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Le 2 août 216 avant J.-C., Hannibal affronte la puissante Rome à Cannes dans la région italienne des Pouilles. La bataille de Cannes est connue comme l’une des plus féroces de l’Antiquité et l’une des plus grandes défaites de l’armée romaine. C’est cet épisode de la deuxième guerre punique, raconté par Tite-Live dans son histoire de Rome, que Chifflart a choisi pour se présenter au salon de 1863.
Conservée dans les réserves du Petit Palais, cette œuvre n’a pu être exposée à l'occasion de l'exposition « François Chifflart » présentée à la Maison de Victor Hugo (du 7 novembre 2024 au 23 mars 2025), en raison de son très grand format.
François Chifflart, La Bataille de Cannes, 1863, huile sur toile, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
[Musique]
le 2 août 216 avant Jésus-Christ
Hannibal affronte la puissante Rome à
Cann dans la région italienne des
Pouilles la bataille de Cann est connue
comme l'une des plus féroces de
l'Antiquité et l'une des plus grandes
défaites de l'armée romaine c'est cet
épisode de la deuxè guerre punique
raconté par tit Liv dans son Histoire
romaine que choisit François
chiffflarard pour se présenter au public
parisien à son retour de la capitale
italienne où il a passé 5 années comme
pensionnaire à la Villa Médicis en
1863 il n'y a pas meilleur endroit à
Paris que le salon pour attirer
l'attention dans l'espoir d'une commande
publique pour réussir chiffflar décide
de peindre un tableau d'histoire et opte
pour une scène de guerre elle lui
permettra de déployer ses qualités comme
ur de composition et donner libre cours
à son tempérament impétueux chiflar
présente une très grande toile qui va
lui éviter de passer inaperçu parmi les
centaines d'œeuvres accrochées au salon
ce détail répond cependant à la règle
académique qui veut que les sujets
historiques soient peints en grand
format une fois de plus il s'est plié à
la norme présentant un tableau de 2 M50
sur 5
m chif crée une composition dense et
agitée les deux armées se livrent une
bataille acharnée sous un ciel pâle et
nuageux à l'arrière-plan le vent soulève
des tourbillons de sable et de
poussières les gestes les cris et les
armes se croisent dans une mêlée
sanglante et
palpitante les troupes carthaginoises
composé de mercenaires Numides ibériqu
et Gaulois attaquent l'ennemi romain
avec détermination les armes à la main
et les regards enragés marbal commandant
de la cavalerie africaine occupe le
centre de la composition
les batailles sont des sujets qui
permettent aux artistes de démontrer
leur inventivité en matière de
composition et leur maîtrise de la
conception des corps et des anatomies
socle de l'enseignement académique
l'alléance réussie de ces deux éléments
conduit à l'intensité
dramatique chiflar profite de l'occasion
pour montrer ses talents de dessinateur
avec une série de corps parsemés ici et
là qui indique clairement son admiration
pour Michelange
il est certain qu'il connaissait bien
son œuvre après tant d'années passées à
Rome et en particulier la bataille de
Cassina exemple et modèles classiques
pour les artistes du dessin
anatomique ce sont des corps en
mouvement dans des postures certainement
forcé mais qui permettent le dessin
détaillé des muscles et des formes ils
attirent le regard du spectateur et
imprime avec les chevaux également
tracés avec maîtrise un rythme classique
qui contraste fortement avec le chaos
général l'intensité dramatique et le ton
épique sont au contraire portés par
d'autres détails plus sanglant et
discret soldats écrasés sous les sabots
des chevaux combat désespérés corps à
corps cadavr livide ou les corps mutilés
jonchant un paysage sec et terreux le
tout au premier plan tout près du
spectateur cette proximité troublante et
intimidante contribue à intensifier la
brutalité des
scèes toutes ces atrocités éloigent la
scène de l'héroïsme antique prôné par
l'Académie et montre l'originalité du
talent passionné de chiflarard qui
s'efforce de nous livrer la barbarie des
combats la mort et la violence
n'hésitant pas à jeter au premier plan
un corps décapité gisant sur un arbre
directement inspiré des désastres de la
guerre de Goya réflexion amère et dur du
maître espagnol contre la
guerre l'atmosphère étrange qui baigne
la SC tempè pourtant sa violence
l'absence presque totale de coloris et
les tons chauds bistres et OCR détourne
la bataille de sa brutalité le sol les
plateaux rocheux les chevaux et les
corps des combattants sont peints dans
un camailleux presque monochrome qui
donne au tableau l'aspect d'un bas
relief
monumental des années plus tard chiflar
revient sur une scène de bataille cette
fois-ci contemporaine la charge des cuir
français contre l'armée prussienne à
reichofen en Alsace le 6 août
1870 il utilise le même point de vue
formel un premier plan avec des morts
qui repousse l'action principale
l'artiste montre la mort des chevaux et
des hommes et l'intensité de
l'affrontement on pourrait croire que la
bataille fut victorieuse au regard de
leur courage pourtant ce dernier se
révéla inutile les cuiraciers furent
décimés et la défaite
accablante à l'image de l'armée ginoise
qui malgré cette victoire écrasante ne
tire aucun avantage de cette bataille
chiffflarard ne réussit pas son tour de
force cette grande toile ne fut pas le
tournant espéré de sa carrière et se
trouvait encore dans son atelier le jour
de sa mort elle a été acquise par la
Ville de Paris lors de sa vente après
décès en 1901 elle est aujourd'hui
conservée dans les réserves du Petit
Palais