Gordes - Région PACA - Stéphane Bern - Le village préféré des Français 2016

Le Pays préféré des Français
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18 Vues de vidéo·26 oct. 2024
Gordes, c'est le village où la pierre règne en maître. Son château de style Renaissance, ses ruelles pentues en calades qui serpentent entre ses maisons vêtues de calcaire, ou ses bories omniprésentes. Mais c'est aussi un village où les artisans, puis les artistes ont posé leurs bagages, inspirés par les lieux. Marc Chagall, Victor Vasarely, André Lhote, ou encore Jean Deyrolle y ont séjourné. On y découvre également à travers les caves du palais Saint-Firmin l'histoire souterraine du village, propre à cet éperon rocheux qui a su garder toute son authenticité.
copyright Morgane Production
Est-ce celui où je vous emmène à présent ?
En route pour le pays des oliviers, direction la Provence-Alpes-Côte d'Azur,
pour visiter Gorde, un splendide village au perché.
L'église, le château, ces maisons comme ça, les unes sur les autres,
c'est comme une fortification en quelque sorte qui protège.
Ah non, c'est éblouissant.
Les visiteurs de passage sont d'ailleurs très nombreux à arpenter ces ruelles toute l'année.
C'est au milieu de toute cette agitation qu'André, un producteur d'huile d'olive,
amoureux de son village, m'a donné rendez-vous.
Tiens, Stéphane.
Bonjour André.
Bienvenue à Gorde.
Merci de m'accueillir ici.
Avec ce petit soleil, on est à côté d'une fontaine de Sanzo.
C'est vrai que pour moi, en Bastille, ça fait un peu désagréable.
Mais vous, vous êtes là depuis longtemps ?
Il y a déjà, si j'en vois un général au jus, je crois qu'il y a plus de 5 siècles qu'on est là.
Vous êtes là depuis 5 siècles ?
Non, mais ça se voit pas.
Non, je sais.
Ce qui saute aux yeux, en revanche, lorsqu'on déambule dans le village,
ce sont les ruelles pavées et abruptes qui le constituent.
Ça, c'est l'accès original du village.
Oui.
Des rues étroites, impossible de rentrer avec un char ou une charrette.
Non, bien sûr.
Le seul accès étaient les ânes.
Ici, on les appelle les pas d'âne et pour cause.
Ça, c'est les pas d'âne.
Les pas d'âne.
Alors, donc, l'âne, il ne glisse pas.
Je préfère l'âne, si vous voulez.
J'allais vous dire, à tour de roi, on a tout fait.
Au départ, c'était sur le dos et après, avec des roues,
ce qui fait que les roues pouvaient monter.
Lui, il s'est calé et il grimpait.
Ah oui, les roues montaient sur le côté.
Voilà.
Et l'âne, évidemment.
Bien sûr, il n'y avait pas de gros chargements parce que vu la déclivité,
il fallait ménager l'homme et la monture.
Sur tes pattes, je dévale les sentiers dès le matin.
Bougre d'âne, je suis âne.
Nous ne formons qu'un.
Ah, ben voilà, c'est la vue qui est impressionnante.
On arrive sur la plaine de Gordes.
Une plaine en grande partie destinée à la culture de l'olivier.
André est propriétaire de nombreuses parcelles.
Sa famille produit de l'huile d'olive depuis plusieurs générations.
Vos oliviers sont où, André ?
C'est-à-dire là, sur la petite ligne de crête qu'on voit,
c'est une culture qui n'a jamais enrichi le bonhomme, mais qui l'a nourri.
Le but de l'humanité, c'est d'être nourri.
La fortune, c'est déjà quand on a le ventre plein.
C'est une bonne philosophie de vie, je trouve.
C'est une philosophie agricole et paysanne.
Ah, il est très sympa, cet André.
Avant de quitter Gordes, j'irai le saluer sur ses terres,
mais pour l'heure, je poursuis ma visite de ce charmant village.
J'ai maintenant rendez-vous avec Anne,
la propriétaire d'une très jolie maison connue sous le nom de Palais Saint-Firmin.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, madame. Merci de m'accueillir chez vous.
Écoutez, c'est une grande joie.
Cette maison date de la Renaissance,
mais à la Seconde Guerre mondiale, elle a été saccagée et laissée à l'abandon.
C'est Anne et son mari, aujourd'hui disparus,
qui ont décidé de remettre à neuf le palais
et d'y créer en prime de magnifiques jardins.
C'est un monument historique.
Important à Gordes.
Écoutez, c'est la seule maison privée classée.
Je ne voudrais pas trop frimer, mais je pense que c'est quand même la plus belle.
J'en donnerais ma main à couper.
Au moment des travaux de réhabilitation,
le mari d'Anne a fait une découverte incroyable.
Un véritable dédale de caves troglodytes sur sept niveaux.
Magnifique.
Ce qui, moi, m'émeut beaucoup dans ces endroits,
c'est le travail de l'homme.
Parce que tout a été creusé,
je dis toujours en riant, la petite cuillère,
mais enfin avec des outils rudimentaires,
dans le noir, donc à la lampe à huile.
Et mon mari a retrouvé beaucoup de lampe à huile dans ces caves.
Énormément.
À l'époque, ces caves servaient de silos à grains,
de moulins à huile, de chapelles et même de bergeries.
Une véritable vie sous le village.
Comme il n'y a pas de place à l'horizontale,
il fallait creuser à la verticale.
En plus, c'est la partie immergée de l'iceberg.
Je dis iceberg volontairement parce qu'il fait frais.
Mais bien sûr.
C'est très bien pour l'été.
Quand on vient l'été, ici, au moins dans vos caves, il fait frais.
On est très bien.
Si vous cherchez un peu de fraîcheur,
sachez que les caves du Palais Saint-Firmin sont ouvertes à la visite.
Quant à moi, je remonte à la surface.
Il fait plus chaud.
Pendant que les promeneurs profitent du beau temps
et arpentent les ruelles avec leur splendide demeure,
je me dirige vers le château.
Laure m'attend devant l'imposant édifice pour me guider.
Bonjour, Laure.
Bonjour, Stéphane.
Vous me confiez vos clés ?
Je vous confie les clés du château.
Vous devenez châtealaine d'un jour.
Il n'y a pas de mauvaise surprise ?
Non, non, non.
L'alarme est enlevée.
Je vous en prie.
Pas de mauvaise surprise, bien au contraire.
Au premier étage, j'ai le plaisir de découvrir
une cheminée Renaissance assez incroyable.
Intégralement sculptée dans un pan de mur,
elle a très peu servi, tout comme le château d'ailleurs.
En fait, il n'a jamais été habité.
C'est vraiment la spécificité de ce château.
Les seigneurs ne venaient jamais à Gordes
parce que c'est un endroit très isolé,
très difficile d'accès.
Donc, il y avait simplement des gardes, des concierges.
Ils servaient en fait de remise, de prison, de grenier.
En partant du grenier,
Laure me propose maintenant d'accéder au sommet du château.
Là par contre, c'est moi qui vais ouvrir.
Vous voulez que je vous éclaire ?
Si vous pouvez.
Je ne suis pas une lumière, mais je vous éclaire.
C'est gentil.
Waouh, quel point de vue !
360 degrés sur le Lubeuron.
C'est magique !
Les toits du village par là.
Et vous avez encore une tourelle sur cette maison.
Donc ça, c'est la tour du XIIe siècle.
C'est la partie la plus ancienne du château.
Vous êtes une vraie Gordienne.
Oui, vraie Gordienne, de par ma mère.
Vieille famille, oui.
On est remonté jusqu'au début du XVIIe siècle.
Et qu'est-ce qu'ils faisaient, vos ancêtres ?
C'était des cordonniers.
Ah oui, parce que la cordonnerie, la tannerie,
c'était des métiers d'art traditionnels de Gordes.
De Gordes, oui.
Tannerie, cordonnerie et filature de soie.
Et tous ces artisans vivaient, non pas dans le bourg,
mais en contrebas dans le village,
dans un quartier nommé Fontainebasse,
qu'il vous faut absolument prendre le temps de visiter.
C'était le quartier vraiment le plus animé du village.
Donc là, venez, je vais vous montrer une des filatures de soie.
Le bâtiment est énorme et on voit le petit ruisseau qui passait là.
Et qu'est-ce que c'est devenu maintenant ?
C'est une propriété privée.
Mais un jour, les activités artisanales ont périclité.
Des artistes de tous horizons et de toutes nationalités
ont alors pris possession des maisons et ateliers
et se sont installés dans le village
les peintres comme Marc Chagall, Victor Vasarely, André Lhôte
ou encore le photographe Willy Ronis.
Mais c'est vraiment Vasarely,
avec l'inauguration de son musée par Madame Pompidou
dans les années 70,
qui a marqué le point d'ancrage de Gorde
comme étant le village par excellence à fréquenter, à connaître.
Et là, le tourisme a explosé et ça ne fait que continuer.
C'est vrai que le village de Gorde attire chaque été de nombreux visiteurs.
Pour trouver un peu de quiétude,
le mieux est encore de s'éloigner du centre.
A quelques pas du village,
vous pouvez en effet visiter, pourquoi pas séjourner,
à l'abbaye cistercienne Notre-Dame de Sénanque.
La bâtisse, qui date du XIIe siècle,
est nichée en pleine nature au milieu des champs de lavandins.
Mais avant d'envisager me retirer du monde,
j'ai promis à André, mon producteur d'huile d'olive,
d'aller admirer ces arbres millénaires.
D'autant que cette année,
il remet en culture une nouvelle parcelle.
Aujourd'hui, on va planter l'olivier.
A votre honneur.
C'est adorable.
On y va à deux ?
On y va à deux.
Allez, c'est parti.
On va embaucher peut-être quelques gaillards.
Allez, c'est parti.
L'olivier, il est à peu près bon.
Et maintenant, il faut mettre la terre.
C'est parti.
Je vois qu'il est calé.
Je vais vous arrêter juste un instant.
Vous savez, on est dans une région
où l'alimentation compte beaucoup.
On est sur le vin et l'huile d'olive.
Alors, on va y caler une bouteille d'huile d'olive
pour la prospérité.
Vous allez mettre une bouteille d'huile ?
Une bouteille d'huile et une bouteille de vin.
On ne sait jamais si, dans quelques siècles...
Si l'olivier, il a soif.
Ou si quelqu'un le trouve, on aura pensé à lui.
C'est génial, j'adore cette tradition.
Ce qui serait bien, c'est de ne pas dire où on est.
Parce qu'une fois que ça va passer à la télé,
tout le monde va vouloir creuser
pour trouver la bouteille.
On dira qu'on est en Provence.
Et en Provence, justement.
Après avoir planté l'olivier,
on se réunit pour partager le verre
et le festin de l'amitié au menu
tapenade, aïoli et verre de rosé.
Chacun sa prochaine.
Santé !
Bonheur !
Et olivier !
