Découvrez l’univers unique de la Soierie Saint-Georges, l’un des derniers ateliers lyonnais à préserver l’art traditionnel du tissage de la soie.
Cette maison familiale fait partie des rares ateliers qui utilisent encore la méthode traditionnelle du métier Jacquard, un savoir-faire précieux transmis de génération en génération.
Dans cette interview exclusive, Romain et Virgile De La Calle nous ouvrent les portes de leur atelier et partagent avec générosité l’histoire familiale, les techniques artisanales et les défis contemporains de cette soierie emblématique du Vieux Lyon.
Aujourd'hui, chers lecteurs de Vision Times,
nous vous emmenons découvrir les fameuses Soirées Saint-Georges de Lyon,
un lieu dédié au patrimoine traditionnel familial des Canuts,
où fonctionne encore la mécanique d'un métier jacquard,
un lieu où ont été créées de belles pièces de tissu pour le château de Versailles.
Eh oui !
Bienvenue à la Soirée Saint-Georges.
Je vais vous présenter notre atelier.
Nous, en premier temps, vous voyez, on a une petite mosaïque qui est à l'entrée,
qui est en fait les cinq outils les plus utilisés par le tisseur, par le Canut.
Et elles ont été faites en plus par mes tantes,
donc les soeurs de mon père, qui étaient mosaïques à Lyon,
et aujourd'hui qui sont sur l'Aix-en-Provence.
Et donc, voilà, Valérie et Dominique Villena, qui ont beaucoup de talent,
donc on est très contents.
Eh bien moi, je m'appelle Romain, Romain Delacalle,
donc j'ai 39 ans.
Et donc, effectivement, je travaille dans cet atelier avec mon frère Virgile
et avant avec notre papa, Ludovic.
Et donc, il y a deux ans, avec mon frère,
on a repris cet atelier, au départ à la retraite de notre papa.
Et donc ici, on fait effectivement de la médiation culturelle
et on tisse sur des métiers à tisser jacquard du 19e siècle,
inventés en 1801, donc par jacquard.
Et donc, on peut faire des pièces exceptionnelles sur ces métiers à tisser.
Voilà, dessinées essentiellement à la rénovation de fauteuils
ou pour la tapisserie.
On a la présentation de notre atelier, puisqu'on reçoit aussi du public toute l'année.
Notre but, c'était de ne pas être enfermé dans un atelier de tissage,
mais de recevoir des groupes ou des particuliers
qui veulent voir un atelier comme au 19e.
Voilà, de les emmener 200 ans en arrière, ça c'est très important.
Et donc, on leur explique l'histoire des canuts,
l'histoire du tissage, qui est très important à Lyon.
Les pièces qu'on peut réaliser sur un métier jacquard,
on leur parle du cocon de soie jusqu'à la pièce finie
qui peut être exécutée ici.
Il faut savoir que c'est quand même le dernier dans le Vieux Lyon
et le dernier ouvert au public.
Une deuxième partie, on essaie quand même de répondre
à des petites commandes qu'on peut réaliser sur les métiers à tisser,
donc essentiellement pour la tapisserie ou la rénovation
pour des fauteuils anciens qui sont à rénover.
Et la troisième partie aussi, qui est importante aujourd'hui,
c'est le développement aussi avec d'autres artisans de la région lyonnaise.
Il y a quand même une trentaine d'entreprises qui travaillent la soie à Lyon.
On a de la chance de collaborer avec plus d'une dizaine d'ateliers de la région,
des tisseurs et des imprimeurs,
pour faire des collections pour nos deux boutiques lyonnaises.
Donc, on travaille sur des carrés, des foulards, des écharpes, des cravates
faits dans la région lyonnaise pour nos deux boutiques.
Alors, un canut lyonnais, c'est le nom des tisseurs au XIXe siècle.
Au milieu du XIXe, on a compté à peu près 3500 ateliers de tissage
pour 40000 tisseurs, donc 40000 canuts.
C'est comme ça qu'on les appelait, on les surnommait.
Donc, en général, c'était des petits ateliers familiaux.
Il y avait 2-3 machines par atelier.
Ce n'étaient pas des grandes usines.
Et les gens habitaient dans leur atelier de tissage.
Donc, ils vivaient quand même dans des conditions assez compliquées.
J'ai des tableaux, justement, par ici,
qui représentent un atelier typique de canut,
où les gens habitaient, ils faisaient à manger dans leur atelier.
Le métier à tisser avait été installé dans l'atelier de canut.
Il y avait 4 mètres de plafond avec un plafond à la française en bois.
Et une partie du métier à tisser était tenue sur le plafond.
Je vous présente un peu notre matière première, le cocon de soie.
Alors, il y a 5000 ans, c'est la Chine qui avait trouvé la soie.
Ils ont gardé le secret pendant très longtemps.
C'était interdit de divulguer le secret, sous peine de mort.
Et donc, leur histoire, en tout cas, c'est l'histoire qu'ils nous ont rendue,
authentique ou pas, on ne sait pas.
Mais en tout cas, ce serait une princesse chinoise
qui buvait un thé sous un arbre.
Et un cocon de soie serait tombé dans sa tasse de thé.
Elle aurait voulu retirer le cocon de soie.
Et en retirant le cocon de soie,
elle aurait découvert la soie sur le cocon, directement.
Voilà.
Et alors, c'est comme ça qu'ils ont...
Donc, ils ont gardé le secret pendant très longtemps,
puisque c'était il y a 5000 ans.
Et on a développé, après, les manianeries,
les fermes à cocons, dans des régions françaises
comme l'Ardèche ou les Cévennes.
Aujourd'hui, vous avez encore beaucoup de muriers
qui poussent dans la nature.
C'est parce qu'on les a plantés exprès pour nourrir ces cocons de soie.
Et donc, les vers à soie,
c'est un petit ver qui va manger des feuilles de murier.
Et quand il mange des feuilles de murier,
il grossit, grossit, grossit.
Quand il arrive à une dizaine de centimètres,
c'est une petite chenille toute blanche.
Eh bien, elle va s'arrêter de manger.
Et comme une araignée,
elle va sécréter un fil de soie directement
qui va sortir par sa bouche.
Ce fil de soie,
elle va s'entourer pendant 4 jours, 4 nuits.
Elle s'entoure du fil de soie.
C'est là.
Elle crée le cocon de soie autour d'elle.
Donc, si on la secoue,
on l'entend.
Donc, elle sécrète ce fil,
elle crée le cocon.
Si on laisse faire la nature,
elle découpe,
elle se transforme déjà en premier temps à l'intérieur,
elle devient un papillon.
Elle va découper le cocon,
elle va sortir.
Et là, ça sera la fin de sa vie.
Elle va mourir un serpillant.
C'est un papillon éphémère.
Et nous, on veut récupérer cette soie.
Donc, on va faire bouillir ce cocon
dans l'eau chaude.
Donc, à ce moment-là,
il y a une colle qui va se défaire sur le cocon.
Et le fil va partir
en une seule fois.
Et vous avez en moyenne,
un kilomètre de soie sur un cocon.
Donc, c'est un fil qui est très très long.
Comme ça.
Vu que le fil est encore
assez fin,
même s'il est résistant,
on va partir de là
et on va mélanger entre 5
et 35 fils de cocon ensemble
pour avoir un fil plus ou moins épais.
Celui qui est ici, là,
sur le métier à tisser,
qui est posé ici sur la chaîne également,
c'est celui-ci.
On le voit à la lumière.
Il faut vraiment tirer
pour le casser.
Là, c'est environ 30 fils de cocon réunis.
30 fils de cocon réunis.
C'est pour ça qu'il est plus résistant.
Si vous partez, à la base,
pour un fil plus fin,
par exemple pour faire tisser
une moussine de soie,
un fil à la base qui est très fin,
c'est entre 5 et 10 fils de cocon réunis
pour un seul fil.
Ce qui fait qu'en plus de la technique de tissage
pour réaliser de la moussine,
vous aurez un fil déjà à la base très fin,
plus cassant.
Et là,
c'est la couleur naturelle de la soie.
Ça, on faisait des perruques.
À Versailles, c'était des perruques de soie.
Directement.
C'était des grandes perruques de soie.
Des perruques qui pouvaient monter jusqu'à 1 mètre de haut
sur la tête des dames.
Effectivement, c'était des perruques de soie.
Vraiment cette couleur naturelle, beige,
de la soie.
Ça, c'est une première chose.
Je vais vous montrer juste ici.
Je passe de l'autre côté.
Cette soie est beige.
Elle est blanche.
Les manianeries étaient en Ardèche, dans la Cévennes,
comme je disais.
Et après, cette soie, on la faisait partir dans la Loire,
à une heure de Lyon.
Là-bas, il y a une très bonne qualité d'eau,
donc ils faisaient toute la partie teinture,
coloration, là-bas.
Pour que ça arrive à Lyon,
chez les tisseurs, chez les canuts,
directement, une matière première déjà teintée,
prête à être utilisée.
C'est, par exemple,
ces bobines de soie de toutes les couleurs.
Et pour vous donner une idée,
en termes de choix,
je vais vous montrer cet échantillon.
Ce nuancier,
hop, regardez ça,
c'est un nuancier
où on a
1400 couleurs différentes.
Et ça, c'est
une nouvelle collection, on va dire,
du printemps 1902.
Donc ça a quand même
un paquet d'années.
Donc ça, c'est de la soie.
Aujourd'hui, hélas,
cette soie n'est plus cultivée,
enfin, ce verre à soie n'est plus cultivé
ni en France ni en Europe.
Donc aujourd'hui, c'est principalement
la Chine et le Brésil
et quelques petits pays d'Asie
qui cultivent ce verre à soie
et qui l'exportent dans le monde entier.
Donc que ça soit moi, que ça soit Hermès
ou n'importe quelle soie yoyonnaise,
à part une soie chinoise-brésilienne,
essentiellement,
c'est très difficile de trouver
une soie européenne, voire impossible,
en fait, tout simplement.
Donc ça, c'est vraiment la matière première aujourd'hui
qu'on est obligé d'importer,
en fil brut ou en fil déjà teinté.
Et après, tout le reste,
les dessins,
l'impression,
le tissage, les finitions,
tout le reste peut être fait ici dans la région,
mais effectivement, cette matière première,
aujourd'hui, a disparu en Europe.
Avec l'arrivée de l'industrialisation
et des métiers à tisser mécanisés,
donc fin 19e,
des nouvelles matières sont arrivées,
en même temps que la chimie.
Donc du polyester, par exemple,
ici du pétrole,
le coton, la laine, des matières beaucoup moins chères
que la soie, puisque là, on parle d'un animal
où il y a toute une culture derrière,
avant d'avoir un fil fini.
Tout ça fait que ces nouvelles matières,
elles ont remplacé au fur et à mesure,
sur les métiers mécanisés, la soie.
Donc on a abandonné ces cultures de soie.
Pas d'un point de vue technique,
parce qu'aujourd'hui, on pourrait encore
techniquement refaire de la soie,
mais c'est vraiment d'un point de vue plutôt financier
qu'on s'est tourné vers de nouvelles matières
pour les métiers mécanisés.
Alors aujourd'hui, il n'y a pas de cultures qui sont lancées
dans la soie, donc on importe toujours cette soie.
Alors je sais que du côté de Tours,
ils en ont parlé il y a encore quelques mois à la télé,
du côté de Tours, il y a l'entreprise de tissage
qui a voulu relancer un peu,
qui utilise aussi de la soie,
et qui voulait relancer un petit peu
les manienneries, et donc la culture du verre à soie
pour avoir une soie française.
Et donc ils se sont associés
à différents châteaux de la Loire,
de grands châteaux et de plus petits châteaux,
qui ont des grands parcs,
et donc ils ont planté les muriers là-bas,
et ils vont faire des petites cultures,
donc des petites manienneries en interne
dans chaque château pour avoir
une soie française, et l'utiliser après
dans leur tissage.
Alors effectivement, dans un premier temps,
c'est forcément un peu de communication,
peut-être pas très rentable,
et en termes de qualité,
ça prendra peut-être aussi un peu de temps,
avant d'avoir une soie vraiment potentiellement
qu'on peut utiliser après un tissage,
mais voilà, c'est une première étape,
et c'est mieux que rien.
Déjà, il faut comprendre à quoi
sert un métier à tisser,
je pense que c'est la première
pierre pour
comprendre le travail textile,
il faut déjà se dire que le tissu,
c'est l'entrecroisement de la chaîne et de la trame,
et ça, c'est hyper important
pour comprendre comment fonctionne
le métier à tisser. La chaîne,
c'est les longs fils sur le métier,
c'est les fils horizontaux,
et la trame, c'est le fil qui va aller
en travers des fils de chaîne.
L'entrecroisement des deux
crée le tissu, ça crée une armoire.
On va travailler sur ce qu'on appelle
des mécaniques jacquard, qui sont sur
la partie haute du métier,
et ces mécaniques-là sont
des cartes parforées, donc vous avez
des cartons avec des trous dedans,
et en fonction de l'emplacement
des trous,
vous allez donner une information,
vous n'allez pas donner une information,
c'est du 0 ou c'est du 1, c'est du binaire.
En fonction de l'emplacement des trous,
ça va donner l'information à la chaîne
de fils, donc c'est les fils qui sont en longueur,
de se lever ou non.
Et en fonction des fils qui se lèvent,
quand vous passez la trame avec une navette,
vous allez entrecroiser certains fils
ou non, et vous allez ligne par ligne,
fil par fil, vous allez créer une armeur,
un tissage, et c'est ce qui va créer le tissu.
Là, on a des métiers
traditionnels, c'est-à-dire des métiers
du XIXe siècle qui ne sont pas du tout électrifiés,
et donc les métiers jacquard,
c'est une mécanique jacquard exactement,
c'est la partie haute du métier à tisser
qui a été inventée par jacquard en 1801,
et il a inventé,
enfin il a pris des inventions
qui existaient déjà, et il a mis en place
les cartes parforées sur le métier à tisser.
Et les cartes parforées vont nous faire le dessin.
C'est important de comprendre un mécanique jacquard,
c'est vraiment tout ce système mécanique
qui se trouve en haut,
qui fonctionne avec les cartes parforées,
et quand vous allez appuyer sur la pédale,
c'est ce qui va donner,
grâce à une carte parforée,
l'ordre à certains fils de se lever.
Donc j'appuie,
les fils de chaîne se séparent,
la foule se lève.
Et en fait,
avec la navette,
ce qui permet de passer la trame,
vous allez entrecroiser
du coup,
chaîne et trame.
D'accord ?
Je vais rappuyer une deuxième fois.
En fait, vu que la carte parforée a changé,
c'est d'autres fils
qui vont se lever.
Ce qui permet de passer
un autre fil de trame.
J'espère que c'est suffisamment
compréhensible
d'un point de vue technique.
Je rappuie une autre carte parforée,
Le tissage traditionnel de la soie
est une affaire de famille
chez les Delacalle.
Virgile se souvient que leurs parents
les ont toujours poussés à comprendre
le processus de création,
à s'intéresser à l'art, à la confection
et à la conception de l'art de manière générale.
La mission pédagogique de Romain et Virgile
inclut donc également,
tout naturellement,
la narration technique et historique
des métiers autour de la soie.
Dans leur atelier remourgué,
la famille Delacalle, fondatrice
des Soirées Saint-Georges,
possède, en fonctionnement,
deux métiers à tisser traditionnels
dits mécaniques jacquard.
Ils datent du XIXe siècle
et ne sont pas du tout électrifiés.
Un de leurs métiers à tisser
est monté pour fabriquer du velours,
tandis que l'autre métier
l'est pour tisser du brocard d'or,
d'argent et de soie essentiellement.
La famille Delacalle possède
un troisième métier à tisser,
et oui, qui se trouve dans la boutique
du quartier Saint-Jean.
Celui-ci ne fonctionne pas encore,
mais Virgile et Romain espèrent bien
le voir renaître dans les années futures.
Venez, suivez-moi,
Virgile vous raconte
le métier à tisser jacquard.
Et les cartes, parfois,
vont nous faire le dessin.
C'est-à-dire, je vais vous montrer,
hop, voilà,
on a des dessins techniques,
on en a d'autres ici,
mais on en a des très beaux,
vous avez dû voir à l'autre lieu,
je vous ai montré ça hier.
On a des dessins techniques
qui sont très bien réalisés en peinture,
et donc c'est des pièces anciennes,
et chaque petite ligne du dessin
va être lue, et on va regarder
où passe la couleur,
combien de couleurs passent,
et par rapport à ça,
on va faire la mise en carte,
c'est-à-dire réaliser les cartes perforées.
Si vous avez 300 lignes différentes,
vous aurez 300 cartes perforées.
Comment ça marche ?
Alors déjà, là on a des navettes de tissage,
là c'est du fil d'or, du fil d'argent,
par exemple, vous avez 8 couleurs dans le tissu,
vous aurez 8 navettes devant vous.
On a une petite pédale,
quand on appuie sur le pédalier,
ça fait tourner la carte perforée
au-dessus du métier à tisser.
Donc à chaque fois que j'appuie,
ça fait tourner une carte perforée.
Et donc quand ça fait tourner la carte,
il y a des crochets qui vont se mettre
dans les trous des cartes perforées,
et qui vont soulever, en fait,
plus ou moins de fil sur mon métier à tisser
pour faire les dessins,
et passer les navettes de tissage.
Le tissage, c'est bon,
c'est entre 2 et 10 cm par jour,
dans les difficultés du dessin,
ou dans le docteur.
Et le métier jacquard,
enfin la mécanique jacquard plutôt,
elle est révolutionnaire à tel point
que même les premiers ordinateurs IBM
avaient repris l'idée des cartes perforées
pour leurs premiers ordinateurs.
Donc les vieux ordinateurs,
ils avaient des cartes perforées comme ça.
Les grands-parents avaient connu ça.
Moi j'ai pas connu, mais...
C'est le gros avantage, en fait,
de la mécanique jacquard.
Pour quelles raisons
la mécanique jacquard est si puissante
et si intelligente ?
C'est justement parce que vous allez coder
votre motif sous forme de binaire.
L'emplacement des trous
dans les cartes perforées,
c'est ce qui crée le motif.
C'est pour cette raison
que c'est beaucoup plus pratique
que les anciens métiers
qui existaient auparavant,
qu'on appelle les métiers à la grande tire.
Et les métiers à la grande tire,
je vous la fais vraiment très court.
Les métiers à la grande tire,
vous avez un gros tas de ficelles,
des samples,
qui sont au-dessus du métier,
à la place de la mécanique jacquard.
Et ces gros tas de ficelles sont connectés
à la chaîne de fil.
Ces samples sont
sur le côté du métier.
Et vous allez avoir plusieurs ouvriers textiles.
Vous allez avoir un tisseur qui va passer la trame,
mais vous allez avoir ce qu'on appelle des tireurs de la.
Les tireurs de la tirent
ces ficelles
pour faire lever une partie
de fil de chaîne.
Vous comprenez bien que quand vous avez
plusieurs ouvriers textiles
sur un même métier
pour avoir le motif au tissage
et en plus vous pouvez créer
une petite quantité de centimètres,
c'est beaucoup moins pratique
qu'un seul tisseur,
une partie mécanique
où vous codez votre motif
et où vous avez
beaucoup plus de productivité.
On a deux métiers jacquard en fonctionnement.
Celui-là est monté pour du velours.
L'autre est monté pour du brocard doré d'argent
et de la soie.
Et on a un troisième métier à tisser
qui est monté dans la deuxième boutique rue Saint-Jean
donc qui n'est pas en fonctionnement
qu'on espère faire fonctionner
dans les années qui arrivent.
On a commencé à le monter petit à petit.
Il y a encore quelques étapes
qui manquent avant qu'il soit en fonctionnement
mais il y a tout
pour fonctionner un jour.
Comme je vous disais, par exemple le portrait jacquard
c'est 19 000 lignes différentes, donc 19 000
cartes perforées ont dû être créées
pour installer sur un métier à tisser
avant de commencer à tisser.
Donc ça
c'est la partie vraiment traditionnelle
du métier jacquard.
Et effectivement fin 19ème siècle
avec l'arrivée de l'électricité
il y a la mécanisation
l'industrialisation qui est arrivée
et on a fait
des métiers à tisser mécanisés.
Donc finalement on va mécaniser
donc on aura toujours dans un premier temps
des cartes perforées mais effectivement
les navettes vont passer beaucoup plus rapidement
ça va être mécanisé
et puis après l'ordinateur
fait qu'on va remplacer toute cette partie-là
mais vous aurez toujours
une chaîne de soie, de laine ou de coton, de ce que vous souhaitez
et des navettes de tissage qui vont passer
très rapidement.
Et à côté de ça, notre papa
il a aussi quand même conservé du matériel
ancien
chez lui dans le Beaujolais
à 40 minutes de Lyon
et là-bas il a pu mettre du matériel ancien
qui est démonté
qui est mis de côté pour pas qu'il parte
à la poubelle.
Alors je vais vous présenter ces trois pièces
déjà on va commencer par ces deux-là
c'est des pièces qui ont été
tissées par mon papa
alors déjà là vous avez du brocart
ça mélange
d'or, d'argent et de soie
c'est vraiment une spécialité lyonnaise
le brocart, c'est très fin
en termes de tissage, c'est seulement entre
5 et 10 cm par jour
en termes de tissage donc c'est très long à faire
et la deuxième technique également
qu'on peut réaliser sur un métier jacquard
c'est le velours
alors le velours c'est vraiment la technique de tissage
puisqu'on peut faire
ce petit effet de velours
très doux avec du coton
de la laine ou n'importe quel matériel
là effectivement c'est 100% soie
et donc le velours
quand vous avez différentes épaisseurs de velours
comme ça, ça peut être fait qu'à la main
il n'y a pas de métiers mécanisés qui vont réaliser ça
donc c'est vraiment en général fait à Lyon
sur un métier jacquard
là on parle de 2 à 3 cm par jour
donc c'est vraiment très très long à réaliser
et donc le velours
on le fait sur ce métier tissé
et donc on va insérer
des petites tiges métalliques
dans la chaîne de soie, je peux vous montrer ici
on va insérer
donc une petite tige métallique dans la chaîne de soie
juste ici
ça va créer en fait juste ici
une boucle de soie sur la tige métallique
et grâce à un rabot
c'est un deuxième outil
un petit outil
avec une lime de cutter
on va couper sur la tige métallique
la boucle pour créer
le fil de velours derrière
donc c'est pour ça que là c'est exceptionnel puisque vous avez
différentes épaisseurs de velours
donc différentes tiges métalliques qui vont être utilisées
et c'est extrêmement
long à réaliser
la contrainte par contre c'est qu'on ne peut pas se tromper
sur du velours puisque le fil est coupé
donc il faut être très précis au niveau de ses gestes
je vais vous montrer
après aussi une dernière pièce
la plus connue, on va dire
l'échantillon le plus célèbre qu'on peut avoir ici
dans notre atelier
c'est ce tissu vert
alors effectivement il est uni, il est vert
mais c'est une pièce qui a été posée au château de Versailles en tapisserie
donc le château de Versailles
ça parle à tout le monde dans le monde entier
et donc c'est aussi lié également à mon papa
qui l'avait fait donc il y a longtemps
donc il travaillait chez les anciens
donc c'était une sous-traitance qu'il avait fait
avec différents ateliers
et donc là vous avez différentes épaisseurs de velours également
et donc en tapisserie
vous pouvez le voir à Versailles
donc là c'est pareil c'est entre 2 et 3 cm par jour
pour faire l'ensemble des pièces de Versailles
il faut savoir que ça a pris 25 ans
aux différents ateliers
mon père a travaillé que sur celui-ci
pas sur les autres pièces de Versailles
et voilà
donc ça a été un travail très très long
moi j'étais encore tout petit
donc c'était même dans les années 80
70 donc effectivement
j'étais même pas né pour tout vous dire
mais effectivement ça c'est des pièces
qu'on essaie de mettre en avant
parce que déjà un c'est notre papa
qui l'a fait
et puis Versailles ça parle à tout le monde
alors mon papa Ludovic
il a fait l'école de tissage
donc dans les années 70
après son diplôme
il est parti
chez les anciens à la Croix-Rousse essentiellement
il y avait encore une centaine d'ateliers
dans les années 70
fin des années 70
donc c'était plus facile pour se spécialiser
sur métier traditionnel
en plus du métier mécanisé
donc il a navigué dans quelques ateliers
et après il est arrivé
à la Maison des Canuts
où à la Maison des Canuts il a monté un peu
les échelons, il a appris
toutes les techniques de tissage là-bas avec les anciens
puis il a dirigé la Maison des Canuts
pendant 25 ans donc il est resté très longtemps quand même là-bas
donc voilà
moi j'étais jeune à ce moment-là
j'ai grandi à la Croix-Rousse
là où il y a eu le plus de canots au 19ème siècle
donc j'ai toujours connu ces métiers à tisser
je suis toujours allé
à la Maison des Canuts pour voir
un petit peu comment ça fonctionnait
donc pour ceux qui ne connaissent pas la Croix-Rousse
c'est le quartier qui a été créé
enfin construit au début
du 19ème siècle pour accueillir
les mécaniques jacquard donc c'est vraiment un quartier
qui est tourné sur le textile
d'un point de vue de son histoire
et en 2000 quand il a
laissé la Maison des Canuts
il a remonté cet atelier de tissage en un an en plus
du matériel qu'il avait mis de côté
pour pas que ça parte à la baine ou que ça soit
pas détruit et donc il a repris
ce lieu dans le Vieux Lyon
pour que ça continue
et finalement il est revenu là où
le tissage avait commencé
au début du 16ème siècle
avec l'arrivée des premiers italiens dans le Vieux Lyon
qui apprenaient le tissage au Lyonnais
et donc c'est ici où
tout a commencé
donc voilà ça, ça lui tenait à coeur
de venir ici
et donc moi ça fait plus de 10 ans finalement
et mon frère
Virgile nous a rejoint il y a un peu plus
de 5 ans
donc petit à petit on a appris aussi auprès de notre père
le tissage, a réparé aussi
un métier à tisser, à installer des fils
parce qu'on fait pas que tisser, il y a beaucoup de
temps où on entretient les
machines
pour les utiliser correctement
qui a duré encore très longtemps
et il y a 2 ans notre papa
est parti officiellement à la retraite
et donc on n'a pas
tout à fait fini notre
ressource avec lui, donc de temps en temps il vient
nous aider, nous apprendre des choses
et finaliser des choses
avec lui. Alors ça c'est une
pièce exceptionnelle
en tissage noir et blanc
voilà, qui a été
tissée exactement, la date c'est
1928
et donc qui était offerte
à l'époque à des
officiels ou à des ambassadeurs étrangers
et donc c'est
une pièce exceptionnelle, il y en a très peu
nous on a la chance d'en avoir 2, d'en avoir
acheté 2, donc on montre
régulièrement aux gens parce que voilà, elle est très belle
tous les visages sont différents
donc ça c'est des mois et des mois de travail
pour un atelier de tissage, de faire ça
vous avez quelques exemplaires
il y en a un au musée de Londres
un à la maison des Canuts
vous avez un exemplaire aussi au
musée des textiles de Lyon
et surtout un exemplaire
à la Maison Blanche à Washington
c'est des pièces qu'on met en avant
parce qu'elles sont très rares, on a mis 30 ans
à le chercher
sur la soixantaine de tableaux tissés différents
qu'on a, c'est
un des plus rares qu'on ait
et donc on a eu la chance en plus d'en acheter 2 l'année dernière
Aujourd'hui
en métier mécanisé c'est la majorité
des ateliers lyonnais ou de la région
pour faire par exemple
des t-shirts, de ce qu'on souhaite
des draps ou autre
et donc là il y a quand même une trentaine d'entreprises
qui travaillent la soie à Lyon
600 entreprises textiles dans la région
Rhône-Alpes qui vont travailler aussi d'autres matières
qui utilisent donc des métiers à tisser
mécanisés
et sur la trentaine d'entreprises qui travaillent la soie
au moins la moitié
ont des métiers mécanisés
pour faire par exemple des foulards, des écharpes
des pièces de notre boutique
donc nous on collabore avec eux
donc là c'est beaucoup plus vite en tissage
c'est très rapide
Pour vous donner une idée, par exemple on travaille
avec un atelier qui s'appelle Sphat et Combier
sur la dizaine
Sphat et Combier
ils sont pas très loin de Lyon
ils sont à une heure de Lyon
eux ils ont à peu près
une quarantaine de machines mécanisées
ils sont spéciaux en tissage de moussines de soie
c'est à dire des choses assez légères
comme ça transparentes
donc on fait plein de collections avec eux
sur des textiles bien techniques comme ça
on travaille aussi beaucoup
avec TSD
donc c'est une entreprise familiale qui est à la Croix-Rousse
donc pas très loin
de la maison des Canuls
ils ont leur bureau là-bas et eux ils ont déménagé leurs métiers à tisser
parce qu'il faut quand même un peu de place
donc à Saint-André-de-Corty
c'est à 30 minutes de Lyon à peu près
eux ils en ont un peu moins
ils ont une dizaine de métiers à tisser
donc c'est une petite boîte familiale
avec qui on travaille
on fait nos collections de mélanges de laine et soie en écharpe
parce qu'ils sont bien spécialisés dans les mélanges de laine et soie
et donc on fait
des très belles collections avec eux
de tissage, de coloris
donc toute l'année on vend des écharpes
dans nos deux boutiques
après à Saint-André-de-Corty
c'est deux ateliers à côté de Lyon
qui ont des métiers jacquards
donc toute l'année les tisseurs sont concentrés
sur la pièce qu'ils réalisent
qu'ils tissent
et donc c'est fermé au public
à part pour des journées du patrimoine
et donc du coup pour des choses très complexes comme ça
il faut être vraiment concentré
et donc nous vu qu'on a que deux métiers ici
deux métiers jacquards
forcément on peut pas avoir la même production
que eux, c'est pour ça qu'on a
on a voulu faire aussi
l'ouverture du public pour recevoir les groupes
ça c'est important, également avoir des boutiques
pour compléter en fait
le temps qu'on va pas passer à développer
nos pièces sur métiers traditionnels
je vais vous présenter un petit peu
les différentes techniques qu'on peut avoir
par exemple pour la boutique
donc on travaille avec pas mal d'ateliers de la région
on travaille avec eux
vraiment c'est une collaboration
c'est à dire qu'on va choisir avec eux
les colorations utilisées, les dessins qu'on utilise
savoir sur chaque dessin
si on fait une gamme avec différentes coloris
3, 4 couleurs différentes ou pas
et donc chaque atelier a vraiment sa spécialité
et ça c'est vraiment bien
parce que
on peut proposer plein de choses différentes
en boutique et à tous les prix
et pour tous les goûts
alors par exemple je vous parlais tout à l'heure
de l'atelier TSD
l'atelier TSD c'est un mélange de
laine et soie, c'est vraiment leur spécialité
donc ça c'est un tissage, c'est à dire qu'on a déjà
les fils de couleur et c'est vraiment le métier
à tisser qui va nous faire le dessin
ils utilisent des métiers jacquard
donc du coup vous avez le négatif à l'arrière
qui inverse les couleurs, vous pouvez le mettre des deux côtés
sur la même technique
on va avoir du tissage
100% soie en jacquard
des mélanges de cachemire et soie
également tissé
après on a
une deuxième grande technique
c'est l'impression sur soie
l'impression sur soie
alors il y a plusieurs techniques
on utilise
l'impression numérique en premier aujourd'hui
l'impression numérique c'est quand même les choses
qui vont beaucoup plus vite en termes d'impression
c'est ce qu'on fait par exemple pour nos
nos petits foulards ici
des petits carrés de soie
ou une nouvelle collection
qui arrive en plus
ça c'est notre nouvelle collection
qu'on a travaillé avec Audrey
qui a fait les Beaux-Arts
et qu'on a pris 6 mois avec nous dans l'entreprise
et donc on a développé des collections
de dessins
sur ses propres dessins
mais également par exemple je vais vous montrer
sur des
sur le thème de la ville de Lyon
avec les monuments de Lyon
donc ça c'est des choses qui sont imprimées à Meribel
donc ça c'est dessiné, imprimé
toutes les couleurs
sont fixées dans une entreprise locale
et derrière c'est confectionné
aussi à Lyon, côté de Lyon
donc ça vous voyez c'est des pièces qu'on propose
en boutique
petits carrés, grands carrés, grandes étoiles
mais voilà on essaie aussi de développer
plein de nouvelles choses
sur le thème de Lyon
ou d'autres
on a aussi une collection
avec les reproductions de tableaux
on a les droits
on a racheté des droits pour réimprimer les tableaux
donc on a une dizaine de tableaux
comme Van Gogh, Monet, Klimt
Renoir
et ça ça plait énormément aussi
avec des beaux tableaux comme ça qui vont être imprimés
mais en tout cas
voilà à quoi ça va ressembler
et ça voilà c'est vraiment des exclusivités
et vous retrouvez donc sur nos disquettes
notre logo, notre site internet
le 100% soie, le Fabrication à Lyon
Made in France, etc.
donc ça c'est l'impression numérique
qui permet aussi d'avoir des choses un peu moins chères
puisque c'est plus rapide à imprimer
on fait de l'impression au cadre
Soirée Cheval c'est une entreprise
familiale qui a 500 forêts
à deux ondes
qui sont très sympas aussi
donc ils ont des grands cadres d'impression
ils déroulent de la soie sur 30-35 mètres
et
ils vont imprimer au cadre
couleur par couleur
donc c'est des cadres qui sont gravés
et c'est comme ça qu'on peut faire des pièces comme ça
alors là c'est imprimé sur une bande satin
donc il y a deux effets de soie
ils peuvent imprimer également
sur une soie qui va être unie
voilà, donc ils vont passer
à la couleur dorée ou à l'argent des étoiles
par exemple, donc ça c'est imprimé au cadre
et sur ce même atelier
on va réaliser également
de la peinture sur soie
peinture sur soie, alors là vous pouvez
utiliser une soie unie
un tuile de soie plus épais
également une moussine de soie un peu plus
transparente, comme ça
donc ça reste 100% soie
mais c'est juste que
le tissage est plus léger
donc les fils sont plus séparés, ce qui crée de la transparence
et donc eux, ils vont prendre
de la peinture et ils vont peindre
directement les dessins
et les coloris sur la soie, donc finalement
ça en fait des pièces uniques, et d'ailleurs
on travaille avec une deuxième peinte pour ça, pour compléter
un peu le style de nos collections
donc c'est Émilie qui est dans la Loire
à une heure de Lyon, un peu plus loin
et donc elle, elle va faire pareil, de la peinture sur soie
donc des pièces uniques, donc toute l'année
on essaie de les faire travailler
sur des pièces comme ça, qu'on vend que
dans nos deux boutiques
une technique aussi qui est très intéressante
c'est le velours
alors le velours
chez soie et cheval, c'est une technique qui maîtrise bien
alors vous en avez
plus unis là-bas par exemple
et puis vous en avez d'autres qui seront
des velours dévorés
c'est à dire que
là vous avez un fond de soie
qui est transparent, c'est notre base de travail
par dessus, le velours
donc c'est une deuxième matière issue du
bois qui s'appelle le viscose
donc le viscose c'est un fil très fin
qui va être entièrement tissé sur la soie
façon mécanique cette fois-ci
et avec un acide
on va faire un dessin directement sur le velours
et l'acide, en le faisant chauffer
il va faire fondre le velours
mais pas la soie, c'est pour ça qu'on appelle ça
du velours dévoré
comme rongé en fait par l'acide
et donc ça c'est une technique
de fin 19ème, 1870
et voilà c'est une technique
il y a peu d'ateliers sur les 30
qui font encore cette technique là
et donc on fait des velours dévorés, on développe ça
toute l'année également comme ça
c'est très lumineux et c'est vrai que ça change
le tissage vu de l'impression
ça donne un effet un peu différent
là c'est un dessin vraiment ancien, classique
mais on a développé par exemple des dessins aussi
modernes, ce qu'il en faut pour tous les goûts
avec des dessins comme ça
des grandes fleurs
alors c'est fait en série
on ne fait pas en pièce unique
d'ailleurs quand vous faites
un peu avec des métiers mécanisés
ou avec des entreprises, vous ne pouvez pas faire
à une seule pièce sinon ça coûte beaucoup
trop cher, vous ne pouvez pas les revendre en boutique
donc effectivement on part sur
des minimum de 50-100 pièces à chaque fois
par couleur et par pièce
donc effectivement ça va prendre du temps
après en boutique pour les vendre
mais ça permet derrière qu'ils aient du travail
pendant quand même pas mal de temps
et que ça soit intéressant pour tout le monde
donc en général
par exemple pour du velours dévoré
pour donner cet exemple
quand on se met d'accord sur un dessin
et
sur un coloris
ils vont nous le faire
sur environ 10-15 mètres
pour une couleur
et entre le moment
où on prend la commande
et le moment où ça part en confection
donc il y a un autre atelier
parce que là tous ces ateliers nous donnent après des rouleaux
donc après les rouleaux ils sont livrés ici
mais nous on doit les emmener
en confection
donc là c'est un autre atelier qui s'appelle Maison Edouard
d'ailleurs entre parenthèses
il a été repris par Juliette
qui est une jeune dame
qui a repris cet atelier
d'une dame qui partait à la retraite
il y a là-bas toute la confection
le découpage des rouleaux, l'accrochage des étiquettes
le roulottage
avec différentes techniques de roulottage
est fait là-bas
c'est à 40 minutes de Lyon
et toute la partie roulottage finissons
est faite là-bas
c'est un autre atelier
avec qui on travaille
mais ça effectivement entre le moment où on a pris la commande
le moment où on a les rouleaux
il faut à peu près 3 semaines, 1 mois
et le moment où on donne les rouleaux qui soient découpés
et qu'on les reprenne en boutique
1 mois également
donc effectivement il faut un peu anticiper
parce qu'il faut pratiquement 2 mois
entre le moment où vous avez pris la commande
et le moment où vous allez recevoir les premières pièces pour les mettre en boutique
là on est en association avec une autre boîte
alors là c'est vraiment spécial
parce que tout ce qui cravate
noeud papillon, un peu écharpette
alors c'est 100% soi également
mais là on travaille avec quelqu'un
qui est spécial un peu dans les produits pour hommes
donc il va faire
vraiment de l'accessoire comme ça
et donc
effectivement on a
des belles cravates en soie
parce que là il faut quand même des machines pour mettre après les tissus
sous forme cravate
avec notre logo ici
sous forme cravate en soie
vous voyez il y a une doublure qui est réalisée
donc il y a vraiment un savoir faire qui est là
et donc là c'est un autre atelier
avec qui on travaille qui aime faire les cravates
les noeuds papillon
un peu quelques écharpettes
voilà
alors déjà c'est une collaboration
on travaille avec des gens qui sont super sympas
qui font tout pour que la soirée continue
dans la région
c'est vrai que je ne vous ai pas montré
mais par exemple vous voyez
quand on a des pièces qui ont des défauts
des foulards qui sont abîmés ou des fils tirés
qu'on ne peut plus faire grand chose
finalement
on a mis aussi en collaboration
donc
on travaille beaucoup avec Claudine
Claudine c'est une fille
son entreprise s'appelle l'Orangerie
elle est bijoutière
elle est très sur la Croix-Rousse
et Claudine en fait
elle a beaucoup de talent donc elle redécoupe la soie
dans les foulards directement
elle redécoupe la soie en petites pièces
et avec du plaqué or elle nous fait des bijoux en pièces uniques
qu'on vend du coup en petites séries
à Saint-Jean
et la deuxième chose qu'on fait
avec nos pièces qui sont un peu abîmées
on va faire des chouchous en soie
vu qu'il faut beaucoup moins de tissu
on va redécouper des bandes de tissu
et là à Maison Edouard ceux qui les font
nous font des chouchous en soie
qu'on va vendre en boutique
ça permet vraiment de ne pas avoir de perte
de réutiliser des pièces qui peuvent abîmer
mais ne plus être vendues en boutique
et vu que la soie c'est une matière noble qui coûte cher
autant l'utiliser jusqu'au bout
au niveau de la qualité de soie
aujourd'hui par exemple le polyester
c'est issu du pétrole
donc le polyester
c'est très difficile
seulement au toucher
de voir entre un très bon polyester
et une mauvaise soie pratiquement
puisqu'en termes de reflet
c'est pratiquement pareil
donc là il faut prendre
on ne peut pas le faire sur un foulard en boutique
mais nous si on veut voir un rouleau
pour être sûr on prend un feu
donc un briquet
vous brûlez un petit fil de polyester
ça va sentir tout de suite le pétrole
quelque chose un peu chimique
alors que si vous brûlez un petit fil de soie
à ce moment là ça va sentir
quelque chose d'un petit peu naturel
plus comme de la paille brûlée
et donc c'est là où on va avoir la différence
pour différencier les deux
après effectivement il faut faire confiance aussi
aux entreprises quand même
donc effectivement nous on travaille
que de la soie sur nos carrés
donc c'est 100% soie
forcément il y a des étapes
comme je vous parlais tout à l'heure la matière première
aujourd'hui quelqu'un qui vous dit
que la soie, le fil de soie elle la fait venir
de France ou d'Europe
clairement ce n'est pas possible, il n'y en a pas
donc ça vient de Chine
du Brésil mais ça reste une étape
sur pas mal d'étapes
donc effectivement aujourd'hui si vous avez
cette première étape qui est faite à l'étranger
le fil de soie, la triture du cocon
ou même la teinture et tout le reste est fait dans la région
d'un côté c'est pas très grave
puisque ça fait quand même toutes les autres étapes
qui sont faites ici et ça fait travailler beaucoup de monde
beaucoup de familles
ici dans la région
ça c'est effectivement des blocs d'impression
anciens
alors c'était tout taillé à la main
donc c'était un sacré travail
vous avez des petits comme ça
on peut les tenir comme ça à l'arrière
et on va tremper dans la soie et les imprimer
en Inde il faut encore cette technique là
après on a des plus gros blocs d'impression
mais effectivement
c'est des pièces anciennes
même si nous on fait pas d'impression ici dans l'atelier
on aime bien racheter
ou conserver du patrimoine comme ça
parce que c'est des très belles pièces
et ils ont dû mettre beaucoup de temps à les faire
c'est vraiment des choses
qui font partie du patrimoine lyonnais
donc il y a une histoire
derrière de très longtemps
depuis le 16ème siècle
donc effectivement aujourd'hui il nous reste peu de métiers
quand même en fonctionnement et c'est une vingtaine de métiers
seulement dans la région
encore en fonctionnement
donc on sent quand même qu'il y a le poids
ce poids là
on travaille en plus avec des métiers qui ont 200 ans
le fait aussi
de travailler
sur des métiers où notre papa avait
beaucoup travaillé dessus
ça c'est une chance
parce qu'il nous a appris
sur ces métiers à tisser
donc ça fait partie du patrimoine
et on essaye
de transmettre
le goût aux gens qui viennent nous voir
le goût de ce savoir-faire
et j'espère
qu'après mon frère
et après moi que ça continuera
on fera tout pour que ça continue
en temps
on entretient la machine toute l'année pour ça
pour qu'elle dure encore des centaines d'années
donc j'ai bon espoir
quand même puisque les gens qui viennent nous voir
que ce soit seulement en boutique
ou même ici dans l'atelier
ils achètent
ce savoir-faire lyonnais
un bout de patrimoine
et ça leur fait un souvenir pour longtemps
et donc
on va tout faire pour que ça continue
l'école de tissage
existe encore à Lyon
l'école de tissage
vous apprenez sur le tissage mécanisé
évidemment
les techniques de tissage, l'installation d'un métier
la réparation
les 600 entreprises textiles de la région
ont besoin de gens formés
donc ça c'est important
et si effectivement vous voulez travailler dans un magasin
une entreprise
qui fait de la soie
donc après
vous avez des métiers mécanisés
je vous ai cité Sphat et Combier
qui fait de la moussine de soie
ça c'est parfait, ils ont besoin de gens formés
TSD également
des peintres sur soie
des gens qui font de l'impression sur soie
vous avez Hermès à Lyon
effectivement c'est la plus grosse usine
de la région, le premier employeur en termes de soirée
mais vous avez des petites boîtes familiales
qui existent et qui font des très belles choses
et qui ont besoin
également de gens formés
après sur métiers traditionnels
je sais par exemple que Tassinari
a besoin de temps en temps quand une personne part
à la retraite ou quand il arrête
effectivement
il part de l'entreprise, ils ont besoin de formés
des tisseurs sur métiers traditionnels
et donc déjà avoir fait l'école de tissage
c'est une bonne base
et après il faut être passionné
et motivé pour apprendre
pendant quelques années sur un métier à tisser
les différentes techniques de tissage
alors moi c'est vrai
que quand j'étais plus jeune
j'ai grandi à Croix-Rousse
donc vraiment là où il y a le plus de métiers à tisser au 19ème
et j'ai toujours connu les métiers à tisser
à la Maison des Canuts
donc souvent quand mon papa était là-bas
j'allais tout seul jusqu'à la Maison des Canuts
et puis il me laissait me promener entre les métiers à tisser
et voir un petit peu
comment ça fonctionnait
donc j'ai toujours eu ce souvenir là
un bon souvenir
de la Maison des Canuts
et des moments que j'ai passé là-bas
et quand mon papa
a repris cet atelier dans le Vieux Lyon
il nous a jamais forcé
mon frère et moi à reprendre l'atelier
ça c'est très important
je pense qu'il ne faut pas forcer
forcément nos enfants à faire la même chose que nous
mais effectivement
en s'approchant
de l'âge de la retraite
et moi je faisais d'autres choses
mon frère aussi, après nos études
et bien on a senti que c'était le bon moment
de revenir vers lui
et de s'intéresser aux métiers à tisser
et d'apprendre auprès de lui
pour que ça continue
parce qu'encore une fois
c'est un lieu unique comme ça
dans le Vieux Lyon
les gens nous le font sentir
parce qu'ils nous félicitent
sur le fait de conserver ce lieu
ils apprennent plein de choses en venant ici
ils trouvent des pièces
dans nos boutiques qu'on a collaboré
uniques puisqu'on les trouve que chez nous
et donc tout ça fait
qu'on peut se féliciter
tous les matins de venir
et de proposer
des choses vraiment intéressantes aux gens
on a grandi au milieu
du savoir-faire textile
mais c'est vrai que notre père nous a jamais poussé
à reprendre son artisanat
effectivement il n'a pas imposé ça
et je pense que ça a participé
au fait qu'on s'y intéresse
un peu naturellement
et
je dirais que
mes deux parents, que ce soit ma mère ou mon père
sont assez
proches des savoir-faire de manière générale
ils nous ont toujours poussé
à comprendre
les processus de création
et
ils nous ont poussé à s'intéresser
un petit peu
aussi bien à l'art que
à la confection
et à la conception
alors aujourd'hui effectivement
les gens qui viennent des différentes régions
françaises ou même de l'étranger
s'ils souhaitent et qui viennent ici
il faut savoir qu'ils vont
visiter un lieu
rempli d'histoire
d'histoire familiale du coup
mais également qui fait partie
du patrimoine lyonnais
c'est un lieu unique
il faut savoir aussi que c'est gratuit pour les particuliers
donc on est vraiment ouvert à tout le monde
jusqu'à dix personnes
les gens peuvent gratuitement venir
voir un atelier de tissage
et ils peuvent nous poser autant de questions
qu'ils souhaitent, on est toujours ravis
de répondre aux questions
pour les groupes à part dix personnes
évidemment ils peuvent venir, on tient jusqu'à
25 dans l'atelier, il suffit de réserver
mais on fait aussi des présentations de groupe
s'ils sont très nombreux, ils ont une grande famille
donc ça c'est important, on reçoit tout le monde
aujourd'hui
comme je vous disais il reste seulement
une vingtaine de machines, au 19ème
il y avait plus de 70 000 machines qui ont été construites
dans la région lyonnaise
pour 40 000 tisseurs
donc on fera tout pour pas que ça disparaisse
il y a peu de machines qui restent
et donc qu'ils viennent
et qu'ils voient que ça fonctionne encore correctement
pour les enfants par exemple
alors on a des visites un peu adaptées
en particulier
je fais une visite avec le fils du touriste
de Lyon qui s'appelle visite en famille
alors c'est surtout sur les vacances scolaires
les visites en famille
ils viennent avec des enfants de tout âge
et donc là je vais plus insister sur la partie
cocon de soie
toucher les textiles, leur montrer
bien sûr comment fonctionne la médecine en le faisant
marcher
et donc ça effectivement
je vais moins insister sur la technique
ou les dates
mais effectivement les enfants
à ce moment là ils voient
comment on fait de la soie
ça ne pousse pas sur un arbre mais ça vient d'un verre à soie
et d'un cocon de soie
et comment ça se passait
il y a 200 ans à Lyon
dans un atelier de tissage