0:00 : Intro 5:20 : Comment préparer l'album 6:30 : Revenir sur ses débuts 10:46 : La situation aux Antilles 13:20 : Pourquoi est-il devenu artiste ? 16:30 : Un parcours particulier 20:10 : Une aura sur scène 23:10 : Retour sur "Elle te rend dingue" 32:24 : Magnéto Dinos 34:20 : Un 3ème album mitigé 37:33 : Un amour pour la philosophie 39:59 : Chronique d'Aimeric 45:12 : Une époque de folie 48:25 : Un nouvel album exigeant 49:52 : Magnéto Naomie (fille de Nuttea) 54:32 : Un grand sportif 55:49 : Magnéto Teddy Riner 57:14 : Quel est ton rêve ? 57:39 : Message universel
Salut, vous êtes avec Nutty et Juliette dans Légendes Urbaines.
C'est une cong cong bang bang.
Fais une petite démonstration, parce que ce gars-là, il sait tout faire en fait.
Show them !
Plutôt un truc genre...
Sad to say I'm on my way.
Won't be back for many a day.
My heart is down my head.
Ou plutôt...
Mais c'est...
France 24 et RFI présentent...
Hello la famille, bienvenue dans Légendes Urbaines, l'émission faite par nous pour tous de RFI et France 24.
Si je devais décrire notre invité du jour en une citation, je dirais...
L'artiste est la main qui, par l'usage de son génie, met l'âme humaine en haute vibration.
Quelle joie que de recevoir cet artiste iconique, véritable légende du reggae francophone.
Il a su ancrer dans les esprits, à jamais et pour toujours, son répertoire, désormais classique et intemporel.
Sa musique à lui...
Simplement parce qu'entre autres...
Oui, l'amour et la bienveillance, de mille façons, parfois en rendant hommage à...
Parfois aux guerriers de la lumière qui tentent de s'en sortir malgré...
Profondément lucide sur les fonctionnements, ou plutôt les dysfonctionnements de notre monde,
ses écrits s'inspirent de toutes formes d'événements, de...
En passant par le mal logement, les inégalités sociales ou la désinformation, tel un lanceur d'alerte, il éveille les consciences.
La réalité n'est pas la fiction et cet agitateur a bien raison de poser les vraies questions.
Mais sa musique ne fait pas que soulever les problèmes en mode...
Bien au contraire, elle apporte aussi des solutions telles que...
Car il est évident que...
Alors il prône la responsabilité individuelle, le devoir d'éducation, d'élévation, via les valeurs nobles du travail et des efforts.
Conseillant de se battre pour l'amour et non contre la haine, nous poussant constamment vers le positif, nous rappelant que...
Pour se noyer dans les tragédies, vous l'aurez compris, chacune de ses chansons sont de véritables sources d'inspiration,
de réflexion universelle dans lesquelles tout le monde peut s'y retrouver.
Et puis il y a sa voix reconnaissable parmi des millions véritables crooneurs, c'est avant tout...
Qu'il chante, mais pas que tellement fort et technique qu'il peut aisément s'aventurer dans d'autres styles du genre...
Ouais carrément, il se balade en faisant de l'opéra, le frère c'est juste incroyable d'ailleurs, il s'en amuse...
Son chant des possibles fait de lui un artiste à la fois extrêmement respecté dans le milieu très sélect du reggae dancehall,
et cela jusqu'en Jamaïque, mais aussi dans celui de la variété française, qu'il a réussi à apprivoiser tout en gardant sa personnalité et son identité.
Bref, copié mais jamais égalé, avec lui c'est...
Résultat des courses, 35 ans de carrière, plus de 3 millions de disques vendus en physique s'il vous plaît,
et des tournées dans le monde entier, et cela sans jamais s'arrêter. Il confirme d'ailleurs...
Il nous fait l'honneur de sa présence dans les studios de Legends Urbaine à l'occasion de la sortie de son nouvel album Tribulation.
Messieurs, dames, juste pour vous, la légende ne tient...
Écoute ça !
Nous sommes transportés dans une autre dimension, dans un univers fait non seulement de paysages et de sons, mais aussi d'esprit.
Bon, c'est le moment où il faut être attentif, Juliette Fiévet et ses invités vont vous raconter leur légende, leur légende urbaine.
Nous gagnerons, nous perdrons ensemble
Nous pleurerons, nous boirons ensemble
Le grand, le seul, l'unique Nauti dans les studios de Legends Urbaine.
Nauti, bienvenue chez toi, comment vas-tu ?
Ça va très bien et très content d'être ici.
Ah bah plaisir ! Attends, nous on est comme des oufs dans l'équipe.
Je réactifie, très content d'être avec toi ici.
Merci beaucoup, merci. Nous aussi on est vraiment heureux de te recevoir, ça fait longtemps qu'on a envie de te recevoir, là c'était l'occasion.
Tu as sorti un album, le 25 octobre dernier, donc il y a quelques jours, Tribulation.
Avant de parler de tout ça, tu connais le rituel, on va revenir sur ta vie qui est juste incroyable.
Je veux juste savoir comment tu te sens en cette période où, voilà, 35 ans de carrière presque,
t'as l'habitude de sortir des albums, t'as l'habitude de sortir des titres,
mais c'est toujours un moment un peu spécial, comment tu vis cette époque-là de sortie d'album ?
J'aime bien les sorties d'album parce que c'est toujours une aventure qui commence.
Et moi je vis toujours ça comme ça, les sorties d'album, c'est une aventure qui commence,
il y aura des rencontres, il y aura des concerts, il y aura plein de choses comme ça,
donc voilà, c'est à ça que je me prépare quand je fais un album et c'est toujours un plaisir.
T'as l'impression, on a l'impression que t'es une espèce de force tranquille comme ça,
qui est en mode même pas peur tout le temps.
Est-ce que des fois t'as la pression, t'as une angoisse, t'as tout ça ?
Ouais, je suis comme les canards, t'sais, à l'extérieur c'est tout calme, tout tranquille,
mais sous l'eau ça carbure, voilà, ça c'est dans ma tête, tu vois.
C'est la métaphore.
Donc non, j'ai toujours un peu de pression, mais j'essaie d'en faire une force en fait,
j'essaie de la transformer en quelque chose de positif et qui va me permettre d'avancer.
On va revenir sur tes débuts.
T'es né à Paris.
Ouais.
Ton papa a étudié l'architecture et puis il a travaillé en banque.
Ta maman était fonctionnaire dans un établissement scolaire.
Tu es parti très vite, on t'a envoyé en Guadeloupe en fait, à l'âge de un an.
T'as grandi avec ta grand-mère, avec tes oncles, tes tantes.
Mes oncles, mes tantes, mes cousins, cousines.
Est-ce que t'as des souvenirs de ces moments-là, de cette époque-là ?
T'es revenu à l'âge de 5 ou 6 ans, c'est ça, en France, en métropole, pardon,
parce que c'est la France, bien évidemment.
C'est une drôle d'histoire en fait.
Ouais, c'était un peu compliqué, ouais.
Les souvenirs que j'ai de cette époque en Guadeloupe, c'est que des bons souvenirs,
c'était l'amour avec un grand A.
Bon, j'étais un petit gamin, je devais être un peu mignon, tu vois,
et donc tout le monde me kiffait, je passais de bras en bras.
J'étais le plus heureux des gamins, en fait.
Donc quand je suis revenu en France,
il faut savoir que mes parents ont une éducation très sévère, très dure, très stricte,
et donc c'est ce qu'ils m'ont transmis en fait.
Donc quand je suis arrivé en France, c'était l'inverse de ce que j'ai vécu en Guadeloupe.
C'était plutôt froid, plutôt sévère, plutôt rigide.
Et moi en Guadeloupe, j'étais dans une grande maison avec plusieurs pièces, tout ça.
T'étais en plein air en plus.
Voilà, en plein air.
Et quand je suis revenu en France,
j'ai atterri dans un studio sans salle de bain.
Mais bon, je ne m'en rendais pas compte à l'époque,
je ne savais même pas ce que c'était une salle de bain.
Donc un studio sans salle de bain,
et mes souvenirs, mes premiers souvenirs dans ce studio,
c'est quand je prenais mon bain dans l'évier de la cuisine,
en regardant la porte d'entrée.
Je trouvais ça tout à fait normal, en fait, que j'étais un gamin.
Et puis surtout, la rupture avec tout cet amour,
tout ce truc que j'avais vécu en Guadeloupe,
c'était fini.
Mais c'est violent en fait,
parce que finalement, tu disais que tu es revenu en France
quasiment chez des inconnus.
Tu t'es retrouvé avec...
On m'a présenté mes parents, ouais.
Et ta petite sœur aussi, il me semble.
Et ma petite sœur, ouais.
On me les a présentés.
Je ne savais pas qui c'était,
et puis je ne conscientisais pas tout ça encore.
Je suivais ce qui se passait comme si c'était un film, en fait.
Je me demandais qu'est-ce que je faisais là,
pourquoi il faisait moche,
pourquoi il n'y avait plus la mer.
Je ne vais pas faire de la psychologie de super-être,
parce que ce serait vraiment malvenu,
surtout que je n'en ai pas les compétences.
Mais on dit souvent que la personnalité d'adulte
se construit à 50% entre l'âge de 0 et 3 ans.
Effectivement.
Est-ce que tu penses que ces 6 premières années
ont conditionné l'homme que tu es devenu ?
Certainement.
Les qualités et les défauts.
Comme ?
J'ai toujours eu un problème avec le juste milieu, en fait.
Oui, mais tu as fait les extrêmes.
Voilà, exactement.
Je suis passé d'un amour démesuré à une froideur extrême.
Je n'en veux pas du tout à mes parents,
c'est l'éducation qu'ils ont eue,
donc c'est normal que c'est ça qu'ils ont transmis.
Vraiment, je n'ai aucune rancœur envers mes parents,
mais c'était comme ça.
L'époque aussi, je crois qu'on est venu en France en 1973
ou un truc comme ça, 1975, je ne sais plus.
Mais voilà, je suis passé d'un extrême à l'autre.
Donc effectivement, dans ma vie,
des fois j'ai un peu de mal avec le juste milieu.
Je peux être très colérique et très doux aussi en même temps.
Pas en même temps, hein.
À des moments différents.
Là, ça s'appelle de la schizophrémie.
Là, ça serait difficile.
Ça serait un cas psychiatrique.
Mais non, en fait, ça va.
Mais effectivement, je peux passer d'un extrême à l'autre.
Chose à laquelle on m'a habitué involontairement.
Tout ça pour finalement trouver la nuance,
parce que dans tes textes et dans tes œuvres,
tu as toujours une vraie nuance.
Ça a été ma quête, en fait.
Ça a été ma quête parce que je me suis aperçu très tôt de ça,
que j'avais un problème avec le juste milieu.
Donc j'ai toujours...
Ça a été mon travail, le travail un peu de ma vie.
C'est de trouver ce juste milieu qui est la juste mesure
et pour moi, une règle d'or dans la vie, c'est la juste mesure.
Et la nuance, effectivement.
C'est la seule façon d'être juste, en effet.
Parenthèse quand même sur la situation aux Antilles,
puisque toi, tu viens de Guadeloupe, tu connais bien.
Tu y es souvent, d'ailleurs, aux Antilles et en Guadeloupe.
Pas assez souvent, mais je connais.
Tu connais quand même.
Un mot sur la situation actuelle ?
Ça devait péter, hein.
Ça devait péter, c'était inexorable.
Et puis, celui qui n'a pas vu ça venir,
c'est qu'il n'est vraiment pas clairvoyant.
Les gens ne peuvent pas se laisser...
Parce que c'est arnaquer, il faut dire le mot.
Les gens ne peuvent pas se laisser arnaquer comme ça indéfiniment,
génération après génération.
Ça ne peut pas durer.
À un moment, il y a bien une génération qui va se dire
« Mais attends, pourquoi on paye quatre fois le prix des choses ici
par rapport à la France ?
Ce n'est pas normal. »
Et là, c'est cette génération-là qui est en train de tout casser.
Qui est en train de se révolter.
Et c'est humain, en fait.
C'est humain.
Ça serait n'importe quel peuple, ça serait pareil.
Au bout d'un moment, l'être humain ne peut pas se laisser marcher dessus.
Dominé comme ça par une caste qui a tout et rien.
Qui domine depuis l'époque de l'esclavage.
Ils ont toujours leurs petits privilèges d'après l'abolition.
Parce que l'abolition, ça a été quand même pas un grand truc.
Ils n'ont pas perdu grand-chose, finalement.
De passer de l'esclavage au salariat misérable.
Ça ne leur demande pas beaucoup d'efforts.
Ils sont toujours dans cette mentalité de supériorité, de monopole.
Et ça ne peut plus durer, on est en 2024.
Ça fait trop longtemps que ça dure.
Donc les gens se révoltent et c'est tout à fait normal.
Et ils ont tout mon soutien.
Ils ont tout mon soutien aussi, vraiment.
Salut toute l'équipe de Légendes Urbaines.
Il y a beaucoup de gens qui découvrent cette situation finalement
Les médias n'en parlent pas assez.
Je vois des journaux télévisés entiers commencer et finir sans parler de ça.
Hier, par exemple, c'est le bordel en Martinique.
C'est un truc de ouf.
Personne n'en parle.
Ce n'est pas que personne n'en parle.
C'est qu'ils veulent le cacher.
Pas le cacher, mais ils ne veulent pas que ça ait une influence sur la population.
Ils ont eu les gilets jaunes.
En effet, mais c'est vrai que le traitement de l'information,
après certains diront que c'est l'histoire des morts kilométriques et du traitement.
Mais bon, c'est vrai que ça reste la France.
Et encore une fois, c'est inadmissible.
On espère que les choses vont changer.
Je parlais tout à l'heure dans l'intro de ta lucidité.
Tu es connu auprès du plus grand nombre pour des titres très chantés, très régués, très universels.
D'autres te connaissent depuis les débuts des années 90 en mode dancehall, gros singer, plus trash.
T'as été graffeur d'abord.
Pas vraiment, pas vraiment.
Non, t'as pas graffé ?
Non, je taguais.
Ah, tu taguais.
Voilà, je taguais.
T'as eu la culture hip-hop, la culture rap, tu l'as vu arriver.
T'étais dans le 13e, t'as grandi aussi dans le 13e, donc t'es allé dans les centres-systèmes, espaces dépeupliés.
Tu t'es lancé dans ce mouvement, dans tout ce mouvement musical.
Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'a spécialement touché, là-dedans, même si t'as toujours une grande culture musicale ?
Qu'est-ce qui t'a donné envie d'être virulent ? Est-ce qu'il y a des injustices ?
Ou il y a un truc qui t'a piqué en particulier, qui t'a donné envie de mettre vraiment les pieds dedans ?
Moi, sincèrement, je me suis jamais senti comme un artiste engagé.
Je me sens comme un artiste qui s'exprime, tout simplement.
Alors, s'il y a des choses qui peuvent paraître engagées dans mon discours, c'est comme ça, quoi.
Le but principal, c'est de faire de la musique, en fait.
Moi, j'ai commencé la musique parce que j'aimais la musique.
J'avais pas un message à diffuser ou un truc à revendiquer.
C'était vraiment l'amour de la musique.
Après, quand on s'exprime, on s'exprime. On n'est pas des coquilles vides.
Donc, on a des idées, on a des opinions, on a des façons de voir les choses qui transparaissent dans notre musique.
Donc, moi, ça se limite à ça, en fait. Je me considère pas comme un artiste engagé.
Je suis quelqu'un qui s'exprime et qui essaie de repousser un peu les limites.
Pas de la liberté d'expression, mais mes propres limites.
T'as quand même fait partie d'un gros centre-système légendaire, en fait.
C'était la grande époque du dancehall, du reggae dancehall.
Il y avait des soirées à l'Espace des Peupliers, d'ailleurs, dans le XIIIe.
Tu faisais partie d'iFight avec Tonton David, Fefe Typical, Paul Hinault, Dominique Choc, Tip Top, pardon.
Ça représente quoi, cette époque, pour toi ?
Parce qu'il y a peu de gens, finalement, qui te connaissent sous cette époque, par ce biais-là.
Ça représente les débuts, la naïveté, l'envie de faire les choses nous-mêmes.
On a été très attachés au terme « ragamuffin ».
C'est-à-dire faire les choses, prendre les initiatives et faire en sorte d'arriver jusqu'au bout.
Donc, on a commencé à faire des centres-systèmes.
On allait louer les sonos à droite à gauche.
On allait chercher des boissons chez les frères Tank dans le XIIIe.
Faut peut-être que je dise une autre marque, non ?
Non, c'est pas grave.
On essaiera de gratter un sponsoring après, tu vois, direct.
On a dit votre nom !
On va s'y mettre un peu dessous.
Peut-être.
Voilà, donc on faisait tout nous-mêmes.
C'est ça qui nous motivait.
C'était d'avoir besoin de personnes.
Et puis, en plus, ça marchait.
Époque où, vraiment, le dancehall ou le ragamuffin, effectivement,
parce que c'était du ragamuffin, on disait raga, reggae,
se mélangeait aussi beaucoup avec le rap.
Tu as fait des énormes featurings avec I Am,
qui sont devenus légendaires par la suite.
Tu as quand même continué à faire des études.
On m'a dit que tu avais fait des études de photographie et puis de menuiserie.
Donc, je n'ai pas bien compris.
Non, ça, c'était avant de faire de la musique.
C'était bien avant ?
Oui, bien avant de faire de la musique.
Tu n'avais pas commencé à faire de la musique en scred, en centres-systèmes ?
Non, même pas.
Non ?
Je n'envisageais même pas de faire de la musique à cette époque-là.
À cette époque-là, il s'agissait de me trouver une activité,
quelque chose à faire, parce que j'étais déscolarisé.
Donc, on m'a orienté dans un premier temps vers la menuiserie,
qui s'est avérée ne pas être trop mon truc.
Ensuite, j'ai fait un peu de photos.
Mais bon, c'était de la retouche photo.
Je ne vais pas expliquer ce que c'est.
C'est retoucher les photos au pinceau et à l'encre de chine,
avec les nuances de gris, de noir, etc.
C'était un boulot qui n'existe plus, d'ailleurs, aujourd'hui.
Et puis, je suis tombé dans la musique.
Pour moi, c'était un hobby.
C'était une activité.
On avait une émission de radio, parce qu'on avait beaucoup de disques.
Quelqu'un nous a dégoté une émission de radio.
Et tu as une vraie voix de radio, pour le coup.
Voilà. En fait, c'est ça qui m'a amené à chanter.
Et j'en me disais, ouais, t'as une bonne voix à la radio,
tu devrais essayer de chanter.
À force qu'on me dise ça, un jour, j'ai essayé.
Je ne pensais pas que c'était de la radio, justement.
J'allais t'en parler, de ça.
T'as découvert ta voix,
parce que t'as une voix quand même incroyable,
t'as découvert ta capacité vocale,
juste à la radio.
Mais tu chantais quand même, de temps en temps,
Scred chez toi, tout ça.
Ouais, on me disait, c'est pas mal ce que tu fais,
mais je ne faisais pas attention.
Je me disais, si tu le fais, ça sera pas mal aussi.
Tout le monde est capable de le faire.
Chantonner comme ça un morceau,
j'avais pas pour but de devenir chanteur.
Quand on faisait de la radio,
je me disais, je vais devenir animateur radio.
Ah bah, t'as une vraie voix de radio, ça se confirme.
T'as pris plaisir à le faire ?
J'ai pris plaisir à le faire,
mais ça m'a un peu dégoûté
de s'être fait virer de cette émission.
Et on s'est dit, viens, on fait des sons de système.
Ouais.
Ça nous paraissait plus intéressant encore.
Donc, on est partis là-dessus.
Être en contact direct avec les gens, avec le public.
Voilà. Et pour la petite histoire,
le premier son de système qu'on a essayé d'organiser,
tout était prévu.
Le jour J, on est devant la salle.
On attend la sono.
Et la sono n'arrive pas.
La sono n'est jamais arrivée.
Donc, on a vu les gens s'agglutiner devant la porte.
Et nous, on était dans une voiture
sur le trottoir d'en face.
Et on est rentrés chez nous.
Mais non !
C'est méchant !
Il n'y a pas une personne qui s'est dit,
je vais quand même annoncer,
on avait 19 ans,
on était à l'ouest, on s'est dit,
putain, merde, on n'a pas de sono,
qu'est-ce qu'on fait ?
On ne peut rien faire, en fait.
Si on ne peut rien faire, qu'est-ce qu'on fait ?
On rentre chez nous.
Et on s'est barrés.
Ça, c'est notre toute première soirée.
Donc, la deuxième, on s'est démerdés
pour que tout soit carré.
Et les gens ne vous en ont pas voulu, ils sont revenus.
Ils ne savaient pas que c'était nous.
Je vais dire un truc que je n'ai jamais dit.
À l'époque de cette soirée,
le son s'appelait
Polino Hi-Fi.
Hi-Fi.
Polino Hi-Fi, en gros.
Et à la deuxième soirée, ça s'appelait Hi-Fight.
Tu comprends pourquoi ?
On a changé de nom vite fait,
histoire de se faire oublier
sur la première soirée.
Voilà, la petite anecdote.
Et puis après, à partir de notre
première mais deuxième soirée,
ça a commencé à le faire.
La scène. Moi, je t'ai vue sur scène,
il n'y a pas très longtemps, sur le Do You Remember Festival.
Depuis 15 ans, tu fais
plus de 40 dates
par an, ce qui est juste énorme.
T'as un truc
sur scène, mais évidemment,
c'est l'expérience qui veut ça.
Mais est-ce que c'est à ce moment-là que t'as été
alpaguée par ce truc-là ?
La scène, l'énergie,
le public, etc. Parce que vraiment, sur scène,
t'es une machine de guerre.
Merci.
La scène, c'est mon truc, en fait.
En fait, c'est une des raisons
pour laquelle
je fais de la musique.
C'est être en contact avec le public
et recevoir de l'amour.
C'est égoïste, en fait, presque.
Mais recevoir tout cet amour...
Voilà, exactement.
Recevoir tout cet amour,
c'est une cure
de jouvence, on va dire. A chaque fois
que tu sors de scène, t'es heureux.
T'étais heureuse sur scène,
et puis quand t'en sors, tu te dis
« Ah, c'était bien quand même, j'ai passé un bon moment. »
Et ça, plusieurs fois par semaine,
enfin plusieurs fois par mois,
c'est de l'or.
Et je remercie tous les jours
le Seigneur
de m'avoir permis
de faire tout ça. De vivre de ma musique,
déjà, c'est énorme.
On t'a vu au Do You Remember Festival.
Je fais d'ailleurs un coucou à Chakri,
à Mathieu, à toute l'équipe.
Et on était
accompagnées, on avait fait venir avec nous
Jessie B, qui est la gagnante du prix Découverte RFI,
qui est une rappeuse, une kiqueuse incroyable
qui vient de Bras-à-Ville, et elle était venue.
Elle a 22 ans.
Elle est toute jeune. Et donc, elle ne te connaissait pas.
Et je lui disais
« Viens, avec son manager. »
Et on s'est mis sur le côté de la scène
pour t'entendre chanter. La petite m'a dit
que c'était la claque musicale
la plus grosse qu'elle s'est prise de toute sa vie,
parce qu'en effet, sur scène, quand on t'écoute chanter,
d'ailleurs Kama pourra le confirmer,
on t'écoute chanter, on t'écoute singer,
on a même presque l'impression d'écouter l'album,
en fait. C'est presque du studio,
tellement c'est square.
Comment tu bosses ça ? Parce que c'est
vraiment impressionnant.
Je bosse ça, ouais.
À chaque concert,
même si j'ai
un concert par semaine,
je prends toujours le temps de répéter mes trucs, même si je les connais
par cœur, même si je prends toujours
le temps de fixer ma voix.
J'essaie d'arriver prêt, en fait, tout simplement.
J'essaie de ne pas arriver
et d'être dépassé par la situation
« ouais, c'est trop gros pour moi »
ou je... J'essaie d'arriver prêt
et comme ça, je suis serein
et puis être serein, ça détend.
Puis du coup, t'arrives détendu
sur scène et puis ça se passe, parce que
t'as bossé avant.
On fait des sauts quantiques, comme tu vois dans l'émission.
Je vais passer un titre
qui a été l'un des titres
déterminants, ou en tout cas le début de
quelque chose.
J'aimerais que tu me décrives
ce qui s'est passé...
Comment tu peux le voir avec du recul, avec
20 ans de recul ?
Le jour se lève encore
et si bas, mais la vie
n'a plus le même éclat
Et si le soleil
brille, baby, il ne
brille plus pour moi
La journée s'annonce
claire et la vie
Mais dans ma tête, je dois
faire le vide
Le temps s'est arrêté ici depuis
que tu n'es plus là
Elle te rend dingue
dingue dingue dingue, quand elle a son poum poum
chatte, et ton problème
c'est simplement qu'elle s'en moque
Elle te rend dingue, boy, quand elle
whine dans son chatte
Elle te rend dingue, classique !
Premier énorme
banger, même si t'es posé sur des bangers,
il y a eu plein de titres hyper connus
dans le monde urbain,
dans le monde du rap, dans le monde du dancehall,
celui-là, c'est un rat de marée.
Avec toutes ces années de recul,
comment tu pourrais
décrire
ton parcours de ces 20 dernières
années, en adjectif ?
Depuis cette
époque-là ?
En fait, Un signe du temps,
et donc ce morceau-là, surtout,
en fait, c'était
un défi, en fait. Toi, tu t'en
souviens, je pense, Juliette. Tu m'en souviens très très bien.
Tu t'en souviens, mais avant, avant Un signe du temps.
Bien sûr. Qu'est-ce qu'on disait de moi ?
Neuty, il sait pas faire de tubes.
Neuty, il n'a pas de tubes. C'est vrai.
Il fait des albums sympas, c'est cool,
mais il n'a pas de tubes. C'est vrai.
Il y avait des artistes qui avaient déjà des tubes bien avant moi,
que ça soit Pécar, Agasonic,
ils étaient plus connus à cette époque-là.
Et
à force d'entendre ça,
j'ai pris ça un peu comme un défi. Je me suis dit, ah bon,
Neuty, il est pas capable de faire des tubes.
Bon, on va essayer, on va voir.
Et
le challenge de ce truc-là,
c'était de
faire quelque chose d'original.
De ne pas avoir à copier les autres
pour être dans la tendance ou pour faire un truc tendance.
Je ne voulais pas de ça.
On reste en réel, on reste en toi.
Exactement. Donc, en fait, on a inventé un truc.
On a inventé un truc.
Moi, je me souviens, quand on a fini ce morceau,
la maison de 10 disait, on ne sortira pas ça.
On ne comprend pas où est le refrain.
Pourquoi tu chantes au lieu de toaster ?
Pourquoi tu toastes au lieu de chanter ?
Et c'est quoi ce couplet en créole ?
Donc, ils n'en voulaient pas, en fait, de ce morceau.
Et donc,
j'étais un peu déconcerté parce que pour moi, c'était
le morceau qui allait me faire décoller.
C'était un morceau que j'avais conçu
comme ça pour
montrer un peu toutes mes facettes.
Un peu montrer ce que je savais faire
sur un morceau.
Donc,
il s'est avéré qu'ils se sont
lourdement trompés.
Mais grave trompés.
Et que j'avais pas tort.
Tu avais même très très raison.
Et puis, voilà, c'était un morceau.
Mais nous-mêmes, on s'est dit, on prend
un risque. Parce que des morceaux comme ça,
il n'y en a pas.
Parce que c'est facile de faire un morceau
qui est dans la tendance, de reprendre les codes
qui sont déjà existants, pour
pouvoir surfer sur la vague du moment.
En général, quand une maison
de 10 te demande de faire un truc qui marche,
c'est vers ça qu'on va.
Moi, je voulais pas aller vers ça.
C'était vraiment mon challenge.
Faire un truc que les gens puissent
écouter, mais les gens de tous âges
et de toutes nationalités,
de tous bords, de toutes générations.
Et identifiable.
C'était ça le challenge.
Et sans faire un truc
qui est dans la tendance. Et en fait, sans le vouloir,
quand tu fais ça, tu fais de l'intemporel.
Et tu crées une tendance,
en réalité.
Voilà, tu crées une tendance.
Et comme c'est toi qui l'as initiée,
cette tendance, en fait, est dans l'intemporel.
Parce que dès qu'on va parler de cette tendance,
on va parler de toi.
Mais ça, je ne le savais pas en créant le truc.
Je m'en suis aperçu plus tard.
Moi, ce que je voulais, c'est avoir un morceau
original qui m'appartienne
et qui soit pas
une copie de la tendance du moment.
Comment tu vis ce raz-de-marée à l'époque ?
Toi qui, justement,
dans ce coup-là, on parle de millions
de disques vendus,
t'es partout avec un signe
du temps. On te voit sur tous les plus gros
plateaux, télé, etc.
Ça tourne. Du coup, comme tu dis,
ta musique devient universelle.
Intemporelle, mais ça, on s'en rend compte
des années plus tard. Mais universelle
au moment T. Et puis toi,
t'es pas trop en mode fame. C'est-à-dire, en fait,
à la fois, t'es content pour ta musique,
mais en même temps, moi, à l'époque,
je me souviens que, en fait,
t'étais pas super à l'aise avec le fait de ne plus pouvoir
prendre le métro, d'avoir des
espèces de raz-de-marée
de personnes qui te sautaient dessus
à la sortie du train.
Enfin, c'était pas ton truc, quoi.
À la sortie du train, c'était un truc de...
Je te laisse la raconter, je te tends la perche.
C'était ton quotidien pendant des années.
C'est les contrôleurs qui m'ont exfiltré du train.
Sinon, je sortais pas du train.
J'ai pris le train en même temps qu'il y avait,
je sais pas, trois classes de
colonies de vacances. Alors que mon clip,
il tourne en boucle en ce moment.
Je me retrouve dans ce train-là.
Je revenais, moi aussi, de vacances.
Et il y avait trop de monde, quoi.
Il y avait trop de monde.
Je suis descendu sur le quai, tout le monde m'attendait, en fait.
Donc, c'est les contrôleurs
qui m'ont exfiltré pour que je puisse...
Et puis, ça peut être très angoissant, ça peut être flippant, quoi.
C'est relou, en fait.
Parce que la vraie vie, c'est pas ça.
La vraie vie d'un être humain, c'est pas ça.
Et non, j'étais pas à l'aise
avec ça parce que
il y a un côté faux.
Tu passes à la télé,
les gens viennent juste
de te voir à la télé
et ils se comportent comme s'ils te connaissaient
depuis des années, alors qu'ils ont juste
vu un clip à la télé.
Enfin, il y a tout un processus.
Mais tu fais partie de leur vie en même temps, tu vois.
Ils considèrent que tu leur appartiens, en fait, finalement.
Ouais, c'est ça. Il y a des gens qui se comportent
pas toujours de la bonne manière, tu vois.
Mais ça fait plaisir
tout en étant gênant.
Tu vois.
Parce que j'ai pas fait de la musique
pour ça, en fait. C'est vraiment le truc.
Alors, je savais qu'être connu,
il y avait peut-être des inconvénients, mais je les connaissais pas
vraiment parce que j'avais
jamais analysé ça comme ça, en fait.
Moi, j'étais sur mon challenge
de faire un morceau.
Tu vois, j'étais encore là-dessus, quoi.
Les conséquences de tout ça, je les ai pas calculées.
Et donc, quand c'est arrivé,
je l'ai pris d'une manière bizarre.
J'étais flatté, je trouvais ça normal.
Je trouvais qu'il fallait pas cracher
dans la soupe non plus, parce que tout ça, c'était
quand même une bénédiction.
Mais en même temps, j'étais pas très à l'aise avec
le côté faux de la télé,
le côté faux du showbiz,
le côté...
Ouais, je t'aime bien en ce moment
parce que je te vois à la télé, mais demain...
Voilà.
On m'a toujours dit, salut les gens que tu
croises quand tu montes, parce que tu vas croiser les mêmes
quand tu redescendras.
Et ça a pas manqué.
J'ai vu tout ça de mes propres yeux.
Et donc, ouais,
c'était pas un truc avec lequel j'étais super à l'aise.
Moi, je suis à l'aise avec mon public,
avec les gens qui connaissent un peu le reggae
et qui aiment ma musique.
Le truc mainstream, c'est un truc que j'assume,
qui me fait pas peur.
Ça me fait même moins peur aujourd'hui qu'à l'époque.
Mais c'est pas mon truc.
T'as toujours eu cette lucidité, quoi.
C'est pas vers ça que j'ai envie d'aller.
Non, parce qu'en fait, tout simplement,
tout simplement, c'est pas pour ça que j'ai commencé
la musique. Et je sais
pertinemment que
beaucoup d'artistes que je croise, que je vois,
eux, c'est pour ça qu'ils ont commencé la musique.
Pour la reconnaissance du grand public,
pour pouvoir passer à la télé,
etc. Moi, c'est pas pour ça.
C'était vraiment pour faire de la musique.
Moi, pour moi, déjà,
quand j'étais jeune,
faire de la musique sans avoir les voisins
qui frappent à ta porte pour te dire
d'arrêter ce bordel, déjà, c'était
stylé. Alors imagine, t'es payée
pour ça.
Bon, moi, ça me suffit,
en fait, ça me suffit. Je t'ai jamais vu
serrer, je t'ai jamais vu péter un câble, en fait,
en réalité. Et parce que t'étais jeune encore,
en fait, et finalement, ce genre de
ras-de-marée, t'as jamais
perdu pied. Non, parce que
cette lucidité, tu l'as toujours eu, en fait.
Parce que j'ai toujours eu un espèce de recul avec ça,
en me disant que, ouais, ça, déjà,
c'est faux. C'est pour un temps.
Le grand public, il est
volatile. Et je le savais déjà. Je voyais bien
les modes. C'est pour ça que moi, quand j'étais plus jeune,
je rentrais jamais dans les modes.
Ça ne m'intéressait pas. Pour moi, il fallait
avoir son truc et s'y tenir.
Les modes, ça ne m'a jamais intéressé.
Donc, les tendances dans la musique, tout ça,
ça ne m'intéressait pas plus, en fait.
J'aimais le rap,
j'aimais l'R&B. À un moment,
c'était la mode. Donc,
ça tombe bien. Mais j'ai
jamais couru après la mode et la tendance.
Ça n'a jamais été mon truc. Moi, je tombe amoureux
d'un truc. C'est comme avec une fille, tu vois.
Je tombe amoureux d'une fille, c'est elle. Et puis,
c'est tout, quoi. Le reste, ça ne m'intéresse pas.
Cette fidélité, en tout cas,
à soi-même et à ta musique,
t'as valu, justement,
de devenir intemporel et
t'as
finalement permis d'inspirer
un tas de gens. Je pense que tu ne t'en rends
même pas compte, pas toujours compte,
finalement. Et pour preuve, il y a quand même
une personne, pas des moindres, que t'as
inspirée, entre autres, aussi, encore et toujours.
Salut Notchi, salut Juliette.
J'espère que vous allez bien.
Notchi, j'ai une question
pour toi. Je voulais savoir ce que...
Déjà, je te remercie d'avoir accepté
la reprise, d'avoir accepté
de conclure le sample. Je voulais savoir
ce que ça t'a fait
lorsque j'ai repris ton morceau,
ce que t'as pensé du son
et ce que tu penses de l'héritage que tu as laissé
et de l'inspiration
et de l'énergie
et du négatif, entre guillemets, que tu nous as laissé.
Monsieur
Dinos, qui
cartonne, d'ailleurs, il fait
deux accords à Réna,
là prochainement. Un grand coucou
à Omar, Omar Dinos.
Nick Dinos, qui a repris
le refrain de « Trop peu de temps »
sur « Demain n'existe plus ».
Comment t'as vu cette reprise ?
Et merci, les gars.
J'étais flatté, en vrai. J'étais flatté.
Je me suis dit, tiens,
il y a encore des jeunes qui apprécient ce morceau.
Parce que c'est un jeune, pour moi.
Donc, j'étais flatté, dans un premier temps.
Et puis,
ça fait plaisir, tout simplement,
d'avoir écrit un morceau et que,
vingt ans plus tard, il y ait quelqu'un qui était
peut-être même pas né, pas si,
qui était en tout cas très jeune, à l'époque où j'ai écrit
le morceau, me demande
de le reprendre.
C'est flatteur.
On a l'impression de ne pas avoir travaillé pour rien.
T'as conscience de cette,
comme il dit, « legacy »,
de cette transmission, en fait, que t'as donnée
aux plus jeunes générations ? Il y a Isolde, aussi, qui a fait une reprise
incroyable de toi.
Est-ce que tu t'en rends compte, de ça ?
Plus ou moins. Dans des moments comme ça,
ouais, je m'en rends compte. Je suis étonné, déjà,
dans un premier temps, je dis « ah ouais, ouais, quand même ».
Et puis,
je sais pas si je m'en rends
vraiment compte, en fait. Parce que c'est pas des questions
que je me pose,
l'héritage que j'ai. Comme je suis en activité,
je me pose pas
ce genre de questions. Donc,
ouais, il faudrait que j'y m'y penche.
Il faudrait que je me penche sur cette question
et puis je pourrai te répondre plus tard. Mais est-ce que
j'en ai conscience ou pas ? Je sais pas, en fait.
Ta vie, comme celle de
tout artiste qui se respecte, 35 ans
de carrière, déos, débats, troisième album
qui fonctionne pas comme
le précédent.
On voit que telongue story short, tu pars
en Indé. T'as jamais
arrêté de tourner, finalement.
Mais quelque part, cette époque-là, c'était aussi un soulagement
pour toi, en fait. C'était difficile
un soulagement ?
Je te raconte le truc. En fait,
après Un Signe du Temps, La Maison de 10
voulait quand même qu'on enfonce le clou.
Que je devienne un artiste,
un peu, tu sais, comme chanteur préféré des Français.
Ou Matt Pokora
ou un truc comme ça.
Chose qui n'est pas trop mon truc.
Chose qui est
impossible avec moi, en fait. C'est juste
impossible avec moi.
Donc, ils voulaient qu'on enfonce le clou,
qu'on fasse des trucs. J'ai enregistré
quelques morceaux. Mais quand je les écoutais,
c'est comme si je me regardais dans un
miroir et que je voyais un autre mec.
Je me disais, c'est pas moi, ça, en fait.
Ça, c'est pour enfoncer. Ça, c'est pour
permettre de garder un niveau
de vie, en fait. Ça ne sert qu'à ça,
ces morceaux-là. Donc, je ne me suis pas reconnu
et puis j'aurais eu trop
de mal à défendre ces trucs-là. Donc,
je suis parti sur Urban Voodoo.
Et on m'a dit dès le départ
que c'était une erreur, la direction artistique
de cet album. On m'a dit dès le départ.
Je me suis dit, c'est une erreur, peut-être,
mais c'est ce que j'ai envie de faire maintenant.
J'ai pas envie d'enfoncer cette espèce
de clou
commercial.
Commencer à faire des trucs
qui seront encore plus variés
que... Bon.
J'avais pas envie de faire ça. Donc, je suis parti sur Urban Voodoo.
Naïvement, en espérant
que ça marcherait peut-être quand même.
Mais ça aurait pu, parce que c'est un très bon album.
Il y a des très bons titres. Oui, mais
c'était pas des titres très grand public.
Voilà, c'est pas des trucs
très grand public.
Mais finalement, avec du recul,
je suis content d'avoir pensé comme ça,
d'avoir réfléchi cet album comme ça,
parce que ça m'a amené
à la suite. Tu vois, une reconnaissance
quand même du public de base.
Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de concerts
dans mon propre milieu, le reggae,
et puis ailleurs aussi.
Donc, en fait,
c'est un album qui
a pas réussi à surfer sur le
succès d'Un Signe du Temps, mais qui m'a
ancré vis-à-vis de mon
vrai public. Et qui t'a permis de continuer
à faire des dates. Exactement.
Au moins, au bas mot,
par an. Exactement. Parce que t'as cette légitimité
dans le reggae, en fait. Ouais,
et puis surtout, je me suis aperçu que,
sans citer de nom non plus, que
plein d'artistes qui s'étaient contentés
à faire du commercial, du commercial,
du commercial, qui venaient peut-être d'ailleurs
même, mais qui ont trouvé ce créneau-là
intéressant, on va dire.
Quelques années après,
tu sais, quand le grand public
s'en va, ben y'a plus personne,
en fait. Et même le public
de base, il est parti aussi.
Parce qu'on est resté trop longtemps dans le commercial.
Donc,
et puis, quand donc ça s'en va,
ben on se retrouve un peu tout seul.
Et...
Je peux pas dire que je suis pas rentré là-dedans, parce que j'avais pas
envie de ça, parce qu'en vérité, je le savais pas.
Tu vois, c'est un truc que j'ai vu après.
J'ai dit, ah ouais, en fait, j'ai bien fait, quoi.
C'est ce que je me suis dit. Voilà.
T'as toujours eu du recul,
pour autant que je me souvienne. Vraiment.
T'as toujours eu
une certaine sagesse, une froideur
comme ça, ou t'as toujours pris de la hauteur.
Je sais que tu lis beaucoup
d'oeuvres
de philosophes.
Tu aimes la physique quantique.
Alain Kardec,
Le Livre des Esprits, c'est l'un de tes... voire même
les zonas plus spirituelles
ou ésotériques.
T'as toujours été là-dedans. Est-ce que c'est
aussi ces oeuvres et ces livres-là
qui t'ont permis
de toujours garder une certaine hauteur sur les choses ?
À chaque fois que je lis
un livre, j'apprends quelque chose.
Donc, que ça soit
je sais pas, Platon,
Alain Kardec,
ça n'a absolument rien à voir,
mais j'ai appris des deux.
J'aime bien lire
parce que ça m'apaise et puis ça aide à dormir aussi.
Surtout la physique
quantique, ça aide à dormir.
Ça nous remet à notre
juste place dans l'univers.
Elle est pas très...
Elle est importante, mais elle est pas très grande.
Elle est vraiment pas très grande.
C'est le moins qu'on puisse dire, je crois.
T'aurais un conseil, un livre à conseiller,
une oeuvre qui t'a vraiment marquée ?
J'ai du mal à donner
parce que c'est des trucs qui me concernent, moi.
Aller vers la philo, en fait.
Et puis, intéressez-vous,
chacun aura son philosophe,
chacun pourra trouver son philosophe.
Moi, j'ai bien aimé, par exemple,
on parle beaucoup de laïcité,
j'ai bien aimé Spinoza.
Spinoza, qui est,
pour moi, un des précurseurs
de ce qu'on appelle aujourd'hui la laïcité,
même si sa vision n'avait rien à voir avec
ce que c'est la laïcité aujourd'hui.
Mais c'est un des précurseurs de ça.
Socrate avec Platon,
il y a plein de choses intéressantes.
En tout cas, la philosophie,
c'est quelque chose d'intéressant.
Et il y a des philosophes aussi que j'aime pas.
Tu vois, par exemple,
avant, on avait Descartes,
maintenant, on a BHL.
À vous de juger.
À vous de juger, je dis rien.
Mais à vous de juger.
Tu viens de me faire une transition magnifique
parce qu'on a Aymeric, qui est un chroniqueur génie,
qui aime mettre en opposition
notre invité Platon, un peu à l'arabe
contenders, avec un concept.
Voilà. Là, on est en battle.
On est en sand clash, en fait,
en l'occurrence. Et en réfléchissant,
on m'a dit, ben, ne ti, ne ti,
vs quoi, ne ti, vs
la distanciation.
On va voir qui gagne le battle. Le sand clash.
La distanciation. Exactement.
Distance. La seule chose que les riches
soient prêtes à accorder aux pauvres
en souhaitant qu'ils la gardent.
Salut l'équipe. Moi, c'est Cro.
Et si j'ai décidé de commencer par cette définition
de la distance par Ambrose
Bierce, dans son Dictionnaire du Diable,
c'est parce qu'aujourd'hui, on juge le battle
ne ti vs la
distanciation. Dans le premier rang,
on va voir que ne ti casse une première distance.
C'est la fameuse distance
qui sépare l'homme de l'artiste.
La fameuse.
Mais justement, c'est important de comprendre
que cette distance n'existe
que lorsque l'artiste la crée lui-même.
Et c'est pas le cas de ne ti,
parce qu'il ne choisit pas, dans sa
musique, de présenter une version de lui-même
qui serait idéalisée. Il accepte,
comme il le dit, de ne pas être le héros
de nos séries, mais d'être
juste celui qu'il est. Et que ça suffise.
C'est sûrement le premier pas pour
s'aimer soi-même et pour aimer
les autres ensuite, mais c'est aussi peut-être
la base d'une relation
plus saine et possible
entre les artistes et les auditeurs.
Parce qu'au final, on est tous embarqués
dans le même navire. Tant et si bien que
dans le deuxième rang, on va voir que c'est pas seulement
un positionnement de ne ti
à l'échelle personnelle. Parce qu'il a une autre
manière de casser la distance
qui le sépare de la personne qui l'écoute
et c'est en s'adressant directement
à elle. Parfois, il emploie même le tutoiement
comme dans Apaise ton esprit,
notamment. Et c'est assez rare, en fait.
En musique, on a plus l'habitude
des gens soit qui parlent à la première
personne pour parler d'eux
et que les gens s'identifient,
ou alors qui emploient un il ou
elle un peu impersonnel,
d'ailleurs au singulier ou au pluriel
pour évoquer
quelque chose d'un peu flou,
de manière à ce que tout le monde puisse
s'y reconnaître plus ou moins. Mais en tout cas,
cet emploi du tutoiement, ça prouve qu'il a
à cœur de conserver une relation
privilégiée avec les gens qui
font le choix de partager ses émotions
le temps d'un morceau, d'un projet. Et puis,
dans le troisième rang, on va voir que
la forme du discours ne suffit pas
à briser la distance entre les auditeurs
et l'artiste. Parce que la principale
distance qui se forme entre
un chanteur qui vit la musique
depuis de longues années
et un auditeur qui a des
intérêts quotidiens et des enjeux
quotidiens qui souvent sont
différents, ça va être le contenu
du discours. Pourtant, chez Nuti,
on sent que, même si vous
l'avez compris, je pense que la
séparation entre l'homme et l'artiste
est une illusion. Chez lui,
on sent qu'il a réussi
à faire en sorte que
l'artiste devienne l'homme
plutôt que l'homme devienne
l'artiste. Je dis ça parce qu'il a conservé
dans les thèmes qu'il aborde
des questions très normales
et universelles comme
le licenciement, le logement,
l'amour, le divorce.
Bref, cette victoire de Nuti
face à la distanciation, elle est avant
tout le symbole d'un espoir, d'un autre
chant des possibles dans notre manière de vivre
la musique. C'est une victoire qui nous apprend
qu'il n'est pas nécessaire
d'idéaliser les artistes
ou de romancer les histoires
pour que le partage existe. Plus loin que la
musique, ça veut dire qu'on n'a pas
besoin d'être plus fort,
plus riche ou différent de l'autre
pour qu'il nous aime et qu'on l'aime
en retour. Alors, merci Nuti
de faire partie des
hommes artistes et des femmes artistes
qui participent à ouvrir cette
porte. Merci.
Et moi je vous dis one love.
Bravo, franchement
je suis
sans voix.
Incroyable.
Qu'est-ce que tu lui répondrais ?
Qu'il a raison.
Après moi j'ai pas
conscientisé le truc aussi
bien que lui. Moi je l'ai vécu donc
c'était plus quelque chose de
naturel et de l'ordre, plus
du réflexe en fait, plus que du
truc pensé. Mais
quand je l'écoute, je me dis
ouais c'est exactement ça en fait. C'est exactement
ça sauf que je l'ai pas pensé réellement.
Tu vois, je l'ai fait d'une manière
naturelle
sans y penser.
C'est vrai qu'en plus t'es très très peu en jeu
en fait, rarement.
J'ai grave du mal en fait
avec ça.
Pourtant, j'étais un gros
menteur quand j'étais petit.
J'étais un gros acteur,
gros menteur. Et ça m'est passé
et depuis j'y arrive
plus en fait. Ouais t'es très pragmatique
moi je trouve à la fois.
Mais c'est encore tes extrêmes. T'écris de façon extrêmement
pragmatique, tu narres
les histoires des autres, ou peut-être les tiennes, ou des
situations sociales et sociétales
et en même temps t'es tout en physique quantique
aussi, ça c'est encore...
Ah ouais ouais ouais, bah bien vu ouais.
Dans ton album
justement, et d'ailleurs c'est ce
qu'Emeric disait, il y a le titre
Apaise ton esprit, qui dénonce
énormément de choses
et où tu conseilles, on est dans le cynisme
en plus, parce que ça fait aussi beaucoup partie
de ton univers, l'humour, l'humour noir
un peu le... Ouais j'aime bien.
Le cynisme. Tu parles aussi
des marchands de sommeil.
Il y a plein de titres
qui évoquent en fait
les situations de nos sociétés.
C'est pas nouveau, moi j'ai un titre
qui est l'un des titres, enfin la 25ème image que
t'avais fait avec I Am à l'époque
en featuring où tu parlais justement
de la désinformation
en télé et aujourd'hui
avec les réseaux sociaux. Comment tu vis
cette époque complètement
dingue en fait, parce qu'elle est encore plus dingue
jusqu'où allons-nous en fait ?
Ouais, le net j'essaie de
m'en servir comme un outil.
Parce qu'il y a beaucoup de choses négatives
qui peuvent nous submerger
et donc j'essaie de prendre
du recul avec le net
en ne m'exposant
pas trop, en ne
me dévoilant pas trop
et en parlant surtout de
musique. J'essaie de pas rentrer
dans trop de polémiques
surtout sur la place publique
et voilà
j'essaie de garder le contrôle
tout simplement. Donc t'es dans la tribulation
parce qu'on est tous dans la tribulation
c'est ça mais t'es aussi
un pilote aussi un peu
et tu prônes l'unité aussi
beaucoup parce que même si tu prends les réseaux sociaux
d'une façon positive
on est quand même forcé de constater que
l'audiovisuel d'une façon générale
et le digital
poussent pas forcément à l'unité en fait.
C'est vrai. Mais il y a un truc
qui peut pousser à l'unité, un adage
qui fait que si mon voisin
est heureux et que moi aussi
on commence un
monde qui... Donc en fait
je pense que l'unité ça part de
la bienveillance en fait. Si t'es bienveillant
avec moi et que moi je suis
bienveillant avec toi etc etc
en fait
je peux pas être heureux si mon voisin n'est pas
heureux. Alors je serais
heureux moi mais il y aura toujours un truc dans ma tête
qui me dira, attends lui il galère en fait.
Et ça c'est une partie de malheur en fait.
Qui gâche un peu ton bonheur.
Donc en fait pour être heureux soi
bizarrement il faut que les autres soient
heureux aussi. Donc c'est
là c'est l'utilité
une des utilités de l'unité
en fait. D'être uni et de
surtout s'entraider et de surtout s'aimer
et se respecter. Et
je comprends pas comment les gens
s'aperçoivent pas de ça quoi.
C'est évident quand on est tous dans une pièce
et qu'on commence à se respecter, à se donner
de l'amour, du respect
etc ben tout va
bien en fait. Et c'est quoi le but
de l'existence des gens ?
Bon tout ne peut pas aller bien
tout le temps parce que sinon on n'aurait pas le mérite
à relever les challenges qu'on relève
tous les jours. Mais le but c'est quand même
d'aller bien. Toi d'être
un minimum heureux. Et
en sachant que notre bonheur il passe aussi par
le bonheur des autres
ça peut aider à aller vers
ça aussi. En tout cas
autant de choses dont ton album
Effet Tribulation c'est du grand nutty
avec du reggae, avec du ragamuffin
aussi. Yes. Où t'envoies un petit peu
des fois sur des titres comme Comeback
parce qu'en fait tu rappelles aux gens que tu n'as jamais
disparu. T'as pas besoin de faire de
comeback.
Mais encore une fois
c'est du nutty. Y'a du ragga,
y'a de la chanson, y'a du reggae
c'est un sublime
album. Et puis c'est un album
exigeant en fait.
Et j'ai le sentiment que t'as toujours été quand même dans une
vraie discipline et que t'es extrêmement
exigeant envers toi-même.
Ouais. Peut-être des fois
on me dit que c'est trop.
Mais
j'ai pas envie de m'afficher quoi.
Le truc tout bête.
Et puis j'aime
bien les choses bien faites aussi.
Moi ce que j'apprécie en général
c'est pas trop mal fait.
Que ça soit en musique ou autre.
En peinture, en philosophie.
Donc j'essaie
de moi bien faire les choses
tout simplement pour coller à ce que j'aime
et puis
pour être crédible aussi.
On parlait des concerts
tout à l'heure. Par exemple il faut
taffer pour être bon sur scène,
pour faire plaisir aux gens.
On taffe pour les gens en fait, tout simplement.
On taffe pour pas s'afficher
et pour faire plaisir aux gens.
Pour que les gens ressortent de là en se disant
j'ai passé un bon moment.
Et ça c'est de l'or en fait.
Donc voilà.
J'ai l'une de tes plus grandes réussites
sous le coude.
Ah bon ? Ouais.
Coucou Juliette, coucou Papa.
On discutait un petit peu avec Juliette
et elle me demandait de citer des choses
qui m'avaient marqué dans mon éducation.
C'est une vaste question
parce qu'il y a eu pas mal de choses
en 32 ans de vie
mais l'une des principales choses
qui m'est venue en tête c'est la persévérance
de par ton parcours,
de par le fait qu'on t'ait vue
sans que tu nous montres
mais en faisant partie de ta vie forcément
on t'a vu te battre
et surmonter
les embûches et les épreuves
qui ont fait que tu es là où tu en es
aujourd'hui et que tu peux vivre
de ta musique, de ce que t'as toujours aimé
et de ce que t'as toujours voulu.
Deuxième chose c'est
de faire les choses bien quand on les fait
d'aller jusqu'au bout
de connaître
de savoir de quoi on parle
de se cultiver sur la chose
et ça t'en es l'exemple
humain avec le catalogue
la bibliothèque musicale
qu'il y a dans ta tête
sur des divers et variés sur lesquels on t'attend pas forcément
les gens seraient très étonnés
et moi
Salome, Alan, tes trois enfants
je pense qu'on est
les rares ados
qui pouvaient répondre à un blind test
sur Marvin Gaye ou Curtis Mayfield
à nos âges, on s'en rendait pas compte
sur le moment mais merci pour ça.
Une petite question que je me pose
t'as été papa très jeune
comment tu l'as vécu en tant qu'artiste
et aujourd'hui
comment tu vis
le fait d'être papy
Les beautés
ça c'est les plus belles réussites
de ma vie
Merci Nao
que j'ai harcelé
je l'ai fatigué
pourquoi pas de l'émission
un temps
d'entraide d'équipe
bien joué
déjà rien que le fait
de voir ma fille
elle est sublime
tu m'étonnes
j'en ai oublié sa question
sa question c'est
qu'elle te remerciait d'ailleurs pour l'exigence
et pour tout ce que tu as transmis à tes trois enfants
elle te demandait si ça n'avait pas été
trop difficile finalement d'être père
aussi jeune
et qu'est-ce que ça fait d'être papy
parce que tu es grand-père
c'est un truc de ouf
quand j'y pense je me dis
est-ce que c'est moi
moi quand j'ai eu Nao
c'est mon premier enfant
quand elle est arrivée c'était extraordinaire
j'ai kiffé
t'avais quel âge quand tu l'as eu ?
je crois que j'avais 23 ans
23 ou 24
pour faire le calcul
et moi
j'ai vraiment kiffé
et il était hors de question
que ma vie d'artiste
gâche mon plaisir de père
et inversement
donc j'ai bien séparé les deux
quand j'étais artiste
j'étais à 100% artiste
quand j'étais à la maison j'étais à 100% le papa
et même si j'avais un truc à faire
musicalement
je le mettais au second plan
et je m'occupais de mes enfants d'abord
et puis
si vous saviez l'ange que c'est
depuis toute petite
j'étais vernis
elle est arrivée, elle a changé ma vie
elle m'a apporté
douceur, harmonie
plein de choses
il y a mon fils aussi, mon fils Alan
qui lui c'est
la même chose mais d'une autre manière
on va dire
et puis il y a Salome
qui est en fait la fille
de la mère de mes enfants
donc fille adoptive on va dire
qui m'a apporté énormément
elle m'a préparé au premier enfant
tu vois
j'ai appris énormément avec eux
j'ai appris énormément sur l'être humain
en général
donc
mes années papa c'était
une super expérience
je ne regrette pas, si c'était à refaire
je referais plus tôt encore
ça c'est magnifique
d'avoir réussi à trouver cet équilibre, être 100% artiste
et 100% papa
après je ne dis pas qu'il y avait un petit côté immature
dans mes attitudes
et mon comportement parce que j'avais 23 ans
mais écoute c'est pas grave
j'ai fait ce que j'ai pu
avec l'âge que j'avais
et puis
mes enfants m'en veulent pas donc ça va
non pas du tout c'est que du love en tout cas
vraiment c'est que du love et j'ai eu la chance d'avoir
Nao au téléphone et vraiment
adorable en admiration
elle disait que tu étais un vrai exemple de résilience
que tu étais
en course de fond
je suis du genre à pas lâcher l'affaire
tu cours beaucoup
tu tapes les 10-15 kilomètres
tu fais vraiment des combats aussi
ouais aussi un petit peu
un petit coucou à Jean-Charles Skarbowsky
qui est mon maître en la matière
au niveau arts martiaux
et puis humainement aussi
moi j'ai commencé
avec la boxe Thaï
et plus tard un peu de MMA
mais je ne suis pas assez assidu
je ne m'entraîne pas 3 fois par semaine
je me maintiens en forme par contre
pour que quand je vais en salle
bon ça va je tiens le choc quand même
et puis la scène en plus
ça te permet d'avoir du cardio
mais moi le sport je le fais aussi
par plaisir aussi
j'aime bien me mettre des
petits challenges
moi je ne réfléchis pas en termes de kilomètres
mais en termes de temps
tu vois je peux faire
15 kilomètres mais ce qui m'intéresse c'est
combien de temps j'ai mis à les faire
tu écoutes du son quand tu fais du sport ?
sinon non, sinon c'est impossible
en ce moment j'écoute de l'afro
beaucoup
j'écoute beaucoup d'afro
et je kiffe
ça m'aide à courir, c'est hyper bien produit
c'est hyper bien fait
un morceau sur 4 et un tube
c'est incroyable ce qu'il se passe là-bas
ils sont très très forts
moi à l'envers je connais un grand sportif qui t'écoute
quand il s'entraîne
et pas des moindres
salut Nettie, big up à toi
en tout cas sache que j'ai écouté tes sons
jusqu'à maintenant
j'ai encore de tes sons dans ma playlist
et big up à la petite famille, ciao
Monsieur Teddy Reynard
voilà
c'est quand même la classe, merci Teddy
c'est juste le plus grand judoka
de l'histoire du judo
voilà
le plus grand et il est
Guadeloupé
ça ne nous avait pas échappé
très fier de lui
très très fier de Teddy
c'est incroyable ce qu'il a fait
il a révolutionné le judo
c'est pas simplement un bon judoka français
c'est monsieur judo
bien sûr
comme Sunshine en boxe taille
et avec sa marque de fabrique à lui aussi
avec sa façon de combattre
et puis sa personnalité
merci Teddy
qu'est-ce que tu te dis quand
Teddy qui est beaucoup plus jeune
écoute et s'entraîne
avec tes titres
ça fait plaisir
que dire d'autre
c'est juste
ça fait plaisir
c'est flatteur
j'espère que ça a donné du joy
pour l'album, pour la création
pour tout ce qui arrive derrière
si on devait te souhaiter quelque chose
qu'est-ce qu'on te souhaiterait
quel est ton rêve, ta prochaine étape
j'ai pas vraiment de rêve
moi c'est au jour le jour
il faut me souhaiter par exemple
que cet album m'apporte beaucoup de bonheur
voilà
on te la souhaite
et il nous apportera aussi
beaucoup de bonheur
parce que moi j'ai pris plaisir à l'écouter
ça commence bien
très très bel album
on a un rituel avant de se quitter
qui est de passer un message universel
aux centaines de millions de personnes qui nous suivent
quel serait-il
méfiez-vous de l'orgueil
c'est ce qui tue l'humanité
analysez toutes les situations
bizarres sur cette planète
et vous verrez que tout part de l'orgueil
donc méfiez-vous de l'orgueil
à différencier de la fierté
ou de l'ego, ça n'a rien à voir
l'orgueil c'est de la connerie
l'ego il faut en avoir pour avancer
la fierté ça pose pas de problème
quand on est fier de ses projets, quand on a une espèce de fierté
comme ça, mais quand la fierté
dépasse un certain
stade ça devient de
ça devient de la merde
ça devient de la prétention
et c'est ce qui tue l'humanité
l'estime de soi n'est pas justement l'orgueil
l'orgueil c'est quelque chose
c'est un poison
merci beaucoup
c'était un plaisir de te recevoir
tu es ici chez toi, je suis un gros bigopas
Jacques, au passage c'est la famille
qui est là parmi nous, Fatih
qui est venu nous faire un coucou à Christelle
au make-up
la famille, je vous donne rendez-vous
la semaine prochaine, même heure
même endroit, en attendant rendez-vous sur la chaîne
Youtube de Légendes Urbanes pour l'émission
version longue avec
le grand Nauti
au cours de laquelle on s'est raconté plein plein plein de
belles choses et en attendant
comme à l'habitude je vous dis paix, amour
lumière sur vous
one love la famille, one love Nauti
voilà
nous gagnerons
nous perdrons
ensemble
nous pleurerons, nous boirons
ensemble
on est tous
embarqués sur
le même navire
qui sont
nous survivrons, nous apprendrons
ensemble