Philippe Gougler débute son voyage dans un train dont le parcours est classé parmi les plus beaux au monde, le train de Flam qui serpente entre falaises abruptes, cascades, tunnels et ravins vertigineux. Puis, le voyageur se rend dans un village reculé, difficile d'accès, mais où le bonheur de vivre à la norvégienne est bien palpable. Derrière le calme apparent des fjords, certains sont menaçants, comme le fjord de Geiranger, surveillé par des scientifiques qui s'attendent à voir un jour un tsunami frapper la Norvège. Le voyageur découvre ensuite Bergen, la deuxième ville du pays, des îles oubliées au large des fjords et finit son périple dans le sud du pays.
00:00 Au cœur des fjords 02:02 Le train de Flåm : un chef-d'œuvre au milieu des montagnes 10:59 Bergen et la vie dans les fjords 26:50 Les Vikings d’aujourd’hui 39:57 Vie quotidienne et gastronomie dans les fjords 50:01 La Norvège, entre rudesse et délicatesse Réflexion sur l’art de vivre norvégien, un équilibre subtil entre douceur de vivre et nature exigeante. ✋Les plus belles destinations, c’est ici 👉 https://bit.ly/2Vlfz9o 👈 Abonnez vous ! 🙏
Des trains pas comme les autres : Norvège des Fjords Un film de Nicolas Boero Droits réservés Step by Step Productions
Quand on pense Norvège, on pense d'abord aux fjords.
Et les fjords, c'est tout juste sublime, magique.
On peut y voler sur l'eau,
remonter le temps lentement
et s'oublier dans un train perdu.
Ici, quand on voyage, c'est comme dans son salon.
Et le brumisateur est inclus.
Et en plus, elle nous rafraîchit, on reçoit des gouttes.
Ouais, l'eau vient vers nous, la brume rentre dans le train.
Alors ?
Pour aller jusqu'au fond des fjords les plus reculés.
Pour essayer de savoir ce qui se cache dans les bidons bleus.
Mais ça sent très mauvais.
Et pour prendre un peu de hauteur,
le train c'est pas mal.
Si vous me demandiez quels sont en Europe
les paysages parmi les plus spectaculaires,
je vous dirais les fjords.
Les fjords norvégiens.
Des vallées étroites, envahies par la mer.
Des vallées extrêmement profondes.
Sous l'eau, la profondeur peut dépasser les 1300 m.
Et au-dessus de l'eau, les montagnes peuvent grimper à 1000 m.
Des paysages impressionnants.
Et les Norvégiens, au début du XXe siècle, ont eu une idée folle.
Construire au milieu de ces paysages dantesques,
un train qui descendrait dans l'un de ces fjords.
Qui descendrait pour relier les hauteurs des montagnes
à la mer au fond de la vallée.
Normalement c'est un des plus beaux trains de Norvège qui arrive.
Me voilà parti à bord d'un train mythique, le train de flammes.
Bonjour.
Vous avez une bonne place là.
Oui, la meilleure.
Alors qu'est-ce que vous pensez de ce train ?
Tout est beau, à l'extérieur ou à l'intérieur, tout.
Voir la neige sur les montagnes, le soleil et les cascades,
tout ça réuni, on sort du tunnel et waouh !
On découvre alors un nouveau paysage sublime.
Fantastique.
C'est vrai, c'est vrai.
C'est vraiment un des plus beaux trains que je connaisse.
C'est chouette.
Et alors construire une ligne de chemin de fer qui descend au fond du fjord,
c'était un projet complètement fou,
parce qu'il faut imaginer qu'il va falloir descendre ici
900 mètres d'altitude sur un petit 20 kilomètres.
Pour un train, c'est une falaise.
C'est énorme.
Résultat, une des lignes de chemin de fer les plus pentues au monde,
sans crémaillère,
et des rails qui dévalent la montagne au milieu des cascades,
des courbes magnifiques,
de dizaines de tunnels dont certains ont été creusés à la main.
Un des trains les plus spectaculaires d'Europe.
Très prisé des visiteurs.
Et pour les journées les plus chaudes, en été, le brumisateur est inclus.
Vous aimez la cascade ?
Ah oui, j'adore.
C'est fantastique ?
Fantastique.
Moi, je trouve ça merveilleux.
Elle est magnifique.
Et en plus, elle nous rafraîchit, on reçoit des gouttes.
Oui, l'eau vient vers nous.
Du coup, la brume rentre dans le train.
C'est très agréable.
C'est bon d'être rafraîchi.
La Norvège, c'est plus de 1000 fjords
dans lesquels la mer s'enfonce très très loin,
parfois jusqu'à plus de 200 km à l'intérieur des terres.
Les côtes de Norvège sont un inextricable dédale de fjords.
Elles étaient autrefois particulièrement difficiles d'accès.
Tout au fond de ces fjords,
la vie est différente, plus calme, hors du temps.
J'ai voulu aller dans l'un de ces villages isolés,
parmi ces petites maisons de bois
qui semblent impeccablement sages,
prêtes à affronter tous les climats,
entretenues avec soin.
Ce jour-là, tout est calme, presque désert.
Personne dans les rues.
Voilà, c'est là. Ils sont tous là.
Il n'y a personne dans le village, ils sont tous là.
C'est la longue soirée d'été au fond du fjord.
Bonjour !
Comment ça va ?
Ça va bien.
Il y a tout le village, là ?
Il n'y a pas tout le monde, mais presque.
Et ça a l'air tout beau, tout doux, tout paisible,
avec les gens qui discutent à voix basse.
Oui, nous sommes des gens détendus, relax,
qui profitons d'une belle soirée d'été.
Et quand on vit dans un village comme ça,
perdu tout au fond d'un fjord immense,
c'est important de se retrouver comme ça,
parce qu'on se connaît tous.
Quand tu vis dans une si petite communauté,
c'est vraiment important d'être proche des autres,
à leur écoute, et on ne se sent pas si reculés.
Vous ne vous sentez pas loin de tout, ici ?
En fait, ici, tu as plus d'amis que dans une grande ville,
où tout le monde se fout de son voisin.
Mais ici, tout le monde se connaît,
et tout le monde s'entraide.
Quand il y a peu d'habitants,
on se doit d'être plus proche des autres.
Je pense que c'est primordial.
Donc on se sent moins seul dans un petit village perdu
que dans une grande ville ?
Oui, tout à fait.
Aujourd'hui, on fête le Midsommar.
On fait un grand feu,
les gens font des barbecues,
se relaxent et se rencontrent.
On est heureux d'être ensemble.
Et ça consiste à fêter la lumière,
ou fêter un saint ?
Qu'est-ce qu'on célèbre précisément ?
C'est un peu les deux.
On fête à la fois le solstice d'été,
et puis aussi, il y a pour certains,
quelque chose de religieux derrière cette fête.
De religieux, c'est-à-dire ?
Franchement, il faudrait demander à quelqu'un d'autre.
Ah oui, c'est religieux, mais pas trop.
Je ne pense pas trop à la religion, personnellement.
Pour moi, cette fête, c'est plutôt le solstice d'été.
Cette petite fête, toute paisible,
est en fait le fruit d'une tradition
qui remontrait au Moyen-Âge.
Durant cette nuit, qui est la plus courte de l'année,
certains racontent que les esprits et les démons
erraient dans les villages et les campagnes.
Alors, pour se protéger des démons,
on allumait des feux au croisement des chemins
et dans les champs.
Une habitude païenne
que l'Église catholique a voulu interdire.
En vain.
Alors, du coup, elle a décidé d'en faire une fête,
chrétienne, en l'honneur de Saint Jean.
Ce soir-là, on allume des feux de la Saint-Jean
dans tout le pays.
C'est marrant comme les Norvégiens aiment bien les hot-dogs.
C'est rigolo, il y en a partout.
Parce que c'est si simple.
C'est quand même le bonheur, ça, la Norvège,
un fjord magnifique,
un hot-dog impeccable et des gens sympas.
C'est ça, le bonheur.
Cette soirée a un petit goût de paradis.
Le calme des fjords
apaise l'âme.
Un peu plus loin,
le fjord de Guéranguerre
est si splendide
qu'il est inscrit au patrimoine mondial
de l'humanité.
Des parois vertigineuses,
des cascades fabuleuses,
c'est un univers
magique.
Magique,
mais qui cache un lourd secret.
Derrière ce calme apparent,
il y a
comme une menace,
un danger,
que les Norvégiens connaissent,
mais dont ils parlent peu.
Deux d'entre eux,
de figures de la région,
ont accepté de m'emmener
pour aller voir.
De m'emmener en bateau,
de remonter le fjord,
pas tout à fait aussi paisible
qu'il n'y paraît.
Quand j'utilise le bateau,
c'est pour inspecter
l'état des montagnes.
En 2005,
des randonneurs
ont remarqué
que la faille au sommet
de la montagne
s'était élargie.
Beaucoup d'études ont été faites
pour savoir
quel volume de la montagne
pourrait tomber dans le fjord.
Car si un flanc de montagne
se décroche
et tombe dans ce fjord,
ça pourrait créer un tsunami.
Un tsunami, c'est-à-dire
une vague énorme
qui déferlerait
dans le fond du fjord
et qui serait très dangereuse
pour les villages car ils sont
souvent au niveau du fjord.
Une vague de quelle hauteur ?
Elle pourrait faire jusqu'à 84 m
dans le village où nous avons embarqué.
C'est fou.
On voit le fjord extrêmement calme.
C'est même l'image
de la paix, de la tranquillité,
ces paysages.
On n'imagine pas du tout ça.
Il y a plusieurs fjords comme celui-là,
surveillés en permanence
par les scientifiques.
Des tsunamis en Norvège,
il y en a déjà eu.
1905,
1936
sont des années de terribles catastrophes
dans les fjords.
Alors depuis,
on est en alerte.
Certains pensent qu'un nouveau tsunami
se produira.
Inéluctablement,
dans moins de 100 ans.
A guerre en guerre,
on surnomme même cette montagne
la montagne
de la mort.
C'est cette grosse roche tout là-haut,
un peu pointue,
qui risque de tomber, c'est ça ?
Tu vois la neige là.
Tu la remontes
vers le haut de la montagne.
C'est toute la zone à droite
de cette coulée de neige.
Ce n'est pas la roche qui est là-haut,
c'est toute cette grosse masse verte
qui peut glisser dans l'eau.
C'est un énorme glissement de terrain.
Ça fait environ 1000 m de haut
et 700 m de large.
Là, c'est vrai qu'on se rend compte
de la masse que ça représente.
Quand on a vu cette menace,
on ne voyait plus
le fjord du Mémeuil.
Oui, c'est sûr.
Mais il n'y a pas
d'inquiétude à avoir.
Notre système d'alerte
fonctionne très bien.
Tu peux te baigner tranquillement.
Moi, je suis autant
impressionné par la puissance
de la menace
que par la puissance de votre
confiance dans la technique
et dans la surveillance.
Je suis sûr du système.
Sûr d'être prévenu à l'avance
grâce aux outils de mesure.
J'ai une confiance totale.
Vous, votre maison,
vous l'avez construite
à quelle hauteur sur la pente
pour voir si ça sera plus haut que la vague ?
J'ai fait construire ma maison
85 m au-dessus du niveau de la mer.
Et comme la vague fera 84 m
dans le pire des cas,
moi, je suis tranquille.
Ah oui, donc vous n'avez pas tout à fait confiance
puisque vous l'avez construite juste au-dessus de la vague.
J'ai fait bâtir à cette altitude
surtout pour l'ensoleillement et la vue,
pas par peur de la vague.
Et vous, vous vivez à quelle altitude ?
180 m au-dessus du niveau de la mer.
Donc, je suis en sécurité.
Stoïque comme un Norvégien,
je décide donc de poursuivre mon périple
dans les fjords.
Mais à ma façon,
en train.
Ça, vous voyez tout de suite,
c'est la Norvège
parce que les gens ont envie de parler à voix basse.
Et dehors,
le train est moderne,
nickel, propre,
impeccable, un peu froid.
Et dès que vous rentrez,
il y a une petite ambiance douce
avec, vous voyez,
une lumière tamisée, du bois partout,
des couleurs qui n'agressent pas l'œil.
C'est cosy.
Voilà, tout de suite.
Quand je vous disais que c'était cosy, douillet,
agréable, regardez ça.
Hello, bonjour.
Bonjour.
Vous faites envie, là, franchement.
C'est la meilleure place.
Oui, c'est vraiment la meilleure place du train.
Et alors, qui est-ce qui...
En fait, ça roule, en fait, ça.
Je peux venir près de vous ?
Oui, assieds-toi.
On peut faire salon.
C'est formidable, ça.
Regardez ça, si on est bien.
J'adore ce train.
Franchement, on est bien.
C'est une manière très agréable de voyager.
Alors, il est super confortable,
mais il est un peu lent.
On met 8 heures pour faire 500 km.
Pourquoi avez-vous choisi ce moyen de transport
plutôt que l'avion ?
En fait, il n'y a pas d'aéroport
là où on va.
La seule alternative
serait d'y aller par la route.
Mais là, nous partons faire
une randonnée de 4 jours en montagne.
Et notre point d'arrivée ne sera pas
notre point de départ.
Donc, ce ne serait pas pratique.
Ah, c'est génial, ça.
Et vous avez déjà mis
vos chaussures ?
Oui, on a mis les chaussures.
Et on a juste pris un petit sac à dos.
D'accord.
Donc, pour être un bon Norvégien,
il faut quand même être sportif et un bon marcheur.
Oui.
Il faut être comme ça.
Mais bon, on va quand même s'arrêter
dans des refuges de montagne pour dormir
et se préparer à manger.
Ce sont des refuges confort et cosy,
mais ça reste simple.
Ah oui, ça, c'est un truc que j'ai remarqué.
On aime bien le confort,
on aime bien ce qui est douillet,
mais il ne faut pas que ce soit bling-bling.
Comment vous expliquez ça ?
Ici, en Norvège,
on a un côté discret.
On évite tout ce qui est tape-à-l'oeil.
Je pense qu'il y a
moins de gens qui sont bling-bling
en Norvège qu'en France.
Vous avez dit
qu'ici, il faut être discret.
Pourquoi il faut être discret ?
Pourquoi il ne faut pas un petit peu de folie,
un petit peu de brillant, un petit peu de doré ?
Pourquoi il ne faut pas de bling-bling ?
Ça vient sûrement du fait que la Norvège
est une ancienne société de paysans.
Oui, aujourd'hui,
on a une très grande classe moyenne aisée.
La plupart n'aiment pas montrer sa richesse.
C'est vrai.
Par exemple, dans ce wagon,
il n'y a rien de très luxueux.
Mais on y est bien.
Donc oui, on aime cette combinaison
de confort et de simplicité.
C'est un peu notre marque de fabrique.
Très bien.
Merci beaucoup.
Vous avez vraiment pris la meilleure place.
Oui, ce n'est pas faux.
Bon voyage.
Merci.
Le voyage est donc long
et confortable.
Mon but est d'aller voir
à quoi pourrait ressembler une ville norvégienne,
mais une ville
en bordure de fjord.
J'ai décidé d'aller visiter
la plus célèbre d'entre elles,
après une correspondance à Oslo,
d'aller à Bergen,
l'ancienne capitale de la Norvège.
Cette ville est charmante, absolument charmante.
Vous voyez, tout le charme est là.
Ces maisons de bois
colorées qui se lovent
autour du port
et du fjord,
qui étaient autrefois des entrepôts
et des habitations autour du port.
Elles illuminent la ville
par leurs couleurs.
D'ailleurs, regardez attentivement.
Ce que vous voyez là
est absolument exceptionnel.
Regardez bien.
On le voit rarement.
Pourquoi ?
Parce que Bergen, c'est tout simplement
la capitale européenne
de la pluie.
Il pleut en moyenne ici
2 jours sur 3.
C'est-à-dire qu'une journée de beau temps,
avec des maisons de bois lumineuses comme ça,
c'est exceptionnel.
Il tombe à Bergen, en moyenne annuelle,
en hauteur d'eau, 2,50 mètres d'eau,
soit 4 fois plus
qu'à Paris.
Donc profitez bien du spectacle.
Il y a les maisons de bois
version ville,
mais mes préférées,
ce sont les maisons de bois
version campagne.
En Norvège,
elles se fondent délicieusement
dans le paysage.
Alors ça,
si je devais un jour
trouver une maison en Norvège,
je prendrais une maison avec
un toit comme ça,
vert, voire même fleuri.
C'est vraiment très joli.
Il y a des petites
violettes qui poussent,
et des herbes folles.
J'adore ça.
Là, elles sont
toutes les maisons
à un toit végétalisé.
Hello ! Bonjour !
Bonjour !
J'adore vos maisons.
Surtout le toit de vos maisons.
Tu ne peux pas les emmener chez toi.
Je peux les voir ? Oui, bien sûr.
C'est rigolo.
Pourquoi on fait pousser de l'herbe
sur les toits des maisons par ici ?
Ça donne un petit côté naturel
à la maison.
Mais à l'origine, ces toits,
c'était parfait pour l'isolation.
La chaleur ne pouvait pas
s'en échapper.
Et vous laissez pousser l'herbe
comme ça vient, ou vous mettez des graines ?
Non, non, non. Celui-là,
on a pris la terre et l'herbe
du champ d'à côté.
Et au bout d'un an,
l'herbe avait poussé
et montait jusque-là.
C'était incroyable.
Et depuis, je n'ai rien fait.
C'est le temps et la nature
qui font le reste.
Viens voir ce toit à côté.
Il a été fait il y a 20 ans.
Tu sais, quand on construit
des maisons en bois,
il faut un toit très lourd.
Alors on met beaucoup de terre
sur le toit pour bien tasser
l'ensemble.
Ça fait pression sur les rondins
qui forment les murs.
Ça les maintient bien ensemble
et permet d'avoir une maison
bien isolée et résistante au vent.
Les toits végétalisés en Norvège,
ça fait plus de 800 ans
qu'on les utilise.
Très intéressant.
Et à l'intérieur, ça crée
une atmosphère particulière ?
Bien sûr.
Viens voir.
Je suis curieux.
On se sent comme dans un petit cocon
tout douillet.
C'est un peu différent du chalet.
Il y a ce côté très protecteur
qu'on ressent tout de suite.
Disons que cette atmosphère
est peut-être créée
grâce à ces vieux objets
que j'ai chinés un peu partout
et que j'ai rassemblés.
C'est adorable chez vous.
C'est très joli.
J'ai remarqué qu'avoir
une petite maison dans un endroit
très reculé, dans les fjords,
dans la montagne, loin de tout,
il y a beaucoup de Norvégiens qui ont ça.
Ah oui.
Vivre en pleine nature,
c'est important pour la plupart des Norvégiens.
Je pense qu'en effet,
on est le pays à avoir le plus
de résidences secondaires en Europe.
Mais on pourrait se dire,
quand on habite en Norvège,
si on a envie d'une petite maison,
on va plutôt la prendre là où il fait chaud,
en Espagne, en France, en Italie,
pour des vacances,
pas dans un endroit encore plus au nord
où il fait encore plus froid.
La chaleur n'est pas aussi importante
pour nous que pour vous, je pense.
Vraiment ?
Oui. D'ailleurs, il y a un historien norvégien
qui disait que les Norvégiens
sont des gens très étranges,
car quand les glaciers ont fondu
et remontaient de plus en plus au nord,
à l'ère glaciaire,
eh bien les Norvégiens, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
Ils les ont suivis.
Ah oui, donc ils ne peuvent pas se passer
du froid et des glaciers.
Je pense bien.
La vie dans les fjords
possède un charme auquel je ne m'attendais pas trop.
Il y a visiblement ici
du plaisir
à réussir à vivre bien
dans cet environnement
splendide,
mais si rude
à la mauvaise saison.
Réussir à rendre la vie belle
malgré tout.
Et j'ai envie de pousser
encore plus loin,
de reprendre un train,
puis un bateau
pour aller
là où l'on est encore plus isolé,
au-delà des fjords,
sur des îles perdues.
J'ai rendez-vous avec un pêcheur
pas comme les autres,
sur la petite île d'Eligveur,
au bout du monde.
Ce que j'aime bien en Norvège, c'est que
même dans les endroits les plus reculés,
les îles du bout du monde, c'est toujours adorable.
Tout propre, tout...
Comme dans un film.
Partout.
Hello !
On m'a dit en bleu de travail. Bonjour !
Sven Magnus.
Bienvenue. Merci.
Ah, c'est adorable ici, c'est adorable.
Je me disais qu'où qu'on aille en Norvège,
c'est mignon, c'est beau,
c'est propre, c'est entretenu,
c'est dingue.
C'est vrai. Et en plus, il va faire beau aujourd'hui.
Ça va être parfait pour visiter l'île.
Et vous, vous vous appelez Sven Magnus ?
Sven Magnus.
Mais Magnus en latin, ça veut dire
Le Grand, donc vous êtes Sven Le Grand ?
Oui, je me sens comme ça.
Très bien.
En plus, vous comprenez le français ?
Non.
Mais si !
C'est bien, je crois qu'on va passer un beau moment.
Il y a combien d'habitants sur cette île ?
Une centaine.
C'est la route principale, c'est la highway.
Oui.
C'est la route principale.
Elle fait un kilomètre de long.
Tu sais,
il y a peu de voitures ici.
Je suis très jaloux.
Je comprends.
À chaque fois qu'on a de la visite,
on nous dit ça.
Mais là, est-ce qu'on ne le voit pas
dans des conditions un peu exceptionnelles ?
C'est-à-dire, à la fois il fait jour,
ce qui n'est pas toujours le cas,
et il fait beau, et il ne fait pas trop froid.
C'est vrai qu'on n'a pas ce temps très souvent.
Disons que ça arrive
15 ou 20 jours par an.
J'ai de la chance, alors.
C'est super.
Souvent, je me mets
exactement là où tu te tiens,
et je contemple le paysage.
Je peux rester des heures ici
et ne rien faire,
juste regarder.
Ça me fait énormément de bien.
C'est vrai que c'est le silence,
les oiseaux,
l'eau très calme,
que des lignes horizontales,
rien de brutal,
rien qui agresse l'œil,
du vert, du bleu,
tout y est.
Et alors, votre poisson,
très spécial, il est où ?
Pour ça, il faut qu'on descende
juste là en bas. Tu veux y aller ?
Ce que je vais te montrer,
c'est un poisson vraiment vieux.
Un poisson vieux ?
Mais comment ça, un vieux poisson ?
Oui, un vieux poisson
qui date de plusieurs années.
Dans ce tonneau, il y a du poisson
vieux de 6 ans.
Non, c'est une blague.
Est-ce que tu te sens vrai ?
Vous me dites ça comme si ça allait être
une épreuve terrible.
Non,
ça ne sera pas terrible,
mais plutôt inhabituel.
Tu veux voir ?
Mais ça sent très mauvais.
Mais non, ça sent bon.
Mais c'est dans quoi ?
Il trempe dans quoi, le poisson ?
Dans de la saumure.
Mais là, il n'a pas du tout pourri.
En 6 ans ?
Ça, j'arrive pas à le croire.
Grâce au sel.
C'est le sel et le sang ensemble
qui font que ça ne pourrit pas
et que tu peux le conserver si longtemps.
Il est vraiment sans bactéries
et délicieux.
Tu veux le goûter ?
Le goûter comme ça, cru ?
Si je peux le faire,
tu peux aussi.
Et qu'est-ce que c'est comme poisson ?
Du lieu noir.
Vas-y, mange-le.
C'est un bloc de sel.
C'est vrai qu'une fois
qu'on sait qu'il ne faut pas
faire trop attention au sel,
il y a un petit goût de poisson
qui est pas mal, comme un carpaccio.
Il y a une grande différence
entre ce qu'on sent quand on ouvre le tonneau
et ce qui se passe là.
Moi, je trouve que ça sent bon.
Alors ça, on ne sera pas d'accord du tout, jamais.
Et alors, jusqu'à combien de temps
vous pouvez les garder comme ça ?
J'ai entendu dire
que certains le gardent 15 ans.
Ah oui ?
Il n'y a pas vraiment de limite, je pense.
C'est une méthode de conservation
très ancienne.
A l'époque, on manquait de bois.
C'était difficile de cuire
les aliments.
Donc, on le mangeait comme ça, cru,
sur une tranche de pain.
Les mouettes, elles, elles adorent
parce qu'elles sont toutes là en train d'espérer
un petit morceau.
Non, elles n'aiment pas ça.
C'est trop salé pour elles.
On apprend des choses très intéressantes.
Les mouettes norvégiennes
n'aiment pas le poisson salé.
Je pense qu'on progresse, quand même.
Le poisson de Sven Magnus
ne se vend pas.
Il est même invendable.
Il ne remplit pas les normes d'hygiène.
Mais il se donne.
Et il y a beaucoup d'amateurs.
Je reprends le train
et je décide de retourner
dans le monde des fjords.
C'est là.
Là, c'est le bar. Très important, le bar.
C'est là que tout se sait.
Bonjour.
Je suis vraiment curieux
parce que dans un train, dans le bar,
c'est là qu'on apprend beaucoup de choses
sur la façon de vivre des gens du pays.
C'est vrai.
Oui, vraiment.
Alors, qu'est-ce qu'on peut apprendre ici
sur la vie des Norvégiens ?
Alors là, par exemple,
c'est le traditionnel en cas norvégien,
la saucisse.
Les Norvégiens n'aiment pas trop essayer de nouveaux plats.
Ah oui ?
Quand ils voyagent, ça doit être rapide,
pas cher et facile à manger et à boire.
Là, tu vois, je sers un burger
avec de la viande d'élan.
De l'élan ?
Oui, de l'élan. Et je dois en avoir...
Regarde, ça ressemble à ça.
Tu vois, il y a du lard et de la viande d'élan.
De l'élan ?
On mange de l'élan ?
Mais l'élan,
c'est pas une espèce protégée ?
C'est des élans d'élevage ?
Non, ils sont sauvages.
Mais en Norvège, on a le droit de les chasser.
Donc là, il y a des produits de la chasse ?
Et ceux-là sont vraiment préparés pour le train.
Bon, OK.
Et alors, ça a beaucoup de succès, ça ?
Ça, oui, énormément.
Je suis souvent en rupture de stock.
Il y a beaucoup de voyageurs qui,
dès qu'ils montent à bord,
viennent tout de suite me le réserver
pour le manger plus tard pendant le trajet.
Parce que c'est très demandé.
Vous avez l'air content d'être le...
Le maître.
À bord de ce bar.
Oui, parce que la météo n'est jamais la même
et la vue est toujours différente.
Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir.
Je suis ravi d'avoir cet environnement de travail
et je ne voudrais absolument pas en changer.
Merci beaucoup.
Je vous souhaite beaucoup de bonheur
sur cette ligne merveilleuse.
Vous êtes là jusqu'à votre retraite ?
J'en serais ravi.
Vraiment ? J'espère bien.
Je vous le souhaite alors.
Merci beaucoup.
De rien.
Me voilà de nouveau
dans le monde merveilleux des Fjords.
Et ici,
les plus grandes surprises
ne se trouvent pas forcément
dans la nature.
Il suffit parfois d'entrer
dans une petite supérette.
Il se passe un truc.
Bonjour.
Je vous ai vu un petit peu surpris
avec ce client tout à l'heure.
Non, c'est un ami.
C'est un viking.
Vous le connaissez ?
Oui, bien sûr.
Ici, tout le monde le connaît.
C'est un vrai viking ?
Oui, c'est une star.
Je vais aller le voir.
Merci.
Bonjour.
Apparemment,
vous êtes une star ici.
Je m'appelle Olaf.
Olaf.
Le monsieur là m'a dit
que vous étiez un vrai viking.
On peut dire ça.
Mais est-ce que la place
d'un vrai viking est dans un supermarché
en train d'acheter de la sauce tomate ?
Nous, les vikings,
on s'en tient au poulet,
à l'élan, au porc,
aux poissons.
Mais le ketchup, on ne connaît pas.
C'est exotique pour nous.
Qu'est-ce qu'il y a dans votre sac ?
Je peux regarder ?
Mais ce n'est pas du tout.
C'est des pâtes.
C'est un truc artificiel, ça.
Du poulet.
Oui, j'aime le poulet.
Mais je ne mange pas
ceux du village.
Car on les aime trop.
On les a même baptisés.
Donc alors,
vous êtes un vrai viking
qui aime ses poulets
et qui ne les tue pas
et qui donc mange du poulet
sans gluten et à l'ananas.
Disons que ma femme mange sans gluten,
alors j'ai acheté la nourriture ici.
Mais si j'étais un vrai viking,
un vrai de vrai,
j'irais plutôt voler la nourriture
en Angleterre, en Écosse ou en France.
Car c'est ça que les vikings faisaient
finalement.
Et puis, ils chassaient aussi.
Donc j'ai de la chance que vous ne soyez pas
un vrai viking tout à fait,
parce qu'en tant que français,
vous m'auriez déjà dépouillé.
Oui.
Très bien, je sens qu'on va bien s'entendre.
Mais alors, vous êtes qui exactement ?
C'est une longue histoire.
Écoute,
j'ai bientôt fini mes courses.
Suis-moi au village.
Je vais le suivre.
J'accepte l'invitation.
J'essaye de montrer qu'en français,
jamais on ne tremblera
devant un viking.
Passage encaisse.
Et je découvre
le plaisir de marcher
paisiblement le long
d'un fjord
avec un redoutable guerrier du nord.
Tu sens l'odeur ?
C'est quoi ?
Ce sont des orties.
On va en faire une soupe.
La soupe ?
Mais ça pique.
Non.
Sur la main comme ça, ça fait mal.
Mais si tu les prends comme ça, ça ne fait pas mal.
Parce qu'il y a un sens pour les caresser.
Et vous les mangez ?
Mais vous allez vous brûler la langue.
Mais c'est extrêmement dangereux.
Quand je pense le nombre de fois
que je me suis piqué les jambes dans les orties
quand j'étais gamin,
alors l'idée de le mettre dans la bouche...
Non, ça ne fait rien.
Mais c'est horrible.
Je pense aux enfants qui regardent.
Ne faites pas ça.
C'est complètement fou, ça.
Et est-ce que les vikings mangeaient des orties
accompagnées de poulet sans gluten
à l'ananas ?
J'ai encore appris des choses folles
sur les vikings.
Là, c'est mon village viking.
C'est là
qu'est ma maison.
C'est une grosse communauté.
Il y a combien de vikings par ici ?
Environ 70.
Certains vivent ici
toute l'année.
Donc c'est des gens qui vivent
comme des vikings ?
Oui, ce sont des gens
qui sont passionnés par le monde viking.
Ils vivent comme des vikings.
Ils ont cette époque
comme passion.
Et tous ceux qui sont là en général
ont étudié pendant des années.
Et pour eux, c'est bien
parce que c'est un endroit
où on peut vivre comme à l'époque.
Et vous, vous avez quel rôle
dans cette communauté ?
Je suis le holding.
C'est le terme qui veut dire maire.
En fait, je suis au sommet
de la hiérarchie.
C'est un peu comme un roi.
Et si on ne l'avait vraiment été à l'époque viking,
toutes ces maisons-là,
elles m'appartiendraient.
Et tous les gens qui vivent ici,
je les posséderais aussi.
Chacun serait là selon ma volonté.
Je ne savais pas.
Et en tant qu'étranger,
est-ce que je ne vous ai pas manqué de respect
en vous abordant de manière un peu cavalière ?
Tu sais,
on n'est plus autant des vikings.
Mais si j'avais vécu à cette époque,
déjà, le chef que je suis
ne serait jamais allé au magasin tout seul.
Il aurait eu un garde du corps,
voire deux ou trois.
Et si tu m'avais importuné,
je te jure que mes gardes du corps,
ils t'auraient botté le cul direct.
Ah, moi, j'ai eu de la chance, alors.
Je suis arrivé à la bonne époque.
Très bien.
C'est étonnant, cette communauté, quand même.
On peut aller voir un petit peu ?
Oui.
C'est la maison de l'homme
le plus important du village.
Ici, c'est lui qui fabrique les armes.
C'est lui qui fabrique les outils.
Sans forgeron,
l'empire romain n'aurait
probablement pas existé,
ni même les vikings.
Ah oui, il y a un vrai forgeron,
avec une vraie forge.
Salut, Ernest.
Je te présente un Français rencontré à la boutique.
Bonjour.
Je ne sais pas comment on dit bonjour.
C'est la première fois que je serre la main
d'un viking forgeron.
Ce qui m'épate, quand même,
c'est que vous avez vraiment une tête
de viking.
Le look, la tête, l'attitude...
Merci.
Je prends ça comme un compliment.
C'est juste moi.
Je me sens bien comme ça.
Ça me définit bien.
Pourquoi vous aimez ça ?
Qu'est-ce qui vous plaît tant que ça ?
Ce qui me plaît chez les vikings,
c'est la même chose qui me plaît
dans le travail de forgeron.
D'un côté, je fais des choses très détaillées,
très fines et précises,
comme des bijoux ou des ornements.
Et d'un autre, je fais aussi des choses
plus brutes, massives,
comme des armes de guerre ou des outils.
Tu vois, être viking ou être forgeron,
c'est pareil.
C'est à la fois de la finesse et du rustique.
La finesse, c'est le rustique.
C'est ce que vous aimez.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Le boss est en train de vous piquer une hache.
Vous en avez conscience ?
C'est lui, le chef.
Il peut prendre tout ce qu'il veut.
Ça paraît un peu fou,
mais vous vivez vraiment ici ?
Oui.
Bienvenue dans ma chambre.
C'est là que je vis,
été comme hiver.
Il fait sombre.
Je peux arranger ça à la manière viking.
J'adore ça.
C'est le briquet viking.
Ça allume.
C'est magique, ça.
C'est grâce à la magie de l'acier.
Il faut toujours avoir un ami forgeron.
Ça aide pour faire des armes
et du feu.
Et donc, ça, c'est votre chambre
où vous vivez ?
Ça, c'est votre lit, par exemple ?
Oui, je dors ici environ
300 nuits par an.
Mais quand il fait froid,
genre moins 10 ou moins 20,
j'avoue, je vais plutôt dans une maison moderne.
Alors, vous dormez sur quoi exactement ?
C'est de la peau de bête ?
Ah, c'est moelleux !
Ça, c'était viking, ce moelleux ?
Oui, c'est un moelleux moderne, ça.
Je triche un peu.
Je suis dur à la surface,
mais doux dans mon lit.
Ah oui ?
Ah, mais je sais aussi être dur au lit.
D'accord.
Bon, très bien, mais je ne veux pas préjuger
de l'hygiène du viking, mais je ne vois pas de salle de bain.
Non, c'est un secret.
Parce que c'est un peu moderne.
Mais alors, est-ce que les vikings étaient vraiment...
Parce que nous, en Europe,
plus au sud, on a une vision
des vikings comme étant vraiment
des durs, des bruts, sanguinaires.
Est-ce que vraiment c'était ça ?
Il y a un peu de vrai.
Mais il faut savoir
qu'à cette époque, tout le monde était violent.
La violence était quotidienne
sur Terre.
Les vikings étaient très efficaces
au combat.
Et de ce qu'on a écrit sur eux,
globalement, on a retenu que les choses
les plus négatives.
Mais tous n'étaient pas si violents.
Et vous, vous êtes épouvantablement violent ?
Non.
Seule moi, ça m'est passé.
Enfin, sauf
quand j'ai faim.
Et là, vous avez faim ?
Oui, là, il faut y aller.
Chez les vikings,
il faut toujours écouter le chef.
Quand le chef a faim,
tout le monde mange.
Me voilà donc invité
pour le dîner,
au menu soupe aux orties
façon viking.
C'est bien, il est courageux.
Merci.
Il y a une règle
dans le mode de vie viking.
C'est de ne pas être poli.
Quand la nourriture est chaude, on la mange.
Ça, j'aime bien, cette règle.
C'est un de mes plats préférés,
parce qu'il y a beaucoup de fer.
Oui, ça nourrit bien le forgeron.
Elle est bien, cette soupe.
On ne sent pas du tout que c'est de l'ortie.
C'est de la poitrine de porc
avec des pommes
et du miel.
Vous êtes française ?
Oui.
Qu'est-ce que vous faites là ?
J'ai rencontré
un viking.
C'est pour ça.
C'est l'histoire d'amour.
Je suis venue par moi-même,
parce que j'étais déjà passionnée
par les vikings.
J'ai été accueillie et acceptée très vite.
Maintenant, c'est ma famille ici.
J'ai trouvé une nouvelle famille ici.
Ça fait combien de temps que vous êtes viking ?
Ça fait à peu près 15 ans.
Incroyable.
Je ne pensais jamais un jour parler français à une viking.
C'est complètement inattendu.
Qu'est-ce qui vous plaît dans la culture viking ?
J'imagine qu'au départ,
ce qui m'a attirée, c'est peut-être
la mauvaise réputation des vikings.
Vous aimez les bad boys.
Je pense qu'il faut se l'avouer.
Mais après, quand on s'intéresse
de plus en plus à l'histoire
et à la culture,
on se rend compte qu'il y a beaucoup plus
derrière que cette mauvaise réputation.
Cette mauvaise réputation,
c'est surtout parce que
l'histoire a été écrite par ceux
qui étaient attaqués par les vikings.
Parce que les vikings n'écrivaient pas.
On a très peu de choses
qui ont été écrites
par les vikings directement.
Ça, c'est le lard aux pommes.
Mais c'est vraiment très bon.
C'est subtil.
Et c'est sans gluten.
La grande morale de cette histoire,
c'est que les vikings ont
beaucoup d'humour.
Oui, toujours.
Mais maintenant,
je voudrais lever mon verre
à notre invité.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est une sorte de vin blanc
fait à base de miel.
C'est de l'hydromel.
On fait souvent «skol» chez les vikings.
L'avenir des vikings en France.
C'est pas mal aussi, ça.
Ça a le goût de miel,
mais en liquide et alcoolisé.
Donc avec modération également.
Ce que j'ai adoré dans ce pays,
c'est la subtilité
dans la rudesse.
C'est le goût immodéré des Norvégiens
d'essayer de construire
lentement, avec humour,
avec modestie,
avec finesse,
de construire un univers doux
dans un environnement rude.
À prouver coûte que coûte,
au prix d'efforts infinis,
qu'on peut réussir à vivre
bien, ensemble,
même si au départ,
le pari semble si difficile.
La Norvège
est bien plus
qu'une sublime carte postale.