PATAGONIE : Voyage vers Ushuaia, aux Confins du Monde⎮Routes mythiques - Documentaire complet - BT

Tour du Monde
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61 Vues de vidéo·7 nov. 2024
Au départ de Buenos Aires, le réalisateur s'aventure vers le sud et fait sa première escale à Puerto Pyrámides, sur la péninsule Valdés, refuge des baleines et des éléphants de mer.
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Après un passage à Punta Tombo, qui abrite la plus grande colonie de manchots de Magellan, puis à Comodoro Rivadavia, le voyage se poursuit jusqu'à la Terre de Feu et Ushuaia.
Titre du documentaire : Patagonie, à tous vents
Un film de Eric Sarner
©Bo Travail !
Buenos Aires au printemps, c'est-à-dire début novembre.
Nous sommes dans l'hémisphère sud.
Je suis venu en Argentine, réaliser un rêve.
Voir tout au sud du pays, la Patagonie.
Le bout du monde, un pays de magie et de fantasmes.
Loin de Buenos Aires, à 3000 kilomètres.
Je vais seulement traverser Buenos Aires.
Retrouver son centre bourdonnant.
Passer au travers de sa circulation folle.
De ces 10 millions d'habitants qui n'ont pas tous les jours le temps de se regarder.
Sûrement ils auraient tous des histoires à raconter.
Quand ils ne se les racontent pas, ils les imaginent.
Ou bien les lisent.
Mais j'ai beau aimer Buenos Aires, la vie revoltante,
c'est le sud que je veux rejoindre, la nature, la volupté du lointain.
Dès mon arrivée, j'ai appelé un ami très cher, Jaime Luttenberg.
Jaime n'est pas seulement psychanalyste, c'est aussi un homme sensible et cultivé.
Il a piqué mon imagination.
Mieux que cela, il m'a mis sur la route.
Il y a eu un pôle en Amérique du Sud, autour de Buenos Aires,
qui était la route de l'argent.
La plata.
Pour le Rio de la Plata.
Et au nord, il y avait la route de l'or, en direction du Pérou et des Incas.
La seule chose certaine que l'on savait sur le sud,
c'était que Magellan avait fait le tour du monde par le détroit qui portait son nom.
Donc, on connaissait le sud par les cartes,
mais ces zones géographiques n'avaient pas été répertoriées,
ni comme territoire, ni comme civilisation.
Au-dessous de Buenos Aires, il y avait un nombre très important de populations indigènes.
Le Vatican déclarait que les indiens étaient dépourvus d'âme
et voilà pourquoi on pouvait en faire des esclaves.
Ils n'étaient pas considérés comme des êtres humains.
Personne ne considérait les indigènes comme des êtres humains.
Et donc, toute la conquête du sud s'est organisée à partir du massacre des indiens.
Par exemple, il y avait ce qu'on appelait les coupeurs de tête,
ou les chasseurs de scalpes.
Et pour chaque tête d'Indien, ou chaque scalpe,
ce qui revenait au même, le gouvernement offrait de la terre.
C'est ce qui s'est passé dans les années 1860-1870.
Donc, toute la Patagonie ne fut vraiment connue qu'à partir de ces années-là.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que la nature nous offre l'espoir de découvrir ce que nous ne connaissons pas.
Et donc, tout se passe comme si la Patagonie, c'était la métaphore de ce qui existe, mais que l'on ne connaît pas.
La Patagonie commence à deux heures et demie d'avion du Buenos Aires.
J'arrive à Guéiman, une ville fondée à la fin du XIXe siècle par des immigrés gallois,
venus poser les premières voies de chemin de fer de la région.
Guéiman est le premier vent.
Et l'étonnement d'y rencontrer des mots celtiques et des salons de thé.
Incroyable mais vrai, au bout du tunnel, voici un authentique gallois.
Chapeau traditionnel, moustache bien blonde, un bras en écharpe,
le bonhomme a un nom bien peu hispanique, Elmer Harris.
Mon papa est venu du Pays de Galles, mon grand-père, je veux dire.
Mon papa est né ici, mes parents sont nés ici.
Les grands-parents sont arrivés en bateau sur le navire qui s'appelait Mimosa.
Ils ont voyagé du Pays de Galles jusqu'ici, ils sont arrivés en même temps qu'un tas de gens qui venaient s'installer ici.
Et nous alors, comment on découvre la Patagonie ?
Vous voulez me tuer, hein ?
Découvrir comment ? Voir d'autres choses ?
Bon bah par exemple, il y a Dalavan, c'est joli.
Et puis il y a des villages plus petits, par exemple vous avez Las Plumas.
Bien plus que le Pays gallois, c'est la péninsule valdaise qui m'attire.
Le plaisir d'une visite à un patrimoine de lutte.
Me voici au bord de l'Atlantique, dans une réserve naturelle, sur une côte basse, exposée à tous les vents.
Délas, j'avais quelque chance d'observer les baleines, m'avait-on dit.
Les baleines franches australes.
Chaque année, elles choisissent la péninsule comme lieu de reproduction.
Elles sont 4000 recensées dans le monde et protégées.
J'ai attendu, j'en ai vu une ou deux, mais de trop loin.
Finalement j'ai remis les baleines au lendemain, et c'est à cet instant que je suis tombé, nez à nez, avec les éléphants de mer.
L'éléphant est l'autre vedette de la péninsule valdaise.
Voilà une espèce qui a la polygamie joyeuse.
Pendant la durée du séjour terrestre, les femelles ne cessent d'être courtisées par les mâles célibataires,
qui livrent de terribles combats contre les seigneurs du harem.
Ils ferment les yeux.
Je m'enfonce dans la péninsule.
Il y a un bonheur d'être là.
Un vent frais qui vous rince les yeux et des spectacles naturels qui nettoient la tête.
J'arrive à Puerto Piramides, la principale localité de la péninsule valdaise.
C'est là que j'aurai le plus de chances d'approcher les baleines, au milieu des touristes,
car au fond, que l'observation soit organisée garantit la protection de l'espèce et contribue à financer cette protection.
Sur un bateau immobile, je rejoins Gabriela Belazzi.
Gabriela dirige une équipe de 15 chercheurs, biologistes, vétérinaires, spécialisés dans l'observation des baleines et dauphins.
Il y a trois ans, on a commencé à étudier un problème que c'est l'unique endroit du monde où on passe,
que c'est les mouettes qui attaquent les baleines.
Elles produisent des blessures vraiment graves.
Elles s'alimentent de la peau et de la graisse des baleines.
C'est les blessures qu'elles provoquent qui s'infectent.
Le système immunitaire des baleines est plus faible.
Elles sont susceptibles à d'autres types de maladies.
On a consulté avec des spécialistes d'autres pays.
Elles ont des virus qui affectent leur peau, différents types de virus.
Un d'eux, c'est le poxvirus, c'est comme un cousin de la variole humaine.
Elles ont des brûlures de soleil.
On a vu les premiers symptômes du réchauffement dans les baleines.
On ne sait pas très bien où elles s'alimentent, mais c'est dans l'Antarctique.
Oui, il y a plein de grilles au plankton.
Elles viennent ici dans sa migration réproductive pendant mai.
Elles partent en décembre.
Quelques fois, elles partent en janvier.
Cette année, elles sont arrivées vraiment tôt, en avril.
On les attend ici avec des caméras.
On fait la vigile des baleines qui se transmet en direct.
L'arrivée des baleines est dans le website de la province de Tchouroute.
Tout le pays attend les baleines avec nous en mai.
Ce n'est pas seulement économique.
La principale activité de Porto Piramides est le tourisme et l'observation des baleines.
Mais ce n'est pas seulement économique.
On a vraiment développé des sentiments pour les baleines.
Quand elles ne sont pas ici en été, elles nous manquent.
C'est drôle parce qu'en avril ou mai,
on commence à voir qui est le premier à observer une baleine.
Tu vois les dos noirs dans la mer.
C'est une joie pour nous qu'elles retournent.
Par exemple, les baleines ont été tuées par les humains pendant des siècles.
Mais elles viennent ici, elles s'approchent au bateau, elles te regardent.
Ce contact de tes yeux avec les yeux de baleine est vraiment très fort.
Au retour de la petite croisière aux baleines, j'ai retrouvé Luciana.
Elle a longtemps vécu à Buenos Aires avant de venir vivre ici.
La Patagonie est un espace en développement.
Pour autant qu'on puisse le conserver en toute conscience.
Surtout par rapport aux enfants d'aujourd'hui.
De façon à ce que d'ici 50 ans, la Patagonie demeure la Patagonie.
En hiver, il fait un peu froid, il y a du vent.
Et c'est un peu désolé parce qu'il y a des moments où les touristes se font rare.
Mais en même temps, ça nous permet de nous investir davantage dans la région.
De la connaître plus profondément, d'en profiter encore mieux
et expliquer mieux ensuite ce que c'est que de vivre ici.
La Patagonie, ce serait une terre d'avenir ?
Que Dieu vous entende !
Ce serait formidable de pouvoir conserver cet endroit tel quel.
A la fois vierge, mais avec toute la conscience qu'il faut et tout le savoir possible.
Pas dans l'ignorance.
Et peuplée également, et avec des projets tournés vers l'avenir.
Vers 8 heures du soir, sur une hauteur au-dessus de Puerto Piramides appelée la Loberia,
un des postes d'observation des gardes,
j'ai rejoint Jorge González, qui m'avait guidé depuis le matin.
Nous avons préparé la suite du voyage, sortir de la péninsule,
suivre la Nationale 3, reprendre la côte à hauteur de la réserve de Punta Tombo,
et puis, nous avons regardé le jour finir.
Un peu comme au cinéma.
Je quitte Puerto Piramides, sa baie, ses falaises, ses baleines franches.
Je sors presque à regret de la péninsule Valdez.
Pour une fois, en quelques petites journées, j'ai vu plus d'animaux que d'humains.
Nationale 3, des drapeaux rouges qui claquent, rien de politique ici.
Du religieux ? Ce n'est pas sûr.
Est-ce pour marquer le lieu d'un accident ? Je me renseignerai.
C'est une piste qui me ramène sur la côte.
Me voici à Punta Tombo.
J'arrive à l'heure où les pingouins rentrent du bain.
Punta Tombo est le refuge de la plus grande colonie continentale,
de manchots de Magellan.
Les mâles arrivent vers la fin août pour préparer les nids,
et les femelles un peu après.
Tous viennent de loin, du Brésil parfois, un parcours de 3000 km.
Au milieu des manchots, Roberto, responsable du site.
A cette date, la plupart des pingouins, et en particulier les mâles,
sont en train de couver les oeufs.
Ils sont sur chacun des nids que vous pouvez apercevoir.
Les nids sont toujours semblables, et le mâle féconde toujours la même femelle,
car les couples se forment pour la vie.
Le mâle revient toujours au même nid que celui de l'année précédente,
et toujours avec la même femelle.
Les circonstances font que justement je partage ma vie avec les pingouins.
Ils m'apportent énormément parce qu'ils me montrent leur façon de vivre.
Par exemple celui-ci, c'est comme un ami supplémentaire pour moi,
ce pingouin là qui passe.
C'est quelque chose qui est évident et qui fait partie de ma vie
et qui m'a beaucoup changé.
C'est quelque chose qui nourrit l'imaginaire
et le cœur des personnes qui vivent ici.
J'apprécie beaucoup les fins de journée.
Il n'y a rien de plus beau qu'un magnifique coucher de soleil
ou une belle nuit étoilée.
C'est inestimable tout ça, ça n'a pas de prix.
C'est pour cela que les pingouins sont si importants pour moi,
et je suis infiniment reconnaissant à ce qui est au-dessus de nous,
au-delà du soleil, à Dieu.
Pour moi c'est une chose tout à fait évidente.
Invité par Roberto, j'ai dormi dans la maison des gardes.
Et au petit matin...
En réalité la solitude n'existe pas.
Si elle existait, il n'y aurait aucun son, aucun oiseau.
Le soleil serait caché, tout serait dans l'ombre
et notre âme dans l'obscurité.
Ici, il n'y a pas de solitude.
C'est un rêve autant pour moi que pour vous,
c'est quelque chose de fantastique.
La solitude n'existe pas.
Quelques kilomètres encore, et à nouveau des drapeaux rouges.
C'est bien un lieu de ferveur, un sanctuaire en hommage à Cauchito Hill,
une sorte de robin des bois du 19e siècle.
Un peu après moi arrive un jeune homme seul, il s'appelle Carlos.
Ici il y a beaucoup de gens qui viennent essentiellement
pour demander de garder leur travail, de conserver la santé,
de recevoir de l'aide.
Il y en a également qui viennent demander la réalisation d'un vœu.
C'est mon cas.
J'espère que mon vœu s'accomplira, que Gauchito l'exaucera
et j'en serai vraiment reconnaissant.
Mon rêve, ce que je souhaite vraiment,
eh bien je lui l'ai raconté.
Mon rêve c'est d'avoir des enfants, d'être père
et de pouvoir fonder une famille.
C'est mon plus grand désir.
On lui apporte du vin, parce que c'est un gaucho quand même.
On peut aussi apporter de l'eau.
Beaucoup de gens laissent de l'argent, comme vous pouvez le voir.
Ils laissent des cigarettes, des tas de choses.
On peut laisser ce qu'on veut.
Une scène comme celle-ci encourage à poursuivre son rêve.
Le mien continue sur la panaméricaine.
Pour l'instant, fini les animaux et la nature.
J'arrive au pays du pétrole.
Je vais atteindre Comodoro Rivadavia,
l'une des grandes cités de la côte patagone.
Le port et la ville de Comodoro furent créés en 1901
pour l'exportation de la viande.
Mais 6 ans plus tard, on découvre l'or noir.
A l'entrée de la ville, un musée en plein air
témoigne de cette époque.
Une agglomération aux allures de western,
sortie à la hâte du sol et entourée de puits de forage.
Aujourd'hui, les nouvelles techniques, les lois du marché
et la diversification ont beaucoup réduit
l'importance économique de la ville.
Comodoro Rivadavia garde pourtant
le sobriquet de capitale nationale du pétrole
dans le coeur des Argentins.
Voilà où j'en suis de mes découvertes à ce moment-là
et je cherche une chambre.
Je choisis l'Hôtel Del Mar.
Ni le nom ni le lieu ne sont exceptionnels.
Mais parfois, il suffit de laisser faire les choses
et les choses arrivent.
L'Hôtel Del Mar est dirigé par un chef cuisinier français,
le seul de la ville au nom qui résonne,
Philippe Baguette.
Cet établissement, auparavant,
c'était quand même un établissement plus ou moins,
comment on dit, malafame.
C'est beaucoup de gens qui buvaient,
prostituaient, c'est le western.
Mais bon, ils ont pas de flingues, ils ont des couteaux.
Mais bon, c'est pas des petits couteaux comme ça,
c'est des couteaux comme ça.
Et ils sortent ça derrière leur dos et boum.
Et bon, on a eu deux, trois bastons ici,
de gauchos à coups de couteau.
Et nous, on a réussi à avoir un défi avec ma femme,
on a remonté cet hôtel.
Nous, on a trouvé le système pour éviter l'alcool.
Le dimanche, j'ai commencé à dire que j'étais catholique,
donc je servais plus d'alcool.
Ensuite de ça, j'aurais dit que j'étais juif.
Donc le vendredi et le samedi, je faisais shabbat,
donc je servais plus d'alcool.
Donc le vendredi, samedi, dimanche,
il n'y avait plus d'alcool.
Petit à petit, ils ont commencé à partir.
Comodoro Rivadavia, c'est la capitale du vent au monde.
Donc le ciel est toujours bleu.
Regarde comment c'est agréable, ce soleil.
Regarde ce ciel bleu.
Ce ciel bleu, tu ne l'auras pas en France.
Tu peux aller sur la côte d'Azur,
tu peux aller n'importe où.
Ce ciel bleu, tu ne l'auras jamais en France.
Ça, c'est clair.
On va aller au marché.
Ça, c'est le fameux cordélo de Patagonia.
Ça ne se voit plus des trucs comme ça en France.
Là, il y a un peu plus de lumière.
Donc ça, c'est la spécialité ici.
La coupe de la viande est différente qu'en France
parce que toutes les viandes qui coupent ici,
c'est pour mettre sur l'assado, la parige,
ce qu'on appelle le barbecue ou le grill.
Donc la coupe de la viande est vraiment différente.
Ce n'est pas dans tous les pays qu'on rentre dans les frigos.
J'ai travaillé dans pas mal de pays.
Il y a pas mal de pays qui disent
non, tu ne rentres pas dans le frigo.
Là, maintenant, on va aller aux légumes.
On a vraiment tout.
Melons.
Ici, ils mangent énormément de blettes.
C'est là-bas, les pastèques.
Et tout ça, ce n'est pas de la région ?
Non, ça vient de Neuquen.
Neuquen, Mendoza et Buenos Aires.
Alors hier, ce matin, les légumes sont arrivés de Mendoza.
Tous les légumes sont arrivés de Mendoza.
Ça fait combien de kilomètres, Mendoza ?
Mendoza, il faut compter 1 600 kilomètres d'ici.
Donc toutes les semaines, le camion vient de Mendoza
amener les légumes ici.
Je suis très près de l'hôtel pour prendre mes légumes.
Et c'est moi qui les choisis.
C'est ça qui est agréable ici.
Moi, comme on dit ici, je suis félice.
J'ai oublié le français.
Je suis là, je suis super content.
Je suis arrivé ici il y a 4 ans et demi en arrière
avec rien, avec nos valises.
Et aujourd'hui, on a monté un hôtel
qui fonctionne très, très bien.
Et en plus de ça, je vais acheter un restaurant
dans quelques mois à Bariloche.
Donc je peux dire que je suis content.
Ben voilà, on rentre.
Et je ferme.
Suerte, Philippe Baguette.
Ce qui, en français, se dit bonne chance
ou bonne route.
Sur la mienne, seul change les nuages.
C'est sûrement par ici qu'on a inventé le rien.
Je ne sais même plus quel jour nous sommes.
Les cartes m'indiquent que la province
se nomme Santa Cruz.
Puis apparaît le port de San Julian,
au fond d'une baie abritée des vents dominants.
Au bout de l'avenue se dresse une réplique
grandeur nature du Nao Victoria,
Magellan avait quitté Seville en août 1519
à la recherche d'un passage
entre l'Atlantique et le Pacifique.
Sa flotte, 5 bateaux comme celui-ci
et 265 hommes.
Après 3 ans de péripéties, de tempêtes,
de solitudes et de mutineries,
le Nao Victoria rentra seul en Espagne
avec 18 survivants.
La légende veut que Magellan,
impressionné par un indien géant,
le surnomma Patagon,
c'est-à-dire grand pied.
De là le nom Patagonie.
Je décide de quitter la côte
à hauteur d'une ville au nom interminable,
Comandante Luis de Piedra Buena.
Le commandant Luis de Bonapierre
arriva en 1859 dans cette région perdue.
Il y construisit sa maison,
puis un ranch et finalement un comptoir commercial
où il faisait du troc avec les indiens.
J'étais dans une ville fantôme
qui se souvenait de ces indigènes.
Luis Piedra Buena avait été une exception
car les livres d'histoire mentionnent
à propos du massacre des indiens
cette terrible expression,
la conquête du désert.
Indiens de Patagonie Argentine ou Chilienne,
indiens Tewelch, Aonikink,
indiens Alakalouf, Kaveskar,
indiens Jaganes, Eymaras,
Quechouas, Selknam,
indiens Mapuche,
répartis en 400 nations autonomes, etc.
Comandante Luis Piedra Buena
est la ville la plus basse du continent,
105 mètres au-dessous du niveau de la mer.
Pour moi, c'est un embranchement.
C'est ici que je mets le cap à l'ouest.
Je monte vers la Cordillère des Andes.
La route est exigeante,
plus que cela implacable et sublime,
tellement fascinante de monotonie
qu'elle vous ramène aux vraies questions.
Maintenant, c'est une piste qui s'ouvre
et s'annonce longue jusqu'à mon objectif, El Calafate.
J'ai laissé une ville isolée
pour une solitude plus grande encore.
Solitude, poussière, fatigue.
Tandis que je grimpe vers la Cordillère,
la piste s'achève.
Quel bonheur de retrouver une vraie route.
Après la côte atlantique,
l'apparition des Andes est presque miraculeuse.
Que faire de mieux que respirer plus fort
et ouvrir les yeux ?
Ce lac, pas étonnant qu'il porte le nom du pays,
Lago Argentino.
C'est le plus grand d'Argentine,
1500 km2.
Je me pose à Punta Hualichu, le temps d'Athée.
J'y rencontre une historienne de l'art,
Maria Eugenia Grau.
Ici, on a trouvé des peintures rupestres,
vieilles de 4000 ans.
On voit souvent, comme en Europe ou en Afrique,
beaucoup d'images de mains en positif.
C'est-à-dire où la main entière peinte apparaît.
Ou bien en négatif,
où l'on n'aperçoit que les contours des doigts.
Apparemment, selon les études,
il semble que les femmes parturiantes
se peignaient aussi le corps.
Et au moment d'accoucher, de pousser,
elles s'appuyaient contre les parois
et laissaient l'empreinte de leurs mains à l'envers.
Bon, mais cela reste une supposition.
Et les pigments ?
Les pigments sont des oxydes
qui sont constitués d'éléments végétaux
et de sang corporel.
Parce qu'il y a également du sang menstruel
qui faisait partie du mélange.
C'était un élément sacré, le sang.
Ces groupes préhistoriques ont laissé des images,
des figures très semblables
à celles qu'on rencontre dans les grottes rupestres,
un peu partout dans le monde.
C'est le passé qui vous avait rassuré, non ?
Oui, c'est peut-être parce que le passé
permet de poétiser un peu plus.
On remplace ce qu'on ignore par ce qu'on imagine.
Les gens en Europe
commencent sérieusement à s'intéresser à la nature.
Résultat, en ce moment, on redécouvre la Patagonie.
Si les touristes viennent
sans qu'il y ait de dommages écologiques,
sans laisser de vilaines traces,
sans abîmer le milieu ambiant
et que, d'autre part,
cela crée localement des possibilités d'emploi,
alors c'est une bonne chose.
Mais il faut contrôler les flux des visiteurs,
sinon on ne pourra plus jamais écouter le silence.
Cette longue langue de glace,
le Perito Moreno.
Je l'avoue, jamais je n'ai contemplé
un spectacle naturel aussi bouleversant.
Comme à d'autres de ses voisins,
le glacier Perito Moreno va bien.
Il n'est pas victime du réchauffement de la planète.
Pas pour le moment.
El Calafate est le point de chute obligé de la région.
C'est là que moi aussi j'ai posé ma valise.
A l'hôtel des glaciers, au petit déjeuner,
Alejandro me parle de la vogue patagonienne.
Il connaît le sujet, il est guide.
En réalité, je crois qu'ici, depuis un moment,
il y a une tendance qui paraît irréversible.
C'est de revenir à des lieux plus naturels.
On ne cherche pas un paysage de carte postale,
mais à aller dans un endroit où l'on ressent vraiment la nature.
En Patagonie argentine, généralement,
si vous faites une étude,
vous allez vous rendre compte qu'il y a beaucoup de gens
qui viennent de Buenos Aires ou d'autres lieux.
Ils sont venus pour la peupler.
Mais en fait, il y a très peu de gens natifs d'ici.
Pas d'autochtones.
Car c'est un endroit historiquement désolé, très agressif.
Je pense que la Patagonie est liée aux sensations.
Quand tu as ressenti des choses dans des endroits,
ensuite, cela t'invite à rêver.
Je crois que c'est cela, la Patagonie.
C'est un des endroits importants où l'on peut ressentir des choses.
Sentir le vent, sentir la solitude.
Tu ressens toute la force qui est là.
Tu ressens les horizons interminables,
les ciels peints à la main.
Et cela te stimule tellement,
tellement qu'il ne te reste plus qu'à rêver.
C'est une vraie fabrique d'or.
Je crois reprendre la route.
En réalité, c'est elle qui me reprend.
Ou plutôt une sorte de vertige horizontal.
Alejandro m'a recommandé d'éviter de parler du vent.
Parler du vent, ce serait comme l'appeler.
Ça le déchaîne.
Mais bon, c'est trop tard.
Et revoici Gauchito Hill.
Cette fois, clairement, il n'est plus seul.
Je fais un vœu.
Et droite au sud.
Droit sur le cap des mille vierges, selon Magellan.
Moi, j'y fais l'une des rencontres les plus rafraîchissantes de mon voyage.
Elle s'appelle Ceci et lui, Pipo.
Je ne connaissais pas le sud.
Et je ne voulais pas quitter un jour ce pays sans connaître le sud.
J'ai eu la possibilité de travailler ici.
Et l'idée était bon de descendre jusqu'à Ushuaïa, jusqu'au bout du continent.
Et de là, remonter ensuite par la route 40, qui est pile sur le trajet.
En voyageant ainsi, je crois qu'on peut vraiment connaître tout.
De différentes façons.
Être aux côtés des gens.
C'est comme ce que je fais en ce moment en travaillant ici, dans l'Estancia.
Je suis quelqu'un qui reçoit les touristes ici.
Et en même temps, je découvre.
Je suis en train d'apprendre, de comprendre.
Cela me donne la possibilité de connaître quelque chose qui serait l'esprit même du lieu.
Cela te permet de connaître aussi bien les vertus du lieu et ses mystères,
de connaître ainsi les deux aspects.
Un touriste, il vient juste ici pour passer un jour à la campagne.
Et il revient ensuite avec une belle photo.
Alors que nous, on est au courant des choses intimes qui arrivent aux gens qui vivent ici.
Et c'est pareil pour chacun.
Je crois que tous les lieux ont leur enseignement.
Et la Patagonie détient un enseignement.
Elle te donnera du temps pour rester ici avec la solitude qui semble exister.
Mais il n'y a pas autant de solitude qu'on pourrait le croire.
Bien sûr, il y a ce désert.
Et il y a le vent.
Mais tous les lieux ont des choses qui t'enseignent et t'éduquent.
C'est très difficile d'exprimer en mots ce que peut te transmettre la Patagonie.
Il faut être en Patagonie et la traverser.
Notre famille, c'est tout le monde en fait.
Les propriétaires, plus tous les gens qui travaillent ici, plus le garde-chasse,
plus les marins, les gens de la préfecture, les paysans, tous ceux qui sont ici.
C'est comme si la Patagonie t'apprenait à vivre.
Je crois que l'on reste toujours prêt à découvrir, à observer comment les choses se déroulent.
Je reste toujours surprise de tout ce que je vois ici.
C'est toujours nouveau.
Finalement, vous êtes des hippies, non ?
Je ne sais pas si ça existe, les hippies.
J'ai un sac à dos et je pars sur la route comme un petit escargot.
Pour moi, c'est une expérience nouvelle.
Et c'est ce qui me comble le plus actuellement.
Parce que ce que je ressens, c'est une forme de liberté.
En quittant Pipo et Ceci, je me dis que la beauté patagonienne et son côté sauvage, presque invivable, bondent ensemble.
Impossible de les séparer.
Je vais revenir vers Rio Gagegos sans plus parler.
Je me dis, regarde, mange tout ça des yeux.
Les horizons interminables, comme disait Alejandro.
Les ciels peints à la main.
Et même le travail des hommes, sous l'oeil distrait des bêtes.
Ce sera la terre de feu.
Et tout au bout, Ushuaïa.
Je roule vers Rio Gagegos, où je compte passer la nuit,
lorsque tranquille et déterminée arrive un drôle d'équipage, mi-humain, mi-extraterrestre.
Tant pis, je vais déranger ce voyageur, l'arrêter en plein vol, au milieu de rien.
Pour moi, la liberté, c'est quelque chose de sacré, la liberté.
Comme je travaille en indépendant, en tant qu'entraîneur sportif, j'organise moi-même mon temps et mon travail.
Et avec l'argent que je gagne, sans se polier personne, parce que c'est un argent gagné au prix de sacrifice.
Je dis à mes gars, les petits, je m'en vais pendant un mois à Pataya, du côté d'Ushuaïa.
Un autre mois, je pars pour les Cataratas.
Une autre fois, je vais voir la Concagua, dans la cordillère des Andes.
Voilà ce que je fais.
Et les gens, ça leur plaît bien quand je rentre et que je leur raconte mes aventures.
Et j'essaie d'organiser des groupes pour qu'ils se mettent à voyager.
Parce qu'au départ, même à moi, ces aventures me paraissaient impossibles.
Tu commences à te la jouer, tu veux faire l'aventurier et tout ça.
Même si avec le temps, petit à petit, tu luttes et tu te dis, et pourquoi pas ?
Pourquoi je partirai pas ?
Mais tu t'essaies peu à peu.
Au départ, tu faisais des petits voyages.
Et au fur et à mesure, tu prends confiance.
Et plus tu as confiance, et plus tu pars.
Il y a plein de choses qui me passent par la tête.
Une grande quantité de choses.
Comment j'ai réussi à arriver jusqu'ici avec cette petite moto et cette petite remorque.
Et d'ailleurs, beaucoup de gens me posent la question.
Ça passe par la conviction, la tranquillité que j'ai acquise au cours de mes voyages.
Parce qu'il faut le faire, et ce n'est pas facile.
Il faut dire que je suis très croyant.
J'ai une grande foi et j'aime celui qui est au-dessus de nous.
Je suis très catholique, très fervent et la foi m'apporte beaucoup.
Elle me donne une très grande tranquillité.
Ce qui m'a le plus impressionné, c'est que la Patagonie est un monde différent.
Il y a une très grande solidarité entre les personnes.
Quand les gens se rencontrent dans ce paysage et dans ce climat, cela les rend immédiatement solidaires.
C'est très dur comme milieu, la Patagonie, non ?
Ah oui, elle est dure, dure et forte.
Et elle te donne de grandes émotions, de très fortes émotions.
Parce que traverser, comme je l'ai fait, les 3000 kilomètres jusqu'ici,
s'est rempli des montées et des descentes avec beaucoup de dénivelé brusque,
avec beaucoup de vent et dangereux, surtout pour la petite remorque.
Le danger, vous aimez ça ?
Ce n'est pas le danger qui m'attire, moi j'aime être ému.
Je suis amoureux de l'émotion et du sacrifice.
J'aime bien faire des efforts, vraiment, j'adore ça.
Et je m'en demande toujours plus.
Ruben est sa machine japonaise, sa novia, sa fiancée, comme il aime l'appeler.
Il m'a dit qu'il avait peint un slogan sur un rocher, à 500 kilomètres d'ici,
en l'honneur des Black Panthers, l'équipe de foot qui l'anime.
Je lui ai promis d'essayer de le retrouver.
Maintenant, sans tenir compte de l'été, la température est plus fraîche, entre 5 et 8 degrés.
En voiture, je dois faire un détour par le Chili pour rejoindre le bateau qui m'amènera en Terre de Feu.
La Terre de Feu, une île, je l'avais oubliée.
Ou peut-être, je ne l'ai jamais su.
Ce que je sais, et qui donne un peu le frisson, c'est que j'arrive sur le détroit de Magellan.
Le passage qui permet d'éviter les terribles tempêtes du Cap Horn, au sud du Sud.
Je vais franchir le détroit de Magellan.
Moi, après Darwin, Cook, La Pérouse, Bougainville.
Mais je ne suis pas seulement dans l'histoire.
Le détroit est dangereux et les navires ont besoin d'un pilote pour l'emprunter.
Je glisse pour une trentaine de minutes sur les eaux glacées du détroit.
C'est la dernière étape de mon voyage.
Tierra del Fuego, me voici en Terre de Feu.
Pour une fois, le vent s'est légèrement calmé.
On n'est pas loin de se dire que quelque chose manque,
tant cet élément fait partie du quotidien, un vrai personnage.
Mais on s'en passe aussi bien.
A 15 km de Rio Grande, j'arrive dans l'une des exploitations les plus vastes et les plus célèbres du pays.
J'ai rendez-vous avec Paul, l'administrateur adjoint.
Cette estancia a déjà, voyons, 100...
Bon, elle a été fondée en 1897.
Cela fait donc quasiment 111 ans qu'elle existe.
Et vous allez sans doute croire que je blague,
mais l'homme qui s'occupe de l'élevage de moutons,
cela fait 42 ans qu'il est là.
42 ans qu'il travaille dans l'estancia.
Le plus frappant ici, l'organisation, la rigueur.
Beaucoup de gens pensent qu'habiter à la campagne, c'est se balader,
mais il faut voir que les gens travaillent beaucoup à la campagne.
On ne compte pas les heures.
Ici, il n'y a pas d'horaire.
Ce n'est pas une vie faite pour tout le monde.
De la même façon que la vie en ville ne convient pas à tout le monde.
Personnellement, je travaille ici depuis 12 ans.
Je viens de Buenos Aires et je suis arrivé ici avec ma famille.
Ce n'est pas vraiment que j'ai choisi la terre de feu.
J'ai choisi de ne pas rester à Buenos Aires.
J'ai préféré venir dans un lieu...
C'est quelque chose de très personnel.
J'ai étudié pour travailler dans l'agriculture.
En Argentine, nous avons la chance de pouvoir choisir différents types de production.
Et j'avais déjà une expérience dans la province de Chubut, en Patagonie,
car j'aime la Patagonie.
Cela me semblait un lieu idéal pour fonder une famille.
Et ce que j'ai réussi à faire ici,
jamais je n'aurais pu le réaliser dans une grande ville.
Avoir une famille comme la mienne en ville,
actuellement, cela me paraît impossible.
Ici, avec mon épouse et les enfants, on est un peu seuls.
On n'est pas entourés par notre famille.
Et donc il s'agit de former sa propre famille, sa petite tribu.
Beaucoup de choses sont très difficiles ici,
mais je pense qu'il y a des valeurs.
En plus, j'ai déjà 7 enfants,
donc on ne peut pas en demander mieux.
Et puis, j'en veux pas plus.
Moi, j'aime bien la solitude.
Ce qui manque ici, c'est des gens pour travailler.
Cela peut paraître un discours déjà entendu,
mais c'est la vérité.
Les gens quittent les campagnes.
Paul m'a mis à l'aise.
Tu peux te balader où tu veux.
J'entre seul dans le hangar de Tonte.
Il est connu comme le plus grand du monde.
La tombe des moutons, électrisée aujourd'hui,
a lieu chaque année entre début janvier et fin mars
et donne lieu à des compétitions entre gauchos.
Dans l'intersaison, comme aujourd'hui,
ce sont les oiseaux qui prennent possession du lieu.
Des gauchos ?
Oui, des gauchos.
Mais ce n'est pas ici qu'ils sont les plus nombreux.
Le royaume des gauchos, c'est la Pampa,
la grande plaine du centre de l'Argentine.
En rentrant à Rio Grande,
aucune chance d'être dépaysé.
Je dis cela pour blaguer car, en fait,
jamais je n'avais croisé de monument ou mouton.
Et voilà que le temps tourne.
La pluie patagone prend la ville et la mer.
Et en repartant, me laisse des images que je n'oublie pas.
Maintenant, sur la route qui me mène au sud de l'île,
le paysage change.
Visiblement, la terre fréquente l'eau davantage.
Je ne suis pas fâché de laisser les steppes derrière moi.
Et tout au bord du grand lac Fagnano,
que les indiens appelaient Camy,
je me demande comment raconter cela.
Et encore une fois, je choisis de me taire.
Du vert, donc, pour la première fois.
De la verdure nombreuse.
Des tourbières.
Des lichens.
Le décor, soudain, est plus familier.
Je me dis que, certainement,
j'approche de l'endroit où mon motard footballeur,
Ruben Casciaghi, a peint son slogan.
Alors, d'après ses indications,
le rocher devrait être par ici.
Et je trouve même, dans l'herbe,
un morceau de caoutchouc comme ce qui l'attache à ses roues.
Et, au bout de la route,
c'est bien le cas de le dire,
l'entrée de la ville la plus australe du monde.
Ce poste de contrôle,
est-ce pour impressionner le visiteur,
lui faire prendre conscience de la solennité de l'instant,
ménager le suspense ?
Passer la petite colline,
Ushuaïa se déplie comme une brochure glacée,
proprette, à la hauteur de la réputation de la ville,
dans l'imagination des français, au moins.
Mais, à dire vrai,
ce sont les voitures que j'entends d'abord,
que je vois rouler, vite, se presser, vers où ?
Nous sommes à 3000 km de Buenos Aires,
à plus de 5000 km du nord argentin.
Partout, Ushuaïa clame qu'elle est la fin du monde.
Pizza de la fin du monde,
école de langue de la fin du monde,
musée de la fin du monde,
sushi de la fin du monde.
On arrive ici par bateau, par avion, en voiture, en moto.
Pourtant, ce n'est pas le centre d'Ushuaïa qui fait Ushuaïa,
mais ses alentours fabuleux.
Je me dis, c'est la civilisation qui s'achève ici,
une certaine civilisation, pas le monde.
En terre de feu, les tribus indiennes s'appelaient Ona,
Aonikings, Yamana.
On en rencontre des descendants dans l'allée aux artisans,
mais je ne veux aucune des caricatures que je vois ici.
Et les marchands d'aventures m'empêcheraient presque de rêver.
J'avoue un peu de déception devant Ushuaïa,
et je crois savoir pourquoi.
Ce n'est pas ici que je découvre la Patagonie.
Au contraire, j'ai déjà dans les yeux les baleines de Puerto Piramides,
les manchots de Punta Tambo,
les sommets des Andes, leurs glaciers,
toutes les solitudes et les richesses.
Oh, mais c'est quand même drôlement joli, Ushuaïa.
La baie ouverte dans le couchant, face au canal de Biguel.
Et le Cap-Orne, alors ?
Le Cap-Orne !
