Depuis les réserves du Mobilier national à Paris, le Garde-Meuble de la République où l'émission a installé ses quartiers, Stéphane Bern, entouré d'une équipe de reporters-chroniqueurs, dévoile les trésors et les coulisses du patrimoine et de ses institutions. VISITES PRIVÉES propose d'explorer une grande thématique, toujours foisonnante, pour découvrir autrement nos monuments, de revisiter le fonctionnement de nos institutions les plus prestigieuses, ou de révéler la face cachée de personnages illustres. Ces visites privées se feront grâce à des reportages spécialement tournés pour l'émission mais aussi en compagnie d’un invité, choisi par Stéphane pour partager avec nous son expertise sur le thème du jour.
Bonjour à toutes et à tous, heureux de vous retrouver pour cette nouvelle visite privée depuis le Mobilier National
qui s'annonce aujourd'hui, je vous le dis, le cœur palpitant, pleine de passion et de romantisme.
Vous l'aurez compris, nous allons nous intéresser à l'éros, à l'amour, dont Stendhal disait qu'il était le miracle de la civilisation.
Sculpté, filmé, photographié en verre, en prose ou en peinture,
le sentiment amoureux constitue depuis toujours la source d'inspiration première des artistes.
La passion de l'art, notre invité du jour, l'a chevillé au cœur.
Historien, critique d'art, auteur, réalisateur, son expertise est toujours à viser.
Bonjour Hector Robach, merci d'être avec nous.
Merci.
Je vous propose de marier tout de suite l'art et l'amour dans Visite privée.
L'hymne à l'amour, quand on n'a que l'amour, aimer à perdre la raison,
quelques notes de ces monuments de la chanson française suffisent à nous transporter instantanément dans un monde de passion.
Chanté et magnifié par les plus grands interprètes, l'amour figure incontestablement au cœur des plus belles créations de notre patrimoine.
Les hommes ont besoin d'attacher leur idéal à un être et cet idéal, ensuite, une fois qu'ils ont aimé quelqu'un,
ils ont besoin de le peindre, de le chanter et de le mettre dans des romans.
Donc c'est toute l'art. La vie artistique, elle a surtout existé pour chanter l'amour.
Des sentiments qui confinent au sublime et qui prennent souvent le visage d'amour déçu ou impossible
dans de nombreux chefs-d'oeuvre de notre littérature, de l'intemporel Tristan et Iseult,
à l'amant de Marguerite Duras en passant par le rouge et le noir de Stendhal ou le tragique Bérénice de Racine.
Toute la littérature française tourne autour de l'amour.
C'est d'ailleurs ce qui a fait notre réputation peut-être dans le monde entier.
C'est que les Français sont des amoureux. Ils sont amoureux de l'amour.
Et d'ailleurs, il y a une phrase de La Rochefoucauld qui dit
il y a des gens qui ne seraient jamais tombés amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour.
Toute une palette d'émotions exaltées qui s'expose bien sûr dans nos musées à travers les oeuvres d'artistes
tels que Fragonard, Picasso ou plus récemment Pierre et Gilles
qui tentèrent de donner corps aux sentiments amoureux et d'en faire ressentir toute l'intensité fiévreuse.
Et ils ont essayé finalement peut-être sur la toile d'immortaliser quelque chose qui justement n'allait pas durer.
Un mariage de l'art et de l'amour qu'incarne superbement l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
Créée en 1817, cet établissement prestigieux qui forma des artistes tels que Géricault ou Delacroix
fête cette année ses 200 ans et s'offre une seconde jeunesse avec un ambitieux programme de restauration.
Myri Paturel en a redécouvert pour nous les trésors.
C'est la partie la plus ancienne de l'Ecole des Beaux-Arts.
C'était la petite chapelle qu'avait créée la Reine Margot.
Et ici on chante ses louanges, on l'appelle donc la chapelle des louanges, les louanges de la Reine Margot.
Capitale des arts et de l'amour, Paris le fut tout particulièrement grâce à la Nouvelle-Athènes.
Aujourd'hui méconnue, ce quartier du 9e arrondissement de 20 au 19e siècle,
la terre d'élection des plus grands artistes et le coeur du mouvement romantique parisien.
Héloïse Mallet nous fera revivre l'effervescence créative de ce haut lieu de notre patrimoine culturel.
Ce portrait de Georges Sand, c'est en quelque sorte notre Joconde, notre Joconde romantique,
qui incarne véritablement la femme de l'Est, cette femme libre.
On a aussi tout un tas de souvenirs extrêmement émouvants de sa liaison avec son amour de toujours que fut Frédéric Chopin.
Un moulage de la main du grand pianiste.
Enfin nous reviendrons sur l'une des plus brûlantes et les plus bouleversantes histoires d'amour du monde de l'art.
Celle d'Auguste Rodin et de Camille Claudel.
Artistes de génie réunis par leur amour commun de la sculpture,
les deux amants terribles vécurent une passion créatrice incandescente et dévorante que retracera pour nous Florian Lissler.
Derrière ces personnages, l'homme de la maturité en l'occurrence, on peut y voir effectivement le portrait d'un Rodin.
Derrière cette femme effrayante, Rose Borel accompagne de Rodin qui l'emporte.
Et également cette jeune femme en pleine beauté qui implore l'homme qu'elle aime et qu'elle voit partir.
L'amour c'est tout un art.
Tout de suite dans Visite privée.
Je me suis rendu compte de ça.
On est tous un peu peintre quand on a 13 ans, 14 ans.
Très vite je me suis rendu compte que ma main...
J'improvise un moment je vous parle.
J'ai pas préparé ce que je vais vous dire.
J'espère.
Ça vient du cœur.
Moi aussi.
Ça vient du cœur.
Je me suis rendu compte que ma main allait moins vite que mon œil
et que j'étais bien plus fort pour voir ce qui était beau que pour le faire.
Et à ce moment-là on arrive à...
On se dit tiens, j'ai un talent particulier pour communiquer.
Et ça veut dire quoi communiquer le goût de l'art ?
Ça veut simplement dire faire en sorte que des gens qui se sentent étrangers à quelque chose en soient familiers.
Quitte à ce qu'ils n'aiment pas les œuvres.
Quitte à ce que...
D'ailleurs c'est fondamental de ne pas aimer les œuvres parce que c'est le seul moyen d'aimer les bonnes.
C'est-à-dire quitte en vérité à faire qu'ils forment leur propre jugement.
Est-ce que selon vous il y a une œuvre pour vous qui incarne l'amour ?
Non.
Ah, qui incarne l'amour ou qui incarne l'amour de l'art ?
Qui incarne l'amour ?
Oui, je vois un tableau qui est un coup de foudre.
Je crois que c'est Bacchus qui arrive sur l'île de Naxos avec son char, etc.
Il saute de son char de manière totalement improbable dans un tableau de Titien qui se trouve à la National Gallery.
Et c'est très rare que dans une peinture mythologique ce soit un moment très précis qui soit mis en valeur.
C'est très important.
La peinture est un art du temps.
Et plus l'instant est court, plus c'est magique.
Le contraire de la photographie.
Et ça, ça s'apprend dans les écoles.
S'il est une institution qui transmet avec passion cet amour de l'art, c'est bien l'École des Beaux-Arts de Paris.
Fondée il y a deux siècles, en 1817, cet établissement de renom qui a formé les plus grands artistes,
Delacroix ou Matisse, s'est offert une belle et grande cure de jouvence pour célébrer son bicentenaire.
On peut dire ça, hein Myrie ?
Exactement.
Et en vue de ce bicentenaire, effectivement, ils ont entrepris trois années de travaux de rénovation
parce que finalement, l'ambition du directeur, c'est d'ouvrir ce patrimoine à terme au public
à travers un parcours sur les traces des élèves d'autrefois.
Alors moi, j'ai eu la chance d'aller découvrir les merveilles qui se cachent entre la rue Bonaparte et le Quai Malacqué en avant-première.
Et vous allez voir que c'est un lieu où l'amour résonne depuis toujours et n'a cessé d'inspirer les artistes.
Eh bien, je vous suis tout de suite. Pénétrons sans plus attendre, chère Myrie, dans ce haut lieu de l'art et de l'amour.
Depuis 200 ans convergent ici les amoureux de l'art pour étudier et produire.
Parmi les plus célèbres élèves, Auguste Renoir, Bernard Buffet, Claude Monet ou Henri Matisse.
Et ici, la jeune garde en plein travail.
Mais les Beaux-Arts sont bien plus qu'une école, un fonds d'archives de plus de 450 000 œuvres,
de somptueux bâtiments placés sur plus de deux hectares.
Un lieu incontournable de l'amour dans l'art et pour l'art.
A Paris, l'école des Beaux-Arts se trouve sur la rive gauche de la Seine, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
L'ensemble de ces bâtiments est classé Monument historique et il vient de bénéficier d'une rénovation exceptionnelle.
Bonjour Emmanuel Schwartz.
Alors nous sommes ici dans cette superbe cour vitrée.
C'était l'ancien palais des études.
C'est le centre de l'école des Beaux-Arts telle qu'elle a été conçue dans les années 1820-1830.
Il y avait ici des quantités de moulages en plâtre,
des grandes colonnes romaines qui allaient jusqu'à la verrière.
C'est à la fois un cortile à l'italienne mais couvert et en même temps vous avez partout des moulages dans les arcades supérieurs.
Vous avez des copies de Raphaël qu'on voit difficilement dans les galeries.
Et vous avez toute la cour qui est couverte à la fois d'inscriptions dorées avec les artistes de tous les temps,
le portrait des mécènes, on voit le pape, on voit François 1er.
Donc l'école est à la fois une école et un musée.
Et c'est en traversant cette cour que l'on accède au lieu le plus prestigieux de l'école des Beaux-Arts.
Vous entrez dans l'amphithéâtre d'honneur qu'on appelle aussi amphithéâtre de Delaroche.
Donc c'est le cœur historique de l'institution.
C'est le cœur administratif, historique, pictural, dramatique, humain, etc.
Tout a eu lieu ici.
La fonction même du lieu, comme ça se voit dans la représentation, dans la peinture qui est ici,
c'est le moment où l'on décerne le prix de Rome.
C'est la cérémonie des prix de Rome.
Le prix de Rome était le grand concours des Beaux-Arts.
Il permettait à l'étudiant qui le remportait de devenir pensionnaire de la Villa Medicis de Rome.
Un prix remis dans cette salle de l'hémicycle,
œuvre de l'architecte Félix Vauban, ornée d'une peinture spectaculaire de Paul Delaroche.
Elles représentent les artistes de tous les temps accueillant le Grand Prix,
le lauréat du Grand Prix de Rome parmi eux.
Donc ici vous avez les Flamands, par exemple Rubens et Rembrandt.
Ici vous avez les Italiens, essentiellement Michel-Ange, Raphael ou Léonard.
Et au milieu, vous avez rejeté un peu dans quelque chose d'imaginaire,
les trois artistes antiques, Appel, Fidias et Ictinos.
Et alors au milieu on a des figures féminines.
Les artistes qui étaient supposés étudier la beauté à travers les canons masculins,
mais surtout les femmes.
Donc tous les prétextes étaient bons pour mettre des femmes.
Delaroche a placé en plein milieu cinq femmes,
qui sont les allégories des arts antiques et modernes.
Et puis surtout, la jeune femme au milieu, elle est théoriquement la divinité de la renommée.
Donc elle tend la couronne de laurier au nouveau lauréat.
Celle qui l'incarne, c'est un modèle qui fut immensément célèbre en son temps.
Elle s'appelait Joséphine Marix.
Elle était devenue le modèle préféré d'une génération.
Pendant longtemps au Beaux-Arts, les femmes ne sont que des modèles.
C'est seulement en 1897 que la première femme entrera ici comme artiste.
Pourtant, ironie de l'histoire, bien avant que l'école n'existe,
c'est une femme qui est à l'origine des lieux.
Au début du XVIIe siècle, Marguerite de Navarre, la reine Marco,
fait construire ici la chapelle des petits Augustins.
Aujourd'hui intégrée à l'école,
elle abrite des copies d'œuvres majeures françaises et italiennes,
et notamment ce somptueux Jugement dernier de Michel-Ange.
Au fond, je découvre une chapelle dans la chapelle.
C'est la partie la plus ancienne de l'école des Beaux-Arts.
C'est la première chapelle à coupoles de Paris, la plus ancienne.
On faisait à l'entour de 1607, c'est par là.
Ayant eu beaucoup d'amants, l'âge avançant,
la reine Margot, prise de remords, décide de créer une petite chapelle
parce qu'elle avait vu tellement de ses amants tués
qu'elle s'est dit, je vais me retirer légèrement en dehors de Paris.
On était un petit peu en dehors de Paris, ici,
et elle s'installe ici, et ici, on chante ses louanges.
On l'appelle donc la chapelle des louanges,
les louanges de la reine Margot.
Et le destin de cette chapelle est lié à l'amour,
puisque même à l'extérieur, on trouve les traces d'une autre romance.
Ce que nous apprend ce petit monument qui est ici,
uniquement la façade qui a été plaquée sur une église inachevée,
ce qu'elle nous apprend, c'est l'histoire de Diane de Poitiers.
Elle a pris un amant qui se trouve être le fils de François 1er,
donc celui qui allait être Henri II.
Et on trouve un peu partout, donc,
les souvenirs de l'amour de Henri II et de Diane de Poitiers,
les monogrammes H de Henri II,
entrelacés dans des D, Diane de Poitiers.
Donc ces monogrammes sont le symbole de leur histoire d'amour.
C'est autour de cette chapelle aux histoires d'amour
que l'ensemble des bâtiments de l'école des Beaux-Arts
se construit à partir de 1817.
Le bâtiment des loges et le palais des études,
sur le quai Malaquais face au Louvre,
celui des expositions.
Puis en 1883, l'hôtel de Chimay est annexé à l'école.
Ici, un professeur a marqué les lieux,
c'est l'un des peintres les plus cotés du XIXe siècle,
Jean-Auguste Dominique Ingres.
Aujourd'hui encore, il est partout,
car ses œuvres sont des modèles pour tous.
Ingres était un grand artiste
et il est capable de tirer parti d'un sujet,
d'une histoire, d'une forme stylistique
pour exprimer quelque chose.
C'est aussi l'un des spécialistes de l'amour et des sentiments
et c'est ce que je découvre sur cette scène,
inspirée de l'Iliade, d'Homère.
Les vraies relations entre Achille et les autres,
c'est qu'ils sont amants.
Ici, en parlant d'amants,
tous ces corps masculins sont superbes, sublimés.
Ils sont sublimés parce qu'ils imitent des statues antiques.
C'est à 21 ans que Ingres décroche le prix de Rome pour ce tableau.
L'école a toujours en sa possession
une belle collection des œuvres de l'artiste,
comme le fameux Romulus, vainqueur d'Acon,
qui vient de réintégrer les lieux
après plusieurs années passées au Louvre.
Mais la plupart sont entreposés
dans des archives inaccessibles au public.
Depuis sa création, l'École des Beaux-Arts
possède un immense patrimoine
légué par les Académies royales et les élèves.
Je suis ici dans la salle des collections
dont les chiffres donnent le vertige.
2 000 teintures, 70 000 photographies, 20 000 dessins,
et à partir de ces fonds,
des expositions sont organisées chaque année.
Et cette année, l'école a choisi
de mettre en lumière les dessins de Ingres,
et notamment ses nus féminins.
Vous avez ici une représentation d'une femme nue
qui renouvelle complètement la beauté féminine,
sensuelle et idéale,
telle que Ingres va l'imposer
dans cette seconde moitié du XIXe siècle.
Donc là, on voit que sur ce dessin,
il y a une très grande sensualité.
Est-ce qu'on peut dire qu'il a contribué
à changer l'image de la femme ?
Bien sûr, Ingres renouvelle l'image de la femme
en l'idéalisant,
en lui donnant un caractère très sensuel.
On voit notamment que les jambes
sont beaucoup plus longues que le reste du corps,
ce qui en donne évidemment toute la sensualité,
avec ce goût pour les courbes et les contre-courbes
d'une très grande beauté.
Donc il sublimait la femme.
Tout à fait.
Cette sensualité a traversé l'œuvre de Ingres.
On la retrouve notamment dans sa célèbre grande odalisque.
Ingres était un portraitiste hors pair,
et son premier modèle est sa propre femme.
Vous la voyez dans un portrait tout à fait intimiste.
On sent qu'il la saisit au moment
où elle se livrait à ses travaux de couture,
puisque c'est son métier, elle est modiste.
On ressent presque l'amour à travers ce dessin.
Tout à fait.
Ils s'entendaient très bien.
Et on sent en effet, là, il souhaite la saisir
dans cet instant finalement
où elle est concentrée sur son travail.
Et au sein de l'École des Beaux-Arts,
il y a toujours un attrait pour le dessin
de la part des élèves aujourd'hui ?
Énormément.
Et on le pratique différemment de l'époque d'Ingres.
Aujourd'hui, le dessin n'est pas forcément préparatoire
pour une toile ou une sculpture.
Aujourd'hui, le dessin peut être conçu pour lui-même.
Et d'ailleurs, ces jeunes étudiants
s'attaquent souvent à des grands formats.
C'est devenu un art à part entière.
Un art tout à fait à part entière.
L'un d'entre eux s'appelle Damien Moulierac.
Il est étudiant en 6e année.
Je suis donc allée à la rencontre
de cet amoureux du dessin.
Alors, on m'a dit que tu étais très attaché au dessin.
Pourquoi tu as choisi cet art ?
Ce qui m'intéresse, c'est la simplicité des moyens techniques.
C'est-à-dire qu'on a besoin d'un crayon et d'un papier.
Et en même temps, c'est un médium
qui permet tous les possibles.
Dans la lignée de Ingres,
le nu est très présent dans le travail de Damien.
Il aime érotiser les corps
et portraitiser les femmes.
C'est vraiment le regard que je peux avoir sur la femme,
l'amour que je porte envers la femme
et qui sent un peu une projection de moi-même,
de ma proféminité.
Et comment tu expliquerais que l'amour
inspire autant les artistes ?
Déjà, pour faire le travail qu'on fait,
il faut forcément être amoureux
parce que c'est une vraie dévotion aveugle
qu'on a quand on a une pratique artistique.
C'est-à-dire qu'on est vraiment dévoué à ce qu'on fait.
On y passe des heures, des jours, des nuits.
Et oui, c'est une sorte d'amour.
S'il n'y a pas d'amour, il n'y a pas d'art.
Oui, c'est sûr.
Puisqu'on n'est pas tous les jours
face à un artiste des beaux-arts
et à défaut de poser nu,
j'ai mis Damien au défi
de croquer mon portrait en quelques minutes.
Alors, vous êtes flattée par le portrait ?
Je suis flattée parce que Damien
est quand même un grand artiste.
Ce qui m'a plu chez Damien,
c'est qu'il est clairement dans la lignée de Ingres.
Certes, on est au XXIe siècle
avec des nus beaucoup plus modernes.
Mais il m'a confié qu'Ingres
avait toujours fait partie de ceux
qui l'ont inspiré puisqu'il vient lui-même
de Montauban, la ville natale de Ingres.
Et que lorsqu'il était petit,
le seul musée dans lequel il allait,
c'était le musée Ingres.
Les dessins de Ingres et ses peintures
lui ont donné le goût
de l'amour de l'art.
Ce qui est incroyable,
c'est cette école des beaux-arts à Paris
qui est à la fois une école
et en même temps un conservatoire.
C'est-à-dire un musée.
Ça tend à devenir
de plus en plus un musée.
On en est où du programme
de rénovation ?
Ça a très bien avancé.
Il y a eu plus de 3 ans de travaux.
Tout n'est pas totalement achevé,
notamment les extérieurs.
Ils sont encore en train de paver la cour
et de travailler sur la fameuse et superbe
cour des Muriers avec ses arcades,
ses petites fontaines qui accueillent
tous les moulages du Parthénon.
Il faudra attendre encore quelques mois
mais ça vient et c'est absolument super.
C'est financé comment ?
Vous pensez bien que ces rénovations
ont eu un coût colossal.
L'État contribue
à 11 millions d'euros chaque année
mais ça ne suffit pas
parce que vous pensez bien que c'est énorme.
L'école compte sur les tickets d'entrée
aux expositions mais ouvre aussi
ses espaces à la location comme cette
superbe cour vitrée qui devient
souvent l'espace pour les défilés de mode.
Je suis très étonné par votre reportage
parce que je connais très bien l'École des Beaux-Arts
et je découvre certaines images
où c'était un bordel ahurissant
avant notamment la chapelle.
L'Arène Margot, magnifique endroit.
Je vous conseille d'y retourner.
Il y a plein de choses à visiter.
Tout ça se visite ?
On peut déjà visiter les expositions
notamment celle des dessins de Ingres
qui se termine fin avril
mais bientôt, ce n'est pas encore prêt
mais ils vont vraiment installer un parcours
dans lequel on passera par l'amphithéâtre d'honneur
sur les traces des étudiants d'autrefois.
J'ai vu Hector
que vous étiez très intéressé
par les oeuvres d'Ingres
que Myri nous a présentées.
En fait, il y a deux sortes de dessins.
Il y a 500 dessins dans l'oeuvre d'Ingres
qui fait en gros 10 000 dessins.
Dans les 10 000 dessins, vous avez 400, 450
qui sont des portraits de gens
comme vous, comme moi, des vrais gens.
Et tous les autres sont des études de nus.
C'est intéressant la différence.
Dans un cas, le modèle est un idéal
donc n'a aucun intérêt. Dans l'autre cas,
le modèle a une personnalité
et les dessins sont à mon avis encore plus beaux.
Quand une jeune fille
posait nue pour un artiste
elle ne donnait que son corps à voir.
Le visage l'intéressait plus.
Et pourquoi il n'aurait pas fait
un petit effort sur le visage ?
C'est toute la différence qu'il y a
entre Degas et Toulouse-Lautrec.
Degas est un peintre
extraordinairement
génial
et a un talent énorme.
Et Toulouse-Lautrec, lui, peut-être qu'il en a moins
peut-être qu'il imite un peu
Degas, mais il donne une personnalité
incroyable à ses personnages dont on sent
l'origine sociale. Alors que les danseuses
de Degas, c'est juste des visages.
Et Michel-Ange alors ?
Michel-Ange n'aimait pas les femmes.
Quand tout à coup il y a une femme
il y a des seins, l'un là, l'autre là.
C'est pas possible.
Par contre, le sexe masculin
est bien placé.
Michel-Ange
renouvelle le nu masculin
de façon extraordinaire.
Mais j'ai appris aussi au Beaux-Arts que le nu
académique est masculin.
Il faut attendre le XIXe siècle
pour que les visages
pour que les corps soient féminins, sinon
ce sont des hommes avec
un attribut ici et pas d'attribut
là. Restons
à Paris, si vous le voulez bien, pour découvrir
un petit quartier méconnu et pourtant
indissociable de notre
patrimoine amoureux. C'est un quartier que
j'aime particulièrement.
Évidemment, c'est la Nouvelle-Athènes.
Nichée au cœur du 9e arrondissement
cet ensemble de rues jalonnées
et de superbes hôtels particuliers
de style néoclassique est
devenu au XIXe siècle
le fief des plus grands
artistes du mouvement romantique
et le siège d'une nouvelle république
des arts et des lettres. On peut dire ça,
n'est-ce pas Héloïse ? Tout à fait Stéphane. Ce quartier
a été façonné par l'élite intellectuelle
et artistique et par l'avis de Bohème
qui y régnait. Cette Nouvelle-Athènes
a connu son âge d'or entre 1820
et 1860 car vous allez le voir
son histoire est intimement
liée au romantisme. Je vous propose
d'aller visiter, c'est vraiment
une visite privée du 9e arrondissement
de la Nouvelle-Athènes, berceau
du romantisme.
Dès le début du XIXe
siècle, Paris devient la capitale
des arts et son cœur prend racine
ici dans un îlot du 9e arrondissement
situé entre les grands magasins
et la butte Montmartre.
Alexandre Dumas, Georges Sand,
Frédéric Chopin, Eugène Delacroix,
les artistes les plus célèbres
du mouvement romantique
emménagent tous dans ce quartier surnommé
la Nouvelle-Athènes. Retour
sur ce haut lieu de notre patrimoine
pourtant très méconnu aujourd'hui.
Ce nouveau faubourg
a été le creuset
de l'art romantique parisien.
C'est ici dans ces hôtels
particuliers des rues de la Nouvelle-Athènes
que les plus belles peintures,
les plus grandes œuvres musicales
et littéraires du romantisme
ont été réalisées.
J'ai rendez-vous
avec une guide pour en savoir
un peu plus sur l'origine de ce quartier.
C'est d'ici
que tout est parti ?
Absolument, c'est ici le berceau
d'un quartier qui s'est appelé la Nouvelle-Athènes.
Le premier lotissement du quartier
qui a été réalisé
dans les années 1820.
Les premiers habitants de ce lotissement
ont été
des acteurs
de la comédie française.
Baptisé ainsi
en raison de son style architectural
néoclassique inspiré de l'antiquité,
le lotissement acquiert
une telle notoriété
que tout le quartier est alors surnommé
la Nouvelle-Athènes.
C'était la ville bohème, il y avait énormément
d'artistes et il y avait également
les Laurettes.
Les Laurettes, c'était ces petites femmes de Paris.
Savez-vous pourquoi on les appelait
les Laurettes ? Pas du tout.
Parce qu'à cette époque-là,
on était en train de construire
l'église Notre-Dame de Laurette.
Et ces petites femmes
tapinaient autour de l'église.
Alors du coup, on leur a collé l'étiquette
les Laurettes.
Ces Laurettes qui côtoyaient les artistes,
elles les ont inspirées aussi ?
Elles les ont inspirées beaucoup.
Notamment
Gavarny dont nous pouvons voir ici
le buste. Il habitait aussi le quartier.
Il s'est mis à les dessiner.
C'était des dessins dans le genre
des dessins humoristiques.
C'est joli d'ailleurs, ce n'était pas des caricatures.
Je vais vous montrer
un immeuble où a
habité une Laurette
qui a réussi. Cette
célèbre courtisane, elle a fini par
épouser un marquis,
le marquis de Païva.
Alors la Païva n'avait que
des clients richissimes.
Elle se faisait payer tellement cher
qu'on disait
la Païva qui paye y va.
C'est dans cet immeuble fastueux
typique de l'époque romantique
qu'a vécu la demi mondaine.
Le décor
est extrêmement riche.
Il se réfère
à l'époque renaissance.
Nous voyons dans les niches
rondes des personnages de l'antiquité.
Diane à droite
et Apollon à gauche.
A partir de
1830, la Nouvelle-Athènes
s'impose comme le QG de l'élite
intellectuelle et artistique.
Son histoire se confond dès lors
avec celle du romantisme.
Aline, sous ce porche
se trouve le square d'Orléans.
C'est une résidence très cossue et très privée.
Nous n'avons pas été autorisés à y filmer.
Il y a beaucoup de célébrités qui y vivent
mais à l'époque aussi, les artistes
les plus célèbres y résidaient.
Il y a surtout un couple emblématique
du romantisme, Georges Sand
et Frédéric Chopin.
Ils sont venus s'installer ici
au square d'Orléans en 1842.
C'était une histoire d'amour
assez tumultueuse, il faut dire.
Chopin s'est installé au numéro 9
tandis que
Georges Sandel a emménagé
dans le bâtiment d'en face
au numéro 5.
Ils vivaient en communauté
avec leurs voisins.
Il y avait un compositeur,
une cantatrice, un sculpteur, une ballerine
et ils prenaient même
leur repas ensemble.
Ils avaient décidé de faire Pocoma.
Il y avait donc tout un petit monde
artistique qui gravitait
autour de ce square d'Orléans.
Au bout de cet impasse très bucolique
a vécu le grand ami du couple
Georges Sand et Frédéric Chopin.
Le peintre hollandais Harry Schaeffer
a reçu chez lui la crème
du romantisme, à tel point qu'aujourd'hui
sa demeure abrite le musée
de la vie romantique.
Bonjour, bienvenue.
Merci, mais c'est un lieu fascinant.
C'est un havre de paix dans le quartier.
Exactement, c'est un lieu caractéristique
de ce Paris romantique.
On en subiste malheureusement bien peu aujourd'hui.
Vous me faites visiter ?
Je vous en prie.
Alors nous sommes ici dans les appartements
du maître des lieux Harry Schaeffer.
C'était lui ? En portrait, exactement.
Il a l'air un peu sévère.
C'est peut-être son métier de professeur de dessin
qui déteint sur lui en effet.
Très cultivé et polyglotte,
le peintre enseigne les arts plastiques
à des élèves prestigieux,
parmi lesquels les enfants du futur roi Louis-Philippe,
comme la princesse Louise d'Orléans.
Harry Schaeffer est vraiment une figure importante du romantisme.
Il est de son vivant aussi célèbre
que l'est un peintre comme Eugène Delacroix.
Harry Schaeffer est romantique
dans ses thèmes, mais aussi dans sa manière de peindre.
C'est ce que l'on voit très bien
avec ce portrait inachevé
de Marie-Amélie, reine des Français en deuil,
la femme de Louis-Philippe.
C'est une peinture extrêmement sensible.
C'est une peinture qui laisse apparaître le coup de pinceau
qui permet aussi de montrer véritablement
la virtuosité du peintre.
Le musée a recréé
toute la magie d'un salon du 19ème siècle
dans lequel il célèbre
notre icône romantique,
l'illustre romancière Georges Sand.
Ce portrait de Georges Sand
c'est en quelque sorte
notre joconde romantique
qui incarne véritablement
la femme de l'Ève, cette femme libre.
Georges Sand était une femme
qui a été une grande amoureuse
et qui a été courtisée par toute l'intelligentsia
littéraire du temps.
On a aussi tout un tas de souvenirs extrêmement émouvants
de sa liaison avec son amour
de toujours que fut Frédéric Chopin,
un moulage de la main
du grand pianiste,
aussi un moulage du bras de Georges Sand.
Le conservateur
me fait ensuite visiter un lieu
inaccessible au public,
l'atelier salon où le peintre
a reçu tout le gotha romantique.
Alexandre Dumas
peut être là, avoir l'idée d'une pièce de théâtre
ou d'un roman, ça devient un tableau
pour Harry Schaeffer ou pour Delacroix,
ça peut devenir un opéra pour Berlioz.
Ces salons sont véritablement le foyer d'inspiration
du romantisme.
On peut imaginer que Chopin a joué sur ce piano ?
Pas sur ce piano directement,
mais il faut imaginer qu'au cours
de ces rencontres hebdomadaires,
Chopin, Liszt sont venus
jouer ici.
Ces grandes figures
de notre histoire culturelle
sont des personnes qui sont aujourd'hui des monuments,
mais à l'époque, ils avaient 30 ans
et ils venaient faire la fête les uns chez les autres.
En 1850,
la mouvance romantique
commence à s'essouffler,
mais un jeune peintre revendique cette esthétique
et choisit à son tour
de s'installer au cœur de la Nouvelle-Athènes.
L'hôtel particulier
de Gustave Moreau est un bijou,
témoin de l'art de vivre
et de l'art de peindre.
Là, nous rentrons
dans la chambre du peintre,
qui est un lieu de mémoire à sa famille.
Vous avez ici son portrait,
celui de sa mère,
de son père,
cette intimité de Gustave Moreau
qui est préservée jusqu'à aujourd'hui.
C'est la volonté de l'artiste
lui-même, ça n'est pas
une reconstitution, a posteriori,
le musée est sa dernière oeuvre.
400 aquarelles,
1300 peintures et 14 000 dessins.
Cette collection,
exposée dans les anciens ateliers
du maître du symbolisme,
témoigne de son style unique
et de ses influences.
Au début de sa carrière,
il a été un artiste romantique
par l'inspiration, il s'est beaucoup inspiré
de Shakespeare et par ses amitiés
de la croix qu'il va copier
et surtout Chassériau,
notamment dans la physionomie
des personnages. Dans cette peinture,
vous voyez que Darius a cette grâce
créole qui était la caractéristique
de son ami.
C'est une peinture tout en fanfare
et tout en mouvement.
Comme le souhaitait Gustave Moreau,
ces ateliers dans lesquels je me trouve
sont restés des lieux vivants qui attirent
toujours les amateurs d'art et les artistes.
C'est dans ce cadre
très grandiose et romantique
que j'ai rendez-vous pour un petit cours
particulier de dessin.
Sophie, vous avez trouvé
l'atelier idéal.
Est-ce que vous vous considérez comme une artiste romantique ?
Je ne me revendiquerai pas
du mouvement romantique,
ce serait très présomptueux de ma part,
mais en tout cas, c'est une dimension
que j'aime mettre dans mon travail.
C'est vrai que quand on vient
dans ce musée, on s'immerge
dans cette
ambiance et cette pensée
et ce sentiment romantique.
On parle beaucoup de sentiments
dans le romantisme.
Je m'inspire d'un dessin de Salomé.
Cela me permet
de retravailler ma technique
et m'ouvrir
des perspectives.
Le musée vient me réoxygéner
ma pratique.
Sophie, j'aimerais dessiner
comme une vraie artiste romantique.
Est-ce que vous avez une astuce technique ?
C'est plutôt dans le coup de crayon.
On va travailler
à donner une émotion
particulière à son trait.
Plus on éloigne la main
de la pointe, plus on va avoir
une certaine souplesse possible
puisqu'en décollant le bras
du corps,
on va pouvoir donner
un trait un peu
poudreux, évanescent,
dans l'idée romantique.
Merci pour cette leçon de dessin
et de romantisme.
Je crois que j'ai encore un petit peu de travail.
Croquer l'amour
comme un romantique,
c'est vraiment tout un art.
N'est-ce pas Stéphane ?
Ce n'est pas si mal.
C'est pas mal, bravo.
Il y a une expression,
une sincérité.
Ça ne passe pas par le recopiage d'autre chose.
Vous êtes fatiguée d'essayer
de choper le sourire.
C'est très joli ce qu'elle a fait.
Elle vous l'a signé quand même.
À mon avis, elle ira loin.
C'est magnifique.
Surtout qu'elle mixe deux œuvres.
Elle ne fait pas de la pure copie.
Reprenons sur cette
Nouvelle Athènes qui, au fond,
c'était la Nouvelle République des Lettres
puisqu'il a été urbanisé à partir
des années 1820.
Son heure de gloire a été
autour de 1840-1850.
Pourquoi on l'appelle la Nouvelle Athènes ?
Pour plusieurs raisons.
D'abord, en référence au style
architectural qui s'inspire de l'Antiquité.
D'autre part, avec ce très joli
nom de Nouvelle Athènes, les promoteurs
immobiliers souhaitent attirer
du beau monde dans ce nouveau quartier.
Ça fonctionne parce que la Grèce
qui est en pleine guerre d'indépendance
en 1821 est très à la mode
chez les artistes. Cette grécomanie
ambiante va contribuer
au succès de la Nouvelle Athènes.
Quand on se promène dans les rues de la Nouvelle Athènes,
il y a partout des écriteaux
qui rappellent. Ici a vécu
Delacroix, ici a vécu
Bizet a créé Carmen.
Ce qui est sympa dans ce quartier aussi,
c'est que c'est un quartier très vivant.
Aujourd'hui, il y a plein de bars, de restaurants,
tout en ayant ce décor.
Vous savez comment ils l'ont appelé ? Ils ont arrêté
de l'appeler la Nouvelle Athènes. Ils l'appellent
Sopie, South Pigalle.
D'abord parce qu'en référence
à Soho comme à New York
ou comme à Londres. Ce qui est
incroyable aussi, d'ailleurs, si vous voulez voir une vue
comme à Nouvelle Athènes, vous êtes rue
rue Lafitte, côté 9e.
Vous avez Notre-Dame de Lorette
dans la perspective de la rue des Martyrs
qui monte jusqu'au
Sacré-Cœur et vous avez l'impression
d'être au pied de Kolonaki à Athènes
et de voir... Et c'est une vue
qu'on voit beaucoup dans les films.
Oui, à chaque fois que les Cisestes américains
vont à Paris, ils cherchent une vue qui puisse traverser
Paris et plusieurs quartiers sans avoir
besoin d'hélicoptère. On voit très souvent
ce plan sur la rue Lafitte, comme vous dites,
à partir du boulevard des Italiens.
Mais c'est vrai que c'est le quartier de Paris
le plus romantique. Les gens pensent
toujours que c'est sur les bords de Seine. Non,
c'est le quartier des romantiques. Ils étaient tous
là. Les romantiques historiques,
c'est le quartier le plus 19e siècle.
Exactement, il est tout à fait
19e. En tout cas, vous m'avez donné envie
d'y rester parce qu'à un moment, je me suis dit
tiens, je vais peut-être déménager, mais là,
vraiment, vous m'avez donné envie et puis vous portez
un prénom qui, évidemment, était très à la mode
au 19e siècle. Et d'ailleurs, il y a une façade
où il y a Héloïse et Abélard, rue Notre-Dame
de Lorette,
ils sont gravés, enfin gravés,
ils sont en bas. En fait, c'est le 19e siècle avant
Haussmann, avant les grandes travées
haussmanniennes. Vous savez, c'est pas en pierre
de taille, c'est en pierre de Paris.
Les immeubles sont en pierre de Paris et pas en pierre de taille.
Et ce qu'il faut faire absolument, pardon,
vous avez ce conseil, mais je le donne aux téléspectateurs,
il faut remonter la rue Notre-Dame de Lorette
en levant les yeux sur chaque
immeuble parce que chaque façade
nous raconte une histoire. Exactement, c'est vrai.
Ça devait être le bijou de Paris
à la fois de modernité
du 19e siècle avant
le grand Paris de Raoul Haussmann.
Eh bien, revenons pour finir
sur une incroyable histoire d'amour
et de création aux accents de
tragédie grecque, celle d'Auguste
Rodin et de Camille Claudel.
Figure majeure de la sculpture,
ces deux artistes de génie vécurent
une romance passionnée qui
nourrit leur oeuvre respective mais
finit aussi par consommer Camille Claudel.
Oui, je crois qu'elle a aussi
consommé Rodin.
C'est Camille,
Camille Claudel à cause des
films. Oui, à cause des films et justement
c'est pour ça que le sujet risque, potentiellement,
on m'a prévenu au musée Rodin,
d'énerver, on risque de devoir
quelques courriers parce qu'on a cette
vision, cette idée un peu reçue que Rodin
dans l'histoire c'est le méchant, Camille Claudel
c'est la victime. C'est même pas que c'est plus simple
ou que c'est l'inverse, c'est une histoire d'amour très passionnelle.
Il n'y a pas vraiment de gentil, il n'y a pas vraiment de méchant.
Si vous avez déjà été amoureux, vous savez que c'est rarement
simple. Les temps sont partagés.
C'est ça, on va dire ça.
C'est un peu comme entre
Chopin et Georges Sand
ou Musset et Georges Sand.
Ce sont les amants d'un siècle.
Quand vous dites tragédie grecque, il y a effectivement
de ça. On a cette idée reçue
qu'il a accaparé son oeuvre.
Tu verras. Écoutez,
on va tordre le coup si je puis dire
à certaines légendes.
Revivant, si vous le voulez bien, la passion tumultueuse
et créatrice de ce couple
légendaire Camille Claudel et
Auguste Rodin.
La valse, c'est l'une
des oeuvres majeures de Camille
Claudel. Ces deux personnages
emportés par leur passion, par leur
amour qui ne font presque plus qu'un.
Voilà un peu résumé son histoire
avec Auguste Rodin. Mais attention,
ces deux danseurs sont
aussi sur le point de perdre l'équilibre.
Auguste Rodin.
On connaît son penseur.
Voilà l'homme.
Au début des années 1880,
il est déjà un sculpteur reconnu.
En route vers la gloire, il réalise
ses premières commandes pour l'Etat.
Pour mieux le connaître, je me rends au musée
qui porte son nom à Paris.
Et devant ses sculptures, je remarque
qu'il y a une thématique plutôt récurrente.
C'est quand même assez chaud.
Alors, c'est Rodin.
La figure humaine, ça constitue
un peu l'épine dorsale de tout son art,
de tout son travail. Il s'intéresse
principalement à ses corps,
aux modelés.
Ce sont des thèmes récurrents,
plein de sensualités, mais c'est purement Rodin.
Une sensualité qui franchit
la porte de son atelier en 1882.
Sous les traits d'une jeune élève,
Camille Claudel.
Rodin tombe sous le charme
de ses grands yeux clairs.
18 ans et déjà très talentueuse,
une acharnée du travail.
Les deux artistes se rapprochent,
sculptent ensemble.
Camille devient la muse,
puis l'amante de Rodin.
Dans l'atelier, ils sont comme en symbiose.
On sent d'ailleurs l'influence du maître
dans les sculptures de la jeune élève.
C'est une oeuvre qui montre
une touche un peu virile quand même,
un traitement très dynamique, accentué
forcément par l'oblique, mais regardez le dos,
notamment de la jeune femme, c'est une oeuvre
à la fois très sensuelle, mais avec un traitement
quand même très athlétique du corps féminin.
Et ce traitement assez viril, c'est une
caractéristique de Rodin.
Oui, c'est une façon de traiter
le modeler, d'appréhender
les formes et de rendre expressive
la matière, si vous voulez.
De la même façon, est-ce qu'on sent dans des œuvres
de Rodin l'influence de Camille Claudel ?
Ce n'est pas comme ça qu'il faut
véritablement se poser la question.
On ne dira jamais assez à quel point
l'évolution de la production artistique
de Rodin est redevable à leur histoire.
Plus libre, Rodin
va s'autoriser une exploration
du corps féminin avec
beaucoup d'audace, sans limite.
Et c'est là qu'il faut plutôt chercher.
Pas dans une technique en fait ?
Non, plutôt dans un concept en général.
Ça par exemple, c'est typiquement une œuvre
que Rodin réalise dans cette veine
où libéré,
affranchi,
il s'autorise cette représentation
très suggestive du corps féminin.
Camille Claudel sait être compris.
Toujours, disait Rodin.
Il la consulte sur tout.
Elle lui devient indispensable.
Elle le fascine, le subjugue.
Et la jeune fille,
de 24 ans sa cadette,
se régale d'être aimée par celui qui est son modèle.
Se régale de plaire
à un sculpteur aussi célèbre.
Mais cette relation ne s'exprime pas
que dans la sculpture.
C'est aussi des mots, des lettres
qui se sont échangées, qui sont conservées
ici au musée, qui ne sont pas exposées au public.
Ces lettres, les voilà.
Alors qu'est-ce qu'elles nous révèlent sur leurs relations ?
Elles nous racontent un peu leur histoire.
On a un peu moins d'une quinzaine de lettres
envoyées par Camille Claudel
à Auguste Rodin.
Et 4 ou 5 à peine
de Rodin lui-même.
Cette lettre est un véritable cri d'amour.
C'est une lettre qu'il adresse
à Camille Claudel vers 1886.
Elle est incroyable
parce qu'il commence par le tutoiement,
passe au vouvoiement.
Il l'écrit dans une syntaxe complètement impure
avec des fautes d'orthographe.
Elle est pratiquement illisible.
Il lui crie toute sa détresse.
Il dit que la folie le guette et que ce sera son oeuvre.
Il lui dit, et pourtant je t'aime
avec fureur.
Il est bouleversé
par cette rencontre.
Comment elle est dans ces lettres ?
Camille Claudel est beaucoup plus dans la retenue.
D'abord elle vous voit, Rodin,
elle l'appelle monsieur.
Le seul exemple que l'on ait qui témoigne
véritablement de leurs relations intimes,
c'est cette lettre qu'elle écrit du château de Lilette
à l'été 1891
où elle attend Rodin.
Je me suis promenée dans le parc.
Tout est tondu,
foin, blé, avoine.
On peut faire le tour partout, c'est charmant.
Si vous êtes gentil,
à tenir votre promesse, nous connaîtrons le paradis.
Le paradis.
Ce château au bord de l'Imbre,
le couple y vient
à partir de 1890.
Bonjour monsieur Michaud.
Bonjour monsieur.
Merci de nous accueillir chez vous dans ce château.
Je suis ravi de vous recevoir.
Un château justement qui a aussi accueilli
Auguste Rodin et Camille Claudel.
Qu'est-ce qu'ils venaient chercher ici ?
Je crois qu'ils venaient surtout y abriter
leurs amours, loin de Paris.
Les propriétaires à l'époque louaient des chambres
et on sait que Rodin louait
plusieurs pièces à cet étage.
Et si on est dans cette pièce,
c'est parce qu'ils ne viennent pas que se reposer ?
Non.
On sait bien que les deux sculpteurs ne peuvent s'empêcher
d'exercer leur art et évidemment ils sculptent
aussi à Lilette.
Ils l'auraient fait dans cette pièce.
On pense que c'est cette grande pièce
servait d'atelier aux deux sculpteurs.
Rodin travaille notamment
à l'une de ses œuvres majeures, son balzac.
Pour cela il fait poser nu
pendant des heures un conducteur
de diligence du village,
qui selon lui serait le sosie de l'écrivain.
Le couple loge dans l'une des deux tours
du château.
Ici la nature les inspire.
Les journées d'été sont passées au bord de la rivière.
On imagine Rodin
amusé par l'espièglerie de Camille Claudel.
La jeune fille a beaucoup d'humour.
Comme en témoignent
ses réponses au questionnaire de Proust.
Ses qualités favorites chez un homme ?
Obéir à sa femme.
Sa qualité favorite chez une femme ?
De bien faire enrager son mari.
Ses traits de caractère personnel les plus marquants ?
Le caprice et l'inconstance.
Sa nourriture et sa boisson favorite ?
L'amour et l'eau fraîche.
Camille a donc tout pour être parfaitement heureuse ici.
Ce qui lui est impossible à Paris.
Dans la capitale,
Rodin a une autre femme.
Sa compagne officielle, Rose Beret.
Pour elle,
il a plus de l'affection qu'un amour passionné.
Cela n'empêche
qu'ils sont en couple depuis 25 ans.
Comment est-ce que Camille vit le fait
que Rodin soit déjà engagé avec une autre femme ?
Certainement difficilement.
Elle aurait certainement voulu
que Rodin ait un engagement plus profond,
plus définitif avec elle.
Il y a un contrat
ou un document qu'on appelle le contrat
où Rodin s'engage à l'épouser.
C'est certainement ce qu'elle aurait souhaité.
Simplement, je crois qu'elle se rend compte
assez vite que cette relation
n'ira pas jusque-là.
D'où un éloignement entre les deux personnages.
Au point que Camille Claudel,
voyant qu'il ne quittera jamais Rose Beret,
décide de rompre
en 1892.
La rupture la marque.
Voilà l'âge mûr.
Un de ses chefs-d'oeuvre.
On y voit la représentation du destin,
du chemin irrémédiable de la vie.
La mort qui emmène un homme
abandonnant la jeunesse.
Mais pour Camille,
c'est aussi le moyen de représenter la séparation.
Derrière ces personnages,
l'homme de la maturité,
en l'occurrence,
on peut y voir effectivement le portrait d'un Rodin.
Derrière cette femme effrayante
qui représente la mort
du personnage de Rose Beret.
La compagne de Rodin qui l'emporte.
C'est un homme résigné
qui est représenté ici.
Et également cette jeune femme
en pleine beauté, dans la gloire de sa jeunesse
qui implore
dans un déséquilibre un peu,
un mouvement un peu incertain, l'homme qu'elle aime
et qu'elle voit partir.
Rodin vit très mal la rupture.
Il est en dépression pendant trois ans.
Il épousera Rose Beret
très peu avant sa mort.
Mais jusqu'au bout, il va continuer de représenter Camille
dans des allégories.
La voici, dans l'homme et sa pensée.
Là, dans l'horreur.
Et à nouveau, dans celle-ci.
Elle s'appelle
la Dieux.
Camille souffre.
A l'inverse de celle de Rodin, sa carrière stagne.
Elle travaille sans relâche,
mais n'obtient pas de commandes importantes.
Les années passent.
Son inspiration s'évanouit.
Triste, découragée,
elle sombre dans l'obsession et la paranoïa.
Elle ne sort plus de son atelier,
installé ici en 1899.
Elle arrache le papier des murs,
se met à détruire ses oeuvres.
En 1913, sa famille la fait interner.
Depuis le Vaucluse,
dans l'asile de Montevergne,
elle résume son internement en quelques mots.
Je suis dans un gouffre.
Je vis dans un monde si curieux, si étrange.
Du rêve qu'était ma vie,
ceci est le cauchemar.
A Montevergne, Camille Claudel s'éteint.
Seule le 19 octobre 1943.
Mais tout n'est pas fini.
A nos gens sur scène,
dans la maison d'enfance de Camille Claudel,
on est en plein emménagement.
En 2017,
plus de 70 ans après sa mort,
c'est l'ouverture du tout premier musée
consacré à Camille Claudel.
Bonjour, Mme Bertrand.
Vous êtes conservatrice
dans ce nouveau musée Claudel.
Pourquoi c'était important, ce musée ?
En fait, presque tout le monde connaît
le nom de Camille Claudel.
Mais très peu de personnes connaissent son oeuvre.
Et donc, ça nous a semblé essentiel
de mettre en lumière
cette oeuvre pour qu'on se rende compte
qu'au-delà de son histoire dramatique,
il y a une très grande artiste
dont l'oeuvre est suffisamment forte
pour exister
et pour séduire le public.
Après la rupture,
elle réalise ce qu'on appelle
ses croquis d'après-nature.
Des sculptures novatrices pour l'époque.
Elle mélange les matières.
Elles sont petites, mais très détaillées.
Camille Claudel innove
parce qu'elle désire plus que tout
qu'on cesse de la ramener à Rodin.
Ça va rester très difficile,
en fait, de son vivant,
pour elle, de réussir à se libérer
de l'idée chez les critiques
qu'elle reste l'élève de Rodin.
Et je pense que c'est vraiment aujourd'hui
qu'on arrive à prendre toute la mesure
de l'importance de ses oeuvres
et du caractère novateur, en fait,
de ces croquis d'après-nature
qu'elle a créés à cette période.
Son histoire est indissociable
de celle de Rodin.
Mais avec ce musée,
Camille Claudel obtient la reconnaissance
pour laquelle elle s'est tant battue.
Son nom, désormais,
s'écrit aussi seul.
Hector Balk...
Vous êtes d'accord,
elle méritait un musée, Camille Claudel.
Je ne suis pas sûr qu'elle méritait un musée.
C'est une histoire tragique,
c'est une histoire très belle
qui n'a pas grand-chose à voir avec l'art, d'ailleurs.
Il se trouve que c'est une artiste
qui n'est pas du tout sans talent.
Il se trouve aussi que son talent
est un département du talent de Rodin.
C'est pas, disons, un style très proche au début.
En fait, un des reproches qu'on peut peut-être lui faire,
c'est qu'elle essaie tellement de se différencier
que peut-être qu'au lieu de développer son propre style,
elle fait juste de l'anti-Rodin.
Elle sait que cette histoire d'amour
l'a brûlée à tous les sens du terme.
Ça l'a grillée par rapport à ses commandes
et ça l'a grillée à l'intérieur d'elle-même.
Pas que par rapport à ses commandes,
parce qu'elle est persuadée,
elle le surnomme la fouine sur la fin Rodin,
que c'est lui qui sabote toutes ses commandes.
Elle est persuadée, c'est pour ça qu'elle devient paranoïaque
et elle lui en veut beaucoup.
Alors qu'en fait, Rodin, lui, essaie de l'aider.
Il lui fait des virements anonymes de 200-500 francs par mois
pour qu'elle puisse payer son loyer.
Il passe par son banquier,
il essaie de la faire rencontrer,
sans intervenir directement.
Sauf qu'il ne voulait pas s'engager avec elle.
C'est ce que vous nous dites.
C'est complexe comme histoire d'amour.
Ce qui est très rare dans cette tragédie,
c'est que c'est un double meurtre.
C'est-à-dire que
il est effondré
par le fait qu'elle le quitte
et elle, elle est effondrée
de ne pas savoir le quitter.
Flore, il y a une question.
En quoi est-ce que cet amour dévastateur
a influé sur son oeuvre ?
Quand vous voyez cette oeuvre,
vous vous dites
qu'elle a été brûlée
par cet amour intense
et frustré.
Sur l'oeuvre de Claudel ?
Effectivement, elle a un style très proche de Rodin.
Elle va aussi apprendre,
puisqu'à la base, c'est une élève,
toute la technique,
tout ce qu'un maître peut apporter
à son élève, beaucoup de passion.
Vous avez un très beau buste,
le seul qu'elle a fait de Rodin,
mais qui est superbe et qu'elle fait au détail.
On voit qu'elle a travaillé dessus
avec des petits coups sur les mèches de cheveux.
C'est un buste que Rodin va adorer.
Là, on sent vraiment la passion,
on sent qu'il y a quelque chose.
Quelqu'un qui fait ça est forcément
quelqu'un très proche.
Pourquoi elle n'a pas compris ?
Moi, je comprends Rodin, qu'il n'ait pas quitté sa femme.
D'abord, il faut le dire, il était marié à Rose.
Il n'était pas marié, il ne se mariait
quasiment que sur celui-là.
Il n'a pas quitté Rose Beuret.
Ils sont ensemble depuis l'année de naissance.
Ils avaient un enfant handicapé.
Il a refusé de quitter la mère.
Arrêtez de contredire.
J'essaie de comprendre la psychologie.
La psychologie, c'est une histoire d'amour.
C'est ça qui est très difficile.
Quand vous parlez à une paire,
même des gens qui s'y connaissent très bien,
tous n'auront pas la même vision.
On n'est pas à leur place.
Tout ce qu'on a aujourd'hui, c'est des lettres.
C'est très difficile
d'établir, de comprendre
ce qui s'est passé, de comprendre ce qu'ils ont pu ressentir.
Ce qui m'embête dans cette histoire,
c'est qu'elle n'a pas modifié l'oeuvre de Rodin.
Elle a pu modifier certains thèmes de ses oeuvres.
Elle n'a pas modifié l'oeuvre de Rodin.
Au sens où, tout d'un coup,
vous avez des choses
dans la biographie des artistes qui peuvent modifier
complètement un artiste.
Quand en 1792-13,
si je ne dis pas de bêtises, Goya
a un problème de surdité épais à l'équilibre.
Son oeuvre change du tout au tout.
De la couleur aux couleurs obscures.
Il y a quand même un changement.
Là où je veux en venir, c'est que la biographie,
je ne crache pas dessus.
Je sais que vous en êtes très friands.
Mais j'en suis friand quand
ça change.
Vous êtes d'accord.
J'étais venu pour essayer
d'avoir un compromis entre moi et vous.
C'est un très bon compromis.
Cette passion dévorante.
Je vais essayer de conclure.
Est-ce que, finalement,
sans vouloir défendre Camille Claudel,
est-ce que la comparaison dont ils ont souffert tous les deux
sans cesse ne les a pas tués à petit feu ?
Peut-être.
Lui, c'est le maître.
Il a l'expérience. Il est déjà reconnu.
C'est l'un des musées qui attire le plus de monde
à Paris.
Le musée Rodin n'a pas besoin de nous.
Jusqu'à fin juillet, c'est l'exposition de son centenaire au Grand Palais.
Exactement.
Il faut aller voir l'exposition du centenaire au Grand Palais.
Je suis ravi d'apprendre qu'il va y avoir un musée
consacré à Camille Claudel.
Peut-être qu'on va découvrir cet artiste
méconnu.
Je tiens à dire que c'est
au fond sûrement la seule femme
qu'il a vraiment aimée.
Il l'a forcément inspirée.
J'espère que ce compromis vous aura
satisfait, cher Hector Robalc.
Merci.
Je suis toujours du côté
des invités.
Je renvoie à la lecture de votre livre.
Tout Michel-Ange, ou presque,
en un seul texte, mais en mille images.
Vous l'avez décortiqué,
vous l'avez découpé.
C'est comme une BD.
C'est formidable. C'est paru aux éditions
Azen. Merci à tous les trois.
Je sens que c'est le cœur amoureux
que vous nous avez fait vivre
ce romantisme patrimonial.
Je vous retrouve demain même heure
sur France 2 pour de nouvelles explorations
de notre patrimoine.
Merci à tous.