Lot-et-Garonne : Au cœur des bastides - Les 100 lieux qu'il faut voir - Documentaire complet - MG

Le Pays préféré des Français
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De la vallée du Lot au Marmandais, en passant par l’Agenais, cette escapade permet de découvrir des sites authentiques et préservés.
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Tel le château de Duras qui a donné son nom de plume à une certaine Marguerite, l'impressionnant château fort de Bonaguil ou la bastide de Villeneuve-sur-Lot. Côté nature, les étonnants jardins de nénuphars de Latour-Marliac émerveillent. L'insolite est aussi au rendez-vous avec le village des menteurs de Moncrabeau.
Réalisé par Florent Quet
© MORGANE PRODUCTION
Vous aimez la France ?
Vous aimez la parcourir, la découvrir, partir à sa rencontre.
Vous avez même parfois l'impression de bien la connaître.
Nous avons tous une petite plage, une petite crique, une clairière, un hameau
ou un chemin qui n'appartient qu'à nous, loin des sentiers battus
et que nous ne voulons partager qu'avec ceux que nous aimons.
C'est cette France-là que nous voulons vous faire découvrir,
à travers 100 lieux, qu'il faut absolument voir dans votre vie.
Dans le sud-ouest de la France, il est une terre de soleil
qui cultive depuis des siècles une générosité contagieuse.
Ce territoire, c'est le Lot-et-Garonne.
Nous allons tout d'abord parcourir le Marmandais,
un lieu ancré dans ses racines,
qui cultive aussi bien l'histoire de ses monuments
que son environnement remarquable.
Un coin de France où la gastronomie est avant tout une histoire de savoir-faire.
Voilà, la vraie tomate qui va avec amour.
La vraie de vraie, la tomate de Marmande.
La Rolls-Royce de la tomate.
Dans la vallée du Lot, vous vous régalerez également des spécialités locales
avant de découvrir un des derniers châteaux forts de France,
mais aussi un étonnant jardin de nénuphars.
C'est ce que tout le monde cherche, en fait.
C'est vraiment cette teinte-là que les gens veulent.
C'est d'avoir, dans des plantes rustiques, ces teintes de bleu.
La Genève et l'Albret nous dévoileront enfin toute leur diversité.
Une ville au charme fou qui nous raconte Henri IV,
une surprenante capitale des menteurs qui entretient la bonne humeur
ou encore une invention qui hisse haut les couleurs agenaises.
Pour nous, c'est une véritable fierté
que ce Louis Ducos du Rond ait vécu à Agen et ait fait cette invention à Agen.
Partons tout de suite à la rencontre de ceux qui cultivent
et partagent une véritable passion pour le Lot et Garonne.
Sur cette terre fertile, parcourue par 200 km de cours d'eau,
notre voyage commence dans le Marmandais.
Nous vous emmenons sans attendre sur la Garonne,
au beau milieu d'un site exceptionnel,
la spectaculaire barrière rocheuse des Roches de Reculay.
Un lieu que connaît bien Eric, notre guide,
puisqu'il s'est entraîné ici pendant des années
avant de devenir champion d'Europe de kayak.
Il est accompagné par son ami Georges, historien géographe.
Une véritable encyclopédie vivante sur la Garonne
et sur ses ancêtres navigateurs
qui empruntaient quotidiennement des passages aussi difficiles
que ces fameuses Roches de Reculay.
Dès qu'ils venaient s'éperonner sur un banc de tuf,
les embarcations étaient éventrées
et là, le naufrage était assuré.
Pour nous, aujourd'hui, c'est un beau terrain de jeu.
On vient y prendre du plaisir alors que c'était leur labeur quotidienne
et c'est là où ils y jouaient leur vie.
Car la navigation sur la Garonne a pendant longtemps été très périlleuse
et pas seulement à cause de ses barrières naturelles.
À certains endroits, le fleuve possédait de nombreuses ramifications
et pouvait déborder largement de son lit.
Au XIXe siècle, il a fallu trouver une solution
pour sécuriser le trafic très abondant sur la Garonne.
Comme l'objectif, c'était d'assurer un trafic économique un peu plus permanent,
on a créé, on a essayé de recalibrer.
Alors recalibrer, c'est éviter d'avoir de plusieurs bras
et de faire de Garonne un seul bras unique
pour éviter que Garonne, quand elle monte, elle vienne à éroder
et elle souhaite repartir dans les anciens lits qu'elle avait auparavant.
D'accord, j'ai cru comprendre qu'ils avaient tenté de la canaliser
à 150 m de largeur maximum, c'est ça ?
Voilà, c'est ça, le calibrage, 150 m.
150 m, d'accord.
Des efforts qui assurent aujourd'hui un débit plus régulier à ce fleuve impétueux
qu'il a fallu 20 ans pour dompter.
Et surtout, cette canalisation a libéré de l'espace aux abords de la Garonne.
De l'espace qui a vite trouvé une fonction auprès des locaux.
Donc tous ces bras morts qui ont été comblés ?
Oui, asséchés.
Ça a servi à quelque chose par la suite ?
Très rapidement, le fait d'avoir qu'un seul bras et un unique bras de Garonne,
ça a permis aux agriculteurs de réellement investir la plaine
pour pouvoir faire de la polyculture.
C'est-à-dire qu'elle est passée d'une situation uniquement d'élevage, de pâturage,
parce qu'elle divaguait, les agriculteurs ne pouvaient pas prendre le risque
à cultiver du blé ou une autre céréale à cause des crus.
Et donc à partir de là, ils ont pu mettre en place de la céréaliculture.
Et dans cette terre de première catégorie, ça a été des récoltes assez phénoménales
et ça a assuré aussi la richesse de la plaine de la Garonne.
De belles récoltes, il y en a en Lotte-et-Garonne.
Et de beaux produits.
Car ici, les agriculteurs sont fiers de proposer les fruits
d'un savoir-faire respectueux de l'environnement.
C'est donc tout naturellement que notre voyage se poursuit à Marmande,
la capitale de la tomate en France.
Cela fait presque 40 ans que Jean-Pierre Marchand la cultive avec amour.
Eric a tenu à nous faire connaître ce passionné qui produit plusieurs variétés,
dont une qui a des arguments de poids.
Alors ça, c'est une tomate buffalo.
Donc c'est une tomate à l'origine qui a été croisée avec différentes variétés.
Mais à l'origine, c'est une tomate plate, côtelée, type marmane, le vrai type marmane.
Allez, une de plus dans la cagette, regarde.
Ça, c'est magnifique et ça pèse.
Une tomate comme ça, ça fait 7,5, 8, 5 grammes.
D'accord.
La cagette commence à peser.
Ça pèse à mine de rien.
On a ramassé l'autre jour, j'avais des tomates 1,2 kg, 1,3 kg.
Du coup, une tomate par personne...
Il y en a de reste.
Cette tomate marmandaise est le résultat de plusieurs croisements.
L'idée pour Jean-Pierre, c'est d'avoir au final une tomate qui pousse toute seule.
Très, très peu de traitements.
Je suis en culture raisonnée.
Ça veut dire que j'interviens que si j'ai besoin d'intervenir, tu vois.
Par exemple, j'ai fait un traitement au mois de juin, quand il faisait très, très mauvais.
À la mi-juin, il y avait du soufre.
Après, rien du tout.
Et pas d'insecticides non plus parce que je suis en lutte intégrée.
Ça fait maintenant 10 ans que je fais la lutte intégrée.
Ça s'est rééquilibré tout seul, si tu veux.
Les prédateurs sont là.
Et dès qu'il y a le volume de feuillage et tout, tout se met en place.
Ce qui est prime pour moi, c'est la qualité gustative du produit.
Voilà.
Je cherche pas des kilos au mètre carré.
Je cherche le produit vraiment excellent.
La marmandaise est arrivée dans ce coin de France au 19e siècle.
Et elle a évolué au fil du temps.
Aujourd'hui, Jean-Pierre peut se prévaloir de présenter une tomate qui, contrairement à beaucoup d'autres, a du goût.
Je vais te faire goûter ça. Tu vas voir.
Je pose.
Ouais.
Vas-y.
Pour goûter.
Tu vas goûter. Tu vas voir.
Goûte ça.
Et tu vas voir.
Il y a très peu de graines.
Donc tu vois, il y a très peu d'acidité.
Tu trouves un goût, bon, elle n'est pas sucrée-sucrée.
Mais on a quand même quelque chose.
Beaucoup de pulpe, tu vois.
Oui.
Et tu vois, pas vu de tomate.
On n'a pas encore vu de graines.
Très peu de graines.
La Rolls-Royce de la tomate.
Ouais.
Un régal qui se déguste nature sans rien à ajouter.
Faites le test, vous verrez par vous-même.
Et n'oubliez surtout pas de respecter les conseils de Jean-Pierre.
Par contre, un conseil que je donne toujours aux gens, jamais mettre la tomate au frigo.
C'est pour ça que beaucoup trouvent qu'il n'y a pas de goût.
Dès que tu mets une tomate dans le frigo, tu casses le goût de la tomate.
D'accord.
Tu la conserves dans une corbeille à fruits, dans une pièce normale.
Et si tu veux la manger fraîche, tu la prépares et tu la mets au frigo pour la manger fraîche.
Oui, au dernier moment.
Au dernier moment.
Mais jamais, faut jamais mettre une tomate au frigo.
A bon entendeur, on ne mange pas la marmandaise n'importe comment.
Et pas non plus n'importe quand.
On la récolte en effet de juin à octobre.
La tomate à marmande, c'est une vraie institution.
Dans le centre-ville, Eric tient à nous faire découvrir une spécialité plutôt étonnante.
Un dessert inventé par le créatif Florent Saint-Marc et son chef pâtissier.
Et qu'il apprécie tout particulièrement.
Bonjour Florent.
Salut Eric, comment vas-tu ?
Ça va très bien, merci et toi ?
Ça va, merci.
Bonjour Philippe.
Bienvenue.
Mais oui, je viens chercher un dessert dont je crois que vous avez le secret.
Et en plus, une spécialité vraiment locale avec la tomate marmandaise.
Je vois bien ce que tu veux dire.
C'est notre mousse marmandaise qu'on appelait, c'est une mousse à tomate.
Et oui, vous avez bien entendu.
A Marmande, on fait aussi des desserts avec les tomates.
Et ça commence par une opération toute simple.
On plonge notre tomate dans l'eau bouillante.
On va la mettre à 30 secondes à peu près dans l'eau bouillante.
Ensuite, on la met dans l'eau glacée.
On a préparé de l'eau avec des glaçons.
Et ce choc thermique va nous permettre d'éplucher la tomate.
La peau se décolle ainsi toute seule.
C'est bon à savoir pour ne pas galérer à la maison.
C'est sûr.
Il faut savoir que la peau de tomate n'est pas digeste.
Florent les fait quand même sécher.
Elles serviront plus tard.
Dans cette fameuse tomate marmandaise, nos cuisiniers trouvent tout ce dont ils ont besoin.
Il n'y a pas grand chose.
Ce sont des tomates dans le plein champ, pleines avec beaucoup de chair.
Et même ce qu'il y a dans les pépins intéressants, ça apporte toujours une petite acidité, un petit côté acidulé.
Alors pour la pâtisserie, c'est le côté acidulé très recherché.
Ça nous permet d'équilibrer comme un plat, tu vois, entre le sucré, l'acide, un peu d'amertume.
On découpe donc ces tomates pelées en petits cubes.
On les fait mariner dans du sucre pendant au minimum 12 heures.
Et on obtient ainsi un jus très parfumé.
Au niveau de ta marinade, il n'y a que tomate et sucre ou il y a d'autres choses ?
On va dire qu'il n'y a que tomate et sucre.
Oui, j'ai compris le message.
Il suffit ensuite de mélanger cette marinade secrète à de la crème fouettée.
Et on obtient notre mousse.
On la pose sur une meringue au jus de tomate.
Puis on la réserve au frais pour la faire durcir.
Et on récupère nos pots de tomates séchées pour la déco.
Ça y est, toutes les étapes sont terminées.
Là, c'est bon, il n'y en a plus qu'une, c'est la dégustation.
Voilà, celle que j'attends depuis un moment.
Là, ça fait travailler les papilles, c'est impressionnant.
C'est léger, c'est frais.
Il y a ce petit côté acidulé.
Tout se mélange bien.
Je suis bien content d'avoir vu toutes ces étapes.
Et d'avoir attendu tout ce temps-là pour le déguster.
Ça demande un peu de patience.
Florent propose sa mousse marmandaise,
seulement quand la tomate dégage un maximum de saveurs,
de mi-juin à mi-septembre.
Une vingtaine de kilomètres plus au nord,
Lelotte et Garonne nous dévoilent d'autres atouts,
passant du plaisir des papilles au plaisir des yeux.
Direction le charmant petit village de Duras,
qui a donné son nom de plume
à la célèbre romancière Marguerite Duras,
dont le père avait une maison ici.
Pénétrons maintenant dans l'enceinte du château de Duras,
qui mêle architecture du Moyen Âge et de la Renaissance.
C'est la ravissante Marion qui accueille aujourd'hui Eric,
qui a plutôt l'habitude de voir cette magnifique bâtisse de l'extérieur.
Tour à tour forteresse médiévale,
demeure de plaisance et villa aristocratique,
le château de Duras a su évoluer avec les siècles.
Et comme le précise Marion,
c'est aussi un lieu qui recèle bien des mystères.
Dans le village, il se murmure que les entrailles de la forteresse
renfermeraient un labyrinthe.
Certains sont même persuadés
qu'elles cachent le trésor perdu du pape Clément V.
Après seulement quelques pas ici,
vous verrez que vous aussi,
vous serez imprégnés de cette ambiance mystérieuse.
Un passage secret,
le château s'amuse avec les visiteurs,
mêlant énigmes et histoires.
Comme dans le donjon du XIVe siècle,
qui abrite une pièce
qui a été l'objet d'une restauration particulièrement soignée.
Donc le joyau du château de Duras,
la chambre de la Duchesse.
Donc voilà, là tu vois vraiment les boiseries,
les boiseries entièrement restaurées,
avec les boiseries ici du XVIIe.
Là t'es dans une partie du Moyen-Âge
et comme je te l'ai dit tout à l'heure,
on a quelques surprises.
Donc tu vois qu'on a différentes portes à ce niveau-là
et on va faire un petit jeu tous les deux.
Je vais te demander de cacher avec la paume de ta main
la serrure ici pendant 3 secondes.
Vas-y, tente !
Et on peut monter les escaliers ?
On peut peut-être monter si t'es courageux.
Au château de Duras,
tous les chemins mènent au fameux balcon
de cette majestueuse bâtisse.
Car il faut bien avouer une chose,
le vrai spectacle est ici,
perché sur cette curiosité architecturale.
Voilà Éric, la promenade sur les coursières du château Duras,
les coursières qui sont uniques en France.
Donc ça c'est notre fait d'arme à Duras,
nous avons des coursières qui font tout le tour du château.
Unique en France, c'est plutôt assez exceptionnel
sur un ancien château fort.
D'avoir mis au XVIIe siècle
ces coursières tout autour du château.
Mais alors, les coursières, qu'est-ce que c'est ?
Grande question, qu'est-ce que sont les coursières ?
Ce sont tout simplement des balcons
comme en suspension qui sont posés
tout autour du château de Duras
qui nous permet d'admirer la vue à 360 degrés.
Et puis belle vue sur la plaine.
Avec de ce côté la vallée du Drô,
de ce côté la vallée de la Dourdese.
Et comme tu le sais, tu connais bien le département,
on est imbriqués dans d'autres départements.
Le Lot-et-Garonne.
La Dordogne.
Et j'y ronde juste à ce niveau-là.
Donc là, tu as vraiment les paysages typiques
des départements de l'Aquitaine.
Dans ce panorama,
en scrutant le décor
45 kilomètres plus au sud,
on peut apercevoir le petit village
du Maddagenais.
Un bourg bien tranquille
qui renferme dans son église du XIe siècle
un trésor d'une valeur inestimable.
C'est Isabelle,
habitante du village et raconteuse de pays,
qui va nous présenter cette curiosité.
Bonjour Isabelle.
Bonjour Eric.
Bienvenue dans la collégiale.
Ça va ?
Oui, ça va très bien, merci.
Je crois qu'il y a un petit trésor
à voir, à découvrir ici.
Oui, ce n'est pas un petit trésor,
c'est un très beau trésor.
Cette petite merveille
que l'on ne s'attend pas à voir ici,
c'est un tableau du grand maître hollandais
Rembrandt.
C'est une oeuvre de la jeunesse de Rembrandt.
Il avait environ 25 ans
quand il l'a peinte, 1631.
Il est né en 1606.
Après la technique,
on retrouve forcément
la technique de Rembrandt
qui fait que la lumière
non seulement vient de l'extérieur
mais également semble sortir
du corps du Christ.
Ce Christ en croix a été légué
à la paroisse au début du 19e siècle
par un habitant qui n'avait
aucune idée de sa valeur.
On ne s'est rendu compte qu'il s'agissait
d'un chef-d'oeuvre de Rembrandt
qu'en 1853.
Avant qu'on connaisse sa valeur,
effectivement, il a été
un petit peu trimballé
entre le présbythère
et l'église
et puis on l'avait accroché ici
et puis là.
Ça en diffère particulièrement,
attention, avant que sa valeur
soit connue.
Aujourd'hui, le Rembrandt est chouchouté
par un expert qui, tous les 3 mois,
vérifie la température ambiante
et l'humidité.
Si les Loths et Garonnais
prennent soin de leur patrimoine,
il en est de même pour leur environnement.
Pour s'en rendre compte,
nous vous emmenons dans un endroit
habituellement fermé au public,
la réserve naturelle de la Masière.
Un paysage magnifique
où s'épanouissent faunes
et flores.
Nous y retrouvons Eric et Georges,
son ami de canoë.
La carpe, on va la remettre à l'eau.
Ils sont guidés par Laurent,
le conservateur adjoint
de la réserve.
Son cheval de bataille,
c'est la tortue cistude,
une espèce menacée dont il capture
ponctuellement quelques spécimens
pour en suivre l'évolution.
Ça, c'est normal,
parce que tu vois la carapace dessous,
elle est incurvée,
alors que la femelle, c'est tout plat.
Le mâle vient sur la femelle
et il est calé sur son dos,
et il ne tombe pas quand il s'accoupe.
Laurent oeuvre depuis 30 ans
à faire revivre ces tortues
dans cette nature sublime du Loth et Garonne.
Quand j'ai commencé l'étude,
il ne me restait que 27 tortues adultes
et je n'avais pas de jeunes.
Et aujourd'hui,
avec tout ce que j'ai remis dans le marais
à partir de la reproduction en captivité,
donc mon renforcement humain de population,
j'ai 177 tortues
sur le marais.
C'est en quelque sorte
l'agriculture intensive aux abords du site
qui a décimé la population
de tortues cistudes.
Alors Laurent a racheté des parcelles
pour s'assurer que ces tortues
s'épanouissent dans un environnement adéquat.
Ce bras mort de la Garonne
est aujourd'hui un réservoir naturel national.
C'est des lieux à forte valeur patrimoniale
avec une biodiversité extraordinaire.
234 espèces d'oiseaux observés,
donc des cistudes,
il y avait du visone d'Europe
il y a encore une quinzaine d'années, etc.
Aujourd'hui,
grâce à Laurent et à son équipe,
la cistude, cette espèce vieille
de 500 000 ans,
revit en Loth et Garonne.
Avant de les quitter,
Eric et Georges,
nos deux amoureux de la nature,
nous ont réservé une petite surprise.
Un coucher de soleil
au pêche de berres
dans un endroit bien connu des locaux.
Après dix minutes de marche,
le panorama vaut vraiment le détour.
Là on a quand même
un beau point de vue
entre Loth et la Garonne
qui est le point phare du département
qui est l'identité forte.
Moi je trouve magnifique
ce point de vue
et que peu de gens connaissent.
Le Loth et Garonne,
deux bonnes raisons de s'aventurer
dans ce charmant coin de France.
Quittons maintenant
le Marmandais pour nous diriger
vers la vallée du Loth
qui s'étend sur l'est du département.
Entre beauté naturelle et gastronomie,
ici le mot d'ordre est sérénité.
C'est Gautier,
reporter dans le tourisme
en Loth et Garonne,
qui va nous guider pour apprécier
pleinement cette douceur de vivre.
Il connaît sur le bout des doigts
chaque centimètre carré de son territoire
et notamment
le château de Bonaguile.
Un des derniers châteaux forts
construits à l'aube de la Renaissance
où il a travaillé pendant quelques mois
avec Antoine.
Comment tu vas Gautier ?
Ça va et toi Antoine ?
Je suis content de te voir,
c'est ton château finalement aussi.
C'est un château, je ne sais pas,
mais c'est vrai que j'aime bien venir ici
et amener tous mes amis.
Le château de Bonaguile,
on ne peut pas venir en Loth et Garonne
sans le visiter, ce n'est pas possible.
Je crois que tu as raison,
c'est le plus beau château fort du monde.
Antoine est un passionné d'histoire
et un ardent défenseur de Bonaguile
depuis 37 ans.
Il veille sur ce château entièrement remanié
par le puissant seigneur local
Béranger de Roquefeuille
à la fin du XVe siècle.
Son état de conservation est impressionnant.
Malgré tout,
certaines parties ont été entièrement restaurées
pour permettre aux visiteurs
de mieux comprendre son histoire.
Donc c'est ici que vous avez restitué
un pont-levis ?
Un des sept ponts-levis.
Tu te souviens que Béranger avait
sept ponts-levis dans son château,
pas un, pas deux, pas trois, sept.
Pourquoi sept déjà ?
Parce qu'ils se la jouent,
ils se la jouent partout dans Bonaguile.
Très grosse tour, sept ponts-levis,
une quarantaine de salles en tout.
En fait, tu connais le mot, c'est pour la montre.
Du latin monstrare,
mettre sur les yeux, à mettre plein la vue.
Car Béranger de Roquefeuille
n'était pas n'importe qui.
Proche de Louis XI, il était 30 fois
baron, possédait une quarantaine
de fiefs et une vingtaine de châteaux
dont Bonaguile laissait mur
de 4 mètres d'épaisseur
qui était certainement le plus représentatif
de sa puissance.
Donc là, on est sur le donjon
qui a cette forme assez particulière.
Oui, on dirait un bateau, c'est ce qu'on appelle
un donjon à bec, c'est très très rare en France.
Et donc, tu l'auras compris,
ce n'est pas pour faire beau,
c'est tout simplement pour des raisons
militaires.
Ce château de Bonaguile
avait la réputation d'être
imprenable.
Il faut dire que Béranger de Roquefeuille
qui faisait partie d'une grande famille
d'artilleurs, a construit ce château
comme un modèle du genre.
Cette forteresse, elle n'a jamais été assiégée,
c'est presque dommage parce qu'on aurait bien aimé
savoir si elle était si imprenable que ça.
Alors oui, tu as raison, le système défensif
c'est le dernier cri.
Avec la systématisation
de l'arme à feu, de l'artillerie.
Béranger de Roquefeuille,
il est gentil homme ferrier,
il marche en canon
et il est fou d'artillerie.
Donc il a fait de son château un lieu d'expérimentation.
Est-il imprenable ?
En théorie, il aurait fallu le voir à l'œuvre.
Une chose est sûre, le système de défense
de Bonaguile force l'admiration
de tous les spécialistes.
L'un d'entre eux, extrêmement célèbre,
a particulièrement été impressionné
lorsqu'il est passé ici il y a plus d'une centaine d'années.
Ce jeune homme anglais en 1908
qui étudie l'histoire de l'art à Oxford, l'archéologie.
Bientôt il fait une thèse d'état sur les châteaux
forts, superbes d'ailleurs.
Ce jeune homme, tu le connais,
c'est Thomas Édouard Laurence.
Tu connais le nom de Laurence d'Arabie ?
Fasciné, sidéré par le lieu,
à tel point qu'il écrit
un tout petit télégramme à son petit copain
que je te cite, il est très court.
Château de Bonaguile, stop.
Incontournable en Lot-et-Garonne,
stop.
Continuons notre découverte
de la vallée du Lot avec un environnement
plus coloré.
Celui des étonnants jardins de nénuphars
de la Tour Marliac.
Naviguer entre ces mars
à la flore exotique,
c'est se plonger dans l'univers de Joseph Bory
la Tour Marliac,
un Lot-et-Garonnais passionné de plantes aquatiques.
C'est Charlotte qui travaille ici depuis de nombreuses années
qui va expliquer dans le détail
cet endroit incroyable à Gautier.
Ici c'est la première pépinière de nénuphars rustiques au monde.
Donc la Tour Marliac a en fait
trouvé le moyen d'hybrider
et de croiser des variétés sauvages
et rustiques avec des variétés colorées
pour pouvoir créer les premiers nénuphars rustiques
colorés au monde.
C'était en 1875.
Joseph Bory la Tour Marliac
a alors l'idée folle de créer
et d'implanter ici
à Temple-sur-Lotte,
en plein Lot-et-Garonne,
plus de 300 variétés de nénuphars tropicaux
suffisamment résistants
pour ne pas avoir besoin d'hivernage.
Il a démocratisé en fait
le jardinage aquatique
de manière à ce que les gens puissent y avoir accès
d'une manière très simple sans aucune problématique
ou contrainte au niveau de la culture
puisque les couleurs on les trouvait que chez les tropicaux finalement.
Aujourd'hui, le travail de Charlotte
consiste à entretenir ce patrimoine
et à guider les visiteurs.
Mais aussi à vendre ces magnifiques plantes
aux professionnels
et aux particuliers
comme le faisait la Tour Marliac à son époque
avec certains clients célèbres.
Et donc j'ai entendu dire que
Monet aussi avait été parmi les clients de la Tour Marliac.
Oui, tout à fait.
Il a commandé ses nénuphars
et autres plantes aquatiques ici
à la Tour Marliac
et ensuite il les a installés chez lui à Giverny
et c'est ce qui lui a servi de modèle
et de sujet pour toutes ces toiles
qu'il a peintes jusqu'à la fin de sa série.
Parmi les dizaines de milliers
de variétés qui existent à travers le monde
les nénuphars de la Tour Marliac
sont très réputés
même si les spécialistes restent les Thaïlandais
et que Charlotte va parfois
puiser dans leur création.
Alors la Tour Marliac
aujourd'hui c'est un jardin qui se visite
mais est-ce que vous continuez à créer des variétés ?
On ne crée plus de variétés
parce qu'il n'y a pas vraiment de besoin.
Notre gros travail ça a été de maintenir
la collection de la Tour Marliac
et le patrimoine botanique existant
mais il y a des gens qui se chargent de faire ça très bien
et on a un exemple ici d'une variété
c'est une des dernières nouveautés, c'est créé par les Thaïlandais
et c'est le résultat
qu'aurait voulu obtenir la Tour Marliac
quand il a commencé ses hybridations
c'est d'avoir dans des plantes rustiques
ces teintes de bleu.
C'est ce que tout le monde cherche en fait.
C'est vraiment cette teinte-là que les gens veulent.
Côté nature, le Lot-et-Garonne
renferme décidément bien des surprises.
A 30 kilomètres de là,
à peine déjeuner,
ce sont aussi des végétaux qui ont la vedette.
Bonjour Gauthier.
Bonjour Patrick.
Bienvenue à la ferme du Bacail.
A la ferme de Patrick,
on travaille depuis trois générations
à faire pousser l'or noir de la vallée du Lot.
Car sur ces 8 hectares de verger
dédiés à la culture biologique,
poussent ce qui va donner,
une fois transformés,
les meilleurs pruneaux de France.
Regardez la prune dente.
C'est la variété de prune
qui fait le pruneau.
C'est une variété bien spécifique.
Là elles sont en maturité.
Le taux de sucre est correct.
C'est nickel.
La prune que cultive Patrick
a fait ses preuves.
C'est tout simplement la prune
qui est à l'origine du pruneau.
Ce sont des moines de l'abbaye voisine
de Clerac
qui ont greffé une prune locale
avec une variété ramenée de Damas
au XIIIe siècle.
Mais leur vraie découverte,
c'est avant tout le procédé
qui permettra de la conserver.
Les moines de l'abbaye de Clerac
ont eu l'idée de les sécher
parce que c'est une prune
qui est gorgée de sucre.
Donc c'est une prune
qui ne se conserve pas du tout.
Si on la laisse 24-48 heures
dans une caisse,
elle part en fermentation.
La plupart du temps,
on les ramasse le matin
et l'après-midi,
il faut que ce soit lavé,
trié et mis au four tout de suite.
C'est le seul moyen de conservation
que l'on ait.
Un moyen de conservation
qui répond à des étapes très précises
si l'on veut obtenir un pruneau de qualité.
Sur notre ferme,
on ne fait que du pruneau mi-cuit.
Le pruneau d'Agin mi-cuit,
c'est la seule appellation
qui garantit un pruneau non-hydraté.
La cuisson, c'est 18 heures de cuisson
entre 75 et 80 degrés.
A la sortie du four,
on ressort un pruneau moelleux.
Il n'y a pas d'eau ajoutée,
il n'y a pas de sucre,
il y a strictement rien.
C'est ce qu'on appelle le pruneau.
Le pruneau d'Agin, plus exactement.
Une identité géographique protégée,
assez curieuse,
puisque les pruneaux poussent dans la vallée du Lot,
au nord d'Agin.
Il n'a cette appellation uniquement
parce qu'Agin était autrefois
le port de départ de ses précieuses gourmandises
vers la Méditerranée ou l'Atlantique.
Loin de ses vergers,
le village de Peine d'Argenay
vaut lui aussi le détour.
Plus simplement,
l'un des plus beaux du Lot et Garonne.
Et ce n'est pas Maria, l'historienne locale,
qui dira le contraire.
Son amour pour son pays,
elle peut même vous le chanter.
Un chant qui prend tout son sens ici,
sur le point culminant de Peine d'Argenay,
dans les ruines de ce château
construit par un héros du XIIe siècle.
C'est une belle chanson, ça, Maria.
Je crois que ça s'appelle « Loup Bouillé ».
Oui, tout à fait.
Pourquoi est-ce que tu la chantes ici ?
Eh bien, pour plusieurs raisons.
Je l'ai chantée en Occitan
parce que nous sommes en pays occitan.
Mais je le chante ici surtout
parce que nous sommes ici
dans les sous-bassements du donjon,
donc les ruines du château
initiées par Richard Coeur de Lion.
Et donc, Richard Coeur de Lion,
il a vécu ici à Peine d'Argenay ?
Il est venu ici.
Il a trouvé que c'était un site exceptionnel
à la confluence de trois rivières
et donc un point de vue exceptionnel.
Et donc, on pouvait surveiller
à partir de ce donjon,
presque 100 km à la ronde.
Bref, un lieu très important
sur le plan stratégique, militaire.
Sur le plan stratégique,
mais pas seulement,
car cette butte de Péragude
est un lieu important pour les croyants.
La légende nous raconte
que la Vierge aurait fait une apparition
dans les grottes calcaires
situées juste en dessous des ruines du château.
Au fil des siècles,
quatre lieux de culte
se sont succédés à cet endroit.
Aujourd'hui, c'est l'imposant sanctuaire
de Notre-Dame de Péragude
qui a pris place sur les hauteurs
de Peine d'Argenay,
un endroit bien connu
des pèlerins
qui possède un détail
d'architecture étonnant.
C'est un sanctuaire
dédié à la Vierge
dans un style néo-romano-lacromant
et byzantin
puisque couvert de coupoles
et tout à fait surprenant
par sa coupole.
D'ailleurs, les gens qui se promènent
dans la vallée du Lot,
ils arrivent à l'office du tourisme
en disant vous avez un observatoire
là-haut, ils n'ont pas vu la croix
qui était au-dessus de ce dôme scintillant.
Et donc récemment restauré
et au lieu des matériaux
qu'il y avait avant,
on a mis de l'aluminium qui est très brillant
à la place du zinc.
Ça donne un aspect très brillant.
Notre visite
à Peine d'Argenay se termine
dans les rues du Bourg
chez notre sémillante guide.
Impossible de quitter le village
sans avoir goûté à la fameuse tourtière.
Un gâteau incontournable
d'autant plus que Maria
est membre de la confrérie de la tourtière
qui propose chaque année ici
une foire à la tourtière, bien connue des locaux.
Une spécialité
à base de rhum et de pommes
mais surtout confectionnée
avec au moins 6 feuillets de pâte légère.
C'est une pâte étirée
comme on fait dans certaines
préparations d'Afrique du Nord.
C'est vraiment une oeuvre d'art.
Il faut avoir un savoir-faire
pour étirer cette pâte
qui devient fine comme du papier à cigarette.
Avant de quitter la vallée du Lot
Gauthier tient à nous faire découvrir
sa ville, sa Bastide plus exactement.
C'est son ami Bruno
directeur du théâtre local
et passionné d'histoire
qui va nous expliquer Villeneuve-sur-Lot.
Une Bastide construite à cheval sur le Lot
et qui préfigure à sa construction
au milieu du XIIIe siècle
le schéma type des villes nouvelles
de ce coin de France.
Villeneuve c'est intéressant
parce que ça reflète ce qui s'est passé
dans le sud-ouest et chez nous
c'est-à-dire le phénomène des Bastides
et la création de toutes ces villes
qui en l'espace d'un siècle
ont remodelé la carte de notre région.
Avant il n'y avait pas de ville.
Sur la rive droite
où on a l'habitude de vivre nous
on a pu développer un plan presque parfait
avec le damier, la place centrale
et alors Villeneuve c'est formidable
parce que ça fait partie dans toutes ces villes
qui ont été créées des Bastides
qui ont particulièrement réussi.
Villeneuve-sur-Lot est un exemple du genre
et la Bastide qui a eu
le plus de succès en Lot-et-Garonne.
Et alors on a pu développer tout ça
parce qu'il y avait
une administration qui s'était installée
ça veut dire que tu as des notaires
ça veut dire que tu as des géomètres
ça veut dire que derrière il y a des actes
qui sont faits, qui sont précis
et que quand on construit une maison
on sait que ça va être sa propriété
on sait que ça va être quelque chose de solide
et c'est sûr que ça a été le début
d'une grande, grande prospérité.
Une prospérité symbolisée
par ce pont des Ciutat
construit au XIIIe siècle
qui est l'un des plus vieux de France.
Détail remarquable
l'église de Notre-Dame-de-Grâce
est de toute joie
accrochée à son extrémité
qui semble comme suspendue dans le vide.
Laissons là nos amis
de la vallée du Lot
pour poursuivre notre découverte du Lot-et-Garonne
en direction de la Jeunet
et de l'Albret
une zone située au sud de la préfecture
du département, à Jeun
qui est d'ailleurs notre prochaine étape.
Sandy est guide conférencière
indépendante
elle connait tous les petits trésors
du Lot-et-Garonne et tous ceux qui aiment
et animent ce fabuleux patrimoine.
Aujourd'hui, elle a rendez-vous
avec Vincent sur le pont-canal
d'Ajeun.
Bonjour Sandy
ça va ?
Belle journée pour faire
une petite balade sur le canal.
C'est super beau, on a de beaux jours.
Il y a plein de bateaux qui passent,
il y a des cyclistes, il y a des promeneurs.
Avec ses 580 mètres
ce pont-canal
est le deuxième plus long de France
et surplombe de 10 mètres
le cours de la Garonne.
La Garonne avait une grande importance
dans la navigation et le transit
des marchandises. Pourquoi la construction
de ce canal ?
La construction de ce canal de Garonne
va débuter au cours
du XIXe siècle.
C'est la continuité du canal
du Midi, exécuté au XVIIe.
Pourquoi ce canal ?
C'est pour éviter
de dépeindre des caprices de Dame Garonne.
Le fleuve Garonne
c'est un fleuve
le plus petit des fleuves français
mais ce n'est pas le moins capricieux.
Il y a plusieurs mois, tu ne pouvais plus
naviguer sur Garonne à cause du manque
d'eau, à cause des crues.
Ce canal reste toujours
constant, le même niveau d'eau.
Malgré son utilité
évidente, le pont-canal
d'Agin fut sous-exploité
dès sa construction.
La compagnie des chemins de fer français
qui en assurait l'exploitation
voulait favoriser le réseau ferroviaire
en imposant de lourdes taxes
aux transporteurs qui voulaient emprunter
le canal. Malgré cela,
de nombreuses marchandises locales
sont tout de même passées par le pont-canal.
Alors on transportait
beaucoup de produits maraîchers et on
transportait bien sûr un fruit emblématique
d'Agin. Ah oui, le pruneau, oui.
Exactement, on transportait aussi beaucoup de
tonneaux de vin parce qu'on est une région
avec une grande tradition viticole.
Le pont-canal
fête cette année ses 170 ans.
Il a vu passer bien des bateaux
et des capitaines qui, pour la plupart,
ne se doutaient pas du secret
qu'il surplombait.
Alors après, au niveau de sa construction,
il me semble qu'il y a une petite légende, quelque chose.
C'est le duc d'Orléans
qui a posé la première pierre
et sous la première pierre, il a posé un coffret
en bois précieux, avec des
pièces, un or, un argent, à l'effigie
de la ville d'Agin. Alors aujourd'hui, c'est pas la peine
de le chercher parce qu'il est vraiment
au front. On n'aura pas justement le trésor
Vous pouvez croire Vincent sur parole.
Inutile de chercher sous le pont-canal
car le véritable trésor d'Agin
est ailleurs.
Précisément, au musée des Beaux-Arts
dans le centre-ville.
Comme nous, Sandy va le découvrir
pour la première fois.
Elle a pris rendez-vous avec Marie-Dominique,
la conservatrice du musée,
qui veille avec amour
sur cette petite merveille
qui date de 1877.
Voilà, je vous ai sorti une boîte
avec quelques photographies
couleurs du Cause du Haut-Rond.
C'est un venteur
de la photographie couleur.
Voilà, ça va être un privilège aujourd'hui
de voir ces photos. On ouvre ?
Allons-y.
Ce que nous dévoile Marie-Dominique en exclusivité,
ce ne sont rien de moins
que les premières photos couleurs
abouties au monde.
Elles ont été prises sur les hauteurs d'Agin,
au coteau de l'Hermitage,
par un certain Louis du Cause du Haut-Rond,
un génial inventeur.
Il va prendre un appareil photo.
Il ne faut pas qu'il soit très loin de chez lui
parce qu'il doit rentrer très vite pour développer.
En fait, il a inventé un appareil
avec trois objectifs
qui comportent chacun un filtre de couleurs.
Il va obtenir trois positifs.
Un positif bleu,
un positif rouge
et un positif jaune.
C'est par cette superposition de couleurs
qu'on va réussir à avoir
la photographie en couleurs finalement.
Exactement.
Et ça fonctionne encore aujourd'hui comme ça dans l'imprimerie
puisque les imprimeurs travaillent aussi
à partir de ces trois couleurs primaires.
Louis du Cause du Haut-Rond,
c'est le personnage illustre d'Agin,
inventeur de la photographie couleur
mais aussi de l'anaglyphe.
Cette image destinée
à être vue en relief
à l'aide de lunettes spéciales.
C'est lui aussi qui a mis
les Frères Lumière sur la voie
de l'invention du cinéma.
C'est un peu le professeur tournesol
de la physique et de la photo
en ce sens qu'il cherche tout le temps,
il invente tout le temps,
il fait des essais en permanence.
Pour nous, c'est une véritable fierté
que ce Louis du Cause du Haut-Rond
ait vécu à Agin,
ait fait cette invention à Agin
et ait pris ces photos d'Agin.
Le Lotte et Garonne
peuvent s'enorgueillir
d'avoir vu naître des esprits éclairés
mais aussi des esprits facétieux.
Quelques kilomètres plus au sud,
Sandy tient à nous faire découvrir
un village unique en son genre.
Montcrabot,
la capitale mondiale des menteurs.
Le circuit des menteurs.
Dont Gilles et Claude
sont les dignes ambassadeurs.
Bonjour.
Bonjour Gilles.
Alors à Montcrabot,
on a un circuit des menteurs.
Oui, Montcrabot perpétue
une vieille tradition gasconne
qui date de la moitié du XVIIIe siècle,
1748 pour être précis.
D'accord, alors qu'est-ce qu'on y faisait ici ?
Pourquoi on mentait comme ça ?
Eh bien parce que les gens à Montcrabot
se réunissaient sur la place du village
pour compter l'actualité.
Mais seulement il y en avait certains
qui, en cours d'histoire vécue,
en inventaient toutes pièces
pour essayer la conversation.
Et c'est là qu'est née la tradition
des menteurs de Montcrabot.
Des menteurs et des menteries ?
On dit les menteries à Montcrabot.
À Montcrabot, on ne mente pas,
on travestit la vérité.
Le monument aux cocus inconnus.
Des noms de rues fantasques.
Des panneaux potaches.
À Montcrabot,
on ne se prend pas au sérieux.
Alors ici justement, il faut faire attention
parce que quand on se promène dans le village,
il ne faut pas foncer tête baissée.
Regarde le panneau.
Traversée d'éléphants roses.
Et quand on regarde bien au sol,
il y a la trace des éléphants
qui sont passés ce matin.
Pour vous en rendre compte par vous-même,
faites un détour par Montcrabot début août.
Gilles, Claude et leurs confrères
organisent chaque année
l'élection du roi des menteurs.
Et ça se passe sur la place du village.
Ici, c'est l'endroit incontournable du village
puisque c'est le fameux fauteuil des menteurs.
Le candidat vient s'asseoir là.
Il raconte sa menterie.
Le candidat, une fois qu'il a raconté sa menterie,
il monte sur le fauteuil,
il baisse la pierre de vérité
et il jure de travestir la vérité,
rien que la vérité, je le jure.
Laissons là les drôles d'histoire de Montcrabot
pour nous pencher sur l'histoire
avec un grand H de ce petit coin de France.
Sandy tient maintenant
à nous faire découvrir
une des fiertés des gens de l'Albray,
située à Neyrac, sur les bords de la Gélise.
C'est Guy, raconteur de pays
et passionné par son patrimoine
qui nous accueille sur le pont de Barbast.
Et bonjour Sandy,
bienvenue à Neyrac.
Merci.
Bienvenue aux portes de l'Albray.
Ici on est donc au Moulin des Tours.
Voilà, au Moulin des Tours de Barbast,
Moulin des Tours d'Henri IV.
Et l'histoire de ce moulin
est arrivée un siècle après
la construction de ce pont.
C'est une grande famille
de l'histoire de France,
les Albray, qui a fait construire ce moulin
à la fin du XIIIe siècle.
Un véritable château fort
qui a traversé les siècles
sans prendre une ride
et qui a contribué à faire la fortune des Albray.
Car ce pont et ce moulin,
étant situés sur un axe important,
ils constituaient surtout
un péage extrêmement lucratif.
Les Albray ont donc
profité de ce lieu sur la Gélise
pour faire les premiers étages
pour conserver l'argent
et mettre tous les soldats qui surveillaient ce territoire
et les parties inférieures
pour la partie moulin
où les habitants de ce lieu
étaient obligés de venir faire amoudre leurs grains,
autre source de revenus importante.
Voilà.
Ce qui a fait aussi la réputation de cette région,
c'est aussi justement la culture du blé
puisqu'on avait un blé qui était de très bonne qualité
et qui était exporté jusqu'à Bordeaux
mais également jusqu'aux Antilles
et même plus loin.
Dans ce contexte,
ce moulin fut un des points de départ
du succès fulgurant des Albray.
Au départ,
une famille noble des Landes
qui va bientôt rentrer dans l'histoire
grâce à un de ses illustres membres.
Un descendant célèbre,
le fameux Henri IV.
Henri IV qui se faisait appeler par ses amis
le meunier des Tours de Barbaste,
l'ou moulier de la Stousse des Barbastes
puisqu'il aimait venir passer
ses après-midi dans ce moulin.
Il semblerait
qu'il y avait peut-être
une meunière à Corte.
A Neyrac, sans fief,
c'est bien connu,
le roi Henri IV avait une réputation
de coureur de jupons.
Dans les jardins de la Garenne,
un lieu de promenade bucolique
en lisière de la ville,
on peut d'ailleurs croiser la statue
d'une de ses plus célèbres conquêtes.
La fille du jardinier du château
du futur roi de Navarre.
Elle a 16 ans, Henri a 19 ans
et arrive à ce qui devait arriver
pour deux adolescents.
Ils passent une nuit ensemble,
ça se passe très bien
et Florette espère que ça durera plus longtemps.
Seulement voilà, Henri a d'autres chats à fouetter,
un royaume à diriger
et bien d'autres cœurs à briser.
Et ça a donné lieu à l'expression
qu'on connaît,
Comte et Florette.
En français,
on suppose qu'il y avait même
le verbe fleureter qui a été perdu
et ce verbe fleureter,
les anglais l'ont transformé
en un mot qui veut bien dire
cette définition d'un amour sans lendemain,
le verbe fleurter.
Avant d'être roi de France,
Henri IV était roi de Navarre.
Mérac, au XVIe siècle,
a été le théâtre de moments importants
de l'histoire de France.
On rédigea par exemple ici
les fondements de l'édie de Nantes.
Ce coin du Lot-et-Garonne
était alors le centre de ce pouvoir.
Le château de Nérac,
dont il ne reste aujourd'hui que l'aile nord,
en était le symbole.
On est dans le royaume de Navarre,
c'est la cour des rois de Navarre
et c'était vraiment
la deuxième cour importante
après la cour du Louvre de Paris
et Nérac était rayonné
sur toute la France et la Navarre
à cette époque-là,
voire un peu plus loin puisque
beaucoup de pays européens
ont laissé venir à Nérac
des artistes, des musiciens,
des écrivains qui sont protégés
par la cour de Navarre
et de grandes festivités gigantesques.
On est quand même
dans le pays du bien-vivre.
Énormément de viande et la fameuse coulopo.
Exactement, la fameuse coulopo est inconnue.
Et oui, à Nérac, on aime la bonne chair
et prendre le temps de vivre
en harmonie avec la nature.
Une nature riche
que vous pourrez traverser en empruntant
le petit train de Nérac
à la découverte tranquille du Lot-et-Garonne.
