40 ans de politique migratoire en France
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franceinfo
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2 Vues de vidéo·7 oct. 2024
Depuis 40 ans, les différents ministres chargés de la question migratoire jonglent entre "fermeté" et "humanité" pour répondre aux défis électoraux et législatifs qu'elle soulève.
Les "sans-papiers" de Saint-Bernard en 1996... L'expulsion de la collégienne rom Léonarda en 2013...
C'est parti pour une plongée dans les archives de la politique migratoire made in France
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Depuis 40 ans, les questions liées aux migrants et à la gestion des flux de ces populations
occupent une place de plus en plus centrale dans notre société.
Il y a simplement le souci de traiter cette question avec fermeté et avec humanité.
Le souci d'humanité.
Fermeté et humanité.
Résultat, au fil des gouvernements, les ministres chargés de ces questions
composent entre d'un côté l'opinion publique et de l'autre leur électorat.
C'est parti pour un « back to the future » dans les archives de la politique migratoire Made in France.
Au milieu des années 1990, c'est la crise des sans-papiers.
Des migrants entrent illégalement sur le territoire français
ou dont le séjour n'est plus en règle.
En mars 1996, environ 300 de ces sans-papiers occupent avec l'accord des autorités religieuses
l'église Saint-Bernard, située à Paris.
Ils demandent leur régularisation.
Jean-Louis Debré est le ministre de l'intérieur de l'époque.
Il défend une politique dure à l'encontre des étrangers illégaux.
Il promet quand même dans une déclaration entrée dans les annales
d'agir avec le souci d'humanité et de cœur.
Quelques mois plus tard, la loi dite Debré est votée.
Elle durcit le séjour des étrangers en France.
Pour ceux qui ne sont pas régularisables,
ils devront quitter notre pays tôt ou tard.
Mais malgré cette fermeté apparente, sur les 300 sans-papiers de Saint-Bernard,
le ministre de l'intérieur ne parvient à expulser que peu d'entre eux.
Ce sera une politique de fermeté et de maîtrise des flux migratoires.
Éric Besson, ancien membre du Parti socialiste,
succède en janvier 2009 à Brice-Hortefeux,
au très-commenté ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale.
Alors avec Éric Besson, plusieurs polémiques vont éclater.
Mais on ne va aborder ici qu'une seule de ces polémiques.
Pour le reste, on vous laissera googler.
À la fin de sa première année d'exercice,
Éric Besson annonce 29 000 expulsions en 2009,
alors que sa fiche de mission, donnée par le président Nicolas Sarkozy,
ne lui ont demandé que 27 000.
Un zèle qui va connaître son revers.
Et une affaire marque l'opinion en particulier.
Trois Afghans sont renvoyés à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.
C'est la première fois depuis 2005 que la France renvoie officiellement des Afghans dans leur pays.
On est en 2012.
François Hollande est élu président de la République et...
Le changement, c'est maintenant !
Tout comme François Hollande avec Nicolas Sarkozy,
le nouveau ministre de l'Intérieur, Manuel Valls,
souhaite marquer une rupture avec son prédécesseur,
Claude Guéant, qui reste sur une année 2011 record,
avec presque 33 000 expulsions.
Mais en 2013, les expulsions d'un lycéen arménien de 19 ans,
Khachik Khachatrian,
et d'une collégienne rome, Léonarda Dibrani,
qui a été arrêtée lors d'une sortie scolaire,
suscitent l'indignation autour de l'expulsion des jeunes scolarisés.
Sur ces sujets-là, moi j'invite chacun à garder son sang-froid.
Concernant Léonarda,
le président Hollande lui avait proposé de revenir seul.
Un accueil lui sera réservé, et à elle seule.
Là où il y a mes parents, je reste aussi.
C'est pas la vie ça.
Aujourd'hui, c'est le républicain Bruno Retailleau
qui a été nommé au poste de ministre de l'Intérieur.
Régularisé, naturalisé, au point de goutte,
en revanche expulsé le maximum.
Il prévoit aussi de revenir sur certains éléments de la loi Darmanin,
qui ont été censurés par le Conseil constitutionnel.
Comme par exemple, la réforme de l'aide médicale d'État,
ou encore le délit de séjour irrégulier.
