Explorons les liens entre l'astronomie et l'univers de Saint Seiya. Saviez-vous que l'astronomie joue un rôle central dans la série ? Des constellations qui influencent les chevaliers aux phénomènes célestes comme les alignements planétaires et les éclipses, Saint Seiya puise une grande partie de son inspiration dans les étoiles.
Dans cette première partie, nous découvrons comment l'astronomie est intégrée dans l'intrigue épique du manga, et comment les traductions françaises ont parfois brouillé la distinction entre astronomie et astrologie. Nous plongeons également dans l’histoire des constellations et leur symbolisme dans Saint Seiya.
Si vous aimez la mythologie, l'astronomie et les légendes célestes, cette vidéo est faite pour vous ! Présentation : Sébastien Beaucourt, médiateur scientifique au Planétarium de Reims.
L'univers de Senseïa ne se contente pas d'explorer les légendes et les mythes anciens.
Il va bien plus loin en intégrant une dimension cosmique profonde.
L'astronomie elle-même sert de toile de fond à l'intrigue.
Chaque chevalier tire sa force des constellations,
reliant ainsi son destin à l'immensité de l'univers et au mystère des étoiles.
Mais l'influence des astres ne s'arrête pas là.
Tout au long de la série, des phénomènes astronomiques et réels,
comme les alignements planétaires, les éclipses ou encore le déplacement de l'étoile polaire,
jouent un rôle central dans l'évolution du récit.
Dans cette vidéo, nous allons explorer ces phénomènes astronomiques.
Qu'est-ce qu'une constellation, un alignement planétaire ou une éclipse ?
Et comment ces événements sont-ils utilisés pour renforcer la narration épique de Senseïa ?
Préparez-vous à plonger au cœur de l'univers étoilé de ce manga.
La traduction française de Senseïa est un sujet souvent critiqué par les fans.
Si elle a permis à une génération entière de découvrir cette série culte,
elle n'est pas exempte de nombreuses erreurs et maladresses
qui ont parfois rendu l'histoire difficile à suivre.
Regardons de plus près ces problèmes de traduction
en se concentrant sur l'aspect scientifique et sur l'impact que ces erreurs ont pu avoir
sur la compréhension de l'univers créé par Kurumada.
Dès le changement de titre, le ton est donné.
Le titre original, Senseïa, met en avant le concept de saint,
des protecteurs sacrés liés aux constellations.
Pourtant, en français, ce thème a été remplacé par « chevalier »,
probablement en raison de leur armure,
mais au détriment de la symbolique sacrée que Kurumada voulait donner à son œuvre.
En faisant ce choix, une partie de la profondeur spirituelle du manga est effacée.
Par ailleurs, l'ajout du terme « zodiac » dans le titre français,
bien qu'il soit plus accrocheur pour le public,
a entraîné une confusion entre astrologie et astronomie,
mais également une erreur sur les personnages.
En réalité, les cinq héros principaux,
Seiya, Shiryu, Hyôga, Shun et Ikki,
n'ont rien à voir avec le zodiac.
Leurs constellations protectrices,
Pégase, Dragon, Cygne, Andromède et Phénix,
sont des constellations classiques,
tout comme la majorité des constellations du ciel.
Elles n'appartiennent pas aux constellations du zodiac,
qui, elles, sont situées sur la trajectoire apparente du Soleil dans le ciel.
En astronomie, le zodiac fait référence aux treize constellations
qui se trouvent sur la ligne écliptique,
une ligne imaginaire que semble suivre le Soleil dans le ciel au cours de l'année.
Le titre français désigne donc les chevaliers d'or
au détriment des cinq chevaliers de bronze.
Au nombre de douze,
les chevaliers d'or font d'ailleurs référence aux signes astrologiques
plutôt qu'aux treize constellations du zodiac astronomique,
Kuromada ayant omis dans le zodiac la constellation Dophucus,
qui n'apparaît qu'avec le personnage de Shina, un chevalier d'argent.
Ce choix est révélateur de la vision astrologique
que Kuromada avait au début de son manga.
Et ce n'est pas seulement sur les noms que la traduction française trébuche.
Certains concepts spécifiques à l'univers du manga,
ainsi que certaines explications scientifiques,
notamment liées à l'astronomie, sont altérés ou mal formulés.
Cela est probablement dû à une mauvaise compréhension des concepts
par les traducteurs de l'époque,
qui n'ont pas toujours su rendre justice aux intentions de l'auteur.
Le résultat est que des incohérences subsistent,
rendant par moments l'œuvre difficilement compréhensible
pour qui n'est pas à l'aise avec ses sujets.
La traduction française de Sanseïa a certainement marqué toute une génération,
mais elle a aussi, parfois, dénaturé certains aspects fondamentaux de l'œuvre originale.
L'accent mis sur le zodiac a brouillé la frontière entre astronomie et astrologie,
et a contribué à créer des malentendus sur la nature des chevaliers
et sur leurs constellations protectrices.
On l'aura compris, dans Sanseïa,
les constellations ne sont pas que de simples décors étoilés.
Elles jouent un rôle central,
tant dans le développement des personnages que dans l'intrigue globale.
Dès l'ouverture des Galaxian Wars,
Saori, la réincarnation d'Athéna,
introduit cette relation intime entre les chevaliers et les étoiles.
Voici ce qu'elle dit.
Comme vous le savez,
chaque chevalier est sous la protection d'une constellation,
dont son armure porte le nom.
Il y a donc autant de chevaliers que de constellations.
29 dans l'hémisphère nord,
47 dans l'hémisphère sud,
il y a aussi celle de l'écliptique,
qui sépare les deux hémisphères,
autrement dit,
les 12 constellations qui se trouvent dans le sillage de l'orbite solaire,
que l'on appelle les 12 signes du Zodiac.
Ces 12 là sont attribués à 12 chevaliers d'exception,
les seuls autorisés à porter une armure d'or.
Alors ces propos peuvent paraître un peu flous
pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'astronomie.
Qu'est-ce qu'une constellation exactement ?
Et comment les figures célestes influencent-elles les chevaliers de Saint Seiya ?
Nous allons démystifier tout cela.
Donc Saori nous parle d'abord de constellation.
Mais que désigne réellement ce terme ?
En astronomie,
les constellations sont des regroupements d'étoiles
créées par les civilisations anciennes
pour se repérer sur le ciel ou pour naviguer.
En reliant les étoiles par des lignes imaginaires,
elles donnaient forme à des personnages,
des animaux
ou des objets mythiques sur le ciel.
Mais attention,
ces figures varient d'une civilisation à l'autre.
Par exemple,
ce que les Grecs appellent la Grande Ourse
était interprété chez les Romains
comme un groupe de sept bœufs.
Aujourd'hui,
on y voit même plutôt la forme d'une casserole,
bien éloignée des légendes antiques.
Mais l'astronomie moderne
a redéfini le terme de constellation.
En 1928,
l'Union Astronomique Internationale
a fixé la liste officielle des constellations à 88,
un travail mené par l'astronome belge Eugène Delporte.
Cette classification
repose en grande partie sur les constellations antiques
référencées par l'astronome Ptolémée
au deuxième siècle de notre ère
dans son célèbre ouvrage L'Alma Geste.
Depuis 1928 donc,
les constellations sont définies
comme des zones du ciel clairement délimitées,
qui essaient de se superposer
aussi bien que possible
sur les constellations antiques.
Le ciel de l'hémisphère sud, en revanche,
est longtemps resté inconnu des Européens.
Il n'a été exploré
qu'à partir des grandes expéditions
du 15e et 16e siècle,
Magellan,
Amerigo Viscucci
ou encore Vasco de Gama
ont permis de cartographier
ces nouvelles régions célestes.
Mais c'est surtout au 17e siècle,
avec les navigateurs hollandais
Kaiser et Woodman,
que les premières constellations australes
seront véritablement nommées.
Celles-ci ont ensuite été enrichies
par l'astronome français Nicolas-Louis de Lacaille
au 18e siècle.
Contrairement aux figures mythologiques grecques,
les constellations de l'hémisphère sud
s'inspirent souvent d'animaux exotiques
ou d'avancées technologiques de l'époque,
comme l'oiseau de paradis
ou la machine pneumatique.
C'est dans ce contexte
que Sanseïa puise une partie de son imaginaire.
Kuromada,
en s'aspirant de ces constellations
anciennes et modernes,
crée des chevaliers
dont l'armure reflète ses légendes célestes.
Mais bien sûr,
ce n'est pas le cas pour toutes les constellations.
On comprend aisément
pourquoi il est plus inspirant
de suivre un chevalier
portant l'armure de Pégase
plutôt que celle de la machine pneumatique.
Dans son discours,
Saori mentionne qu'il existe
29 constellations dans l'hémisphère nord
et 47 dans l'hémisphère sud.
Si le ciel étoilé
est effectivement divisé en deux hémisphères
par l'équateur céleste,
projection de l'équateur terrestre
sur la sphère céleste,
certaines constellations,
comme Orion,
se retrouvent à cheval
sur l'équateur céleste.
Cela rend difficile
une classification stricte
entre nord et sud.
De plus,
le décompte de 29 plus 47
donne 76 constellations,
ce qui ne couvre pas
les 88 constellations officielles.
Les 12 constellations du Zodiac
n'ont pas été incluses dans ce calcul,
ce qui contribue à la confusion.
Car si toutes les constellations du Zodiac
se situent le long de la ligne écliptique,
certaines se situent dans l'hémisphère nord
et d'autres dans l'hémisphère sud.
Saori fait ensuite référence
justement aux constellations du Zodiac.
Elle précise
« Il y a aussi celle de l'écliptique
qui sépare les deux hémisphères,
autrement dit les 12 constellations
qui sont dans le sillage
de l'orbite solaire
et que l'on appelle
les 12 signes du Zodiac. »
Alors là encore,
il y a des subtilités à souligner.
Si l'écliptique est bien
la trajectoire apparente du Soleil
sur le ciel au cours de l'année,
il ne sépare pas du tout
les deux hémisphères.
Il y a ici confusion
avec l'équateur céleste.
Or ces deux lignes
ne doivent pas être confondues.
L'équateur céleste
est bien la superposition
de l'équateur de la Terre
sur le ciel,
alors que l'écliptique
est le plan de l'orbite de la Terre
autour du Soleil.
Or justement,
Saori semble également confondre
l'écliptique avec une orbite.
Rappelons que ce terme
désigne la trajectoire réelle
d'une planète
dans l'espace
autour du Soleil.
Il est également important
de faire la distinction
entre les constellations
et les signes astrologiques.
Les constellations du Zodiac,
dans le sens
un dessin imaginaire
inventé avec les étoiles,
sont au nombre de 13,
incluant Ophiuchus.
Précisons qu'elles sont
toutes de taille inégale,
ce qui n'est pas le cas
des signes astrologiques.
Bien qu'ils portent les mêmes noms
que les constellations du Zodiac,
un signe astrologique
correspond à la division
de l'écliptique
en 12 parties égales,
soit un angle de 30 degrés.
Dans Saint-Célia,
cette confusion est fâcheuse,
car du coup,
on ne sait pas
si les chevaliers
tirent leur pouvoir
des constellations astronomiques
ou bien des signes astrologiques.
Kurumada s'aspire donc
très librement de l'astronomie.
Ce qui l'intéresse avant tout,
c'est le pouvoir évocateur
des étoiles et des constellations,
pour renforcer le lien
entre les chevaliers
et leur armure.
Dans l'arc emblématique
de la bataille du Sanctuaire,
nos héros se retrouvent
face à un défi de taille.
Ils n'ont que 12 heures
pour atteindre le Grand Port
et sauver Saori,
transpercée par une flèche.
Ce compte à rebours
est symbolisé
par une structure mystérieuse
et imposante,
l'horloge du Sanctuaire.
Cette horloge ne se contente pas
de marquer le temps
de manière classique.
Composée de 12 flammes,
représentant chacune
une maison zodiacale,
elle renferme
un symbolisme profond,
lié non seulement
à l'urgence
de la mission des chevaliers,
mais aussi à l'astronomie
et au cycle céleste
qui régissent
notre perception du temps.
Alors, que cache réellement
cette horloge
et quel est son lien
avec les véritables horloges
astronomiques ?
L'horloge du Sanctuaire
fonctionne à la fois
comme un compte à rebours
et comme un rappel constant
des constellations du Zodiac.
Or, depuis l'Antiquité,
la première mission
qui fut confiée aux astronomes,
c'est la mesure du temps
afin d'établir un calendrier
pour rythmer la vie agricole
et sociale.
Ainsi,
les constellations zodiacales
et plus particulièrement
l'écliptique
ont été utilisées
pour mesurer le temps.
L'équinoxe de printemps
a lieu lorsque le Soleil
se situe à l'intersection
de l'équateur
et de l'écliptique.
Ce point particulier
est appelé le point Vernal.
Dans l'Antiquité,
ce point se situait
devant la constellation
du Bélier.
C'est pourquoi cette constellation
est considérée
comme la première du Zodiac.
A la même époque,
l'été était marqué
par l'impulsion du Soleil
devant la constellation du Cancer.
L'horloge du sanctuaire
fait écho à cette tradition ancienne
en liant le passage du temps
au cycle céleste.
Cependant,
elle n'est pas qu'un simple
artifice narratif.
Cette horloge semble inspirer
des véritables horloges astronomiques
créés au Moyen-Âge
et à la Renaissance.
Ces chefs-d'œuvre d'ingénierie
étaient bien plus que de simples outils
pour indiquer l'heure.
Ils indiquaient également
la position du Soleil,
de la Lune
et parfois des planètes
devant les constellations
grâce à des systèmes
d'engrenage sophistiqués.
Ainsi, l'horloge du sanctuaire
semble directement inspirée
de celle de la place Saint-Marc
à Venise.
Ces horloges nous rappellent
que la mesure du temps
est profondément enracinée
dans les mouvements célestes.
Et c'est cette même idée
que l'horloge du sanctuaire
transmet à travers ses douze flammes.
Voilà, c'est la fin de cette vidéo.
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A très bientôt
pour un nouveau voyage
à travers les étoiles
et les mystères de l'univers
de Saint-Cyr.