Focus dans le débat "Rothen s'enflamme" du jour sur le management du sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps quelques jours après la "polémique" sur la sortie nocturne de Kylian Mbappé en Suède au même moment que France-Israël. Avec Jérôme Rothen, Éric Di Meco et Christophe Dugarry.
toute cette histoire, c'est surtout la réaction de Didier Deschamps qui nous intéresse puisqu'hier il a réagi en disant ceci en conférence de presse
il ne faut pas voir le mal non plus partout, il est dans sa vie privée
le seul souci c'est que pour lui sa vie privée n'est pas vraiment privée parce qu'on sait exactement où il est
et ce n'est pas pour autant qu'il n'a pas regardé le match ou qu'il n'a pas envoyé de message. Donc voilà Deschamps qui
défend son capitaine sur cette sortie. Alors l'accusation est la suivante, Deschamps a-t-il trop changé ? Est-ce qu'il défend l'indéfendable en
s'adaptant à cette jeune génération ? Et l'accusation est menée par le procureur Rauten, bonsoir.
Bonsoir à tous.
Avocat de Didier Deschamps, maître Éric Dimeco, bonsoir maître, et le juge
bien sûr sur ces sujets là est totalement impartial puisqu'il l'a dit tout à l'heure, il n'est pas anti Didier Deschamps, bonsoir monsieur le juge Dugarry.
Non, pas du tout.
Pourquoi tu rigoles Éric ?
Parce que j'ai déjà les gouttes avant de commencer moi.
Alors allons-y monsieur le procureur Rauten.
Écoute,
pourquoi je vais attaquer Didier là-dessus ? Parce que je parle en connaissance de cause, moi Didier pour
les plus vieux, ou même pour les plus jeunes, parce qu'eux qui n'ont pas connu
ma période monégasque entraînée avec Didier Deschamps, il avait certains principes. Alors je veux bien que c'était un jeune entraîneur, il débutait
après sa carrière de joueur, mais malgré tout, c'est parce que ça s'est passé il y a plus de 20 ans,
qu'aujourd'hui tu changes ton fusil d'épaule et que tu changes de stratégie. En termes de communication,
il a toujours été le même, il n'a pas changé, on lui reproche même aujourd'hui, encore comme on lui reprochait à l'époque,
beaucoup de langue de bois, de ne pas dire la vérité, de mettre dans la tête des joueurs, très souvent,
ne parlez pas de ça, n'allez pas sur ce terrain-là, et il sait très bien faire, il sait très bien rentrer dans la
tête des joueurs, et nous, il le faisait déjà à l'époque, il le faisait encore aujourd'hui il y a
quelques temps. Mais moi, en fait, c'est plus sur le cadre, le cadre qu'il veut mettre en place, et ça, ce cadre-là, je suis désolé Didier,
ça ne va pas te plaire, mais tu l'as toujours mis en place avec nous, à Marseille, et pour preuve, c'est qu'on a toujours des contacts,
des relations avec des joueurs qui ont gagné avec lui à Marseille, et qui ont été en sélection avec lui très souvent,
la preuve, c'est qu'il y en a un qui nous a rejoint dans la bande, c'est Patrice Evra, dernièrement, et il y a toujours eu un cadre bien précis en équipe de France,
c'est ce qui a fait la force de Didier aussi, pourquoi il est respecté, pourquoi il est écouté, c'est ça, parce qu'il arrive à avoir un staff avec lui,
où ils fonctionnent tous ensemble, main dans la main, et qui transmet ça aux joueurs, et ce cadre-là est assez agréable,
je vais te dire, au quotidien, dans le travail invisible, ou dans la vie quotidienne, parce que tu passes plus de vie en dehors du terrain que sur le terrain,
quand tu es en équipe de France, ou même en club, et c'est assez agréable, parce que chacun est assez libre, ce n'est pas très strict, malgré tout,
mais à côté de ça, tu ne peux pas, depuis maintenant pas mal de semaines et de mois, laisser libre à de la communication différente, à des joueurs qui se lâchent totalement quand ils viennent,
qui nous parlent de choses, et on en parlait tout à l'heure, des choses qui dépassent le cadre sportif, on parlait de la politique avec le rassemblement de l'équipe de France à l'Euro,
on peut parler d'autres choses aussi, la réaction des joueurs, les questions, quand tu viens les titiller sur le Capitana, des joueurs qui se permettent de dire « moi je suis ouvert »,
alors que le mec, il a 15 sélections, il n'est même pas titulaire en club, ou en sélection, mais il se dit « pourquoi pas, moi le brassard », l'épisode Kylian Mbappé, il y a quelque temps...
Là, il va répondre qu'il s'adapte aux codes de la nouvelle génération.
Non, ce n'est pas des codes, au contraire, c'est à la nouvelle génération de s'adapter à ce qui l'a fait gagner Didier Deschamps, qu'est-ce qui l'a fait gagner, qu'est-ce qui a fait que l'image...
Ben oui, c'est cette rigueur-là, c'est de pouvoir contrôler, et l'arrivée, on a fait une finale en 2016, parce qu'il a récolté tout ce qu'il avait mis en place sur les 4 premières années,
on a fait vainqueur en 2018, après il y a eu 2020-2021, l'affaire Benzema, il était fâché, il a rouvert les portes, et puis après cet épisode-là, en fait, t'as l'impression que ça l'a tellement usé qu'il a lâché, il a lâché.
Mais là, ce qui est plus grave, et là je finis là-dessus, sur la communication sur Kylian Mbappé, comment tu peux, nous, les anciens, on t'a eu dans le vestiaire,
c'est pour ça que tu ne vas pas nous la faire à l'envers, et c'est pour ça que j'ai envie de le dire aux auditeurs aujourd'hui, et aux passionnés de l'équipe de France,
comment tu viens m'expliquer que ce que Kylian Mbappé fait dans sa vie privée, ça regarde le Real Madrid, et ça regarde Kylian Mbappé, mais certainement pas toi, parce qu'il n'est pas en sélection.
Alors que toi-même, le premier, t'as été, moi, à me reprendre sur une période, la première année, quand je suis arrivé à Monaco, où, à deux journées de la fin, en effet, j'étais blessé, et attention...
– T'allais à Stockholm ? – Non, non, et je suis resté à Monaco, mais je sortais un petit peu...
– T'allais à Pattaya ? – Je sortais à Monaco, mais je savais que ma saison était morte. Il a su, après ma première sortie, me dire « Écoute, c'est pas parce que la saison est finie et qu'on ne te reverra que l'année prochaine,
que tu peux te permettre de faire ça ». En termes d'image, c'est pas possible, parce que tu renvoies. Et j'étais pas Kylian Mbappé, j'étais juste Jérôme Rotten qui arrivait de Troyes et qui avait 22 ans, tu vois.
Non, mais arrête, avec des attitudes comme ça, on n'y arrivera jamais.
Le problème dans ce procès, et je vais paraphraser le juge Dugarry...
Ah ça y est ?
Oui, puisque je l'ai entendu récemment, et ça m'a sauté aux oreilles, parce que c'est rare quand M. le juge fait un compliment à Didier Deschamps, il a fait un compliment sur la gestion des jeunes aujourd'hui.
puisque ce soir, on va rencontrer des Belges où Lukaku est resté en club, De Bruyne est resté en club, et je vous passe les sélections brésiliennes où il n'y a pas tout le monde qui est venu, et c'est devenu comme ça aujourd'hui.
Le groupe, il a quand même explosé à l'euro. Je le connais trop, mon Duga. Deux lippettes, ça y est. C'est ce que je pensais. Je ne pouvais pas faire un jeu d'avis.