Révolution du savoir: la bibliothèque Sainte-Geneviève

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1 Vues de vidéo·28 nov. 2024
La Bibliothèque Sainte-Geneviève, construite à Paris par Henri Labrouste au XIXe siècle, incarne une avancée majeure dans l'architecture et l'accès à la culture.
Conçue comme un espace public dédié au savoir, elle se démarque par son dépouillement architectural et l'usage audacieux du fer, associé à la pierre, un choix alors révolutionnaire. La séparation entre salle de lecture et dépôt de livres précieux permet un éclairage abondant, indispensable aux étudiants.
Son style épuré contraste avec le Panthéon voisin. Avec ses 500 places et ses vastes collections, la bibliothèque demeure un lieu incontournable, célébrant l'accessibilité au savoir pour des générations de lecteurs.
Réalisation: Juliette Garcias
la bibliothèque saint-jn VIè construite à Paris par Henry labrou
une bibliothèque c'est avant tout un mythe celui de réunir tous les savoirs tous les
écrits de tous les peuples de la terre au fil des siècles ce mythe s'accompagne d'une
utopie celle de mettre ce savoir universel à disposition de tous en France il faut attendre
le 19e siècle pour que l'accès à la culture se démocratise 8 ans après la révolution populaire
de 1830 le gouvernement décide la construction d'une bibliothèque universitaire à Paris un
lieu d'éducation et non plus d'érudition pour la première fois dans l'histoire des bibliothèques
le nouvel équipement ne sera pas l'annexe d'un château ou d'un monastère mais un bâtiment
autonome le concept de la bibliothèque publique ouverte à tous vient d'être
inventé la nouvelle bibliothèque va hériter des collections de l'abaye
de saintjeuneviève transformé en lycée après les confiscations révolutionnaire
un demi-siècle après que les curés a été chassés c'est le tour des livres
on vide les armoires et on déménage les milliers d'ouvrages à la main sur des
civières inlaassablement pendant plusieurs mois à raison d'une centaine de trajets par
jour la dernière civière a été portée avec un bouquet de
fleurs l'architecte de ce nouvel équipement public s'appelle Henri labrou c'est un des
plus grands architectes du 19e siècle il est pourtant beaucoup moins connu
que ses contemporains Baltard ou Garnier brouillé avec la toutepuissante académie
d'architecture il est longtemps resté un architecte de papier il ne reçoit sa
première commande officielle qu'à l'âge de 40 ans il a longtemps rongé son frein il va enfin
pouvoir utiliser ses outils d'architecte ce sera pour le chantier de la nouvelle
bibliothèque les travaux durent 8 ans la bibliothèque ouvre s portes au public en 1851
le nouvel équipement est édifié sur une étroite parcelle longue de 85 m et large de 21 au sommet
de la montagne saint-jeunevève à Paris dominé par le Panthéon nous sommes au cœur du quartier latin
où sont concentré faculté et grand lycées de la capitale mais aussi de nombreuses gargottes où les
étudiants aiment aller s'en caniller les pères de famille de province qui envoient leur fils étudi à
Paris seront enchantés de savoir qu'il existe ce nouvel asile qui éloignera leurs enfants
des estaminis et des chaumières se félicite le proviseur du lycée Henri ce nouvel asile
doit pouvoir accueillir 500 étudiants tous les jours jusqu'à 22h et contenir 90000 ouvrages pour
répondre à cette commande l'architecte propose une solution simple et inédite il crée un premier
volume pour le stockage des livres anciens sur lequel il pose un second volume la salle de lect
et à l'arrière il crée un troisème volume l'escalier qui n'empiète pas sur les deux
autres le plan de la bibliothèque est trouvé rationnel et révolutionnaire c'est la première
fois dans l'histoire des bibliothèques que l'on sépare l'espace réservé au livre
précieux de celui dédié au lecteur la salle de lecture occupe tout le volume du premier étage
un long plan libre sans aucune cloison le rez-de-chaussée est dédié au dépôt
des livres rigoureusement compartimenté pour accueillir des dizaines de milliers
d'ouvrages manuscrits et livres précieux sont stockés dans un espace sombre ils craignent la
lumière et divisé en petites cellules elles-même cloisonné par des armoires
à livres si la brousse a compartimenté ses espaces aujourd'hui en grande partie remagé au
dans la salle de lecture le volume est totalement ouvert haute et
lumineuse la salle de lecture a des dimensions impressionnantes 80 m de long 15 de haut 17 de
large son plan est celui d'une halle divisé en deux vaisseaux par une colonnade
centrale avec ces 500 places de travail qui attendent les étudiants et ces centaines
d'usueles qui tapissent les murs c'est l'image idéalisée d'un lieu d'étude collectif ouvert à
tous en façade la décision de séparer le dépôt des livre précieux de la salle de lecture est
clairement affiché un simple bandeau nu sépare le rez-de-chaussée fonctionnel
percé d'étroites ouvertures du premier étage valorisé et largement ouvert par de grandes
fenêtres compacte et dépouillé la construction de la broue se
distingue de son tout proche voisin le panthéon de Soufflot
illustre représentant du courant architectural dominant à l'époque le néoclassicisme
empruntant ces éléments décoratifs à l'Antiquité le courant néoclassique
habite de très nombreux édifices les déguisant tous en temple
grec en rupture avec cette tradition monumentale et décorative la brous fait le choix du
dépouillement et impose d'autant mieux sa modeste bibliothèque en marche du colossal Panthéon
sur sa façade rien ne fait sailli pourtant dans ses premiers projets la porte d'entrée au
centre de la construction était discrètement signalé par un simple portique dorque mais
ces deux petites colonnes et leur entablement c'était encore trop pour l'architecte il les a
supprimé les remplaçant par deux torchèr signalant l'ouverture de la bibliothèque le soir jusqu'à 22h
et il est allé plus loin encore d'un élément en relief il est passé à un élément creusé dans le
mur enfonçant la porte et les trois marches du perron dans la maçonnerie désormais plus rien ne
dépasse cette unique porte au centre de la façade n'en est que plus modeste et discrète
pourtant elle mène à un espace traité comme un temple le vestibule
d'entrée ici la monumentalité a retrouvé ses
droits et les colonnes refusées en façade ont enfin trouvé une place à
l'intérieur le lecteur est entré dans un temple dans l'architecte c'est le temple du
savoir au sol un dallage de marbre motif géométrique simple et rigoureux l'image même de la
raison dans cet univers métaphorique et rationnel un élément décoratif dé note
la brous aurait souhaité disposer un jardin en avant de sa bibliothèque par
manque de place il l' tout simplement fait peindre sur les murs de l'entrée
le vestibule fait toute la largeur de la bibliothèque on s'étonne de ne pas y
trouver l'escalier qui mène à la salle de lecture pour préserver l'ampleur de
cette entrée majestueuse l'architecte a tout simplement repoussé l'escalier à l'arrière du
bâtiment conçu comme un volume indépendant il n'empiète pas sur celui de l'entrée ni sur celui
de la salle de lecture en fragmentant ainsi les espaces la Broste met en scène un trajet
le lecteur traverse le vestibule caverne obscure de l'ignorance pénètre ensuite
dans l'escalier où la lumière apparaît avant d'entrer dans la lumineuse salle
de lecture une montée symbolique vers la connaissance orchestrée par l'architecte
le plan de la grande salle de lecture est ce qu'on appelle un plan basilical il s'inspire
de celui des basiliques chrétiennes dont l'architecture a connu une spectaculaire
évolution au fil des siècles jusqu'au Moyen-âge les basilique sont couvertes d'une charpente en
bois mais les architectes veulent gagner de la hauteur ils élèvent des murs plus haut et
remplace les charpentes plates par des voûtes en pierre plus nobles sous leur poids les murs
s'écartent l'édifice menace de s'écrouler pour contenir les effets de la poussée des voûtes
on élève alors des contreforts les murs sont soulagés on peut enfin y percer des ouvertures
dans un premier temps étroite puis de plus en plus grande pour la bibliothèque saint-jeun
viève la broue s'inspire de cette tradition en y apportant une innovation de taille il
place les contrefort à l'intérieur de sa construction il obtient ainsi une façade
extérieure parfaitement plate plus rien ne fait désormais obstacle à l'entrée de la
lumière les murs n'ont plus de fonction porteuse la brouse peut alors les percer
de plus de 40 fenêtres qui baignent la salle de lecture d'une entre de
côt la lumière première exigence du programme d'une bibliothèque
elle doit être diffuse provenir de plusieurs côtés
à la fois permettre autant la lecture que la surveillance liton dans un traité de
l'époque de l'extérieur le bâtiment projette l'image d'une rigoureuse forteresse de pierre
mais à l'intérieur se cache un tout autre
univers celui de l'architecture de fer un combustible le fer permet de se prémunir
contre le pire ennemi des livres le feu à l'époque le fer est essentiellement réservé
aux constructions industrielles et utilitaires comme les gares les halles de marché ou les
ponts mais nous sommes dans une bibliothèque un programme architectural dit noble et alors qu'il
aur était d'usage et très simple de le dissimuler l'architecte fait l'étonnant choix de l'exposer
le mariage exhibé d'un matériau traditionnel la pierre avec un matériau industriel le fer stupéfia
les contemporains de la Brouste la coexistence de ces deux matériaux structure en fait tout le
bâtiment au rez-de-chaussée la colonnade centrale les murs et les contrefor sont en pierre mais
au premier étage les deux matériaux sassemble la colonade est de pierre et de fer les contreforces
sont en pierre ils portent des arcs et une charpente métallique le tout est sein de mur en
pierre la colonnade de la salle de lecture illustre parfaitement cet usage simultané
des deux matériaux au premier étage les 18 colonnes qui la constituent sont hybrides
au-dessus d'une solide base en maçonnerie sé lance de haut et léger fut en fond de
Canel inversement dans le vestibule les lourdes colonnes en pierre s'élèvent sur toute la
hauteur on s'étonne pourtant de découvrir au plafond de fins arc de fer
reliant entre eu ces piliers massifs c'est en fait la structure métallique qui porte le premier
étage alors que tout autre architecte leurit masqué par
un plafond plein la brouse l'expose et invite les visiteurs qui entrent
dans la bibliothèque à s'interroger sur l'architecture du lieu dans lequel ils
entrent au re-de-chaussée les colonnes portent des
en fer que l'architecte a fait peindre en ver pour mieux marquer leur
présence au premier étage la colonne centrale se prolonge comme si elle avait traversé le plancher
elle est singulièrement arrêtée dans son élévation pour être mariée avec
un fut en fonte sur lequel repose la charpente
métallique d'un étage à l'autre les proportions
des matériaux sont inversées les décisions constructives sont clairement affichées
l'architecte met en scène cette union inédite entre le fer et la pierre en jouant des contrastes
de leur couleur de leur juxap positionition de leur proportion dans l'espace et si à hauteur
de regard les bases en pierre des colonnes sont sculptées bien plus haut les chapitaux
en fonte ne sont pas laissés pour compte les boulons de fixation laissés apparent sont
accompagnés de motifs végétaux très finement travaillés bien qu'il soit à plus de 14 m du
sol sur la voûte d'un ton crème pour valoriser le
fer des lignes noires peintes souousgne la courbure des arcs
à l'origine les tables étaient disposées dans la longueur de la salle et entre les colonnes
la brousse avait placé des armoires à livres manquait-il de place pour ranger les usuels
ou souhaitait-il cacher les bases en pierre de ces étranges colonnes hybrides on ne saura jamais
quoi qu'il en soit les bibliothécaires s'en sont plains d'après eux ce mur de rayonnage coupait la
salle en deux et la surveillance en qu en 1930 on a supprimé cet immense casier dévoilant ainsi la
base en pierre des colonnes et devant le succès de la bibliothèque on a changé l'orientation
des tables pour augmenter la capacité de la salle on est alors passé de 500 à 700 places
assises les livre constitue l'unique décor de la salle ce sont des usuels en consultation
libre l'expression symbolique d'un savoir àorté de tous expression fermement affirmée
par l'architecte dans la salle de lecture pas un bout de mur qui ne soit tapissé d'ouvrage
en cela la broue ne renonce pas totalement à l'image traditionnelle des bibliothèques musé
entre les contreforce sous les fenêtres il place un premier niveau d'armoire à livre
puis un second auquel on accède par une galerie enfin pour les usuels qui n'ont pas trouvé de
place des buffets supplémentaires sont prévus mais cette exposition formelle des livres a
un inconvénient les magasiniers qui classent et rangent les usuels sont eux aussi exposés
pour la Brost leur activité manuelle nuit à la noblesse du lieu et perturbe la concentration
des chers étudiants il décide donc de l'escamoter subtilement dans un premier temps il cache les
circulation verticale en plaçant des armoires à livres devant les escaliers créant ainsi de
petits cabinets dans lesquels on peut ranger des livres dans un second temps il masque
les circulations horizontales en perçant les contreforts créant ainsi un passage
intérieur entre chaque cabinet qu'il cache habilement derrière un long mur de livre
ces escaliers sont particulièrement raides et dangereux surtout si on porte une pile
de livres volumineux devant la fronte des bibliothécaires l'architecte s'est incliné
et leur a finalement concédé quatre escaliers à à chacun des angles de la
galerie il a toujours regretté et s'est contenté du strict minimum pour le transfert des livres
en dépôt au rez-de-chaussée jusqu'à la salle de lecture les magasiniers devront se contenter de
deux petits escaliers à vis si étroit qu'il ne vaut mieux pas y croiser un collègue
[Musique]
la brousse a réservé le majestueux escalier central au lecteur
l'architecte a tenu à dessiner tous les détails des de la salle les mosaïques au
sol dont les motifs sont repris en peinture sur les arcs des fenêtres les chapitauxx
des contreforts dont la forme sculptée renvoi au montant en bois des armoires à
livr mais aussi les tables les chaises les becs de gaz qui depuis ont été remplacés et même les
encriers et il a apporté un soin tout particulier au dessin des chaises en bois bien droite dont
le dossier très court à la particularité de couper le dos après quelques heures
d'étude on le lui a reproché mais plus de 150 ans après ses chais sont
toujours là et la bibliothèque est pleine toute l'année d'étudiant et
d'étudiantes pourtant à l'ouverture seuls les hommes étaient admis aux Séan du soir
mais quelques années plus tard à titre d'expérience et sous certaines conditions
on a autorisé la présence de lectrices étrangères aucun incident ne fut à signaler
flirter en polonais ou en russe n'étant pas la portée de n'importe quel étudiant
sur la façade sont gravés les noms des plus illustres auteurs et savants de
l'histoire de l'humanité 800 diom inscrit chronologiquement depuis
Moïse jusqu'à béius un chimiste mort en 1848 année de l'achèvement de la
façade pour la brousse s non gravé c'est l'image même du
catalogue d'une bibliothèque un catalogue monumental publié en
façade et les noms de ces auteurs ne sont pas affichés n'importe où la brousse les a fait graver
à l'exacte revers des armoires à livre de la salle de lecture et obtient ainsi un subtile effet de
miroir entre le contenu de la bibliothèque et cet encyclopédisme proclamé en façade
à l'arrière les panneaux sont étrangement laissé vide était-ce pour épargner le graveur
trop souvent tombé du haut de son échelle ou parce que cette façade est invisible de la rue
ou tout simplement pour laisser une place au grand nom des siècles à venir on ne saura
jamais à l'époque on a beaucoup reprocher à l'architecte la composition de sa façade
naïf pour les uns trop audacieuse pour les autres aujourd'hui on salue la très grande
modernité de cette architecture parlante parlante mais à un détail près on découvre
entre chacune des fenêtres de grandes pointes de fer qui scandent étrangement
la longue muraille de pierre c'est la structure métallique interne qui affleur à l'extérieur
la charpente des arcs est stabilisée par des tyrans ancrés dans le
mur mais sans justification fonctionnelle ces Tiran viennent ici percer la façade
et leur traversé du mur est signalé par des têtes de boulons pointu comme des
obus ces boulons sont fixé à des rondelles de fer Sté comme si l'architecte renvoyait par
ce détail l'image d'un boulon que l'on visse cette subtile intention est renforcée par un
motif sculpté dans la pierre trois fines fleurs en tirebouchon emporté par le mouvement du boulon
cette préciosité décorative est autant plus surprenante que les boulons et les délicates
fleurs sculptées sont à plus de 18 m du sol aussi invisiblebl qu'incompréhensible pour le simple
passant si ce détail échappe au promeneur l'architecte adresse peut-être un message
à ses confrères l'imitation de l'antiquité a vécu l'architecture doit désormais être
moderne et rationnel la fonction et les décisions constructives d'un bâtiment doivent être crânement
affiché la bibliothèque saint-jeunevève est une très grande date de l'histoire de
l'architecture et des bibliothèques depuis 150 ans elle ne désempl pas l'architecte
a réussi son pari des générations et des générations de lecteurs de
Michelet à Simone de Beauvoir ont trouvé le goût et le plaisir d'y étudier ensemble
