Coupe du monde 2034 : "La FIFA l'attribue à l'Arabie Saoudite ? Mais réveillez-vous" s'insurge Petit

RMCSport
43 abonnés
13 déc. 2024
La Fifa a attribué, mercredi, la Coupe du monde 2034 à l’Arabie Saoudite. Dans l'émission de RMC "Rothen S'enflamme", Manu Petit a amèrement regretté ce choix.
— En 2030, ça sera le mondial du centenaire sur trois continents, l'Espagne, le Portugal, le Maroc,
mais avec trois matchs de poules en Amérique du Sud. Et puis donc, 2034, l'Arabie Saoudite,
une candidature très décriée par de nombreuses ONG, deux raisons principales,
le questionnement autour du respect des droits de l'Homme, le coyaume,
et le coût environnemental, puisqu'il faut construire 12 stades sur 14,
des stades d'au moins 40 000 places. Alors ce soir...
— Et il y aura un nouvel aéroport également.
— Et voilà, en plus, nouvel aéroport à dire en arabe.
— Ça, c'est nécessaire, pour accueillir du monde.
— À quoi, Manu ? À quoi, Manu ? — Un nouvel aéroport.
— Allez, un peu d'or, s'il vous plaît. Ce soir, la FIFA est accusée d'avoir pris une mauvaise décision
en attribuant le mondial 2034 à l'Arabie Saoudite. L'accusation est menée par le procureur Savidan.
Bonsoir. — Bah oui, bonsoir.
— Ha ha ha ha !
— Toc-toc, bonjour, une casquette !
— Tac-tac-tac, badaboom ! Tac-tac, badaboom !
— Ah ouais, c'était Jean-Paul Belmondo, là.
L'avocat de l'Arabie Saoudite, ce sera Jérôme Rotten. Bonsoir, maître.
— Bonsoir.
— Et le juge, ce sera l'escroc du golfe.
— Bonsoir, monsieur le juge. — Je suis impartial.
— Vous êtes impartial. Allez, parole à monsieur Savidan.
Pour vous, cette attribution n'est pas compréhensible.
— Alors, notre Jean-Pierre national international, Jean-Pierre Infantino,
nous a sorti un 49-3. On n'a pas compris. Il n'y a pas eu de vote, il n'y a rien eu.
Le droit de la femme, le droit de la presse, les libertés individuelles,
le droit des travailleurs, limite de l'esclavage quand même moderne.
Eh ben vous savez quoi ? Je ne comprends pas pourquoi cette élection de l'Arabie Saoudite a été...
Pardon, cette élection a été attribuée justement à l'Arabie Saoudite.
Quand je vois cette Coupe du monde 2030 sur 4 continents,
entre l'Amérique du Sud, l'Afrique avec le Maroc, avec l'Europe, avec le Portugal, l'Espagne...
En fait, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas fait un décalage éventuellement,
éventuellement jusqu'en 2038. Maintenant, je me pose réellement la question
pourquoi, à un moment donné, les pétroles d'avoir...
Je ne comprends pas pourquoi on est aussi faible par rapport à l'argent.
Je ne comprends pas. Oui, c'est dur d'organiser. Personne n'en veut de cette Coupe du monde.
C'est tellement cher à organiser, à rentabiliser.
Nous l'avons vu avec nos JO cette année, ce n'était pas limite, limite pas rentable.
Ce n'est plus rentable. Mais ce n'est plus rentable sur ce modèle économique.
Parce que, et je reviens encore à un truc qui va saouler aujourd'hui notre avocat,
le peuple. Tant que les choses ne reviendront plus au peuple à des choses simples
et que par l'argent, ça ne marchera plus. Et si on oublie nos réelles valeurs qui sont le foot,
la passion, l'engagement, l'humanité, c'est baisé.
Voilà la prise de parole du procureur. J'en ai marre.
Évidemment, on peut utiliser d'autres expressions pour exprimer un propos.
Parole à la défense. C'est baisé, pas baisé.
Écoutez, moi, quand j'entends la plaidoirie de M. Steve Savidan,
ça me fait rire. Parce que le foot aujourd'hui,
on sait que c'est du foot business. Je ne dis pas que c'est bien.
Mais de toute façon, on est obligé de passer par là. Aujourd'hui, sans argent, tu ne fais pas grand chose.
Il n'y a pas que dans le foot dans tous les cas.
Aujourd'hui, pour avoir une Coupe du Monde pour un seul pays,
c'est très compliqué parce qu'en effet, ça représente un budget énorme.
Pas forcément rentable. Et il y a très peu de pays.
La preuve, c'est qu'ils sont obligés de faire... Alors là, ils ont poussé à l'extrême
sur trois continents.
Et ça les arrangeait bien de libérer la zone
d'Asie pour pouvoir
donner au Moyen-Orient et à l'Arabie saoudite.
On est sûr que c'est parce qu'il y a trois continents
que ça revient en 2034 à l'Arabie saoudite. Mais une fois que tu as dit ça,
tu te dis que de toute façon, en Amérique du Sud, il y a eu le Brésil
dernièrement. Ils ne pouvaient pas organiser une Coupe du Monde. Ils n'avaient pas les moyens financiers.
Surtout que là, les pays en Amérique du Sud,
en 2030, le pays, c'est le Paraguay.
Paraguay, impossible d'organiser une Coupe du Monde. La preuve, c'est que déjà en 2026,
la prochaine Coupe du Monde, c'est sur trois pays. Mexique, Canada
et États-Unis. Alors tu vas me dire, les États-Unis auraient pu peut-être
financièrement, mais ils ont déjà donné la possibilité au Mexique et au Canada.
Et le Mexique, en 1986, c'est l'organisation de la Coupe du Monde.
Ça fera 40 ans. Et il y a 40 ans,
le football ne représentait pas autant de business, autant d'argent.
C'était très compliqué. Donc là, en effet, sur l'Arabie saoudite,
pour revenir à l'Arabie saoudite, on n'a aucun doute que financièrement, ils assument.
Bien sûr que c'est colossaux les moyens financiers qu'il va falloir mettre
en place avec, comme tu l'as dit Benoît, 10 ou 12 stades
à prévoir. Mais un peu comme au Qatar.
Au Qatar, moi j'y suis allé, il y avait les mêmes débats. Les mêmes débats,
c'était les droits de l'homme, c'était la maltraitance
des ouvriers et j'en passe.
On a été là-bas, au Qatar, j'ai passé un mois, c'était fabuleux.
Alors je ne dis pas que tout est magnifique aujourd'hui et que ça leur a permis
d'avoir une ouverture d'esprit, parce que je n'y suis pas retourné. Mais peut-être qu'ils se sont servis
aussi de ce qu'ils ont pu apporter à cette Coupe du Monde pour voir les choses
différemment. Et moi, je pense que l'Arabie saoudite, c'est peut-être un moyen aussi
d'ouvrir les yeux sur des choses qui sont
aujourd'hui très fermées. Mais juste pour en venir, et M. Savidan
en parlait, l'amour du football, ok, l'Arabie saoudite
dans le passé, ce n'est pas
le plus grand pays amoureux du football. Mais à ce que je sache, c'est qu'ils investissent
beaucoup, ils ont fait venir beaucoup de joueurs, alors ils ont mis les moyens.
Ils veulent le développer, ils veulent développer le football. Et c'est un meilleur moyen
en effet, pour développer aussi autre chose, d'avoir l'événement
planétaire en 2034. Donc moi, j'ai rien
contre ça. Je dis juste que j'espère qu'ils seront aussi ouverts que le Qatar
a été ouvert. On avait beaucoup de doutes.
Vu qu'il y a beaucoup d'Européens qui aujourd'hui jouent en Arabie saoudite, je pense
qu'ils vont se servir de leur expérience pour que les gens passionnés
de football, et juste on parle de passion, arrivent à avoir des matchs
en Arabie saoudite. Le verdict du juge Petit. Alors moi, je vais être
très concis. Chaque jour,
quand je me lève, je me demande quelle va être la nouvelle qui va tomber
encore plus pour nous enfoncer davantage dans
tout ce qui peut être immoral. Je pense à mes enfants en permanence. Je me
dis, mais quel monde on est en train de leur laisser. Je me dis, quand je regarde
la cartographie du monde entier, pas simplement sur le plan sportif, mais sur d'autres domaines
également. Mais là, on est sur le sport. Je suis extrêmement inquiet sur ce qu'on
va léguer à la génération future. Je me dis qu'il y a
une irresponsabilité mêlée avec une immoralité qui est aujourd'hui affligeante
de la part des gens qui nous dirigent, pas simplement dans le sport, mais d'une façon générale. Ce sont des gens
qui ne pensent qu'à leurs propres intérêts, qui ne défendent jamais justement les gens pour lesquels
ils ont été élus. Et si on peut dire en plus une certaine élection
de l'entre-soi qui ne représente pas la majorité. Donc aujourd'hui, oui, je suis extrêmement
inquiet parce que le football n'est plus rentable, comme l'a dit monsieur le juge.
Il n'est plus rentable. On le voit avec la coupe du monde des clubs que le mettre en place
l'UEFA à la fin du championnat. Ils veulent le mettre maintenant sur des télévisions
gratuites puisqu'ils n'arrivent pas à trouver des téléviseurs privés qui ne veulent plus justement
perdre de l'argent. Parce qu'aujourd'hui, on a fait du football un sport populaire,
un produit élitiste qui ne s'adresse qu'à une élite. Aujourd'hui, c'est de l'entre-soi.
Donc oui, pour moi, l'obtention
de la coupe du monde de l'Arabie saoudite n'est que la
résultante logique de ce qui se passe depuis tellement d'années. Après avoir donné
la coupe du monde en Russie, après avoir donné le CIO
aux Jeux olympiques en Chine, au Qatar. Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Que ça me surprend ? Non, ça ne me surprend pas. On descend d'un étage
à chaque fois, en permanence. Donc c'est pour ça, moi aujourd'hui,
j'ai quasiment fait ma vie. Je reste sur la dernière trajectoire de ma vie.
Il me reste peut-être une vingtaine d'années au meilleur des cas. Je pense à mes enfants et je me dis
mais on a une responsabilité quand même. Est-ce que lorsqu'on va se regarder dans la glace, est-ce qu'on
pourra être fier de nous aujourd'hui ? Les gens qui nous dirigent, j'ai beaucoup
de mal justement à pouvoir les regarder dans les yeux parce que j'ai un problème
de moralité. Je condamne la FIFA, cette même FIFA
qui a été invitée pour la réouverture de Notre-Dame. Vous vous rendez compte dans quel monde
on vit aujourd'hui ? Réveillez-vous les gens. Je parle
à tout le monde, pas simplement aux licenciés de base, à tous ceux qui aiment le football,
mais d'une façon générale à ceux qui aiment la vie, au respect mutuel,
du bon vivre ensemble. Réveillez-vous parce qu'on est pris en otage par une minorité
à travers le monde. Ces gens-là ne passent leur temps justement à nous mettre en soumission totale
aujourd'hui. Ils font de nous justement des observateurs avec nous.
Aujourd'hui, ce qu'on parle, ça se trouve aujourd'hui, je vous parle, peut-être que dans
les mois à venir, je ne pourrai plus vous parler parce qu'on voudra me faire taire aussi. Donc quelque part
aujourd'hui, on en est là aujourd'hui. Non, mais c'est vrai quand vous dénoncez ce genre de choses.
Non, aujourd'hui, c'est scandaleux ce qui se passe dans le monde. Donc, est-ce que
j'en suis surpris ? Non, c'est ça justement la surprise, c'est que je ne suis plus surpris.
