Chapitrage : 0:00 Intro 0:33 Générique 0:55 Jeunesse en Pologne 4:36 Départ pour la France 5:34 Faculté des sciences de Paris 7:21 Gabriel Lippmann 9:43 Rencontre avec Pierre Curie 11:10 Rayons X et rayons uraniques 15:30 Découverte de la radioactivité - 1e Nobel 20:37 Parallèlement à ça 21:44 Décès de Pierre Curie, Marie devient professeur 23:15 Scandale avec Paul Langevin 25:30 Epreuves pour le 2nd Nobel - 2nd Nobel 28:25 Anecdote familiale 30:35 Problèmes de santé et Première Guerre Mondiale 31:33 Institut du radium 32:50 Fin de vie 34:52 Conclusion 36:30 Générique de fin
Salut bande de gens !
Aujourd'hui, on va enfin s'intéresser à une femme.
Une des plus grandes scientifiques de l'Histoire.
Une femme qui, normalement, si je vous dis
« Pensez à une femme scientifique »,
le premier nom qui vous vient en tête,
eh ben c'est son nom.
Alors, oui, peut-être que si je vous demande,
vous allez me dire un autre nom.
Peut-être que c'est juste pour me troller,
ou pour montrer que vous en savez plus que tout le monde,
ou simplement pour pas répondre comme tout le monde.
Mais le fait est que,
quand on vous dit « femme scientifique »,
il y a un nom et un seul qui vous poppent dans la tête.
Et ce nom,
c'est Marie Curie.
Maria Salomea Skłodowska
est née à Varsovie le 7 novembre 1867,
en Pologne.
Et alors, juste histoire qu'on soit un petit peu clair,
la Pologne, en 1867,
ça ressemble à quoi ?
Alors, excuse-moi, hein,
mais bon, s'il faut parler histoire,
je suis là, hein.
Donc, entre 1863 et 1864,
a eu lieu un épisode qu'on appelle « L'insurrection de Janvier »,
parce qu'elle a commencé en janvier 1863.
Ou on l'appelle aussi, plus simplement,
« l'insurrection polonaise »,
parce qu'elle a eu lieu en Pologne.
Eh oui !
La Pologne, à cette époque,
c'est un territoire et une population
avec son histoire, sa culture polonaise,
mais qui fait partie de l'Empire russe
depuis le Congrès de Vienne de 1815,
lorsque les grands vainqueurs de Napoléon Ier,
Russie, Autriche, Prusse notamment,
redessinent les frontières de l'Europe.
En Pologne, qui dispose d'une autonomie très relative,
les libertés sont rapidement restreintes,
l'administration russe devient répressive,
des tensions exacerbées
par une première tentative de soulèvement en 1830.
Un échec.
34 ans plus tard, la volonté était là,
l'idée était belle,
mais ça va tout de même foirer.
Et cette nouvelle insurrection est défaite en 1864,
avec une conséquence qui va nous intéresser dans cet épisode.
Car la Russie va mettre en place une répression impitoyable
qui fait des milliers de victimes
et environ 80 000 Polonais sont déportés en Sibérie.
De plus, l'autonomie de la Pologne est abolie
et son territoire est incorporé directement
dans l'administration russe.
Ce qui intensifie les politiques de Russification.
Et la Russification, notamment,
ça signifie interdire à l'école d'apprendre le polonais,
obliger l'apprentissage du russe.
Parce qu'il n'y a rien de plus efficace
pour détruire la volonté d'indépendance d'un peuple
que de détruire sa culture
et en tout cas, la transmission de sa culture.
Ah, c'était deep, hein ?
Mais alors attention, pas de blague de cul ou de je sais pas quoi,
là, direct, on tape dans le dur.
TITRE !
Donc, lorsque Mariusz Kłodowska vient au monde,
c'est dans une Pologne qui vit sous répression russe.
Sa mère est institutrice
et son père est professeur de maths et de physique.
Et Marie est âgée seulement de 10 ans
lorsque sa mère décède
terrassée par la tuberculose.
Alors Marie se concentre sur ses études
et vous allez voir que c'est une constante chez elle.
Elle réussit ses études.
Mais attention, pas juste, ouais, elle réussit ses études, genre.
Elle cartonne sa mère.
Non, pas sa mère, s'il te plaît.
Elle cartonne sa race.
Ouais, si tu veux.
Elle cartonne donc la race de sa grand-mère.
Elle a la note maximale parce que voilà,
et donc elle finit ses études secondaires en 1883,
donc à l'âge de 15 ans, presque 16,
avec une médaille d'or.
Je ne savais même pas qu'il y avait des médailles,
mais OK.
Et là, il y a deux choses qu'il va falloir voir plus ou moins en parallèle.
La première, c'est qu'elle rejoint l'université volante
et la deuxième, c'est qu'elle souhaite faire des études supérieures.
Alors, on va parler de l'université volante,
mais juste pour que vous sachiez,
à l'époque, les études supérieures sont interdites aux femmes en Pologne.
Voilà, on va y venir.
Et alors, l'université volante, qu'est-ce que c'est ?
C'est une université clandestine qui est mise en place en Pologne
pour éduquer les Polonais
contre la russification du pays.
Et comme la Russie a fait fermer un paquet d'universités polonaises,
les professeurs de ces universités se retrouvent donc au chômage,
ce qui fait que dans l'université volante,
le niveau d'enseignement est très, très quali.
Voilà, et donc les cours ont lieu dans les appartements,
soit des élèves, soit des professeurs.
Ça change tout le temps, d'où le nom d'université volante.
Et un autre point essentiel est que l'université volante,
accepte les femmes,
qui peuvent alors suivre des études supérieures
en sciences, en sciences sociales, en histoire, ainsi qu'en philologie.
Et la philologie, c'est l'étude historique d'une langue par l'analyse de ses textes.
A l'époque, dans les écoles polonaises,
on enseigne le russe, le polonais est interdit.
D'où l'intérêt d'une telle discipline.
En 1891, Bronia, la grande sœur de Marie,
part pour Paris pour y effectuer des études de médecine.
À cette époque, les facultés de médecine en France acceptent
les femmes, mais la quasi-totalité des étudiants,
d'eux, sont étrangères.
Parce que c'est pas du tout dans les mœurs du pays, encore,
l'idée d'avoir un médecin-femme.
Alors que Dr Quinn, femme-médecin, c'est une histoire qui se passe en 1867.
Soit l'année de naissance de Marie Curie.
Voilà, c'était juste pour donner un peu de contexte.
Donc, en 1891, Bronia part pour la France et c'est l'occasion
pour Marie, donc c'est sa petite sœur, donc Marie Skłodowska,
de l'accompagner et de partir vers la capitale.
Capitale française.
Enfin, Paris, quoi.
Elle va être hébergée par sa sœur, juste à côté de la Gare du Nord,
et elle va s'inscrire au cours de physique de la Faculté des sciences de Paris.
Et on va parler deux secondes de la Faculté des sciences de Paris.
Ça va être l'occasion de vous montrer deux, trois trucs.
Voilà, petite parenthèse.
La Faculté des sciences de Paris est créée en 1811 parce que jusqu'alors,
les études supérieures n'incluent pas de cursus scientifique.
Je veux dire, à l'Université de Paris,
les cours de physique sont un complément au cours de philosophie
de dernière année de maîtrise de la Faculté des arts de Paris.
OK ? Alors certes, ça sert un petit peu à ceux qui souhaitent devenir un médecin.
Mais à l'époque, le cursus noble en France, ce sont les arts et les lettres.
Louis le Grand existe déjà,
mais l'enseignement qu'on y suit ne s'inscrit pas dans un cursus classique.
Il existait un corpus d'enseignement scientifique au Collège royal
avec, oui, de l'astronomie, de la biologie, de la botanique, de la chimie, etc.
Et il existait un enseignement scientifique technique à Minipont,
l'école des mines et l'école des ponts et chaussées.
Et juste avant la création de la Faculté des sciences de Paris,
lorsqu'une espèce de proto-université est créée en 1809,
alors là, oui, il va y avoir vraiment de l'enseignement scientifique
dans le cursus classique.
Astronomie, physique, chimie, botanique, géologie, tout y passe.
Là, ça donne à fond.
Et c'est dans ce contexte qu'est fondée l'Université scientifique de Paris.
Donc là, j'ai zappé tout un paquet de trucs, notamment la partie impériale,
qui est assez marrante.
Donc voilà, renseignez-vous sur le sujet.
Je ne vais pas en parler plus parce que ce n'est vraiment pas le sujet de cette vidéo,
mais renseignez-vous, vous allez voir, c'est assez marrant de voir
comment les trucs sont arrivés.
Donc, Maria Skłodowska s'inscrit en physique à l'Université scientifique de Paris.
Elle a pour prof de physique Gabrielle Lippmann et comme prof de mathématiques,
Paul Painlevé.
Vous savez quoi ?
Comme il y a strictement, absolument zéro chance
que je fasse un jour la preuve parvue sur Gabrielle Lippmann,
eh bien, prenons deux minutes pour parler de Gabrielle Lippmann.
Gabrielle Lippmann, déjà, il est élue membre de l'Académie des sciences en 1886.
Et pourquoi est-ce que j'en parle ?
Parce qu'il était en lice, pour cette place, avec Henri Becquerel.
Et que c'est lui qui a gagné.
Oui, c'est une élection.
Il a bossé dans tout un tas de domaines, mais celui dont on va parler, c'est la photographie.
Et plus particulièrement, la photographie en couleurs.
Alors, vous vous rappelez, j'ai déjà dit que Maxwell était à l'origine de la photographie en couleurs,
qu'il avait fait la première photographie en couleurs.
Le lien est dans la description.
Mais si j'avais voulu être complet à ce moment-là, j'aurais dit que
Maxwell était à l'origine de la photographie en couleurs par décomposition trichromique.
Séparer le bleu, le vert, le rouge,
pour les recomposer ensuite, un peu de la même manière que l'œil voit les couleurs, en fait.
Eh bien, Gabrielle Lippmann est à l'origine d'un procédé un peu différent
et qui s'appelle le procédé Lippmann.
Il s'agit de photographies interférentielles qui enregistrent l'ensemble du spectre de couleurs
sans décomposition du bleu, du vert, du rouge,
qui reproduit les couleurs, donc sur la photo, sans ajouter de colorant.
Dans la photographie classique jusque-là,
vous photographiez trois fois, une fois avec un filtre rouge, une fois un bleu, une fois un vert,
et ensuite, vous prenez vos trois clichés et vous les superposez
en les teintant chacun en rouge, en vert, en bleu.
Et le total, ça vous donne une image.
Là, c'est pas le cas.
Là, vous fixez l'ensemble du spectre visible.
Précisons que ce procédé est de fait une validation expérimentale
de la nature ondulatoire de la lumière,
ce qui vaudra à Gabrielle Lippmann un prix Nobel en 1908.
Il reçoit le prix pour
sa méthode de reproduction des couleurs en photographie
basée sur le phénomène d'interférence.
Ouais, quand vous entendez interférence, pensez phénomène ondulatoire,
on aura l'occasion d'en reparler, ou on en a déjà parlé,
je sais pas dans quel ordre sortent les vidéos,
quand on parlera des fentes de Young.
Bon, Marie passe sa licence de physique,
elle sort évidemment majeure de sa promo.
Alors, je vais pas le préciser à chaque fois,
mais d'une manière générale, quand Marie fait un truc,
soit elle est absolument la meilleure,
et si c'est pas le cas, c'est qu'elle est la deuxième
et qu'elle était fatiguée ou qu'elle s'en foutait.
Voilà, y'a pas photo.
Elle obtient une bourse suite à cette obtention de licence en physique,
ce qui lui permet de poursuivre ses études
afin d'entamer une licence de mathématiques.
Et oui, là, elle arrivera deuxième de sa promo.
Parce que les maths, c'est son point faible.
Et mater la taille des guillemets, quoi.
Bon, donc ça fait maintenant trois ans qu'elle est en France,
elle a dans la poche une licence de physique et une licence de mathématiques,
et justement, pendant qu'elle finit sa licence de mathématiques,
donc on en est à 1894,
elle travaille dans le laboratoire de recherche de Lippmann
et travaille sur le magnétisme.
Et elle va rencontrer un gars qui est chef des travaux de physique
à l'école municipale de physique et chimie industrielle,
qui travaillait également sur le magnétisme,
et ils vont commencer à travailler ensemble.
Et ce gars, c'est Pierre Curie.
Ils vont, comme beaucoup d'étudiants de leur âge, se pécho.
Mais voilà, en 1895, Maria Skłodowska repart pour Varsovie, en Pologne.
Son but, clairement, là, en retournant en Pologne,
c'est d'une part d'y enseigner les sciences
et de participer à l'émancipation de la Pologne,
mais également d'enseigner les sciences aux femmes.
Mais Pierre lui dit
« Oh, Marie, si tu savais ! »
Voilà, ça, c'est fait.
Il lui dit « Allez, rentre sur Paris et viens, on se marie, Marie ! »
Et elle, elle lui répond « C'est clair, Pierre ! »
Et elle rentre sur Paris, et ils se marient en juillet 1895.
Et à partir de maintenant, elle s'appellera Maria Skłodowska Curie,
ou plus simplement Marie Curie.
L'année d'après, elle attaque son agrègue de maths.
Elle arrive première,
parce que bon.
Et puis elle attaque son doctorat.
Au moment où Marie attaque son doctorat, justement, on est en 1896,
et là, ça peut être intéressant de donner un tout petit peu de contexte
pour savoir où on en est.
En 1895, Wilhelm Röntgen
découvre les rayons X, et c'est un petit peu marrant,
parce que c'est un petit peu une sérendipité.
La sérendipité, vous vous rappelez,
c'est quand on trouve un truc un peu par accident.
C'est-à-dire, soit on trouve un truc qu'on cherchait pas.
Voilà.
Soit on cherchait un truc et on a trouvé un autre truc.
Ah, et truc important,
pour qu'il y ait sérendipité, il faut qu'on comprenne ce qu'on a trouvé.
Si vous laissez pourrir votre sandwich,
ça suffit pas à découvrir la pénicilline.
Bref, à l'époque, Röntgen, en gros,
il étudie le passage de courant électrique à travers des gaz en basse pression,
ce qui, à l'époque, est une expérience plutôt...
Enfin, c'est dans l'air, ce genre de truc.
Mais le 8 novembre 1895,
il fait son expérience,
alors que son tube de gaz est dans un carton noir,
dans une chambre noire.
Sauf qu'un des côtés du carton est recouvert de platinocyanure de barium,
et que ce machin va se mettre un peu à briller.
Ce qui va intriguer Röntgen,
qui va du coup se mettre à faire plein d'expériences pour étudier ce phénomène.
Et il va avoir l'idée, notamment, de mettre divers objets entre son tube
et une plaque photographique.
Et il va constater, sur la plaque photographique,
qu'il va avoir des trucs plus ou moins transparents en fonction des objets qu'il met entre.
Et le 22 décembre 1895, il va faire ce que,
sincèrement,
n'importe qui aurait fait à sa place, on va être clair.
« Euh, chéri, ouais, tu peux venir s'il te plaît ? Ouais, voilà.
Euh, non, t'inquiète, tu viens pour deux secondes, t'inquiète, voilà.
Euh, tu vois là, le tube ? Ouais, voilà, et tu vois la plaque photographique, ouais.
Est-ce que tu peux mettre ta main entre les deux ?
Non mais t'inquiète, ça craint rien, je sais ce que je fais, t'inquiète, voilà.
Tu mets ta main entre les deux et puis tu...
tu bouges pas, surtout. »
Et le reste, c'est de l'histoire connue, hein.
Il constate qu'il voit les os de la main de sa femme.
Il distingue la peau autour de ses os,
l'alliance de sa femme autour d'un de ses doigts.
Il a découvert un nouveau type de rayon,
et comme il ne connaît strictement rien de ces rayons,
il décide de les appeler les rayons X.
Et donc, en 1896, les rayons X, c'est un petit peu le truc à la mode.
Et donc, un petit peu, tous les doctorants se jettent dessus, si vous voulez.
Mais en 1896, une autre sérendipité pointe son nez.
Henri Becquerel, celui-là même qui avait été battu par Gabriel Lippmann
aux élections pour rentrer à l'Académie des sciences,
mais vous inquiétez pas, il a fini par y entrer en 1889.
Henri Becquerel, donc, travaille sur la lumière.
Son doctorat en 1888, c'était sur le sujet de l'absorption de la lumière.
En 1896, donc, voilà, Henri Becquerel, il fait ses travaux, il est content, ah là là...
Et il bosse sur la fluorescence des selles d'uranium.
Et là, il y a son pote Henri Poincaré,
parce que le monde est tout petit, qui lui dit,
« Hé, mais attends, ton expérience, là,
tu devrais checker s'il n'y a pas un lien, peut-être,
avec ce machin avec des rayons X.
Tu sais, le truc dont tout le monde parle et qui a été découvert par un mec
dont le nom a beaucoup trop de consonnes qui se suivent. »
Alors, Becquerel va mettre des selles d'uranium à côté d'une plaque photographique,
mais constate, sérendipité, que la plaque est impressionnée.
Genre, la plaque, elle dit, « Bigre ! Quelle selle ! »
Un peu comme si les selles d'uranium
émettaient eux-mêmes un rayonnement
qui aurait impressionné la plaque.
Émettait un rayonnement sans avoir besoin d'être excité par la lumière du soleil.
C'est ça, le truc important.
Oui, parce que c'est ça, normalement, la fluorescence.
La fluorescence, c'est...
Vous balancez, par exemple, de la lumière du soleil sur un truc fluorescent,
et ensuite, quand vous enlevez la lumière du soleil,
eh ben, ce truc restitue la lumière qu'il a emmagasinée.
En gros.
Eh ben, là, non !
Là, avant même d'exciter les selles d'uranium avec la lumière du soleil,
boum, ils se mettent à impressionner la plaque.
Et Becquerel appelle ce phénomène « hyperphosphorescence ».
Mais il aurait tout aussi bien pu l'appeler « mégaphosphorescence »,
ça aurait été exactement la même.
Et annonce sa découverte le 2 mars 1896,
soit quelques jours à peine avant l'annonce d'une découverte similaire à Londres,
par Sylvanus Thomson.
Loser !
Bilan, on connaît le nom de Becquerel,
et personne n'en a rien à branler de Sylvanus Thomson.
C'est la vie !
Donc, pour en finir avec le contexte,
découverte des rayonnements de l'uranium,
qu'on appelle à l'époque des « rayonnements uraniques »,
parce qu'on est persuadés
que c'est le seul élément qui est capable de tel rayonnement.
Marie Curie se lance donc dans son doctorat,
et plutôt que de s'intéresser aux rayons X, comme tout le monde,
elle va s'intéresser aux rayons uraniques.
Elle va rapidement découvrir qu'il y a au moins un autre élément
qui est capable du même phénomène, c'est-à-dire le thorium,
et donc s'en est fini du nom de « rayonnement uranique »,
qui n'a plus vraiment de sens,
et elle décide d'appeler ce phénomène « radioactivité ».
C'est un rayonnement actif,
l'élément émet activement un rayonnement.
La radioactivité.
Sur le principe, Marie Curie s'intéresse à ce qu'on appelle
les rayonnements ionisants.
Un rayonnement ionisant, c'est, comme son nom l'indique,
un rayonnement qui, en traversant la matière,
produit des ions.
On va en parler un peu plus dans le détail par la suite,
mais juste pour l'instant,
dites-vous simplement que
radioactivité égale rayonnement ionisant.
Donc, Marie met au point un protocole
pour expérimenter sur les capacités ionisantes des selles d'uranium,
et elle l'utilise pour se faire un électromètre piézoélectrique
conçu par son mari Pierre Curie
et par le frère de celui-ci, Jacques Curie.
Autant vous le dire de suite, les Curies dans la science,
c'est comme les Bernoullis dans la science.
Ils sont pleins, ils sont tous dedans,
et ils ont tous fait des trucs de ouf.
Voilà.
Donc, Marie étudie plein de matériaux et de selles
contenant des selles d'uranium, et elle va démontrer
que la quantité de rayonnement ne dépend que de la quantité d'uranium.
Et ça, ça va lui permettre de démontrer que ce rayonnement
n'est pas le résultat d'une réaction chimique au sein du matériau,
mais bien une propriété intrinsèque
de ces selles d'uranium.
Une propriété physique de l'atome d'uranium lui-même.
Elle présente ses résultats à Gabriel Lippmann à l'académie en 1898.
Elle gagne pour ces travaux-là le prix,
je ne sais pas si ça se prononce Gagné ou Gagnère,
en tout cas, elle gagne ce prix-là, ainsi que les 4 000 francs assortis.
A noter que ce prix, elle le regagnera deux ans plus tard en 1900,
et encore deux ans plus tard en 1902.
Mais donc, en 1898, Pierre, son mari,
lâche ses travaux sur la piézoélectricité
pour travailler avec sa femme.
Ensemble, ils font financer l'import de quelques tonnes de Pechblende,
ça paraît, je ne sais pas si je le prononce bien ou pas,
mais de Pechblende, en provenance de Bohème.
Et alors, le Pechblende, on le connaît également sous le nom Uranénite.
C'est un minerai d'uranium.
Bref, leur idée est de détecter tous les éléments
qui, comme l'uranium, sont radioactifs.
Alors, il faut savoir que le raffinage, c'est une énorme tannée
qui demande beaucoup de précision,
et donc, ils font ça dans un hangar qui est collé à leur atelier.
Oui, ils ont été à proximité du matériau radioactif
pendant pas mal de temps.
On aura l'occasion de revenir dessus et de rappeler que ce n'était pas une bonne idée.
Spoiler !
Et en juillet 1898, le 18 juillet,
Marie Curie annonce la découverte d'un nouvel élément radioactif,
le polonium.
400 fois plus radioactif que l'uranium.
Et bien sûr, ça s'appelle polonium en hommage au pays d'origine de Marie Curie,
donc de la Pologne.
Tu dirais évidemment.
Et le 26 décembre 1898, nouvelle découverte,
mais juste pour qu'on soit clair sur la façon dont le couple bosse sur les minéraux,
voici ce que dit le chimiste allemand Wilhelm Oswald
après avoir visité les lieux.
Ce laboratoire tenait à la fois de l'étable et du hangar à pommes de terre.
Si je n'y avais pas vu des appareils de chimie,
j'aurais cru qu'on se moquait de moi.
Il travaille sans chauffage, dans des conditions de merde,
simplement porté par la volonté de découvrir des trucs.
Et donc le 26 décembre, Marie Curie annonce la découverte d'un nouvel élément radioactif,
un million de fois plus radioactif que l'uranium.
Un million de fois.
Un élément tellement radioactif qu'il est évident pour Marie
que ça doit être son nom, en fait.
Son nom doit notifier le fait que le truc est radioactif.
Pendant un temps, elle pense l'appeler radioactome,
puis finalement, sur les réseaux, elle appelait simplement le radium.
C'est plus mieux.
Et il faudra 4 ans à Marie Curie pour obtenir un décigramme de chlorure de radium,
ce qui lui permettra de positionner l'élément dans le tableau périodique des éléments.
Vous vous rappelez, Mendeleïev, tout ça ?
En juin 1903, donc l'année d'après,
elle soutient sa thèse en sciences physiques,
recherche sur les substances radioactives,
et obtient la mention très honorable.
En décembre de la même année, elle obtient avec son mari,
ainsi qu'avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique,
en reconnaissance de leur service rendu par leur recherche commune
sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel.
Et de 1.
Inutile de vous dire qu'à l'époque, il y a beaucoup de personnes que ça a...
gentiment saoulé, on va le dire comme ça,
l'idée qu'une femme puisse obtenir non seulement un prix Nobel,
mais qui plus est, un prix Nobel de physique.
Parce que, à l'époque, du moins, comment dire,
le prix Nobel de physique, c'est un peu le must des prix Nobel.
Voilà.
Enfin bref.
Alors non pas enfin bref, voilà.
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à l'origine, l'Académie des sciences
avait uniquement suggéré les noms de Henri Becquerel et Pierre Curie
pour recevoir le Nobel.
Et Pierre Curie, il en a entendu parler par quelqu'un de Stockholm,
et puis il a poussé une énorme gueulante
pour dire que c'était un scandale que sa femme soit pas
nommée comme lauréate avec lui, quoi.
Et juste qu'on soit clair, il a pas fait ça par amour pour elle.
Enfin, sans doute aussi.
Mais je veux dire, il a surtout fait ça parce que
ses découvertes en question,
ce sont les siennes à elle !
Ses découvertes, c'est elle !
Merde !
Dans les années qui suivent,
Marie obtient diverses prises et médailles parce que...
parce que bien sûr.
Ah oui, et j'oublie, en 1897, elle donne naissance à Irène,
leur première fille,
et en 1903, à Ève, leur seconde.
Irène qui aura le prix Nobel de Chine en 1935.
Hein ?
Ouais.
Alors, je veux pas aller plus vite que la musique non plus,
mais juste,
quand on est à une époque où c'est très compliqué
pour une femme de faire des études supérieures,
on se retrouve avec une femme
qui va finir par avoir deux prix Nobel,
et dont la fille va en avoir un également,
on se dit que c'est quand même une famille
un peu particulière.
Suite à l'obtention du Nobel,
Pierre est nommé à la tête d'une nouvelle chaire de physique
à la faculté des sciences de l'Université de Paris,
fait construire un laboratoire dédié aux certificats PCN.
Le certificat PCN est un certificat d'études physiques,
chimiques et naturelles,
qui est un certificat d'études préparatoires
Laboratoire qui sera dirigé par Marie,
qui devient de ce fait la première femme directrice d'un laboratoire universitaire.
Elle le dirigera jusqu'à sa mort en 1934,
et y accueillera des femmes sans aucune forme de discrimination.
Ni positive, ni pas positive, ni rien.
En 1906, le 19 avril,
Pierre est renversé par une voiture à cheval
et décède des suites de cet accident.
Le 1er mai 1906,
Marie est nommée première femme professeure à la Sorbonne,
en remplacement de son mari,
et donnera son premier cours magistral le 5 novembre.
Il y a d'ailleurs une plaque à l'entrée de l'amphithéâtre Lefebvre
qui commémore cet événement.
Comme c'est la première fois que c'est une femme,
et qu'en plus elle a un prix Nobel,
il y a du monde dans la salle,
et notamment il y a des journalistes,
et parmi ces journalistes,
un journaliste du journal,
LE journal,
et je ne peux pas résister à l'envie de vous citer ce qu'il a écrit.
Une grande victoire féministe que nous célébrons en ce jour,
car si la femme est admise à donner l'enseignement supérieur
aux étudiants des deux sexes,
où sera désormais la prétendue supériorité de l'homme mâle ?
En vérité, je vous le dis,
le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains.
Voilà, voilà.
En 1910, il y a plusieurs choses qui vont se passer d'importance,
on va dire, inégales.
Déjà, Marie parvient à isoler un gramme de radium pur,
sous forme de métal,
et elle publie son traité de la radioactivité.
Par ailleurs, à l'époque, la France est encore secouée par l'affaire Dreyfus,
et Marie Curie fait partie d'un cercle de scientifiques Dreyfusards,
ce qui va, non seulement, déjà, d'une part,
lui coûter vraisemblablement sa place à l'Académie des sciences...
Alors, juste pour la forme, là, parce que c'est peut-être pas clair tel que je le dis,
elle n'était pas membre de l'Académie des sciences.
Mais elle avait postulé.
Mais on lui a préféré quelqu'un d'autre.
Un homme, déjà, mais surtout un homme bien conservateur.
Donc, elle a sa place à l'Académie des sciences,
mais également, qui va pousser la droite nationaliste à révéler
un scandale la concernant.
En 1910, Marie entame une liaison avec Paul Langevin.
Celui des jumeaux de Langevin.
Et, encore une fois, je sais pas dans quel ordre vous regardez les vidéos,
dans quel ordre les vidéos sortent, etc.
Mais, voilà, dans les vidéos de cette année, il y a une vidéo sur Paul Langevin.
Paul Langevin, qui est alors en instance de divorce.
Donc, juste, je résume.
Marie Curie est veuve depuis plus de 4 ans.
Paul Langevin est marié, mais en instance de divorce.
Par ailleurs, dans les milieux autorisés,
on commence de plus en plus à prononcer régulièrement le nom de Marie Curie
pour le prochain prix Nobel de chimie.
Et pour certains, ça commence à faire beaucoup.
Et donc, voilà ce qui va se passer.
Le beau-frère de Paul Langevin, donc le frère de sa femme,
vole dans l'appartement Langevin.
Les courriers échangent entre Paul et Marie.
Ses lettres sont publiées dans des journaux.
Et là, boum, scandale.
Juste pour situer, ses lettres sont publiées juste après le premier congrès de Solvay.
Congrès de Solvay, auquel non seulement Marie Curie participe,
mais est la seule femme à participer.
Congrès auquel également Paul Langevin participe.
Ainsi que Einstein, Lorenz, Planck.
Enfin, que des pointures.
Et donc, on parle de plus en plus de cette Polonaise
qui vient briser un bon ménage français.
Donc voilà, ça sent pas du tout la xénophobie nationaliste et misogyne
à 200 mètres à la ronde.
Et à partir de là, la bataille va s'engager sur plusieurs fronts.
Vous allez voir, d'une part, des gens qui demandent purement et simplement
qu'on lui retire son premier prix Nobel.
Non ? Je sais pas ce que... Voilà.
Ça va bien, quoi.
Voir même qu'on la renvoie en Pologne.
Ah oui, parce que quand il s'agit d'être con,
il y en aura toujours un pour aller un peu plus loin que celui d'avant.
Je veux dire, ça c'est... On est OK.
Juste qu'on soit clair, le ministre de l'instruction publique
exprime lui-même le souhait que Marie Curie reparte en Pologne.
Il souhaite qu'elle y aille de son plein gré.
Enfin bon, l'esprit est le même.
Paul et Marie, de leur côté, ils nient l'effet.
Ce qui, déjà, à l'époque, était pas bon, c'était pas un truc à faire.
Bah ouais, je veux dire, ils ont les lettres, ils ont les lettres.
Mais surtout, il commence à y avoir énormément de pouches
pour qu'à minima, Marie ne reçoive pas ce nouveau prix Nobel de chimie.
Notamment, et ça vous allez comprendre pourquoi je suis obligé d'en parler,
elle avait, avant le scandale, le soutien d'un Suédois.
Soutien qu'elle perdra après le scandale.
Ce chimiste suédois, j'en ai déjà parlé sur la chaîne.
Il y a dix ans.
Il y a dix ans, j'en ai parlé sur cette chaîne.
C'est le même chimiste suédois qui a fait le nécessaire
pour que Mendeleïev n'obtienne jamais de prix Nobel.
Et ce chimiste, c'est Svante Arhenius.
Je rappelle, Mendeleïev a été proposé au prix Nobel neuf fois entre 1905 et 1907.
Et il ne l'a jamais obtenu.
Mendeleïev qui avait violemment critiqué les théories d'Arhenius
sur comment le sel se dissout dans l'eau.
Et du sel, Arhenius n'en manquait pas.
Ah tiens, et ça me permet aussi de rappeler que,
donc voilà, c'est-à-dire que quand il était question que Mendeleïev obtienne un prix Nobel,
Marie Curie en avait déjà un.
Ça vous permet de repositionner les trucs temporellement parlant.
Mais donc voilà, Arhenius s'oppose à ce que Marie Curie obtienne le prix Nobel de chimie
à cause de sa relation avec Paul Langevin.
Le rapport avec la chimie, il faudra que quelqu'un me l'explique.
Et alors, il faut bien expliquer un truc.
C'est qu'à l'époque, évidemment, il n'y a pas de réseaux sociaux, il n'y a pas d'Internet, tout ça.
Mais le tout Paris, le Paris mondain, le petit Paris comme ça,
tout le monde se connaît et tout se sait.
Et le scandale de la liaison Langevin-Curie,
c'est vraiment du pain baigné pour tous ceux qui ne les aiment pas.
Mais pourtant, malgré tout ça, Marie Curie obtient un deuxième prix Nobel le 8 novembre 1911.
Le 8 novembre 1911, elle reçoit un télégramme qui lui confirme que c'est bon, ça y est, elle l'a.
En reconnaissance des services pour l'avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments,
le radium et le polonium, par l'étude de leur nature et de leurs composés.
Le comité Nobel lui fait savoir diplomatiquement que ce serait pas mal
si elle venait pas jusqu'à Stockholm pour aller le chercher,
parce que sinon ça va jaser et tout.
Pas les couilles, elle va à Stockholm rechercher son prix le 10 décembre 1911.
À ce moment de l'histoire, Marie Curie est la seule personne,
la seule personne, hommes et femmes confondus,
à disposer de deux prix Nobel scientifiques.
Et j'ajoute qu'encore à ce jour,
elle est la seule personne,
le seul être humain à avoir reçu deux prix Nobel
dans deux disciplines scientifiques différentes.
Un en physique et un en chimie.
Et pour parfaire le truc, en 1911,
elle est seule lauréate,
elle ne partage pas son Nobel avec qui que ce soit.
Oui, on va être clair.
Marie Curie, elle est un cran au-dessus de tout le monde.
Tiens, et puisqu'on en est aux histoires de famille,
petite anecdote.
Marie a donc une fille qui s'appelle Irène,
qui va avoir un prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari Frédéric Joliot Curie.
On est bien d'accord, le mec s'appelle Frédéric Joliot,
mais quand il épouse Irène Curie,
donc elle, elle s'appelle Irène Joliot Curie,
mais lui aussi, du coup, il s'appelle Frédéric Joliot Curie.
Parce que dans le monde de la chimie,
mais également dans le monde des sciences en général,
le nom de Curie est un nom qui déchire sa mère par grappe de douze.
Ça ne veut strictement rien dire, mais vous avez saisi l'intention.
Bref, Irène, la fille de Marie, 1935,
prix Nobel de chimie pour la synthèse de nouveaux éléments radioactifs.
Synthèse de nouveaux éléments radioactifs.
D'ailleurs, Marie a une autre fille, Ève,
qui n'aura pas de prix Nobel.
Mais son mari en aura un.
Prix Nobel de la paix pour l'UNICEF.
Les Curies.
Irène, donc, a participé au comité de vigilance contre le fascisme,
comité fondé par Paul Langevin.
Paul Langevin qui, par ailleurs, a été un de ses maîtres d'études.
Et Irène aura une fille qui s'appelle Hélène.
Je m'appelle Hélène.
Qui deviendra une scientifique du nucléaire,
parce qu'il y en a qui ont ça dans le sang, manifestement.
Et donc là, l'anecdote familiale dont j'ai déjà parlé,
mais je vais en reparler ici, parce que voilà, pourquoi pas.
Hélène, donc, au moment où j'écris cet épisode, âgée de 96 ans,
a fait des études de chimie.
Elle est sortie majeure en 1949
de l'École Nationale Supérieure de Physique et de Chimie Industrielle de Paris,
le SPCI Paris Tech.
École dans laquelle Pierre et Marie ont découvert le radium.
École dans laquelle Frédéric, son père, a fait ses études.
Et école dans laquelle elle rencontrera un physicien nucléaire
qui deviendra son mari,
syndicaliste et membre du parti communiste,
Michel Langevin,
le petit-fils de Paul Langevin.
Donc, la petite-fille de Marie Curie et le petit-fils de Paul Langevin se sont mariés.
Et donc, je vais répéter ce que j'ai déjà dit,
mais je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer qu'un jour, ils étaient au pieu
et qu'ils se sont dit, est-ce que tu crois que ton papy faisait ça à ma mamie ?
Je n'ai même pas honte, vous savez.
En tout cas, voilà, c'était l'anecdote familiale des Curies.
En 1911, on découvre que Marie a une maladie des Reims,
que ces médecins analysent comme étant le résultat de stress et de fatigue
causé par l'année qui vient de s'écouler et qui ont dû éprouver Marie.
Oui, alors là, pour le coup, on ne peut pas vraiment leur en vouloir
de ne pas avoir, à l'époque,
compris les effets de la radioactivité sur le corps humain.
Sous l'impulsion du directeur de l'Institut Pasteur,
est créé l'Institut du radium,
qui sera par la suite renommé Institut Curie,
avec dans l'idée d'utiliser le radium conjointement au rayon X
pour lutter contre le cancer.
Puis, la Première Guerre mondiale éclate et donc, globalement,
tout s'arrête le temps d'eux.
Mais Marie s'engage pendant la guerre,
notamment pour aider à fabriquer des appareils de radiologie mobiles
en utilisant le système de roentgen monté dans des voitures,
ce qui permet d'aller directement sur les champs de bataille
pour diagnostiquer les blessés sur place.
D'ailleurs, en 1916, elle passe le permis de conduire
pour pouvoir aller elle-même sur le terrain.
Elle sera d'ailleurs suivie par sa fille Irene, alors âgée de 19 ans.
Après la guerre, l'Institut du radium,
qui se contentait jusque-là d'enseigner la radiologie,
se met enfin à faire ce pour quoi il a été conçu.
Et Marie y est assistée par Irene.
Mais l'Institut n'a pas d'argent.
Sauf que, sauf que les Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, et alors qu'on commence à penser que le radium
est peut-être utile pour lutter contre le cancer,
on se dit que c'est sans doute parce que le radium
a énormément de vertus pour la santé.
Je précise tout de suite que toute ressemblance,
avec la façon parfois un peu légère
que le monde du cosmétique a de s'approprier
des découvertes scientifiques auxquelles il ne comprend rien,
elle n'est pas du tout fortuite.
C'est toujours la même chose.
Donc, aux USA, on commence à mettre du radium
dans des crèmes rajeunissantes, dans des cigarettes, etc.
Le bon côté des choses, si j'ose dire,
c'est que les USA apprennent à industrialiser l'extraction du radium.
Avec les procédés de Pierre et Marie Curie, donc.
Donc, l'institut du radium n'a plus un rond,
mais grâce à une association de femmes américaines,
100 000 dollars sont récoltés en 1921 pour acheter un gramme de radium
à l'usine de radium à Pittsburgh, en Pennsylvanie.
Bon, la femme, malheureusement, on la connaît,
à partir des années 1920,
sa santé va se dégrader progressivement,
de plus en plus.
Marie commence à se dire,
peut-être que ces matériaux qui rayonnent en permanence
et auxquels j'ai été exposé la plus grande partie de ma vie
ont quelque chose à voir avec cela.
Elle finit par développer une leucémie
et décède le 4 juillet 1934.
Voilà, et pour la petite histoire,
Pierre et Marie Curie ont refusé la Légion d'honneur
parce qu'ils ne voyaient pas l'intérêt.
Même si Marie l'aurait acceptée après la guerre
pour son comportement pendant la guerre,
puisqu'elle a participé à l'effort de guerre
avec ses machines de radiologie mobile, etc.
Et elle repose aujourd'hui avec son mari au Panthéon,
et c'est bien normal.
D'ailleurs, son entrée au Panthéon a été effectuée
sous la présidence Mitterrand en 1995
et en présence du président polonais d'alors, Lech Walesa.
Alors, on m'a parlé d'un truc que j'ai vérifié depuis,
et c'est vrai, voilà.
Pour éviter tout risque d'irradiation résiduelle,
le cercueil de Marie Curie contient une couche de plomb
entre deux épaisseurs de bois.
Ah, et il y a un biopic qui est sorti en 2019 sur sa vie
avec Rosamund Pike,
qui joue le rôle de Marie Curie.
Je ne l'ai pas vu, je ne sais pas ce qu'il vaut.
Il y a aussi les palmes de M. Schultz.
De mémoire, ce n'était pas mal.
Voilà, je ne pense pas avoir véritablement appris
quoi que ce soit à qui que ce soit.
Je veux dire, son histoire est largement connue,
reconnue et fait partie du patrimoine.
Pour ceux qui se rappellent des francs,
avant les euros,
Marie Curie était sur les billets de 500 francs.
Elle avait remplacé Blaise Pascal.
Ce n'est pas rien.
Non seulement c'est une des femmes scientifiques
les plus brillantes de l'histoire,
non seulement c'est une des femmes
les plus brillantes de l'histoire,
mais c'est une des personnes
les plus brillantes de l'histoire,
mais femme confondue.
Je veux dire, ce niveau-là, c'est insensé.
Et on va être clair immédiatement.
Je veux dire,
oui, Irène a dû grandir dans l'ombre de ses parents.
Mais putain, elle a envoyé du lourd quand même aussi.
Vous savez quoi ?
C'est peut-être ça la conclusion de cet épisode.
Mais parce que l'épisode est fini.
Likez, partagez, abonnez-vous.
Tout ça, vous savez.
Un immense merci à Baptiste de la chaîne
Alors attention, c'est « Parlons Histoire »,
« Histoire » avec un Y.
C'est super étrange en fait.
Je ne sais pas pourquoi,
pas écrit normalement.
C'est comme si moi, j'avais écrit « Y pense ».
Baptiste donc de la chaîne YouTube « Parlons Histoire »,
le lien dans la description.
C'est une chaîne que je vous conseille.
Voilà, les vidéos sont excellentes.
Et il a manifestement pas le nombre d'abonnés
qu'il devrait avoir
avec le contenu qu'il propose.
Excusez.
Réveillez-vous un peu, putain.
Et le hasard du calendrier fait bien les choses
puisqu'il y a quelques jours à peine,
il a sorti ce bouquin-là.
Aux éditions Larousse.
Qui s'appelle donc
« Décrypter les grands enjeux géopolitiques du XXIe siècle ».
C'est un beau bouquin.
C'est un bouquin illustré.
Donc, même pour les teubés d'entre vous,
normalement ça va.
C'est un beau livre.
Donc, pour votre culture personnelle
mais aussi, pourquoi pas,
comme cadeau de Noël,
de cadeau d'anniversaire,
cadeau de...
Est-ce que vous voulez un cadeau de rupture ?
Oui ? Pourquoi pas ?
Faut innover un peu.
Écoute, il faut qu'on parle.
Je ne t'aime plus.
Tiens.
Je ne sais pas.
Ce n'était pas écrit, ça.
Mais bon.
Bref.
Merci à Baptiste d'avoir participé à cet épisode.
Allez voir sa chaîne, je vous assure.
Et puis, renseignez-vous sur le bouquin.
Je vous assure que ça vaut le coup.
Voilà.
Et...
Voilà.
Mais la conclusion de cet épisode,
c'est peut-être ça.
C'est...
Marie Curie fait tellement partie du décor
qu'on ne prend même plus,
de temps en temps,
quelques minutes pour y penser.
Alors,
restez curieux.
Et si ce que vous allez dire est moins beau que le silence,
bah taisez-vous.