Ce mercredi, la blessure à la tête de Gianluigi Donnarumma lors de Monaco-PSG était dans tous les esprits. D'autant plus qu'aucun carton rouge n'a été distribué à Wilfried Singo et qu'aucune explication n'a été fournie par l'arbitre Monsieur Letexier, qui avait expulsé Amine Harit lors d'OM-PSG en octobre pour un geste moins impressionnant. De quoi mettre en rogne Jérôme Rothen.
C'est l'image qui a marqué tout le monde hier soir lors de la victoire du PSG à Monaco 4-2 en Ligue 1.
Donnarumma, des agrafes sur le visage en guise de premier soin après avoir eu le visage ensanglanté
à cause d'une charge du pied de Singo, le monégasque, sur le visage du gardien parisien.
Pour ce geste, il ne prendra donc ni jaune ni rouge.
L'arbitre du match, François Le Textier, n'est pas venu s'exprimer après la rencontre.
Contrairement à ce qu'il avait fait lors de l'MPSG, on a entendu un extrait où il avait expliqué
que le carton rouge donné à Aminarit était justifié par les traces de crampons
qu'il y avait sur le torse de Marquinhos à l'époque.
Alors, ce manque de cohérence, de poids, de mesure dans les décisions,
est-ce que ça vous fait dire que l'arbitrage français a encore touché le fond hier ?
32-16 pour débattre, Jérôme.
Ah ben, toucher le fond, oui.
Mais de toute façon, on y est depuis un bon bout de temps, Jean-Louis, dans le fond de l'arbitrage.
Mais vraiment dans le fond.
Et puis on ne fait rien pour changer.
C'est pour ça que j'espère qu'ils vont écouter Roten sans Flamme aujourd'hui, et mon avis,
et puis certainement l'avis de Louisa et l'avis de Jean-Michel.
Mais déjà le mien, et j'assume mes propos, je trouve inadmissible
qu'il n'y ait pas d'explication par rapport à ce qui s'est passé hier soir,
déjà après le match, aujourd'hui, ce matin, dans la presse,
moi je me suis dit, j'ai ouvert l'équipe, le seul quotidien sportif qu'on a,
j'ouvre l'équipe, il n'y a rien, personne.
T'essayes de les joindre toute la journée, et pas qu'une personne, Jean-Louis,
on en fait partie, on essaye de joindre le responsable des arbitres,
Monsieur Gauthier, on essaye de joindre tous ces sbires, parce qu'il y en a un paquet,
les gens de la Fédération Française de Foot, parce que ça les concerne l'arbitrage,
on est d'accord.
Donc le Président, je pense qu'il est avec son whisky et ses petits fours
depuis qu'il a été réélu, et là, je pense qu'il va en bouffer pendant un an,
donc on ne va pas l'entendre sur ces sujets importants.
Et puis tous les gens, ces sbires aussi qu'il a autour,
qui étaient là depuis des années avec Noël Legret,
et qu'ils défendaient, qui défendent maintenant Monsieur Diallo et l'arbitrage,
on ne va pas les entendre, parce que surtout, il faut protéger les arbitres.
Après, derrière, à côté de ça, t'as Mika Landreau,
Mika il est arrivé pour donner l'expérience du terrain,
en tant qu'incien joueur, je trouve que c'était une super nouvelle.
Je ne sais pas ce qu'il fait, il n'a pas envie de venir s'expliquer
ou on lui empêche certainement, mais qu'il nous explique pourquoi,
à travers ce genre de décision, ce genre de match,
ce genre catastrophique match de l'arbitre,
un des sommets du championnat et le deuxième de suite,
parce qu'il y a eu Marseille-Paris avec ce même arbitre,
il y a un mois de ça à peu près, un peu plus d'un mois.
– Tu demandes des explications, ou même un « mais à coup de pas »,
on peut aussi dire « là, j'ai fait une erreur, je ne l'aurais pas dû faire comme ça ».
– Mais c'est pour ça, moi j'en ai marre qu'ils me disent,
et qu'ils nous disent tous « non, on n'a pas envie de parler ».
Mais vous êtes qui pour ne pas parler en fait ?
Vous voulez aujourd'hui nous dire que vous avez un rôle important
dans le foot français ? Ok, dans le football français,
vous avez un rôle important, c'est sûr que le sport de haut niveau
sans arbitre, ce n'est pas possible, d'accord ?
Quel que soit le sport, le football, donc on parle de football.
Vous avez voulu avoir des statuts particuliers, vous les avez,
vous êtes des arbitres professionnels aujourd'hui,
c'est votre profession, d'accord ?
Ce qui va avec, c'est-à-dire déjà le salaire,
le salaire qui va avec, les explications, on doit les avoir.
Dans le football, excuse-moi, les acteurs du football,
ce sont les joueurs, les joueurs en priorité.
Sans footballeurs, il n'y aurait rien, il n'y aurait pas de match de football,
il n'y aurait pas d'arbitre, il n'y aurait pas tous les sbires
qui s'occupent de l'arbitrage, et tous ces sbires
qui s'occupent de la Fédération française de foot.
Ils ne seraient pas là, ils n'existeraient pas,
ils feraient autre chose dans le football.
Alors, déjà, les footballeurs, eux,
ils viennent s'expliquer au micro.
Les entraîneurs, on leur demande des explications
quand ça se passe mal. Même quand ça se passe bien,
Jean-Louis, mais c'est plus facile, et on le sait très bien,
de parler quand ça se passe bien que quand ça se passe mal.
Mais des fois, t'es obligé. Et quand t'es joueur,
et je l'ai été, t'es obligé de venir des fois,
parce que t'es en méforme, parce que tu rates le match
qu'il ne doit pas rater, parce qu'il vaut mieux rater
un petit match, entre guillemets, plutôt qu'une affiche,
quand t'es joueur. Donc quand tu le rates,
tu viens devant la presse, t'assumes,
tu portes tes couilles, excusez-moi du mot,
mais tu les portes, d'accord ?
Tu viens et tu expliques. On te comprend,
on ne te comprend pas, tu sais que tu vas prendre une déferlante derrière
parce que c'est la médiatisation qui est comme ça.
On parle de football qui est le sport numéro 1,
le sport le plus médiatisé au monde.
Et en France, c'est le cas.
Donc, les arbitres veulent rentrer dans ces sphères-là,
dans cette bulle-là. Donc, pas tant vous accepter aussi
les inconvénients, c'est-à-dire les inconvénients
de venir vous expliquer quand vous êtes
fait preuve d'incompétence, comme M. Leteixier,
deux fois de suite. Et pourquoi je vais te dire
sur M. Leteixier, et je vais me calmer après,
je vais donner la parole à Louisa et à Jean-Michel,
c'est que, contre Marseille,
ils nous expliquent que
le carton rouge pour Harit,
c'est l'intégrité physique du joueur
qui était mis en question, Marquinhos,
quand il a vu la marque sur le truc.
Donc, j'ai trouvé ça déjà très bien
qu'ils viennent assumer, si tu veux,
et expliquer. Et même moi, rappelle-toi,
tu peux ressortir les bandes, je l'avais défendu
parce que j'avais dit, oui, il maîtrise pas son geste,
il a peut-être pas fait exprès, mais quand tu fais un geste
comme ça avec le pied aussi haut, tu dois
maîtriser ton geste, sinon, au risque
de taper l'adversaire et de prendre un carton
rouge, ce qui était le cas. Mais hier,
hier, alors que t'as vu la marque,
il a 10 centimètres sur la joue,
il a des agrafes sur la joue,
tu regardes, tu fais comme si
t'avais pas vu, tu mets même pas un carton
jaune, moi je parle même pas du carton jaune, parce que
c'était rouge direct. Ce mec-là
est pas un joueur de football, quand tu vois faire
ça, tu vois les parpains qu'il envoie
à droite et à gauche, tu vois qu'il
est extrêmement maladroit et même dangereux.
Donc là, à partir de là, tu dois
lui mettre un rouge, mais allez, on va dire que
le Var,
ils étaient en train de manger leur McDonald's, donc
ils ont pas envie de le dire.
Donc tu mets pas le rouge, t'assumes même pas,
tu fais preuve d'arrogance tout le match, tu te
trompes tout le match, le pénalty sur Marquinhos,
pareil, pourquoi ? Pourquoi
la main de Marquinhos, alors qu'il y a pas pénalty ?
On fait des débats sur le carton rouge,
sur la semelle, sur Donnarumma,
mais le pénalty, c'est la même chose,
c'est un scandale. L'attitude, t'as vu comment
il parle à l'entraîneur de Monaco ?
« Vous, monsieur, vous devez me respecter, déjà,
si vous voulez qu'on parle, vous me respectez. » Mais
il se prend pour qui, celui-là ?
Et lui, c'est le numéro
un des arbitres ! C'est le numéro
un des arbitres français ! Mais arrêtez vos
bêtises, dégagez tous !
On n'a pas envie de vous... Et pour arbitrer
un match de Ligue 1, je vais vous dire, même des
arbitres du district, et moi je les respecte plus que ceux-là,
parce qu'ils sont moins arrogants,
et bien je suis sûr qu'ils feraient mieux, tu vois ?
Donc il faut prendre vos responsabilités. Vous voulez
pas parler ? On va vous fracasser à chaque
fois, maintenant. – Alors, il y a un truc incroyable, Jérôme,
depuis ta prise de position, j'ai
des textos, quand même, de Steve Savidon et
Pascal Olmetta qui me disent « Bravo, Jérôme,
très bon, on est complètement d'accord avec lui ».
C'est quand même incroyable que ces deux-là soient d'accord
avec toi, c'est fabuleux. Jean-Michel,
est-ce que t'es d'accord avec Jérôme, l'arbitrage
français a touché le fond, hier ?
– Il a touché le fond, parce que
dès le départ,
le corps de l'arbitrage
français est gangréné,
le corps de l'arbitrage français
est pourri, dans la mesure où déjà
on t'oblige
la liberté d'expression,
ça veut dire quelque chose
quand même, Jean-Louis,
tu en sais, et que
dans une corporation,
on te prive
de cette liberté,
ça veut dire que
cette corporation
n'est pas
digne d'être respectée,
à partir du moment où tu as
une corporation qui
impose
ses dictats, qui impose
ses termes
de langage, à partir
du moment où c'est une corporation
qui t'interdit de parler
quand il y a un problème, ça veut dire
que cette corporation
qui veut faire partie
du football, ne fait pas
partie du football, elle ne fait
partie à rien du football,
et on cherche,
tu vois, tu sais, à force de
chercher des slogans,
ah oui, nous n'avons pas
le même maillot, mais nous sommes de la même famille
ou un truc comme ça, voilà,
ça veut bien dire
que déjà, ils se sentent
en dehors,
et quand tu acceptes
comme Landro d'aller
dans cette famille, alors que
tu sais que tu ne pourras pas parler,
tu es un complice,
alors, hier,
sur l'action, il n'y a
même pas, tu l'expliques
gentiment à Singo,
monsieur Singo, je sais
que vous n'avez pas fait exprès,
vous êtes plus maladroit, parce que
avant de lui mettre la semelle
sur la joue, il rate son piqué
quand même, il se plante le pied.
Déjà, tu as vu la conduite de balle, je veux dire que
le ballon souffrait. Techniquement,
je pense qu'il lui manquait juste
les boîtes des chaussures.
T'as raison. Voilà, bon, d'accord.
Mais tu lui expliques gentiment,
monsieur Singo,
je sais que vous n'avez pas fait exprès,
à mon humble avis,
vous n'avez pas fait exprès, mais
l'intégrité de votre adversaire n'est pas respectée.
Monsieur Singo, carton rouge.
C'est tout, basta. On se verra
sur un match une prochaine fois, gentiment.
Mais là, qu'est-ce que tu vas tourner en rond ?
Qu'est-ce que tu vas expliquer
qu'il ne l'a pas... Est-ce qu'il y a...
Est-ce que, les gars, est-ce que
le terme main volontaire, main involontaire
existe ?
On ne comprend plus rien. D'accord.
Bon, là, on l'a supprimé. On l'a remis.
On l'a supprimé. On l'a remis. D'accord.
Et là, c'est pas...
Tu ne le blessais pas volontairement ou tu ne le blessais pas
involontairement. En tout cas,
tu as atteint son intégrité physique.
C'est clair. C'est net.
C'était son explication il y a deux mois, Jean-Michel.
C'est indiscutable.
Et si tu es normalement
constitué avec un
électroencéphalogramme de quelqu'un
de normal, avec
une boîte crânienne remplie
normalement par deux
lobes cervicaux normaux
avec des neurones qui sont
connectés, tu dis, Singo,
monsieur, tournez-vous,
vous êtes le numéro 5, je suis
obligé. Vous
l'avez pas fait. Allez,
voilà. Et à une prochaine
fois, tu ne le fais pas.
Et je suis d'accord avec...
Et pour terminer,
je suis d'accord avec Jérôme,
je n'irai pas plus loin,
l'arbitrage français coûte une fortune.
Ah oui.
L'arbitrage français coûte une fortune.
Ils sont
payés, ils sont payés
bien mieux que beaucoup
de footballeurs professionnels
de Ligue 2. Alors
la première des choses,
c'est qu'il faudrait les payer
à leur niveau.
Ce serait déjà pas mal.
Et je termine.
Je suis d'accord avec toi, Jérôme.
Je pense qu'avec la VAR,
dont je ne suis pas un grand
défenseur, je pense qu'avec la VAR,
il y a beaucoup,
beaucoup d'arbitres, de régionales,
voire de départementales
qui seraient aussi compétents
que la troupe
que l'on a là-haut.
Alors, Louisa,
toi qui étais sur place pour Biensport,
est-ce qu'il y a eu demandes pour
que l'arbitre vienne s'expliquer au micro
du diffuseur comme ça avait été le cas pour OMPSG ?
Est-ce que tu as cette info ?
Oui, complètement. Il a refusé
de venir s'exprimer à la fin du match.
Il a donné une raison ou pas ? Non ?
Je ne sais pas, mais quoi qu'il en soit, il a refusé de s'exprimer.
Et moi, je pense que le fait qu'il ne vienne pas
s'exprimer, déjà, c'est se déjuger,
c'est s'accuser de cette erreur.
Alors, c'est vrai que
moi, pour avoir été
sur ce match-là,
pour l'esprit du jeu, je n'aurais pas mis rouge
mais il méritait au moins jaune.
Et comme c'était son deuxième jaune, il y avait expulsion
de Singoa.
Après, si on juge la gravité de la blessure,
la violence, la force des images,
c'est sûr que c'est rouge. Et ce qui est plus
inquiétant, c'est que c'était le texier qui était
sur le choc au MPSG.
Donc, c'est lui qui a pris la décision
pour Harit et ce rouge-là.
Et en fait, il y a une incohérence dans
cette décision qui est vraiment...
Il perd toute crédibilité après ce match.
Parce que c'est lui qui a sorti
le rouge face à Harit, c'est lui qui s'est exprimé.
Donc, si tu mets rouge à Harit, tu mets rouge à
Singoa tous les jours. C'est lui qui l'a justifié
par la marque sur le torse.
S'il n'avait pas utilisé cette justification-là,
il aurait pu dire, voilà,
ce n'est pas dans l'esprit du jeu, j'ai pris ma décision, etc.
Mais comme il l'a fait au Vélodrome, il est bloqué.
Mais complètement. Là, la blessure
est apparente, elle était évidente, elle a été
immédiate et il ne réagit pas derrière.
Donc, pour moi, c'était...
Le minimum, c'était jaune. Encore une fois, dans l'esprit
du jeu, je n'aurais pas mis rouge. Mais je pense aussi
que sa décision d'hier, elle a été certainement
conditionnée par le fait qu'il ait mis rouge
ce match au MPSG. Et qu'on lui a
reproché qu'il avait
tué le match trop vite, trop tôt.
Et je pense qu'il a été conditionné par cette décision-là,
hier. Louisa,
on a tout joué au football. Moi, je ne peux pas
entendre ton discours sur le fait
que ça méritait juste
un jaune. Je suis désolé.
Non, pas juste un jaune. C'était le
minimum, le jaune. Non, mais... Oui, d'accord.
Toi, tu dis...
J'aurais pas mis un jaune pour l'esprit du jeu.
Quand tu revois les images,
en fait, Singo,
il ne peut rien faire d'autre que d'essayer de lever
le pied. La seule chose qu'il
peut faire, c'est d'analyser, si tu veux,
le joueur qu'il est. C'est là que je suis
en total désaccord avec toi.
C'est que quand tu es le style
de Singo, il y a des joueurs
costauds, physiquement,
c'est des rocs, limite
méchant, parce que je suis sûr que ce n'est pas
un gentil, tu vois, dans les duels et tout ça,
même sur les entraînements. Il est toujours à la limite.
C'est comme ça, il est toujours à la limite.
Et donc, une fois que tu sais que tu es dans
cette catégorie de joueur, que tu
arrives lancé, excuse-moi,
c'est à eux de faire attention. C'est comme un joueur
frêle, par exemple.
Il va voir un
mec comme Singo arriver, il ne va pas rentrer
dans le duel, il va se faire exploser.
Donc tu fais en fonction.
Tu dois t'adapter. C'est
aussi une réflexion sur le
terrain. Mais il n'est pas dans cette réflexion, il n'est pas dans
cette analyse. Là, tu le vois bien, il est lancé,
sa conduite, elle n'est pas bonne, son piqué, il est
raté. Et vu qu'il n'est pas dans cette réflexion,
vu qu'il n'est pas dans cette réflexion-là,
il se met à la faute. Dire
comment, avec le geste
là, comme ça,
on peut expliquer ou essayer de faire
passer le message au
grand public en disant
pour
le jeu,
il ne valait mieux pas qu'il
sorte un rouge. Mais c'est rouge direct.
Il a
une balafre de 10 centimètres.
Il a amoché, ça c'est certain.