🧠Plus de 80 milliards de neurones, 100 000 milliards de connexions où circule l’information. Au CEA, depuis plus de 70 ans, des chercheurs travaillent à percer les mystères de notre cerveau. Physiciens, mathématiciens, neuroscientifiques cherchent à comprendre son fonctionnement, grâce notamment à des techniques comme l'IRM. Bienvenue dans un voyage fascinant au cœur du cerveau !
👉 Avec quelques dessins, une pincée de pédagogie et une passion contagieuse, ces recherches, pourtant complexes, deviennent accessibles à tous ! #cerveau ----------------------------------------------------------------------------------------- A propos de la série Fondamental ! A la recherche du futur
🎬 👩🔬Une série documentaire dans les coulisses du CEA où chercheuses et chercheurs ouvrent les portes de leurs laboratoires pour vous dévoiler les avancées majeures qui façonneront le monde de demain.
Une coproduction CEA- @LEspritSorcierOfficiel avec le soutien de l’ANR.
Le cerveau de l'homme, un bijou de la nature.
Plus de 80 milliards de neurones.
100 000 milliards de connexions où circule l'information.
Le cerveau fait fonctionner nos organes de façon coordonnée
et nous permet d'explorer et agir sur le monde qui nous entoure.
Depuis plus de 70 ans, des femmes et des hommes travaillent en commun au sein du CEA
pour percer les mystères de notre cerveau.
Nous irons à la rencontre de ces physiciens
qui améliorent les instruments pour sonder la face cachée de notre boîte crânienne.
Le cerveau, c'est une machine extraordinaire qui recèle plein de secrets.
Moi, j'adore l'IRM. C'est fascinant, je pense.
C'est une technique très polyvalente.
C'est mathématiciens qui font parler les datas pour visualiser notre cerveau.
Je suis convaincu que l'intelligence artificielle a le potentiel
de faire changer les choses quand on étudie les images du cerveau
parce que ces images sont tellement complexes qu'on s'y noie quand on est un être humain.
L'IA a pas ses faiblesses.
Et c'est neuroscientifiques qui cherchent à comprendre son fonctionnement interne.
Le cerveau a une capacité remarquable à naviguer dans des environnements
qui sont hautement incertains.
On connaît peu la façon dont cette incertitude est codée dans l'activité des drones
et c'est ce à quoi j'aimerais contribuer.
Bienvenue pour un voyage au cœur du cerveau.
Ma passion pour la biologie, et plus particulièrement celle pour le cerveau,
est née comme souvent dans l'enfance par les lectures,
l'intérêt pour la nature, l'espace, les sciences en général.
Et la neurologie, le cerveau, a été ce sur quoi j'ai souhaité travailler.
Beaucoup parce que j'ai découvert en terminale les cours de philosophie des sciences
et en particulier les travaux de Maurice Merleau-Ponty sur la perception
et l'idée que le cerveau était finalement l'organe qui était nécessaire
à l'ensemble de notre perception de ce qu'est le monde.
Le monde que nous percevons, c'est d'abord par notre cerveau,
c'est une notion qui me fascinait complètement.
Et c'est vraiment un livre qui a marqué mes premières années de réflexion
quand j'ai voulu commencer à travailler sur le cerveau,
que ce soit à la fois pour soigner des patients
ou pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau.
Interne en neurologie au service hospitalier de Grenoble,
puis directeur de recherche au CNRS en neurosciences,
Philippe Vernier se spécialise dans la dopamine, les émotions
et les mécanismes d'évolution du système nerveux.
Il est aujourd'hui à la direction de l'Institut des sciences du vivant Frédéric Joliot du CEA.
La raison pour laquelle j'ai choisi de travailler au CEA,
qui est pour moi d'ailleurs une maison qui m'abrite que depuis un peu plus de trois ans seulement,
c'est la capacité extraordinaire qu'est le CEA
de poser des questions scientifiques les plus fondamentales, les plus difficiles,
à l'aide des instruments les plus performants.
Et cette capacité d'aller de la création de l'instrumentation appropriée
à la question scientifique posée est quelque chose de tout à fait fascinant.
Neurospin est une très bonne illustration de cette capacité à faire à la fois
la meilleure science fondamentale et la meilleure instrumentation possible.
Les instruments d'imagerie par résonance magnétique, donc IRM,
qui sont présents à Neurospin, sont des instruments de recherche.
Ce sont tous des prototypes qui ont été soit développés complètement ici à Neurospin,
avec l'aide d'autres chercheurs du CEA,
en particulier d'ailleurs les mêmes qui lancent les télescopes dans l'univers,
ou d'autres instruments qui ont été modifiés, qui sont adaptés aux questions de recherche.
Alors les IRM de recherche sont ça de spécifique,
c'est d'abord leur puissance, donc le champ magnétique qui est utilisé.
Ici 7 Tesla et puis donc depuis peu 11,7 Tesla, le plus puissant au monde.
Ces IRM permettent donc, grâce à cette puissance,
d'obtenir des images d'une qualité irremplaçable,
d'une qualité qui est inatteignable par d'autres méthodes.
Mais aussi un autre aspect qui est très important,
c'est que non seulement l'aimant, le champ magnétique est très puissant,
mais également les antennes et tous les dispositifs électroniques
qui permettent d'obtenir les images peuvent être adaptés aux questions posées.
Ça c'est quelque chose qui n'est pas possible dans un hôpital ou dans une clinique,
où on a un matériel clé en main.
Alors les sujets de recherche, et donc les personnes qui viennent à Neurospin pour ces sujets de recherche,
sont pour la plupart des volontaires, sont aussi bien des bébés dès la naissance,
puisque ici des équipes comme celle de Ghislaine Dehaene étudient les bébés,
jusqu'aux adolescents, pour lesquels il y a aussi tout un ensemble de particularités
que l'on cherche à comprendre, et puis bien sûr des adultes et également des personnes âgées.
Donc on peut dire que Neurospin reçoit des sujets non pas de 7 à 77 ans,
mais de 7 jours à 77 ans.
Mais il y a aussi, toujours dans le domaine de la recherche, des patients,
donc des malades atteints de différentes maladies cérébrales,
qui rentrent dans des protocoles de recherche,
qui vont permettre en corrélant les données cliniques chez ces patients,
des explorations neurophysiologiques, neuropsychologiques que l'on peut faire,
et les IRM, de mieux comprendre leur pathologie.
Mais Neurospin n'est pas un hôpital, ce n'est pas un endroit où on fait du diagnostic,
c'est un endroit où on fait de la recherche,
et donc toutes les personnes qui viennent ici viennent dans le cadre de protocoles de recherche,
que ce soit pour des maladies ou pour l'étude des fonctions cérébrales.
Une partie des projets du CEA sur le cerveau sont financés en France par l'ANR,
l'Agence Nationale de la Recherche,
où un comité d'experts indépendants choisit des sujets pour leur avancée scientifique,
leur faisabilité et leur originalité.
Plusieurs projets des chercheurs du CEA ont également contribué au projet européen Human Brain Project.
L'idée du Human Brain Project, c'était d'arriver à modéliser,
sinon tout le cerveau, en tout cas un ensemble de fonctions cérébrales ou de régions du cerveau
qui sous-tendent des fonctions données,
pour pouvoir avoir des modèles capables de prédire le fonctionnement cérébral
et de mieux ensuite développer les expériences.
Le rôle de Jean-François Mangin et des équipes de Neurospin qui ont travaillé avec lui dans le Human Brain Project
a été de générer tout un ensemble de données, notamment en IRM,
qui associées à des données obtenues sur des cerveaux humains post-mortem,
a permis de générer ce qu'aujourd'hui est le plus puissant atlas du cerveau humain
et qui est un outil de connaissances absolument indispensable et extrêmement puissant
pour justement ensuite faire par exemple des modélisations du cerveau humain.
Mais au-delà de cette contribution, les travaux de l'équipe de Jean-François Mangin
s'intéressent à un des aspects les plus variables du cerveau qui est le plissement du cortex
et d'avoir analysé ce plissement et d'essayer d'en tirer à la fois des règles
et des modalités de compréhension du fonctionnement cérébral,
du développement cérébral et une grande originalité du travail de Jean-François Mangin.
Jean-François Mangin est ingénieur en mathématiques appliquées.
Il ne lit pas les lignes de la main, mais celles de notre cerveau.
Grâce à l'intelligence artificielle, il cartographie les méandres de notre cortex
pour mieux percer son fonctionnement et ses éventuelles défaillances.
Tout le monde a déjà vu un cerveau en images.
Ici, j'ai un peu plus qu'une image, j'ai un cerveau en trois dimensions qui vient d'une imprimante
et il me tient particulièrement à cœur parce que c'est mon propre cerveau en fait.
Vous pouvez voir qu'un cerveau, c'est plein de replis.
En fait, on appelle ça des sillons.
Si vous regardez derrière moi, vous allez voir comment les sillons apparaissent.
Ça se passe pendant le dernier trimestre de grossesse.
Ça correspond au cerveau jaune.
Vous voyez qu'en quelques mois, on passe d'un cerveau complètement lisse
à un cerveau très plissé qui est plissé à la naissance comme un cerveau d'adulte,
les cerveaux gris.
On peut se demander pourquoi le cortex est plissé.
En fait, c'est une astuce que la nature a trouvée pour augmenter nos capacités cognitives
tout en gardant à notre tête une taille raisonnable, sinon on aurait des problèmes à la naissance.
On a plein de raisons de penser que ces plissements, quand le développement du cortex est perturbé,
il s'y imprime une espèce de signature de cette perturbation.
Des perturbations qui peuvent être liées à une mutation génétique
ou à une maladie qui impacte le développement,
voire elle a ingéré un produit chimique qui interfère avec tous les processus biologiques.
Nous, on essaye de développer des outils qui permettent de détecter ces anomalies.
Mais c'est vraiment difficile parce qu'en fait, chaque cerveau a un plissement unique.
Si vous regardez les cerveaux gris derrière moi,
vous pouvez avoir une idée à quel point ils sont uniques, aussi uniques que les empreintes digitales.
Et donc en fait, on a besoin, pour définir ce qu'il y a de normal,
de commencer par définir ce qui est normal.
Mais c'est quelque chose de vraiment difficile
parce qu'en fait, on n'a pas vraiment de compréhension du phénomène.
Il nous manque un peu un champollion du plissement du cortex.
Pour déchiffrer la surface du cerveau,
Jean-François et son équipe développent depuis une trentaine d'années
des outils d'intelligence artificielle
qui ont appris à reconnaître les différents plissements du cerveau.
Je vais vous expliquer comment fonctionne une de nos intelligences artificielles.
Elle est constituée de 500 petits réseaux de neurones artificiels.
Chacun des réseaux étant entraînés à reconnaître juste quelques sillons du cerveau.
Ensuite, ils ont à se mettre d'accord tous ensemble.
C'est un peu comme à l'Assemblée nationale.
Quand on leur montre un nouveau cerveau, on va voir comment ça se passe.
Ici, en fait, tous les petits sont rouges
parce qu'il n'y a pas encore de consensus entre les réseaux.
Et puis pendant un certain temps, après la discussion,
on va voir émerger un consensus autour du sillon central.
Ici, c'est le sillon le plus simple à reconnaître.
Il va devenir bleu.
Et puis petit à petit, la couleur bleue va s'étendre partout,
ce qui correspond en fait à un consensus général.
Et à la fin, en fait, on dispose d'un jeu de couleurs
qui correspond au nom des sillons qui ont été attribués.
Et avec ces attributions de noms,
on va pouvoir mesurer un certain nombre de choses sur tous ces sillons
pour pouvoir comparer ce cerveau avec d'autres cerveaux de notre base.
Les dernières générations d'IA ont déjà analysé plus de 100 000 images de cerveau.
Elles sont désormais capables de détecter des anomalies du cerveau
invisibles à l'œil nu pour l'homme.
Des anomalies qui peuvent notamment survenir au cours de la grossesse.
Les cerveaux des bébés très grands prématurés,
en fait, ils ne sont pas plissés de la manière la plus classique.
À gauche, vous voyez des cerveaux de bébés standards qui naissent à terme.
Et vous voyez qu'à l'avant de leur cerveau,
ils ont un grand sillon rouge qui s'appelle le sillon temporal supérieur
qui est d'un seul tenant.
Et à droite, en fait, on voit des très grands prématurés.
Ceux-là, ils sont nés après six mois de grossesse, simplement.
Et on peut les sauver aujourd'hui à cet âge-là.
Et ils naissent à un moment où leur cortex,
il est à peine dans l'ébauche du plissement.
Et vous pouvez voir qu'ils sont tellement petits
qu'ils tiennent dans la main de leur maman.
Et que ce sillon temporal supérieur rouge, il est cassé en morceaux.
Et c'est probablement la trace d'anomalies du développement
qui vont peut-être conduire à des difficultés
quand ils grandissent, quand ils vont à l'école.
En fait, grâce au très grand nombre de cerveaux
que nous pouvons manipuler aujourd'hui,
l'IA, elle est capable d'en faire émerger du sens.
On espère qu'elle va faire aboutir un dictionnaire, en fait,
de tous les motifs qu'on trouve dans la population générale
qui permettra, en fait, de clarifier ce qui est anormal.
En fait, si un jour il y a un champollion du plissement du cortex,
ce sera une intelligence artificielle.
Au-delà des formes, Jean-François s'intéresse également
au câblage interne de notre cerveau.
Là où les axones, les longs bras des neurones,
acheminent les informations entre les différentes régions du cortex.
Alors sur cette image, en fait, on voit un résultat
auquel on ne s'attendait pas du tout,
qu'on a réussi à obtenir à la fin des années 90.
Ici, chaque trajectoire colorée que vous voyez, en fait,
ça correspond probablement à des centaines,
voire des milliers d'axones
qui permettent à un paquet de neurones
de communiquer avec un autre paquet de neurones.
Et en fait, on a retrouvé dans cette image
ce qu'on pourrait appeler des autoroutes
dans le câblage du cerveau
qui avaient été décrites par les anatomistes
il y a 50 ou 100 ans
grâce à des techniques de dissection.
Par exemple, ici, vous voyez une grande trajectoire
où il y a plein, en fait, de câbles
qui partent de l'avant du cerveau
et qui va vers l'arrière du cerveau
et qui relient, en fait, deux aires fondamentales
dans les régions du langage dans le cerveau
qui leur permettent de communiquer.
On voit d'autres câbles de ce genre.
Par exemple, ici, ce grand câble violet
qui part du haut du cerveau
permet à cette région de communiquer
avec une autre région qui est à l'arrière du cerveau.
Cette image a été réalisée sur un sujet en bonne santé
qui a passé quelques dizaines de minutes dans l'IRM.
Elle a permis d'être en évidence
les autoroutes qui avaient été décrites
par les anatomistes.
Mais en fait, elle recède bien plus d'informations.
C'est un véritable plat de spaghettis
dans lequel on peut voir
ce qu'on pourrait appeler des nationales,
des départementales.
Et donc, on s'est lancé, en fait,
dans le projet de cartographie
de ce détail du câblage humain
qui n'était pas connu.
Ici, vous voyez, en fait,
le dernier résultat qu'on a obtenu.
C'est 600 départementales du câblage humain
qu'on a mis en évidence
en demandant à des intelligences artificielles
de comparer
des centaines de plats de spaghettis
qui venaient de différents sujets.
Et ici, en fait,
chaque jeu de couleur,
il correspond à un câble
qu'on a retrouvé chez plein d'individus
et chaque trajectoire
vient d'un individu différent.
Et vous voyez qu'en fait,
ces trajectoires,
elles tournent autour des sillons
dont on parlait tout à l'heure.
Elles ont souvent une trajectoire de U,
en fait.
Donc, par exemple,
autour de ce sillon rouge,
il y a des faisceaux,
par exemple, le faisceau orange ici
qui part, en fait,
d'une circonvolution
qui est en arrière du sillon,
qui passe en dessous du sillon
et qui ressort de l'autre côté
pour que les neurones
qui sont de part et d'autre du sillon
puissent communiquer.
Tous ces câbles qui s'enchevêtrent
sont révélés grâce à l'IRM de diffusion,
avec des détails ici
de l'ordre de 2 mm.
Alors, l'IRM de diffusion,
c'est une technique
qui s'appuie sur le fait
qu'on peut mesurer
la mobilité de l'eau
dans une direction
de l'espace donné.
Et en fait,
quand on est dans le cerveau,
il y a de l'eau partout
et l'eau, elle est agitée,
mais elle n'est pas agitée librement
comme dans un verre d'eau.
Elle est perturbée
par les membranes des cellules.
Si on est dans un faisceau d'axone,
je vais dessiner un axone.
Les faisceaux d'axone,
ils sont assez rapprochés.
Il y a de l'eau
qui est à l'intérieur des axones
et il y en a
qui est entre les axones.
Si l'eau qui se balade,
elle a envie de se balader
dans la direction des axones,
il n'y a rien qui la perturbe.
Par exemple, cette molécule,
elle va aller très très loin
dans cette direction-là.
En revanche, si celle-ci,
elle a envie de partir
dans une direction transverse,
elle va rebondir sur la membrane,
elle va rebondir plusieurs fois,
elle ne va pas se déplacer autant.
L'eau à l'extérieur,
c'est un peu pareil.
Si elle a envie de se balader
dans la direction des axones,
elle va être libre.
Dans une direction orthogonale,
elle va devoir contourner les axones.
Ce qui se passe,
c'est qu'on est capable,
si on a accès à la mobilité de l'eau
dans différentes directions de l'espace,
de deviner la direction des axones.
Si je prends un bloc de cerveau
qui est centré sur ce câble,
ça s'appelle un voxel.
C'est l'équivalent
aux trois dimensions du pixel
et qu'on mesure la mobilité de l'eau.
D'abord, dans la direction de ce câblage,
elle va être très importante.
Dans une direction orthogonale,
elle va être faible.
Dans les directions intermédiaires,
elle va être intermédiaire.
On arrive à deviner
que dans ce voxel,
il y a des axones dans ces directions-là.
Ici, dans le voxel à côté,
ce câblage se poursuit,
mais il croise un autre faisceau.
Ce qu'on va mesurer,
c'est que dans la direction
du premier câblage,
on est toujours très libre.
Il va y avoir la direction
de l'autre câblage
où l'eau est aussi très libre.
Dans les directions intermédiaires,
la mobilité se réduit.
Quand on a cette information
sur plein de cubes de cerveau,
on peut reconstruire
la trajectoire des faisceaux.
Par exemple, ici,
on peut deviner qu'il y a
un premier faisceau
qui est celui qui correspond
à mon dessin initial,
qui est dans cette trajectoire.
Et puis, il y en a un deuxième
qui croise le premier,
qui croise ce deuxième voxel.
Avec ça, on arrive à faire
le plat de spaghettis
qui nous donne une représentation
du câblage de la personne
qui est dans l'IRM.
À partir des cartes
de connectivité réalisées
par Jean-François
et ses collègues,
il est possible de déceler
certaines anomalies,
notamment chez des personnes
présentant des troubles
du spectre autistique.
Nous collaborons avec
une équipe de psychiatres
pilotée par le professeur
Jocelyn Ouenou,
pour essayer de voir
si nos cartes nationales
et départementales
permettent de faire du sens
quand on observe
un cerveau d'autisme.
Ils ont fait passer
29 personnes
qui avaient des signes d'autisme
dans l'IRM
et l'équivalent
du nombre de contrôles
pour les comparer.
Ils ont projeté notre carte
sur le câblage de ces autistes
et ils ont découvert
que sur les 100 nationales,
13 d'entre elles
étaient sous-développées
sur les sujets autistes.
Chaque couleur que vous voyez ici,
c'est un de ces câblages
qui est moins développé.
Par exemple, ici,
on voit qu'il y en a
un certain nombre
qui sont dans la région temporale,
qui est une région
qui est connue pour être impliquée
dans tout ce qui est
interaction sociale,
donc ça fait pas mal de sens.
Plus ces faisceaux
sont sous-développés,
plus les patients
ont des symptômes autistiques
qui sont importants.
On ne peut pas prétendre
que c'est à l'origine de l'autisme,
mais c'est au moins
une conséquence
du comportement autiste
et peut-être plus,
ça indique des voies
à explorer
pour la recherche thérapeutique.
Mais aujourd'hui,
avant de pousser
la recherche plus avant,
on a envie de valider
que ces faisceaux
qu'on a mis en évidence
correspondent vraiment
à une réalité.
Parce qu'en fait,
cette technique
n'est pas fiable à 100%
parce que le cerveau
est plein de croisements
de câbles
et quand on ne suit
pas une trajectoire,
on peut faire une erreur
quand il y a une bifurcation
par exemple,
s'il y a un croisement
à 90 degrés
entre deux faisceaux,
c'est facile à démêler.
S'il y a un croisement
à 20 ou 30 degrés,
on peut faire une erreur
et créer un faisceau
qui n'existe pas
dans la réalité.
Pour confirmer la présence
de ces faisceaux courts,
Jean-François a fait appel
à des neurochirurgiens
du CHRU de Tours
qui ont développé
une nouvelle technique
de dissection
pour retrouver ces faisceaux
sur des cerveaux post-mortaires.
Une autre méthode
a également été employée.
On a une deuxième approche
pour valider
nos découvertes,
pour résoudre
toutes ces ambiguïtés
qui sont liées
aux croisements
qu'on observe
à la résolution
qu'on fait in vivo
sur les patients.
C'est notre collègue
Cyril Poupon
qui est l'expert maison
de l'imagerie de diffusion
qui l'a mis en œuvre
sur un bloc de cerveau
post-mortem.
Il est capable
de pousser la technologie
à une résolution
de l'ordre de 200 microns.
Les croisements
disparaissent
et on est capable
sur ces images
de mettre en évidence
les faisceaux en U,
les départementales
dont je parlais tout à l'heure.
Vous voyez ici
leur trajectoire,
extrêmement finement
mise en évidence.
On voit qu'il n'y a plus
aucun croisement
qui crée une ambiguïté
et donc on est capable
de faire ça
sur les régions
qu'on a mis en évidence
sur l'autisme
pour pouvoir vraiment
valider nos découvertes.
Si l'existence
des faisceaux courts
se confirme,
leur détection
permettrait de mieux
discriminer
les différentes variantes
présentes
dans le spectre autistique.
Parmi les questions
sur le fonctionnement
cérébral
qui sont abordées
ici à Neurospin,
il y a par exemple
la question du calcul.
Comment est-ce que
le cerveau est capable
de générer
l'idée de valeurs
croissantes
ou décroissantes
et de valeurs
sur lesquelles
on peut calculer,
les multiplier,
les diviser
et évidemment
des opérations
mathématiquement
encore plus complexes.
D'autres aspects aussi
sont extrêmement intéressants
comme par exemple
la manière
dont notre cerveau
perçoit le temps
qui passe.
On sait que le temps
est extrêmement subjectif.
Si on est très intéressé
par ce qu'on écoute
et bien on ne voit pas
le temps passer
comme on dit
et puis parfois au contraire
le temps peut paraître
très long
dans un train
par exemple
ou dans un avion
et donc en fait
la perception
subjective du temps
est aussi
un sujet
qui est étudié
ici à Neurospin
en combinant
des investigations
sur la base
de la résonance
magnétique nucléaire
et de la magnétophore
par exemple.
Donc la combinaison
de ces enregistrements
très précis
dans le temps
et dans l'espace
donne accès
à une meilleure
connaissance
de questions
comme
comment
les différentes
régions du cerveau
sont capables
de travailler ensemble
pour générer
du langage
pour permettre
au cerveau de lire
pour permettre
au cerveau d'apprendre
mais aussi
pour des choses
peut-être
plus originales
et auxquelles on ne pense
pas forcément.
Chaque fois
que l'on va agir
et bien notre cerveau
va en fait
anticiper
et calculer
la probabilité
que l'événement
qui l'a planifié
survienne.
Donc cette planification
de l'activité cérébrale
est une propriété
fascinante du cerveau
qui fait partie
des questions
qui sont abordées ici
à Neurospin
en particulier
par Florent Meignel.
Spécialiste en neurosciences,
Florent Meignel
s'est lancé le défi
de découvrir
les mécanismes
qui influencent
l'apprentissage
et la prise de décision.
Sans que l'on s'en aperçoive,
notre cerveau
est confronté
en permanence
à des situations
où il doit anticiper
pour prendre
la meilleure décision.
Au quotidien,
on doit faire des choix
en situation d'incertitude.
Je vais prendre
un exemple concret.
Pour me rendre au travail,
je peux prendre le RER
et du coup,
chaque matin,
je vais me demander
est-ce que je vais prendre
le RER aujourd'hui
sachant qu'il était en retard
les jours précédents.
Evidemment,
il ne faut pas savoir
s'y mettre en retard
encore aujourd'hui
mais je peux essayer
d'estimer
est-ce qu'il est probable
qu'il soit plutôt en retard
ou à l'heure
et donc quelle est
la probabilité
que j'arrive en retard
à une réunion importante
par exemple.
Sans s'en rendre compte,
notre cerveau
en permanence
estime ce genre
de probabilités
pour caractériser
son environnement.
Il utilise
des probabilités
précisément parce que
la plupart des choses
qui nous entourent
n'arrivent pas
de façon sûre
et certaine
et ces probabilités
nous permettent
de prendre
de meilleures décisions
et de mieux percevoir
le monde qui nous entoure.
Je vais prendre
un autre exemple concret.
Disons que vous conduisez
par un temps
de brouillard
important la nuit.
Vous ne voyez pas très bien
si la route
tourne à droite
ou tourne à gauche.
Dans ce cas de figure,
pour compenser
le faible niveau
d'informations visuelles
que vous avez,
votre cerveau
va utiliser
des probabilités
qui peuvent tirer
par exemple
des souvenirs
que vous avez
si c'est un itinéraire
que vous utilisez
fréquemment
pour vous dire
est-ce qu'à cet endroit-là
il est plus probable
que la route
tourne à droite
ou à gauche.
Dans le projet
qui nous a intéressé,
on a étudié
quels sont
les mécanismes
par lesquels
le cerveau estime
ce genre de probabilités
en utilisant
les observations
qu'il a faites
par le passé.
Pour mieux comprendre
les processus
d'apprentissage
qui se cachent
dans notre boîte crânienne,
l'équipe de Florent
a mis en place
tout un protocole
de mesure.
Des volontaires,
âgés de 20 à 40 ans,
ont été placés
dans un IRM
pour faire un exercice.
Quand le participant
est dans l'IRM,
on lui présente
des images
ou des sons
dans un casque.
On va prendre l'exemple
des sons
A
et O
qu'on lui présente
en série.
Ça va faire par exemple
A O A
A
et ainsi de suite.
Comme dans l'exemple
du RER
qui pouvait être
à l'heure ou en retard
d'un jour à l'autre,
là, les sons
s'enchaînent
avec à chaque fois
une certaine probabilité
d'avoir le son A
plutôt que le son O.
Cette probabilité,
on ne la dit pas
au participant.
Au contraire,
on lui demande
d'apprendre
cette probabilité
en fonction
des sons
qu'il a entendus.
Et de temps en temps,
on interrompt
la séquence
de sons
et on va poser
des questions
au participant.
La première question
qu'on lui pose
concerne
cette probabilité
qui varie
entre
0% de chance
d'entendre
le son A
jusqu'à
100% de chance
d'entendre
le son A.
Le participant
déplace un curseur
pour indiquer
sa réponse
au moyen de boutons
dans l'IRM
et sur cette séquence,
je dirais qu'il y a
à peu près
75% de chance
pour que le prochain son
soit un A.
Une fois qu'ils ont indiqué
leur probabilité,
on leur pose
une deuxième question
qui concerne
cette fois-ci
leur confiance.
Ils vont utiliser
une nouvelle fois
un curseur
sur un axe
qui va de
je ne suis pas du tout
confiant
jusqu'à
je suis très confiant,
totalement sûr
de ma réponse.
Dans ce cas précis,
je dirais
que je suis
à moitié sûr
de mon estimation
de 75%.
Ce niveau de confiance,
au cours
de l'expérience,
va varier.
Des fois,
on va être très confiant.
D'autres fois,
on va être moins confiant.
Ça va fluctuer
au cours de l'expérience.
Ce qu'on va faire
avec l'IRM,
c'est enregistrer
l'activité du cerveau
et rechercher
s'il existe
certaines zones
du cerveau
dont l'activité,
au cours du temps,
suivrait
ce niveau de confiance.
Existe-t-il
de telles zones
dans le cerveau
dont l'activité
suit le niveau de confiance
ressenti par le participe
Tout va bien pour vous ?
On va commencer
la première session.
Au cours de l'expérience,
Florent a pu confronter
les réponses
des volontaires
avec les réponses
données par un ordinateur.
Quand on a comparé
les réponses
que font les participants
avec un modèle mathématique
qui résout le problème
de façon exacte,
on s'est rendu compte
que les probabilités
que rapportent
les participants
sont très proches
de celles calculées
par le modèle.
C'est quelque chose
qu'on connaissait déjà
depuis plusieurs décennies.
L'aspect plus nouveau,
c'est l'analyse
de ces niveaux de confiance
qui évoluent fortement
au cours de l'expérience
et qui étaient
quelque chose
d'assez méconnu
jusqu'à cette expérience.
Voir même,
on pensait plutôt
que ces niveaux de confiance
étaient des choses
d'assez peu fiables.
Ce qu'on a analysé,
c'est cette évolution
du sentiment de confiance
au cours de l'exercice.
On s'est rendu compte
que quand on compare
la confiance
dans le modèle mathématique
et la confiance
rapportée par les sujets,
elles sont assez similaires.
Autrement dit,
quand le participant
est très confiant
de sa réponse,
il a des bonnes raisons
de l'être.
Et quand il est peu confiant,
il a aussi des bonnes raisons
de douter,
comme dans le modèle mathématique.
En parallèle
des réponses données
par les participants
sur leur niveau de confiance,
Florent a suivi
l'activité de leur cerveau.
Comment est-ce qu'on peut
mesurer l'activité
du cerveau humain
avec l'IRM,
qui est l'instrument
qu'on a utilisé ?
En fait,
quand les neurones
travaillent plus,
ils consomment
plus d'oxygène.
Et ce changement
de consommation d'oxygène,
ça va changer
la concentration de chaînes
dans le sang
autour de ces neurones.
Et c'est ce changement
qu'on détecte.
Autrement dit,
on détecte les régions
du cerveau qui travaillent
en suivant de façon indirecte
leur consommation d'oxygène.
Alors, ce qu'on voit
sur cette figure,
les masses grises,
c'est la surface
des hémisphères.
On a deux hémisphères
dans le cerveau.
Ici, on voit de profil
l'hémisphère droit,
là de profil,
l'hémisphère gauche.
Et en bas,
on voit les faces internes
comme si on avait pris
une noix qu'on avait
ouverte en deux
pour regarder à l'intérieur.
Les couleurs
représentent le résultat
d'une analyse mathématique
de ce qu'on a enregistré.
Et on voit,
ce qui est intéressant
en bleu,
des régions
dont l'activité
va augmenter
à mesure que l'on est
moins confiant
dans notre estimation.
Donc, on voit
ces régions pariétales
et frontales
qui s'activent d'autant plus
qu'on est moins confiant
dans notre estimation.
Et ce qui fait sens
puisque c'est précisément
quand on est moins confiant
qu'on devrait apprendre plus.
On a donc identifié
un réseau de régions ici
qui est sans doute
impliqué dans la régulation
du processus d'apprentissage.
Au-delà de la confiance,
Florence est aussi intéressée
à la surprise.
Une réaction
qui influence grandement
notre façon d'apprendre.
Donc, la surprise,
c'est un autre facteur
très important
de l'apprentissage.
Normalement,
plus on est surpris,
plus on devrait modifier
nos connaissances.
C'est-à-dire,
plus on devrait apprendre.
Dans le cas de l'expérience
qui nous intéresse,
si on avait estimé
que la probabilité
du prochain son
c'est très fortement
un O
et qu'on entend un A,
on est surpris
d'entendre ce A.
Ce qu'on voit sur cette image,
c'est les régions du cerveau
en jaune-rouge
qui s'activent d'autant plus
que le participant
est surpris
d'entendre tel ou tel son
au cours de la série.
On voit encore
un réseau pariéto frontal
qui s'active
en réponse à la surprise.
Ce qu'on a cherché ensuite,
c'est de savoir
s'il y a des régions du cerveau
qui montrent
les deux effets
en même temps.
C'est-à-dire,
des régions qui sont
d'autant plus activées
qu'on est moins confiant
et d'autant plus activées
qu'on n'est plus surpris.
Ce qui est précisément
la situation
où l'apprentissage
devrait être maximal.
Et en jaune,
on voit les régions
qui montrent ce comportement.
Encore un réseau
pariéto frontal.
Ces zones jaunes
sont des régions du cerveau
où des grandes populations
de neurones
sont impliquées
dans un processus
qui suit
les dynamiques
de l'apprentissage
parce qu'elles montrent
des variations
avec les deux ingrédients
de l'apprentissage,
confiance et surprise,
de la façon attendue.
Notre cerveau possède
donc des neurones
qui s'activent
dans les mêmes régions
lorsqu'on est surpris
et moins confiant.
Mais ces neurones
associés à la confiance
et à la surprise
s'activent-ils
simultanément ?
Alors on va s'installer
en MEG.
Pour le découvrir,
des volontaires
ont été équipés
et placés dans
une machine étonnante,
un magnétoencéphalographe.
Cet instrument
détecte
les minuscules
champs magnétiques
générés par
l'activité électrique
des neurones en action.
Si tout va bien,
on va pouvoir passer
à la deuxième session
parce que les signaux
ont l'air de bonne qualité.
On continue à rester
bien immobile
et à bien vous concentrer
sur l'expérience.
Ce qui est intéressant
avec la magnétoencéphalographie
par rapport à
l'IRM fonctionnel,
c'est d'apporter
une information très précise
en termes de
précision temporelle
et dynamique
des processus cérébraux.
On va pouvoir détecter
dès que le participant
entend un son,
à la milliseconde près,
les champs magnétiques
qui vont se créer
autour du cerveau
en réponse
au traitement de ce son
et qu'on enregistre
avec la magnétoencéphalographie.
Ce qu'on voit
sur cette image,
c'est déjà une vue
schématique du participant
comme si on le voyait de haut
avec son nez ici
et ses deux oreilles
sur les côtés.
Les couleurs représentent
les directions
du champ magnétique.
On a des champs
qui peuvent sortir
à certains endroits,
rentrer à d'autres endroits
et la force
de ce champ magnétique
de façon intéressante
reflète le niveau
de confiance du participant
et reflète également
son niveau de surprise
d'entendre tel son
plutôt qu'un autre.
Ces champs magnétiques
évoluent très rapidement
et la question
qu'on s'est posée ensuite,
c'est à quel moment
on est capable
de détecter
un effet de la confiance
ou un effet de la surprise.
On voit sur ces graphiques
le temps qui passe
après la présentation
d'un son,
le son O
ou le son A
et en noir,
on voit les moments
où on détecte
un effet de surprise
ou un effet de confiance.
Et de façon intéressante,
autour de 0,2 seconde,
c'est-à-dire 200 millisecondes,
on voit qu'on détecte
à la fois
un effet de confiance
et un effet de surprise
pendant qu'on conclure
qu'il y a des régions
du cerveau
qui, au même moment,
reflètent
ces deux ingrédients
clés de l'apprentissage,
la confiance
et la surprise.
Mais quelles molécules
activent donc
ces neurones
de la surprise
et de la confiance
au cours du processus
d'apprentissage ?
Pour Florent et son équipe,
il s'agirait notamment
de la noradrénaline.
Ce neuromodulateur du cerveau
régule nos niveaux
de vigilance
et d'éveil
et serait déterminant
dans notre sentiment
de confiance.
On peut essayer
de mesurer
de façon très indirecte
le niveau de relargage
de noradrénaline
dans le cerveau
en regardant
le diamètre de la pupille.
La raison,
c'est que le système
qui relargue la noradrénaline
dans le cerveau
contrôle en partie
le diamètre de la pupille.
On a observé
que plus les participants
étaient confiants
dans leurs réponses,
plus le diamètre de la pupille
était contracté.
Inversement,
plus ils doutaient,
plus ce diamètre
est très important.
Ce résultat est compatible
avec l'idée
que la noradrénaline
suit les niveaux de confiance
et pourrait intervenir
dans la régulation
de l'apprentissage.
Ce qu'on ne sait pas
à ce jour,
c'est à quel endroit
du cerveau
cette noradrénaline
est libérée
et ceci fait l'objet
de recherches
actuellement au laboratoire.
Les travaux menés par Florent
trouvent aujourd'hui
des applications
chez des patients schizophrènes
qui oscillent
entre des niveaux de doute
et de confiance excessif.
La mesure
de ces états de confiance
dans leur cerveau
permettra de mieux caractériser
leurs symptômes
et la sévérité
de leurs troubles.
Les travaux
qui sont faits ici
à Neurospin
peuvent en fait
toucher non seulement
à l'anatomie du cerveau,
c'est-à-dire
à l'organisation,
à la structure du cerveau.
C'est un des grands avantages
de l'IRM
mais ce qu'on sait moins,
c'est que l'IRM
peut aussi donner accès
à des paramètres
de fonctionnement
comme le métabolisme
du cerveau,
c'est-à-dire par exemple
l'énergie
qui est utilisée
pour que le cerveau fonctionne.
Peut-être ne savez-vous pas
que le cerveau
est de très loin
l'organe du corps
qui consomme
le plus d'énergie,
c'est à peu près 2%
du poids du corps
pour 20% de l'énergie
consommée dans le corps.
Le glucose
est le carburant du cerveau,
c'est le seul sucre
qu'accepte le neurone
et en fait
cette gloutonnerie énergétique
du cerveau
est très importante
et on en tire partie.
Donc on peut,
avec l'IRM fonctionnelle,
mesurer des paramètres
comme le taux de glucose
dans les régions
très précises du cerveau
qui renseignent
sur l'activité cérébrale
puisque quand une zone
cérébrale est active,
elle a besoin d'énergie
et donc elle va
consommer du glucose
et on peut mesurer
ces quantités de glucose
de façon extrêmement précise
grâce à l'IRM.
Il y a d'autres molécules
fonctionnelles
qui permettent
au cerveau de fonctionner
qui peuvent être mesurées
par l'IRM
comme par exemple
un transmetteur chimique
très important,
un des principaux excitateurs
des neurones,
le glutamate
et les mesures du glutamate
dans le cerveau
peuvent renseigner
par exemple sur le niveau
de fonctionnement normal
ou pathologique
de régions cérébrales.
Et il y a au CEVA
des équipes
qui ont été
extrêmement pionnières
dans la mise au point
de méthodes
qui permettent de mesurer
le glucose
ou le glutamate
ou d'autres molécules.
C'est moins connu
comme le sodium
par exemple
ou le lithium
qui est utilisé
dans le traitement
de certaines maladies
psychiatriques
grâce à l'IRM fonctionnel
et qui permettent
d'avoir accès
à des paramètres
de fonctionnement cérébral
extrêmement importants
pour mieux comprendre
les fonctions
de base du cerveau
mais aussi l'évolution
par exemple
et la cause
des pathologies cérébrales.
Julien Flamand
est l'un de ces physiciens
du CEA
qui s'intéresse
au métabolisme du glucose.
Pour suivre sa consommation
dans le cerveau,
il travaille sur une nouvelle
technique d'imagerie
par résonance magnétique
qui vient compléter
les méthodes
de mesures traditionnelles.
Aujourd'hui,
la méthode de référence
pour mesurer
le métabolisme du glucose
dans le cerveau
chez l'homme
est l'imagerie TEP,
c'est-à-dire l'imagerie
par tomographie
à émission de positons.
Cette technique consiste
à injecter
un analogue du glucose
qui est marqué
avec un traceur radioactif
et ensuite
la radioactivité
est mesurée
à l'aide
de capteurs spécifiques.
L'avantage principal
de la TEP,
c'est que c'est une technique
très très sensible.
Donc,
on injecte des doses
de radioactivité
qui sont très très faibles
mais on est capable
d'avoir une mesure
très spécifique
de certaines voies métaboliques
et donc de la mesure
par exemple
de la consommation
de glucose.
Par contre,
elle présente
un inconvénient,
c'est qu'elle nécessite
l'utilisation de radioactivité
et donc,
on ne va pas pouvoir
répéter trop souvent
les examens
pour ne pas exposer
le patient
à des doses
de radioactivité
trop fortes.
L'autre inconvénient
majeur de cette technique,
c'est qu'on ne va pas
pouvoir observer
des structures
ou des détails
dans le cerveau
dont la dimension
est inférieure au millimètre.
Alors,
contrairement
à l'imagerie TEP,
l'imagerie IRM
ne présente pas
de limites théoriques
quant à la résolution spatiale.
C'est-à-dire
qu'on peut descendre
à des résolutions
qui sont bien inférieures
au millimètre.
Donc,
quelques dizaines
ou centaines de micromètres.
L'idée de ce projet ANR,
c'est de tirer profit
de la bonne résolution spatiale
offerte par l'IRM
et de le coupler
avec une technique
d'imagerie moléculaire
innovante
qui s'appelle
l'imagerie CEST
pour Chemical Exchange
Saturation Transfer,
et qui va nous permettre
de détecter
des molécules
comme le glucose
avec une très bonne résolution
et sans avoir recours
à un traceur radioactif.
Pour comprendre
le principe du CEST,
imaginons un échantillon
composé uniquement d'eau.
Je représente ici
les molécules d'eau
avec les atomes d'hydrogène
et du glucose.
Je le schématise ici.
En IRM conventionnel,
ce que l'on observe,
c'est le signal
qui provient
des atomes d'hydrogène
de l'eau.
On peut
apparenter
les atomes d'hydrogène
à des petites boussoles
qui s'alignent
dans le champ magnétique B0
créé par l'IRM.
Bien évidemment,
les molécules de glucose
possèdent
leurs propres
atomes d'hydrogène.
Ils possèdent aussi
eux-mêmes
leurs propres
petites boussoles.
En raison
de leur environnement
électronique différent,
les atomes d'hydrogène,
du glucose
et ceux
des molécules d'eau
présentent
des fréquences
de résonance différentes.
Donc si je regarde
le signal généré
par chacun
de ces groupes,
si je les représente
sur un axe
qui représente
les fréquences
de résonance,
si je regarde
le signal
de ces deux groupes,
on va obtenir
un signal
à la fréquence
de résonance
du glucose
et un autre
à la fréquence
de résonance
des atomes
d'hydrogène
de l'eau.
Malheureusement,
dans la vraie vie,
ce signal-là
est extrêmement faible
comparé au signal
généré
par les hydrogènes
de l'eau.
Il est environ
10 à 100 000 fois
plus faible
que ce signal-là.
Ce qui veut dire
qu'en fait,
on n'a pas la sensibilité
pour mesurer directement
le signal
des atomes
d'hydrogène
du glucose.
Grâce à l'imagerie CEST,
on va pouvoir
révéler la présence
de ces atomes
d'hydrogène.
Donc pour cela,
on va appliquer
une impulsion
de saturation
que je note
RF
pour radiofréquence
à la fréquence
de résonance
des atomes
d'hydrogène
du glucose.
Et donc,
la conséquence
de cette impulsion
à radiofréquence
est que l'on va venir
saturer
certains atomes
d'hydrogène
du glucose.
Donc,
en fait,
ces atomes-là,
ils étaient en bleu avant,
ils vont passer
en rouge.
En fait,
on va venir
perturber
avec cette impulsion,
on va venir perturber
ces petites boussoles
et les atomes
deviennent rouges,
c'est-à-dire que
dans cet état,
ils ne génèrent
plus de signal.
À ce stade,
on a attiré profit également
d'une autre propriété
de ces atomes
d'hydrogène,
c'est qu'ils sont capables
de s'échanger
entre ces deux groupes.
Je matérialise cet échange
par cette double flèche.
Donc,
il y a un échange
constant
entre les atomes
d'hydrogène
du glucose
et ceux de l'eau.
Et comme cette saturation
perdure pendant
plusieurs dizaines,
voire centaines
de millisecondes,
eh bien,
une grande quantité
de la saturation
va être transférée
du glucose
vers l'eau.
Comme les hydrogènes rouges
ne génèrent pas de signal,
si maintenant,
je mesure
le signal global
qui provient
de mon échantillon,
qui va provenir
des hydrogènes de l'eau,
eh bien,
mon signal
sera comme ceci,
un signal plus faible
puisque là,
il y a moins
d'hydrogène bleu
qu'au départ.
Et cette différence-là
entre l'état avant
et après la saturation
représente
mon effet ceste.
Et donc,
c'est cette baisse de signal
que l'on observe
sur le signal de l'eau
qui est caractéristique
de notre effet ceste
et qui va révéler
la présence
de ces atomes
d'hydrogène
du glucose
et donc,
indirectement,
va signer la présence
des molécules de glucose
dans notre échantillon
ou dans le cerveau.
L'effet ceste
révèle donc le glucose
qui se trouve
en très petite quantité
dans le cerveau.
Pour arriver à une telle prouesse,
Julien et son équipe
ont donc répondu
modifier le programme
de l'IRM
pour envoyer
les bonnes impulsions
au bon moment
dans le cerveau.
Ce que l'on observe ici,
c'est un schéma
d'une séquence IRM.
Donc,
c'est l'ensemble
des instructions
que l'on va donner
à la machine
pour jouer
avec l'aimantation,
c'est-à-dire
pour manipuler
les petites boussoles
dont j'ai parlé tout à l'heure.
Et notre rôle,
à nous,
en tant que physiciens,
c'est d'agencer
tous ces éléments
afin d'obtenir
notre signal IRM.
Donc,
c'est de la programmation
informatique,
c'est-à-dire que nous,
on est un peu comme
un chef d'orchestre,
nous allons écrire
une partition.
L'IRM,
c'est notre instrument
et l'instrument va lire
la partition
qu'on lui donne à jouer.
Donc,
si on veut faire
de l'imagerie CEST,
on va ajouter
dans notre partition
un module spécifique
que l'on voit ici
au tout début du schéma
qui correspond
au module de saturation
dont j'ai parlé tout à l'heure
qui va nous permettre
de rendre la séquence
sensible
à la présence
de glucose.
Un autre avantage
de cette technique
d'imagerie CEST,
c'est qu'on peut
très facilement la modifier,
c'est-à-dire qu'on peut
facilement changer
la note que l'on joue
dans la partition.
Donc là,
dans ce cas-là,
on ne va pas changer
notre instrument,
c'est-à-dire l'IRM
et l'environnement
vont rester exactement
le même,
mais on va simplement
changer la note
que l'on joue,
ce qui revient à changer
la fréquence de saturation
et on va rendre
la séquence sensible
à d'autres molécules
comme le glutamate
par exemple
qui est une autre molécule
très impliquée
dans le métabolisme
énergétique cérébral.
Julien teste
ces différentes partitions
sur des IRM
à très haut champ.
Il est alors possible
de suivre la consommation
de glucose en temps réel
dans le cerveau
de modèle rongeur.
Voici un exemple
de carte de glucose
obtenue en imagerie CEST.
Les images que l'on voit
au-dessus de la barre verte
sont acquises
pendant l'injection
de glucose
et celles qui sont
au-dessus de la barre rouge
représentent les images
acquises après l'arrêt
de la perfusion de glucose.
Ce que l'on remarque
lorsque l'on injecte
le glucose
c'est que l'image
passe du bleu
vers le jaune
jusqu'au rouge.
Et si on regarde
l'échelle dans notre image
plus l'image est rouge
plus la concentration
en glucose est importante.
Donc là, ce que l'on voit
lorsque l'on injecte
le glucose
c'est tout simplement
le glucose qui passe
du sang
vers les cellules du cerveau.
Ensuite,
lorsque l'on arrête
la perfusion
le signal retend
à nouveau vers le bleu
ce qui signifie
que le glucose
est consommé.
Et donc on peut
grâce à ça
voir le métabolisme
du glucose.
L'avantage principal
c'est la très bonne
résolution spatiale
qui est offerte
grâce à l'imagerie CEST.
Là, dans les cartes
que vous voyez ici
chaque pixel
donc chaque petit carré
de l'image
mesure 100 microns
c'est-à-dire 0,1 mm.
Grâce à cette résolution
très intéressante
on va pouvoir
obtenir des détails
qui sont extrêmement fins
et on va pouvoir également
distinguer des zones
dans le cerveau
qui présentent
un métabolisme
du glucose
altéré
dans des stades précoces
de la maladie.
Pourquoi est-ce que
mesurer le glucose
ou le glutamate
sont intéressants
pour les maladies du cerveau ?
C'est parce que
quand une région
cérébrale
dysfonctionne
quand elle fonctionne
moins bien
avec une exception
qui est l'épilepsie
où là au contraire
les neurones
vont fonctionner trop
mais à la limite
dans les deux cas
dans le cas où
par exemple dans la maladie d'Alzheimer
la mort des neurones
dans certaines régions cérébrales
va entraîner
un défaut
de consommation
de glucose
il y aura moins
de glucose consommé
dans ces régions
qui dégénèrent.
Dans l'épilepsie au contraire
alors que
ces neurones sont hyper excités
et bien ces neurones
vont consommer
plus de glucose.
Donc on voit que
la mesure de glucose
permet de renseigner
sur l'activité cérébrale
et sur un certain nombre
de pathologies
comme l'épilepsie
quand on en consomme trop
ou par exemple
la maladie d'Alzheimer
quand on n'en consomme
pas assez.
Avec son équipe
elle cherche à cartographier
de manière non invasive
le glucose
ou le glutamate
présent dans le cerveau
de sujets
soit jeunes
âgés
ou atteints
de maladies
neurodégénératives.
Les mesures sont obtenues
avec la méthode CEST
sur des IRM
à très haut champ.
Pour pouvoir détecter
les métabolites
dont la concentration
est très faible
nous utilisons
une IRM
à 7 teslas
qui est une IRM
à très haut champ magnétique.
Les IRM standards
qu'on trouve
plus fréquemment
dans les hôpitaux
sont des IRM
à 1,5 teslas.
Un champ magnétique
de 7 teslas
est 100 000 fois
plus puissant
que le champ magnétique
terrestre.
Grâce à ce champ magnétique
élevé
nous arrivons
à avoir
une meilleure sensibilité
une meilleure résolution
spatiale
et aussi
un meilleur contraste
pour voir
les métabolites
dans le cerveau.
Tout notre travail
a été de trouver
la bonne partition
la bonne séquence
des impulsions
qui va nous permettre
de bien cartographier
les métabolites
dans le cerveau.
Lui, c'est Scully,
le patient numéro 0
qui a permis
de faire les réglages
dans l'IRM
avant de passer à l'homme.
Cette tête
imprimée en 3D
ressemble beaucoup
à une tête humaine.
Le gel
et les métabolites
tels que le glucose
versé à l'intérieur
se rapprochent
de la densité
et de la composition
de notre propre cerveau.
Une fois dans l'IRM
Scully a permis
de résoudre
certains problèmes
liés aux ondes
émises autour de sa tête.
Pour comprendre
la problématique
des IRM à Auchan
on peut prendre
le cas
d'une IRM classique
en clinique
à 1,5 Tesla.
L'antenne placée
autour du cerveau
du patient
va envoyer
des ondes de radiofréquence
qui auront
une longueur d'onde
d'environ
52 cm
et cette longueur
étant plus grande
que la taille
du cerveau humain moyen
qui fait environ
16 cm
nous allons pouvoir
imager la totalité
du cerveau
de façon homogène
mais lorsque l'on monte
à Auchan magnétique
et que l'on prend
donc une IRM
à 7 Tesla
par exemple
cette fois
les ondes de radiofréquence
émises
vont avoir
une longueur d'onde
d'environ 11 cm
qui est donc plus petite
que la taille du cerveau
et cela va nous poser
des problèmes
d'interférence
des problèmes
d'homogénéité
pour notre image
en particulier
lorsqu'on utilise
un mode de transmission
des ondes classiques
et donc
avec ce mode
de transmission
on a l'antenne IRM
qui est placée
autour du cerveau
du patient
et
chaque onde
de radiofréquence
qui va être envoyée
donc via
8 canaux
je ne vais en dessiner
que 4
pour simplifier
le dessin
mais donc
chaque onde
va être envoyée
avec les mêmes caractéristiques
de phase
et d'amplitude
sur le cerveau humain
et cela va se
traduire
par des zones sombres
et
des zones claires
sur notre image
donc
une image finalement
non homogène
du cerveau
et
une baisse de contraste
globale
et donc
tout le travail
de notre équipe
pour ce projet
a été de mettre en place
un mode
de transmission
parallèle
des ondes
et donc
avec
ce système
de transmission parallèle
chaque onde
de radiofréquence
va être envoyée
avec
des caractéristiques
de phase
et d'amplitude
qui vont être
modulées dans le temps
pour répondre
à notre problème
donc
de zones sombres
dans notre image
et cela va donc
nous permettre
d'acquérir une image
homogène
de l'entièreté du cerveau
et
donc
d'avoir un bon contraste
Après une année
de recherches
et de réglages
Louisa et son équipe
ont finalement trouvé
la bonne séquence
d'impulsion
capable de révéler
le glucose
réparti dans le crâne
du cerveau
de Scully
Sur l'écran
à gauche
vous voyez
une carte du glucose
dans le cerveau
de Scully
qui a été obtenue
sur l'IRM
C-TESLA
avec les impulsions
standard
et les couleurs
reflètent
la concentration
du glucose
avec le rouge
plus concentré
et le bleu
moins concentré
On voit
que l'image
est plus intense
au milieu
mais avec des zones
plus sombres
tout autour
On pourrait croire
que la concentration
du glucose
dans le cerveau
de Scully
n'est pas homogène
mais ce n'est pas le cas
l'image est trompeuse
Ici à droite
vous voyez
la même carte
mais cette fois-ci
obtenue avec
nos impulsions spécifiques
On voit bien
que l'image
est plus homogène
dans l'ensemble du cerveau
Pour obtenir
ces résultats
nous avons programmé
des séries
des impulsions
comme celle-ci
Les huit courbes
que vous voyez
sur l'écran
correspondent
aux huit ondes
de radiofréquence
qui sont émises
par les huit canons
qui se trouvent
autour de la tête de Scully
En faisant varier
la phase
et l'amplitude
de chaque onde
on obtient
de meilleures images
C'est en jouant
cette partition
comme une partition
de musique
que l'on arrive
à avoir des cartes
métaboliques
de haute qualité
Avec cette partition
Louisa et son docteur
ont entamé
les premières mesures
sur l'homme
Vous êtes prêts ?
C'est parti !
L'IRM-7 Tesla
a alors révélé
les cartes du glucose
présentes naturellement
dans le cerveau
de jeunes volontaires
Les résultats
qu'on a obtenus
sont présentés ici
avec à gauche
les résultats
obtenus avec
une technique classique
de cartographie du glucose
et à droite
avec notre transition
parallèle d'impulsion
En bleu
on représente
les régions
où il y a une faible
concentration de glucose
et en jaune
les régions
où la concentration
est la plus importante
Ce qu'on note
c'est qu'avec
la technique classique
de cartographie du glucose
on pourrait croire
qu'il y a peu de glucose
sur la périphérie du cerveau
Et en fait
quand on utilise
notre partition d'impulsion
on révèle qu'il y a
aussi du glucose
dans ces régions-là
Cette technique nous permet
de révéler le glucose
qui est présent
sur l'ensemble du cerveau
qui est quelque chose
de très difficile à faire
avec une technique
classique d'IRM
Après le glucose
Tadeh a cherché
à cartographier
le glutamate cérébral
pour étudier son évolution
au cours de la vieillesse
En programmant
une nouvelle partition
il a pu révéler
ce glutamate
et comparer
des cerveaux
de jeunes volontaires
avec des cerveaux
de personnes âgées
Donc ce qu'on constate
sur les résultats
ici à gauche
on a la cartographie
de glutamate
chez un sujet jeune
Un trentenaire ici
est quelqu'un
qui a plus de 70 ans
à droite
Les faibles concentrations
de glutamate
qui sont montrées en bleu
et une concentration
plus importante
qui est montrée en jaune
Ce qu'on constate
assez visuellement
c'est que
chez un sujet jeune
la carte est beaucoup plus jaune
que chez le sujet âgé
Et c'est ce qu'on retrouve
de manière plus statistique
en étudiant
les résultats
obtenus sur les deux
groupes de populations
avec l'âge
la concentration
de glutamate global
tend à diminuer
dans le cerveau
Cette variation de glutamate
peut être révélatrice
dans le fonctionnement
altéreux du cerveau
Et étudier
les régions
qui sont plus touchées
par ces variations
peut nous donner des indications
dans le cas
de certaines pathologies
de régions
qui sont lésées
par la maladie
L'équipe a pu identifier
que la baisse de glutamate
révélée par la méthode CEST
chez des personnes âgées
correspondait
à la région du précuneus
une zone du cerveau
impliquée notamment
dans le souvenir
et la mémoire
Tous ces reportages
vous montrent
à quel point
les méthodes
d'investigation
du cerveau
et en particulier
l'imagerie
par résonance magnétique
et d'autres bien sûr
sont vraiment essentielles
pour l'analyse
du cerveau normal
et du cerveau
pathologique
Le développement
de ces méthodes
d'investigation cérébrale
permet aujourd'hui
d'accéder
à des paramètres
du fonctionnement
cérébral
chez les patients
directs
qui permet d'avoir
une bien meilleure
connaissance
de la pathologie
et d'être surtout
beaucoup plus précis
sur le pronostic
de ces maladies
et aussi
sur le type
de traitement
qu'on peut leur apporter
et aujourd'hui
il est possible
de commencer
à leur proposer
des traitements
plus appropriés
plus personnalisés
que ce soit
dans le domaine
de la maladie d'Alzheimer
et surtout
de la maladie de Parkinson
Les progrès
qui ont été faits
ces 10 et surtout
ces 5 dernières années
sont vraiment
très significatifs
Le CEA compte bien
approfondir ses connaissances
sur les maladies
le fonctionnement
normal du cerveau
avec la mise en service
de l'IRM Isolt
Cet immense aimant
installé à Neurospin
sur le site du CEA
de Saclay
en 2017
est l'IRM
le plus puissant au monde
Il permettra de voir
des détails
du cerveau humain
de l'ordre
de 0,1 mm
et plongera
les chercheurs
dans une nouvelle dimension
Le grand intérêt
est de développer
des instruments
très puissants
qui permettent
d'analyser
le fonctionnement
élémentaire
du cerveau
neurone par neurone
pratiquement
pas tout à fait encore
mais on y vient
permet ensuite
de tester
des hypothèses
sur le fonctionnement
cérébral
un peu comme
on le fait aujourd'hui
avec les grands télescopes
comme le James Webb Telescope
qui permet
d'obtenir
des renseignements
sur des centaines
de milliers d'étoiles
et dont
l'assemblage
du comportement
permet de comprendre
l'origine de l'univers
C'est un petit peu
la même chose
en assemblant
le fonctionnement
élémentaire
de quelques neurones
dans des réseaux
extrêmement complexes
on espère
que
l'émergence
des fonctions
à partir
de cette organisation
fonctionnelle du cerveau
permettra
de faire ce lien
qui est encore
aujourd'hui
très abstrait
entre
activité cérébrale
de base
et la pensée
par exemple
ou les pensées
la perception
l'action
la prise de décision
tout ce qui fait
qu'un être humain
est capable
de vivre
de façon
harmonieuse
dans le monde
dans lequel il est