Neymar : Ses vérités sur le PSG, les supporters, le Brésil, sa blessure et son retour

RMCSport
43 abonnés
16 déc. 2024
Neymar était l'invité exclusif de l'émission de RMC "Bartoli Time", ce dimanche. Revivez l'interview complète de l'ancienne star du PSG qui évoque longuement ses six années dans la capitale.
Absolument incroyable. Neymar, tout d'abord, comment vas-tu ?
Est-ce que tu te sens bien et est-ce que tu seras bientôt de retour sur les terrains de foot ?
Moi je me sens bien, je me sens mieux.
Je suis retourné sur les terrains mais malheureusement je me suis encore blessé.
La chance que j'ai c'est que la blessure est moins importante aujourd'hui
et je pense être bientôt de retour.
Marion, Neymar, victime d'une blessure musculaire après deux matchs joués avec Al Hilal,
le champion en titre d'Arabie Saoudite.
Surtout Neymar, tu reviens d'un an d'absence lié à une rupture des ligaments croisés du genou
survenue avec l'équipe du Brésil en octobre 2023.
Comment tu as décidé de prendre la décision de venir ici jouer à Al Hilal
et de venir dans la ligue saoudienne ?
Est-ce que tu te plais beaucoup ici en Arabie Saoudite ?
J'ai décidé de partir du Paris Saint-Germain et cette proposition de rejoindre Al Hilal est arrivée.
J'ai eu la proposition juste après mon départ et la proposition d'Al Hilal m'a plu.
J'ai appris à connaître ce club, la culture locale, le championnat.
J'ai été très surpris de mon accueil ici et de la bienveillance des supporters.
Le championnat se développe, notre équipe également,
mais avec ma famille nous sommes certains d'avoir pris une bonne décision.
Neymar, il y a beaucoup de grands joueurs ici, dont toi et d'autres.
Est-ce que tu recommanderais à d'autres joueurs qui jouent pour l'instant les championnats européens
de venir ici jouer en Arabie Saoudite avec toi ?
Je suis vraiment très heureux ici et tous les joueurs qui veulent venir ici
sont surpris par le niveau ou encore certains aspects très positifs du championnat.
Malheureusement, Ney, il y a eu ta blessure au genou en octobre,
mais tu as aussi eu deux grosses blessures au pied.
Et à chaque fois, tu arrives à revenir très fort, encore plus fort.
Je pense notamment au Final 8 de la Champions League
où tu as ramené quasiment à toi tout seul le PSG en finale.
Comment tu fais pour avoir cette force intérieure ?
Je pense que c'est la mentalité.
Je pense que c'est avant tout une question de mental.
Une blessure, c'est toujours très compliqué à gérer pour un athlète,
surtout avec une blessure aussi sérieuse que j'ai eue.
Et revenir ensuite au niveau, c'est très difficile.
C'est pour ça que je dis que c'est vraiment une question de mentalité,
avec évidemment les personnes qui sont autour de toi pour t'aider.
Ce n'est pas facile, mais les personnes de mon entourage, ma famille, mes amis,
ils m'ont beaucoup accompagné.
Je pense même que ça m'a rendu plus fort
pour pouvoir récupérer et progresser mentalement.
Neymar nous accueille ici, en Arabie Saoudite, dans son club d'Al Hilal.
Neymar, tu as régalé le public français durant des années.
Question simple, reverra-t-on le grand Neymar ?
Bien sûr que je suis toujours passionné par le football.
Je suis assez d'accord quand on dit que mes années sportives au PSG
ont sûrement été les meilleures pour moi.
Mais ça a été aussi très triste pour moi parfois,
car j'avais beaucoup de blessures très graves,
qui pouvaient aller de 3 à 4 à 6 mois parfois.
Donc ça m'a beaucoup ennuyé.
Mais au niveau du football, au niveau sportif,
c'était le meilleur Neymar qu'ils ont eu dans l'ensemble de ma carrière.
Donc je suis content d'avoir pu proposer ça au football français, au français.
Mais d'un côté, il y a aussi ce sentiment de tristesse.
Je n'ai pas fait de saison entière.
Seulement l'année 2020, quand on va en finale de la Ligue des Champions.
Et c'était vraiment une très belle année quand j'y repense.
Je n'oublierai jamais ces moments, ils sont gravés dans mon cœur.
Neymar, j'aimerais évoquer un petit peu avec toi la Seleção.
Les deux derniers matchs de la Seleção n'ont pas été très bons.
Deux matchs nuls.
Il y a une Seleção sans Neymar, qui a beaucoup de difficultés.
Une Seleção bien meilleure avec toi, lorsque tu es sur le terrain.
Est-ce que tu penses pouvoir les rejoindre en mars de l'année prochaine ?
Absolument, oui oui, je serai de retour bientôt.
Je me prépare pour ça et je suis même excité.
A la base, je devais être convoqué même pour ce rassemblement.
Mais après discussion avec l'entraîneur, il a décidé de ne pas m'appeler.
Mais la prochaine fois, je serai sûrement avec mes coéquipiers.
Je me prépare pour en tout cas.
Il n'y a rien de mieux que de représenter son pays.
On espère que l'équipe va s'y améliorer. Elle évolue.
Il ne faut pas oublier que l'équipe est très jeune.
On a beaucoup de potentiel.
Il faudra l'exploiter le plus vite possible pour que nous puissions devenir une grande équipe.
On sait à quel point c'est important pour toi le Mario du Brésil.
On a la chance de voir parce qu'on a été coté sur ton poignet,
gravé Rio 2016 avec les anneaux olympiques.
La Coupe du Monde 2026, c'est le grand objectif de tes prochaines années ?
Tu as envie d'y aller ?
D'abord, je veux faire une belle saison avec Alilal.
Je reviens d'une blessure très grave.
J'ai encore un peu de temps pour retrouver mon niveau et montrer pourquoi je suis là.
C'est ça ma priorité pour l'instant.
Bien récupérer, me développer physiquement et rejouer tout simplement.
J'aimerais jouer le Mondial des Clubs 2025 avec Alilal,
car c'est un objectif très important pour le club.
Évidemment que la Coupe du Monde, c'est le but pour tous les joueurs.
J'en ai déjà joué trois. Je veux évidemment faire la quatrième.
Je dois être concentré sur ça, bien me préparer ici
et avoir cet objectif à moyen terme.
Après m'être remis en forme ici, dans mon club.
Neymar, tu as accompli quelque chose d'extraordinaire.
Tu es le meilleur buteur et le meilleur passeur de la CSAO,
de toute l'histoire, devant le Roi Pelé.
C'est un accomplissement incroyable.
Est-ce que tu rêvais quand tu étais petit de ça
ou est-ce que ce que tu as réalisé a dépassé tous tes rêves d'enfant ?
Je crois que j'ai dépassé tous les rêves que j'avais quand j'étais enfant.
Quand j'étais petit, mon rêve était de jouer pour Santos et pour la CSAO.
Mais Dieu m'a donné beaucoup, beaucoup plus.
Je suis très heureux de ma carrière. J'ai joué dans de très grands clubs.
Aujourd'hui, je suis le meilleur buteur de l'histoire de la CSAO
et je suis très heureux d'avoir accompli tout ça.
Ça représente beaucoup de travail, beaucoup d'efforts.
J'ai beaucoup donné à cette sélection nationale et marqué l'histoire de mon pays.
C'est quelque chose de magnifique. C'est un honneur.
Je pense que mes enfants verront que j'étais important dans l'histoire du pays.
Neymar, bien sûr, tu as joué au PSG, en Ligue 1, en France.
Chaque week-end, quand on regarde la Ligue 1, on te regrette pour ton niveau de jeu,
pour ton talent ballon au pied, pour tout ce que tu as apporté.
Comment tu as vécu, toi, ton expérience au Paris Saint-Germain
et globalement dans toute la Ligue 1 d'affronter ces clubs français ?
Mon expérience au PSG, elle a été bonne et mauvaise en même temps.
Très bonne, car niveau football, je pense que j'étais vraiment au sommet de ma carrière.
Et mauvaise, car j'ai longtemps et souvent été blessé,
mais je crois que je n'ai même pas fini une saison.
Donc il y avait de la tristesse.
Je n'oublierai pas les très bons moments que j'ai pu avoir ici,
notamment la finale de la Ligue des Champions.
C'était vraiment des moments incroyables.
On aurait pu gagner, mais une finale se joue sur des détails.
Jouer en Ligue 1 a vraiment été une bonne expérience.
Les fans ont été géniaux avec moi.
J'ai écrit mon histoire en Ligue 1.
C'était très bien pour ma carrière.
Je suis fier et content d'avoir participé à ça.
Mais maintenant, c'est fini,
et je dois être focalisé sur l'Arabie Saoudite et mon club d'Alilal.
Tu penses que cette finale de Ligue des Champions avec le PSG,
cette finale perdue contre le Bayern Munich,
ça aura pu changer ton histoire parisienne ?
Tu penses que ça a eu une incidence sur la suite de ta carrière à Paris ?
Mais il ne faut pas oublier qu'on a amené le club
à sa première finale de Ligue des Champions.
Malheureusement, on n'a pas gagné.
Mais ça fait partie du foot et du sport en général.
C'est impossible de gagner à chaque fois.
Le PSG avait l'objectif d'arriver en finale,
et nous l'avons réalisé.
D'ailleurs, le club a toujours cet objectif,
et il s'investit sa fond pour cette quête.
Mais tu l'as gagné, toi, la Ligue des Champions.
Oui, je l'ai déjà gagné avec le Barça en 2015.
Tu es un grand champion.
Quand j'y repense, les victoires avec le Barça
restent des moments incroyables.
J'aurais voulu gagner avec le PSG,
car gagner une Ligue des Champions,
c'est comme gagner une Coupe du Monde avec ton pays.
Juste un mot, Marion,
parce que tu n'inspires pas seulement que les enfants brésiliens,
tu les aides, mais tu as été une source d'inspiration
pour les enfants en France.
Il y a de nombreux joueurs qui passent professionnels
et qui s'inspirent de toi aujourd'hui.
Quand on demande à des joueurs de Ligue 1
quels sont leurs exemples,
beaucoup disent Neymar.
Tu as forcément cette relation très particulière
avec la France.
Tu avais été le transfert le plus cher de l'histoire du football.
La Tour Eiffel t'avait souhaité la bienvenue
il y a six saisons.
C'était quelque chose d'extraordinaire,
on n'avait jamais vu ça.
Tu nous as régalé quand tu étais sur le terrain.
Ta relation avec les supporters parisiens
a été faite de haut et de bas.
Si tu avais un message à faire passer
aujourd'hui au public français à travers nous,
qu'est-ce que tu aurais envie de dire
à toutes les femmes de foot en France
et aussi à ceux du PSG ?
La première année,
elle a été magnifique.
J'ai été très bien accueilli par le peuple
et les supporters français.
Les deux ou trois dernières années
n'ont pas été les mêmes.
Ce n'était pas vraiment incroyable
la façon dont j'ai été traité.
Je pense que Lionel Messi a connu
plus ou moins la même chose.
Pour moi, il y a eu de l'injustice
car je me suis toujours donné à fond sur le terrain.
Maintenant, je n'ai pas de rancœur
mais j'ai été un peu triste de la façon
dont j'ai été traité par les supporters.
Notamment quand ils sont venus chez moi.
Ils ont voulu entrer chez moi.
Je me suis fait insulter.
Ils ont voulu me taper.
Pour moi, ce jour-là,
ils ont dépassé les limites.
Notre relation n'était plus respectueuse.
Moi, je les ai toujours respectés.
C'était une situation très compliquée à gérer.
J'étais triste par la façon
dont on m'a traité à la fin
mais maintenant, c'est du passé.
Je respecte le club du PSG
et je vais toujours les soutenir
pour qu'ils aient les meilleurs résultats.
Je n'ai aucune rancœur envers le club.
J'ai juste un peu de rancœur envers les gens
qui managent le club et quelques supporters
mais c'est du passé.
C'est le club où j'ai passé le plus de temps
dans ma carrière. Six ans.
J'ai vécu de très beaux moments
mais aussi des moments tristes.
Et ma relation avec les supporters
fait plutôt partie des moments tristes,
malheureusement.
Mais au niveau sportif,
c'était le meilleur football que j'ai joué.
Je suis donc heureux
Neymar, j'aimerais parler de l'homme
au grand cœur que tu es.
Tu as l'Institut Neymar Junior
au Brésil
qui compte, je sais, beaucoup pour toi.
Tu fais énormément pour ces enfants.
Tu t'occupes de plus de 3000 enfants.
Tu leur donnes la possibilité
d'avoir un avenir.
Est-ce que tu peux nous parler
de ton investissement ?
Est-ce que ça représente pour toi
à tes yeux cet institut ?
Notre but, c'est de mettre l'humain
au centre de l'institution.
Des 7 jusqu'aux 17 ans.
Nous voulons leur donner des opportunités
qui n'auraient eu nulle part ailleurs.
Je sais que pour certains d'entre eux,
c'est très compliqué.
Beaucoup de choses ont changé
dans certains quartiers.
On voit des hommes, des femmes
qui travaillent désormais.
Ils me remercient
et tout ça, ça n'a pas de prix.
Voir le sourire d'une personne
qui me rappelle ce que j'ai pu faire
pour elle, c'est génial.
C'est vraiment quelque chose de bien
et ça va au-delà du football et de l'argent.
Voir ces gens heureux,
c'est merveilleux.
On aide beaucoup d'enfants
mais également beaucoup de familles.
Notre focus, c'est la famille
au sens global d'ailleurs.
Beaucoup de choses sont faites
à l'institut en ce sens.
Si des personnes veulent voir
ce que nous mettons en place,
les portes sont ouvertes.
Vous serez sûrement surpris
de voir tout ce qui a été construit
dans le centre.
Navar, c'est la dernière question.
J'aimerais rester sur quelque chose de positif.
Tout d'abord, j'ai énormément d'admiration pour toi,
pour le champion que tu es.
Je fais du sport de haut niveau,
je sais à quel point c'est difficile.
J'ai lu une déclaration cette semaine
de Gigi Buffon, un de tes anciens coéquipiers,
qui a dit qu'il a joué
avec beaucoup de générations.
Il a joué avec Ronaldo,
avec Zidane, avec Iniesta, avec toi.
Il a dit que de loin,
tu étais le plus grand joueur
avec qui il avait joué et qui l'avait affronté également.
Qu'est-ce que tu as pensé de cette déclaration ?
C'est toujours très gratifiant
d'entendre de tels propos,
surtout venant de la part
de l'un des meilleurs gardiens de l'histoire du jeu.
Gigi connaît très bien le football,
donc c'est juste incroyable.
Quand tu es joueur de foot,
tu t'entraînes au quotidien,
tu joues chaque semaine,
ta vie est dédiée au football
pour donner le meilleur de toi-même.
Donc être reconnu comme ça,
c'est juste génial.
Buffon est l'un des plus grands joueurs de l'histoire.
Nous sommes devenus amis
quand nous étions coéquipiers.
Jamais je n'aurais pensé jouer avec lui.
Je l'appelais le vieux ou papy,
donc j'ai évidemment beaucoup d'affection pour lui.
Il m'a beaucoup appris.
On a souffert ensemble,
on s'est battu ensemble.
On a vécu des moments merveilleux avec le PSG.
Donc vraiment merci à lui pour tout ce qu'il a dit sur moi.
Vous savez, jouer au football,
c'est difficile aujourd'hui.
Mais quand tu aimes quelque chose,
tu oublies tout et tu veux te concentrer à fond
pour être le meilleur de toi-même.
Maintenant, je me suis préparé
pour revenir rapidement sur le terrain cette saison
avec mon club et la sélection.
