Aujourd’hui, je papote avec @learenard.ceramic de son parcours, de couleurs, de textures, d’inspiration 🧡. Elle nous partage sa méthode pour obtenir des couleurs vives et contrastées. Bonne écoute !! Pour suivre le Bol : www.le-bol.fr www.le-blog-du-bol.fr Pour suivre Léa Renard : https://www.lea-renard.com/
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Le Blog du Bol est un blog sur la céramique où tu découvriras des articles sur le tournage, le modelage, le matériel du céramiste, l'émaillage, mais aussi des interviews et des infos sur les formations possibles pour ce bel artisanat qu'est la céramique. https://www.le-blog-du-bol.fr/
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Titre: Paris La Nuit Auteur: A Virtual Friend Source:
Salut Léa, c'est bon, c'était là dans le bon sens.
En tout cas, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui et bravo pour ton travail qui mérite vraiment d'être reconnu.
Aujourd'hui, on va parler un petit peu de toi, on va parler aussi de tes pièces, on va parler aussi de tes émots.
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter, présenter ton parcours à la céramique ?
Est-ce que c'est une première voie, est-ce que c'est une reconversion ?
Comment est-ce que tu aimes pratiquer la céramique aussi ?
Déjà merci de la proposition pour cette petite vidéo, c'est très sympa.
Moi, en fait, ce n'est pas la première voie, parce qu'à la base, j'ai un master de sociologie, donc rien à voir.
Après quoi, j'ai travaillé en Allemagne et c'est là où j'ai un peu bifurqué vers la céramique, au sens où j'en faisais de manière amateur,
mais où c'est devenu de plus en plus prémiant dans ma vie.
Et ce qui est difficile en France, je trouve, quand on commence un cursus scolaire, c'est que c'est soit la pratique manuelle, soit la pratique intellectuelle,
et que si tu es un peu intellectuel, on ne va pas du tout te porter vers tes réflexions manuelles.
Donc moi, comme j'avais un peu les deux, j'ai d'abord fait mon truc de sociologie, après j'ai dit non, mais en fait, pas du tout.
Et donc, je me suis formée à la céramique au CNIFOP en 2018, donc une première année de tournage vraiment technique,
où on apprend pendant un an à tourner des bols, des tasses, des tilières.
Et après, j'ai enchaîné avec la maison de la céramique.
Amixem, c'est un an où tu as un mentor qui te suit, c'est ça ?
Oui, c'est ça.
Tu as un tuteur ou une tutrice, et l'idée, c'est que tu as des workshops toutes les semaines avec des céramistes de France et d'Europe,
qui viennent un peu t'apporter leurs techniques, et à travers cet apprentissage, après, petit à petit, tu crées un peu ton univers.
Et ça, ça a été un peu révélateur, parce que moi, je ne pensais pas du tout faire de la sculpture à ce moment-là.
Et en fait, petit à petit, je suis tombée dedans, et je n'avais plus envie de faire autre chose.
Et donc, les cinq derniers mois à la maison de la céramique, tu prépares vraiment ton expo perso.
Et voilà, j'ai commencé à esquisser un peu le travail que j'ai aujourd'hui.
Alors, on a une question, tu vas y répondre, et je donne aussi mon point de vue, c'est comment débuter en tant qu'amateur ?
Eh bien, comment débuter, tu veux dire comment t'installer ?
Je pense comment débuter la céramique en tant qu'amateur.
Comment débuter la céramique en tant qu'amateur, c'est par le plaisir, c'est-à-dire que plus tu prends plaisir à faire…
Et aussi, moi, ce que je regrette presque de ma pratique d'amatrice du début, c'est aussi une certaine naïveté, un truc très agréable.
Tu fais, tac, tu trouves ça beau, et ça, c'était quand même très, très plaisant dans les débuts.
Ce qu'aujourd'hui, j'ai encore parfois, mais où maintenant, mon œil, il est aiguisé, il fait qu'il est aussi plus sévère.
Et ça, c'est vrai que c'est un truc que moi, j'aurais aimé garder comme un peu un truc de l'enfance.
Tu gardes une spontanéité qui arrive encore, heureusement, dans ma pratique.
Mais en tout cas, moi, je trouve que quand tu commences en tant qu'amateur, c'est ça qui est trop chouette.
C'est te laisser un peu porter par ce qui est fait.
Et donc, oui, après, où on va chez un professionnel ? Où est-ce qu'un atelier matériel ?
Tu pourras trouver… Envoie-nous un message, je te répondrai.
Mais tu as des revendeurs comme Sigalifumi, Ceradel ou d'autres pour aller trouver sur l'argile et ainsi de suite, pour aller trouver son matériel.
Donc, toi, tu as commencé par la sociologie.
D'ailleurs, tu pourrais… C'était Flora Bajard, la sociologue qui s'était penchée sur la céramique.
Oui, mais après, c'est autre chose. Moi, je ne fais pas de la céramique pour l'étudier, pour l'instant en tout cas.
Donc, toi, tu as commencé là-dedans. Tu t'es formée à la pratique, au tournage en série.
Et puis après, tu as trouvé ta créativité.
Aujourd'hui, qu'est-ce que tu utilises comme technique dans ton atelier ?
Est-ce que tu es restée sur le tournage ? Est-ce que tu es partie plutôt sur le modelage ?
Et comment… Tu as quand même un travail qui est hyper bossé.
Comment est-ce que tu travailles ces deux ?
Du coup, moi, je travaille encore un peu le tournage, mais c'est devenu plutôt une technique parallèle.
C'est-à-dire que j'ai plutôt une palette de techniques.
Et après, quand j'ai une forme en tête, je me dis « OK, qu'est-ce que je vais utiliser dans cette palette de techniques pour la faire ? »
Donc, je n'ai pas trop une technique de prédilection aujourd'hui,
mis à part que j'adore faire des formes au colombin.
Mais après, j'ai plein de techniques que j'utilise, que j'ai apprises dans des stages.
J'ai des vieux petits à la borne qui font des trucs incroyables.
Et le tournage, ça me sert encore, mais plutôt dans des petites formes,
quand j'ai besoin vraiment de créer des choses très symétriques, justement.
Et comme je n'aime plus trop cette symétrie du tournage, je suis partie vers autre chose.
Toi, qu'est-ce que tu utilises comme terre ?
Est-ce que tu es restée sur le grès comme tu faisais à Saint-Amant ?
Est-ce que tu es partie explorer la porcelaine parce que tu as mis les couleurs vides ?
Alors, je travaille le grès, mais qui n'est pas le grès de Saint-Amant.
Je travaille un grès qui s'appelle le grès de Bayet,
qui est une terre qui est faite dans le centre de la France.
C'est en fait une terre de verrier à la base.
Je crois qu'il coule le verre dans des espèces de creusets dans cette terre,
parce qu'elle est très rétractaire.
Et en fait, au début, comme j'ai commencé à faire de très grosses formes,
j'ai essayé ce grès qu'on conseillait justement pour sa capacité à tenir, à supporter, à ne pas s'effondrer.
Et en fait, je suis restée avec ce grès parce qu'il est super.
Il se modèle très bien.
C'est super agréable.
Je n'arrive plus à revenir au cul.
Ok, c'est un peu un tips.
On a eu plein de questions, soit sur tes émaux,
soit sur les couleurs que tu as choisis partie,
alors que ce n'était pas forcément la tendance il y a quelques années.
C'était vraiment la tendance à la sobriété de prendre partie de la couleur.
Comment est-ce que tu arrives à avoir des couleurs aussi vives que ça avec du grès ?
Du coup, justement, je travaille le grès.
Mais quand j'ai envie d'avoir des couleurs très vives,
je travaille des émaux avec une forte base de porcelaine.
Ce qui fait que ça fait ressortir soit les colorants, soit les oxydes.
Et puis après, selon les familles d'émaux, il y a aussi des émaux qui permettent,
typiquement les MyGloup que j'utilise aussi.
Enfin, la famille des émaux Gloup,
c'est des émaux très magnésiens qui font que quand tu mets du colorant dedans,
ça rend aussi beaucoup plus vif les couleurs.
Ça rend très bien les couleurs.
Après, c'est aussi...
En fait, c'est toujours des questions d'équilibre.
Et d'utiliser les bonnes matières.
Parce qu'il y a des colorants qui,
si on les chauffe trop fort, ils disparaissent.
Ça, ça arrive.
Donc voilà, c'est du test.
C'est toujours de l'expérimentation.
Et moi, l'idée, c'est que je pars d'une envie.
Je me dis que j'ai envie d'avoir un rose flash.
Bon, ça, je ne l'ai jamais vu.
Et donc, je cherche dans cette direction.
Donc, les premiers essais, c'est moche.
Et souvent, ce n'est pas rose.
Mais voilà, c'est de la recherche petit à petit.
Tu mets combien de temps à peu près pour mettre au point chacun de tes émaux ?
Là, ça fait un moment.
Je n'ai pas refait de session de recherche depuis cette année
parce que ça s'est enchaîné les expos.
Donc, je suis restée sur les émaux que j'avais.
Mais généralement, je me donne des périodes d'un mois
où je ne fais que de l'émail à l'atelier.
Donc, ça demande d'avoir du temps.
Souvent, c'est l'hiver.
Je me dis que je me prends un mois.
Et de ces un mois, il ressort deux, trois émaux que j'aime.
Mais voilà, c'est du travail.
Franchement, la recherche d'émaux, nous, on en fait quand même régulièrement.
Mais c'est vrai que ça prend du temps.
Le moment où tu réfléchis ta recette,
tu ressors, tu te donnes après tes résultats.
Oui, oui.
Après, tu le testes en plus grand.
Et là, tu dis non.
L'émail, c'est un grain.
Et c'est pour ça que je trouve que le faire par phase, c'est pas mal.
Parce que tu te fais une bonne phase, c'est un grain.
Donc, tu en as un peu marre.
Mais après, tu peux justement utiliser ces émaux et aller vraiment au bout.
Donc, toi, tu joues sur les textures.
Donc, en fait, tu as souvent deux textures.
Tu as souvent un émail.
Je ne sais pas si c'est émail plutôt ou en gobe.
Et après, d'autres émails.
Comment est-ce que tu vas travailler les deux ?
Est-ce que tu vas les travailler de la même manière ?
Est-ce que c'est deux process différents ?
Oui.
C'est deux process complètement différents qui, à la base, étaient une erreur.
Parce que j'avais cette texture un peu mousse, là,
qui est sur certaines pièces mat,
qui n'est pas un émail ni un engobe.
C'est un peu entre les deux.
Ça s'appelle engobe vitrifiée.
Donc, c'est de l'engobe auquel on rajoute des fondants,
des matières qui font fondre,
ou un émail auquel on en enlève.
Donc, c'est vraiment de l'entre-deux.
J'avais cette texture,
et c'est une texture qui est très longue,
que je projette au pistolet.
C'est assez long à faire.
Et j'avais raté,
parce que j'étais restée un peu trop longtemps sur une partie.
Et puis, je m'étais dit,
ah non, c'est mort,
ça fait une heure que je suis en train d'émailler,
c'est hors de question que je recommence tout.
Et donc, j'ai caché la première fois,
avec un bout d'émail.
Je me suis dit, je vais mettre ça là,
on verra ce que ça donne.
En fait, la première pièce,
et là, je me suis dit,
wow, il y a un truc génial là-dedans,
mais ça part d'une erreur,
il faut que je l'avoue quand même.
Souvent, c'est ça,
c'est ce qui n'est pas maîtrisé,
même les plus belles choses.
Maintenant, ce qui est génial aussi,
c'est de trouver comment maîtriser
ce qui est arrivé par erreur.
Et c'est ça que j'aime faire
dans ces pièces-là,
ces pièces doubles.
Parce qu'il y a une part du four
qui donne quelque chose,
d'une certaine manière,
parce que du coup,
l'émail gloupe,
je le travaille en le séchant.
Je le fais comme un émail normal
et je le sèche et je le modèle.
Et donc, ça, ça fait que je choisis
un petit peu la courbe
qui va prendre,
mais je ne choisis jamais
la finalité totale.
Oui, après la fusion,
c'est la coulure.
Et comment tu fais pour protéger
tes plaques de four ?
Tu dégages tes plaques, non ?
Oui, mais les émeaux gloupes,
c'est une famille d'émeaux
qui se tiennent quand même bien.
Ce n'est pas les émeaux qui coulent
ou on en a partout dans le four
et c'est cata.
Là, c'est des émeaux qui se tiennent bien
et je mets juste de l'alumine
en poudre sur mes plaques.
Je mets vraiment une très fine couche
et après, ça se décolle très bien.
Je récupère l'alumine
parce que ça l'est chère
et je remets à chaque fois
de l'alumine.
Donc toi aujourd'hui,
tu réalises plutôt des pièces
sculpturales.
Comment tu vends tes pièces ?
Est-ce que tu vas plutôt
dans des salons ?
Est-ce que tu fais des marchés ?
Est-ce que toi, tu vends
plutôt en ligne ?
Je fais un peu de tout
mais je ne fais pas…
Je fais vraiment plutôt
des salons de céramique spécialisée,
de céramique contemporaine
ou en tout cas des salons
où je sais que les gens vont
connaître un peu
le monde de la céramique
parce que sinon,
déjà, les prix,
il faut les comprendre.
Et puis, il y a aussi
la question de la sculpture
qui est quand même
un gros délire à vendre
parce qu'on se dit
mais qui va acheter ça au début ?
Et en fait, c'est très chouette
parce que cette année,
il y a des marchés d'étupiniers
et en fait,
c'est quand même des espaces
où les acheteurs viennent pour…
C'est assez vaste en fait.
Il y a quelqu'un
qui fait de l'utilitaire très tradi
qui peut tout à fait bien le vendre
et quelqu'un qui fait de la sculpture
complètement chelou
qui peut aussi tout à fait bien le vendre
et ça, c'est assez chouette
parce qu'en plus,
ça permet la rencontre
entre potier et céramiste.
C'est aussi des moments très sympas.
C'est quoi pour toi la différence
entre potier et céramiste ?
Non, je disais potier et céramiste
pour inclure tout le monde
mais pour moi, il n'y a pas de différence.
C'est plutôt une différence dans l'esprit
où le potier serait le tourneur
et le céramiste plutôt le modeleur
mais en fait, pour moi,
il n'y a pas de différence.
C'est quelqu'un qui travaille la terre.
Et au niveau du public
que tu as entre les salons
c'est un peu pareil.
Là où c'est différent,
c'est quand c'est des expos
un peu plus privés.
J'en ai fait plusieurs cette année
où c'est plutôt chez des collectionneurs
où là, c'est des publics
peut-être moins avertis de céramique
mais avec des budgets aussi plus conséquents.
Par exemple, sur les marchés et les salons,
je vends très peu les grosses pièces
parce qu'en fait,
c'est quand même des choses de niche.
Dans les marchés,
il y a quand même
des plus petits budgets.
Oui.
Pour avoir repéré les petites pièces
et les réfléchir
avant de les acheter.
Oui, j'en avais discuté
au marché
sur un marché
où il y avait un carré sculpteur
avec une sculptrice
qui me disait que ça permet
d'avoir un premier contact
avant que les gens
proviennent vers toi sur ton site.
Il y a toujours un processus
de bon, est-ce que j'achète,
est-ce que je n'achète pas ?
Il y a le coup de cœur, bien sûr,
mais après, il y a aussi
un processus où tu sens que les gens
ont besoin de réfléchir
et de te revoir
et de revoir les pièces.
En fait, c'est sympa aussi
parce que ça fait qu'il y a des gens
qui reviennent assez souvent.
Là, par exemple, j'étais à Lyon
et il y a des gens de Toulouse
de l'année dernière
et ils en ont profité
pour faire des vacances.
À quoi ressemble une semaine
de Léa ?
Ça dépend des mois, ça !
C'est très variable
parce que c'est quand même
très dans des périodes
soit de rush,
donc je peux être non-stop
à l'atelier le week-end
et parfois je travaille aussi
le soir,
mais vraiment,
c'est l'intensité,
il faut lancer les fours
et ça dépend, je pense,
de qui on est,
mais moi, je suis une personne
qui travaille en dernière minute
souvent,
donc la céramique,
ça ne me permet pas trop ça,
mais ça fait que je suis
dans des périodes de rush
souvent.
Après, je reviens des expos
et je n'y vais pas
mais c'est tellement intense
en courir partout,
chargé, déchargé,
qu'en fait, il n'y a plus de créa
à ce moment-là,
donc il faut trouver le temps
de la créer parce que sinon,
tu perds l'envie.
C'est justement pour ça
que tu fais aussi ce métier,
c'est pour la création.
Aujourd'hui, est-ce que tu vis
de la céramique ?
Oui, ça dépend ce qu'on entend
par vivre,
parce que ce n'est pas la même vie
que moi, j'habite en campagne.
Attends de mon habitage.
Ah bon ?
Tu n'es pas à Paris ?
Non, pas du tout.
Je ne t'ai pas persuadée.
Asien, c'est quand même une ville.
En tout cas,
cette année, j'en ai vécu,
j'en vis,
j'en ai bien vécu.
Après, c'est toujours
une certaine précarité,
parce que ce n'est pas que
j'ai vécu un an,
j'ai vécu de la céramique,
mais je ne sais pas ce que ça sera
l'an prochain.
Ça, c'est quand même
à prendre en compte.
La céramique, la précarité,
ça te fait peur ?
Oui, en tout cas,
je pense que ça peut être huisant.
Après, je suis quand même
trop contente et je ne regrette
pas du tout.
Ça veut dire que ça vaut le coup.
Mais c'est sûr qu'on n'a pas
tout fait.
C'est quand même autre chose.
C'est quelque chose auquel
on n'est pas habitué.
C'est jamais acquis.
Il faut aller chercher les salons,
il faut candidater,
il faut créer des pièces en même temps,
être ton photographe,
faire tes photos,
faire un peu ton Insta pour dire
« Coucou, je suis là ».
Mine de rien, c'est énormément
de travail par rapport
effectivement aux financiers.
Tu as fait
toute cette partie séchage.
Combien de temps
tu prends
pour la conception d'une pièce
et comment tu gères aussi
toute cette partie séchage ?
En fait, je ne sèche pas les pièces.
J'essaye de bosser en…
Je crée plusieurs pièces en même temps
quand je fais du gros.
Souvent, je crée trois pièces.
Si j'en fais plus,
il y en a une qui lâche
parce que je n'arrive pas à suivre.
Quand j'avance une pièce
de par exemple trois colombins,
je vois qu'elle est un peu fébrile
et tout, je passe à une autre.
Et puis, j'échange comme ça
à longueur de temps.
Je ne pourrais pas dire
combien me prend une pièce,
mais c'est plus…
Généralement, je dirais
que je prends une semaine,
deux semaines à faire trois pièces,
à mener trois pièces de fond.
Après, il faut que tu les laisses
sécher lentement.
Parfois, juste avant les expos.
Et donc, je mets parfois
à bassiner dans le four.
Je fais sécher un peu dans le four
très lentement.
D'accord. Nous, on utilise ça
pas mal aussi au studio.
Pour les pièces qui craignent
un petit peu et souvent,
on laisse dix heures à peu près
à 40 degrés.
On évite les gros dégâts.
Quand tu as une pièce
qui pète dans le four,
ce n'est pas drôle.
Quand tu n'as qu'une pièce
qui est touchée,
déjà, ce n'est pas mal.
Si quelqu'un veut se lancer
dans les textures et les couleurs
comme toi,
qu'est-ce que tu conseillerais
que ce soit au niveau
des matériaux de base,
même au niveau des techniques
d'application de l'émail,
comment faire ?
Qu'est-ce que je conseillerais ?
En fait, je n'ai pas de conseil
direct au sens où je pense
de dire, allez,
je me prends du temps
et je rentre là-dedans
et j'y vais et j'expérimente
parce que sinon,
on ne sort pas grand-chose.
Comment t'es montée ?
J'ai eu la formation
de Xavier Durosset
qui venait à la formation.
C'est un céramiste
du sud de la France
qui est un très bon émailleur.
Lui venait une fois par semaine
à la maison de la céramique
pour faire un peu le point
sur nos recherches,
on en est où, etc.,
et nous aider un peu
pour les directions.
Ce qui m'a permis maintenant
de me dire quand je fais
mes propres recherches,
là j'ai ça, ça ne marche pas,
qu'est-ce que je fais
pour essayer d'améliorer
cet émail ?
Et ça, c'est important
parce que sinon,
après, j'émaille au pistolet
et je trouve que c'est
une technique d'émaillage
qui demande du matériel.
Ça, c'est un peu chiant
parce que ça te rend dépendant
du matériel, mais en même temps,
ça donne un rendu
qui est quand même génial.
J'adore l'accumulation
justement de la matière
grâce au pistolet.
T'as pris quoi comme cabine
d'émaillage ?
Une cabine d'émaillage
pendant longtemps.
Et maintenant, j'ai une machine
à risodo que j'ai récupérée
d'un vieux potier qui arrêtait
son activité.
Et ça, c'est vachement bien
parce qu'en fait, quand même,
l'émaillage au pistolet,
c'est quand même beaucoup plus
toxique.
Donc, il faut vraiment,
je pense, un masque
et une cabine à risodo.
Mais bon, une cabine à risodo,
c'est un petit enrichissement.
Je me dis qu'à partir du moment
où on émaille au pistolet,
il n'y a plus le choix,
parce qu'en fait, tu ne vas pas
mettre ta santé en jeu.
C'est ça.
Là, au studio, on a une cabine
à risodo.
Chez moi, j'ai une cabine
bench photo
et avec une extraction d'air.
C'est un peu plus petit,
mais c'est vrai que ça prend
quand même de la place.
Quand on commence au pistolet,
elle a revendu direct,
parce que ce qu'elle aimait,
c'était les coulures
et les petites variations.
Mais moi, j'adore aussi.
Moi, je déteste les coulures,
du coup, je ne peux pas.
Et comme je ne suis pas
une très bonne émailleuse
en trempé,
c'est un très bon compromis.
Mais c'est vrai que
si tu aimes les coulures
ou alors si tu es très minutieuse
dans l'émaillage,
c'est la machine.
Quand ton compresseur est en panne,
c'est la panique.
C'est quand même des contraintes
qui se rajoutent.
Le pistolet,
il faut bien comprendre
comment tu dois réagir.
Je t'ai interrompue,
quel conseil donnerais-tu
à quelqu'un qui veut se lancer
dans les couleurs comme toi ?
Je lui dirais
d'aller faire un petit stage
d'émail d'abord
et de le mettre au maximum.
Je teste tout le temps
et même dès que j'ai un nouvel émail,
je le reteste avec toutes les couleurs
pour voir ce qu'ils donnent
parce qu'il y a des émeaux
qui ne marchent pas du tout,
c'est des beaux blancs
et si tu leur ajoutes de la couleur,
ils font une neige,
ce n'est pas très beau.
C'est vraiment tout le temps testé.
Je conseillerais d'être rigoureux
dans l'expérimentation.
Et toi, tu travailles plus
en proportion ?
Je travaille pour certaines couleurs
quand même avec des oxydes.
Par exemple, pour le rose,
je travaille avec le chrome,
pour les verts,
plutôt avec le cuivre,
enfin les bleus.
Je travaille quand même
plutôt avec les colorants
parce que ça permet des couleurs
que tu n'aurais pas du tout
et ça reste des oxydes mélangés,
c'est juste que ce n'est pas toi
qui fais les mélanges.
Moi, je fais tout le temps ça,
j'ai juste les couleurs un peu premières
des colorants de masse
et je fais les couleurs.
Par contre, je mets du bleu et du rouge
pour faire du violet
et ça, je trouve que du coup,
tu obtiens beaucoup plus les couleurs
que tu souhaites.
Parce que par exemple,
l'orange n'est jamais beau
si tu l'achètes tout fait,
je n'ai jamais trouvé.
En tout cas, merci.
Merci beaucoup pour tout ce partage.
Toi, l'année prochaine,
c'est quoi tes objectifs ?
C'est quoi tes grands rendez-vous ?
Là, en ce moment,
c'est la période quand même
plutôt en candidate.
Pour l'instant,
je n'ai pas toutes les réponses
mais je serai au Carré Sculpture
de Giroussins,
je ne sais pas si c'est bien.
Oui, j'imagine, comme tu disais.
Ça, c'est génial.
Après, je retourne au Tupiné à Lyon
pour faire aussi.
Et puis, j'ai une expo
chez une collectionneuse
qui est une expo ouverte
mais qui est dans le Pays Basque
en août et où j'étais déjà une dernière aussi.
C'est trop sympa.
Et c'était où dans le Pays Basque ?
C'est à Sarres,
un tout petit village très joli.
Ça permet de faire des vacances
et de voir de la céramique.
Oui, c'est magnifique.
En plus, il y a un marché qui est assez connu,
la Bastille de Clairance
qui est le colchon
Est-ce que tu pourrais nous partager
deux livres d'inspiration
ou deux films d'inspiration
en ce qui préfèrent ?
Oui, alors...
D'inspiration, je ne sais pas.
En tout cas, il y a un livre pour les émos
que j'aime beaucoup.
Comme on est aussi sur le thème
de l'image et de la texture,
c'est le livre de Mathès
qui est un gros livre
blanc qui a l'air assez indigeste
Et L'Oche de l'Ombre, je ne sais pas si tu connais,
qui est un petit livre d'un auteur japonais dont j'ai oublié le nom,
et en fait qui traite très bien du rapport à la lumière aussi,
du rapport à la matière, et moi je trouve que c'est trop chouette
justement quand on travaille les émaux et la texture,
de les réfléchir aussi en rapport à la lumière,
parce que c'est ce qui fait tout en fait.
Et que du coup, dans la façon d'exposer, dans la façon de créer,
ça vient jouer sur les pièces, sur ce qu'elles disent,
la manière dont elles communiquent.
Voilà.
L'élan du nom, c'est ce que ça s'appelle, mais je ne sais plus le nom.
Je regarderai.
Bonne soirée.
Eh bien merci pour tout.
Merci.
C'était top.
Et au plaisir de se croiser peut-être à des prochaines phrases du coup.
Merci à tout le monde d'avoir écouté.
Bonne journée.
Dernière question, en parlant d'inspiration,
est-ce que vous pensez que certaines de vos connaissances,
déjà dans le milieu artistique, vous ont influencé à devenir céramiste ?
Certaines de mes connaissances ?
Oui.
Mes connaissances des gens que je connais,
ou de mes connaissances, mes compétences ?
De tes connaissances des gens que tu connais ?
Ah oui, c'est sûr.
Oui, c'est sûr.
J'ai eu une coloc pendant très longtemps,
qui est une artiste qui s'appelle Léa Koul, qui est allemande,
qui est une super artiste,
et c'est grâce à elle, je pense, aujourd'hui que je suis céramiste.
Super.
Eh bien merci pour tout.
Avec plaisir.
Au plaisir.
Bye bye.
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