Auteur d'un doublé dimanche, Antoine Griezmann a permis à l'Atlético de s'imposer 4-3 face au FC Séville et de revenir à deux points du Barça, leader de Liga. Est-ce enfin l'année des Colchoneros ?
C'est l'autre frisson du week-end après le Chelsea-Tottenham de Julien,
un match complètement dingue à la victoire de l'Atletico,
4 buts à 3 face au CVFC,
mais les 3 buts à 1 jusqu'à la 62ème minute du jeu.
Et si c'était la saison des Colchoneros,
on va en débattre avec toi dans un instant mon cher Fredo.
A la 62ème, il y a un homme qui surgit,
qui remet les Colchoneros sur la voie d'une victoire.
Le problème c'est que la semaine dernière j'ai fait ma minute sur Antoine Griezmann.
Sois créatif, qu'est-ce que tu peux rajouter ?
Pour l'Atletico, c'est fantastique qu'il ne soit plus en équipe de France.
C'est-à-dire tous les matchs qui s'évitent, les déplacements, etc.
C'est dramatique pour les bleus, mais là c'est pas de ma faute.
C'est la faute de ceux qui ont poussé Antoine à prendre sa décision.
C'est-à-dire qu'il met le but du 2-3,
et là tu sais que l'Atletico va gagner.
Il reste une demi-heure, tu sais que l'Atletico va gagner.
Pourtant Séville fait un bon match.
Je pense que Séville, je fais une parenthèse, va réussir à se sauver,
parce qu'avec cet esprit-là,
comment ça se passe avec Garcia Pimenta, l'entraîneur qui a été prolongé, etc.
Je pense qu'on ne va pas s'inquiéter pour Séville.
Là tu sais qu'il y a quelque chose de fantastique,
et puis c'est lui qui marque le but de la victoire.
On peut le dire, il a été mauvais pendant une heure.
Oui, mais c'est un génie.
C'est un vrai génie du football.
C'est quelqu'un qui invente des choses à chaque fois.
Le but de la victoire, c'est exceptionnel.
À un moment, je pense qu'il fait faute.
Non, il ne fait pas faute.
La frappe en déséquilibre, la puissance, la précision.
Il y a tout.
Griezmann est l'élément qui fait la différence,
alors qu'il est titulaire.
Mais je pense que le succès de l'Atletico,
c'est aussi ceux qui font la différence,
alors qu'ils ne sont pas titulaires.
Antoine, tu sais qu'à n'importe quel moment,
il te retourne le match.
Mais tout seul, tu ne peux pas.
Pourquoi je proposais qu'on parle de l'Atletico,
outre ce match ?
On prend vraiment notre pied à voir ce genre de match.
Hier soir, je faisais des bons.
Il y a longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir
devant un match de la Ligue 1.
Diego Pablo Simeone dit toujours
que pour que l'Atletico puisse être champion,
il faut la conjugaison de problèmes
et au Real et au Barça.
Il le dit toujours.
C'est une manière de s'enlever la pression
et de se dire qu'on est le petit.
Il faut qu'ils soient champions par accident.
C'est ce qu'il dit.
Sauf que c'est un peu la réalité quand même.
Parce qu'au niveau de la qualité des joueurs,
au niveau du budget,
au niveau de tout ce que tu peux imaginer,
c'est soit le Real, soit le Barça.
Donc, il faut une conjonction.
On a vraiment le sentiment, cette saison,
quand tu vois cette semaine,
le Real perd 3 points à Bilbao
et le Barça perd 2 points à Séville.
Contre le bêtise.
Ça dit tout.
Les deux gros étant friables,
là, il y a une troisième voie pour l'Atletico.
Pour s'engouffrer.
Avec Simeone, ils l'ont déjà fait deux fois
depuis qu'il est entraîneur,
pour gagner la Ligue 1.
Ce que je trouve fantastique,
et ça, je vais simplement vous dire le banc,
c'est qu'il a réussi à construire,
avec de l'argent,
parce qu'il n'est pas pauvre non plus l'Atletico,
avec de l'argent,
à construire un effectif qui est pléthorique,
mais qui est de grande qualité.
Et quand tu vois que tu es Simeone
et que tu peux faire rentrer dans un match
que tu perds,
Koke,
Sorlott,
Correa,
Samuel Lino,
qui a marqué un but magnifique,
Witzel,
que tu peux te permettre de laisser sur le banc
sans jouer Aspiliquetua, Aspiliqueta,
Le Normand, Reynaldo et même Brichelmet,
tu te dis,
il y a quand même une gestion du banc
qui est fantastique.
Je pense,
et ça, c'est peut-être un débat que je lance
pour un soir où nous aurons le temps,
je pense que jamais,
jamais dans l'histoire du football,
les changements n'ont été aussi importants qu'aujourd'hui.
Déjà parce qu'il y a cinq changements
et parce qu'on a un calendrier qui est dingue
où il y a beaucoup de blessures,
où il y a beaucoup de fatigue.
Donc, le fait d'avoir un très bon banc,
c'est aujourd'hui décisif.
Et ça, il faut quand même reconnaître
que Simeone est un grand changeur.
Non, mais un changeur,
quelqu'un qui sait faire des changements au bon moment.
Et surtout,
c'est là tout le travail qu'il a réussi à faire.
Parce que j'écoutais patiemment,
bien entendu,
ce que disait l'ami Julien
sur comment c'était géré avec Marisca,
avec ceux qui ne jouaient pas tout le temps.
Mais là, ils sont tous motivés, les joueurs.
Il y a quelque chose.
C'est-à-dire que tu vois rentrer
n'importe qui.
Tu vois Samuel Nino,
il met un but fantastique.
C'est pas quelqu'un qui dit
« Ah merde, j'ai passé plus d'une heure sur le banc ».
Tu vois ce que je veux dire ?
Il a réussi à mettre,
à faire avoir la même authenticité,
la même envie à des joueurs sur le banc
qu'à des titulaires.
Il y a une gestion du groupe qui est fantastique.
Laurent dit ça,
gestionnaire de banc sur le tchat, par exemple.
Oui, gestionnaire de banc.
Voilà, c'est ça.
Il sait le faire.
Et puis, le show,
il arrive à transmettre des choses.
Et c'est vrai que quand ils sont au Métropolitano,
il y a quelque chose qui se passe.
De toute façon, j'insiste,
quand ils reviennent à Dautroy,
tu sais qu'ils vont gagner.
Tu sais qu'ils vont gagner,
parce qu'il y a quelque chose
qui se passe dans cette équipe.
Ils prennent quand même trois buts à domicile
contre Séville.
Tout n'est pas parfait,
mais tu as quand même de très bons joueurs.
Tu as un esprit particulier.
J'ai l'impression que physiquement, ça va bien.
On se posait la question,
après le départ du prof,
ce qu'on appelait le professeur Ortega,
Oscar Ortega,
qui était le préparateur physique historique
uruguayen de Simeone,
qui est parti.
Il y avait quand même beaucoup de blessures.
Les joueurs en avaient marre.
C'était vraiment quelqu'un
qui les faisait souffrir.
On a l'impression qu'aujourd'hui,
physiquement,
et en tout cas dans la préparation physique,
les joueurs sont moins cuits.
Je ne dis pas que la Tético va gagner la Ligue.
C'est très long.
Mais il y a quand même une ouverture,
cette saison,
comme il y a tous les 4-5 ans.
Ce n'est pas un aristocrate de la Ligue,
mais c'est un grand bourgeois quand même.
185 millions d'euros dépensés cet été.
Bien sûr.
Et puis l'entraîneur le mieux payé.
Il n'y a pas plus de 20 millions, Simeone.
Après, il adore jouer.
Est-ce que tu l'as vu évoluer
avec les saisons, Simeone,
ou est-ce qu'il reste celui qu'il était
il y a 12 ans maintenant ?
Je pense qu'il n'a pas évolué.
Dans son comportement ?
Non, il est le même.
Après, dans son jeu.
Il y a deux saisons,
à un moment,
pendant trois mois,
il avait évolué, etc.
C'était moins défensif, etc.
Puis dès qu'il a perdu un match,
je pense que ça, c'est naturel.
Il revient de Togalo.
Il a appris certaines choses.
Question que je pose aux trois autres,
aux deux dames, à Johan, Julien et Paulo.
Est-ce que vous le prendriez chez vous,
Diego Simeone ?
Moi, c'est simple.
Il va venir en Italie.
Il va entraîner l'Italie un jour.
On est d'accord.
On le sait.
Julien, tu le prends, Simeone,
ou tu n'en as pas envie, toi,
en première ligue ?
Oui, si, si, moi, je prends.
Tu prends quoi ?
Pour le show ?
Pour la folie ?
Oui, moi, j'ai envie de voir
ce que ça va donner
dans un championnat
qui est plus intense
et différent de celui de la Ligue,
de celui dont il est habitué
depuis 13 ans maintenant.
Je ne sais pas combien de temps.
Oui, ça, 13 ans qu'il est en place.
Donc, j'aimerais bien le voir.
Et puis, plusieurs fois,
il en a été question.
Moi, j'étais à United.
Chelsea, aussi,
se sont penchés.
Donc, peut-être qu'un jour,
peut-être qu'un jour,
ça arrivera.
Mais je suis assez sceptique
dans le sens où je pense
qu'il continuera encore
un petit peu à l'Atletico.
Et puis, après, effectivement,
il ira en Italie.
Donc, après, peut-être
que ce sera trop tard.
Boulou ?
Moi, je pense que l'Atleti,
je l'ai dit depuis des années,
déjà, moi, c'est l'équipe
que j'ai préférée
sur les 10-15 dernières années
en Europe
et qui est peut-être
l'équipe la plus sous-cotée d'Europe.
Et j'en ai un petit peu marre
d'entendre le style défensif
de Simeone
parce que je crois
que ce n'est pas tout à fait ça.
Non, mais tu comprends
ce qu'on veut dire.
Oui, oui, bien sûr.
Tu vois ce que je veux dire,
c'est que…
Oui, mais tu vois,
c'est comme quand on analyse
l'Union Berlin,
ils ne savent que défendre.
C'est faux.
Ils défendent pendant une heure
et d'un seul coup,
ils appuient sur champion
pendant une demi-heure.
Je parle de la période
d'Urs Fischer
et d'un seul coup,
ils marquent tout le temps.
Donc, au bout d'un moment,
il y a des schémas
qui sont mis en place,
des circuits préférentiels
et ça fonctionne.
Et quand tu vois la qualité
Je ne veux pas envoyer
des Allemands là-bas
pour faire un stage.
Mais c'est vrai,
au bout d'un moment,
il faut être réaliste.
Je ne connais pas des clubs
qui dépensent
185 millions d'euros
comme ça.
Alors, il y a peut-être
des ventes,
je n'ai pas regardé,
je ne me rappelle plus.
Mais au bout d'un moment,
c'est quand même chelou.
Ils ont bien vendu aussi cet été.
Oui, oui,
il doit y avoir
quelque chose à l'air.
Mais l'Athlétique
est le club le plus intéressant
sportivement
de la dernière décennie
pour moi.
Et évidemment
que je le prendrai.
Rien que
pour les polémiques
ou les discours.
Mais regarde,
il a été en finale
des champions.
Mais est-ce que son style de jeu
peut s'adapter à la Bundesliga,
etc.?
Tout ça m'intéresserait
beaucoup.
Et moi, en tout cas,
je suis un grand fan.
En fait,
pourquoi on a un grand match
hier aussi?
C'est parce que
la Tético est menée.
C'est-à-dire que
il peut être
très offensé,
bien rendu,
mais par nécessité.
Tu vois?
Il n'y a rien de mieux
que quand la Tético
est menée
chez lui,
par exemple.
Quand tu vas au stade,
moi j'avais eu la chance
d'y aller il y a un an,
à peu près.
Il y a un esprit
dans le stade
et sur le terrain.
Il y a une communion totale
sur une intensité,
comme tu le dis,
dos au mur.
Tu n'attaches absolument rien.
Tout ça est transmis,
même en tribune,
en réalité.
Et d'ailleurs,
il y a un truc qui s'appelle
le Tcholismo.
C'est-à-dire,
c'est une philosophie.
Le Tcholo, c'est son surnom.
Le Tcholismo,
c'est une manière d'être
qui est transmise à tout le monde.
Et je termine là-dessus.
L'une des grandes réussites
de l'Atlético,
c'est d'avoir réussi
à sauvegarder cela,
d'avoir fait déménager
ce qu'il y avait au Calderon,
dans un stade
qui n'a rien à voir.
La première saison,
c'était compliqué,
mais dès la deuxième saison,
on a commencé à sentir
vraiment ce qu'on sentait
au Calderon,
avec des tribunes
qui tremblaient moins quand même,
parce qu'au Calderon,
on avait peur.
À ce point,
des générations de joueurs
qui ressemblent à leurs entraîneurs,
c'est quand même ça aussi
sa réussite.
C'est le relais
de Diego Simeone.
Merci mon cher Fredo
pour l'Atlético.
On verra ça.
Je rappelle que l'Atlético
est à trois points du Barça leader,
mais avec un match en moins.
Exactement.
Et à un point du Real,
avec le même nombre
de matchs à jouer.
Donc c'est vraiment
un trio cette semaine.
La fameuse garrade
dont parle Alias sur le tchat.
La garra, exactement.
C'est la hargne,
la gnaque.