Le seigneur Bao tranche une affaire

Le petit cartable
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Le seigneur Bao, de son vrai nom Bao Zheng, était un fonctionnaire intègre et droit, d’une grande clairvoyance, au cœur bienveillant, profondément respecté par le peuple. Les générations suivantes l’ont honoré du titre de « Bao Ciel Bleu ». De nombreuses histoires à son sujet ont circulé ; regardons maintenant les faits officiellement consignés dans les Chroniques de la dynastie des Song de Chine.
🍄 Réalisation de cet épisode :
Voix : Sara Demers
Montage : Lina
Traduction : Réjean Jean, Lina
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Sais-tu qui est Bao Ciel Bleu ?
C’était un fonctionnaire aussi juste que le ciel est bleu.
Alors tu te demandes : quel genre de fonctionnaire était-il ?
Ce jour-là, le jour venait à peine de se lever.
Un tambour grave résonna devant le tribunal du district.
Aussitôt, un huissier entra en courant dans la grande salle.
Rapport !
Quelqu’un bat le tambour pour réclamer justice !
À ce moment-là,
assis dans la salle du tribunal, se trouvait le nouveau magistrat.
Bao Zheng, le seigneur Bao.
Il portait une coiffe officielle noire et une robe officielle bleu foncé.
Il était assis bien droit derrière le bureau du tribunal.
Ensuite,
un paysan au visage soucieux s’avança.
Le seigneur Bao demanda :
Qui es-tu ?
Quelle injustice viens-tu dénoncer ?
Je m’appelle le vieux Zhang.
La nuit dernière, dans l’étable de ma famille,
mon vieux bœuf jaune a poussé des cris étranges.
Je suis allé vérifier,
et j’ai découvert que la langue du vieux bœuf avait été…
avait été coupée par quelqu’un.
Le seigneur Bao lui demanda :
Vieux Zhang,
sais-tu qui a fait cela ?
L’honnête vieux Zhang secoua la tête et dit :
Je ne sais pas qui c’est.
Il existe des affaires de vol de bœufs,
mais on n’a jamais entendu parler de langues de bœufs coupées.
Les huissiers présents se basant sur leur riche expérience,
estimaient tous que cette affaire serait difficile.
À vrai dire, le seigneur Bao Zheng avait presque quarante ans
lorsqu’il devint fonctionnaire pour la première fois.
Et il tomba aussitôt sur une affaire aussi rare.
Alors pourquoi le seigneur Bao était-il devenu fonctionnaire si tard ?
En réalité, à vingt-huit ans, le seigneur Bao est devenu Jinshi,
ce qui voulait dire qu’il avait le droit d’entrer au service de l’État.
Mais il disait que ses parents étaient âgés,
et qu’il ne voulait pas quitter sa terre natale pour devenir fonctionnaire.
Il voulait rester chez lui pour s’occuper de ses parents.
Plus tard, ses parents moururent de vieillesse.
Le seigneur Bao resta en deuil pendant longtemps
et ne voulait toujours pas partir.
Ses voisins et beaucoup de gens vinrent pour le convaincre.
Après avoir été longuement persuadé,
Bao Zheng vint enfin ici comme magistrat.
C’est ainsi qu’il devint le seigneur Bao.
En voyant le vieux Zhang, tête baissée et accablé,
le seigneur Bao pensa :
Qui aurait fait cela ?
Pourquoi couper la langue du bœuf ?
Pourquoi ne pas avoir volé le bœuf ?
Soudain, le seigneur Bao comprit.
Il demanda au vieux Zhang :
Si la langue du bœuf est coupée,
peut-il encore labourer ?
Seigneur,
après que la langue est coupée,
le bœuf a du mal à manger et devient de plus en plus maigre.
Il aura de moins en moins de force pour labourer.
Le seigneur Bao demanda avec sollicitude :
Sans bœuf pour t’aider à labourer,
la vie de ta famille sera sans doute très difficile.
En entendant le seigneur Bao dire exactement ce qu'il pensait,
les yeux du vieux Zhang devinrent rouges.
Tu sais,
à cette époque,
les bœufs de labour étaient des biens extrêmement précieux pour les paysans.
Oh, puisque c’est ainsi,
rentre chez toi, tue le bœuf, vends la viande et achète un veau.
Le vieux Zhang ne s’attendait pas à entendre cela.
En effet, afin de protéger les bœufs de labour,
il y avait à l’époque des règles strictes :
tuer un bœuf en privé pour vendre sa viande était illégal.
On risquait d’être arrêté et emprisonné.
Mais par compassion pour le vieux Zhang,
le seigneur Bao lui accorda une autorisation spéciale.
Tôt le lendemain matin,
quelqu’un se présenta de nouveau au tribunal,
affirmant vouloir signaler que le vieux Zhang avait secrètement abattu un bœuf.
Cet homme était le voisin de Zhang, nommé Li Si.
Le seigneur Bao lui demanda :
Li Si,
sais-tu pourquoi le vieux Zhang a enfreint la loi ?
Pourquoi a-t-il tué le bœuf en secret ?
Je le sais.
Parce que la langue de son bœuf a été coupée.
Alors il l’a vite tué en cachette pour vendre la viande.
Après avoir entendu cela,
le seigneur Bao dit froidement :
Li Si.
Puisque tu savais que la langue du bœuf avait été coupée,
non seulement tu n’as pas eu de compassion pour lui, mais tu es venu le dénoncer.
Cela montre que tu nourrissais de la rancune envers lui.
Tu voulais lui rendre la vie difficile.
Li Si resta stupéfait.
Car le seigneur Bao avait dit la vérité,
et il resta sans voix.
Euh… euh… euh…
Il ne savait plus comment se défendre.
Sans attendre sa réaction,
le seigneur Bao poursuivit :
Li Si,
puisque c’est toi qui as coupé la langue du bœuf,
pourquoi viens-tu l’accuser d’avoir tué le bœuf ?
Ces paroles surprirent profondément Li Si.
Il était venu accuser Zhang d’avoir tué le bœuf,
mais voilà que le seigneur Bao l’avait reconnu comme le coupable d’avoir coupé la langue du bœuf.
Alors que Li Si était encore sous le choc,
le seigneur Bao frappa la tablette de bois du magistrat.
Il cria :
N’avoues-tu toujours pas ?
À cet instant,
Li Si perdit tout son courage.
Il savait qu’il lui était désormais impossible de nier.
Ses jambes fléchirent et il tomba à genoux.
Il avoua honnêtement :
Seigneur Bao,
le vieux Zhang disait toujours que j’étais paresseux.
Je lui en voulais vraiment.
Je voulais me venger et lui rendre la vie difficile.
C’est pourquoi j’ai coupé en secret la langue de son bœuf.
Ainsi,
cette affaire que tous jugeaient épineuse fut résolue très rapidement.
Par la suite,
la renommée du seigneur Bao grandit de plus en plus.
Il ne craignait ni les puissants ni l’autorité,
restant droit et intègre.
Lorsque le peuple subissait une injustice,
il suffisait de s’adresser au seigneur Bao pour qu’elle disparaisse.
Comme lorsque le soleil se lève
et que le ciel s’éclaircit.
C’est pour cela que tous l’appelèrent Bao Ciel Bleu.
Dans l’étable du vieux Zhang,
le petit veau dormait profondément.
Les chiens de garde du village cessèrent d’aboyer
et s’endormirent eux aussi.
La lune s’endormit.
