Emmanuel Macron est en visite d’État chez Mohammed Ben Salman, notamment à Al-Ula où MBS valorise un site nabatéen exceptionnel avec l’aide de la France. La France va en retour recevoir l’aide financière du royaume pour rénover le centre Georges-Pompidou à Paris. L’occasion de comparer la France et l’Arabie Saoudite, deux modèles de puissance, d’hier et d’aujourd’hui. Sortons nos cartes.
📕 Précommandez le nouvel atlas "Le Dessous des Cartes - La puissance et la mer", d'Émilie Aubry et Frank Tétart, Tallandier et Arte Editions https://bit.ly/Atlas_DDC
👉 L’intégrale des émissions de Jean-Christophe Victor (VOD et DVD) sur la boutique d’ARTE. http://bit.ly/DDC_Boutique
Bienvenue dans l'Essentiel du Dessous des Cartes.
Aujourd'hui, deux points sur le globe.
Al-Houla, en Arabie Saoudite,
et l'Assemblée Nationale, à Paris.
4000 kilomètres séparent le président français
des débats parlementaires parisiens
autour de la motion de censure,
puisqu'il est depuis lundi en visite d'État
chez Mohamed Ben Salmane,
notamment à Al-Houla,
où MBS valorise un site nabatéen exceptionnel
avec l'aide de la France,
à travers l'AFA-Loula,
agence française qui copilote
le développement du site.
La France qui va, en retour,
recevoir l'aide financière du Royaume Saoudien
pour rénover le centre d'art contemporain
Georges Pompidou, à Paris.
L'occasion pour nous de comparer
la France et l'Arabie Saoudite,
deux modèles de puissance
d'hier et d'aujourd'hui.
Sortons nos cartes.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
la France est parvenue à maintenir son rang
sur la scène internationale,
notamment parce qu'elle est l'un des cinq membres
permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Comme ses quatre partenaires,
elle dispose aussi de l'arme nucléaire,
ce qui lui octroie une place
prépondérante dans la géopolitique mondiale.
Si l'on regarde le PIB à présent,
la France se classe en septième place,
non loin de l'Allemagne,
en troisième place,
mais après l'Inde et le Royaume-Uni,
qui lui ont ravi sa cinquième
puis sa sixième place.
Autre caractéristique de l'économie française,
sa dette,
113 % du PIB en 2024.
Par ailleurs,
le déficit commercial s'aggrave
depuis 20 ans pour la France,
en raison de sa désindustrialisation.
On peut donc dire
que la France dispose toujours
des attributs de la puissance,
mais qu'elle est fragilisée
et qu'elle joue désormais dans un nouveau monde multipolaire,
avec le rôle notamment
de l'Arabie saoudite.
C'est le plus vaste état
du Moyen-Orient, avec une superficie
de plus de 2 millions de km².
Voici Riyad,
capitale de la monarchie absolue
saoudienne et la plus grande
métropole du pays.
Les grands gisements de pétrole
ont fait la fortune de l'Arabie saoudite,
qui reste aujourd'hui l'un des premiers
producteurs mondiaux d'or noir.
Arrêtons-nous un instant
sur le port de Jeddah,
deuxième ville du pays.
Et voici les villes saintes
de Médine et de l'Amec,
qui attirent chaque année des pèlerins
venus du monde entier.
La puissance du royaume saoudien
repose d'ailleurs sur l'alliance
de ces deux piliers essentiels,
le pétrole d'une part
et l'islam d'autre part.
Mohamed Ben Salman a lancé en 2016
un vaste programme de réforme
censé préparer les Saoudiens
à la fin du pétrole,
avec notamment la création
d'une mégalopole de 26 000 km²,
Néome,
le long du golfe d'Aqaba,
juste en face du Sinaï égyptien
et à 350 km seulement de Gaza.
L'Arabie saoudite,
qui pour mener à bien ses projets,
notamment touristiques, souhaite
voir revenir le calme dans la région.
MBS et Macron ont d'ailleurs évoqué
hier le cessez-le-feu fragile au Liban,
appelant ensemble à la tenue rapide
d'une élection présidentielle.
Par ailleurs, le chef de l'État français
a annoncé la tenue en juin 2025
d'une conférence internationale
consacrée à la création
d'un État palestinien.
Voilà l'essentiel du Dessous des Cartes,
c'est fini pour aujourd'hui, à bientôt.