VIETNAM : L'Odyssée de la Route des Parfums - Les routes mythiques - Documentaire voyage - HD - BT

Tour du Monde
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92 Vues de vidéo·21 nov. 2024
Du delta du Mékong jusqu'à la mythique baie d'Along, via Hô Chi Minh-Ville, la route des parfums remonte le Viêtnam du sud vers le nord, sur près de 2 000 kilomètres.
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Un film réalisé par Olivier Weber
©Bo Travail !
Le Mekong, le grand fleuve abreuve le Vietnam avec un flot puissant
et généreux qui épouse l'histoire du pays, qui le nourrit, qui porte
ses barques de négoces.
Un fleuve qui a vu naître et mourir les royaumes légendaires.
C'est par les rives du Mekong et ses îlots que je vais commencer mon périple
dans l'ancienne Indochine.
Quelle meilleure porte pour découvrir cette route.
Le Mekong est malin, le Mekong est magique.
Son nom veut dire fleuve aux neuf dragons.
Un vieux rêve que se retour au Vietnam par la route des parfums, celle du thé,
de la vanille, de la cardamome.
Je veux redécouvrir l'ancien royaume d'Annam et du Tonkin, dont on me
dit qu'il change à toute vitesse.
Saigon la frivole, Hué l'impérial, Hanoi la très sérieuse.
2000 kilomètres pour me rendre jusqu'à la métique Bédalang.
Le delta.
Pas de chance, le mauvais temps me poursuit.
Mais les parfums du marché flottant m'envahissent,
les volutes de moteur aussi.
Dans ce marché quasi ancestral, tout le Vietnam est là, de 7 à 77 ans,
avec son sens du commerce
et de la débrouille.
Ce que vous voyez ici, ce sont des poissons séchés.
Ces poissons sont de la famille des plis, des raies ou des carrelets.
Je les vends en détail et puis parfois en gros.
Ça dépend.
Il y a du café et d'autres boissons.
On se nourrit au jour le jour.
Pas possible de mettre un peu de sous de côté.
Je gagne entre 2 et 2,50 euros.
Par jour.
Oui, de temps en temps, il y a un accident entre une barge et un de nos bateaux.
Ça fait longtemps que j'exerce ce métier, environ 20 ans.
Je l'achète en gros dans les stations d'essence et je la revends en détail.
Pour gagner ma vie.
Je vis grâce à la différence entre le prix d'achat à la station
et celui de mes ventes.
Ça fait quelques centimes d'euros par litre vendu.
Je le fais juste pour gagner ma vie.
Depuis longtemps, j'ai l'intention d'arrêter ce métier
pour m'installer sur la terre ferme.
Mais pour le moment, je ne trouve pas d'autre boulot.
Je m'enfonce dans les méandres du fleuve.
On transporte de tout sur ces bras innombrables où l'on peut se perdre
ou devenir roi de la débrouille.
Entre deux îles, je rencontre Jiang, une fille du delta.
Elle adore parler français, une langue qui survit dans l'ancien Indochine.
Le bateau est le moyen de transport principal dans le delta à Saigon.
C'est une ville modeste.
Mais je n'aime pas, c'est bon.
Parce qu'il y a beaucoup de bruit.
Il y a trop de bruit.
J'aime tranquille.
Oui, le calme.
Tu préfères rester ici.
Oui. J'aime l'Odénta.
On poursuit la route comme apaisé par ce fleuve, l'un des plus longs du monde,
qui prend sa source au Tibet et qui charrie tout le limon d'Asie.
Le Vietnam est le royaume des couleurs et des rizières, et le delta
du Mekong est son grenier à riz.
De cet or blanc, on tire trois récoltes par an, une des plus grandes productions
de riz de la planète, et sans OGM, s'il vous plaît.
Un limon fertile, un terreau aussi pour la vieille culture vietnamienne.
Certains parlent même d'une civilisation du riz.
Je songe à ce vieux dicton du fleuve.
Ici, si je croise une femme, je me marie avec elle.
Si je vois une pagode, je deviens moine.
En tout cas, quand les paysans attrapent un rat, ils le gardent pour le dîner.
Bientôt, j'atteindrai Ho Chi Minh Ville, que tout le monde s'évertue encore
à appeler Saigon, comme au temps de la Cochinchine.
En chemin, j'aperçois une drôle d'église, celle des caodaïstes.
Une curieuse religion, en effet, qui mélange les croyances
et les philosophies du monde entier.
Je décide de me fondre dans la foule des pèlerins, au milieu d'un
temple kitsch et baroque.
C'est le saint siège de ce mouvement, fondé dans les années 20, par celui
qui se faisait appeler l'empereur de Jade.
Les dignitaires de la hiérarchie moins élevée, y compris les débutants,
portent la tunique blanche,
qui est la couleur de base de la religion.
Les dignitaires de la haute hiérarchie, eux, portent les tuniques de couleur,
bleu, jaune ou rouge.
jaune pour la broche bouddhiste, bleu pour le taoïsme,
et rouge pour le confucianisme.
Avant, j'étais un anonyme comme tout le monde.
Après dix ans de pratiques religieuses, je suis devenu moi-même dignitaire.
Depuis, je pratique le spiritisme et je ne vis plus en famille.
Ça fait déjà plus de dix ans et les dignitaires doivent
transmettre les messages des esprits.
Comme vous le voyez ici, toutes les branches de la religion
cohabitent ensemble.
C'est, je crois, un très bel exemple de tolérance.
Une religion qui mélange prophètes et esprits.
Ses fidèles vénèrent aussi bien Confucius que Jeanne d'Arc, Mahomet, Jésus,
Bouddha, Pasteur et même Victor Hugo.
De quoi satisfaire de nombreux fidèles.
Esprit, êtes-vous là ?
Saigon, c'est la foule qui m'emporte, me traîne et m'entraîne
vers la route des parfums.
Ma première grande étape.
Pour l'heure, je me déplace à moto.
Il faut dire que Saigon compte 4 millions d'euros.
Et on fait du tout sur ces engins pétaradants.
On déménage, on commerce et on mange, bien sûr.
Bref, Saigon n'a pas de temps à perdre.
Saigon est une ville de l'eau, une cité de rivières et de canaux
où la perle mythique de l'ex-Indochine se reflète avec un appétit de jeune dragon.
Un kaléidoscope humain qui aurait inventé le mouvement perpétuel.
J'emprunte moi aussi ces rivières.
Saigon se mérite.
Il me faut explorer ses faubourgs.
Après la moto, me voici sur le bac.
Un bon moyen de sonder Saigon, mais sur le bac, question parfum,
ce n'est pas terrible.
Nous flottons sur les eaux usées.
Je rencontre alors Nguyen, un Vietnamien qui a longtemps été réfugié
en France et qui vient de rentrer au pays.
Nous nous dirigeons vers les bas fonds de Saigon et cela rappelle
bien des souvenirs à Nguyen.
On voit qu'il n'y a plus de traces de guerre.
Il y a une génération qui passe, donc on voit un pays en paix,
on voit un pays qui prospère, on voit un pays qui ouvre
vers l'extérieur, qui se transforme et qui s'adapte,
qui ouvre l'île Koumi de marché, tout ça.
Donc, toutes les traces de guerre, on voit que ça s'efface.
Certes, le Vietnam s'ouvre et soigne les plaies de la guerre.
Mais la propagande, elle, fait dans le business et jusque sur les t-shirts.
Le Vietnam, contrairement à les autres pays,
on a une vraie histoire et on a combattu
avec tous les grands pays
et on sort souvent vainqueur.
Il est vrai que l'oncle Ho veille au gras.
L'oncle Ho, c'est Ho Chi Minh.
Le héros du peuple, le vainqueur de la guerre d'Indochine contre les français.
Son nom signifie celui qui apporte la lumière.
Pour certains, cela veut dire aussi grand culte de la personnalité.
Saigon, ville bouillonnante, mégapole de la fureur de vivre.
Une ville un peu contestataire aussi, même et surtout par la musique.
Hoang, lui, tente de monter son studio.
Au Vietnam, c'est beaucoup plus difficile de.
Trouver des matériels professionnels, des disques de.
Musique que dans d'autres pays.
Il y a du matériel, mais ça.
Ne répond pas encore à nos besoins professionnels.
Surtout ici, c'est très difficile d'accéder à cette musique.
Nous ne pouvons que nous connecter sur.
Internet pour en parler, échanger des idées avec des amis.
C'est pour ça que les échanges restent très limités.
Parmi ces nouveaux rois de la musique, il y a Mister Dat.
Il fait du hip-hop et il chante son pays.
Quand on sort une chanson, un album, c'est très difficile parce qu'on est
tellement contrôlé par le gouvernement.
Ils surveillent les paroles, le sens de la chanson.
On fait attention à ce qu'on dit, à ce qu'on pense.
à ce qu'on écrit parce qu'on doit suivre la loi.
Je veux que ceux qui aiment le hip hop pensent que c'est différent.
Qu'il n'y a pas que le dirty hip hop.
Le hip hop peut parler des enfants sans abri, des enfants qui n'ont
pas à manger, qui n'ont rien.
Et on fait du hip hop pour tous.
Je veux que tout le monde sache que le hip-hop est seulement une musique.
Savourer la musique.
Et on peut avoir un feeling avec la musique.
Et c'est juste ça.
Courage, Dat.
Pas facile d'être porte-parole de la jeunesse de Saigon
et de sortir de sa cage.
Dans les parcs du Saigon, on s'adonne à la gym dès 6 heures du matin.
Un peu tôt pour moi, mais je finis par entrer dans la danse.
On dit que ça sert aussi à mieux travailler et ça marcherait
aussi pour les voyages.
Nous choisissons faire la gymnastique tous les matins parce que nous pensons
que la gymnastique serait beaucoup
bénéfique pour nous, pour notre travail.
La gymnastique, parce que quand on fait la gymnastique, on s'entraîne,
on s'entraîne, on prépare bien pour toute la journée.
Rock, tai chi, madonna et karaté font décidément bon ménage à Saigon.
De quoi me revigorer avant
de reprendre la route.
Je ne suis pas mécontent de laisser Saigon la trépidante derrière moi pour respirer
et filer vers les hauts plateaux.
Voici bientôt les montagnes de Dalat et les plages de Nha Trang sur la mer
de Chine avec en ligne de mire Danang, loin devant.
Changement de véhicule.
En chemin, je rencontre des pêcheurs qui m'emmènent sur leur lac.
Les poissons de la pisciculture attendent d'être expédiés à l'autre bout du pays.
Et les glaçons ne refroidissent en rien les ardeurs de Dong et de mes
autres compagnons de route.
Les secrets de la cuisine vietnamienne aux mille plats commencent ici, avec ces
élevages qui font vivre toute la région.
Des trésors bien gardés, car lorsque les chiens du lac
aboient, les voleurs détalent.
Pour ces éleveurs, c'est tous les jours une pêche miraculeuse.
Après seulement deux mois d'élevage.
Dung est l'un de ces pêcheurs heureux.
Pour lui, la multiplication des poissons n'est pas un souci.
Ici, on élève du poisson et on le vend pour Saigon.
On le livre par camion et il le transporte en ville pour le revendre.
Avec nos méthodes exclusives d'élevage, on peut récolter tous les mois.
Puis on change d'espèce après chaque levée.
On élève la nouvelle espèce de poisson et on fait la pêche au bout de deux mois.
En général, des casiers de 6 m de largeur et 12 m de longueur donnent plus de 12
tonnes de poisson et même jusqu'à 18 ou 20 tonnes.
Dung, c'est aussi le symbole du nouveau Vietnam, le Vietnam
qui exporte et qui se bat.
Une vie frugale, mais que Dung apprécie.
Il sait cuisiner le poisson de 40 façons.
Je monte vers Dalat, les hauts plateaux, ceux des minorités ethniques,
et là où se trouvent les plantations de thé et de café.
Un autre monde, de vallées, de brume et de vapeur, où se prépare le
mystère du thé et le secret de ses arômes.
La gare de Dalat.
C'est, paraît-il, la copie conforme de la gare de Deauville
en Normandie, bâtie dans les années 30.
Un décor au charme suranné qui plaît aux jeunes mariés.
Dalat terminus et personne ne monte.
C'est pour l'eau chaude.
J'arrive dans le centre de Dalat qui se déploie autour d'un lac.
C'est une ville réputée depuis bien longtemps pour son climat.
Au temps de l'Indochine, les Français séjournaient quand
Saigon les faisait transpirer.
Mais qu'en est-il aujourd'hui ?
C'est un vieux professeur de français qui me répond.
Vous pouvez respirer l'air des vaches.
Vous pouvez regarder les pins devant nous.
Les pins toujours verts, toutes venées.
Un climat frais.
très agréable pour les français.
D'autrefois, au lieu d'aller en France pour se reposer, il n'a qu'à venir ici
pour retrouver un climat européen topéré.
Posé sur les hauts plateaux, Dalat est surnommé le petit Paris.
Il est vrai qu'avec ses villas coloniales, ses jardins et sa tour Eiffel,
Dalat a gardé cette petite touche
de sous-préfecture des tropiques.
Et puis, au bout de mon chemin, il y a la maison de Baoudaï,
l'ancien empereur installé par les Français en 1932, à l'âge de 19 ans.
La visite de sa villa aux 36 pièces, c'est une plongée dans l'histoire du pays
pour nombre de jeunes Vietnamiens qui découvrent leur passé
longtemps occulté par le régime.
Mais c'est le vieux sage qui préfère me parler du présent.
Monsieur Phan Thai traverse le temps avec sérénité.
Le présent est toute une philosophie, une richesse de notre vie, sans chercher,
sans être heureux, sans perdre le temps dans les bouquins
et se dire, ben voilà, la vie est là, la vie est là, elle est belle et simple.
Plus on est simple, plus on est heureux,
puisque on n'est pas occupé
par la vie matérielle.
Si on veut comme ça, si on veut avoir un repos, un pouvoir,
une richesse de l'âme, voilà, Adalat
est prêt à vous offrir ces occasions-là.
Merci.
Fantaï est décidément un personnage très optimiste.
Un jeune singe qui vous communique sa philosophie avec ferveur.
À Dalat, la sagesse est contagieuse.
Dalat, ton univers est formidable.
J'arrive dans une drôle de demeure, la Crazy House.
Je crois que c'est un arbre, mais c'est plus que ça.
C'est de l'architecture.
Une maison folle accrochée à la colline.
On peut s'offrir une nuit déjantée dans ce musée, tout droit sorti
de l'imaginaire de Madame Nga.
Une maison hors du temps.
L'histoire avec un grand H y est pourtant bien présente.
Ici, c'est mon grand-père.
Ici, c'est ma grand-mère.
Et là, c'est mon père.
Il parle avec Ho Chi Minh durant la guerre contre les Français.
Là, c'est moi, enfant, avec Ho Chi Minh.
Et voici mon père quand il a visité Cuba.
A force de persévérance, Madame Nga a accompli son rêve.
Plonger ses racines dans l'excentricité et faire de cette maison
au long boyau son petit paradis.
J'ai commencé la construction il y a 19 ans maintenant.
Et cette idée m'est sortie tout droit de la tête.
Parce que quand j'ai étudié à Moscou, je n'avais jamais vu quelque chose
qui ressemblait à ce genre de maison.
Mais ce que je voulais, c'est faire revenir les gens à la nature.
Et je voulais que ma maison soit pleine d'arbres.
Avant, les autorités locales n'aimaient
pas mon idée de construction.
Ils m'ont dit que ce n'était pas
de l'architecture, que c'était une blague.
Les gens m'appelaient la femme folle et mon oeuvre la maison folle.
Mais beaucoup de touristes sont venus du monde entier.
Ils sont venus, ils ont visité et ils ont aimé ma maison.
Du coup, le gouvernement local a arrêté ses critiques.
Oui, oui, c'est ça.
Ils ont commencé, ils ont enfin commencé à me comprendre.
Maintenant, pour moi, il n'y a plus de problème.
Mission accomplie et Happy End à Dalat.
Changement de décor.
Je remonte la route vers le nord et vers la mer.
Enfin du bleu.
Des rayons de soleil qui illuminent la mer de Chine.
Ça fait du bien après tant de gris.
Mais toutes les nuances, il est vrai, conviennent à la route des parfums
qui sait garder ses mystères.
Ici, les pêcheurs ont peu de barques et ils s'entraident à la godine.
Plus loin, sur les quais du village, on construit ses radeaux minuscules
pour une poignée de dollars.
Et je ne suis pas le seul à m'intéresser à ces barcasses.
Bonjour.
Comment allez-vous?
Vous venez d'où? De France.
Vous êtes de France. Moi, je suis vietnamien.
Je suis né ici.
Je suis photographe.
Long m'invite alors dans son repaire, l'atelier de l'image, comme il l'appelle.
L'œil du photographe veut saisir tout le Vietnam.
Ses sourires, ses espoirs, ses rêves.
Alors, cette photo-là, vous voulez savoir pourquoi je l'aime ?
Écoutez, c'est très simple.
Je vais vous raconter l'histoire.
Cette image, elle exprime bien la sympathie et le bonheur de ces femmes.
Je les ai rencontrées et je voulais les prendre en photo.
Mais alors, elles me croyaient étranger et elles se sont mises
à me parler en anglais.
Moi, je les ai salués et je leur ai dit que j'étais vietnamien.
Alors, à ce moment-là, ils ont éclaté
de rire et je les ai pris en photo.
Et vous voyez, finalement, en tant que photographe,
après tout ce que j'ai pu faire, je me dis que vraiment, j'aime beaucoup cette image.
Parce qu'elle s'est produite à la fois
naturellement et instantanément.
Par mon travail de photographe, je veux faire connaître à tout
le monde l'identité vietnamienne.
Et je veux contribuer à la conserver.
Alors c'est pour ça que je me vocalise sur les scènes de la vie quotidienne
des vietnamiens et des vietnamiennes.
C'est vraiment ce thème qui m'inspire
beaucoup et que je poursuis depuis 38 ans.
Si on ne pense pas maintenant à faire des photos documentaires,
quand on ne sera plus là, la génération suivante ne verra plus rien du passé.
C'est ça, à mon sens, le devoir le plus important des artistes.
On doit penser à la génération suivante.
Fin d'après-midi, je m'arrête dans le village de Luong Son,
entre mer et montagne.
C'est l'heure où les marins rentrent au port.
C'est un peu la fête ce jour-là, avec la ronde des chalutiers,
les filets que l'on jette sur le quai, et un poisson qu'on négocie âprement,
à vous en donner le tournis.
Ici, toute la vie tourne autour de la pêche.
Et ce soir, on fêtera dignement le retour des marins.
Le photographe Long aime le spectacle et entre dans la mêlée des visages burinés.
Pour lui aussi, la route des parfums est envoûtante.
Alors qu'on jette les filets,
je m'apprête à reprendre le large.
Le train, c'est le cordon ombilical des Vietnamiens, à 15 euros la couchette
et à 50 km heure de moyenne.
Les Vietnamiens raffolent de ce moyen de locomotion.
Mais ce n'est pas le moment de m'attarder dans la gare de Nha Trang,
ni de m'apesantir sur son train de la réunification.
Il me reste encore quelques centaines
de kilomètres pour rejoindre Hanoi.
Depuis Danang, je vais monter vers le nord en passant par Hue, une escale mythique.
La moitié de la route déjà, pour franchir l'ex-ligne de démarcation, la fameuse DMZ.
Pour l'heure, je me dirige vers Hoi An, ancienne ville des missionnaires.
C'est un paradis calme avec ses promeneurs de l'eau qui semblent défier l'éternité.
Ces maisons ouvertes à tous les vents,
ces palais d'un autre âge.
Une halte hors du temps où les amoureux ressemblent à des mandarins pour rire,
pour apprendre à vivre.
Dans cette venise tropicale, les Casanova finissent par aimer
la poussière et son pont des soupirs.
Un pont qui protège de regards indiscrets et où les dragons viennent se mirer.
À Danang, l'ancienne base des Américains pendant la guerre,
je tombe sur les surfeurs qui sont dans l'attente des vagues.
En fait, j'arrive plutôt à l'heure de l'apéro.
Et Quentin, un Australien installé dans le coin, se sent déjà bien inspiré.
Il y a une longue plage, une très très longue plage.
Et donc les courants se rencontrent.
Il y a beaucoup de remous autour.
Et nous avons aussi des hauts fonds et des zones plus profondes.
Et donc l'eau avance dans ce chenal très vite le long de la baie.
Ça peut être dangereux, surtout quand il y a de grosses vagues,
et c'est ce qui arrive de temps en temps.
Vous ne pouvez jamais sous-estimer la mer nature et l'océan.
Il y a quand même pas mal de noyés ici, des milliers chaque année.
Et je dois dire pas mal de gens en danger.
Depuis que je suis ici, j'ai dû sauver quelques personnes, des étrangers aussi.
Mais ce sont juste des gens qui ne comprennent pas l'océan
et combien il est puissant.
Il y avait en fait un club de surf ici durant la guerre.
Et une partie de ce qu'on essaie de faire ici est en lien avec cela.
Juste pour rappeler un peu d'histoire, en tout cas pour ce que j'en sais,
Da Nang a été une place de surf et donc il y a une longue tradition
de la glisse dans le coin. Sacrée cantine.
Son rêve de surfer avec les vietnamiens est passionnant.
Mais je n'ai pas le temps d'attendre la prochaine vague.
A quelques pas des rouleaux de Danang, je débarque dans le café de Madame Tam,
un repère de passionnés de la planche et de vétérans.
J'ai travaillé dans un restaurant et Marc Conroy est mon ami.
Il est venu avec Oliver Stone dans mon restaurant et on est devenus amis.
Je travaillais pour eux et je les ai emmenés à moto dans les environs.
Et là, c'est un autre ami.
C'est un pilote.
Il est revenu au Vietnam.
Il est vieux, oui, mais il a voulu revenir.
Il a essayé de m'aider.
Il est venu au Vietnam et il m'a dit, je veux t'aider, car j'ai beaucoup
d'enfants, je travaille seul.
Lui, il veut vraiment m'aider.
Des GI américains reviennent au Vietnam et veulent voir leur garnison,
leur ancien campement.
Et ils me demandent de les emmener pour y aller, voir les tranchées.
Ils se disent désolés pour le Vietnam.
Ils sont très heureux de revenir ici.
Quelques-uns sont revenus
huit ou dix fois au Vietnam.
Madame Tham s'est tissé tout un réseau de relations avec les anciens G.I.C. Marines.
À 40 dollars le voyage en moto, elle concocte des visites
sur place pour les vétérans.
Ils veulent retrouver leurs tranchées et la jungle des combatières.
Je suis arrivé ici en 1968, et je me rappelle le jour où je suis parti.
Je me suis dit que je reviendrai un jour au Vietnam pour en apprendre un peu plus
sur le pays et ses habitants, et ça dans de meilleures conditions.
Malheureusement, j'ai dû attendre pas mal d'années.
Et finalement, je suis revenu en 1999 pour la première fois.
C'est une expérience très, très gratifiante.
Je suis un vétéran et je voulais être impliqué pour aider
les gens à s'en sortir.
Et je me rappelle avoir vu beaucoup de gens souffrir pendant la guerre.
Ça a changé ma vie et je sais que ça a changé la vie de milliers
et milliers d'autres.
Bob me dit aussi que la guerre est
loin désormais, grâce à ce voyage.
Danang est une ville de l'oubli où les souvenirs viennent mourir dans la
mer, les espoirs tourner vers le ciel.
Bientôt, je vais y grimper.
La route du Nord m'emmène vers le col des nuages, la coupure
entre le Sud et le Nord.
Une vraie frontière, par-delà l'or des rizières.
On me dit que le climat change au-delà du col qui tutoie le ciel.
Les gens aussi.
À cause du vent, sans doute.
La vieille rivalité Sud contre Nord.
Il y a des lagunes, cependant, qui sont des havres de tranquillité,
des enclaves de lumière bercées par tous les vents et sûrement
bénies par les dieux.
Une enclave.
En voici une autre au bout de la route du col des nuages.
Hué, la cité impériale.
La fierté du Vietnam qui aime rappeler ses royaumes d'antan.
Une copie conforme de la cité interdite de Pékin.
Il est vrai que la Chine et ses empereurs du milieu se sont attardés
au Vietnam pendant mille ans.
Et sous les bannières des fils du ciel qui ont accueilli l'empereur Jialong
et la dynastie Ninguyen, les comités d'entreprise
défilent pour la photo souvenir.
Dans l'enceinte du palais, on a su garder le sens de la cérémonie.
Les anciens empereurs et les dragons d'aujourd'hui se côtoient dans la cité
pourpre où la salle du trône a accueilli des rois de 15 ans.
Une cité qui a souffert de la guerre lorsque les combattants vietcongs se sont
retranchés dans le palais, bombardés sans relâche par les avions
et les canons américains.
Ici, les guerriers ont tout rasé, et même le temple de la sérénité.
Alors, les artisans s'évertuent à réparer les outrages du temps et les cicatrices
laissées par les hommes.
À Hué, on a envie de poser son sac, de humer l'air du temps,
celui des mandarins d'hier et des inventeurs de lendemain.
Hué, me disent ses habitants, est une ville de lettrés et de légendes.
Une ville qui aime rêver et qui vous fait rêver.
À côté de la cité impériale, un artiste peaufine sa dernière œuvre.
Dans son atelier, Ouang concocte ses cerfs-volants en 4 à 6
jours et parcourt le monde entier pour des festivals jusqu'en Normandie.
Ouang est un passionné et se définit comme un fils du vent.
Je fais ça depuis 21 ans.
Ce métier me passionne.
Pour moi, lancer un cerf-volant signifie la liberté.
Il me fait rêver et je le considère comme un ami dans ma vie.
La difficulté, c'est que pour les gens qui fabriquent des cerfs-volants, en fait,
peu de gens s'intéressent à cette tradition.
Et en conséquence, le revenu ne correspond pas à leur travail.
Ce n'est pas une activité qui rapporte.
J'ai appris ce métier grâce à un maître.
C'est lui qui m'a tout appris.
Il s'inquiétait que cette tradition se perde peu à peu, car ce
métier est assez difficile.
C'est grâce à lui que j'ai pu réussir comme aujourd'hui.
Je veux le transmettre pour conserver ce métier, pour ne pas le perdre.
Hoang n'est jamais aussi heureux que lorsqu'il lance ses
trésors de papier vers le ciel.
Il sent le vent qui vient de la mer de Chinh ou des montagnes.
Chapeau l'artiste,
la relève est bien assurée.
Une douce quitude émane de cette ville. Elle apaise le voyageur.
un peu fatiguée par le touille-bouille de la longue route,
comme elle rend sereine ce qui contemple la rivière des parfums.
Des rives magiques où les empereurs et les mondarins, entre guerre et paix,
devisaient sur la nature du monde, centrés sur l'huée, tout en admirant
les derniers feux de chaque jour.
Au petit matin, au-dessus de la rivière, je découvre la pagode des parfums
qui tire son nom d'une vieille plante.
Les fidèles viennent y prier Bouddha et surtout le Bouddha rieur
dans un silence millénaire.
3000 ans de bouddhisme et de sagesse ici vous contemplent.
La pagode des parfums est un repère des âmes sereines et les moines ont
pour mission de prier pour les paysans.
Je quitte Hue pour la campagne, celle des rizières et des canaux
d'irrigation souvent engorgés.
En chemin, je rencontre Dien, responsable d'une ferme collective,
qui me parle du danger.
À cultiver le riz.
Dans cette région, après la guerre, il restait beaucoup de
bombes et des mines enfouies dans le sol.
Grâce au programme MAK, la terre a été
déminée, mais il en reste en profondeur.
On tombe dessus parfois quand on creuse des puits, même si ça se
produit de moins en moins.
Les habitants de ce village sont très reconnaissants de ce programme.
Ces 4 dernières années, Il y a eu très peu d'explosions de bombes,
même pour les gens qui détectent le métal.
Dans un rayon de 10 km, la terre, normalement, est déminée.
Il n'y a plus de risque pour nous.
Les rizières du coin sont éternelles et généreuses.
Ici, la nature vous envahit.
Le voyage réserve bien des surprises.
Voici un port englouti ou peut être une cité oubliée.
La mer de Chine est un voyage où se mêlent les villes et les vagues
dans un ressac qui me plaît bien.
Pour monter à Hanoi, j'emprunte l'ancienne piste Ho Chi Minh.
Ce ne sont plus des cyclistes porteurs de munitions qui la parcourent,
mais des camions, bien chargés eux aussi.
Hanoi, la vieille rivale de Saigon, qui a gardé des airs de ville provinciale.
Une dame élégante et exotique qui protège ces vieux quartiers, au lieu
du commerce depuis 1000 ans.
Les paysans débarquent dans la ville pour tenter de faire fortune.
Et on vend ici des billets pas chers, des faux, rassurez-vous, pour les cérémonies.
Tiens, des avions en pleine ville, des chars.
Je croyais pourtant que l'on voulait oublier la guerre,
surtout pour les plus jeunes.
De quoi réveiller, en tout cas, les ardeurs de Lénine,
qui conserve là l'une de ses rares statues encore debout dans le monde.
Hanoi a su garder ses secrets.
Voici le temple de la littérature, première université du Vietnam, édifiée
au XIe siècle et dédiée à Confucius.
Les mandarins et les fondateurs de la vieille littérature vietnamienne y
dorment tempés, protégés par les tortues sacrées ou celles d'aujourd'hui.
Et les top modèles ont transformé le temple en vitrine de l'élégance.
Hanoi incarne encore une certaine douceur de vivre.
Le marché.
Hanoi by night.
Hanoi, la débrouillarde.
Hanoi qui est à la base du commerce.
Ça grouille de monde et de protéines pour voyageurs affamés.
Enfin, peut-être pas pour ce soir.
Pas encore assez faim pour découvrir tous les secrets de la cuisine guiette.
On mange tout dans le port.
La queue, les pâtes, même les os.
On ne jette rien.
Les tripes, les stomacs, les entrailles.
On consomme tout ça.
Quand on tue un cochon, on ne jette vraiment rien.
Puis, on mange de tout.
On dirait que le Vietnam aux 400 plats prépare de nouvelles recettes chaque jour
afin de concurrencer l'autre grande cuisine du coin, celle de la Chine.
Eh bien, finalement, je vais les goûter, ces semblants de gnocchi.
Ce sont en fait des verres à soie, mais sans les fils.
Tout ça finit par vous mettre l'eau à la bouche.
Au bout d'un dédale de rue, je tombe sur une charmante villa coloniale.
Les jeunes de Hanoï en ont pris possession.
Surprise, c'est un restaurant où ne travaillent que des enfants des rues.
Ils viennent de différentes provinces
et presque tous sont des enfants des rues.
Il y en a aussi qui viennent de familles pauvres.
Tous les étudiants ici sont
issus de la jeunesse défavorisée.
Ils sont très différents des autres jeunes et ils arrivent ici pour apprendre.
Et ils espèrent, à la suite de ça,
avoir un avenir meilleur.
Moi, je viens de Hanoi.
Et comme beaucoup ici, je vivais
dans une famille pauvre de la ville.
J'avais entendu parler de cette école.
Et je suis donc venue pour apprendre.
Et puis, quand j'ai fini mes études et la période d'apprentissage, l'école
m'a gardée pour devenir une enseignante.
Et j'espère qu'il y aura d'autres personnes comme moi qui auront
ensuite un bel avenir, une bonne vie.
Un oeil by night me réserve bien les surprises.
Le Vietnam se réinvente grâce aux enfants des rues.
Après leur royaume culinaire,
voici un club de jazz un peu inattendu.
Min a introduit le jazz au Vietnam.
Avec courage, car voici quelques années, le jazz s'était mal vu,
jugé un peu trop Yankee.
Nous sommes au Mint Jazz Club.
Je l'ai créé il y a 12 ans.
Au Vietnam, il n'y avait plus de jazz.
Je suis le premier à avoir fait du jazz dans ce pays.
J'ai écouté du jazz à la radio
comme la BBC pendant les années 68.
Il a fallu attendre après jusqu'en 1975 lors d'une tournée de spectacle à Saigon
pour que je trouve une cassette et que je commence à m'y exercer.
Avant c'était de l'improvisation totale, ça venait comme ça.
Il y a des artistes américains qui viennent ici, vous savez.
Par exemple, le violoniste Bill Herbert a joué dans ce club.
Et le chanteur Dernifer
est venu lui aussi.
J'aurais bien écouté la bande de mine un peu plus longtemps, mais j'ai
rendez-vous avec l'abbé d'Alan.
Une baie magique, faite de brume et de couleurs
chaleureuses, au bout de la route de l'ancienne
Indochine, avec des rocs jetés du ciel.
C'est le capitaine Dien qui m'emmène pour caboter entre les îles
de cette étape de légende.
Un fieffé marin qui connaît sur le bout des doigts son archipel,
l'une des merveilles de cet Orient extrême que je rêvais de redécouvrir.
Diem est né dans l'une de ces îles et il est tombé dans la potion de la marine
à voile quand il était petit.
Il ne se lasse jamais des beautés crues de la Baie d'Alongue et de ces paysages
féeriques, faits de vent, de falaises, de vagues et qui me coupent le souffle.
Pour me remettre d'aplomb, il va me préparer son plat favori.
Voici des nems, des crabes cuisinés dans le sel, des calamars farcis.
Quand j'étais petit, pour apprendre à conduire un bateau,
je suivais des petites embarcations et une personne pilotait.
J'ai appris de bouche à oreille.
On n'était pas formés comme dans les écoles aujourd'hui.
Il faut vraiment de la passion pour apprendre le métier de capitaine.
Bravo Capitaine Diem, tu cuisines aussi bien que tu barres ta jonque.
Et puis, tes nems sont quand même bien meilleurs que les verres à soie du marché
de Hanoï, qui croquent un peu trop sous la dent.
Sur la jonque, il y a Long. Un jeune employé de Hanoï, qui adore.
Revenir dans la baie, le lieu de toutes les légendes.
Alors, c'est un chinois-vietnamien.
Ha, ça veut dire la descente, et le dragon.
Lang, ça veut dire le dragon.
Donc, Ha Lang, ça veut dire la descente du dragon.
En fait, il y a une légende.
Autrefois, le pays des Vietnamiens a été envahi.
Donc, pour aider les Vietnamiens à contre les envahisseurs, l'empereur de Zâtre a
envoyé le dragon-mère avec ses enfants.
Ils sont arrivés à la mer.
Ils ont craché dans la bouche des milliers de perles qui ont été transformées.
Ensuite, des milliers de rochers comme ça, comme vous voyez là,
pour empêcher les bateaux des ennemis et qui ont cassé les bateaux des ennemis.
Deux mille îles, pour la plupart sans habitants.
Difficile, certes, d'y grimper.
La Bédalongue aime garder ses secrets et ses légendes.
L'horizon ici vous donne le vertige.
Allez, poussons la jonque au bout de la baie.
Et voici le grand large,
jusqu'à l'île de Kuan Lan.
Ah, la terre ferme, une lagune plutôt.
Devant, c'est la mer de Chine, souvent battue par les vents.
Ça cogne dans les voiles et sur les maisons.
Ça usine fort avant les grands vents d'hiver.
Ici, pour 3000 euros, on peut s'offrir une jonque.
Et pour 1500 de plus, un vrai moteur afin d'affronter l'océan
et parfois les colères du dragon.
La plupart des accidents sont des naufrages à cause des tempêtes,
quand on ne réussit pas à se mettre à l'abri, quand on est trop loin
du rivage, quand on n'a pas reçu d'informations.
Ça tombe souvent sur les bateaux qui n'ont pas de radio, donc pas
de consigne pour aller s'abriter.
Si on est proche du rivage, ou bien si on a la radio, on va
s'abriter dès que la tempête se lève.
Le tricycle de Joe m'emmène au bout de l'île.
L'île de Kwan Lan, c'est le Finistère du Vietnam.
La porte sur l'océan.
Les amoureux aiment se perdre dans ses confins, sans doute parce qu'ils se
sentent ici au début de leur route.
Les habitants de la baie d'Hallong préfèrent vivre sur des barges.
De vrais villages flottants qui caressent l'eau et craignent la moindre tempête.
Un monde flottant où tout est précaire, fragile surtout.
Et où l'eau vient du continent par bateau citerne.
Même l'école est flottante, les picières livrent ses plats en barque
et le médecin lui aussi consulte sur l'eau.
Sauf en cas de grabuge.
Les typhons, on se les prend, mais on ne sait pas où aller.
C'est pour ça qu'on reste ici.
On lance la chaîne d'ancrage pour protéger la maison.
On ne peut pas aller ailleurs.
Il n'y a pas d'autre endroit plus sécurisé.
Cette année, je vais sur mes 80 ans.
À vrai dire, notre famille vit ici depuis 7 générations.
Ça fait, je ne sais pas exactement, peut-être depuis des centaines d'années.
Maintenant, la paix a été rétablie.
On a de quoi se nourrir.
Les enfants peuvent aller à l'école.
Avant, nos ancêtres étaient presque tout le temps en guerre contre les Chinois, les
Français, les Japonais, les Américains.
Quand on parle du travail, ici, le vrai boulot, c'est pour les fonctionnaires.
Nous, on travaille, mais notre revenu est vraiment irrégulier.
Quelquefois, on gagne 100 000 dongs, c'est-à-dire 3 euros.
Quelquefois, rien du tout. Allez, capitaine.
Il est temps de mettre les voiles, pour le grand large ou pour la gueule du dragon.
La baie d'Hallong vous alpague, elle vous transforme.
Elle ne peut vous laisser indifférent.
Les gens du coin ont les pieds dans l'eau, la tête dans les nuages
et le cœur sur la main.
J'atteins maintenant le bout de la route du Vietnam qui se termine entre ces îles,
loin de la fureur de Saigon.
J'ai pris, je l'avoue, de sérieuses leçons de sérénité
dans ce dédale de rocs et de légendes.
Et pour le capitaine Diem, le chemin des parfums ne fait que commencer.
