Au Média, on fait la chronique des multiples dévoiements de la police : racisme, sexisme, violence gratuite, rôle de bras armé du pouvoir néolibéral. Dans cette perspective on prête aux agents de nombreuses croyances et attitudes. Quelles sont précisément les perceptions des agents des forces de l’ordre ? La récente enquête intitulée “Déontologie et relations police-population : les attitudes des gendarmes et des policiers” propose une approche rigoureuse de ces ressentis. Comment ces agents conçoivent-ils leur travail et leurs relations avec le public ? Que pense la police ? L’étude fait par exemple apparaître que les agents des forces de l’ordre ne font pas confiance au reste de la population, privilégient les conceptions répressives de leur métier, et considèrent comme acceptable, parfois, d’enfreindre les règles si le bon déroulement de la mission l’exige. Se dessinent les contours de forces de sécurité déconnectées de la société, et relativement autonomes par rapport à l’appareil d’État, ce qui produit une grande résistance aux changements (sur le racisme, les contrôles d’identité, l’affichage du numéro de matricule, etc.). Espérer la transformer de la cave au grenier sera vain si l’institution policière continue de se penser comme une maison isolée. Il faudra d’abord la transformer en simple appartement.
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rapport à la police c'est comment au
médiia on fait la chronique des
multiples dévoiements de la police sa
violence gratuite son racisme son
sexisme son côté bras armé du pouvoir
néolibéral et dans cette perspective on
prête aux agents de nombreuses croyances
et attitudes mais quelles sont
précisément les perceptions des agents
des forces de l'ordre la récente enquête
intitulée déontologie et relation
policeppulation les attitudes des
gendarmes et des policiers propose une
approche rigoureuse de ses ressentis
comment ces agents conçoivent-ils leur
travail et leur relation avec le public
que pense la police une synthèse de
cette étude a été publiée mardi sur le
site du Défenseur des droits on va
regarder
ça
l'étude a été menée par CIN chercheurs
auprès de 1600 policiers et gendarmes de
différents grades dans SEP départements
ayant des profils différents ils ont
répondu à une centaine de questions sur
leur conception du métier leur
expérience vécue leur sentiment à
l'égard de leur institution et de leur
hiérarchie ou encore sur leur
connaissance d'outils juridiques comme
le Défenseur des droits ou les
plateformes de signalement le tout
complété par des entretiens avec des
fonctionnaires et des gendarmes et des
observ sur le terrain l'étude
s'intéresse particulièrement au rapport
entre les forces de sécurité et le reste
de la population les récentes mises en
lumière de violence policière ou des
pratiques discriminatoires dans les
contrôles d'identité ont fait baisser le
niveau de la côte de confiance qu'avait
la police au moment des attentats au
milieu des années 2010 cependant les
Français disent toujours leur forte
confiance à l'égard des policiers 70 %
et des gendarmes 77 % et bien c'est
l'inverse quand on demande aux forces de
l'ordre si elles elles font confiance à
la population à la question peut-on
globalement faire confiance aux citoyens
pour se comporter comme il faut 2 tiers
des gendarmes et près de 3/4 des
policiers répondent non alors ne pas se
comporter comme il faut c'est quoi c'est
dès que tu sors de chez toi et
d'ailleurs qu'est-ce tu étais en train
de faire chez toi tu étais en train de
fumer une cigarette de cannabis d'où
vient cette méfiance le métier
évidemment les confronte à des
situations houleuses mais le tableau des
sign est celui de heur essentiellement
de basse intensité pour les insultes et
les agressions verbales c'est surtout la
police qui est concerné plus de la
moitié de ces agents disent en avoir
subi au moins une fois au cours du
dernier mois les confrontations
physiques agents poussé ou bousculé ne
concerne qu'une partie plus faible des
répondants pour les gendarmes c'est
moins tendu a-t-on affaire à un
malentendu superficiel l'étude montre
par exemple que les gendarmes et les
policiers n'ignorent pas que la majorité
de la population ont confiance en eux ou
bien est-ce le signe d'une déconnexion
plus profonde entre les institutions de
sécurité et le reste de la société de
fait les agents de la force publique
particulièrement chez les policiers
tendent à se penser comme étant dans une
citadelle assiégée on se transmet l'idée
que les policiers vivraient dans une
citadelle assiéger ça a été employé
aussi par des policiers récemment cette
expression pe demander bah assiéger par
qui et là il s'agit de la population et
donc quand les policiers se voient
eux-mêmes comme assiégé comme menacés
mais typiquement ils sont beaucoup plus
enclins aussi à recourir à la à la
violence alors on pourrait dire ben
rester sur ces garde et conserver une
petite dose de méfiance c'est plutôt une
vertu pour ces corps de métier mais
d'autres items incitent à dessiner un
portrait un peu plus sombre l'étude fait
par exemple apparaître que ce sont les
conceptions privilégiant la dimension
répressive du métier qui domine les deux
forces considèrent que leur mission
première est d'arrêter les délinquants
et de faire respecter la loi bien avant
secourir les personnes en danger
prévenir la délinquence et protéger les
institutions républicaines cela dit pour
être plus précis il faudrait pouvoir
distinguer ces deux choses ensuite leurs
idées sur l'origine de la délinquence
traduisent les préjugés de la profession
pour expliquer la délinquence la
tolérance de la justice est citée comme
la première raison loin devant la
démission des parents et la
détérioration de la situation économique
et sociale le syndicat Alliance en avait
d'ailleurs fait un slogan lors du coup
de pression devant l'Assemblée nationale
en 2021 le problème de la police c'est
la
justice viennent ensuite les questions
d'usage de la force et de respect de la
loi pour accomplir leur mission les
forces de l'ordre doivent-elles parfois
faire un usage de la force au-delà de ce
qui est toléré par les règles un peu
plus de la moitié des gendarmes disent
oui et près de 70 % des policiers se
prennent carrément pour l'inspecteur
Harry de même pour accomplir leur
mission les forces de l'ordre
doivent-elles parfois s'écarter du
règlement une majorité des répondants
considèrent qu'il existe souvent une
contradiction entre efficacité et
respect du règlement et que mener à bien
la mission est prioritaire sur le
respect du règlement les écarts entre
policiers et gendarmes sont manifestes
50,9 % des gendarmes privilégient le
respect scrupuleux du réglement contre
35,4 % des policiers notons toutefois
pour se rassurer que dans 85,1 % des cas
si un collègue commet des fautes graves
la réponse privilégiée est d'appliquer
le règlement c'est ce qu'il
déclare en tout cas pour beaucoup il
semble acceptable de franchir la ligne
au nom de l'efficacité de leur action
ces résultats font apparaître une
logique pragmatique àomplir la mission
et ce en se détachant potentiellement
des règles sensées encadrer le travail
confirmant ici encore des résultats
classiques de la sociologie consacrée
aux cultures professionnelles en effet
la sociologie de la police montre que
non seulement la police attire des
individus à tendance autoritaire mais
qu'en plus derrière l'institution va
valoriser et consolider cette conception
du rapport à l'autre les policiers quand
ils commencent leur carrière quand ils
commencent la formation quand ils se
trouvent dans l'institution ben ils
s'imprègent de la vision que la
l'institution leur trans met du travail
normal de policier donc c'est en quelque
sorte des déviances qui sont pas
nécessairement intentionnelles mais les
policiers ont l'impression que pour être
bon policier il faut se comporter de
telle ou de telle sorte tous les groupes
professionnels ils sont codifié par des
des normes formelles des choses que la
loi leur impose et puis après il y a ce
qu'il croi être vrai et bon dans
certains cas les normes informelles
s'oppose aux normes formelles le droit
dit au policier est une tutoire à point
et le policier dit il est bon de tuto
Toyer dans certain certaines
circonstances par que la le tutoiement
c'est une façon de d'entrer en heure de
pas respecter la personne qui est en
face de vous dans le même ordre d'idée
les auteurs de l'enquête détaillent les
difficultés des forces de l'ordre un peu
moins en gendarmerie à accepter
d'expliquer leur action notamment auprès
des élus et la moitié des répondants
estime ne pas avoir à informer et
justifier de leurs actions auprès des
citoyens alors évidemment aucun milieu
professionnel n'aime recevoir des
critiques de l'extérieur et se soumettre
à des exigences de contrôle c'est
l'institution policière donc elle est
extrêmement soudée en interne mais elle
est aussi particulièrement étanche
vis-à-vis de la société donc il la
police en quelque sorte voilà c'est
c'est une bulle elle fait corp elle a un
esprit de corps particulièrement
développé mais la particularité dans ces
milieux-là compte tenu de la spécificité
du métier la sécurité c'est que toute
tendance au repli sur soi peut pousser à
antagoniser le rapport avec le public le
policier n'est alors plus un médiateur
entre la loi et l'administré mais
s'imagine être dans un face-à-face une
quasi guerre contre des ennemis comme la
police est distincte de la société elle
voit la population comme une menace
potentielle ce qui entraîne d'ailleurs
un effet performatif quand on se sent
quand on se sent menacé par par
quelqu'un on est plus enclin à le
confronter directement par la violence
plutôt que par des méthodes non
violentes tout ça permet d'avoir un
éclairage un peu différent dans nos
manières d'aborder ces questions on a
tendance à voir les forces de l'ordre
comme un outil entièrement soumis à
l'autorité politique parce qu'on
raisonne beaucoup à partir des violences
policière en manifestation qui sont les
opérations de police les plus
dépendantes du pouvoir politique or de
nombreux facteurs tendent à en faire un
corps jouissant d'un certain degré
d'autonomie la culture professionnelle
dont on vient de parler mais aussi
l'autonomie opérationnelle de
l'exécutant au moment où il est sur le
terrain dans la rue ou encore la
puissance des syndicats ça démontre je
crois au moins s ceci que cette police
dont on dit qu'elle est républicaine
tend en fait à s'affranchir des
principes républicains et de la loi pour
réaliser les mission qui son les siennes
et s'institué comme un un corps qui
n'est pas complètement dépendant du
pouvoir politique heureusement mais qui
s'arroge
effectivement des pouvoirs de fait qui
sont exorbitants cette déconnexion à
l'égard de la société et cette relative
autonomie au sein de l'État produisent
en tout cas de grandes résistances au
changement sur le racisme sur les
contrôles d'identité ou encore sur
l'affichage du numéro de matricule et
cetera espérer la Transformer de la cave
au grenier restera 20ain si cette
institution continue à se concevoir
comme une maison isolée la grande maison
donc il faudra d'abord la transformer en
un simple appartement
VO la semaine
[Musique]
prochaine