Le directeur du Tour de France Christian Prudhomme explique les choix de l'édition 2025 et l'équilibre entre les lieux historiques et la mémoire de ses champions face à l'intérêt sportif des trois semaines de course, et notamment cette première semaine sans montagne, contrairement aux dernières années. L'ancienne coureuse professionnelle et championne de France en 2012, désormais directrice du Tour de France by Zwift 2025, Marion Rousse, livrait également ses impressions en marge de l'annonce du parcours du Tour féminin ce mardi.
----------------------------------------------------------------------
Ne ratez rien de l'actualité sportive 👉 http://ow.ly/5etn30qnKgp Abonnez-vous à l'offre numérique 👉 http://ow.ly/wjz230qqgaU Regardez la chaine l'Équipe 👉 http://ow.ly/GE3O30qqg19 Suivez-nous sur :
Facebook 👉 http://ow.ly/fWOD30qnKgK Twitter 👉 http://ow.ly/d7Ya30qnKh1 Instagram 👉 http://ow.ly/NTtx30qnKhh Snapchat 👉 http://ow.ly/XGkv30qqfYg Twitch 👉 http://ow.ly/sWHt30qqg8M ----------------------------------------------------------------------
Aujourd’hui, L'Équipe, c’est une centaine de disciplines suivies, plus de 10 000 journées de reportages, plus de 100 tours du monde parcourus par plus de 300 journalistes pour être présents sur les terrains de sport du monde entier.
L'Équipe, c'est :
- le premier titre d'information sportive en France
- la première chaîne gratuite 100% sport en France
- le leader de l'information sportive en ligne
Oui, il y a un tour classique. A partir du moment où on ne part pas du pied des montagnes, c'est toujours un tour classique,
ou considéré comme classique, puisque c'est une question de géographie, la France.
Donc si on part de Brest ou si on part de Lille, il faut aller jusqu'à la montagne.
Avec une vraie première semaine de plaine, on trompe l'œil, c'est très très clair.
Depuis 15 ans, on fait en sorte de mettre des difficultés dans la plaine,
mais là, on l'a fait de manière systématique, avec donc 4 arrivées faites pour les punchers dans la première semaine du Tour de France.
Ce n'est pas arrivé souvent. Ensuite, effectivement, une seconde partie de Tour de France, dès le Massif central,
où là, on sera dans la montagne, la haute montagne parfois, mais la montagne tout court, dès le Massif central encore une fois.
Christian, je vais même me permettre de vous donner la formule de Patrick Chassé.
Il a dit, pardon Patrick, c'est un tour prud'homesque. Je vous laisse avec ça.
Non, mais je vais préciser quand même. Je vais préciser, Christian.
Je pense que Patrick Chassé fait plutôt référence à certains dîners, non ?
Non, pas du tout. Je fais référence effectivement au premier tour que vous avez tracé avec, bien sûr, vos acolytes.
Et puis, il y a une rupture avec un passé récent, puisque certes, vous parlez du Massif central,
mais finalement, avec les massifs intermédiaires, il y a une rupture, puisque vous donnez vraiment la part belle aux Pyrénées et aux Alpes.
Là aussi, on vient à du classique.
Oui, sachant que l'année dernière, l'étape la plus belle pour moi était celle du Cantal, du Massif central, celle du Lurand.
Donc, on verra ce que ça donnera cette année. En tout cas, l'étape du Puy-de-Dôme, du département du Puy-de-Dôme, c'était exactement le même état d'esprit.
Oui, bien évidemment, le sandwich pyrénéen avec deux étapes en ligne, y arriver au sommet, au milieu, un contre-la-montre en côte.
Et ensuite, les deux étapes très rudes dans les Alpes, le col de la Loze à Courchevel puis la Plagne.
Un format ramassé, 130 kilomètres, 4600 mètres de dénivelé.
Oui, ça va évidemment compter. Mais vous savez, les Alpes et les Pyrénées sont pour moi incontournables.
Mais ce qu'on veut faire et montrer depuis des années avec Pierre-Yves Thiault, mon adjoint avec Thierry Gounod, c'est que ça peut se jouer aussi ailleurs.
Ailleurs, est-ce que ça veut dire que ça peut se jouer également dans ces étapes punchy quand on sait maintenant qu'on parle des plus grands coureurs ?
Pogacar est capable d'attaquer très loin. Vingegaard au meilleur niveau et compétitif évidemment avec Pogacar.
Est-ce que vous spéculez sur ce genre de surprises ?
C'est-à-dire que sur la première semaine, en fait, quand on regarde simplement les noms, on se dit que ça va être du plat comme autrefois.
Ce n'est pas du tout le cas. Et même au-delà, la deuxième étape, par exemple celle qui nous mène à Boulogne-sur-Mer, ce sont non seulement un enchaînement de côtes.
Mais dès que vous arrivez, que vous avez fait vos 800 mètres à 7, 8, 10 %, vous êtes sur le plateau avec sans doute du vent.
Et donc là, il y aura, oui, une course très dense dès le début. L'arrivée à Rouen, elle est très forte.
À 5 kilomètres de l'arrivée, c'est quasiment le mur de Huy. L'étape de la Suisse normande que Thierry Gouveneux connaît par cœur,
puisque il est de Vire, c'était ses routes d'entraînement. 3500 mètres de dénivelé positif en Normandie.
Honnêtement, je n'aurais jamais cru qu'il puisse trouver ça. Un final de 700 mètres à 10%.
Et puis évidemment, mur de Bretagne, deux fois comme Van Der Poel en 2021.
Donc oui, les bonifications à aller chercher, les 5 secondes par-ci, les 10 secondes de bonification, ça peut faire un joli petit matelas derrière.
Surtout pour celui qui utiliserait en même temps les 33 kilomètres du Contre-la-Montre de Caen, qui lui est plat comme la main.
Alors il y a un nom qui revient aussi beaucoup dans les Pyrénées, c'est Peyresourde finalement, parce que vous allez le faire escalader deux fois.
Et notamment Contre-la-Montre, puisque l'arrivée à Péragude, c'est Peyresourde, mais qui monte un peu plus haut.
Et Dieu sait si c'est difficile sur la fin. C'est quoi l'idée de faire 11 kilomètres en montagne comme ça Contre-la-Montre ?
C'est l'idée d'avoir le rendez-vous avec les meilleurs champions du Tour.
C'est en corollaire des 33 kilomètres de plat à Caen que j'évoquais.
L'Eau d'Anviel-Péragude, c'est juste au-dessus, c'est en effet la route du col de Peyresourde.
Ensuite vous tournez à droite vers la station de Péragude, puis légèrement à gauche la piste de l'Altiport.
Souvenez-vous, la toute première arrivée à Péragude en 2012, c'est Valverdé qui avait gagné dans le Brouillard.
Il y avait un enchaînement superbe avec le port de Balaise. En revanche, on arrivait à plat tout au bout de la station.
Donc avoir cette arrivée désormais possible depuis 2017, ça nous a donné l'envie depuis longtemps d'ailleurs de faire ce Contre-la-Montre.
Ce sont les 40 ans de la station et ça nous permet de rester trois jours dans le massif avec une étape Contre-la-Montre et deux étapes en ligne.
Juste une dernière question, peut-être Christian Prudhomme, le col de la Lose.
On a l'impression que vous avez découvert un massif qui vous plaît autant que le Mont Ventoux ou l'Alpe d'Huez.
Vous le montez par tous les bords maintenant. Quand vous dites qu'il est presque aussi difficile que l'autre versant...
Oui, en effet Patrick, mais c'est vrai. On cherche énormément nos anciens coureurs qui ont bourlingué partout sur les réseaux sociaux, les élus qui nous donnent des infos.
On regarde les cols, les côtes, tout ce qu'on peut trouver. Le col de la Lose, il nous est tombé tout cru.
Un jour, on a vu que les chemins qui menaient aux remontées mécaniques qui servaient pour l'entretien des remontées étaient goudronnés.
Et donc, on a vu qu'il y avait ce col de la Lose. Ensuite, le tour de l'avenir l'a pris.
Et nous, on s'est jeté dessus. Oui, parce que c'est ce que j'avais dit à l'époque.
Pour moi, le col du 21e siècle, il est presque aussi dur de ce côté-ci que de l'autre. Il est un peu plus court.
En revanche, l'étape fera 5500 mètres de dénivelé par le Glendon et la Madeleine.
Et la dernière montée, elle fait 26 km. Donc, le décor est sublime.
Donc oui, bien évidemment, ce qu'on cherche à faire, c'est préserver les mythes.
Le Tourmalet, le Galibier, le Ventoux, l'Alpe d'Huez, mais aller en chercher d'autres.
Très clairement, le col de la Lose fait partie de ces nouveaux mythes.
Et il faut de la récurrence pour ça. Il faut de la récurrence.
Marion, il y avait la volonté de rallonger, de prolonger le bonheur du Tour.
Avec ces 9 jours maintenant, est-ce que vous êtes satisfaite ou il faut aller encore plus loin ?
On ne s'interdit rien. C'est vrai que déjà qu'il y ait une journée supplémentaire, ça montre que la course se consolide.
Et surtout qu'on est encore très jeunes. On n'a que 4 ans d'expérience.
Ça sera la quatrième année du Tour de France Femmes avec Zwift l'été prochain.
Donc, on y va pas à pas parce qu'il y a eu des Tours de France Femmes avant nous.
Et puis, ce n'était pas la formule adéquate puisque force est de constater qu'à chaque fois, on mettait la clé sous la porte.
Donc, on y va prudemment. Mais c'est vrai que dès la première édition, on a eu l'impression vraiment de se faire accueillir un peu chez les gens.
Et que tout de suite, ils se sont dit que le Tour de France Femmes ou le Tour, c'est la même chose.
Et on a envie de voir du vélo au mois de juillet.
Alors, il y a des étapes pour les grimpeuses, pour les sprinteuses, pour les baroudeuses.
Mais comment on comble les rouleuses ? Il n'y aura pas de chrono cette année sur le Tour de France Femmes.
Non, il n'y en avait déjà pas la première édition.
Et c'est vrai que quand tu dessines ton parcours, tu fais en fonction de ton grand départ et de ton arrivée finale.
Et donc là, évidemment, il faut aussi tracer la route avec une journée supplémentaire.
C'est bien parce que ton parcours, ça grandit.
Mais quand tu fais un contre-la-monde, tu restes sur place.
Et puis, on n'a pas envie de se mettre dans un format où on est encore très jeunes.
On a envie de faire des choses un peu différentes.
Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de chrono cette année qu'il n'y en aura pas l'année prochaine.
Et ce n'est pas parce qu'il y a un chrono l'année prochaine qu'il n'y aura pas de nouveauté les autres années.
Vraiment, on est là pour accompagner aussi le développement du cyclisme féminin.
C'est pour ça aussi que je trouve que globalement, notre parcours est plus difficile en termes de difficultés.
On avait tendance avant à rassembler les difficultés le samedi et le dimanche, les étapes de haute montagne.
Maintenant, dès le jeudi, si tu as bien regardé, c'est des étapes de moyenne montagne et de haute montagne le samedi et le dimanche.
Souvent, on rajoutait un mythe pour chaque édition.
Il y a eu le Tour Malay, il y a eu l'Alpe d'Huez l'année dernière.
Cette année, il y en a deux.
Il y a l'arrivée au sommet du col de la Madeleine le samedi.
Et puis, le lendemain, t'as Joplano.
Ça fait un beau parcours.
Je vais vous solliciter en tant que consultante maintenant.
Tout le monde sait que Demi Vollering quitte sa formation SD Works et s'en va chez FDJ Suez.
Qu'est-ce que, selon vous, ça va changer pour le classement général ?
On l'a vu, elle a manqué la victoire sur le tour cette année pour 4 secondes.
Qu'est-ce que ça change, selon vous, au niveau du classement général, avec les retours de Pauline Ferrand-Prévot et d'Anna van der Draene, probablement ?
J'espère que pour Demi Vollering, ça changera en bien.
Parce que c'est vrai que l'année dernière, elle n'a pas été beaucoup attendue, la pauvre.
Mais déjà, je trouve ça très bien pour FDJ Suez.
Parce que moi, c'est une équipe que je connais bien.
Puisque j'étais au Futuroscope à l'époque où ce n'était pas médiatique, le cyclisme féminin.
Et ils ont toujours été présents.
Honnêtement, ils ont toujours été là.
Et heureusement qu'ils étaient là au début pour les quelques filles qui faisaient du cyclisme féminin.
Et donc, je suis super contente de voir que le travail paie.
Et qu'ils arrivent maintenant, avec l'année prochaine, pratiquement la meilleure formation au monde.
Ça sera pratiquement les plus fortes du peloton, collectivement parlant.
Ça va être intéressant de voir, avec Juliette Labousse, avec Evita Musique.
Le terrain est quand même propice aussi aux attaques.
En tant que Française, je suis ravie également de voir le retour à la compétition sur route d'une certaine Pauline Ferrand-Prévot.
Pauline, c'est au-delà du cadre du sport.
Tout le monde connaît Pauline Ferrand-Prévot.
Surtout avec ses exploits encore sur les derniers Jeux Olympiques de Paris.
On parle beaucoup de faire rêver des jeunes filles.
Là, concrètement, il n'y a pas meilleur que Pauline Ferrand-Prévot pour faire rêver tout le monde.
Et en plus, elle ne se cache pas.
Elle le dit.
Moi, si je reviens sur la compétition sur route, c'est pour gagner.
C'est pour gagner le Tour de France Femmes avec Zwift.
Ce n'est pas pour aller faire l'équipière.
Nous, ça nous va très bien.
Et ça montre aussi, moi ça me touche, parce que ça montre qu'on parle de Ferrand-Prévot,
mais il y a également Anna van der Breggen qui revient à la compétition.
Ça montre que même quand tu as un palmarès de championne, que tu as un peu tout connu, tout vécu,
quand même, le Tour de France Femmes, tu as envie de le faire.