Les dunes : une solution naturelle pour préserver nos plages ?

Modern Arch
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125 Vues de vidéo·2 juin 2025
Dans les années 70, on avait rasés les dunes pour faire place aux routes, aux promenades, aux habitations. Aujourd’hui on les reconstruit... On vous explique pourquoi !
Ces constructions permettent de retenir le sable.
Les épis empêchent la dérive littorale, autrement dit le courant parallèle à la plage, d'emporter le sable.
Il s'accumule en amont de l'épi, la plage s'engraisse et c'est bien.
Mais il y a un effet pervers.
En aval, la plage n'est plus alimentée en sable. Son recul s'accélère.
Pour éviter le phénomène, on construit donc un deuxième épi, puis un troisième, un quatrième.
Mais cela ne résout rien, ça ne fait que déplacer le problème.
Les brise-lames, ces barrières au large qu'on voit souvent en Méditerranée, ne sont guère plus efficaces.
Ils protègent la plage juste derrière eux, formant même une accumulation de sable.
Mais entre les brise-lames, l'érosion s'accélère.
C'est ce qui donne cette forme si particulière aux rivages qui en sont équipés.
Au total, il y a sur nos côtes 16 000 de ces ouvrages qui protègent plus d'un tiers du littoral.
Leur entretien coûte très cher, c'est environ un tiers du budget des communes.
Alors que depuis les années 2000, il existe d'autres solutions, plus efficaces et moins coûteuses.
À droite, on a la mer.
À gauche, l'étang de Thau.
Devant nous, la ville de Sète.
Et nous, là, on circule sur ce qu'on appelle le Lido.
C'est un cordon dunaire qui sépare justement la mer de la lagune.
Et la plage qui se trouve juste derrière nous...
Je vous jette un œil, là.
Cette plage, elle revient de très loin.
Il y a 20 ans, elle n'existait quasiment plus.
Effectivement, c'est un secteur qui a toujours connu une très forte érosion.
On avait des reculs du trait de côte supérieur à 1 m par an.
Et dans les années 2000, on était arrivé à un point où la plage avait quasiment disparu sur la quasi-totalité de la partie nord du Lido.
Comment lui a-t-on redonné vie ?
Yann Ballouin est géologue au BRGM, le bureau de recherche géologique et minière.
De 2007 à 2015, il a supervisé la résurrection du Lido.
L'idée était de rendre un petit peu l'espace tampon, l'espace naturel qui permet au littoral de pouvoir résister mieux aux tempêtes futures.
Donc ça a été fait tout d'abord en rajoutant un peu de sable sur la plage.
Et pas qu'un peu.
Durant l'hiver 2014-2015, ces gros tuyaux ont déversé 500 000 m3 de sable pour engraisser le Lido.
La plage a retrouvé toute sa largeur mais elle a aussi pris de la hauteur.
On a érigé une dune.
Dans les années 70, on les avait rasées pour faire place aux routes, aux promenades, aux habitations.
Aujourd'hui, on les reconstruit.
Avec un moyen tout simple.
Ces palissades en bois.
Les ganivelles.
Les ganivelles, ce sont ces barrières en bois, ces pieux, ces poteaux verticaux qui sont reliés les uns aux autres qui permettent de retenir le sable.
C'est ça. En fait, quand le vent souffle très fortement, il transporte des grains de sable en suspension.
Et donc l'objectif est vraiment de casser cette vitesse du vent pour que les grains qui sont en suspension puissent se déposer et viennent engraisser ce qu'on nomme une aire.
Et on le voit bien, ça fonctionne, surtout au niveau de la crête parce qu'on voit que les poteaux sont enfoncés jusqu'à mi-hauteur.
Ça veut dire qu'en une dizaine d'années, on a gagné une cinquantaine de centimètres de dune.
Dans certains secteurs, on ne voit même plus le sommet des ganivelles.
On a eu des engraissements qui peuvent atteindre plus d'un mètre.
Et après, effectivement, l'étape ultime, c'est quand ces cordons sont revégétalisés.
Là, on est sûr que le sable est stabilisé pour une durée un peu plus longue.
