Avant le choc de Ligue des champions entre le Bayern et le PSG ce mardi (21h), Polo Breitner évoque le niveau du club allemand, qui a selon besoin d'un match référence, malgré ses excellents résultats.
Ce Bayern n'est-il trop fort pour le Paris Saint-Germain, avec un gros point d'interrogation, comme le disait Polo en introduction.
Le Bayern va bien, mon cher Polo. Dernière victoire contre Augsbourg, trois buts à zéro ce week-end, mais ce n'est pas tant les buts qui marquent
que ceux qui n'encaissent pas qui impressionnent.
Oui, en fait, la dernière défaite, et elle était symbolique, c'était la raclée qu'ils avaient prise à Barcelone en Ligue des Champions.
Et depuis cette rencontre, le Bayern n'a pas encaissé un seul but.
Donc, on se posait déjà la question à savoir si cette équipe n'était pas trop portée sur l'avant.
Et est-ce que Compagnie devait essayer d'être un peu plus solide, un peu plus patient, etc.
Et finalement, si tu regardes les statistiques ou si tu regardes juste les chiffres, c'est assez impressionnant.
Entre les 4-0 contre Stuttgart, le 3-0 de vendredi soir, la victoire petite à Jean-Pauli et la victoire même contre Benfica, qui était un peu délicate.
Benfica ayant refusé de jouer à la victoire à zéro, on se dit ça tourne du côté du Bayern.
Mais il y a quand même, en Allemagne, toujours un petit bruit de fond, tu sais, quand il y a quelque chose qui ne va pas.
Ou sur les ondes, il y a des petits moments où ça grésille, tu ne sais pas pourquoi.
Et moi, c'est encore le match de vendredi.
Alors, je vais peut-être être un peu dur avec ce Bayern-là, parce qu'on peut se dire 3-0, mais comme le 4-0 contre Stuttgart, c'est tranquille.
Sauf qu'une fois l'ouverture du score côté bavarois sur pénalty de Harry Kane, il arrive à l'heure de jeu.
C'est-à-dire qu'il y a une domination quasi totale du Bayern Munich, mais ça ne se matérialise pas dans le score.
Et c'était la même chose contre Stuttgart, le fameux 4-0 qu'ils avaient infligé à Stuttgart.
Il fallait attendre tout le temps pour qu'il se passe quelque chose.
Et le match de vendredi, j'ai discuté avec des copains qui supportent le Bayern et qui sont membres de l'association du Bayern.
Et ils ont dit qu'ils comprenaient ce que je disais, parce qu'on avait l'impression que le Bayern, ça pouvait tourner pendant trois heures.
Et finalement, il n'y a rien qui se passe.
Et en fait, il ne faut pas oublier que c'est Pedersen, le joueur d'Oxbourg, qui provoque une main.
Le mec, il est débile, c'est un crétin, il faut être honnête quand tu mets une main comme ça,
en pensant qu'avec la VAR, il n'y a pas aujourd'hui pénalty sur ce genre de faute.
Mais en fait, c'est Oxbourg qui donne l'ouverture du score, je ne dis pas la victoire, donne l'ouverture du score au Bayern.
Ensuite, ça déroule au Bayern, c'est toujours pareil.
Deuxième pénalty, Harry Kane encore, et superbe triplée avec un super but d'Harry Kane en mode kung fu pour le 3-0.
Et si tu veux, moi, lorsque je lis les articles en Allemagne sur ce qu'on pense de ce Bayern là,
on est toujours en attente d'un match référence.
Ce qui est quand même assez délirant quand tu vois le nombre de buts que met le Bayern en...
36 buts en Bundesliga, en 11 journées.
En 11 journées, donc c'est plus de 3, donc on est sur les grosses prestations du Bayern,
ils sont largement en tête de la Bundesliga, etc.
On sent que dans le groupe, ça fonctionne, que c'est reparti.
Mais il y a quand même, justement, un petit mais, ça grésille encore un peu sur les ondes,
parce qu'on voudrait un match référence, et c'est peut-être celui qu'on aura contre le PSG.
Alors, tu parlais de la défense tout à l'heure, 7 buts encaissés seulement par le Bayern cette saison en Bundesliga.
Le PSG arrive demain soir, et le Bayern a trouvé enfin un bon, très bon Kim Min-jae, le sud-coréen.
C'est ça, mais encore une fois, pourquoi est-ce que je mets toujours des points d'interrogation
et qui peuvent énerver certains supporters du Bayern ?
C'est que lorsque je vois un dossier qui date d'aujourd'hui,
on se positionne sur les progrès très très forts de Kim Min-jae,
par rapport à l'année dernière, évidemment.
Mais qu'est-ce qu'on met ? Le retour du monstre, donc le monstre version Naples,
et qu'est-ce qu'on met après monstre ? On met un énorme point d'interrogation.
C'est-à-dire qu'on ne sait toujours pas, encore une fois, si,
moi qui adorais ce joueur lorsqu'il est volé en Italie,
et je souffrais avec lui l'année dernière, ou même quand il jouait les coupes à Meccano, etc.,
les erreurs grossières qui se passaient, tu sens qu'il est devenu beaucoup plus serein.
Max Eberl en parle en disant qu'il avait besoin de temps,
il a besoin de s'adapter à un nouveau championnat, etc.
Et tu sens qu'il est sur la bonne voie.
Mais est-ce que ça va être celui qu'on a vu en Italie,
où on est encore dans une phase transhistoire ?
Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau statistique, il est, aujourd'hui,
vous savez, on a le nombre de duels et des choses comme ça,
c'est le meilleur théoriquement en Ligue des Champions et tout ça.
Mais moi, encore une fois, je reste sur une envie de voir un Bayern
abouti dans une prestation contre une belle équipe du PSG,
même si ce n'est peut-être pas la grande équipe du PSG qu'on avait il y a quelques années.
– Harry Kane est en conférence de presse aujourd'hui,
il explique qu'on ne sait pas qui aura la possession,
ils la veulent, on la veut aussi.
Ce qu'on sait, c'est qu'on va presser très très haut,
et notamment le gardien du Paris Saint-Germain.
– Tout à fait, mais le problème, encore une fois, c'est dans la surface adverse.
Ils sont tous doués,
moi je reproche à Compagnie peut-être de ne pas faire assez de turnover dans son effectif,
parce que Kingsley Coman ou Gnabry n'ont pas des mérités,
peut-être qu'Olizek était un peu moins bien,
on avait besoin de le mettre sur le banc et tout ça.
Alors il y aura Goreska, il ne faut pas oublier,
demain au milieu de terrain, Goreska dont le Bayern ne voulait plus,
et qui est là, qui revient du Diable Vauvert,
et qui va s'être à côté de Kimmich,
et on va retrouver la fameuse doublette qu'on aimait beaucoup avant,
au Bayern, lorsque ça fonctionnait.
Tout ça fait que, encore une fois,
je suis intéressé par ce match, ce que ça veut dire,
mais moi j'aimerais une vraie prestation du Bayern Munich,
pas celle qu'ils font systématiquement au bout de la Ligue,
mais le fait, encore une fois,
qu'ils n'ouvrent pas le score assez rapidement, de mon point de vue,
ou que la baballe, ils la font tourner dans tous les sens,
il y a des occasions,
il y a une possession qui est toujours à 70-75%,
donc en fait on a l'impression que l'adversaire n'existe pas,
mais il faut se rappeler ce qui s'est passé contre Benfica,
ça fait 1-0,
et même pendant un moment, pendant 5-10 minutes,
on a pensé que Benfica pouvait aller faire le hold-up parfait,
et moi je voudrais que le Bayern enlève ce gros point d'interrogation que j'ai.
Mais Paulo, parce que parfois ça arrive avec mes clubs à moi en Espagne,
c'est-à-dire qu'ils se sentent tellement supérieurs,
qu'ils savent qu'à un moment ou à un autre, ça va passer.
Est-ce qu'il n'y a pas ça ?
Est-ce que c'est vraiment de la souffrance du côté du Bayern pour marquer le premier but,
ou c'est parce qu'ils savent très bien
qu'au bout d'une heure, les autres vont finir par craquer ?
Alors, moi ce que je pense,
c'est que le Bayern il est quand même en train de se relever
après quelques saisons délicates,
et donc je reste sur moi, sur mon analyse,
qu'on a quand même fait du jeune avec du vieux,
même si à Olisée il est arrivé,
on est quand même avec une équipe où l'année dernière,
on disait qu'elle était vieillissante,
ce n'était plus possible, etc.
Et là, si on prend ta théorie qui est respectable,
c'est « ah ben non, tout va bien d'un seul coup ».
Non, moi je pense qu'il y a quelques problèmes.
Je ne comprends pas, par exemple,
mais à l'inverse, je ne comprends pas en Angleterre
pourquoi on critique Harry Kane.
Moi Harry Kane comme ça, je le veux tous les jours,
je n'ai pas de soucis avec ça.
Olisée, évidemment, n'est pas encore un grand joueur international.
Gnabry, comment n'est-ce que c'est évidemment
pas du niveau de Robben-Ribery,
et donc on doit faire avec.
Il y a des blessés, la défense centrale a évolué,
Manuel Neuer, il a quand même 38 ans,
les latéraux, Davis, il est en fin de contrat,
on ne sait pas ce qui va se passer avec lui,
Guerreiro, il est hétéropositionné au poste d'arrière droit,
il y a des choses qui sont bizarres.
Mais évidemment, on peut dire que ça va arriver,
mais par rapport à la domination si importante du Bayern
par rapport à certaines équipes allemandes,
je pense que ce n'est pas normal d'attendre l'heure de jeu
pour arriver à débloquer la situation.
Et encore une fois, vendredi, ce qui m'a déplu,
si je dois critiquer le Bayern,
c'est que la faute grossière, elle est d'Augsbourg.
Ce n'est pas le Bayern qui finalement ouvre le score,
parce qu'il doit l'ouvrir.
Harry Kane, je précise, cinquantième but ce week-end,
il a mis un triplé,
après seulement 43 matchs en Bundesliga,
tout simplement, 50 buts.
Difficile de le critiquer.
C'est impossible de le critiquer.