Mystères en Terre Sainte : dans les pas de Jésus et du Christianisme - Documentaire Histoire - MG

Notre Histoire
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La Terre Sainte, théâtre des plus grands épisodes de la Bible, est un territoire aux histoires légendaires et fascinantes.
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Ce territoire mythique, situé entre le Liban, la Jordanie et l'Egypte, abrite des endroits énigmatiques et des paysages naturels à couper le souffle : l'aride région montagneuse de Judée, les rives de la mer Morte qu'alimente le Jourdain et offrant de nombreuses oasis dont celle de Jéricho...Dans les grottes cachées de Qumrân, un site archéologique de Cisjordanie, d'ancestraux manuscrits livrent peu à peu leurs secrets.
"Mystères en terre sainte"
Réalisatrice : Fanny Belvisi
© MORGANE PRODUCTION - 2017
#documentaire #histoire #religion
La Terre Sainte… Une région millénaire…
Coincé entre le Liban au Nord, la Jordanie à l’Est et le désert du Sinai au Sud,
ce territoire mythique abrite des paysages à couper le souffle :
L’aride Judée,
Les rives de la Mer Morte,
L’Oasis de Jéricho…
Un territoire aux histoires légendaires et fascinantes…
Le théâtre des plus grands épisodes de la Bible et de la vie de Jésus
Passer 40 jours dans le désert, sans manger, ça tient du miracle !
Une Terre Sainte sacré bien sur, mais également énigmatique et mystérieuse…
Une région qui a enfanté des récits fabuleux et intrigants…
Comme celui de la Grotte du Lait dans le village de Bethléem…
Où Marie aurait donné le sein à l’enfant Jésus laissé échapper une goutte de lait,
ce qui aurait transformé l’endroit en un lieu magique et vénéré…
Cette goutte de lait qui tombe sur le sol de cette grotte,
va changer la nature de cette pierre. Cette pierre devient miraculeusement blanche.
Ou encore cette curieuse mosquée en plein cœur de la Jérusalem arabe…
Ici autour d’une pierre mystérieuse et légendaire se déroule un événement incroyable…
Une fois dans l’année, un jour par an, ce lieu musulman devient chrétien.
La Terre Sainte, c’est aussi une contrée où se trame d’obscurs complots…
Comme dans les grottes cachées de Qumrân, où d’incroyables manuscrits
remettant en question les origines de la bible ont été découverts…
Dans la mesure où l’on est susceptible de faire des découvertes qui vont éclairer
les origines du christianisme, on se dit est-ce que le Vatican va à un moment donné ou un autre
empêcher la divulgation d’informations qui pourraient ébranler l’autorité du Vatican.
Intrigues. Mysticisme. Révélations.. Voyage au cœur de la Terre Sainte des mystères.
Des paysages arides… Sauvages…
A la beauté envoutante…
Et où les mystères sont légions… La Terres Sainte en regorge…
Comme ici… En plein désert de Judée… Un lieu où
s’est déroulé un épisode sombre et héroïque de l’histoire des juifs.
Nous sommes à Massada, une forteresse accrochée entre ciel et terre…
Où sont réfugiés 960 zélotes, un groupe d’activistes juifs,
pour échapper aux légions de l’armée romaine.
Perchés à 500 mètres de hauteur, ils semblent intouchables.
Mais les Romains sont nombreux et prêts à tout pour anéantir ce
bastion de la résistance juive. Un siège à l’issue incertaine qui est,
aujourd’hui, au centre de l’une des plus grandes controverses historiques…
En l’an 72, dans les paysages lunaires qui bordent la mer Morte,
le silence de ces terres hostiles fait place à une soudaine agitation.
Des légionnaires romains…par milliers…
Nous sommes en plein désert de Judée, un désert aride, sec, chaud. Ici,
il n’y a pas de sources à moins de 20km. Aucune ville avoisinante. Que viennent
faire les romains ici ? Ce n’est pas le désert qui les intéresse.
Si les légions sont en marche sous ce soleil de plomb,
ce n’est pas un hasard. Elles ont un objectif précis et ciblé.
Ce qui les intéresse, c’est la forteresse là-haut et les zélotes qui la peuplent.
Les zélotes. Une communauté juive radicale entrée en résistance contre l’empereur romain Vespasien…
Pour Rome, il était impensable qu’il puisse encore subsister
des nids de révoltés. Il fallait donc éteindre toute étincelle de révolte.
Problème : pour mater ces rebelles, il va falloir les déloger. Car les zélotes se sont
réfugiés à Massada, il y a 6 ans. Une forteresse impressionnante perchée à 500 mètres de hauteur.
Regardez ces murailles, elles font prés de 1m20 de largeur. Imaginez-vous qu’avant elles
faisaient peut-être jusqu’à 2 mètres de hauteur et surtout, elles entouraient toute la forteresse,
c’est à dire tout l’emplacement de Massada. ça rend Massada imprenable, impossible à conquérir.
Dans ce milieu hostile que représente le désert de Judée,
les soldats romains pourraient établir un siège et attendre patiemment que
les vivres et l’eau viennent à manquer. Mais les Zélotes ont une botte secrète…
Nous nous trouvons, ici face à une citerne qui explique comment
les zélotes ont réussi à survivre de nombreuses années dans ce site aride
et qui a permis justement aux zélotes de boire quasi à volonté toute l’année.
Boisson et nourriture en abondance. Si les zélotes semblent jouir de conditions
confortables dans ce milieu hostile, c’est parce que Massada est bien plus qu’une forteresse.
Lorsque les zélotes arrivent sur cette place forte,
ils trouvent tout construit. Tout y est ! Ils trouvent deux palais, une muraille fortifiée,
ils trouvent des piscines, ils y trouvent aussi un emplacement pour les soldats.
Massada a été construit un siècle auparavant à la demande d’Hérode,
roi de Judée. Le site était destiné à le protéger d’un éventuel coup d’état.
Un somptueux palais royal fortifié à 3 étages avec tout le confort dû à son rang…
Nous nous trouvons ici à l’étage inférieur du palais hérodien et on peut voir dernière nous,
les colonnes, les fresques, la richesse,
la splendeur. Il n’y a qu’Hérode qui pouvait faire une chose comme ça.
Abrités dans cette forteresse inaccessible, les zélotes ne craignent pas grand-chose…
Mais c’est sans compter sur la détermination des
légions romaines qui malgré tout vont décider d’encercler Massada
Ce qu’on voit ici, c’est l’un des camps romains érigés tout autour de Massada,
tout autour de cette forteresse, pour éviter que les révoltés ne puissent s’enfuir.
Et les romains vont aller encore plus loin… En identifiant le point faible de la forteresse…
ils vont donc choisir le côté ouest, le coté le plus bas en altitude pour
entreprendre un chantier gigantesque. Ils vont construire ici une rampe avec
des dizaines de milliers d’esclaves juifs qui vont porter des pierres et amener de la terre.
Pendant 3 mois, les ouvriers vont travailler sans relâche sur ce chantier titanesque :
l’édification d’une rampe de 100 mètres ! De quoi atteindre la porte du fort…
Puis ils construiront en même temps, une tour avec un bélier et s’approcheront petit à petit
de la porte.
Juchés sur leur éperon rocheux,
les zélotes ne peuvent qu’observer l’avancée des travaux. L’inquiétude gagne leurs rangs.
Leurs rares tentatives de résistance sont vaines face aux milliers de légionnaires.
Ils savent que leurs jours sont comptés et que les Romains sont capables du pire…
Les romains vont envahir cette forteresse, massacrer peut-être
une partie de la population, violer les femmes, violenter les enfants.
Mais lorsque les légions romaines pénètrent dans la forteresse… Ils se retrouvent face
à un spectacle cauchemardesque, auquel ils ne s’attendaient pas…
Devant eux, un charnier de cadavres, tous avec des gorges tranchées,
du sang qui coule, aucun n’a réchappé à ce massacre collectif.
Aucun survivant ! Les Romains ne peuvent que constater les dégâts. Les réfugiés
de Massada ont préféré se donner la mort…
Pour les zélotes, l’option du suicide leur permet de
conserver tout d’abord leur honneur mais aller jusqu’au bout de leur idéologie,
c’est à dire de vivre en hommes libres et de ne pas tomber sous la servitude des romains.
Mais cette version des faits va intriguer les historiens. Comment ces juifs réputés pour leur
extrême piété religieuse ont-ils pu commettre un tel acte, contraire à leurs principes ?
Selon la tradition juive, il est interdit de porter atteinte à sa
vie et surtout de porter atteinte à ses proches. L’acte de suicide est
répréhensible. Cet acte ne peut être justifié dans la tradition juive.
Pour contourner l’interdit religieux, les zélotes auraient commencé par égorger leurs
femmes et les enfants. Quant aux derniers hommes, ils auraient eu recours à une ingénieuse solution.
Les dix derniers qui resteront, organiseront un tirage au sort.
Celui qui sera désigné tranchera la gorge aux neufs autres combattants
et il se jettera sur son glaive pour en terminer avec cette terrible tragédie.
Telle serait l’histoire du massacre de Massada. Du moins la version fournie par Flavius Josèphe,
l’un des plus célèbres historiens juifs de l’Antiquité…
L’unique témoignage de ce qu’il s’est passé dans cette forteresse à Massada
nous vient d’un historien très connu qui s’appelle FJ dans son récit « La
Guerre des Juifs contre les romains ». Le récit, est un récit très précieux
car il n’y a que Flavius Josèphe qui nous raconte ce qu’il s’est passé vraiment, ici.
Il est notre seule source littéraire,
historiographique. C’est le seul qui raconte cette histoire.
Unique témoin, Flavius Josèphe est-il digne de foi ? Car le récit de l’issue
finale continue d’interroger les historiens. Surtout que
l’homme est accusé par ses compatriotes d’être un collaborateur des Romains…
Le récit de la prise de Massada, pose un certain nombre de problèmes parce que FJ nous narre,
mais il n’était pas présent à Massada.
Il se trouve déjà à Rome installé depuis trois ans.
Il est là, il essaie de ménager la chèvre et le chou. Il écrit pour les romains,
les vainqueurs ont toujours raison donc il est bien obligé d’une certaine façon de rendre compte
de cette situation, en même temps il essaie aussi de défendre son peuple, il est juif.
Comment est-ce qu’on peut faire lorsqu’on dit, voilà c’est le seul témoignage écrit,
et en même temps il n’est pas totalement fiable.
Flavius Josèphe n’a donc pas assisté au siège de Massada. On peut dès lors douter de l’ensemble
de la véracité de son récit… Si ces écrits échoient à nous
donner la solution de cette énigme, la science pourra peut-être nous y aider…
Alors qu’est-ce que l’archéologie nous dit sur le siège de Massada ?
Tout d’abord l’archéologie elle nous confirme qu’il a bien eu lieu.
On a retrouvé des dizaines de boulets romains qui ont été tirés par des
catapultes romaines par les camps installés autour de la forteresse,
on a retrouvé des restes de flèches romaines, on a retrouvé aussi près
de 25 squelettes qui étaient entreposés dans la forteresse nord, dans le palais d’Hérode.
Il n’est donc pas question de remettre en doute le siège de
Massada : une bataille a bien eu lieu ici.
Mais ce qui laisse perplexe, c’est la fin de l’histoire. Pourtant,
des indices pourraient valider la thèse du tirage au sort entre les derniers zélotes,
pour choisir celui qui assassinera les autres…
Lors des fouilles archéologiques réalisées à Massada, on a retrouvé
des petits tessons de poterie sur lesquels étaient inscrits des noms,
ce qui semble attester qu’il y a pu avoir un tirage au sort.
Mais là encore, rien n’est acquis…
C’est intéressant comme théorie, sauf que ce genre de petits tessons on en trouve un peu
partout sur la plupart des sites archéologiques. C’est quelque chose d’assez classique finalement.
Ca prouve qu’ils ont été là, qu’ils ont occupés le site, qu’il y a eu probablement des affectations,
des tirages au sort, peut-être pour du rationnement, peut-être pour des corvées,
peut-être pour tout un tas de choses, mais cela ne prouve absolument pas que c’était le
tirage au sort pour savoir qui allait rester en dernier au moment où ils devaient se suicider.
A moins de nouvelles découvertes archéologiques,
il faut donc se contenter du récit de Flavius Josèphe… avec d’infinies précautions.
Seule certitude, les légions de Lucius Flavius Silva ont bien assiégé Massada faisant tomber le
dernier bastion de la révolte juive contre Rome. Pour le reste, le mystère reste entier…
Combats incessants... Luttes intestines de pouvoir…
La Terre Sainte est définitivement le lieu de toutes les batailles…
Des drames qui souvent
se finissent dans le sang... Qu’elles se soient déroulées en
plein désert ou dans un petit village, ces histoires violentes sont arrivés jusqu’à nous,
voilés de mystères et de légendes… Comme dans cette grotte qui serait devenu miraculeuse…
La Grotte du Lait à Bethléem est bien plus qu’une simple cavité. Ses vertus miraculeuses
sont connues des Chrétiens du monde entier. Mais surtout, ici se serait déroulé un événement
qui va à tout jamais changer et renforcer l’image de Jésus et celle de sa mère, Marie.
Quel secret renferment les parois de cette grotte ? Pourquoi suscitent-elles une telle
dévotion des pèlerins ? Partons à la découverte
de l’un des épisodes les plus secrets de la vie de Jésus.
Bethléem, une cité que l’on ne présente plus depuis qu’elle a le théâtre d’un événement
qui a changé le cours de l’Histoire, il y a un peu plus de 2000 ans. La naissance de Jésus…
Dans cette région, on retrouve de nombreuses grottes…
Dont une revêt une importance capitale pour les Chrétiens, la Grotte du Lait.
Une cavité aux caractéristiques étonnantes…voire intrigantes.
Nous sommes ici au cœur de la grotte, dans un endroit très calme, retiré,
l’un des endroits les plus bas de cette grotte et la couleur de cette roche, est très particulière…
Ce qui rend celle-ci si particulière, c’est la couleur blanche de la roche.
Pour tenter de comprendre l’origine de cette roche d’un blanc immaculé et la
fascination qu’elle exerce aujourd’hui encore, il faut revenir en arrière.
La couleur blanche de cette pierre nous révèle l’un des épisodes de l’histoire
de l’enfance de Jésus, épisode qui n’est pas relaté dans les écrits des évangiles.
Un événement crucial de la vie de Jésus… Totalement absent
des saintes écritures… Un silence qui épaissit encore un peu plus le mystère…
L’histoire raconte qu’Hérode le Grand, roi de Judée, est averti par les rois mages de
la naissance de Jésus. Un enfant qui est considéré comme le futur roi des Juifs.
Hérode est furieux d’apprendre la naissance de cet enfant qui potentiellement menace son pouvoir.
Hérode le Grand, mais aussi le grand meurtrier, va décider de massacrer les
enfants de Bethléem et du territoire avoisinant pour ne pas avoir de concurrent à sa royauté.
Ce qu’on va appeler plus tard le massacre des innocents,
c’est à dire le massacre des enfants de 0 à 2 ans, les enfants de Bethléem.
Joseph, le père de Jésus, est alors prévenu par un ange du danger qui
guette son fils. Il doit le sauver de la folie vengeresse et meurtrière d’Hérode.
Il décide alors d’emmener Marie et Jésus vers une terre plus sûre.
C’est ce qu’on appelle en fait, la Fuite en Egypte et ici notre histoire commence.
Cruels, sans pitié, les soldats d’Hérode font monter un vent de panique dans la population.
Et dans la précipitation du départ,
Marie est contrainte de chercher un refuge pour donner le sein à Jésus.
Elle arrive dans cette grotte et en allaitant Jésus, va faire tomber
une goutte de lait sur le sol de cette grotte.
Un fait qui pourrait sembler anecdotique mais c’est loin d’être le cas…
Cette goutte de lait qui tombe sur le sol de cette grotte,
va changer la nature de cette pierre. Cette pierre devient miraculeusement blanche.
A partir de là, le statut de la grotte va être complètement bouleversé. A commencer
par l’image de Marie, mère nourricière, et celle de Jésus, qui prend le sein…
Dans la religion chrétienne, nous avons deux formes de natures par rapport à Jésus :
la nature humaine et la nature divine. Les cultes qui vont se développer autour
de la personnalité de Marie, la mère de Jésus, vont renforcer la dimension humaine de Jésus.
L'accent sur la maternité même, et le fait de la nutrition de Marie
est un élément qui va, dans ce sens de Jésus véritablement homme, Dieu humain.
Il faudra néanmoins attendre le 12e siècle pour que Marie fasse l’objet
d’un véritable culte de la part des Chrétiens.
Et lorsque les frères franciscains arrivent à
Bethléem, ils s’intéressent de près à la Grotte du Lait…
Les franciscains ont reçu du pape la mission de venir en Terre Sainte pour
animer, protéger, et rester sur les lieux saints. Et c'est donc ainsi,
qu’en 1375 ils ont pu obtenir la garde de la Grotte du lait.
Pour eux, cette grotte est une aubaine. Toute trace de
la présence de Marie constitue une précieuse relique. Et cette
roche devenue blanche grâce au Saint Lait aurait des pouvoirs miraculeux.
Il est très difficile d'obtenir des reliques que se soit des reliques d'ossements ou des
cheveux ou toutes sortes d'objets. Ici, il suffit de venir de gratter les murs,
de mélanger cette poudre avec de l'eau et nous obtenons la relique du lait de la Vierge.
C'est une relique indirecte bien sûr, mais quand même c'est une relique qui permet de
toucher quelque chose qui a relation avec la présence de Jésus entre nous.
Depuis, l’attrait de cette grotte et de sa roche miraculeuse ne se serait jamais démenti…
Les femmes infertiles ou qui veulent encore améliorer la qualité de leur lait, viennent dans
cette grotte, gratte la roche, recueille de la poudre, elles la mangent et attendent le miracle.
Le miracle est encore très populaire, aujourd’hui beaucoup de témoignages affluent, à travers le
monde entier, des femmes qui témoignent que ayant consommé de la poudre qui vient de cette grotte,
ces femmes ont pu enfanter, d’autres ont pu enrichir le lait qu’elles donnent à leurs enfants.
Que l’on croit ou non aux vertus de la grotte du Lait, elle n’en demeure pas moins un site
important. Surtout parce qu’elle symbolise parfaitement Jésus en
tant que simple homme. On peut donc s’étonner que cet épisode ne soit pas
relaté dans la Bible. Peut-être est-ce là le principal mystère ?
En Terre Sainte, Jésus est omniprésent… Ce territoire est son royaume… Et les épisodes
successifs de sa vie, relatés dans la Bible ont imprégné ces lieux d’une atmosphère énigmatique.
De sa naissance jusqu’à sa dernière apparition sur terre,
tout ici nous plonge dans sa mystérieuse histoire….
A l’est de Jérusalem, le Mont des Oliviers, point culminant de la ville.
Mais surtout, un site majeur pour les trois grandes religions monothéistes…
On y retrouve pour le judaïsme, le plus grand et le plus ancien cimetière…
Pour le Christianisme, la Basilique de Gethsémani… Et pour l’islam, la mosquée de l’Ascension…
Un édifice petit par la taille mais gigantesque pour ce qu’il représente.
Une mosquée singulière qui accueille aussi bien les musulmans… que les chrétiens.
Comment est-ce possible ? Comment la mosquée de l’Ascension parvient-elle
à réunir des communautés qui ont du mal pas à cohabiter à Jérusalem ?
Ce n’est que l’un des multiples mystères de ce
site. Des mystères qui doivent beaucoup à CETTE roche, objet de toutes les ferveurs.
Immersion dans un lieu de culte énigmatique…
Sur le Mont des oliviers, en plein quartier musulman, devant
la vieille ville, trône un modeste édifice. Un lieu consacré à la religion musulmane…
Tout d'abord, quand on l'observe il a toutes les caractéristiques d'une mosquée : la coupole en
haut qui ressemble à la coupole de beaucoup de bâtiments qui sont attachés à l'islam. La forme
des murs aussi et le minaret qui rappelle que nous sommes ici dans un lieu musulman.
Une mosquée dans un quartier musulman, cela n’a rien d’étonnant…a priori.
D’ailleurs tout semble conforme aux règles de l’islam, y compris à l’intérieur.
Nous nous trouvons dans un lieu circulaire étroit, dénué de toute iconographie,
ce qui correspond exactement aux principes de l'islam qui interdit toute représentation.
Derrière moi, se trouvent trois petites ouvertures
qu'on appelle en arabe « minhab » et qui nous montrent la direction de la Mecque.
Pourtant, cette mosquée est intrigante à plus d’un titre. A commencer par la présence de chrétiens
qui viennent y prier, en petits comités… ou à l’occasion d’une cérémonie spectaculaire.
Un jour par an, une fois dans l'année ce lieu musulman redevient chrétien.
Les différentes communautés chrétiennes ont le droit de célébrer pendant deux nuits et
une journée la fête de l’Ascension. C’est un événement unique dans un lieu unique,
car c'est le seul lieu où les musulmans permettent ici de célébrer ici une fête chrétienne.
Et ne vous fiez pas à son allure modeste. La mosquée de l’Ascension est, en réalité,
l’un des édifices religieux les plus importants de Jérusalem.
La raison est liée à l’histoire de Jésus…
Il va se passer ici un événement de la plus haute importance peut-être
le deuxième événement le plus important après sa résurrection…
Pour comprendre exactement ce qu'il se passe dans ce lieu il faut remonter à
l'an 33 à l'époque de Jésus, à l'époque où il est justement crucifié pendant la Pâque juive.
Puis Jésus ressuscite et, pendant 40 jours, il diffuse son enseignement auprès de ses disciples.
A la fin de ces quarante jours, il est temps de se dire au revoir d'une certaine
manière et c'est là que Jésus va leur échapper. Ses pieds décollent du sol.
Jésus fut emporté au ciel dans une nuée, selon les évangiles de Luc et de Marc.
Cet épisode où Jésus va au ciel est bien connu de tous les Chrétiens. C’est l’Ascension !
Et c’est justement sur le Mont des Oliviers que cet événement
se serait produit… Ce qui confère au site une importance cruciale…
surtout qu’il subsisterait une preuve !
Ici serait tracé le pied de Jésus dans la roche, au moment où il est appelé à Dieu.
C'est une sorte de trace, d’anfractuosité, qui a la forme d'un pied qui est comme
une sorte de point d'appui, d'élan. C'est vraiment un instantané quasi
photographique d'une certaine façon de cette élévation mystique du christ.
La dernière empreinte du pied de Jésus sur terre
avant son ascension vers les cieux. Voici ce qui suscite la ferveur des chrétiens.
Et c’est pour cette raison que fut construit ici cet édifice religieux…
Mais un mystère demeure : pourquoi cette trace se trouve-t-elle dans une mosquée ?
En étant attentif et en observant bien ce qu'il y avait derrière nous, on retrouvera un langage
architectural chrétien, par exemple les arches et ces chapiteaux corinthiens qu'on retrouve dans
beaucoup de lieux chrétiens, ces colonnes, ces piliers. Regardez cette structure du bâtiment,
nous la retrouvons dans beaucoup d'églises. Nous retrouvons aussi des éléments de style roman.
Avant d’être une mosquée, l’Ascension était bien une Eglise qui doit beaucoup aux Croisades…
Si on retrouve des éléments qui appartiennent à cette architecture chrétienne, c'est parce
que ce bâtiment a été construit à l'époque des croisés au 12ème siècle.
Une parenthèse chrétienne de courte durée… En 1187, le sultan musulman Saladin prend
Jérusalem et déclare tous les lieux saints du mont des Oliviers, propriété de l’islam.
Pour affirmer son autorité, Saladin décide ici sur les lieux de l'église de l'Ascension,
de construire un petit dôme pour fermer ce bâtiment qui était ouvert au ciel pour symboliser
l'Ascension. C'est pour cette raison qu'on y retrouve des éléments qui nous rappellent plus
les caractéristiques musulmanes, mélangées aussi à des caractéristiques chrétiennes.
C’est donc à la fin du 12e siècle, sous l’autorité de Saladin que l’Eglise de l’Ascension est
définitivement convertie en mosquée. Mais le mystère est encore loin d’être levé :
pourquoi les musulmans se sont-ils accommodés de cette trace de Jésus ?
Il faut rappeler bien sûr que Jésus, Issa en arabe, est un des prophètes de l'islam.
Issa est un prophète important sinon essentiel.
Il est donc naturel que les musulmans aient souhaité préserver ce lieu. Ils
ont donc érigé cette mosquée à l'emplacement même de l'église qui commémorait cet épisode.
D’ailleurs, l’Ascension est un événement que les musulmans
connaissent bien. Même si la version rapportée par le Coran est différente…
Pour l'Ascension de Jésus, on va avoir un épisode similaire qui est raconté à
propos du prophète Mahomet, dont on nous dit qu'il va, comme ça,
être lui aussi emporté, enlevé et va faire un voyage nocturne.
C’est un voyage en fait éclair, en une nuit, entre la Mecque et Jérusalem.
L’importance de Jésus dans le Coran permettrait donc de comprendre le respect des musulmans envers
ce lieu saint qui était chrétien à l’origine. Mais là encore, on ne peut manquer de
s’interroger. Pourquoi un lieu aussi puissant symboliquement, qui revêt une telle importance aux
yeux des chrétiens est-il si humble, si modeste ? En réalité, cela n’a pas toujours été le cas.
L'Ascension, comme lieu de culte chrétien,
a été investi dès l'époque de Constantin par la tradition chrétienne.
Constantin, le premier empereur romain à se convertir au christianisme, décide dès le 4ème
siècle de glorifier l’Ascension miraculeuse de Jésus d’une église à la hauteur de l’évènement.
Constantin, dans les années 330, au même moment où
il faisait édifier le Saint-Sépulcre, a construit une basilique monumentale.
Vous voyez la base de ces piliers, qui sont en fait la structure,
la base d'un énorme bâtiment splendide, décrit au
septième siècle comme époustouflant, retraçant la splendeur de l'événement…
Et visible de très loin. Ca c'est très
important parce que vraisemblablement c'était peut-être le même la chose,
qu’on voyait le plus à Jérusalem puisque le Mont des oliviers est le point le plus haut.
Malheureusement, ce monument colossal et somptueux est détruit au 7ème siècle,
lorsque les musulmans envahissent le pays et saccagent les édifices religieux.
Il faudra donc attendre les Croisés et Saladin pour qu’un nouvel édifice soit bâti au 12e siècle.
C’est pour cette raison qu’aujourd’hui encore, les chrétiens peuvent célébrer
chaque année à paques l’eucharistie… au beau milieu d’une mosquée…
La Terre Sainte est un territoire de mystère et de légendes… En plein cœur de Jérusalem…
Comme dans les profondeurs arides du désert… On dit que ce pays est froid, mais que son
soleil est chaud…Comme les récits fascinants qui ont façonné ce territoire. D’autant que parfois,
de bien étranges découvertes peuvent remettre en cause toutes nos certitudes.
Nous voici à présent à 40 km au nord de Massada, à Qumrân. C’est ici qu’en 1946, ont été découverts
les 900 manuscrits de la mer Morte. Des documents datant du 1er siècle, contemporains de Jésus,
susceptibles d’apporter des révélations sur les fondements du christianisme.
Mais pendant presque 50 ans les résultats des études scientifiques ne seront pas
dévoilés ! Une attente interminable qui a attisé toutes les rumeurs.
Pourquoi ce silence insoutenable ? Les manuscrits contiennent-ils des informations explosives ? Qui
aurait intérêt à ne pas divulguer leur contenu ? Sur fond de théorie du complot dans lequel le
Vatican pourrait être impliqué, ce n’est qu’une partie du mystère des 900 manuscrits de Qumrân.
L’une des découvertes archéologiques majeures du 20e siècle…et l’une des plus énigmatiques !
C’est sur les rives de la Mer Morte, en plein désert,
que commence l’épopée des Manuscrits de Qumrân.
Comment soupçonner que ce paysage truffé de grottes est le théâtre
d’une histoire énigmatique, entre légende et réalité ?
Une histoire qui débuterait avec un simple berger bédouin…
Le bédouin qui était à la recherche de sa chèvre qui était entré dans
la grotte a jeté une pierre par une anfractuosité.
Cette pierre ricoche sur quelque chose… Et le bruit va intriguer le bédouin…
Il est entré, il a vu une jarre et il a vu à l'intérieur de la
jarre un manuscrit qui était entouré de cuir.
Le berger entrevoie alors la possibilité de gagner un peu d’argent, mais il n’a pas
conscience que sa trouvaille va bouleverser des certitudes et des convictions datant
de milliers d’années… Il trouve un acquéreur dans la ville de Bethléem.
Le vendeur du souk qui a acheté les manuscrits, les sept premiers manuscrits,
s'appelle Kando. C’est par son intermédiaire en présentant les manuscrits à différents
spécialistes que la préciosité de ces manuscrits va être enfin comprise.
Et c'est ainsi que l’histoire de Qumran a commencé.
Pendant une dizaine d’années va alors s’engager une incroyable course au trésor. Archéologues
et bédouins explorent toutes les grottes de la région. Ce sont des dizaines de cavités qui sont
ratissées. Au total, 900 manuscrits rédigés en hébreu sont exhumés. Un butin phénoménal,
pour le plus grand bonheur de l’équipe d’archéologues chargée de les étudier.
A sa tête, il y a notamment Roland de Vaux, le père Roland de Vaux qui est un dominicain
qui est le directeur de l'Ecole Biblique et Archéologique française de Jérusalem.
Pour le père Roland de Vaux, ces documents soulèvent de nombreuses questions…
Pourquoi ces manuscrits étaient dans ces grottes, finalement ? Pourquoi les avoir
mis là ? Qui les a écrits ? Pourquoi ? A quelle époque ? Qu'est-ce que ces manuscrits
représentent à leurs yeux et qu'est-ce qu'ils peuvent nous apprendre à nous, aujourd'hui ?
Première constatation, ces manuscrits sont anciens…très anciens.
On se rend compte qu'on a affaire des manuscrits plus anciens que
tout ce qu'on connaissait auparavant sur la bible.
Les plus anciens manuscrits de la bible et du judaïsme.
Des écrits datant du 1er siècle, donc contemporains de Jésus ? Ces
révélations faites entre 1950 et 1951 provoquent une véritable onde de choc !
Jusqu’ici, les premiers textes hébraïques connus dataient du 11ème siècle,
les manuscrits de Qumrân nous replongent pour la première fois, aux prémices du christianisme.
Grâce à ces manuscrits, on fait un bond de mille ans en arrière,
pour se rapprocher de l'époque de la bible.
On se dit, mais finalement puisque ces manuscrits sont contemporains de Jésus peut-être qu'on va en
savoir davantage sur ce personnage, sur ses apôtres, sur la naissance du christianisme.
En d’autres termes, on espère que ces documents incroyables vont nous révéler des vérités inédites
sur Jésus ! Des manuscrits qui pourraient remettre en cause les fondements du Christianisme ! C’est
possible. D’autant que 4 des 7 premiers rouleaux, sont attribués à une étrange secte juive…
Parmi les premiers manuscrits découvert, on a d'une part des manuscrits de la bible hébraïque,
mais on a aussi des manuscrits qui documentent la vie et les origines d'une communauté,
qui semble avoir des opinions, des croyances, un petit peu différente de celle de la majorité
des juifs à l'époque, et très vite les premiers spécialistes pensent qu'il s'agit d’esséniens.
Les esséniens, une ancienne communauté qui a prospéré au 2ème siècle avant notre ère et qui,
par ses similitudes avec le christianisme des premiers temps, suscite fantasmes et inquiétudes…
On trouve les mêmes expressions le même vocabulaire, la même attente
du messie de la fin des temps. On a également un intérêt pour les anges
qui se manifestent qui apparaissent qui apportent des révélations divines.
On a l'impression pratiquement de lire des premiers écrits chrétiens.
Et si finalement le christianisme n’était qu’une émanation de cette secte juive qui avait disparu
sans laisser de trace ? Un scénario incroyable que la découverte des rouleaux vient relancer…
Là où Qumran change la donne, c'est que pour la première fois on découvre
des manuscrits dont on pense qu'ils ont été écrits par les esséniens eux-mêmes.
Une fantastique opportunité de découvrir qui était véritablement cette communauté.
D’autant qu’un site archéologique situé à proximité de certaines des grottes de Qumrân,
renforce l’hypothèse d’une présence essénienne.
Le père Roland de Vaud va fouiller le site,
en se demandant si par hasard ce site ne serait pas le lieu de la vie communautaire.
Nous sommes ici sur le plateau de Khirbet Qumrân, ce site archéologique donc de Qumrân,
et la grotte qui est derrière moi montre à quel point il y avait des grottes à côté du site.
Cela est venu confirmer l'association qui avait été fait dès le départ par
le Père de Vaux, entre les manuscrits de la grotte et le site archéologique.
A mesure que les fouilles progressent, la piste essénienne de Roland de Vaux se dessine jusqu’à
devenir une évidence. Ainsi, les occupants du site auraient été d’une grande religiosité…
On est ici à côté d'un des nombreux bains rituels « mikvé » du site de
Qumran qui atteste que les habitants de ce site,
donc vraisemblablement les esséniens, étaient très pieux, très strictes, très observant.
Et c’est une pièce importante du site qui va finir de convaincre le Père de Vaux…
Nous nous trouvons ici dans le scriptorium, c'est à dire l'endroit où on écrivait,
car les fouilles archéologiques ont permis de retrouver ici des encriers et il y a des
restes de table, qui attestent que l'on pouvait copier des manuscrits.
Un scriptorium ! Une découverte fondamentale pour l’archéologue français…
Vous comprenez parfaitement la connexion qu'on peut faire et qu'a fait le Père
de Vaux entre ici un atelier de copies, et éventuellement donc les caches de manuscrits,
dans les grottes qui environnaient le site.
Les esséniens seraient donc les auteurs des rouleaux,
au moment même où le christianisme est sur le point d’éclore…
Dès les années 50, la presse et le grand public se sont pris de
passion pour l’incroyable histoire des manuscrits de la mer Morte.
Ils attendent donc avec impatience que les autres documents soient déchiffrés
et qu’on leur en dévoile le contenu. Car c’est toute l’histoire de Jésus
et du christianisme qui risque d’être revisitée… Mais rien ne se passe. Aucune nouvelle révélation…
Et là le public commence à se demander mais
pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on ne publie pas les autres manuscrits ?
Le mécontentement va grossir, et on va même se demander si on ne cache pas des
choses, s'il n'y a pas des choses dérangeantes dans les manuscrits…
Ce silence troublant alimente les théories les plus folles…
Et le père Roland de Vaud est en première ligne.
Le père Roland de Vaud est archéologue, certes, mais il est prêtre également,
c'est un prêtre catholique. Imaginons qu'il fasse des
découvertes qui remettent en question les origines de la foi chrétienne.
Que va-t-il faire ? Est-ce qu'il va les publier ? Est ce qu'il va être tenté de
les dissimuler ? Est-ce que peut-être il va recevoir des consignes du Vatican ? Du pape ?
Le Vatican tout-puissant est suspecté.
Il chercherait à dissimuler des informations capitales…
Dans la mesure où on est susceptible de faire des découvertes qui vont éclairer les origines
du christianisme, on se dit « Mais est ce que le Vatican va, à un moment donné ou un autre,
empêcher la divulgation d'informations qui pourraient ébranler l'autorité du Vatican ? »
Forcément l’hypothèse d’un christianisme qui trouverait sa source dans une secte
juive dérange. Mais le père de Vaux et le Vatican refusent-ils vraiment de divulguer des
informations compromettantes ? Et peuvent-ils résister longtemps à la pression populaire ?
A la fin des années 80, il y a carrément une campagne de presse organisée par la
revue d'archéologie biblique aux Etats-Unis qui vient attaquer de
front l'équipe qui est censée publier les manuscrits et qu'il ne fait pas.
L'accusant donc publiquement de cacher des
choses et de finalement de ne pas être honnête dans le travail intellectuel.
Le père de Vaux est mort en 1971, son équipe d’archéologues est prise dans les tourments
du conflit israëlo-palestinien et le fantasme grandit. Quels terribles secrets étaient donc
cachés dans les grottes de Qumrân ? Finalement, en 1991, 45 ans après la
découverte des premiers manuscrits, les archéologues publient enfin de nouveaux
comptes-rendus de leurs recherches… Avec une révélation cruciale…
On n'a jamais retrouvé le moindre manuscrit du Nouveau Testament, ici.
S'il y a un lien entre chrétiens et esséniens,
ça vient uniquement du fait que le christianisme est né à une période où les esséniens existaient
et donc on ne peut pas exclure qu'il y ait une influence de l'un sur l'autre.
Mais si le christianisme n’est pas une émanation de la secte essénienne. Si
rien ne peut remettre en cause la Bible et encore moins pertuber le Vatican,
pourquoi avoir gardé le silence si longtemps ?
Il faut bien se rendre compte que la plupart de ces manuscrits étaient extrêmement fragmentaires,
des petits fragments de quelques centimètres et puis une bonne partie de ces fragments
était perdue. Donc c'est un puzzle immense. A vrai dire pas un seul puzzle. Imaginez,
vous prenez mille puzzles, vous les mélangez,
vous brûlez les modèles et vous demandez à quelqu'un de reconstituer ces puzzles.
C'était ça, finalement la tâche titanesque qui attendait cette petite équipe internationale.
Alors, Toutes les énigmes entourant les Manuscrits
de la mer morte sont-elles pour autant résolues ? Pas vraiment…l’identité des auteurs des rouleaux
et les motivations profondes qui les ont amené à dissimuler des manuscrits dans des grottes
pour constituer ce qu’on appelle la bibliothèque de Qumrân, restent toujours aussi mystérieuses.
La bibliothèque de Qumran était-elle essénienne ? Il y a des bonnes raisons de penser que :
non. Parce que donc il y a diverses grottes, y a des grottes qui étaient tout proches du site,
donc sans doute fréquentées tous les jours par des gens qui habitaient les
sites. Mais il y a des grottes qui étaient des véritables cachettes.
Aujourd'hui on se rend compte que d'abord ils ont été copiés sur plusieurs siècles,
pratiquement un demi millénaire, donc par plusieurs personnes. Autrement dit,
quand on se pose la question de savoir, mais qui a écrit ces manuscrits,
la réponse n'est pas singulière. Elle est nécessairement plurielle.
Les Manuscrits de la Mer Morte n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Il faudra encore
des décennies pour tout déchiffrer. Les grottes elles-mêmes renferment
certainement encore d’autres rouleaux… Et les archéologues espèrent bien d’autres découvertes…
On ne sait toujours pas exactement qui les a copiés, il y a encore des milliers de
fragments qui restent à déchiffrer. On se pose des questions sur les origines du christianisme,
on se demande s’il y a encore des manuscrits à découvrir dans des grottes. Est-ce que parmi eux,
on va découvrir des manuscrits des Evangiles ? Du Nouveau Testament,
bref tout un tas de mystères qui restent à élucider.
Découvertes mystérieuses…
En plein milieu d’un Désert envoutant.. Décidément, la Terre Sainte ne dévoile ses
secrets que petit à petit… A 13 km au Nord de Qmran…
Jéricho est le théâtre d’une autre histoire… D’une autre légende…
C’est un lieu qui évoque la solitude, la faim, la chaleur extrême…
Jéricho… Aux portes du désert de Judée…
Suspendu dans le vide, accroché à des parois rocheuses qui tombent à pic,
le Monastère de la Quarantaine trône… Laissant planer sur la ville son ombre immense…
Pourquoi ce monument-t-il été érigé sur cette falaise vertigineuse ?
Quel épisode mystérieux de la vie de Jésus célèbre-t-il ?
Partons à la découverte de l’un des lieux les plus énigmatiques de la Terre Sainte
Nous sommes au nord de la Mer Morte… A 350 mètres au-dessus du sol.
Les bâtiments du Monastère érigés à fleur de roche se fondent avec le panorama qui l’entoure.
A ses pieds, la ville de Jéricho, que le Monastère domine de toute sa hauteur.
Nous sommes ici à l'entrée du Monastère de la Quarantaine et il y a un contraste
saisissant entre l’endroit où nous nous trouvons et ce qui est derrière moi,
la vallée du Jourdain, où se trouve l’oasis de Jéricho.
Et le Jourdain va irriguer les rives, on peut avoir de belles plantations,
une belle végétation alors que le monastère, lui, il est flanqué sur la falaise, sur les hauteurs.
C’est tout de suite beaucoup plus aride, beaucoup moins de végétation, beaucoup plus minéral.
Le Monastère de la Quarantaine se dresse à flanc de montagne
mais sa présence marque surtout l’entrée dans le désert de Judée.
Un lien calme et silencieux, mais également austère et violent…
Où Jésus va endurer une des épreuves les plus dures de son existence…
Le désert dans beaucoup de religions, a une valeur symbolique très forte.
D'abord c'est le lieu où on s'éloigne de la civilisation,
des autres êtres humains. On perd son confort, on se retrouve dans le dénuement, dans la précarité,
dans la solitude, la peur, l'angoisse. Donc forcément on en est réduit à
s'interroger sur sa propre humanité. Et donc, d'un point de vue symétrique,
on est porté à se tourner vers Dieu. Lui parler, être à son écoute, être rencontré par lui.
Et c'est en cela que le désert, a un côté mystique.
Un endroit symboliquement effrayant. Mais pas seulement.
Le désert et ses conditions extrêmes, c’est aussi un lieu où il est à priori impossible de survivre.
Le désert de Judée, c'est un désert de roche, un désert de pierres, un désert de falaises avec des
petites montagnes et donc en fait il n'est pas du tout étonnant de retrouver des grottes comme ici.
Il n'est pas impossible que Jésus qui passe 40 jours dans le désert,
ait envie de se réfugier dans une grotte.
Il fallait bien se protéger de la chaleur du jour ou même éventuellement un peu du froid de la nuit,
ou même des bêtes sauvages. Il y a des hyènes il y avait peut-être des lions même à l'époque
de Jésus. Peut-être qu'il a trouvé de quoi boire ou de quoi un peu manger,
mais le lieu est tellement aride que a priori, il n'a pas trouvé grand-chose.
Pourtant, Jésus, va en sortir victorieux. Miraculeusement…
Plus que jamais, il est vivant…
Passer 40 jours dans le désert, sans manger, ça tient du miracle. Et c'est pour ça que ce
prodige a été interprété par beaucoup comme étant une sorte de preuve que Jésus était
pas simplement un être humain, qu'il était un surhomme, qu'il était en fait Dieu lui-même.
Il y a donc sans doute une part de miracle dans la manière dont Jésus a
résisté ici pour vivre dans la recherche de Dieu, dans la contemplation de Dieu.
Et le texte nous dit « Après avoir jeûné quarante jours, Jésus eut faim ». On le comprend. Et
c'est à ce moment-là, que le tentateur s'approche pour le mettre, à l'épreuve.
Ce n'est pas un hasard évidemment, puisque Jésus est dans une situation de faiblesse extrême.
Vainqueur de son combat contre le désert…
Jésus est cette fois confronté au diable et à la tentation…
Mais il va résister…
Jésus n'a rien à prouver, et c'est justement parce qu'il n'a rien à prouver, et parce
qu'il ne succombe pas à la tentation, qu'il démontre précisément qu'il est le fils de Dieu.
Il sort victorieux, il est prêt à commencer sa mission.
Une mystérieuse traversée du désert…
Un énigmatique combat contre le diable… Définitivement l’endroit est
nimbé d’histoires légendaires… Alors les hommes vont choisir de
construire ici, sur cette falaise abrupte, un monastère pour rendre hommage à Jésus…
Nous nous retrouvons ici,
dans un endroit tout à fait propice à faire une retraite où on cherche dieu.
Au début, ce sont simplement des ermites qui sont venus s'installer, dans la roche,
dans une grotte et puis ça n'est que plus tard que le site a réellement été aménagé.
Au 19ème siècle, des moines grecs orthodoxes investissent les lieux
et bâtissent cet époustouflant Monastère.
Une construction sinueuse, qui fait pénétrer le visiteur dans une atmosphère totalement mystique…
Le monastère est tout en longueur le long des falaises, et on enchaîne des pièces, il y a un
couloir en enfilade, un petit peu mystérieux, on longe, on se demande où on va aboutir et à
la fin on tombe comme ça sur une chapelle, et dans cette chapelle il y a une pierre.
Impossible de progresser plus loin dans la roche : cette pierre est le point d’orgue du Monastère.
Mais qu’a-t-elle de si particulier qui justifie qu’elle soit ainsi protégée et vénérée ?
La pierre derrière moi commémore l'endroit où Jésus a été tenté par le diable au bout de 40
jours au désert, d'où le fait que le monastère s'appelle le Monastère de la Quarantaine.
Le désert qui entoure le Monastère de la Quarantaine est donc le théâtre d’un
épisode spectaculaire de la vie du Christ. Un décor aussi envoutant que mystérieux.
Mais comment être sûr que les faits se sont véritablement déroulés ici ?
On sait que cette tradition remonte à l'époque byzantine,
trois ou quatre siècles après Jésus. C'est donc une tradition très ancienne. D'un autre côté,
on n'a pas non plus de vestiges contemporains, de l'époque de Jésus même,
qui pourrait nous prouver que c'est bien là que cet épisode a eu lieu. Mais à vrai dire,
d'un point de vue historique on ne sait même pas si cet épisode a vraiment lieu.
Cet épisode dans l'évangile, a avant tout une fonction théologique. Il est
là pour nous montrer que Jésus est prêt à mener à bien la mission qui l'attend.
Le lieu aurait donc été choisi arbitrairement ? La décision d’ancrer l’épisode biblique dans cette
partie précise du désert, répondrait peut-être à des critères pratiques.
Le monastère la Quarantaine offre un point de vue remarquable sur la vallée du Jourdain,
la ville de Jéricho, la mer morte, les montagnes de Moab en face. Le point de vue est remarquable,
spectaculaire. Or, précisément l'une des tentations du diable, c'est d'emmener Jésus
sur une autre montagne de lui faire contempler tous les royaumes de la terre et de lui dire,
si tu te prosternes devant moi et m’adore, je t'offrirai tous ces royaumes. Si on cherche un
endroit qui convienne à cet épisode, ici, on peut dire que c'est parfait.
Quelle que soit la raison pour laquelle ce monument a
été installé là… depuis sa construction au 6e siècle, la silhouette du monastère de
la Quarantaine continue de planer sur Jéricho… Et sa légende avec…
Des batailles mythiques… Des découvertes archéologiques qui pourraient
remettre en cause bien des croyances… Des lieux mystérieux…
S’il est bien un pays où la légende est partout c’est bien ici…
Et le temps risque bien de n’y rien changer…
