L’Art du Béton Sacré : Le Corbusier et son Couvent de la Tourette

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le Couvent de la Tourette construit par Le
Corbusier pour l'ordre des Dominicains entre 1953 et
1960 dans les années suivant la fin de la Seconde Guerre mondiale la France connaît
un fort regain de vocation religieuse emporté par cet élan les Dominicains de la province de
Lyon décident de créer un nouveau couvent d'études pour 80 étudiants un lieu clos où
il doit vivre pendant cette année entre prière et [Musique] étude il est vrai qu'il nous donne
aussi des leçons que la prudence humaine peutentendre mais que cette vue est courte
la sainteté n'a pas de formule ou pour mieux dire elle les a elle rassemble et exalte toutes
les [Musique] puissances à peine inauguré le couvent se retrouve à la convergence de deux
grandes crises la crise de l'Église catholique qui essaie de se modernisé avec Vatican I et la
révolte de la jeunesse étudiante qui culminera en mai 68 en 1970 il n'y a plus à la Tourette un seul
étudiant dans le couvent déserté que l'ordre des Dominicains visage de vendre
une vingtaine de frères résistent il il croi que l'architecture du lieu incarne
de façon unique la quête spirituelle de leur ordre le lieu changera de fonction
et deviendra un centre de colocque mais il restera dominicain sauvé par l'architecture
les Dominicains avaient acheté pendant la guerre un beau terrain de 80 hectares
l'ancien domaine du seigneur de La Tourette un château avec sa ferme des champs et des bois
c'est ce terrain que le révérent-père couturier propose en 1952 à Le Corbusier pour leur nouveau
couvent quand l'architecte entreprend cette commande il a 76 ans il est au fit de sa gloire
pour ses maisons individuelles comme la Villa Savoie ou ses immeubles collectifs à Marseille
et Nant il est en train de construire une capitale chandigar dans le pjab en
il incarne l'architecture moderne dont il a défini les grands principes dès
1930 prenez une maison libérez le sol de l'emprise du rez-de-chaussée et augmentez
la surface du jardin libérez l'espace du toit faites-en une
terrasse vive le plan libre où les cloisons
sont devenus inutiles des poteaux supportent les dalles de des états
supérieurs vive les façades libres qui ne portent rien le verre peut-être employé en toute
liberté au printemps 1953 Le Corbusier découvre le site pour la première fois
j'ai dessiné la route j'ai dessiné les horizons j'ai mis l'orientation
du soleil j'ai reniflé la topographie j'ai décidé la place où ce serait car la place
n'était pas fixée du tout en choisissant la place je commettais l'acte criminel ou
valable ici dans ce terrain qui était si mobile si fuyant descendant coulant j'ai
dit je ne vais pas prendre l'assiette par terre puisqu'elle se dérobe prenons
l'assiette en haut à l'horizontal du bâtiment au sommet laquelle composera avec l'horizon
au lieu d'élever le bâtiment depuis le sol l'architecte la baisse à partir de
la ligne horizontale du toit allant à la rencontre
de la pente que le bâtiment touche comme il peut remarque Le Corbusier
ce comme il peut c'est une forêt de piloti de poteau de voile de béton
découpé qui sur un dénivelé de 10 m porte le bâtiment et compense les irrégularités du
relief le couvant ne cherche pas à se fondre dans la campagne environnante
c'est un bloc de béton à flan de colline le béton ce matériau malaimé que l'on réserve
aux usines et aux HLM c'est le matériau préféré de l'architecte c'est aussi le moins
cher le bâtiment est fait pour être vu de loin face à la vallée une façade
monumentale de 5 étages flanqué du volume massif de l'église qui protège le couvent des vents du
nord à l'arrière une façade modeste un petit immeuble de trois niveaux et une
entrée discrète comme il se doit pour un lieu dont les habitants vivent en reclus
le couvent c'est un programme lourd strictement codifié par la tradition une église une salle du
chapitre qui tient lieu de mairie une école avec ses salles de cours et une bibliothèque
des logements pour 100 personnes mais aussi de l'espaces public des couloirs une place
un cloître toute une viille réunie dans un quadrilatère fermé ce programme l'architecte
le connaît et l'admire depuis qu'il a visité en 1907 la Chartreuse de galuzzo près de Florence
en Italie j'ai vu dans ce paysage musicale de la Toscane une cité moderne couronnant la colline
j'ai pensé ne pouvoir jamais rencontrer une telle interprétation joyeuse de l'habitation
chaque cellule a vue sur la plaine le dos de chaque cellule ouvre une porte et un guichet sur
une rue circulaire cette rue est couverte d'une arcade le cloître par là fonctionnent les services
communs la prière les visites le manger les enterrements cette cité moderne est du 15e siècle
[Musique]
reprenant la disposition de la Chartreuse de galudo l'architecte installe les cellules
des frères sur le pourtour extérieur du bâtiment et les ouvre sur le paysage il
leur construit des logias dont les moules proviennent directement d'un
chantier de l'unité d'habitation qu'il vient de terminer près de
Nantes les cellules sont des volumes simples 5 M92 de long 1,83 de large 2,26 de haut des
dimensions breveté Le Corbusier depuis les années 30 l'architecte réfléchit sur les proportions
idéales enarchitecture et il a défini un système fondé sur le nombre d'or dont l'unité de base
est le corps humain il a même donné un nom à cet étalon idéal de l'architecture moderne le Modulor
il mesure 1,83 comme un Américain moyen la main levée à 2,26 Le Corbusier a vérifié
dans les paquebau transatlantiques les temples et les palais les mensurations
de ce corps de référence ces proportions seraient
universelles le couvent est le terrain idéal d'application pour les idées de l'architecte
en matière d'habitat individuel ici la frugalité et la discipline s'accommodent à merveille de la
standardisation et du minimalisme la cellule de Corbusier c'est le rêve monacal réalisé 10,83
m car fonctionnel tout confort chaufface centrale logia vue imprenable idéal pour
recueillement mais pendant le chantier un frère fait marquer que les reliefs
tourmentés du crépit de béton projeté sont peut-être trop fatigants pour les
longs moments de méditation solitaire Castelan tienne en face de la table Le
Corbusier crée une surface de béton lisse plus propice à la contemplation et la
sérénité aujourd'hui chacun des frères interprète à sa
façon cette proposition d'aménagement aucune cellule ne ressemble à l'autre
à l'inverse des cellules largement ouvertes vers le paysage l'architecte a délibérément
obstrué les vues aux extrémités des couloirs de distribution avec
ce qu'il appelle des fleurs de béton des boucliers à l'allure
moyenneâgeuse les couloirs reçoivent la lumière du jour par de longes
horizontale qui donne sur la cour
intérieure l'image d'une fente est accentuée par de curieux parallèle épipè de béton disposé
régulièrement à l'horizontale des volumes qui semblent traverser la paroi et dépasse
à la fois dehors et dedans faute de mieux on a pris l'habitude de les appeler les morceaux
de sucre comme des cles qui conserveraient l'ouverture des longues fenêtres comme pour
mieux souligner cet effort leur véritable fonction est dissimulée ils ne sont que
la partie apparente de la structure porteuse le segment visible des poteaux qui eux-mêmes
soutiennent les poutres des différents étages impossible de percevoir poteaux
et parpum cachés sous le béton projeté des parois à l'intérieur comme à l'extérieur du
bâtiment les cellules occupent les deux derniers étages du couvent en dessous
dans les couloirs des salles d'études et dans les grandes salles de la vie
collective le chapitre la bibliothèque le réfectoire l'architecte ouvre les
vues son choix est d'abord fonctionnel des façades différentes pour des fonctions différentes les
façades tournées vers la intérieur sont constitués de grands carrés de béton et
de verre de 2,26 de large dont les variations géométriques ont été calculé à partir du module
or on les appelle les carrés mondrillants en référence au travail du peintre pit
mondrillant mais l'architecte ne pense pas seulement à la
lisibilité fonctionnelle des différents espaces du couvent dans le chapitre et
le réfectoire il ront avec le modèle du couvent traditionnel et ouvre les
grandes salles au spectacle de la vallée la contemplation de la nature comme source de
méditation mais le paysage est décomposé et recomposé par les pans de ver et les
menaus en béton la beauté de la création ne prend tout son sens qu'à la mesure de
l'homme Le Corbusier confie le travail sur ses grandes parois à Xenakis alors jeune
architecte dans son agence celui-ci est en train de composer sa première œuvre musicale
metéastasis en utilisant une combinatoire des intervalles mélodiques reprenant la même loi
mathématique pour régler les écarts des minces poteau de béton et des PANSS de verre Xenakis
travaille plusieurs propositions le corbus fera la synthèse et les nommera les P ondulatoires
saint
le
[Musique] C ch
l'acamation du peuple [Musique] des dans l'univers fermé du couvent l'église occupe une place à part
elle n'est pas réservée au seul dominiicain mais accueille l'ensemble des fidèles l'architecte
traduit dans les formes cette différence de statut il sépare l'église du bâtiment
principal par un grand vide et choisit un traitement radical les murs sont nus
une boîte de béton un volume brutal hermétique aux allures de bunker sans ouverture apparente ce
n'est qu'à l'intérieur qu'on découvre une grande fente verticale pour la lumière du soleil levant
une grande fente horizontale pour la lumière du soleil couchant l'église parce qu'elle est
orientée comme le veut la tradition profite de la course du soleil d''est en ouest qu'est-ce
que l'éclairage ce sont des murs qui reçoivent une lumière ce sont des murs éclairés l'émotion
vient de ce que les yeux voient c'est-à-dire les volumes de ce que le corps reçoit par impression
pression des murs sur
soi-même l'Église n'a ni vitro ni Rosas seulement des fantes horizontales peintes de couleur
vive de petits bâtiments sont accollés de part et d'autre du grand volume à l'extérieur du
quadrilatère la crypte qui a la forme d'une oreille surmoné des canons à lumière dans
la cour intérieure la sacristie et les SEP conduits géométriques de ces mitraillettes à
lumière la sacristie d'un côté et la crypte de l'autre formeront le
transcepte l'église reprend le plan classique d'une église en croix à
la croisée du volume principal de la grande nef et du transpte
l'hôtel d'un côté de l'hôtel Les coulisses de l'église la
sacristie de l'autre la crypte en contrebas comme il se doit séparée
du volume central par une demi-paroie le son et la lumière circule pas les
vues dans la crypte il y a cet hôtel destiné aux messes que
chacun des prêtres du couvent devait célébrer individuellement une fois
par jour une obligation supprimée par Vatican I la crypte est aujourd'hui
inutilisée reste les parois sinueuses qui semblent épouser la pression du sol
et les étranges conduits en oblique qui ramènent
la lumière du Nord l'architecture seule maîtresse des lieux préserve le mystère
Le Corbusier se plaisait à imaginer que les Dominicains passaient leur temps en
procession il avait commencé par imaginer sur le flan du bâtiment une rampe par
laquelle les processions montraient au toit terrasse mais les Dominicains pratiquent peu
les processions et une telle rampe aurait coûté cher elle n'a jamais été construite
reste le toit terrasse qui permet de marcher et de méditer entre terre et
ciel c'est le premier cloître entouré par un mur de 1,70 de haut comme le dit Le
Corbusier c'est beau parce qu'on ne voit pas le spectacle naturel
mais le vrai cloître est dans la cour c'est un paradoxe là où on attendait un
couloir ouvert qui entoure un jardin carré il y a une croix
les couloirs du cloître l'architecte les appelle des conduits organise les grandes
circulations dans le couvent comme une pompe qui aspirerait par le bas pour permettre les
trajets les plus directs le grand conduit se termine à la porte de l'église dont c'est le
seul accès l'autre plus court permet de réunir le bâtiment d'entrée au réfectoire
et au chapitre il se croise sur une place publique protégée l'atrium signalé par son to
alors que le volume extérieur se lit simplement comme un cube don
les façades alignent des variations sur un thème unique la cour constitue
un paysage énigmatique et inquiétant la juap positionition violente de volume
simple le pan incliné de la trium les conduits les mitraillettes à lumière l'oratoire avec sa
chapelle enfermée dans un cube et son toit en pyramide les morceaux de sucre ici tout est
géométrie une géométrie aux allures de jeu d'enfant le cube la pyramide le parallèle
épipède le cylindre et le carré ont permis à Le Corbusier de créer une complexité savante
et des variations infinies des plaisirs de
l'architecture lorsqu'une uvre est à son maximum d'intensité de proportion
de qualité d'exécution de perfection il se produit un phénomène d'espace
indicible les lieux se mettent à rayonner physiquement il rayonnent il détermine ce
que j'appelle l'espace indicible c'est-à-dire un choc qui ne dépend
pas des dimensions mais de la qualité de perfection c'est du domaine de l'ineffable
[Musique]
[Musique]
tout comme le spectacle de la nature R croyant la richesse de la création divine les formes
géométriques disposées dans la cour révèlent la richesse de la création humaine seule la course
du soleil réunit ces deux paysages le paysage naturel et le paysage mental c'est peut-être
le secret de la Tourette son ultime paradoxe Le Corbusier ne croit pas en Dieu mais n'hésite pas
à dire que l'architecture est une religion c'est dans C que le Couvent de la Tourette
s'affranchit des limites de la commande tout en restant parfaitement dominicain
