La fin de l’ère Assad marque la fin d’un partenariat stratégique pour l’Iran, qui avait fait de la Syrie une pièce maîtresse de son “axe de la résistance” – contre l’Occident en général et Israël en particulier. Régime Assad, Hezbollah libanais, Hamas palestinien : depuis le 7 octobre 2023, la République islamique d’Iran a perdu un à un ses partenaires régionaux. Sortons nos cartes.
📕 Commandez le nouvel atlas "Le Dessous des Cartes - La puissance et la mer", d'Émilie Aubry et Frank Tétart, Tallandier et Arte Editions https://bit.ly/Atlas_DDC
👉 L’intégrale des émissions de Jean-Christophe Victor (VOD et DVD) sur la boutique d’ARTE. http://bit.ly/DDC_Boutique
Bienvenue dans l'Essentiel du Dessous des Cartes.
Aujourd'hui, on prend la direction de la Syrie et de Damas, la capitale.
Voici dans sa périphérie l'ambassade d'Iran,
saccagée et pillée après la chute de Bachar el-Assad.
Les diplomates iraniens avaient eu le temps de quitter les lieux.
La fin de l'ère Assad marque aussi la fin d'un partenariat stratégique pour l'Iran
qui avait fait de la Syrie une pièce maîtresse de son axe de la résistance
contre l'Occident en général et contre Israël en particulier.
Hamas palestinien, Hezbollah libanais, régime Assad.
Tel un effet domino depuis le 7 octobre 2023,
l'attaque contre Israël et la guerre de représailles sans limite qui a suivi,
la République islamique d'Iran semble perdre un à un ses partenaires régionaux.
Sortons nos cartes.
Voici Bachar el-Assad ici avec le guide suprême iranien Ali Khamenei en 2019.
Le clan Assad désormais chassé de Syrie après 54 ans au pouvoir.
Il avait bénéficié pendant des années de l'envoi de conseillers militaires
et de factions armées de la part de Téhéran.
L'axe Iran-Syrie était stratégique pour la République islamique,
la Syrie lui servant d'accès à la Méditerranée,
lui offrant un accès direct au Liban,
notamment pour alimenter en armes les miliciens du Hezbollah.
Autre visage précisément, celui d'Assad Nasrallah,
ici en photo lui aussi avec l'iranien Khamenei.
Nasrallah, le leader historique du Hezbollah,
parti milice libanais mis en place par l'Iran en 1982,
notamment pour lui déléguer la guerre contre Israël.
Nasrallah, tué par une frappe israélienne le 27 septembre 2024,
ici à Beyrouth, la fin d'une époque,
avec des conséquences pour la Syrie de Bachar el-Assad,
une protection du Hezbollah moins puissante.
Autre photo, voici Yahya Sinwar,
l'un des grands chefs du Hamas palestinien,
lui aussi aux côtés de l'iranien Khamenei.
Sinwar, tué à Gaza le 16 octobre 2024,
de nouveau par une frappe israélienne.
Le Hamas a distingué du Hezbollah et des autres milices pro-Iran,
car le Hamas palestinien, créé en 1987
et qui contrôle seul la bande de Gaza depuis 2007,
a certes en commun avec Téhéran la haine d'Israël et de l'Occident,
mais avec une différence, le Hamas est sunnite,
tandis que le régime iranien est chiite.
Le Hamas et Téhéran, dont la relation a connu des hauts et des bas,
notamment lorsque le Hamas a refusé de soutenir Bachar
pendant la guerre civile syrienne.
Mais ces dernières années, Téhéran avait repris ses aides
à l'organisation palestinienne, souhaitant la renforcer
au moment où une partie du monde arabe normalisait
ses relations avec Israël.
Mais désormais, Téhéran ne pourra donc plus compter
comme avant sur le Hamas palestinien,
sur le Hezbollah libanais et sur l'allié syrien.
Selon le spécialiste de l'Iran Bernard Ourkad,
interrogé par La Croix, l'Iran va maintenant se concentrer
sur sa survie, ne cherchant plus à sauver ni Bachar,
ni le Hezbollah, ni les outils du Yémen.
Voilà l'essentiel du Dessous des Cartes,
c'est fini pour aujourd'hui, à bientôt.