#DocumentaryHistory#FrenchHeritage#ChurchesOfFrance Embark on a journey through the genius of the builders and the faith of the centuries. From Rocamadour to Biarritz, from Limoges to Carcassonne, this documentary reveals the most beautiful churches in southwest France, witnesses to a unique spiritual and architectural heritage. 👋 + history documentaries 👉 http://bit.ly/3lqyFpY 🙏 Subscribe!
00:00 – Introduction: The Journey of the Southwest Churches 03:21 – Rocamadour, a Holy City Clinging to the Cliff 08:00 – The Sanctuary and Miracles of the Black Virgin 12:00 – Carcassonne and the Splendor of the Basilica of Saint-Nazaire 23:00 – Limoges: Gothic Light and the Art of Stained Glass 30:00 – Solignac Abbey, a 7th-Century Romanesque Jewel 33:00 – The Imperial Chapel of Biarritz and Eugénie's Legacy 37:00 – Saint-Jean-de-Luz: The Marriage of Louis XIV 40:00 – Saint-Martin du Canigou: Faith and Legend in the Pyrenees 45:00 – The Basilica of Saint-Michel in Bordeaux: The "Flying Masons" 49:50 – The Church of Tomorrow: When Faith reinvents
Immediate boarding for a journey through architectural genius, but also a journey through time and history, discovering churches, chapels, monasteries, basilicas...
Pèlerinage dans le sud-ouest de la France.
Nous vous proposons aujourd'hui une balade esthétique et historique
des églises, des chapelles, des monastères, des basiliques et des cathédrales.
De Limoges à Biarritz, de Carcassonne à Albi, de Bordeaux à l'île de Ré,
nous ne suivrons ni les chemins de Saint-Dominique, ni les chemins de Compostelle.
Seul un angelot mécanique, appelé en termes aériens un drone,
sera notre guide à hauteur de clocher.
Grâce à cet engin motorisé et équipé d'une caméra,
nous visiterons les églises vues du ciel.
Embarquement immédiat, destination l'histoire des églises dans le sud-ouest,
un voyage à travers le génie architectural, l'audace des bâtisseurs et des maîtres d'ouvrage,
mais aussi un voyage à travers le temps et l'histoire de la chrétienté.
Qu'est-ce qu'une église ? C'est un bâtiment qui rassemble
une certaine partie de la population, généralement chrétienne,
et le mot ecclésia veut dire communauté,
et très rapidement le nom de chrétien a été associé à cette communauté.
La christianisation du monde occidental,
qui a été concrétisée par ce qu'on appelle un édit de tolérance,
par Constantin en 313,
a légiféré pour donner aux chrétiens les marches de manœuvre de liberté qui étaient indispensables.
Et Constantin, dans cet édit de tolérance,
mais sans le dire explicitement,
a pris la décision de créer d'abord l'édifice essentiel,
qui était la cathédrale.
La cathédrale, c'est l'église de l'Evêque,
qui se trouve au centre de la ville.
Sur un plan architectural, d'abord c'est très variable,
mais c'est un programme qui, depuis l'Antiquité,
se maintient dans ses grandes lignes.
C'est un contenu qui permet d'accueillir un certain nombre de fidèles,
de tailles variables, qu'il s'agisse d'une cathédrale,
d'une petite église ou d'une chapelle,
mais le programme, c'est une nef,
qui permet à la population, au peuple chrétien,
de venir assister à l'office,
et un hôtel avec un certain nombre d'éléments de mobilier
qui permettent d'accomplir le rite chrétien.
Direction Rocamadour, dans le Lot,
village vertical à flanc de falaise
et cité religieuse du XIIe siècle,
haut lieu de pèlerinage.
Rocamadour est une commune de 600 habitants,
augmentée d'un million et demi de visiteurs annuels.
Rocamadour, c'est d'abord une falaise.
Une falaise qui mesure à peu près 120 mètres de haut,
une falaise calcaire.
Au fond de la vallée, la rivière, l'Alzou.
Au-dessus de la rivière, les maisons.
Au-dessus des maisons, les églises.
Au-dessus des églises, le rocher.
Au-dessus du rocher, le château.
Nous voilà dans l'enceinte du château de Rocamadour,
propriété du diocèse, placé au-dessus du sanctuaire.
Rocamadour ne se voit de nulle part.
On le découvre en débouchant là-haut,
au village qui s'appelle l'Hospitalet.
Tout le village, toute la vie économique,
toute la vie de ce pays s'est construite autour du pèlerinage.
Et le pèlerin, il commence par se reposer, il est heureux.
Il a cette vue absolument splendide sur Rocamadour.
Il va descendre, il va emprunter la voie sainte.
Cette route que vous voyez là, entre les arbres, à flanc de colline.
Il descend dans ce qu'on appelle le Val Ténébreux,
dans ce grand canyon, au fond.
Il traverse toute la rue du village,
et au bout de la rue du village, il trouve le grand escalier.
Alors là, il va commencer une ascension vers le ciel.
Il y a tout un chemin spirituel dans cette démarche du pèlerin.
On a des traces de pèlerinage jusqu'à Riga, jusqu'en Sibérie.
Les gens viennent à pied à Rocamadour.
Si vous allez à Rocamadour,
il faut y aller au moment où il y a cette presse.
Cette presse tout à fait extraordinaire,
aussi imposante que celle des autoroutes.
C'est-à-dire, les autoroutes, ça sert deux jours par semaine, pas plus.
Et l'État investit des sommes gigantesques
pour permettre ce dranque nationale,
ce mouvement vers le sud de la population,
afin qu'elle puisse s'épanouir dans la neige ou dans l'eau salée.
C'est comme ça.
Et ça représente un investissement absolument énorme.
Et donc, la réalité nouvelle du XIXe,
c'est le nombre de gens qui veulent aller, à certaines dates,
participer à un pèlerinage très important
et qui est agrémenté, en plus, par des miracles.
La visite est unique.
La Vierge Noire, bien sûr, première attraction des pèlerins,
mais aussi d'autres trésors cachés,
escaliers secrets et passages dérobés,
juste empruntés au fil des époques
par les moines et les curés de Rocamadour.
On va emprunter un escalier creusé dans la falaise
qui nous mène directement au sanctuaire.
Personne ne l'emprunte à part nos prêtres et la sacristine.
Il y a une quinzaine de jours,
on l'a montré à quelques habitants qui ne l'avaient jamais vue.
Ils connaissent son existence, mais ils ne l'empruntent jamais.
Voilà ici la seule partie visible du bas.
Ici, vous avez juste devant nous le toit de la basilique.
Juste en face, la partie octogonale, c'est la chapelle Saint-Jean-Baptiste.
On est complètement au-dessus des sanctuaires.
On rentre dans la toiture de la basilique,
dans un escalier qui date du XIIIe siècle.
Et on va déboucher côté nord,
juste à l'entrée du tunnel.
Nous sommes vraiment ici, au cœur du sanctuaire.
C'est ici que le pèlerin atteint son but
lorsqu'il vient prier Notre-Dame de Rocamadour.
La Vierge qui nous accueille aujourd'hui date du XIIe siècle.
Elle est sculptée dans un bois de noyer.
On est tout à fait en droit de penser que Saint-Dominique,
venu ici en 1219, est venu prier la même Vierge-Marie.
Cette Vierge romane en majesté,
vous voyez que la Vierge-Marie est assise.
C'est aussi ce qu'on appelle le trône de la sagesse.
Elle nous présente l'enfant sur son genou gauche.
L'enfant a une tête d'adulte.
Elle est l'image de l'Église
et elle nous présente un roi en pleine maturité.
On a un livre des miracles,
écrit par les bénédictins en 1172.
C'est là qu'on apprend que la spécialité de Notre-Dame de Rocamadour,
c'est de sauver les marins en mer.
Alors on a un objet absolument extraordinaire ici,
accroché à la voûte, la cloche miraculeuse,
parce qu'elle sonne toute seule.
Il n'y a pas de cordage, il n'y a rien du tout pour la faire sonner.
Elle sonne toute seule lorsque Notre-Dame
sauve les marins en mer.
Les bénédictins ont noté le jour et l'heure où la cloche sonnait
et lorsque le pèlerin vient remercier Notre-Dame,
ont vérifié avec l'histoire qu'il raconte.
En 1172, on a déjà 126 miracles répertoriés dans le livre.
Nous sommes, paraît-il, le quatrième lieu saint au Moyen-Âge,
dans toute la chrétienté.
Vous avez eu des pèlerinages au Moyen-Âge,
mais qui n'ont pas pris l'importance
qu'ils ont prise au XIXe siècle.
Pensez à Lourdes, pensez à Lyon, à Fauvière, etc.
Et les basiliques qui ont été construits au XIXe
obéissent à cette réalité.
Dernièrement, il n'y a pas longtemps, dans les années 70-80,
on a construit, on a agrandi de façon gigantesque
la basilique de Lourdes,
tout simplement en raison
de la présence d'une foule gigantesque
qui venait à des moments très précis
pour rendre un hommage
à la Vierge de Lourdes.
Et d'autre part,
ce mouvement a pris d'autant plus d'importance
que le chemin de fer a compris
l'intérêt financier de cette opération
et a facilité cette transhumance régulière.
Sept chapelles composent le sanctuaire de Rocamadour,
agrémentées d'oratoires, de portes fortifiées,
de gravures, de peintures, de reliquaires,
écrins de pierres en perpétuels travaux, tailleurs de pierres,
menuisiers, couvreurs et ateliers de vitraux
dans une maison du village datant du XIIIe siècle.
Il y a des vitraux qui sont plus compliqués que d'autres,
il y a des restaurations qui sont beaucoup plus compliquées que d'autres.
On a l'habitude de travailler, nous, sur table éclairante,
ce qui nous permet de voir un peu mieux les couleurs
et puis un petit peu tout ce qui se passe,
voilà, les casses.
Et puis de toute façon, quand on restaure,
on enlève tout le réseau de plomb, le vieux plomb qui est là.
Donc après, on se retrouve avec des pièces détachées
et on répare ce qui est réparable
ou on refait ce qui n'existe plus, voilà.
Et on remonte après avec un plomb neuf,
le vitrail, et il est reparti
pour 150, 200 ans,
si personne le casse, voilà.
Actuellement, on restaure bien sûr le XIXe,
mais un vitrail peut exister 200, 300 ans
sans qu'on y touche.
J'ai restauré un de ces vitraux, l'Annonciation,
dans cette petite chapelle.
Ce sont de très beaux vitraux qui sont très artistiques pour moi.
Il n'y a aucune pièce identique.
C'est du très beau XIXe.
Durant les guerres de religion et la Révolution française,
Rocamadour n'a cessé d'être convoité,
attaqué, pillé et transformé.
Et c'est au XIXe siècle qu'un programme de travaux gigantesques
est entrepris, programme de rénovation
et de restauration de la cité religieuse.
Cependant, quelques parties du Moyen Âge sont restées intactes,
avec par exemple la chapelle Saint-Michel,
taillée dans la roche, secrète et inaccessible aux pèlerins.
On est ici dans la chapelle privée des moines bénédictins
qui ont construit ces sanctuaires au XIIe siècle.
On est dans le prioré bénédictin.
En dessous, on a le chauffoir des moines,
leur salle capitulaire.
Au-dessus, vous voyez que dans le rocher,
on a des trous de boulins là-haut.
C'est l'emplacement des poutres pour l'étage supérieur.
Et on montait là-haut, à la salle des archives.
Et on est ici, à la porte du ciel.
Saint-Michel, c'est le chef des archanges.
Il se tient, le jour du jugement dernier,
à la porte du ciel.
Et cette illustration, nous l'avons ici.
Dans cet apside en cul-de-four,
on a une peinture qui date du début du XIIIe siècle.
Au centre, vous voyez le Christ qui est là dans une mandorle,
c'est pour indiquer sa divinité.
Donc, il est là en tant que Dieu au paradis.
Il est entouré des quatre évangélistes qui écrivent la bonne nouvelle.
Et à gauche, on retrouve notre Saint-Michel
qui a dans la main, on la devine encore,
une balance.
Saint-Michel pèse nos âmes pour savoir
si on pourra être accueilli au paradis.
C'est absolument extraordinaire.
Ce sont des pigments minéraux.
Le bleu qui est si beau, c'est de la poudre de lapis lazuli
qui vient d'Afghanistan.
Les gens ne savent ni lire ni écrire au Moyen-Âge.
Donc, on enseigne.
Les évangiles sont peints dans les décors des églises.
Quittons Rocamadour, entre ciel et terre.
Notre drone a bien retenu que le sanctuaire religieux
veillait sur le sauvetage des marins en mer.
Ce qui lui a donné l'idée d'aller visiter d'autres églises
en charronte maritime sur l'île de Ré.
L'île de Ré, quatrième île en superficie
aux abords des côtes françaises après la Corse,
Oléron et Belle-Île.
C'est au Moyen-Âge, quand se développe la Rochelle,
que l'île de Ré est colonisée et christianisée.
Au XIIe siècle, les moines fondent l'abbaye cistercienne
de Notre-Dame de Ré.
Ils développent en priorité la vigne et les marais salants.
Le vin, le sel font la richesse de l'île de Ré.
A quoi bon aller faire fortune en mer
alors que les terres offrent des richesses ?
L'héritier, plus terrien que marin,
ne délaisse pas pour autant le commerce de la mer.
Même l'église sert de point de repère pour preuve.
Ce clocher original, appelé Amère,
peint en blanc et noir,
sert à attirer l'œil du marin,
point fixe et facilement identifiable en mer.
Décidément, notre drone pigeon-voyageur infatigable
quitte l'île de Ré pour Carcassonne,
555 kilomètres.
La cité de Carcassonne, dans l'Aude,
classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Au Moyen-Âge, religion et politique sont intimement liées.
Le pouvoir a besoin de l'église et il est tout à fait logique
de retrouver dans l'enceinte fortifiée de la cité
une basilique nommée Saint-Nazaire.
Une basilique, c'est un terme qui a été donné
à des édifices qui n'avaient pas une finalité
aussi précise que les cathédrales.
Les cathédrales, c'est l'exercice du culte par l'évêque.
L'évêque est à la tête du diocèse
et au centre de ce diocèse,
de la capitale.
Entrons dans la basilique de Carcassonne et visitons.
La basilique de Carcassonne
est d'ailleurs une basilique très importante
par son programme qui a été voulu
dans la seconde moitié du XIIIe siècle
avec son programme vitré, etc.
C'est une basilique très importante
qui s'inspire de l'architecture du Nord
car il y a eu un décalage dans la France
entre la France du Nord et la France du Midi
où les gens du Nord ont mis au point
pour répondre aux exigences du maître d'ouvrage
des techniques qui étaient mal connues.
Par exemple, vitrail,
c'est peu répandu au départ
de l'arrivée du gothique
et d'autre part, l'utilisation du métal
et les évêques de la seconde moitié du XIIIe siècle
ont fait venir des architectes du Nord
et des techniciens du Nord,
des tailleurs de pierres et autres
pour utiliser ces procédés.
Église imposante d'origine romane,
la basilique Saint-Nazaire s'est agrandie
au XIIIe et XIVe siècles.
Les rois de France ont succédé au seigneur du Languedoc-Roussillon.
Rien n'est trop beau pour le roi,
l'austérité du roman est remplacée par le gothique flamboyant.
Les vitraux de la basilique Saint-Nazaire ont 700 ans.
Deux rosaces jouent chacune avec le soleil.
Sur celle-ci, le Christ règne en son centre.
Tout autour se trouvent les apôtres évangélistes,
Saint-Pierre est tout proche de Jésus.
Ici l'arbre de Gécée, allégorie de la chrétienté,
arbre généalogique qui représente le peuple,
les prophètes et Jésus entre la Vierge et l'apôtre Jean.
Géographiquement, la Bastide vit en contrebas
à l'ombre de la cité.
Ville haute et basse se concurrencent.
Mais très vite et dès le Moyen-Âge, la Bastide prend sa revanche
et devient le poumon économique de Carcassonne.
En haut la basilique, en bas l'église Saint-Vincent
et ses trésors que nous fait découvrir
l'abbé Cazot, un carcassonnais pur souche.
Alors c'est la plus grande nef gothique du Moyen-Âge en France.
Alors il y a une idée derrière tout cela,
c'est que nos ancêtres avaient été contaminés par l'hérésie cathare
parce qu'ils connaissaient mal les évangiles.
Donc, influence à la fois des cisterciens
qui veulent des églises dépluées
et l'influence aussi des dominicains
qui voulaient des églises où on puisse prêcher.
Pour employer mon mot d'air, je dirais qu'on a voulu une église fonctionnelle.
De sorte que lorsque l'on prêche dans cette église,
on voit exactement si les gens du fond suivent.
Si on a une bonne vue.
On peut suivre les réactions des gens,
même de ceux qui sont au fond.
Il n'y a aucun obstacle.
Vous n'avez personne qui soit derrière une colonne.
Eh bien, c'est la première représentation de Saint-Louis.
Elle a été réalisée au moment de sa canonisation
sous le règne de Philippe le Bel,
qui est donc le petit-fils de Saint-Louis.
Il est donc probable que la statue a été faite
d'après quelques enluminures qu'on avait conservées.
J'étais accompagné de la sacrisine de l'époque.
Nous étions partis avec un seau d'eau, une éponge.
Je voulais voir. J'avais déjà repéré le tableau.
Il était tout noir, tout noir.
Et quand j'ai nettoyé un tout petit peu,
j'ai dit, mais ce n'est pas gamelin, c'est beaucoup mieux.
Et c'est en fait Subleras,
qui est un très grand peintre de la première moitié du XVIIIe siècle,
qui a surtout travaillé à Rome.
Et il a été le peintre officiel du plus grand pape du XVIIIe siècle,
Benoît XIV.
Et là, nous avons la communion de Saint-Jérôme.
Saint-Jérôme, sentant qu'il allait bientôt mourir,
a demandé à recevoir la communion,
mais il n'a pas voulu.
Quand on la lui apporte chez lui, il s'est donc déplacé.
Et voilà donc ce tableau reassemblé.
Mais c'est son cadre d'origine.
Visitons maintenant une cathédrale incontournable du sud-ouest,
la cathédrale Saint-Étienne, en Haute-Vienne, à Limoges.
Au XIIe siècle, il existait déjà un édifice roman,
mais les autorités religieuses décident de le raser
pour construire une autre cathédrale dans le style de l'époque, le gothique.
Avec une église romane, vous faites deux cathédrales gothiques,
au point de vue matériaux.
C'est-à-dire que la pierre est réduite à une sorte de tissu conjonctif
où la réalité, ce n'est pas la pierre, c'est le vide.
C'est-à-dire qu'il faut construire un édifice avec peu de matériaux.
L'intérêt est double.
D'abord, une économie de matériaux.
Pour la pierre, la pierre coûte cher.
Et d'autre part, économie de fondations.
Ce qui est essentiel, car si aujourd'hui on fait des études
avant de réaliser un bâtiment,
au Moyen-Âge, vous n'avez pas ceci.
Vous faites quelques sondages, comme on a fait au XIIIe siècle,
mais vous avez toujours le hasard
qui peut provoquer des difficultés dans les fondations.
Ça se concrétise par une grande unité de style
lorsqu'on découvre cette cathédrale, tout en granit, assez sobre.
Et au-delà de cette unité de style,
on peut découvrir qu'il y a eu plusieurs étapes de construction
et qu'il y a eu six siècles de construction.
Cette grande élévation, ces trouvailles techniques
qui ont permis de reporter la poussée de la voûte
grâce à des arcs boutants qu'on voit bien avec les vues aériennes
et qui ont permis surtout de décharger les murs
de leur fonction porteuse
et donc de pouvoir ouvrir des ouvertures et faire entrer la lumière.
On a des monuments comme ça dès le Moyen-Âge
où le vide qui était essentiel pour réaliser ce que voulait le maître d'ouvrage
qui nous l'a dit, la lux continua, la lumière continue.
C'est l'abbé Suger, en 1140, qui veut ça
et réalise la lux continua, c'est-à-dire un mur de lumière
qui exige toute une mise en œuvre très compliquée
afin que la pierre ne pèse pas.
La volonté dans le style gothique, c'est que cette élévation
elle est réelle, elle est physique et en même temps
elle amène à une élévation spirituelle, bien sûr.
Le Triforium, c'est une galerie
qui permet de faire le tour entièrement de la cathédrale
puisqu'elle passe dans la nef, le transept et puis le chœur
mais en même temps elle a plus une fonction décorative
que vraiment utilitaire
et c'est un Triforium qui est un peu particulier ici parce qu'il est aveugle
c'est-à-dire qu'il ne donne pas et n'apporte pas de la lumière
au contraire, il crée une ligne assez sombre
entre les fenêtres hautes et les fenêtres basses de la cathédrale.
Tous les bâtiments un peu sophistiqués
exigent une main d'œuvre sophistiquée.
Une main d'œuvre sophistiquée, ça coûte très cher.
Quand vous réalisez un édifice en pierre
dont toutes les pierres sont, ce qu'on disait au moyen d'âge
quadratis lapidibus, c'est-à-dire taillées à joint vif
il faut des ouvriers qui coûtent beaucoup plus cher
que ceux qui construisaient des baraques
avec les pierres qu'on trouvait au bord du chemin.
Ce n'est pas du tout la même réalité
et c'est cette volonté commune
qui produit ces bâtiments tout à fait extraordinaires.
J'ai un exemple en tête, c'est Albi.
Pourquoi construire une église en briques ?
Au contraire de ce que l'on dit, il n'y a pas de tradition.
Il n'y avait aucun monument, en France du moins,
qui atteigne la dimension en longueur
mais aussi en hauteur et en épaisseur des murs d'Albi.
C'est nouveau.
Or, dans la vie, ce qu'il y a de plus passionnant,
c'est de créer.
La cathédrale Sainte-Étienne et toute la ville basse de Limoges
étaient le domaine de l'évêque.
Les prélats se promenaient dans les splendides jardins de l'évêché.
A eux seuls, ils racontent la richesse du quartier.
Encerclés par la cathédrale, le palais épiscopal,
l'abbaye Sainte-Marie de la Règle,
ces édifices attestent de l'énorme pouvoir religieux.
Limoges, Saint Léonard de Noblat,
a un vol rapide de notre ange motorisé.
Saint Léonard est un ermite contemporain de Clovis
et patron des prisonniers au pouvoir libérateur.
Au centre de la commune se dresse une abbaye du XIIe siècle.
Ici aussi, les pèlerinages étaient fréquents.
Du beau monde a fréquenté l'endroit,
Richard Coeur de Lion, Charles VII, Louis XI et Anne d'Autriche,
mère de Louis XIV.
C'est comme si on était des pèlerins
qui venaient voir les reliques de Saint Léonard.
On emprunte ce couloir de circulation
qui permet d'atteindre les reliques qui sont ici,
renfermées dans cette cage en fer.
Il y a un passage sous cet hôtel
qui permettait d'être directement sous la protection du saint.
Pour que ce soit plus efficace, on passait en dessous
et on recevait tout ce que le saint pouvait nous donner comme libération.
Ce qui est intéressant et ce qui attire encore du monde,
c'est le tombeau de Léonard.
C'est le symbole de Léonard, de son pouvoir libérateur.
Il libère les prisonniers.
Mais comme Léonard a plusieurs cordes à son arc,
ça ne sert pas uniquement à libérer les prisonniers.
Si vous la touchez, si vous touchez le verrou, ça vous aide à procréer.
Hosanna parmi les cieux, Saint Léonard s'éloigne,
Saint-Éloi s'approche.
Toujours en Haute-Vienne, à Solignac,
Saint-Éloi, limousin de naissance et de cœur,
obtient du roi d'Agobert l'autorisation de fonder une abbaye.
Nous sommes au VIIe siècle.
Saint-Éloi a gardé la nostalgie de son pays de naissance.
Et il a obtenu de Dagobert
le don de la Villa Solène Iacoum
pour y fonder l'abbaye
en l'an 632.
Sa pensée, c'était le ciel
et le salut de son roi et de lui-même.
Et donc, il allait là dresser comme une sorte d'échelle
permettant au roi et à lui-même
de gagner le paradis.
L'abbatiale, comme toute église romane,
a un lien avec l'eau.
Et nous l'avons ici, sur ce dallage qui date de 1633,
marqué par les pierres noires,
qui marquent le passage des courants d'eau sous l'église.
Car toute église romane a été bâtie sur des courants d'eau
avec toute la symbolique de l'eau derrière.
L'eau du baptême, l'eau de la vie.
Vous arrosez le désert, ça pousse.
S'il n'y a pas d'eau, ça ne pousse pas.
L'église abbatiale de Solignac a été bâtie à fil de coupoles.
Il y a l'influence du Moyen-Orient et de Sainte-Sophie de Constantinople.
C'est indéniable.
A l'extérieur, nous avons des arcs romans trilobés.
Tout simplement, et une file de 4 coupoles,
de 3 et 4, car c'est la référence au nombre
qui signifie la création et donc l'humanité.
On a l'humanité en marche vers Dieu,
qui croise la divinité 1, 2 et 3,
l'autre symbolique du nombre 3,
et se fond avec elle dans une coupole commune.
Mais en plus de ça, Solignac a cette particularité
de n'avoir jamais voulu se servir des coupoles comme couverture.
Retour sur la côte atlantique.
Un peu de fraîcheur et d'embrun pour notre drone,
toujours à l'affût des églises, des abbayes et des chapelles.
Milieu du XIXe siècle, Napoléon III rencontre Eugénie,
future impératrice.
Coup de foudre, mariage et multiples voyages de noces à Biarritz.
L'empereur, fou amoureux, dispendieux, mais il en a les moyens,
offre à Eugénie une villa gigantesque,
devenue un des plus beaux palaces de France.
Napoléon III, ne refusant rien à sa charmante épouse,
lui fait construire un lieu de prière à usage personnel.
La chapelle impériale restait intacte
après plus de 150 ans.
Elle a voulu cette chapelle pour l'insérer dans le domaine impérial,
et qui était en effet une chapelle privée
qui leur appartenait, disons.
Elle est ici parce que c'est une apparition
de la Vierge qui date de 1531 à Mexico,
et depuis cette époque-là,
depuis 4-5 siècles,
elle est la patronne du Mexique
et de toute Amérique latine.
Quand la guerre du Mexique s'est déclarée
en 1862, évidemment,
c'est devenu un fait national, international,
et l'impératrice a voulu,
à ce moment-là, remercier le ciel,
le tréhaut des premiers succès
de nos troupes sur le sol mexicain.
C'est ainsi qu'elle a voulu
la présence de Notre-Dame de Guadalupe ici à Biarritz
pour signifier le lien qu'il y a
entre la guerre du Mexique et la chapelle impériale.
Il y a un mélange de styles qui est caractéristique
de l'éclectisme qui prévalait au milieu du 19e siècle.
L'une, hispanohumoresque,
et l'autre, romano-byzantine.
Hispanohumoresque pour l'évidente relation qu'il y a
entre l'impératrice née à Grenade, en Andalousie,
et le caractère des lieux ici,
notamment à travers les asulejos
qui tapissent cette chapelle,
mais aussi par quelques éléments de décoration
comme les chapiteaux qui rappellent
la cour des lions de Grenade, patrie de l'impératrice.
C'était une jeune femme moderne.
Elle était excellente en âgeuse, excellente en cuillère.
Elle avait un dynamisme très important.
Elle a tiré les gens derrière elle facilement.
Si Biarritz lui doit tout, pratiquement tout,
le Pays basque lui doit également
d'être ce qu'il est aujourd'hui,
sans exagération de ma part.
Je crois que les choses ne se seraient pas passées ainsi.
Biarritz serait sans doute un village de pêcheurs
de 2000 habitants comme il était à l'époque,
au moment où la cour impériale évolue ici.
Dès l'installation du couple impérial,
Biarritz devient un endroit furieusement à la mode.
Des centaines de villas se construisent.
Biarritz bénéficie d'une renommée internationale.
Le climat, la beauté du paysage
attire en particulier la noblesse russe croyante et pieuse.
La saison russe de Biarritz
durait depuis la fin du mois de septembre
presque jusqu'à décembre et prolongeait
l'été russe qui s'achevait en Russie
déjà à la fin du mois d'août.
Beaucoup de gens venaient là
dans le sillage de la villégiature de Napoléon III et de Génie.
Comme Napoléon III s'était aperçu,
d'ailleurs les médecins russes le recommandaient,
l'air vivifiant de Biarritz.
On peut dire que dans les années 1900,
presque le quart de la population de Biarritz était russe
avec des couches de populations très diverses.
Évidemment, il y avait également des besoins spirituels.
C'est ainsi qu'en 1892,
on inaugurera l'église russe de Biarritz.
Après Biarritz, cap sur Saint-Jean-de-Luz
pour découvrir une église exceptionnelle
qui a connu en 1660 un événement majeur de l'histoire de France,
le mariage du roi Louis XIV et de Marie-Louise,
infante d'Espagne.
Nous sommes en 1660, il y a 12 000 habitants à Saint-Jean-de-Luz
et toute la cour de France arrive ici.
Les gens de la cour seront logés dans les maisons nobles de Saint-Jean-de-Luz
et puis il faut loger la jeune reine de France,
Marie-Thérèse d'Autriche, l'infante d'Espagne.
On a choisi la maison de M. Le Bayle Martin de Haranédère.
Il est midi, le cortège remonte la rue principale.
Il y a toute la cour de France qui est là, ne l'oubliez pas.
À l'époque, les rues ne sont pas pavées, c'est de la boue.
C'est pour cette raison qu'un plancher a été construit
qui part de la maison de l'infante que l'on a vue tout à l'heure
et qui vient jusqu'à l'entrée de l'église.
Sur ce plancher, vous avez un tapis de velours parsemé de pétales de fleurs.
C'est quand même l'événement mondain de l'époque.
Il faut à tout prix assister au mariage du roi,
ce qui veut dire qu'il faut s'acheter de nouvelles tenues
pratiquement tous les jours.
Il faut pouvoir se payer le logement, le voyage.
Pour ça, certaines dames de la cour mettent leurs bijoux
aux montes piétées pour pouvoir venir à Saint-Jean-de-Luz.
Le cortège pénètre dans l'église.
Il faut savoir qu'à l'époque, l'église s'arrêtait au niveau des galeries.
Une estrade a été montée à l'intérieur à ce moment-là.
Sur cette estrade, il y avait deux dés.
Un dé pour la reine-mère, un dé pour Louis XIV et Marie-Thérèse.
Il y avait beaucoup de monde.
N'oubliez pas que c'est la cour de France qui se déplace.
Vous avez du monde contre le mur de l'église.
Vous avez du monde dans les galeries et du monde à l'extérieur.
Cette cérémonie, qui sera célébrée par l'évêque de Bayonne,
accompagnée de l'aumônier du roi ainsi que de M. le curé de Saint-Jean-de-Luz,
durera trois heures.
Ce mariage a marqué toutes les mémoires des habitants de Saint-Jean-de-Luz.
Il faut savoir que le mariage a rapporté la moitié du budget de l'année.
C'est quand même très important.
Le roi, dans sa générosité, a renouvelé les privilèges de Saint-Jean-de-Luz pendant 30 ans.
Quand on parle de privilèges à l'époque, c'est l'exemption des deux impôts les plus importants.
Pendant 30 ans, on n'a pas payé ces deux impôts,
ce qui a contribué aussi à la richesse de Saint-Jean-de-Luz.
Mer et montagne, le drone file à vive allure,
direction les Pyrénées-Orientales à plus de 1000 m d'altitude.
Le choc, l'émotion, une découverte unique,
l'abbaye Saint-Martin-du-Canigou,
un défi pour les hommes bâtisseurs du XIe siècle.
L'origine est un petit peu mystérieuse.
Il y a une légende qui dit que Guy Frey II aurait édifié cette abbaye pour le pardon de ses péchés.
On a pensé que peut-être il aurait tué l'un des membres de sa famille.
Et donc, pour expier sa faute,
il aurait tout d'abord fait construire cette abbaye
et puis ensuite, il se serait fait moine dans sa propre abbaye.
C'est un énorme travail.
Et on a du mal, à notre échelle aujourd'hui, c'est impossible.
Il s'agit de réunir des matériaux.
Vous allez le dire, avec la montagne, on trouve beaucoup de choses sur place.
Mais on s'aperçoit qu'ils ne s'en sont pas contentés,
qu'ils sont allés chercher du marbre de Villefranche-de-Conflans,
du marbre d'Amélie-les-Bains, de Céré, des schistes de Saor.
On ne peut pas du tout dire quand la première pierre a été posée,
quand ça s'est terminé.
Alors, en 1909, on a un acte de consécration qui nous dit que trois lieux ont été consacrés.
Donc, un premier lieu, la crypte, première église.
Ensuite, l'église supérieure, la deuxième, consacrée à Saint-Martin,
la principale, la Bastiale.
Et puis, une chapelle dans le clocher.
C'était une petite abbaye.
Il y avait seulement une trentaine de moines qui y vivaient.
Alors, pour une abbaye bénédictine, c'est assez rare.
En général, il y a 70, 150 moines dans une abbaye bénédictine.
Ici, seulement 30. C'était vraiment une abbaye ermitage.
Rien à voir avec les abbayes de fond de vallée qui ont un rôle économique important.
Comme tous les moines bénédictins, ils suivent la règle.
Donc, ora et labora.
Et c'est ça qui va structurer leur journée.
Donc, labora, ça va être le travail.
Ici, certainement, un travail très domestique et puis un travail des chants.
Et puis, ora, la prière.
Donc, vous savez, le rythme des offices et la messe chaque jour.
L'abbaye de Saint-Martin a connu des heures de gloire et des heures plus sombres.
Au XVe siècle, un tremblement de terre provoque beaucoup de dégâts.
Puis, pendant la Révolution française et comme dans toutes les églises et les monastères de France,
les moines sont chassés et l'abbaye dévalisée.
En 1902, Mgr Karsala Dupont, l'évêque des Catalans, entreprend une rénovation.
Au programme, travaux titanesques et réinstallation d'une communauté religieuse.
Donc, les chapiteaux étaient au cloître supérieur, un lieu où les moines pouvaient prier en marchant.
On n'est pas obligé de rester figé comme une statue pour prier.
Et aussi, ils vivaient la Lectio Divina, la méditation de la parole de Dieu.
Donc, ces chapiteaux étaient faits pour embellir le cloître.
Mais quand on décore nos lieux de vie, c'est pareil chez nous,
on exprime aussi nos valeurs, ce qui compte pour nous.
Donc, il y a un message qui est délivré dans ces chapiteaux, c'est sûr.
Alors, avant notre communauté, il y a déjà une restauration spirituelle
avec Mgr Karsala Dupont et le Père Bernard de Chabannes.
Et puis, notre communauté est appelée en 1988, une communauté nouvelle,
une communauté dans laquelle chaque état de vie vit sa propre vocation,
mais nous formons une même famille spirituelle.
Donc, l'évêque nous a demandé de poursuivre une vie de prière dans ce lieu
et aussi une dimension d'accueil.
Nous ne sommes pas une communauté cloîtrée,
et donc, on a un apostolat d'accueil des personnes pour des visites guidées,
mais aussi pour des temps de ressourcement.
Il y a tous les états de vie qui peuvent s'engager dans cette communauté,
aussi bien des personnes mariées que des consacrés hommes ou femmes,
que des prêtres, que des laïcs célibataires, qui ne sont pas consacrés.
Et donc, nous portons une même mission de prière, d'apostolat,
nous vivons des temps fraternels,
dans le respect de chacune des vocations aussi.
Un émerveillement, ça fait 10 ans que je suis là,
mais je m'émerveille chaque jour de la beauté de ce lieu.
Le Drone continue son inlassable visite des lieux chrétiens du sud-ouest.
Quittant la montagne, empruntant la Garonne, survolant les vignes,
le voici dans le département de la Gironde,
à la découverte d'une petite chapelle unique.
Ici, pas de vin des noces de Cana, mais du Saint-Croix-du-Mont,
un vin blanc liquoreux qui fait tourner la tête des curés de la région.
Voilà une partie du sous-sol.
Alors, c'est pas de la roche, ce sont les fameuses huîtres.
On va rentrer dans ce banc d'huîtres.
Et c'est pas des huîtres consommées sur place,
c'est des huîtres qui ont vécu sur place.
Il faut donc remonter à quelques 20 millions d'années.
C'est à ce moment-là que s'est formé ce banc d'huîtres,
qui s'étend à peu près à 800 m le long de la colline,
avec des épaisseurs de 4 à 12 m.
Et on a des galeries qui font plus d'une cinquantaine de mètres de profondeur.
Murs de bouteilles en or et huîtres fossilisées,
cette chapelle mérite le détour.
Ce n'est pas une grotte, où à l'origine il y avait peut-être une petite grotte,
mais ça a été aménagé en chapelle par le dénommé Pierre de Lancre.
Il était propriétaire de Loubens.
Ce sont des peintures qui sont d'origine du temple de Pierre de Lancre.
Qu'il soit singulier et discret comme cette chapelle en huîtres fossilisées,
ou imposant comme les cathédrales ou la basilique Saint-Michel de Bordeaux,
les lieux chrétiens sont en perpétuelle évolution.
Des architectes, des ingénieurs, des équipes de maçons spécialisés,
des cordistes veillent à tout moment sur l'entretien du patrimoine religieux.
Au départ, je suis un maçon.
Je travaille dans la restauration du patrimoine,
et un jour je me rends compte qu'il existe des formations de travailleurs sur cordes,
donc en faisant ça, je deviens maçon volant.
Je continue mon métier de restauration du patrimoine, mais avec des cordes.
L'histoire, c'est souvent quelque chose de compliqué et qui prête à confusion.
A priori, elle est construite sous la forme d'un campagne-île,
c'est-à-dire un peu ce qu'on appellerait un gratte-ciel aujourd'hui.
D'ailleurs, à l'époque, quand ils la construisent,
elle est la deuxième plus haute flèche après celle de Strasbourg.
Donc à l'époque, comme il n'y avait rien d'autre,
on peut dire que c'était quasiment un des plus hauts monuments du monde.
Si on veut marquer sa puissance, il faut bien que ça dépasse, comme on dit.
Et je pense qu'à l'époque, c'est ce qu'ils ont voulu faire.
Quand on monte sur cette flèche, on y retrouve l'esprit.
C'est-à-dire qu'on monte, on s'élève au-dessus de la ville,
et nous, physiquement parlant, on y est en haut de ce gratte-ciel.
Et c'est un endroit qui est difficilement accessible,
donc c'est vraiment une vision qui est absolument incroyable.
Dans le souci du détail, à l'époque, notamment le Gothique,
ils marquent les monuments avec des chimères qui sont tous horribles,
plus les unes que les autres, à vraiment des êtres incroyables,
et qui sont pour certains visibles que quand on est là-haut.
Et donc nous, on a une vision, on voit des choses en sculpture.
Ils faisaient de la sculpture pour on ne sait pas qui, pour nous peut-être.
Après la fameuse tempête de 99, je suis monté sur la flèche
parce qu'il y avait eu d'énormes dégâts pour le travail.
Là, le maçon volant, et c'est là où j'ai découvert la flèche.
Et depuis, donc ça fait 11 ans maintenant, j'y reviens régulièrement.
Maintenant, je l'investis et il y a un regard artistique sur cette flèche.
Et là, vraiment, effectivement, il se passe quelque chose.
Je pense qu'on finit par se connaître.
Elle finit par me reconnaître.
Voilà une dernière manière pour notre drone d'appréhender les églises.
Et pour lui, chaque mouvement d'elle est un but.
Est-il devenu mystique en visitant toutes ces basiliques, églises, chapelles et cathédrales ?
Qu'observera-t-il lors de son prochain voyage ?
Dans 10 ans, 100 ans, 1000 ans, d'autres églises, plus hautes, plus petites,
immatérielles, englouties, multipliées ?
Tout peut arriver, tout est possible, aux hommes d'en décider.
Pour ce qui concerne l'église de demain, je pense qu'elle va répondre nécessairement aux conditions de l'époque,
aux moyens matériels, aux moyens financiers, bien sûr,
aux attentes également de l'église, du clergé catholique.
On n'aurait plus besoin de pierres matérielles
et que la simple réunion d'une assemblée de fidèles suffit
et que n'importe quel local, local collectif résidentiel, cave, tente,
peut suffire pour abriter une messe.
Je pense, mais je suis fondamentalement un optimiste,
je pense que l'homme a besoin de nouveautés.
L'être humain est fait pour la création et ne vit que de création.
Et c'est essentiel, sans ça, c'est la mort.
Et je suis pour la vie.