Une plante reliée à un détecteur de mensonge... Quelle idée étrange ! Et pourtant, elle pourrait bien être l'un des coups de génie les plus importants de l'histoire de la science moderne.
Nous sommes à New York, pendant l'hiver de 1966. Dans un immeuble de bureaux, un homme travaille seul sans avoir dormi de la nuit. Il s'appelle Cleve Backster. C'est l'un des plus grands spécialistes de la détection du mensonge, et l'une des expériences qu'il a faite sur les plantes a bouleversé notre perception du vivant.
Résumé vidéo
Généré par IA
This video explores the complex and often controversial world of plant intelligence and communication, ranging from the fringe experiments of Clive Baxter to modern scientific discoveries regarding chemical signaling, memory, and sensory responses in plants.
Nous sommes à New York, avant l'aube et pendant l'hiver 1966.
Dans un immeuble de bourreaux, un homme travaille seul depuis toute la nuit.
Il s'appelle Clive Baxter, l'un des plus grands spécialistes de la détection du mensonge.
Expert en polygraphie, il a même formé des interrogateurs de la CIA.
Depuis des années, il analyse les infimes variations électriques du corps humain
pour déterminer si un personne ment ou dit la vérité.
Près de lui se trouve une agave.
Après l'avoir arrosée, Baxter se demande combien de temps il faut à l'eau
pour remonter des racines jusqu'au feuille.
Et pour tenter de les découvrir, il fixe sur un feuille les mêmes électrodes
qu'il utilise habituellement sur ces sujets humains.
L'appareil démarre et la trace commence à s'inscrire sur le papier.
Puis quelque chose d'inattendu se produit.
Les graphiques ressemblent étonnement à celui qu'il observe
lorsqu'un être humain ressent une émotion intense.
Intrigué, Baxter imagine alors une expérience.
Il se demande ce qui se passerait s'il brûlait une feuille de la plante.
Mais il ne fait rien, il ne touche pas la plante.
Il s'est content d'imaginer cette scène.
Et selon son propre témoignage,
au moment précis où l'image de faux est apparue dans mon esprit,
la trace est littéralement sortie du haut de la page
et pourtant je n'avais encore rien fait.
Il ajoutera plus tard,
Ses conclusions restent aujourd'hui très controversées.
Beaucoup de chercheurs estiment que ces expériences
ne répondent pas aux critères scientifiques modernes
et n'ont jamais pu être reproduites de manière fiable.
Mais pour Baxter, une question venait de naître.
Et cette question allait l'accompagner pendant plus de 40 ans.
Parmi ces expériences les plus célèbres,
l'une ressemble presque à une enquête policière.
Deux plantes sont placées dans une pièce avec six étudiants.
L'un d'eux reçoit secrètement l'ordre de détruire l'une des deux plantes.
Personne ne sait qui est responsable.
Et la seconde plante reste seule.
Elle est en quelque sorte l'unique témoin de la scène.
Baxter relie alors cette plante survivante à son polygraphe.
Les étudiants reviennent un par un.
Premier étudiant, aucune réaction.
Deuxième étudiant, toujours rien.
Troisième, quatrième, cinquième, les tracés restent calmes.
Puis arrive celui qui avait détruit l'autre plante.
Les signales s'emballent instantanément.
Comme si la plante reconnaissait celui qu'il appelle le meurtrier.
Pour expliquer ce phénomène, il invente les concepts de perception primaire.
L'idée que la perception pourrait exister chez tous les êtres vivants, même sans cerveau.
Cette hypothèse n'a jamais été acceptée par la communauté scientifique.
Et pourtant, elle continue de fasciner des millions de personnes.
Lorsqu'un chenille commence à dévorer une feuille, la plante ne reste pas passive.
Elle libère dans l'air des molécules chimiques.
Les plantes voisines détectent cette substance et commencent immédiatement à préparer leur propre défense.
Et parfois, avant même d'être attaquées.
A l'intérieur de la plante, un autre phénomène remarquable apparaît.
La blessure déclenche la libération de glutamate.
La même molécule qui joue un rôle essentiel dans notre système nerveux.
Chez les végétaux, ce glutamate provoque une immense vague de calcium
qui traverse les tissus pour transmettre l'information.
Les plantes n'y possèdent pourtant ni neurones, ni cerveau.
Alors pourquoi utilise-t-elle une molécule aussi proche de celle employée par les animaux ?
La question reste ouverte.
Lorsque le chercheur David Rhodes publie ses premiers travaux sur cette communication chimique en 1983,
ils sont accueillis avec beaucoup de scepticisme.
Mais les expériences sont répétées encore et encore.
Aujourd'hui, ce phénomène est reconnu chez de nombreuses espèces végétales.
En 2023, des chercheurs japonais sont même parvenus à filmer cette propagation des signaux
à l'intérieur d'une plante voisine quelques secondes après l'émission des molécules d'alerte.
Les plantes voisines ne font qu'intercepter cette information.
Rien de mystérieux.
Simplement une chimie d'une sophistication extraordinaire.
Une plante peut-elle compter ?
La célèbre plante carnivore, la dionée attrape-mouche, réserve une autre surprise.
Si un insecte touche un seul poil sensible, il ne se passe rien.
Mais si un deuxième contact survient dans les 20 secondes, le piège se referme.
Mais la plante n'est pas encore terminée son évolution.
Produire des enzymes digestives coûte énormément d'énergie.
Elle attend donc que l'insecte continue à bouger.
Et à chaque nouveau contact, elle accumule de nouvelles informations.
Lorsque plusieurs simulations se sont produites, elle déclenche enfin la digestion.
Autrement dit, elle semble effectuer une sorte de comptage sans cerveau et sans neurone.
En 2023, une étude a montré que des plantes stressées émettaient des sons ultrasoniques.
Ces sons sont inaudibles pour l'oreille humaine.
Mais ils peuvent être enregistrés à plusieurs mètres de distance.
Une plante qui manque d'eau produit parfois plusieurs dizaines de claquements par heure.
Une plante en bonne santé reste presque silencieuse.
Et grâce à l'intelligence artificielle,
les chercheurs sont même capables d'identifier uniquement à partir de ces sons
si une plante souffre de sécheresse ou vient d'être coupée.
L'explication la plus probable est purement physique.
Lorsque la plante manque d'eau, des minuscules bulles d'air éclatent dans ses tissus.
Et ces micro-explosions produisent ces sons enregistrés.
La chercheuse Monica Galliano travaillait sur la mimosa pudica,
une plante dont les feuilles se replient lorsqu'on les touche.
Elle laisse tomber les plantes à plusieurs reprises sur un coussin.
La première fois, les feuilles se ferment immédiatement.
Puis, progressivement, elles cessent de réagir.
Comme si la plante avait compris que cette chute ne représentait aucun danger.
Les plantes communiquent.
Elles échangent des informations chimiques.
Et certaines semblent compter.
Certaines expériences suggèrent même l'existence d'une forme de mémoire.
Mais tout cela signifie-t-il qu'elles pensent ?
Pour une grande partie des scientifiques,
ces comportements ne prouvent absolument pas l'existence d'une conscience.
Mais ils témoignent simplement d'une extraordinaire complexité biologique.
D'autres estiment, au contraire,
que notre définition d'intelligence est peut-être trop limitée
et qu'il existe d'autres façons pour les vivants de traiter l'information.
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Je lirai vos commentaires avec beaucoup d'intérêt.
Et à très bientôt pour une nouvelle émission de Force Vitale.