Et si les Rennes Disparaissaient ? đŠđ - Documentaire Animalier - AMP

Animaux du monde
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21 Vues de vidéo·24 déc. 2024
La Finlande, câest le pays du PĂšre NoĂ«l. Et moi , Youko, je suis le renne du PĂšre NoĂ«l.
Je vis à Rovaniemi, le village du PÚre Noël , en Laponie , juste sur le Cercle Polaire.
Jâai cinq ans. Il mâa fallu deux ans dâentraĂźnement pour
apprendre Ă tirer le traĂźneau du barbu en rouge. On mâa choisi quand jâĂ©tais trĂšs jeune parce que
jâĂ©tais dĂ©jĂ plus grand , plus fort et plus beau que les autres. Et parce que jâai bon caractĂšre.
Ce matin du 24 décembre, les elfes et les trolls de service se donnent beaucoup de mal pour charger
les cadeaux sur le traĂźneau . câest moi qui vais tirer tout
ça ? PFFF ! Quel mĂ©tier ! Heureusement que ce nâest
pas tous les jours Noël !
Dâaccord, avec mon harnachement , je vais avoir fiĂšre allure. Mais mes
congĂ©nĂšres eux, vivent une libre vie de rennes sauvages dans la forĂȘt ! Câest quand mĂȘme ça,
la vraie vie dâun noble animal comme moi.
piqûres de moustiques en été !
rien de mieux que du bon lichen tout frais pour vous requinquer un renne déprimé.
Allons-y ! il fait moins 25° : câest la tempĂ©rature idĂ©ale pour trotter.
Profitons-en , il paraßt que ça ne va pas durer : le climat se réchauffe.
La traversée du lac gelé est interminable.
On est vraiment obligĂ©s dâaller les livrer, ces jouets ?
Câest la nuit de NoĂ«l. Nous avons livrĂ© tous les cadeaux. Les enfants sages, et mĂȘme les autres,
sont endormis. Le PĂšre NoĂ«l retourne dans sa maison, quelque part au-delĂ des nuages âŠ
NoĂ«l est fini. Jâai retrouvĂ© mon enclos jusquâau prochain NoĂ«l. Je nâai plus rien Ă faire,
quâĂ attendre lâheure des repas. Je ne vais quand mĂȘme pas passer
ma vie comme ça !
Quâest-ce quâil y a de bon lĂ -dedans ?
sâen contentent ! Mais je nâai pas leur mentalitĂ© de ruminants, moi ! je veux du
lichen frais et la liberté !
refermĂ© la barriĂšreâŠ.
A moi les grands espaces ⊠âŠ.
Il nây a rien Ă manger sur ce lac et jâai un petit creux.
Une troupe de jeunes et de femelles grattent la neige pour trouver de quoi se nourrir.
A cette saison, la plupart des mĂąles ont perdu leurs bois. Je suis une exception.
Dans la nature, il faut faire des efforts pour trouver
son repas⊠mais le menu est nettement plus varié que dans mon enclos : nous mangeons
trois cents espĂšces de plantes !
guidée par son chef , rÎde autour de nous.
ils vont nous sauter dessus, câest sĂ»r !
je nâai pas envie de leur servir de repas !
comprendre quâil valait mieux serrer les rangs .
Je pĂšse 200 kilos, jâai des bois redoutables et des sabots tout terrain,
avec des touffes de poils en dessous et entre les doigts . De vraies raquettes !
Lui, nâa pas couru assez vite !
un groupe plus important. Moi qui avais rĂ©ussi Ă me dĂ©barrasser de mon collier, je vois quâ ici les
autres en portent. Donc, ces rennes qui semblent libres ont tous des propriétaires ! ce sont des
animaux dâĂ©levage, comme moi ! ça alors !
est de plus en plus instable. La neige tombe, puis survient un redoux : il pleut. Alors,
la neige fond, puis le froid revient. Alors, elle se transforme en couche de glace. Alors,
une nouvelle couche de neige tombe, puis fond, puis regĂšle et cela finit par faire
un millefeuille de glace incassable sous lequel notre lichen pourrit. âŠil devient mĂȘme toxique.
DĂ©cidemment, la vie dâun renne nâest pas facile dans la nature.
Quand le lichen du sol est inaccessible, nous nous rabattons sur celui des vieux arbres.
Mais il lui faut 50 ans pour pousser ! Et les hommes ne lui en laissent plus le temps car
ils coupent les forĂȘts de plus en plus jeunes.
Pour nous compliquer encore la vie, en hiver dâĂ©tranges visiteurs viennent
piétiner notre lichen.
pressé. On les appelle des « skieurs » .
arriver vers 1950. Les premiers arrivaient de la ville en car pour passer la journée.
A cette Ă©poque câĂ©tait encore moi, le renne, le meilleur moyen de transport. En ce temps lĂ ,
je ne tirais pas seulement le traßneau du PÚre Noël mais aussi celui du facteur.
Quelques années plus tard, les skieurs ont trouvé fatigant de remonter les pentes à pied. Ils ont
fait construire des équipements.
devenus les vedettes de courses de traĂźneaux pour les touristes.
A prĂ©sent, de plus en plus de skieurs nous arrivent dâEurope du Sud. LĂ -bas,
à cause du réchauffement climatique,
certaines stations manquent de neige. Ici, en Laponie, ils sont sĂ»rs dâen trouver.
Tout ça nous ĂŽte le lichen de la bouche et moi, qui rĂȘvais de libertĂ© et de pĂąturage sauvage,
je rejoins le troupeau dâOsmo Sakkinen pour me faire nourrir.
En hiver, de plus en plus dâĂ©leveurs nourrissent leurs troupeaux pour les
garder prĂšs de chez eux. Cela leur permet de passer lâhiver au chaud dans leurs maisons,
au lieu de nous courir aprĂšs dans la neige comme le faisaient leurs ancĂȘtres depuis 400 ans.
Mais 10% des rennes restent sauvages et vont oĂč ils veulent. Moi aussi !
Avec un petit groupe, nous nous dirigeons vers la frontiĂšre russe. Mais lĂ ,
un nouveau danger nous tombe dessus :
Les grands corbeaux donnent lâalerte. Ils ont un Ćil infaillible pour dĂ©tecter les rennes morts,
mĂȘme enfouis sous la neige.
dâune femelle de mon groupe ! Le glouton sâest laissĂ© tomber sur elle du haut de
lâarbre autour duquel nous nous Ă©tions regroupĂ©s.
Aatsinski est éleveur. Ce matin , il est appelé par
les gardes qui viennent de trouver la carcasse dâun de ses rennes.
Les traces du glouton sont toutes fraßches. Ce prédateur est capable de sauter dans la
neige sans sây enfoncer , ce qui nâest pas le cas des hommes, ni des rennes .
Les prédateurs tuent chaque année 3000 rennes en Finlande.
Cette fois, la victime est un gros mùle. Les gardes ont déjà prélevé son collier,
ses bois et ses oreilles , qui constituent sa carte dâidentitĂ©. Arne et son association
dâĂ©leveurs toucheront une indemnitĂ© de 150% du prix de la viande. 150% , car
tous les animaux tués ne sont pas retrouvés. Le glouton a saigné sa proie et a consommé la
viande jusquâĂ ce quâelle devienne trop dure sous lâeffet du gel. Il reviendra chercher le reste
au printemps, quand elle aura dégelé. Arne est furieux. Le loup, le glouton
et lâours font de plus en plus de dĂ©gĂąts mais ce sont des espĂšces protĂ©gĂ©es : il
nâa pas le droit de leur tirer dessus.
. Lâheure rituelle de la pause pour les Ă©leveurs. La tempĂ©rature est passĂ©e de moins vingt degrĂ©s Ă
lâaube, Ă moins six . Il fait doux.
peu étrange . Ai-je bien entendu le mot « viande » ? .. les hommes seraient-ils carnivores ?
Le glouton est repu.
Osmo a eu la peau de lâours et des lynx qui attaquaient son troupeau.
Pour obtenir lâ autorisation de les tirer il a dĂ» remplir des kilomĂštres de formulaires,
mais à présent, les prédateurs contribuent au confort de sa maison.
Lâhiver est bientĂŽt fini . Je me dirige vers le Grand Nord Ă la recherche du froid.
Moi, le renne, jâaime le froid et jây suis adaptĂ© : en plus de mes sabots fourrĂ©s,
jâai une Ă©paisse fourrure de 1700 poils au centimĂštre carrĂ© , des
poils creux, trĂšs isolants.
prairie sans arbre qui occupe tout le Nord de la Laponie, Ă lâextrĂȘme Nord de la Finlande.
Sur ces immensités balayées en permanence par le vent,
la neige est peu profonde et le lichen facile Ă atteindre.
Il arrive pourtant que la neige le recouvre dâune carapace de glace.
Deux fois par semaine, Visa Valle et son cousin viennent nous ravitailler.
Leur troupeau broute avec les autres sur un immense pĂąturage communautaire
de plus de soixante kilomĂštres de cĂŽtĂ© qui appartient Ă leur association dâĂ©leveurs.
Visa possĂšde trois mille rennes, mais notre territoire est si grand quâil
a parfois du mal Ă nous retrouver.
nous font accourir.
quâune semi-libertĂ©. Une clĂŽture nous empĂȘche dĂ©sormais, nous les rennes, de transhumer comme
nous lâavons fait pendant des millĂ©naires, pour trouver notre nourriture en fonction des saisons.
En hiver, nous mourrions de faim si nous devions nous contenter
de la nourriture disponible dans la nature. Dans ce systĂšme, nous ne risquons plus de la
famine mais nous ressemblons de plus en plus Ă des animaux domestiques,
comme les vaches ou les moutons !
nous avons perdu nos bois. Du coup, notre prestige auprÚs des femelles en a pris un sérieux coup.
Ces petites pestes ont gardé les leurs et nous houspillent méchamment.
Les femelles dominantes font la loi. Elles composent 80% des troupeaux.
Les mùles seulement 20%. Les éleveurs conservent les femelles pour assurer un
maximum de naissances. Ils disent que ça assure une meilleure rentabilité de
leurs troupeaux. « RentabilitĂ© » ? : Je ne comprends pas ce quâils veulent dire.
Toutes les trois heures, nous prenons le temps de ruminer.
Visa a remarquĂ© un faon de lâannĂ©e derniĂšre dont les oreilles ne sont pas encore marquĂ©es. Or le
marquage des oreilles est la seule façon pour un éleveur de prouver sa propriété sur le faon. Il
appartient toujours au propriétaire de la mÚre.
il est donc facile à identifier. Mais ça ne va pas durer.
Pour marquer le faon, il faut dâabord lâattraper âŠ.
Le marquage des oreilles est indĂ©lĂ©bile, bien plus efficace quâun collier qui
peut toujours se détacher. Il existe 10 façons de découper les oreilles
dâun renne, une pour chaque Ă©leveur. LâopĂ©ration nâest pas douloureuse.
Cette année, le printemps arrive une fois de plus à la fin du mois
de mars avec trois semaines dâavance. Câest une consĂ©quence du rĂ©chauffement
climatique . Les hivers sont de plus en plus courts, avec des températures de plus en plus
instables. Et les printemps sont plus longs.
heures moins le quart, En CarĂ©lie, de lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre russo-finlandaise, Palle lâours
sâest rĂ©veillĂ© avec trois semaines dâavance. Il a donc faim avec trois semaines dâavance !
A la fin de la seconde guerre mondiale, la Russie annexe une partie de la Carélie,
jusque-lĂ Finlandaise. carte frontiĂšre
photo de Staline
dans la rĂ©gion dans lâĂšre moderne, Staline les envoie avec leurs rennes dans les kholkozes,
Ă plusieurs centaines de kilomĂštres de lĂ .
les Saames en Finlande et les Nenets en Russie vivaient encore à peu prÚs comme aux débuts de
lâĂ©levage du renne, au 17e siĂšcle.
Aujourdâhui , il nây a plus de rennes dans les forĂȘts russes bordant la frontiĂšre.
Mais Staline nâa pas fait dĂ©mĂ©nager les ours ! Ils sont bien tranquilles : Du cĂŽtĂ© russe,
les villageois sont rares et en plus ils nâont pas de fusils !
Pour rejoindre la Finlande et ses succulents troupeaux de rennes,
Palle nâa quâĂ traverser la clĂŽture de 600 km de longueur, installĂ©e par les finlandais le long de
la frontiĂšre pour empĂȘcher leurs rennes de passer en Russie, oĂč ils finissent dans les casseroles.
La clÎture est équipée de passages en entonnoirs pour permettre aux rennes égarés de revenir.
Les ours russes profitent de ces entonnoirs, ou soulĂšvent tout simplement la clĂŽture,
pour aller se ravitailler en Finlande, avant de retourner digérer tranquillement en Russie.
VoilĂ lâĂ©tĂ©. Le lemming se faufile sous les souches pour Ă©chapper aux
prédateurs à plumes de la toundra.
sur pattes pour le labbe.
le 21 juin, premier jour de lâĂ©tĂ©, donne le signal du marquage des nouveaux-nĂ©s.
Les éleveurs ont poussé notre troupeau dans un grand enclos.
Ils repĂšrent les mĂšres qui appartiennent Ă chacun dâeux,
grùce à leurs oreilles découpées à leur marque .
Comme le faon reste collĂ© Ă sa mĂšre, il nâest pas trop difficile de savoir qui appartient Ă qui !
A cette saison, nous avons piĂštre allure. Notre pelage mue et bien que nos bois commencent Ă
repousser Ă raison de 2 cm par jour, notre tĂȘte reste dĂ©garnie un certain temps.
En attendant dâĂȘtre marquĂ©s aux oreilles, les jeunes reçoivent des numĂ©ros.
En Ă©tĂ©, il y a tant de nourriture dans la toundra que nous nâavons plus besoin de rester groupĂ©s.
Viisa Valle passe de temps en temps voir si tout va bien. Mais le bruit de son 4X4 nous fait
fuir au lieu de nous attirer : en ce moment, nous nâavons pas besoin de lui pour mangerâŠ
Le sol est tapissé de toutes sortes de bonnes choses : du lichen bien
sĂ»r ; de dĂ©licieux bouleaux nains, trĂšs rafraĂźchissants ; et beaucoup dâautres.
En les digérant et en les dispersant ensuite dans la nature, nous contribuons à préserver les
trois cents espÚces de plantes que nous mangeons. A ce régime, les faons nés au printemps
grossissent de 5 kilos par mois. Une semaine de printemps en plus, câest donc un kilo de
plus sur la balance pour les jeunes rennes. A lâautomne, ils pĂšseront plus de 25 kilos . Le
réchauffement climatique a parfois de bons cÎtés !
Tout irait pour le mieux si ce réchauffement ne nous avait pas apporté la mouche des élans . Les
scientifiques lâappellent « Lipoptena cervi ». Ce flĂ©au arrivĂ© du Sud-Est remonte vers le
nord Ă raison de 5 km par an. Cette mouche minuscule se glisse dans notre fourrure et
pond ses Ćufs sous notre peau .
que ses victimes galopent jusquâau sommet des montagnes,
afin que le vent , qui souffle sur les crĂȘtes, les dĂ©barrasse de cette mouche.
ChassĂ©s par la mouche, ceux-lĂ ont dĂ©rangĂ© le labbe sur son nid . Câest
un oiseau qui a mauvais caractĂšre . Il se charge de leur faire rebrousser chemin.
Les courses vers les sommets sont exténuantes pour les vieux rennes.
Certains en meurent dâĂ©puisement.
NorvĂšge. Cette terrible mouche nâest peut-ĂȘtre pas encore arrivĂ©e lĂ -bas !
Pour voyager, rien ne vaut une bonne route goudronnĂ©e. Câest plein de courants dâair qui
chassent les mouches et les moustiques. Et, en Scandinavie, les automobilistes sont pleins de
bonnes intentions à notre égard ! Carte voyage du renne
Je vais rejoindre le Cap Nord, au Nord de la NorvĂšge, Ă 700km au nord de Rovaniemi sur le
cercle polaire, mon point de départ en Finlande
ses pĂąturages dâĂ©tĂ© . Ici, on peut le dire,
lâherbe est vraiment plus verte. ⊠Mais elle est aussi de plus en plus envahie
par les humains. Il y a des maisons partout ! Le climat est devenu plus doux. Ca incite les
NorvĂ©giens Ă sây installer et Ă construire des rĂ©sidences secondaires. En plein sur nos
parcours de migrations séculaires ! Heureusement, il reste encore de la
place et les clĂŽtures ne nous intimident pas.
Le Cap Nord ! Le Nord du Nord de lâEurope. En face, il nây a plus que lâOcĂ©an Arctique
avec au loin la calotte glaciaire. Si le climat se réchauffe encore,
je serai coincé ici.
on en a fait du chemin. Autrefois , notre territoire sâĂ©tendait plus au Sud, de la
Pologne Ă lâEspagne en passant par la France.
de sable Ă Pincevent, en France, Ă lâEst de Paris, des gĂ©ologues mettent au jour les traces de ce que
lâon a appelĂ© « La Civilisation du Renne » : les restes dâun campement magdalĂ©nien vieux de 0 ans.
Il y a 12. 300 ans, le climat traversait une phase de réchauffement. Mais à cette époque,
la Grande Bretagne Ă©tait rattachĂ©e au continent. La Manche nâexistait pas et ne pouvait donc pas
adoucir le climat de lâEurope de lâOuest . Les oscillations de la tempĂ©rature Ă©taient
trĂšs importantes selon les saisons : les hivers Ă©taient extrĂȘmement froids,
ce qui nous convenait Ă nous les rennes . En revanche,
les Ă©tĂ©s Ă©taient comparables Ă ce quâils sont aujourdâhui en rĂ©gion tempĂ©rĂ©e.
Des chasseurs nomades sâarrĂȘtaient rĂ©guliĂšrement ici pour y chasser le mammouth et le cheval. Mais
surtout, ils me chassaient moi, le renne. Il paraĂźt quâĂ cette Ă©poque, jâĂ©tais le pilier de
lâĂ©conomie de subsistance des magdalĂ©niens. Les magdalĂ©niens nous chassaient,
se partageaient la viande et mĂȘme la stockait ici en prĂ©vision des pĂ©riodes hivernales.
En tant que plat de résistance, je jouais donc un rÎle important dans cette société.
Je me demande si je suis toujours comestible. âŠ. ?
Plusieurs générations de chasseurs se sont succédées ici , comme en témoignent les couches
géologiques . Elles conservent des traces de leurs passages durant plus de 5 siÚcles.
Il y a environ 12 000 ans le climat se rĂ©chauffe : nous quittons lâEurope
du Sud et remontons vers la Scandinavie.
DĂ©fense, le quartier dâaffaires de Paris.
mammouths et les chevaux sauvages.
rennes qui nous avaient suivis sont installés sur la cÎte norvégienne.
A Alta, les gravures rupestres tĂ©moignent quâĂ cette Ă©poque, les hommes nâĂ©levaient
pas encore le renne. Ils se contentaient de le chasser, comme lâĂ©lan, lâours, les oiseaux. âŠ
Il y a 7500 ans, ces gravures se trouvaient au niveau de la mer. Elles sont aujourdâhui Ă
plus de 40 mÚtres au-dessus, car aprÚs la fonte de la calotte glaciaire, la croûte terrestre,
allĂ©gĂ©e dâun gros poids, sâest dilatĂ©e et le niveau de la terre a montĂ©.
Aujourdâhui, comme il y a 7500 ans , on trouve des rennes, des Ă©lans,
des ours, mais aussi des poissons et des pĂȘcheurs au bord de lâOcĂ©an Arctique.
Au Cap Nord, la morue sĂ©chĂ©e sâempile sur les quais.
Le Cap Nord, câest la derniĂšre Ă©tape de mon voyage. Je me suis installĂ© prĂšs du campement
dâĂ©tĂ© de Nils et Ana Somby.
son « Yok », le chant traditionnel que tout Ă©leveur Saame compose Ă lâadolescence et qui reste
sa signature sonore tout au long de sa vie.
les Norvégiens accompagnent leurs rennes au bord de la mer en été.
Je me demande bien pourquoi Nils attrape cette femelle.
Le lendemain, jâaperçois les bois de la femelle accrochĂ©s lĂ , avec dâautres !
Les humains seraient donc toujours carnivores ! ils mangeraient leurs rennes,
comme au temps de la préhistoire ! le destin nous aurait-il fait comestibles ? Vais-je
finir moi aussi dans leur assiette ? Carpe Diem ! Je me dĂ©pĂȘche donc de profiter
de la vie et des pĂąturages du Cap Nord.
du bord de mer, les jeunes sont en pleine forme : bien gras, le poil
luisant âŠils sâamusent comme des gamins.
Ana entretient des liens dâamitiĂ© avec les grands mĂąles. Elle les habitue Ă reconnaĂźtre sa voix,
car elle va avoir besoin dâeux pour guider son troupeau lors de la migration de retour
vers le Sud, dans quelques jours. Les autres mĂąles suivront ceux-lĂ , quâelle
pourra diriger de la voix. Nils , Ana et leurs rennes
vont retourner passer lâhiver autour de la ville de Karajok, Ă 230 km au Sud.
A
lâapproche de lâautomne, le lemming se dĂ©pĂȘche dâaccumuler des calories.
Nous aussi !
Début octobre , Nils donne le signal du départ.
pour la traversée du bras de mer qui sépare le Cap Nord du continent..
Les femelles dominantes et les vieux mĂąles guident le troupeau. Les rennes se transmettent
de génération en génération la connaissance de cet itinéraire ancestral de migration.
Aujourdâhui, beaucoup dâĂ©leveurs transportent leur troupeau en camion, directement du pĂąturage
dâĂ©tĂ© au pĂąturage dâhiver. Nils et Ana prĂ©fĂšrent la mĂ©thode traditionnelle : ils
suivent leur troupeau, qui marche à pied, en faisant étape chaque soir avec lui.
Jâai fait la connaissance dâAri, un mĂąle de 8 ans expĂ©rimentĂ© âŠ. Ari conduit vers le Sud le harem
de femelles et de jeunes quâil a rassemblĂ© en prĂ©vision de la saison dâaccouplement.
Elle commencera dans quelques semaines. Avoir un grand nombre de femelles assure
son prestige auprĂšs des autres mĂąles .
rappelĂ©s Ă lâordre par leurs mĂšres.
Chaque soir, Ana installe la tente traditionnelle. Elle passe la nuit prĂšs de ses rennes, comme lâont
fait ses parents avant elle.
modernes pour accélérer le mouvement. Les mùles et leurs harems se rassemblent
pour constituer dâimmenses troupeaux qui marchent tous dans la mĂȘme direction.
En route, je profite de toutes les bonnes choses que la nature met Ă ma disposition. En
particulier les champignons : trĂšs nourrissants.
Nils et Ana . Je ne veux pas mijoter dans leurs casseroles ! Je préfÚre revoir ma Finlande.
On nâa pas voyagĂ© seuls trĂšs longtemps. Un soir dâoctobre, nous nous sommes
retrouvĂ©s avec 2000 autres rennes dans un grand enclos au milieu de la forĂȘt finlandaise.
Le lendemain matin, il y a eu beaucoup de mouvement. Les humains sâaffairaient.
Certains faisaient des provisions de lichen.
Et puis les hommes nous ont poussés tous ensemble dans un deuxiÚme enclos.
Là , ils nous ont séparés en petits groupes et
poussés dans un troisiÚme enclos.
les éleveurs nous attendaient pour reconnaßtre leurs propres rennes et décider de leur sort.
Ari appelle ça « le grand rassemblement dâautomne ». Il paraĂźt que notre vie se joue ce matin.
Certains dâentre nous retrouveront la libertĂ©, mais dâautres âŠ
Quatre solides gaillards mâont empoignĂ© et fait passer de force par cette porte.
Je nâai dâabord rien compris, mais câĂ©tait la bonne porte !
Car il y avait une autre porte !
mùles bien gras nés au printemps dernier. Les jeunes rejoignent des mùles et des
femelles de 8 ou 9 ans ⊠dont la carriÚre de reproducteurs se termine ce matin.
Car cette porte,
câest celle qui mĂšne Ă lâabattoir ! Ouf ! jâai eu la peur de ma vie !
Il est 11h Ă la pendule du soleil. Lâheure de la pause pour les Ă©leveurs.
Je nâai jamais revu Ari. Il a dĂ» passer par la mauvaise porte !
Non, je ne veux pas finir comme cette viande de renne qui sĂšche sous le toit !
Entre les loups, les ours, les skieurs, les routes, les maisons des humains,
le réchauffement climatique et la boucherie, ça devient franchement difficile!
Finalement, la vie dâun renne dans la nature nâest pas si agrĂ©able que ça !
En revenant chez le PÚre Noël, je double mon espérance de vie. Un renne du PÚre Noël,
cela vit jusquâĂ 15 ans. Les hommes prĂ©fĂšrent amortir mes deux ans dâĂ©ducation plutĂŽt que de
mâutiliser pour remplir leurs assiettes !
chercher les jouets Ă distribuer.
quelque chose dâutile : apporter leurs cadeaux de NoĂ«l aux enfants sages.
JâespĂšre que cette tradition survivra au rĂ©chauffement du climat !
