Le pont Samuel-De Champlain : une prouesse d'ingénierie

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125 Vues de vidéo·9 juin 2025
Le pont Samuel-De Champlain, à Montréal, est le fruit de quatre ans de travaux. Un chantier où rien n'a été laissé au hasard.
Dominique Forget et France Désourdy, de l’émission Découverte, ont suivi l'évolution de ce chantier depuis ses débuts.
Montréal a un nouvel emblème, le pont Samuel de Champlain.
Un géant de béton et d'acier qui s'étire sur plus de trois kilomètres.
On a voulu donner à Montréal un pont distinctif, une signature pour la ville.
Le nouvel ouvrage ne ressemble en rien à son prédécesseur.
Il est plus large, plus haut et courbé.
Il est composé de trois tabliers distincts.
Plutôt que de recourir à trois jeux de piliers, l'architecte a choisi de n'en mettre que deux.
Ils sont inclinés et surmontés de chevêtres en forme de W.
Ces chevêtres, fabriqués en Espagne, ont donné du fil à retordre aux constructeurs.
Ces pièces en forme de W sont uniques.
Elles sont très difficiles à fabriquer.
Mais c'était une exigence dictée par les plans de l'architecte.
L'architecte, le Danois Paul Ovejensen, défend son choix.
La solution facile aurait été d'avoir trois rangées de piliers.
Mais on se serait retrouvé avec une forêt de béton dans l'eau.
Ça aurait complètement obstrué la vue.
Les piliers inclinés étaient la solution logique.
En bonus, Montréal hérite d'un pont unique et distinctif.
La partie la plus spectaculaire, c'est celle qui surplombe la voie maritime.
Cette zone du fleuve est exclusivement réservée à la circulation des navires.
On ne peut pas y installer des piliers pour soutenir l'établier.
Il a fallu construire au-dessus du vide.
Sur le vieux pont Champlain, c'est une structure en treillis
qui permettait d'enjamber la voie maritime.
Cette fois, on a opté pour des haubans.
60 câbles obliques reliés au pylône principal.
C'est tout simplement comme des cordes qui viennent tenir le tablier
de façon à ce qu'on n'ait pas besoin de mettre de piles en dessous du tablier
sur la distance qui est haubanée.
Ça nous permet, avec cette espèce d'artifice, de passer au-dessus du chenal
sans avoir besoin d'avoir de pilier.
Les haubans du pont Samuel de Champlain sont parmi les plus gros jamais installés.
À l'intérieur, ils sont composés de plus d'une centaine de câbles d'acier
qu'on appelle des torrons.
Pourquoi ils sont très gros?
C'est parce qu'on a deux nappes de haubans pour soutenir trois tabliers.
La plupart des ponts haubaniers au monde, il y a deux nappes de haubans.
Donc, comme on dirait ici, deux nappes de haubans pour un tablier.
Ici, on est dans un cas vraiment unique à date où on est en train de soutenir
trois tabliers, donc trois ponts vraiment, avec seulement deux nappes de haubans.
À l'intérieur de chaque hauban, trois capteurs vont permettre de suivre
la tension des torrons.
Au besoin, on pourra les retendre ou les remplacer.
Leur durée de vie prévue est de 40 ans.
Si un hauban cédait, est-ce que le pont tiendrait quand même?
Alors, tout à fait. Il a été demandé au concepteur de faire en sorte
qu'on puisse perdre trois haubans simultanément, consécutifs,
à n'importe quel endroit de la structure.
D'accord? Donc, c'est-à-dire que si on a, pour une raison accidentelle
ou quoi que ce soit, jusqu'à trois haubans qui viendraient à lâcher
ou à ne plus faire leur effet exponenté, la structure tiendrait quand même debout.
Alors, ça ne veut pas dire que la structure serait nickel
et qu'on pourrait continuer à l'utiliser, mais il n'y aura pas d'effondrement
et elle sera réparable.
En plus de soutenir d'énormes charges,
les haubans vont devoir résister au vent et au verglas.
En décembre 2012, des automobilistes qui traversaient le pont Portman,
près de Vancouver, ont reçu des blocs de glace sur leur voiture.
En pleine tempête de neige et de verglas, les haubans du pont se sont mis à vibrer.
Des blocs de glace se sont détachés des câbles.
Les ingénieurs du pont Samuel-de-Champlain ont travaillé en collaboration
avec les chercheurs du Conseil national de recherche du Canada
pour éviter que ça se produise à Montréal.
Sur le nouveau pont, la gaine qui recouvre les haubans
est équipée de minces nervures parallèles, des anneaux espacés de 30 cm.
Ce relief doit aider à diriger le flux du vent pour réduire les vibrations.
Les nervures sont aussi censées réduire la taille des blocs de glace
qui pourraient se former sur les haubans.
Un coup d'essuie-glace suffira pour enlever ce qui est tombé sur votre pare-brise.
Donc là, on a une vue privilégiée.
On est au-dessus de l'entretoise inférieure du futur pont Champlain.
Le pont Samuel-de-Champlain a été construit dans l'urgence en moins de 4 ans
pour remplacer son prédécesseur,
arrivé à la fin de sa vie utile après seulement 60 ans.
Cette fois, on a pris des précautions pour assurer la durabilité de l'ouvrage.
Les attentes sont énormes.
Contrairement à l'ancien pont Champlain,
la nouvelle structure est équipée d'un système de drainage
pour éviter qu'en hiver, les selles de déglaçage attaquent le béton.
De chaque côté des trois corridors, des puissards vont capter les eaux
et les diriger vers des canalisations dissimulées à l'intérieur des piliers.
Autre précaution, toutes les armatures de la dalle du tablier
sont en acier inoxydable résistant à la corrosion.
Le nouveau pont sera aussi sous constante surveillance
grâce à un réseau de 400 capteurs électroniques.
