Tradition : le kilt, c'est culte !
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C'est tout sauf une jupe.
Vêtements virils, guerriers et traditionnels, symboles des peuples celtes, le culte du kilt reste indémodable.
J'ai toujours trouvé ça très rock'n'roll.
Et dans cet état d'esprit, peut-être avez-vous toujours voulu savoir ce que les hommes portent dessous.
Sous mon kilt, je porte des souvenirs à mon âge.
Quand j'étais plus jeune, je portais l'avenir de la Bretagne.
Ce bijou d'humour et de famille exprime bien que l'habit ne fait pas le moine, mais que ce vêtement évoque toute une culture.
Vous allez voir que sous les kilts se cache en fait une multitude de traditions et de significations diverses.
On va vous les faire découvrir.
D'abord, qui dit kilt dit tartan, le tissu qui sert à fabriquer le vêtement.
En fonction des couleurs et des types de rayures, à chaque origine son tartan.
Le tartan, le tissu avec lequel on fait les kilts, ce sont des armoiries.
Chaque famille a le sien, chaque pays, chaque région.
Croyez-le ou non, il y a 25 ans, il existait des tartans écossais et gallois, évidemment.
Un tartan auvernien et même bourguignon.
Mais pas de tartan breton.
Heureusement, Richard est arrivé.
Ce natif du Morbihan l'a créé lui-même.
Je me promène au festival intersceptique de l'Orient.
Et là, je vois des écossais en kilt et on nous dit, c'est vos cousins.
Moi, j'aime bien comment ils sont habillés, mes cousins.
Ça part de ça.
Je veux porter un kilt, mais avec des couleurs bretonnes.
Une révélation qui va changer sa vie.
À l'époque, Richard travaille dans le bâtiment.
Il se lance dans la confection et la vente de kilts.
Là, je vais vous faire voir le plus ancien des tartans bretons, celui que j'ai créé initialement.
Et d'où tout part.
Voilà, ça, c'est le tartan national breton.
On y retrouve une symbolique vraiment bretonne.
Puisqu'ici, on a une bande verte cernée par deux bandes bleues.
C'est l'argoîte et l'armor.
C'est l'image géographique de la Bretagne.
On y retrouve aussi la présence du noir et du blanc, le guenadu, comme notre drapeau national.
Et puis aussi, ces neuf petits carreaux blancs sont les neuf pays constitutifs de la Bretagne.
Le Léon, le Trégor, le Vantey et ainsi de suite.
Donc ça, c'est vraiment la base.
Et puis, ça remporte un vrai succès.
Aujourd'hui, les kilts bretons de Richard se retrouvent partout dans le monde.
Globalement, il faut compter entre 600 et 700 euros pour avoir un kilt qui est fait sur mesure.
Je vends là où il y a des bretons.
On a une diaspora bretonne qui est maintenant en Australie, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne.
Et donc, quand ils veulent porter un kilt, plutôt que de porter un kilt écossais, un tartan écossais,
ils optent pour un tartan breton.
J'ai cette chance d'être breton.
J'ai cette chance, voilà.
Comme je dis toujours, j'ai apporté ma petite pierre à la maison Bretagne.
C'est tout, ça s'arrête là.
Chaque breton, dans le monde culturel, apporte quelque chose pour cette grande maison Bretagne.
Avec ses kilts, Richard perpétue une tradition vieille de 200 ans.
Le vêtement dans sa forme moderne apparaît en Ecosse au 18e siècle.
A l'origine, il était porté par des bergers, souvent pauvres.
Ils n'avaient pas les moyens de se payer des vêtements cousus.
L'armée s'en empare ensuite avec un impératif.
On demandait à la troupe, pour ce côté un peu viril, guerrier, de ne rien avoir sous le kilt.
Aujourd'hui, t'as des copains qui ont quelque chose, t'as des copains qui ont rien.
Ça dépend de la météo, s'il fait moins 10, t'as plutôt intérêt d'avoir quelque chose.
Voilà, mais c'est assez personnel, ça.
Ça suscite beaucoup de questions, beaucoup d'admiration, surtout chez les filles.
Mais c'est personnel.
Voilà donc pour le tissu et l'histoire.
Mais sachez aussi qu'il n'existe pas un kilt, mais des kilts.
Tout dépend de leur forme et de la manière de les porter.
A Dinard, Arnaud veut aujourd'hui étoffer sa garde-robe.
Bonjour Valérie.
Salut, comment tu vas ?
Ça va, ça va.
Il retrouve Valérie qui confectionne, elle, des failomores, des grands kilts.
Je vais le poser par terre.
Une pièce de 6 mètres de long pour deux de large, à la fois manteau, couverture et sac, porté par les écossais dès le 16e siècle.
Valérie les fabrique sur mesure et ça nécessite un peu d'organisation.
Tu as déjà porté un failomore ou pas ?
Jamais.
Tu rabats d'abord ta droite et après ta gauche.
Niveau du long.
Tu descends un peu.
Ok, donc droit.
Ok.
C'est la façon traditionnelle d'essayer ce failomore.
Tu l'étales vraiment, tu t'allonges dedans, tu roules et tu fermes.
Tu te lèves.
On va voir si on l'a mis à la bonne hauteur.
Alors en fait, le failomore, il sert à plein de choses.
Entre autres, quand il pleut en Bretagne, tu te couvres avec.
Quand il fait froid en Bretagne, tu t'emmutoufles dedans.
Tu fais un petit tour sur toi-même pour voir ?
C'est la consécration.
Pour moi, c'est le kilt par excellence.
C'est le kilt historique.
En fait, ça fait deux ans que j'ai acheté mon premier kilt.
J'étais témoin du mariage d'un ami.
Depuis, je ne porte que ça.
Ça va être ma tenue pour le week-end, quand je veux sortir ou autre.
Valérie est couturière.
Elle a découvert ce vêtement si particulier dans sa jeunesse grâce à ses parents.
Ce vêtement se retrouve chez moi parce qu'en fait, je suis tombée dedans quand j'étais petite.
Maman a des origines écossaises.
On est remonté au 18e siècle.
Et donc, du coup, mon père est parti en Écosse, nous a rapporté du tartan.
Et donc, du coup, j'ai commencé déjà à être sensibilisée.
Je devais avoir 8-9 ans, quelque chose comme ça.
L'art du kilt, c'est un peu l'art du pli.
Comptez entre 25 à 35 plis pour un kilt moyen.
Pourquoi ça me plaît ?
C'est parce qu'à chaque fois, c'est un challenge de précision, de patience.
Et vraiment, j'adore ça.
En fait, j'adore réaliser.
Et puis, j'y mets à chaque fois ma patte.
Vous l'avez vu, ce vêtement ne manque pas de celte.
Et peut-être qu'au final, c'est un jeu de dupe, voire sous les kilts des hommes.
