Comprendre les couleurs grâce au génie impressionniste - Fondamentaux

Vagabond des Couleurs
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00:00 Introduction
01:18 Étude de l'original
02:48 Premier lavis
07:10 Meules
12:58 Arrière-plan
21:15 Détails et ajustements
26:32 Bilan
Hello, hello ! Aujourd'hui nous continuons notre exploration de la couleur des ombres
en extérieur
et nous allons passer à la partie pratique.
La vidéo de la semaine dernière vous présentait théoriquement
comment la couleur du ciel influençait la couleur des ombres
en extérieur. Vous avez fait cette magnifique oeuvre d'art.
Vous voyez un paysage enneigé
où le soleil
donne une couleur chaude à la neige
illuminée
mais où le ciel bleu donne une couleur bleutée
à la neige
dans l'ombre du sapin.
C'est à peu près la seule chose qu'il faut retenir en tout cas pour un niveau
disons fondamental. Je vous avais dit aussi qu'il y avait des exceptions, etc.
Je ne vais pas revenir dessus.
Aujourd'hui je vous propose qu'on essaye
bien modestement, à notre manière,
de reproduire le tableau de Monet
des meules
au coucher du soleil.
C'est parti !
Alors comme d'habitude un croquis est disponible via un lien dans la
description.
Je vous conseille
fortement de décalquer encore plus que d'habitude
parce que ça paraît rien ces deux meules mais il faut absolument les
bonnes proportions sinon ça ressemble à rien.
Alors le but du jeu aujourd'hui c'est donc de reproduire ces meules.
C'est vraiment pas une mince affaire.
La première chose qu'on peut remarquer c'est qu'il y a un très faible contraste
de valeurs.
On a une plage dynamique restreinte
et je vous avais déjà dit il y a pas mal de temps quand on parlait des valeurs
qu'avoir une plage de valeur restreinte ça donnait une ambiance assez sereine
et c'est en partie pour ça que ce paysage dégage une tranquillité,
cette sérénité de coucher de soleil.
On n'a pas des contrastes agressifs
et vous voyez notamment que les ombres
quand on passe l'image en noir et blanc
elles sont à peine perceptibles.
Alors regardez bien l'ombre derrière la grosse meule.
Elle est vraiment pas contrastée.
Et ça il va falloir le garder en tête. Le contraste il est quasiment purement
dans la couleur.
Il n'est pas dans la valeur, il est dans la couleur. On voit aussi ça
dans la partie illuminée des meules.
Regardez la partie à droite des meules.
Et bien en fait là on n'a pas du tout l'impression que c'est illuminé.
Dès que je repasse en couleur, hop !
Elle brille de cette teinte rose.
Et donc c'est vraiment le contraste entre cette teinte rose
et la teinte plutôt bleutée, violette de l'ombre
qui donne cette impression de lumière.
Donc finalement tout est d'une valeur assez moyenne
et il va vraiment falloir doser les couleurs
pour qu'on ait cette impression d'ombre et de lumière.
Ok trêve de bavardage, on va s'y mettre tout de suite.
Et ce qu'on va faire c'est qu'on va commencer par un lavis purement ocre.
Alors pourquoi j'ai fait ça ?
Parce que comme je vous l'ai dit il n'y a pas vraiment de zones qui sont très lumineuses.
Donc on va commencer par
se débarrasser de tout le blanc du papier.
Et ce tableau il a
une ambiance, une température vraiment chaude.
Il a une dominante ocre rosée.
Donc on va commencer tout de suite par poser cette dominante.
Et ensuite on va venir tout peindre par-dessus.
Que ce soit les lumières ou les ombres.
Vous voyez d'ailleurs particulièrement bien ça dans le ciel.
Le ciel il a aussi une dominante chaude.
Et par-dessus on a du bleu.
Donc hop, je vais tout mouiller
et passer une bonne couche ocre.
Voilà, je ne vais pas attendre que ça sèche
et je vais venir passer de l'outre-mer dans le ciel.
Comme ça, ça sera fait.
Alors là, vous allez me dire
Outre-mer plus ocre,
ça va donner du vert, ça va donner un ciel vert.
Eh bien non, ne paniquez pas.
Quand on regarde le triangle des mélanges,
ocre c'est ici, outre-mer c'est ici.
Ce sont deux couleurs qui sont quasi parfaitement opposées.
Et donc ça va donner un gris
si on mélange de l'ocre et de l'outre-mer en proportion égale.
Vous voyez, pas de souci.
Alors le bleu, il est de plus en plus faible.
À mesure qu'on va vers la droite où se trouve le soleil.
Voilà.
Donc on a cette teinte bleue un peu métallique.
Ok, c'est toujours pas sec tout à fait dans la partie du bas.
Donc je vais venir ajouter des petites touches au pinceau.
Je pense que je vais prendre un gros pinceau quand même.
Alors l'herbe illuminée,
elle est certainement pas verte.
On l'avait déjà remarqué la semaine dernière.
C'est plutôt des touches de rose pastel, d'ocre,
d'orange même.
Et clairement reproduire ça, c'est pas une mince affaire.
On a vraiment le génie impressionniste qui se manifeste.
Donc on va faire un espèce de patchwork.
Nous de notre côté, encore une fois,
on essaie modestement d'étudier cette oeuvre,
de comprendre comment ça fonctionne.
On va certainement pas se retrouver avec un résultat à la hauteur.
C'est pas grave, c'est pas le but.
Donc je vais passer du rose comme ça,
dans les parties plutôt à la lumière.
Et je vais venir contaminer ça avec un peu de jaune
et de l'ocre
et une toute petite touche de vert.
Donc c'est un vert très chaud.
Vous voyez que je fais ça en petites touches, en patchwork.
Donc de l'ocre légèrement contaminé avec du vert.
Ok, alors les meules sont sèches à peu près.
Donc on va pouvoir attaquer.
On va commencer par la partie à l'ombre.
Donc on avait vu la dernière fois que les meules intrinsèquement,
elles sont probablement plutôt oranges.
Mais du coup, vu que là, elles sont éclairées dans leur partie à l'ombre
par la lumière du ciel bleu,
et bien on va devoir mélanger orange et bleu
et on va se trouver avec quelque chose de carmin, rose,
desaturé, légèrement violet, ce genre de choses.
Donc si je reprends le triangle,
la couleur intrinsèque, elle est probablement par là,
une espèce de terre de ciel.
La couleur du ciel, elle est par là.
Et du coup, pour obtenir la couleur de l'ombre,
il faut mélanger ces deux choses-là.
Comment on mélange sur le triangle ? On trace une ligne.
Et donc cette ligne, elle va passer par des carmins désaturés ici,
une espèce de violet.
Probablement la meule, elle a cette couleur-là,
intrinsèquement.
On met un peu plus jaune.
Et du coup, dans l'ombre, on rajoute du bleu.
Voilà.
Et on obtient ce genre de choses.
Donc, allons-y.
Je vais aller par petites touches comme ça,
en variant légèrement la couleur entre les touches.
En haut, il y a une partie qui est un peu plus verdâtre, légèrement.
Je vais rajouter une pointe de vert.
Et je laisse la partie
ensoleillée, la fine partie ensoleillée à droite.
Pour l'instant, je ne la touche pas.
On va s'attaquer à l'ombre maintenant.
Donc, l'ombre.
On a probablement ce champ à la fin de l'été
qui a une teinte intrinsèquement vert-jaune.
On peut imaginer de l'herbe jaunie.
Et du coup, quand on a cette herbe jaunie dans l'ombre,
on va obtenir une teinte de vert plutôt bleuté.
Et qu'on peut faire quelque chose comme un mélange de rose, de vert,
qui permet de désaturer le vert.
Hop, vert désaturé.
Et le passé, le bleu hir.
Par exemple, avec du bleu de phtalo, on pourrait utiliser de l'outre-mer aussi.
Voilà, je vais prendre un plus gros pinceau et je vais y aller.
On va essayer de reprendre une première tentative.
Première tentative d'ombre.
Hop, alors les bords sont assez flous.
L'aquarelle, c'est assez facile de faire ça.
Là, j'ai une ombre qui est assez uniforme.
Il y a énormément de nuances dans l'original.
On va essayer de toutes les refaire.
Mais il y a des zones qui sont un peu plus vertes.
Alors, ça ne veut pas dire qu'elles sont vertes,
mais elles tendent un peu plus vers du vert.
On va rajouter une toute petite pointe de vert sans exagérer
parce qu'il n'y a vraiment pas grand chose de vraiment vert.
C'est juste une impression.
Comme on avait vu la dernière fois, comme je vous le dis souvent,
le vert, on a très souvent tendance à trop le saturer.
Il ne faut pas grand chose pour que notre œil perçoive un vert comme saturé.
Ce n'est pas la peine d'en faire des tonnes.
OK, donc voilà pour cette ombre.
On va faire quoi maintenant ?
On va faire la deuxième meule.
Allez, tant qu'on y est.
Donc là encore, et même d'autant plus que la meule au premier plan,
on est vraiment sur une partie à l'ombre qui est très violette.
Ça tire vers le violet sans aucun doute.
En tout cas, en haut de la meule.
Alors pareil, je réserve la partie à droite qui est illuminée.
On va s'en occuper plus tard.
Sous la meule, on est sur une teinte plus chaude qui est peut-être due,
je ne suis pas sûr, mais c'est peut-être dû au fait que la meule en elle-même,
elle barre la lumière du ciel, la lumière diffuse qui vient du ciel.
Et finalement, la couleur de cette zone ici,
elle est contaminée par la lumière qui rebondit sur le sol
et vient frapper ensuite la meule par en dessous.
C'est une hypothèse.
Hop, et l'ombre, comme pour la grande meule,
on va faire une turquoise légèrement verte, mais pas trop.
Voilà, ça c'est déjà trop vert en fait.
Il ne faut pas hésiter à mettre beaucoup de bleu,
c'est vraiment la leçon à retenir.
À l'extérieur, les ombres ont tendance à être bleues,
bleues, désaturées bien sûr.
Ça reste des ombres, donc manque de lumière, ça veut dire désaturation.
Un bleu gris, flouter un petit peu la transition pour que ça soit plus naturel.
Ok, dans la partie au soleil, je vais mettre des petites touches roses,
pas trop saturées.
Avec un petit pinceau, je vais venir effacer les bords.
Vous pourrez aussi, pendant l'humide,
vous passer un coup d'eau claire sur la zone
et vous venez diluer des petites touches roses.
Tout simplement pour donner un peu de texture et ça enrichit la couleur.
Regardez bien le modèle, vous voyez à quel point la couleur est riche
et ça c'est juste une superposition de petites tâches bien senties.
Ok, cool, il est temps de faire l'arrière-plan
parce que l'arrière-plan, ça va nous donner une référence
sur à quel point il faut doser la couleur et la valeur des meules
pour qu'elles ressortent plus ou moins.
Donc les arbres, on a l'impression qu'ils sont verts.
On avait vu la dernière fois que ce n'est pas vraiment le cas en fait.
La partie au soleil des arbres, elle est plutôt ocre.
Ocre, orange, elle a une grande rigueur vert très jaune.
Et la partie à l'ombre, c'est plutôt du vert sapin sombre et très bleu.
L'ensemble, le contraste donne cette impression de végétation verte.
C'est l'arrière-plan, je ne vais pas être très précis.
Je vais faire des petites zones au soleil plutôt en haut et à droite de ces arbres.
Je ne vais pas me lancer dans des grands effets de texture.
Et dans l'ombre, un vert, mais on ajoute beaucoup de bleu.
Donc un mélange de vert, de bleu, de phthalo.
Et on n'oublie pas, c'est une ombre, donc il faut désaturer.
Je vais commencer par ajouter du brin van Dyck pour désaturer ce bazar.
Là, j'ai un vert bleu bouteille.
Je vais passer ça dans les ombres.
Je vais rester avec le gros pinceau, je vais y aller avec des petites touches comme ça.
Puis on va voir ce que ça donne.
Je ne regarde même plus trop le modèle.
Je passe juste dans les interstices que j'ai laissés.
C'est fou le niveau de détail qu'il y a sur cet homme.
On ne se rend pas compte en fait.
On ne peut pas se rendre compte, j'ai l'impression,
tant qu'on ne l'a pas regardé plusieurs heures en essayant de le reproduire.
Franchement, j'ai passé pas mal de temps à m'entraîner pour cette vidéo.
Parce que ça n'a rien d'évident.
Et plus je regarde ce tableau, plus je m'entraîne, plus je découvre des choses,
et plus je l'aime bien.
J'ai l'impression de le comprendre beaucoup mieux
que si j'avais juste passé 5 minutes devant dans un musée.
D'ailleurs, je crois que celui-là, il n'est pas au musée d'Orsay.
Je crois qu'il est au Chicago, il me semble.
Voilà, bon, je vais repasser un petit peu les transitions.
Je fais un peu n'importe quoi en espérant que ça va donner quelque chose.
Comme d'habitude.
Ouais, je passe autour de la meule quand même.
Pour être sûr d'avoir un petit contraste par rapport à la partie qui est restée,
pour l'instant ocre, et qui est directement illuminée.
Alors, dans ces arbres, il n'y a pas que deux couleurs.
Il y a aussi une teinte d'ombre qui est encore plus foncée.
On peut faire ça en rajoutant encore du bravandique par petites touches.
On essaie de s'inspirer, de reproduire cette touche impressionniste.
On a aussi l'ombre de ces arbres, donc là, on ne va pas être fainéant.
On va changer de couleur pour bleuillir ce vert désaturé.
Toujours parce que, ben voilà, on est dans une ombre et donc, ça prend la couleur du
ciel et on se retrouve avec une ombre un peu turquoise.
On a aussi cette ombre ici, assez légère, mais quand même.
On a une ici.
J'aime bien ma couleur là, c'est vraiment un turquoise qui est relativement saturé.
Je trouve que ça fonctionne bien pour l'ombre.
Hop, passer un coup sur la transition, encore une fois pour que ça soit un peu plus naturel.
C'est une ombre sur de l'herbe, donc c'est normal qu'elle ne soit pas complètement rectiligne.
On va revenir à la falaise à l'arrière-plan.
Je pense que la couleur de base de cette falaise, c'est un blanc légèrement rose.
Et donc maintenant, quand on ajoute la couleur du ciel qui vient légèrement éclairer l'ombre,
on obtient un violet foncé.
Donc là, j'ai un violet qui est trop saturé, mais je pense que ça va fonctionner parce
que j'anticipe.
Je sais que j'ai de l'ocre déjà sur ma feuille et violet, c'est plus ou moins opposé
à l'ocre sur notre triangle des mélanges.
Donc, par transparence, par glacis, mon violet là va être désaturé par l'ocre.
C'est la théorie, j'essaye, si ça ne marche pas, je corrige sur la feuille.
Mais ça marche.
Ça marche très très bien.
Voilà.
Donc un glacis en fait, un glacis violet sur une base.
Je suis un peu trop propre là.
La touche impressionniste qui vient donner de la texture.
Et là, on arrive sur la partie plus centrale de cette falaise qui se tourne vers la lumière.
Et donc, on est moins dans l'ombre.
Et donc, je vais faire disparaître cette teinte violette.
Et en haut de la falaise, on retrouve une impression en tout cas de vert jaune, de vert
chaud.
Même si en réalité, c'est plutôt du kaki, donc du jaune désaturé.
Je vais prendre de l'ocre et du jaune, et je vais le mélanger avec le violet jusqu'à
trouver quelque chose qui me convient.
Ouais, ça c'est pas mal.
On va essayer.
Voilà.
C'est important à retenir ça, j'ai déjà pas mal insisté dessus, mais le fait que
désaturé du jaune vous donne du kaki, c'est techniquement pas du vert, mais il y a beaucoup
de verts qu'on perçoit comme verts qui sont du kaki, du jaune désaturé.
Donc vous n'avez pas besoin de vert dans votre palette pour faire ces verts kaki.
Vous voyez que notamment dans ce cas là, c'est particulièrement pertinent pour toutes
les zones de végétation au soleil, la majorité de la végétation sur ce tableau des meules,
elle n'est pas verte, elle est kaki, donc jaune désaturé.
Ok, j'ai laissé quelques espaces, puisqu'on voit la falaise qui apparaît, la falaise
elle est plutôt rose, rose désaturée, rose pastel, je vais essayer ça, c'est pas mal.
Je pense que ça suffira pour ce qu'on veut faire, une étude, pour comprendre un petit peu.
Au fait, vous avez remarqué qu'il y avait une maison dans ce tableau ? Il m'avait fallu
du temps pour la remarquer la maison, je l'ai volontairement pas faite sur ma reproduction
parce que c'est pas le plus important, pour le propos du jour, qui est les ombres, mais
il y a une maison, en plein milieu, même plusieurs maisons, là aussi à gauche, on les devine.
Ok, c'est pas mal, regardez le ciel, ça rend pas mal, alors qu'on a vraiment peint du
bleu dans une couche d'ocre humide, c'était quand même pas gagné, a priori, mais vous
voyez que c'est bien.
Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? On peut faire les petites, je sais pas du tout ce
que c'est, mais il y a ces espèces de tiges, je sais pas, rochers, une petite botte de paille,
qui sont dans une teinte assez chaude, terre de sienne, ocre, au pied de la grosse meule.
On peut faire ça.
Elles ont une teinte intrinsèquement chaude, donc même dans l'ombre, en fait, c'est assez
chaud.
Elles sont aussi proches du sol, donc on a peut-être aussi l'influence de la lumière
qui rebondit sur le sol.
Je vais venir repasser à leur base dans l'ombre.
Je pense que je vais venir repasser même, voilà, pas mal de bleu sur l'ombre.
L'ombre me paraît trop verte, en fait.
Qu'est-ce que j'ai fait ? Alors il est temps d'attaquer la partie des meules qui est face
à la lumière.
Donc l'impression de lumière, elle vient pas tant du fait que la valeur est plus claire,
on a vu ça quand on est passé en noir et blanc, mais elle vient plutôt de la couleur,
donc un rose très chaud, rose orangé chaud, qui est assez saturé, qui contraste avec la
partie dans l'ombre qui est plus bleue.
C'est vraiment subtil, mais ça fonctionne très bien.
On va voir si on arrive à retrouver un résultat, un effet similaire dans l'autre version.
Voilà.
Je sais pas trop ce que ça donne, j'ai pas assez de recul.
Je vais repasser dans l'ombre légèrement une couche de violet.
Alors, pas trop rose, encore une fois, on rajoute du bleu parce qu'on est dans l'ombre.
Hop, hop, hop ! J'essaie de donner un petit peu des effets de texture, même si c'est
pas facile.
C'est aussi délicat, c'est une question que je me suis posée, de savoir quelles étaient
les couleurs de base, quels étaient les rendus de base.
Déjà, évidemment, les photos que vous avez ici du modèle sont numérisées, donc il
y a toujours une incertitude par rapport à comment ça a été fait.
Après, si vous allez voir les photos sur les sites officiels des musées, elles sont
relativement toutes délavées, désaturées, ce qui peut être dû à l'âge.
Donc c'est difficile de savoir comment était l'œuvre initialement.
Alors moi j'ai pas trop de doute sur le fait que ça a été dégradé, parce que si vous
voyez les originaux, c'est vraiment désaturé.
On a vraiment perdu de la couleur, mais peut-être que je me trompe.
Hop, je rajoute des couleurs, une petite touche de texture un peu plus vert-bleu.
C'est bien bleu, c'est pas vraiment vert, mais on est dans l'ombre.
On va réchauffer un petit peu quand on s'approche de la partie dans la lumière.
Je vais y repasser un petit coup, bien chaud, de terre de sienne, quelques endroits de la
transition.
Il ne faut pas hésiter à se reculer régulièrement, c'est un peu le principe de l'impressionnisme.
Ça se regarde de loin.
Donc là on a vraiment le nid dedans, du coup là personnellement je suis sur un petit
format.
C'est important de souffler, prendre du recul, réévaluer, avant de faire n'importe quoi.
Je vais passer un petit glacier très léger rose sur l'arrière-plan, pour uniformiser
le tout, notamment les parties des arbres qui sont au soleil ou à l'ombre.
Voilà, et après avoir pris un peu plus de recul, je pense que je peux foncer un petit
peu plus la partie à l'ombre de la meule de droite, légèrement.
Alors là on a un tauffet de trop-en-fer et de gouache.
Pour être un peu prudent, je vais passer un glacier outre-mer sur l'ensemble, y compris
la base.
Bon, bon, bon, cette ombre-ci elle est plus bleutée, vous voyez j'ai vraiment eu tendance
à ne pas faire les ombres assez bleues, c'est terrible.
Elles sont un peu trop vertes mes ombres.
Voilà, alors je vais pas faire un récap pendant des heures, on a un paysage à la
fin du jour qui est dans une dominante de tons chauds, c'est pour ça qu'on a fait
un premier lavis complètement ocre, pour donner ce ton.
Par contre, malgré cette ambiance très chaude, très chaleureuse, on a des ombres
qui sont dans une dominante bleue.
Alors là, les meules dans l'ombre ça donne du violet, la végétation dans l'ombre
ça donne du vert bouteille bleue, et l'herbe dans l'ombre ça donne du gris turquoise.
Donc toutes les ombres sont biaisées, ramenées vers quelque chose de froid, et ça physiquement
c'est parce que ces ombres sont éclairées par la lumière du ciel.
Voilà, alors c'était pas facile, mais je trouve que je m'en suis bien sorti.
On va pas aller plus loin aujourd'hui, on a fini les vidéos sur les ombres, j'espère
que vous avez bien compris maintenant comment ça fonctionne, en intérieur, en extérieur.
Demandez-vous toujours quelle est la source de lumière qui éclaire mon ombre, et quelle
est la couleur intrinsèque de l'objet que je peins.
Ne vous découragez pas si vous n'arrivez pas à obtenir un résultat à la hauteur
du tableau de Monet, c'est tout à fait normal, bien évidemment.
On essaye modestement à notre niveau de comprendre comment les maîtres percevaient les couleurs.
Moi ça m'a bien amusé de faire cette reproduction d'un tableau de maître, et je me dis qu'à
l'avenir ça peut être intéressant que je repasse ça.
En tout cas c'est tout pour aujourd'hui, c'est tout pour les ombres, et je vous souhaite
un joyeux Noël, il n'y aura pas de vidéo la semaine prochaine pour des raisons évidentes.
On se retrouve donc en 2025, on continuera, on terminera peut-être un jour cette expédition
au royaume de la couleur, on en voit le bout, on en voit le bout.
Allez, joyeux Noël, à la prochaine !
