends mon carnet de croquis, je dessine les paysages
que je vois et si je perds un peu ce côté-là, ça aurait été un peu
dommage, donc c'est pour ça aussi que
je me suis dit que j'avais envie
de m'émanciper de ça et garder le côté passion à côté
même si en soi, par exemple, pour l'illustration, j'en vends
donc je fais des commissions par moment, mais c'est toujours un peu des phases
où les commissions sont ouvertes et hop, on peut me commanditer des dessins
mais je ne suis pas avec plein de projets.
Quand tu es en pause de quelques mois, tu vas réouvrir le truc.
C'est un peu le but. J'ai nouveau l'envie
de faire ça. Du moment que tu n'as pas l'impression
de te forcer, c'est aussi les moments où tu es le plus productif. Je pense que c'est valable
pour toi et c'est pour ça que tu arrives à sortir autant de vidéos.
Un peu moins à ce moment, mais je me concentre plus sur le...
J'ai moins ce côté, je veux absolument sortir des trucs tout le temps et tout ça, je veux juste que l'application
soit très bien à côté, qu'on fasse de la bonne documentation, des bons tutoriels, tout ça
et les vidéos, c'est un peu plus, ok, s'il y a un truc pertinent à dire, si j'ai envie de faire une session de dessin
et tout ça. J'envisage de faire des lives à un moment donné, il faudrait que je vois
si je fais ça une fois que je suis dans un autre endroit qui est un peu mieux.
Ce que je fais en session de dessin, ça pourrait très bien se faire en live où je dessine pendant une heure
un truc et puis ensuite les gens interagissent. C'est un truc qui est possible, il faudrait que je vois
si ça me parle, si c'est cool et tout. Pour l'instant, j'ai un peu la béquille du montage
qui est cool parce que je me dis, si je rate un truc, si je dis quelque chose
que je veux enlever, je peux. En live, c'est un autre exercice.
Ça peut être un bon entraînement de faire d'abord comme ça
et puis après de se lancer par petits pas, comme on dit.
C'est ça. En tout cas, je pense que nous, on se croisera à Annecy
parce qu'on va y aller, comme je te disais, on sera dans un stand, je fais la pub en même temps
on sera dans un stand avec Kelly Pegg au MIFA, mais on va aussi traîner autour
donc ce sera l'occasion de voir un peu tout le monde. Je pense qu'il y a moyen de rencontrer
des gens que je n'ai vus qu'à travers des vidéos. Je pense que pour toi aussi,
c'est un moment assez cool parce qu'il y a forcément des gens qui savent qui t'es
qui vont venir discuter avec toi. J'ai hâte de voir ce que ça va donner.
C'est le moment où tu retrouves un peu tous les collègues en animation, que tu rencontres
d'autres personnes. Par exemple, j'ai la personne avec qui j'étais partie en Chine
qui va être là. On ne s'est pas vu depuis pas mal d'années.
C'est l'occasion de revoir beaucoup de têtes et de rencontrer d'autres.
On se verra là-bas. Merci encore d'avoir accepté l'invitation.
En vrai, on aurait très bien pu discuter comme ça juste
de la vie, mais je me suis dit autant
enregistrer, montrer aux gens. Je pense qu'il y a des choses cool sur le travail
que tu fais qui permet peut-être de débloquer des parcours
et donner des idées. J'espère que ça va faire écho chez certaines
personnes et qu'éventuellement le parcours peut aider.
C'est ça. Merci encore et à bientôt, j'espère
pour d'autres trucs qu'on verra au fil des années.
Merci à toi. Salut.