L'équipe du Vortex et SpaceExplorerW se lancent dans une aventure cosmique au Pic du Midi, plongeant dans l'art exquis de l'astrophotographie. Accompagnés de Sébastien Carassou et Astronomie Pratique, ils explorent l'univers des télescopes et des outils indispensables pour capturer des images nettes d'astres et de corps célestes situés à des milliers d'années-lumière de notre planète. C'est un voyage fascinant au-delà des étoiles, où la technologie et la passion se marient pour révéler la beauté mystérieuse de l'univers. Préparez-vous à être éblouis par des images époustouflantes et à découvrir les secrets de l'astrophotographie professionnelle! 🌌🔭📸
🔢 CHAPITRAGE DE L'ÉPISODE 0:00 : Introduction 0:40 : Photographier les Piliers de la création 3:44 : L'histoire de la photo des Piliers de la création 7:19 : Le T50 du Pic du Midi 9:43 : Photographier M16 14:55 : Analyse des résultats 18:14 : Après traitement des fichiers
BIENVENUE DANS LE VORTEX ! Il n’y a pas longtemps, dans un espace numérique, très numérique...
C'est une époque de désinformation. À travers les méandres du cyberespace, un groupe de chercheurs, réunis sous la bannière du Vortex, ont remporté leur première victoire contre les ténèbres du mensonge.
Au cours de leur quête, ces créateurs intrépides ont réussi à découvrir les secrets cachés de la désinformation, une arme sournoise capable de manipuler les esprits et d'obscurcir la vérité.
Poursuivis par les agents de la confusion, ils retournent à leur bureau secret, porteurs des fruits de leurs études qui peuvent éclairer le peuple et rétablir l'intégrité intellectuelle dans le cyberespace.
Bonjour à tous et bienvenue au Vortex.
Aujourd'hui, on est au pic du midi et ensemble on va voir comment lier art et science à
l'aide de l'astrophotographie.
Pour cet épisode, je serai accompagnée de Laura, astronome amateur et astrophotographe
de la chaîne Astronomie Pratique et Sébastien, astrophysicien et vulgarisateur de la chaîne
Sense of Wonder.
Et j'ai même un défi à leur proposer.
Hello !
Salut !
Ça va ?
Oui, toi ?
Salut !
Ça va ?
Merci à vous d'avoir accepté de participer à cette vidéo et aujourd'hui, j'aimerais
qu'on fasse ça.
Ah ouais, assez ambitieux.
C'est possible, déjà ça correspond aux piliers de la création, nous qu'on appelle
M16, une nébuleuse, c'est jouable mais il ne va vraiment pas falloir s'attendre à obtenir
ce résultat-là avec nos télescopes.
Pourquoi ça ?
Plusieurs raisons.
Déjà cette photo, elle a été prise en infrarouge, donc on ne sait pas ce qu'on utilise et en
plus, elle a été prise dans l'espace surtout.
Ça change quoi que le télescope soit dans l'espace ?
En fait, l'atmosphère terrestre est remplie de vapeur d'eau et la vapeur d'eau a tendance
à absorber la majorité des rayonnements infrarouges, ce qui fait que la majorité
de ces rayonnements n'arrivent clairement pas sur Terre, donc si on a un observatoire
terrestre, on ne peut pas voir les rayonnements infrarouges de l'espace.
C'est pour ça qu'on en voit la majorité des télescopes infrarouges en orbite ou au-delà.
Oui, et donc du coup, en plus de ça, la turbulence atmosphérique fait que les étoiles scintillent,
on peut le voir d'ailleurs à l'œil nu.
Évidemment, ça va dégrader la qualité des étoiles sur nos images et même l'image
de manière générale va être un petit peu plus sombre en fait.
Il y a certains observatoires qui arrivent à s'en affranchir aujourd'hui avec une technologie
assez fou, qui s'appelle l'optique adaptative.
L'idée, c'est d'analyser en direct les perturbations atmosphériques en créant une
fausse étoile artificielle avec des lasers qu'on va tirer dans l'atmosphère et cette
information revient dans le télescope et le miroir du télescope est monté sur des
petits vérins qui vont compenser en direct la forme du miroir pour compenser les effets
de la turbulence atmosphérique.
Mais ce n'est même pas la seule contrainte, il y a plein de contraintes à pouvoir vouloir
reproduire cette image.
Après, il y a aussi le fait qu'on est sur Terre, donc la Terre tourne, donc ce qu'on
voit au-dessus, les constellations, ça évolue au fil des mois.
M16, elle se trouve dans la constellation du Serpent, donc qui est visible en été.
Donc là, c'est bon, on peut la shooter, elle est visible en ce moment.
Ça, c'est un bon point.
Après, il y a aussi la météo.
Il suffit d'un seul nuage pour que tout soit foiré, donc il faut vraiment choisir le bon
moment.
Et dans le sud, ça va ?
Du coup, le fait qu'on soit dans le sud, c'est cool pour la météo, mais il y a quand
même d'autres contraintes.
La pollution lumineuse, ça, on en est un petit peu partout.
Et en plus de ça, il y a aussi la Lune qui génère de la pollution lumineuse, donc
pour des photos de ce type-là de lumineuse, on veut éviter qu'elle soit là.
Donc actuellement, elle est en dernier quartier, donc c'est bien, en fait, elle ne sera pas
trop lumineuse.
Donc nickel.
Ok, c'est cool alors.
Ouais.
Donc good.
Donc je vais pouvoir tester de faire ça avec mon télescope.
Évidemment, encore une fois, ça ne donnera pas exactement ce résultat-là.
Déjà, moi, j'ai une focale bien plus petite, donc en fait, je zoome beaucoup moins que
ça.
Donc on aura un champ bien plus large des piliers.
La résolution, nécessairement, ne sera pas la même, mais je pense qu'on peut quand
même tenter d'obtenir un truc.
On a tous les feux qui sont verts.
Ça va pas être facile.
Alors l'histoire de cette image, elle remonte au milieu des années 90.
À cette époque, le grand instrument du moment, c'est le télescope spatial Hubble.
Sauf que Hubble, il a un petit problème.
Une fois qu'il arrive dans l'espace, on découvre que son miroir a un immense défaut,
une sorte d'aberration optique qui fait que le télescope, en pratique, il voit flou.
Et là, c'est panique à bord, évidemment, parce que c'est une mission qui a quand même
coûté plus d'un milliard et demi de dollars.
Et donc, dans un geste désespéré, la NASA décide d'envoyer des astronautes sur place,
sur le télescope, pour pouvoir installer un dispositif correcteur sur Hubble.
Et là, miracle, ça fonctionne très très bien, la mission est un grand succès, et
Hubble peut enfin faire des clichés qui sont à la hauteur de son potentiel.
Et donc, pour marquer le coup, en 1995, la NASA décide de pointer son télescope vers
une toute petite région de formation d'étoiles dans la nébuleuse de l'Aigle, qui est un
nuage interstellaire à 6500 années-lumière d'ici.
Dans le jargon, on l'appelle M16, parce que c'est le 16e objet du catalogue de M.
Charles Messier.
Et donc, le grand public se retrouve face à ces magnifiques colonnes de gaz et de poussières
multicolores, dont la forme a été sculptée par les particules et les rayons UV qui sont
émis par des étoiles très chaudes à proximité.
Alors aujourd'hui, évidemment, on a l'habitude de voir ce genre d'image un petit peu tout
le temps, mais en 1995, personne au monde n'avait vu un tel paysage céleste.
Et en plus, pour rendre la photo encore plus impactante, la NASA a décidé de puiser dans
tout un imaginaire symbolique, déjà en lui donnant un nom très évocateur, les Piliers
de la Création, ce qui lui donne une aura quasi mythologique, et puis aussi dans le
choix de la composition, de l'orientation de l'image et des couleurs aussi.
En fait, il y a une historienne de l'art américain qui a beaucoup étudié ces choix
et elle a remarqué un truc assez rigolo, c'est que les images de Böll à destination
du grand public, en fait, elles reprennent les codes esthétiques des représentations
de l'Ouest américain des artistes romantiques du XIXe siècle.
D'accord.
Donc par exemple, ces grands piliers là, ils évoquent des structures géologiques,
des grandes formations géologiques qui émergent du désert, cette espèce de bleu diffus qu'on
a vu à l'émission de l'atome d'oxygène, en fait, il évoque le bleu d'un beau ciel
d'été comme celui qu'on a à l'heure actuelle.
Et donc, c'est vraiment cette tension entre un paysage céleste complètement inconnu
et le côté familier de ces représentations et de ces codes esthétiques qui fait que
cette image, les Piliers de la Création, est aujourd'hui devenue l'une des images
les plus mémorables de l'histoire de l'astronomie, et ensuite cette image, elle a été refaite
plusieurs fois par plusieurs télescopes, la dernière en date étant celle du James
Webb en 2022.
Et du coup, cette image, qu'est-ce qu'elle apporte de plus par rapport à cette demeure
parce qu'en fait, on voit que c'est beaucoup plus détaillé ?
C'est déjà beaucoup plus détaillé, mais on voit aussi des structures qui n'apparaissaient
pas du tout sur la photo de Hubble.
En fait, la grande particularité du télescope James Webb, c'est qu'il peut observer ce
qui se passe à l'intérieur des nuages.
En fait, quand tu regardes un nuage comme ça avec le télescope Hubble, donc dans le
domaine du visible essentiellement, ce que tu vas voir, c'est un nuage de gaz qui est
complètement opaque, comme si tu regardais à travers une grosse purée de poids.
Sauf que quand tu les regardes en infrarouge, comme avec le James Webb, et bien tu peux
voir ce qui se passe à l'intérieur parce que les nuages deviennent semi-transparents.
Et donc, ce qu'on observe en pratique, c'est les étoiles qui sont en formation à l'intérieur
de ces nuages et qu'on peut observer avec une précision assez inédite.
Par exemple, si on zoome sur l'image du James Webb, là, tu peux observer des espèces de
filaments un peu rougeâtres, et ces filaments, ils sont formés autour d'une jeune étoile
en formation.
Et ce sont des jets de matière supersoniques qui sont en train d'entrer en collision avec
le gaz et la poussière environnante.
Donc ça, c'est des infos absolument précieuses pour les astronomes parce que ça va leur
permettre d'affiner leur modèle d'évolution stellaire, de formation stellaire, et donc
de mieux comprendre les conditions dans lesquelles notre propre système solaire s'est formé.
D'accord, en fait, c'est super stylé !
Carrément !
Au final, j'ai une très bonne nouvelle, Laura, tu ne vas pas avoir besoin de ton télescope
car on va avoir accès au T50 que l'observatoire Midi-Pyrénées nous met à disposition.
Et en vrai, je pense qu'on va faire de superbes images.
Wow !
Belle bête !
Ok donc, ça c'est ma caméra, c'est le modèle au-dessus de ma caméra en fait.
Ah ouais ?
Ouais, donc nickel, ça je connais.
Là, t'as une roue à filtres, motorisée, c'est pareil, j'ai la même pour le coup,
presque.
Et en gros, là, on ne les voit pas mais à l'intérieur, t'as plein de petits filtres
et donc t'as un moteur et ça va permettre de faire tourner les filtres comme ça, si
on veut changer de filtres, on n'a pas besoin de monter, de démonter le truc, remettre
le filtre, on est juste à changer sur le logiciel et puis ça tourne.
Ce qui est plus pratique du coup.
Ouais, ouais, ça permet d'automatiser un peu tout ça, donc ça c'est génial.
Ok.
Ok, donc ça c'est le moteur de mise au point, justement la mise au point va pouvoir se
faire automatiquement.
Et puis, bah évidemment, le télescope quand même.
C'est le principal.
D'ailleurs, j'ai une question, on l'appelle T50, mais il vient d'où le 50 en fait ?
Le 50, c'est parce que c'est un miroir de 50 centimètres.
Ok.
500 millimètres, ouais.
Ouais, ouais, c'est juste ça, juste ça, c'est super, super grand quoi.
Typiquement, en tant qu'astronome amateur, je n'ai pas ça dans mon jardin.
Ah oui, d'accord.
J'aimerais bien, mais en fait, c'est génial d'avoir un diamètre super grand comme ça
parce que ça augmente la résolution et la physique fait que ce sera impossible évidemment
avec ma petite lunette, comme je disais, d'obtenir la même qualité qu'avec un télescope comme
ça.
Parce que plus le diamètre du miroir est grand, plus on absorbe de lumière, c'est
ça ?
Ouais, exactement.
C'est ça.
Plus tu peux discerner des sources de lumière très, très proches en fait, c'est vraiment
la résolution de l'image.
On appelle ça le pouvoir de résolution dans le jargon.
D'accord.
Ok, super.
Donc c'est vraiment la taille qui compte en astronomie.
Donc là, il est 1h33 du matin et on se retrouve devant l'ordinateur qui va nous permettre
de piloter le télescope qui se trouve juste à côté et on va utiliser un logiciel qui
va nous permettre de potentiellement faire une très belle photo de la nébuleuse M16.
On va lancer le premier logiciel pour connecter le télescope et donc pouvoir le contrôler.
Donc on va devoir contrôler la monture pour pouvoir faire bouger le télescope, pouvoir
aller pointer M16 déjà dans un premier temps.
Ça met un peu de temps à se connecter et donc là, il connecte tous les accessoires
avec, donc caméra ou à filtre et donc du coup, on va aller pointer M16 déjà, voilà,
avec le ciel, avec les constellations, les étoiles, etc.
Et normalement, il y va tout seul.
Et donc ça, c'est parce qu'il y a un catalogue, il possède un catalogue d'énormément
d'objets, donc il est capable tout seul en fait de savoir où se trouve l'astre et d'aller le viser.
On va lancer quelques photos pour voir ce que ça donne et puis on va voir si la nébuleuse est là.
C'est inquiétant si elle n'était pas là quand même.
Donc là, on a la fenêtre de la roue à filtre.
Donc on a notre caméra, c'est une caméra monochrome, donc tu vas prendre des images
en noir et blanc et donc dedans, devant, on a une roue à filtre et dans la roue à
filtre, il y a plusieurs filtres.
Donc là, on a la liste de tous les filtres.
On va choisir l'un des filtres.
On va prendre celui-ci, le H-alpha, donc en fait, ce filtre H-alpha, il récupère toutes
les bandes d'hydrogène et en fait, ça va être tout ce qui est dans les tons rouges.
On va vraiment faire beaucoup ressortir tout ce qui est ton rouge de la nébuleuse et en
l'occurrence, M16, il y a beaucoup de H-alpha dedans, donc c'est pour ça que ça va être
très intéressant et normalement, ça va être le filtre qui va nous donner les meilleurs résultats.
Le capteur de la caméra qui est attaché au télescope est un capteur CMOS.
C'est un type de capteur qu'on retrouve notamment dans la plupart des appareils photo
et des smartphones sur le marché.
On peut visualiser ce capteur comme une grille de pixels dans lequel chaque pixel fonctionne
comme un seau d'eau.
Les grains de lumière, les photons qui nous viennent des astres tombent dans chaque pixel
comme des gouttes d'eau de pluie dans le seau.
Plus le temps de pose de la photo est long, plus les pixels accumulent de la lumière
et à la fin du temps de pose, ce signal lumineux est converti en signal électronique.
Mais du coup, le capteur en soi ne distingue pas les couleurs, seulement les variations
d'intensité lumineuse.
C'est pour ça que notre image brute de M16 est en noir et blanc.
Pour ajouter de la couleur, il faut qu'on l'observe à travers plusieurs filtres.
Chaque filtre ne va laisser passer la lumière que si elle est dans une certaine gamme de
longueur d'onde très précise, qui va dépendre des structures que l'on veut faire ressortir.
Et à la fin, on va se retrouver avec plusieurs photos en noir et blanc du même astre pris
à l'aide de différents filtres.
On assigne ensuite chaque filtre à une couleur primaire donnée, une pour le rouge, une pour
le vert et une pour le bleu.
Et quand on les superpose, ça nous donne une image en couleur.
En général, les images d'Astro sont donc en fausse couleur, mais les structures qu'elles
révèlent sont bien réelles.
On peut déjà réfléchir au temps de pose qu'on va effectuer.
Donc en seconde, il y a deux trucs super importants, c'est le temps de pose et combien de photos
on prend.
Parce qu'en astrophoto, on ne prend jamais une seule photo, contrairement à la photo
classique.
On va prendre des dizaines, voire des centaines d'images qu'on empilera après au moment
du traitement pour n'en avoir plus qu'une seule.
Je ne sais pas si 10 secondes, ce sera suffisant avec ce filtre-là.
On peut tester.
Et du coup, le temps d'exposition, c'est ce qui va permettre aussi d'avoir le plus
de détails sur la photo.
Exactement.
Plus le temps d'exposition est long et plus les détails vont ressortir.
Contrepartie de ça, c'est vu que la Terre tourne, du coup, à un moment donné, on a
des moyens de compenser.
Mais il y a un moment où nos étoiles ne vont plus forcément faire des ronds, mais
ça va faire des traits, des filets.
Et en l'occurrence, ce n'est vraiment pas ce qu'on veut ici.
Donc, il faut trouver le temps de pose maximal juste avant d'avoir cette dégradation.
Et au niveau du nombre de photos, il faut en faire le plus possible.
Plus on aura le temps de photos et mieux ce sera.
Donc, on va être limité par quoi ? Par l'heure qu'il est et le fait que l'astre va aller
se coucher à un moment donné, va être trop bas ou va être carrément sous l'horizon.
Ou alors, si le soleil arrive et qu'il ne fait plus complètement nuit, le ciel sera
moins noir.
Donc, nos photos ne seront plus aussi bonnes.
Ce n'est pas intéressant.
On ne va mettre qu'une seule photo, ça ne sert à rien d'en mettre plusieurs pour l'instant.
Et puis, simplement, on va cliquer sur « Démarrer » et puis on va voir ce que ça va donner.
C'est magnifique.
Ça ne ressemble pas du tout à ce que j'imaginais.
Donc, on a une magnifique image.
Ça pourrait être plusieurs solutions, mais bon, on sait qu'on a enlevé les caches.
Donc, ça ne peut pas être ça.
Le plus probable, c'est que le ciel, le télescope a tourné, la coupole n'a pas tourné avec
le télescope.
Donc, il va falloir aller tourner la coupole pour retrouver le ciel.
Plan sauvetage coupole, on va sauver les étoiles.
Et donc là, on voit bien que le télescope, il vise la coupole.
Je pense qu'on est bon.
Qu'est-ce que tu en penses ?
On est parti.
Test numéro 2.
Ah oui !
Oh yes !
Oh là là !
Oui !
Et c'est dix secondes.
Et c'est seulement dix secondes en vrai.
Et en fait, dix secondes, obtenir ça en dix secondes, c'est ouf.
Oh là là !
Elle est parfaite.
C'est impressionnant.
Elle est incroyable.
Et encore une fois, ce n'est qu'une seule image.
En fait, c'est tout le temps ça, l'astrophoto, c'est un compromis dans tout.
Tu fais un compromis entre le temps que tu veux y passer, entre…
Là, en l'occurrence, c'est plus cramé, mais les noirs sont mieux.
Ça aurait pu être l'inverse.
Donc, il faut choisir en fait.
Il faut choisir ce qu'on préfère.
En vrai, ça va.
Là, je trouve que cette photo, c'est un bon compromis.
Oui, le fait que ce soit cramé…
Il y a moins de bruit déjà.
Et au final, on reconnaît quand même les pieds de la création sur la photo.
On voit très bien la structure.
On voit très bien la structure, donc au final…
Et on voit même des structures qui n'ont pas été imagées par le James Webb.
Par exemple, là, on a un énorme pilier de poussière, là,
qu'on surnomme la fée de la nébuleuse de l'aigle.
Et en fait, c'est un pilier qui est en train de s'évaporer.
Donc, peut-être qu'il n'est déjà plus là,
parce qu'on la voit telle qu'elle était il y a 6 500 ans.
Mais en tout cas, là, on la voit très bien.
C'est trop cool !
Ah ouais, c'est giga stylé !
On voit aussi des petites structures un petit peu globulaires, là.
Un globe de l'espace.
C'est un globe…
C'est littéralement comme ça qu'on les appelle.
On les appelle ça des globules de Boch.
Alors, je ne sais pas si c'est la bonne taille,
mais en tout cas, c'est ça que ça m'évoque.
Un globule de Boch, en fait, c'est juste un nuage,
un nuage très sombre dans lequel une étoile est sur le point de se former.
D'accord.
On a culturellement acquis l'idée que la poussière,
c'était cracra et que c'était nul.
Mais il suffit de changer de point de repère
et de regarder le ciel.
Et là, tout de suite, la poussière devient un truc assez merveilleux.
Ce qu'il faudrait, c'est qu'on prenne par exemple dix photos de rouge,
puis après on prend dix photos de bleu, puis après dix photos de vert.
Et vu que la roue à filtre, elle est motorisée,
il va changer de filtre automatiquement et on aura toutes nos photos.
On va lancer et puis il va faire ses photos les unes après les autres.
Par contre, à la fin, on n'aura pas la photo finale,
on aura tous nos fichiers.
Et la photo finale, on n'aura pas demain non plus
parce que le moment du traitement,
vraiment, on va empiler toutes les images,
on va travailler les couleurs, faire ressortir les détails,
réduire les limitations, plein de trucs.
Et ça, c'est hyper long, donc il faudra du temps pour avoir la photo finale.
Donc là, pour l'instant, on aura juste nos photos grosses.
Let's go !
Il y a deux étapes au traitement d'une astrophotographie.
Le pré-traitement et le post-traitement.
Le pré-traitement consiste à assembler toutes nos images.
Parce que oui, après une nuit à photographier un astre,
nous n'obtenons pas directement le résultat.
Comme en photo classique, on va travailler l'image via des logiciels.
Mais en astrophoto, on a une étape avant ça.
C'est ce qu'on appelle le pré-traitement.
Et ça consiste notamment à assembler la dizaine, voire centaine d'images
qu'on a obtenues pendant la soirée.
Ça se fait automatiquement via des logiciels
qui détectent et alignent nos étoiles,
puis empilent toutes nos photos.
Une fois cette étape faite, on n'a plus qu'une seule image.
Pour l'améliorer, on va effectuer plusieurs traitements,
comme la réduction du bruit, l'augmentation des détails,
la saturation des couleurs, ou encore la réduction des étoiles.
Ici, on joue sur différents curseurs.
Et c'est à chaque astrophotographe de décider du résultat qu'il veut obtenir.
Cette partie est très subjective.
Deux astrophotographes qui traitent la même image
obtiendront deux résultats différents.
Du coup, j'ai récupéré les photos qu'on a shootées au pic.
J'ai fait aussi de mon côté mes photos.
Et au niveau du traitement, j'ai traité les deux séparément,
d'abord en faisant de l'empilement, en additionnant toutes les images
et en traitant de A à Z.
Est-ce qu'on ne regarderait pas un petit peu le résultat ?
Ok, ça marche. On peut voir ça.
Du coup, on a deux fichiers.
Je ne sais pas lequel vous voulez voir en première.
Celle du T-50 ou celle de mon setup ?
Celle du T-50, évidemment.
Allez, T-50, carrément.
Donc, voici.
Génial.
Elle est incroyable.
Elle est incroyablement rouge.
Oui, parce qu'en fait, on a shooté en couleur normale, en RGB.
Donc l'astre ne sort que rouge, il n'y a pas d'autres couleurs.
Vous verrez après que par rapport à mon image, c'est très différent
parce que je l'ai shootée avec des filtres en fausse couleur.
On a passé un palette de Hubble, donc on n'a pas que du rouge.
Et on a quand même un bon gros plan sur les piliers, ici.
Oui.
On voit qu'on a un plus grand champ de vue que le JWST ou le Hubble.
Clairement, on voit beaucoup plus de la nébuleuse que le Hubble
qui zoomait dans l'image pour voir juste les piliers de la création.
Le résultat est juste incroyable.
Honnêtement, je ne m'attendais pas du tout à cette qualité-là avec le T-50.
En sachant aussi que, je ne sais pas si vous vous souvenez,
on n'a pas refait de mise au point.
La mise au point était assez bonne, mais elle n'était pas parfaite.
Idéalement, il aurait fallu qu'on la refasse, mais on était claqués,
on ne connaissait pas exactement le logiciel, etc.
On trouvait que ça passait, donc ça a passé.
Mais avec une mise au point vraiment parfaite qu'on aurait pu faire,
qu'on pourrait faire, et surtout beaucoup plus de data,
parce que 40 minutes, c'est rien encore une fois,
imaginez le résultat qu'on pourrait avoir encore plus que ça.
C'est assez fou.
On voit même toutes les grosses étoiles bleues
qui ont sculpté les piliers de la création,
ce qu'on ne voit pas dans l'image de Hubble et du JWST,
parce qu'elles étaient hors champ.
Là, on les voit très bien, ces 50-100 étoiles
qui sont les plus brillantes dans le champ.
Ça nous permet de comprendre un peu plus
tout ce qui génère toutes ces structures et toutes ces formes
dans la nébuleuse, et je trouve ça beau.
Je pense qu'on peut s'autocongratuler, s'applaudir mutuellement.
Oui, bravo !
Là, on a vu le résultat du T50 qui est incroyable,
mais j'aimerais savoir s'il est possible de voir
ce que tu as pu faire avec ton matériel, Laura.
Vous allez voir, c'est complètement différent.
Très joli choix de couleurs.
Alors, qu'est-ce qu'on voit par ici ?
Le cadre est vraiment différent,
parce que les piliers sont plus petits.
Je zoomerai dessus un peu après.
Comme je vous disais, les couleurs ont été transformées.
Ça vient des filtres que j'ai utilisés.
C'est des filtres à bandes très étroites
qui vont capturer que ce qu'on veut.
C'est pas mal aussi pour gérer toutes les pollutions lumineuses.
Nous, en haut, au pic, on s'en moquait un peu.
Chez moi, par exemple, ces filtres-là sont super cools
parce qu'on capte le signal et on ne capte pas la pollution lumineuse.
Et l'espèce de grand paysage bleu,
c'est de l'oxygène ?
C'est le filtre à oxygène qu'on observe ?
Oui, c'est ça. Il y a oxygène, hydrogène et soufre.
On peut voir que les gaz et les poussières
sont... Alors certes, on a la nébuleuse qui est ici.
Mais des gaz et des poussières,
souvent sur des nébuleuses de ce type-là,
on a vraiment tout autour. Ça englobe complètement l'astre en lui-même.
Tu as réussi à faire disparaître aussi
les petits traits de lumière laissés par les satellites.
Ça, ça vient du fait que quand tu les stacks, c'est ça ?
Oui, c'est ça. Majoritairement, ils s'en vont.
Sauf quand on a vraiment des gros traits
avec soit par exemple une ISS qui laisse des gros traits
ou des avions. Dans ce cas-là, je vais quand même les enlever
avant de faire l'empilement parce que souvent, ça ressort encore un petit peu à la fin.
Donc ça, c'est des photos que tu dois acheter.
Depuis tout à l'heure, je suis en train de regarder mon écran
et c'est juste dingue les résultats qu'on peut avoir
autant avec le matériel amateur
que tu as de ton côté, Laura,
et aussi le matériel pro.
En fait, les résultats sont...
C'est incroyable. Je suis désolée, je suis...
Waouh ! Ça me...
Ça fait des beaux fonds d'écran.
Merci beaucoup à vous deux, Sébastien et Laura.
Ça a été vraiment une aventure incroyable.
D'ailleurs, vous pourrez retrouver ces deux photos
en description de la vidéo pour soit les mettre
en fond d'écran de votre téléphone ou de votre PC,
mais également peut-être les afficher dans vos toilettes.
Voilà.
Merci, Whitney. C'était super cool.
Ouais, merci. C'était génial.
Merci à vous d'avoir regardé cette vidéo.
Et d'ailleurs, n'hésitez pas à aller voir le travail du Sense&Wonder
sur leur chaîne YouTube et également la chaîne d'Astronomie Pratique.
Et en attendant, on se retrouve dans une prochaine vidéo.
Salut !
Merci d'avoir regardé en entier cet épisode du Vortex.
Je voulais vous dire que pour nous soutenir, vous pouvez aller en description
dans notre boutique et retrouver cette magnifique horloge.
On a aussi des mugs et des t-shirts sur l'épisode du brutalisme
que vous pouvez retrouver.
Donc voilà, allez faire un tour.
Et puis abonnez-vous.
Merci.