Fertiline, IA et microrobotique : des innovations prometteuses contre l’infertilité | Reportage

Le Blob
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74 Vues de vidéo·22 déc. 2024
La baisse de la fécondité s'observe partout sur la planète,
quelles que soient les régions, les cultures et les religions.
Selon l'Organisation mondiale de la santé,
une personne sur six dans le monde est touchée par l'infertilité,
et la France ne fait pas exception.
Mais face à ce phénomène qui ne cesse d'augmenter chaque année,
la recherche scientifique présente de nouvelles perspectives.
Les aides à la procréation médicalement assistée offrent des solutions,
mais le parcours reste long et incertain.
Ces aides sont d'ailleurs classées en plusieurs niveaux
selon la complexité des problèmes rencontrés par les couples.
Le premier niveau étant l'induction simple de l'ovulation,
donc c'est les patients qui ont uniquement des troubles ovulatoires,
et après des techniques d'aide à la procréation un peu plus poussées,
donc les inséminations intra-utérines,
lorsqu'on a un problème ovulatoire ou un problème spermatique de bas niveau,
et ensuite la fécondation in vitro,
qui elle va être un peu plus poussée
en cas d'anomalie des trompes ou de pathologie du sperme,
où on doit utiliser une technique de fécondation in vitro de type ICSI,
ce qui signifie une injection au laboratoire des spermatozoïdes dans chaque ovocyte.
Il y a également tout ce qui va être chirurgie potentiellement procréative,
donc avec par exemple une chirurgie des trompes
en cas d'anomalie et d'adhérence au niveau des trompes,
ou parfois même la chirurgie de l'endométriose,
qui là aussi peut être responsable de grands trompes de fertilité.
Que ce soit à cause de problèmes de santé, de la pollution,
du contexte socio-économique ou de l'évolution des modes de vie,
la fertilité est un phénomène multifactoriel qui ne cesse d'augmenter chaque année.
Mais c'est encore du côté de la science que les solutions pourraient venir.
À l'hôpital Cochin, au cœur de Paris,
se trouve un laboratoire de l'Inserm spécialisé dans la reproduction,
où l'équipe de chercheurs du professeur Jean-Philippe Wolf
travaille sur une molécule prometteuse, la fertiline.
Cette molécule aurait notamment la capacité de contrer les effets du vieillissement des ovocytes,
qui provoquent une chute de la fertilité chez les femmes,
dont l'âge du désir d'enfant augmente de nos jours.
Primakov, un chercheur de UCLA,
venait de publier dans Cell, une très très bonne revue,
dans laquelle il disait que le récepteur du spermatozoïde
sur la membrane de l'ovocyte de souris,
c'est l'intégrine alpha-6-bêta-1.
Une fois activé, ce récepteur permet en effet
l'entrée du spermatozoïde venu féconder l'ovocyte.
Pour démontrer que l'intégrine alpha-6-bêta-1
fonctionne de la même façon chez l'être humain,
le professeur Wolf a cherché à bloquer cette ouverture
grâce à une molécule alors peu connue, la fertiline.
Notre stupéfaction, c'est quand on a mis la molécule,
au lieu d'une inhibition,
c'est trois fois plus de spermato qui rentrait à l'intérieur.
Ça veut dire qu'on va améliorer la fertilité des spermes, des hommes,
en leur mettant cette molécule avec.
C'est comme ça qu'a été découverte la fertiline.
Après plusieurs années d'études sur les souris
pour mieux contrôler et comprendre cette molécule,
les chercheurs ont découvert de nouvelles propriétés
bénéfiques au processus de fécondation.
La fertiline est enfin prête
pour son test grandeur nature sur l'être humain.
Cette molécule fertiline a des qualités tout à fait multiples
et on était même étonnés qu'elle ait tant de propriétés
puisqu'elle permet d'améliorer les paramètres
du mouvement du spermatozoïde
et de le rendre plus fertile, plus fécondant.
Ça améliore le développement de l'ovule
et sa répartition des chromosomes.
Ça améliore le développement embryonnaire in vitro
et probablement que ça va améliorer
le nombre de bébés qui vont être obtus.
Avec toutes ces manipulations et expérimentations
qui ont été faites depuis une vingtaine d'années,
nous avons maintenant une molécule
dont on a des résultats qui sont tout à fait extraordinaires,
même carrément inespérés,
parce qu'on n'avait jamais imaginé avoir ça.
On va essayer de demander une autorisation
de mise sur le marché de manière à en faire bénéficier
le monde entier.
Une autorisation de mise sur le marché
qui pourrait survenir dès 2025
et permettrait de nettement améliorer
les résultats des techniques d'assistance médicale
à la procréation, dont les plus performantes
Avec la fertiline, on améliore
probablement plus de 50%
le nombre de grossesses
que l'on pourra avoir par transfert.
C'est les premiers résultats que nous avons eus récemment.
Une autre innovation, technologique et médicale,
pourrait-elle aussi redonner de l'espoir
à de nombreux couples dans les mois qui viennent ?
Dans le laboratoire parisien du Dr Kik Asuto,
biologistes et ingénieurs en informatique
mettent au point une machine
alliant intelligence artificielle et micro-robotique
afin de nettement améliorer
la sélection des spermatozoïdes
destinés à la procréation médicalement assistée
comme la fécondation in vitro
ou l'insémination artificielle.
Toutes les recherches ont été basées
pour essayer de trouver un lien,
pour essayer de trouver,
comme si on avait un scan immédiat,
voir à l'intérieur de la tête du spermatozoïde
quelle est la qualité de son ADN.
Ces liens de recherche nous ont permis
de différencier les spermatozoïdes,
de les classer différemment
et grâce à l'intelligence artificielle,
tous ces paramètres ont été donnés
à la machine par des algorithmes
qui définissent d'une façon très précise
cette morphologie
corrélée à la qualité
de cet ADN qui se trouve à l'intérieur.
Vous voyez, là, on présente
les différents spermatozoïdes
à la machine
qui travaille avec son intelligence artificielle
qui va classer
les spermatozoïdes et les repérer.
Ils sont tagués en rouge
s'ils sont non conformes
et le tag en jaune
quand la décision n'a pas été prise.
C'est un spermatozoïde
potentiellement de bonne qualité.
Le système des algorithmes
se met en route,
toute l'intelligence artificielle fonctionne
et à partir du moment où elle évalue
ce spermatozoïde correctement,
il passe du jaune au vert.
On fait bouger
la platine du microscope
en sens inverse de la trajectoire du spermatozoïde
de façon à le maintenir
au centre de l'écran.
Et là, le système
déclenche avec un software
la venue d'une pipette
qui se positionne et qui va
aspirer ce spermatozoïde.
Et ce qui fait intervenir encore
autre chose, c'est de garder le focus
de ce spermatozoïde qui peut nager
à différents niveaux grâce à l'intelligence artificielle
et là, l'aspiration
se fera seulement quand le spermatozoïde sera
isolé parce que l'aspiration pourrait
à ce moment-là en prendre plusieurs en même temps
et on aurait perdu tout le bénéfice de cette sélection.
Nous avons fait quelques tests en interne
déjà qui permettent de confirmer
ce que nous avions au départ
à l'œil nu dans le laboratoire,
c'est-à-dire un taux de fécondation
bien plus élevé avec
près de 24% de plus
d'ovocytes fécondés,
ce qui veut dire plus d'embryons
et donc on augmente
les chances d'obtenir une grossesse
beaucoup plus rapidement.
Les défis que pose l'infertilité sont nombreux
étant donné sa nature multidisciplinaire
mais les progrès scientifiques
et médicaux offrent de nouvelles perspectives
pour de nombreux couples en quête d'une grossesse.
