Un épisode consacré à l'analyse et à la dissection de 2 bio implants sous-cutanée que l'on peut trouver en vente libre qui utilisent la technologie NFC. Au sommaire :
00:00 Introduction 01:34 Exposition du sujet 02:36 Présentation du 1er modèle d'implant SPARK 2 05:11 La question de l'implantation sous-cutanée 06:23 Lecture du SPARK 2 07:26 Passage rapide aux rayons X 07:50 Dissection et analyse du premier implant 10:30 Présentation et analyse du second implant 12:12 Dissection du second implant 12:49 Conclusion et avis sur la question
A moins d'avoir vécu dans une grotte depuis de longues années et d'en être sorti que
tout récemment, ou bien d'être totalement hermétique à ce qui se rapporte à la technologie
– de ce fait, vous ne tomberez jamais sur cette vidéo – vous avez certainement entendu
parler de la communication en champ proche, dite NFC, et notamment par le biais du paiement
sans contact, puisque pour effectuer une transaction, il suffit de rapprocher le terminal de paiement
de la carte de crédit ou du smartphone ou de la montre connectée ou de la bague connectée
ou tout autre objet connecté pour le paiement qui utilise la technologie NFC.
J'avais d'ailleurs évoqué le sujet dans l'épisode 58 sur les bagues connectées
parce que j'analyse entre autres une bague à éclisses qui permet le paiement sans contact,
enfin qui permettait parce qu'aujourd'hui elle n'est plus vendue.
Et bien il y a un mouvement émergent qui commence tout doucement à se répandre à
travers le monde et qui consiste à implanter en sous-cutanée une petite capsule NFC d'une
douzaine de millimètres qu'on appelle bio-implant et qui généralement s'insère dans cette
région-ci de la main parce que c'est le plus pratique.
Et je suis sûr que beaucoup d'entre vous ne saviez même pas que ce genre de dispositif
pour les humains était en vente libre.
Ça tombe bien parce que dans cette vidéo, on va en analyser non pas une mais deux différentes
qui n'ont jamais été implantées.
Et vu la taille de l'objet et des composants à l'intérieur, ça promet un maximum de
prise de vue au microscope.
Et microscope au pluriel.
Alors certains pourraient me dire mais ce genre d'objet existe déjà pour les chiens
et les chats puisqu'on peut demander aux vétérinaires d'implanter sous leur peau
une puce d'identification.
Alors oui, sauf que pour ce qui nous concerne là, ça n'est pas pour le même usage.
Alors certes ce qu'implante le vétérinaire c'est aussi une capsule NFC qui fait entre
3 et 5 millimètres de long mais dont la mémoire ne contient qu'un code unique à 15 chiffres
pour l'identification de l'animal.
Ça va pas plus loin.
Les bio-implants dont il va être question dans cette vidéo sont évidemment beaucoup
plus élaborés que ça puisqu'ils présentent des fonctions en rapport avec la cryptographie
pour la sécurisation des données échangées.
Mais bien sûr on va voir tout ça en détail et avant tout je voudrais remercier Maxime
qui habite à Charare-Bergheim, j'espère que je le prononce bien et de par la sonorité
de ce nom on se doute bien que ça se situe pas dans le sud de la France mais plutôt
dans l'Est, en Allemagne, Zas, en Alsace.
Maxime qui m'a donc gentiment fait parvenir les implants que je vais vous présenter et
qui m'a aussi partagé des photos et vidéos de sa propre expérience puisqu'il est lui-même
porteur d'un de ces implants dans la main, vous verrez ça.
On va d'abord commencer par la première des deux capsules implants, il s'agit de
la Spark 2 de chez Vivoki, alors ça n'est pas celle de chez Vivoki qui propose le plus
de fonctionnalités, ils ont une autre solution sous-cutanée beaucoup plus complète mais
aussi bien plus onéreuse appelée Apex Flex, je vous la montrerai tout à l'heure.
La Spark 2 ne propose que l'échange de données via NFC et l'authentification cryptographique,
elle n'offre pas de fonctionnalités de paiement sécurisée.
Elle se configure via une application pour smartphone qui s'appelle Spark Actions et
qui lui permet de programmer des événements qui se déclenchent au moment où l'implant
est scanné par votre smartphone.
On peut aussi stocker notre carte de visite numérique qui sera échangée via NFC.
Je sais pas vous mais pour moi ça fait un peu gadget, j'ai juste l'impression que ça permet
d'avoir à éviter de sortir son smartphone, c'est à peu près tout.
Bon, il y a des modèles qui sont un peu plus aboutis que celui-là avec plus de fonctionnalités
mais en tout cas pour celui-là, je trouve que l'usage est quand même très limité.
Sur leur site internet, on peut y voir une petite vidéo d'explication de la méthode
à suivre pour l'implanter dans la main, on va y revenir.
Globalement, voici à quoi ressemble l'électronique à l'intérieur, de toute façon on va l'analyser
en détail dans un instant.
La puce répond à la norme ISO 14443A avec des tapes type 4 et utilise le spectre de
radiofréquence de 13,56 MHz et elle intègre un processus de vérification de la clé d'authentification
mutuelle AES.
Ah oui, au cas où vous vous poseriez la question, ça ne représente pas de danger avec les
appareils d'imagerie à résonance magnétique, c'est compatible.
Et pour ce kit, il faut débourser la bagatelle de 110$ pour en faire l'acquisition, ce que
je trouve particulièrement cher par rapport aux fonctionnalités que ça apporte.
Sur la page produits chez ce revendeur, il est d'ailleurs mentionné que ce produit
n'a pas encore été certifié par un organisme de réglementation gouvernementale pour une
implantation ou une utilisation dans le corps humain, donc son usage est à vos propres
risques.
Et ils ajoutent aussi que ce modèle ne pourra pas se substituer à votre clé de voiture
Tesla parce que la puce n'est pas compatible.
Et juste à titre de comparaison, voici l'APEX, l'autre solution de Vivoki que j'évoquais
tout à l'heure et qui elle a des caractéristiques beaucoup plus avancées.
Paiement sans contact, clé de substitution Tesla, clé de sécurité Fido 2U2F, partage
de données NFC, authentification OTP, application smart PGP, ça touche aussi à la crypto-monnaie
et à la blockchain avec un portefeuille Satochip, un gestionnaire sitekeeper de phrases clés
et de mots de passe, etc.
Et cette puce a des variantes sous 3 formes de produits, une cellule implant socutanée
appelée Flex, une bague et un bracelet Cybertruck.
Et si on cherche à en savoir plus sur le produit, on découvre ses caractéristiques
mais également son prix qui est de 349$ ce qui est globalement celui d'une bague connectée
traditionnelle et plus cher qu'une montre connectée.
Je vous montre en 20 secondes un résumé de la vidéo informative qui explique la marche
à suivre pour implanter la capsule dans la main.
Inutile de préciser qu'il est indispensable que la manipulation soit effectuée par un
professionnel de santé parce que quand je vous montrerai la taille de l'aiguille vous
comprenez que ça n'est pas sans risque.
Ces deux photos m'ont été envoyées par Maxime suite à l'intervention sur sa main.
Celle de gauche a été prise quelques minutes après l'intervention et celle de droite a
été prise quelques jours plus tard.
Et je suppose que cette vidéo dans laquelle il fait joujou avec la capsule a été prise
bien longtemps après puisqu'il n'y a plus de marques d'insertion de l'aiguille.
Et si vous voulez un petit exemple d'un usage concret qu'on peut avoir avec ce type de bio-implant.
Et en préparant cette vidéo, j'ai trouvé ce cliché au rayon X d'une personne qui
s'est fait implanter pas moins de 7 capsules NFC dans la main gauche, le modèle de chacune
d'elles est même indiqué.
Ok donc voici l'arme du crime, cette seringue fait bien entendu partie du kit Spark 2 puisque
c'est le seul moyen avec lequel on peut proprement insérer la capsule sous la peau.
Elle est préalablement insérée dans l'aiguille qui est forcément de même diamètre c'est
à dire 2mm et comme vous avez pu le voir sur la vidéo de Vivoki, la manipulation est
ensuite identique à celle d'une injection sous-cutanée.
Une première observation ne nous révèle pas grand chose, mis à part l'antenne enroulée
autour d'un axe et ce qui semble être une substance noire dans laquelle se trouve le
circuit intégré relié à l'antenne.
Et le tout est enfermé dans une enveloppe cylindrique en verre de 14mm de long sur 2mm
de diamètre.
Et sur ces images on devine assez facilement que cette substance a d'abord été coulée
dans la capsule vide, puis on y a inséré l'électronique de telle sorte à ce que
seule l'antenne soit exposée et la capsule a ensuite été rendue hermétique.
Alors avant de la disséquer, je voulais la faire communiquer avec le Flipper Zero pour
qu'elle nous donne quelques-unes de ses caractéristiques techniques.
On est bien sur la norme ISO 14443A type 4 qui définit la communication avec un circuit
intégré sans contact.
Pour ce qui est du débit de communication entre le lecteur et la puce, le 212kbps et
le 424kbps sont supportés dans les deux sens.
Le Network Access Device NAD n'est pas supporté ce qui n'est pas très étonnant ici mais
le Connection Identifier SID l'est et ce qui est essentiel à NFC pour garder une trace
des sessions de communication individuelles.
Petit passage rapide au rayon X pour voir comment se présente la portion dissimulée
dans l'époxy.
J'ai pas de cellules vraiment adaptées à des échantillons aussi petits donc on fera
avec la plus petite dont je dispose.
Donc l'antenne est ici et on voit que le cylindre autour de laquelle elle est enroulée
descend jusqu'à la puce qui se trouve sur sa support et de ce que je peux voir ici je
dirais que la puce a une surface inférieure à 1mm².
Bon allez on va la disséquer et je vais d'abord commencer par la briser et retirer
tout le contenu.
Je m'attendais à ce que la substance soit plus dense que ça voire même qu'elle soit
un peu solidifiée mais il n'en est rien elle est plutôt visqueuse presque liquide.
Voici donc une meilleure vue sur l'antenne qui a un enroulement de 20 tours autour de
l'axe cylindrique, axe qui s'est a priori sectionné en deux pendant la manip et elle
est évidemment connectée à la puce de silicium qui est protégée dans cette goutte d'époxy
ce qui fait qu'on ne peut pas encore l'avoir.
Et avec le papier millimétré en fond on a une bonne idée des minuscules proportions
de cette électronique et dites vous que la puce qu'on ne voit pas encore puisqu'elle
est emprisonnée dans l'époxy ne sera pas plus grosse qu'un de ces carrés blancs.
Et ben justement on va maintenant chercher à l'extraire et pour ça je vais lui faire
prendre un bain d'acide sulfurique très concentré et chauffer à environ 140° pour que l'époxy
se dissolve.
Et évidemment ça nécessite d'être équipé et de prendre beaucoup de précautions parce
que c'est le genre de manipulation qui ne s'improvise pas.
Et donc au bout de quelques minutes on voit apparaître la puce de silicium de moins de
1 mm² qui s'est proprement détachée.
De retour sous le microscope avec la puce en observation dans de l'acétone je constate
cependant qu'il reste des résidus collés sur la surface et à mon avis il sera très
difficile de s'en débarrasser totalement à cette échelle, c'est assez rare mais
ça arrive et vu l'extrême fragilité de ce minuscule circuit intégré il est préférable
de ne pas trop opérer sur sa surface.
Donc je lui donne un dernier bain aux ultrasons dans de l'acétone à 40° sachant que sa
température d'ébullition est de 56°.
Bon une petite partie des résidus a disparu mais pas complètement malheureusement donc
on fera avec, ça n'est pas dramatique non plus dans la mesure où l'objectif ici est
de vous faire découvrir à quoi ressemble sa surface et non pas d'en faire la rétro-ingénierie
évidemment.
On va maintenant pouvoir passer au microscope de surface pour observer tout ça en détail
et il faudra donc faire abstraction de la grosse tâche noire verticale qui est au centre
de la puce.
Je rappelle qu'on observe là un morceau de silicium qui mesure moins de 1mm de long
sur moins de 1mm de large et qui contient pourtant plusieurs centaines de milliers de
transistors.
Cela dit, ils ne sont pas directement visibles parce qu'ils se trouvent dans les couches
inférieures de ce circuit intégré c'est à dire en dessous de sa surface.
Ce que vous voyez là, ce sont des maillages métalliques qui permettent de distribuer
le courant vers les couches inférieures et aussi de faire office de masque de sécurité
pour éviter que l'on ait un accès visuel à toute l'architecture de ce circuit intégré.
Ca rend la rétro-ingénierie beaucoup plus fastidieuse pour les petits malins qui voudraient
en faire une copie.
D'ailleurs voici à quoi ressemble un exemple de ce genre de puce NFC sans ce maillage.
Le circuit intégré qu'on voit ici est certes différent de celui de la capsule mais il
a quand même pas mal de points communs en termes d'architecture.
Les transistors représentent la majorité des composants mais on y trouve aussi bon
nombre de condensateurs, résistances, inductances, etc.
Allez on passe sur le second bio-implant que m'a fait parvenir Maxime et ça va aller
relativement vite parce qu'il ne va pas y avoir énormément de choses à dire dans
la mesure où c'est une XLED, c'est-à-dire une sorte de détecteur de champ NFC et RFID.
Et cette autre capsule en verre de 14mm de long par 3mm de diamètre n'est principalement
constituée que de deux éléments, une LED et un fil d'antenne enroulé autour d'un
axe comme celui qui se trouve dans la Spark 2.
Et sur ces images au microscope on peut aussi noter que cet implant est entièrement transparent
mais il semble contenir un gel ou quelque chose d'autre qui retient les éléments
Et à ce stade je me suis dit que je ne voyais pas trop l'intérêt de se faire implanter
ce genre de capsule, faudra m'expliquer.
Et donc j'ai supposé que ça ne devait pas être vendu très cher, et bien j'avais
tort de penser ça.
Parce que oui cet implant est vendu 59$, c'est-à-dire en gros 59€ avec les taxes.
Alors sur la fiche produit on peut y voir une courte vidéo de démonstration de son
usage dont je me suis demandé ce que pouvait contenir le kit à ce prix-là.
Et bien il y a l'injecteur stérile préchargé avec l'implant XLED, deux lingettes antiseptiques,
une compresse de gaz stérile, un pansement adhésif et une paire de gants non stériles.
C'est écrit en bas de l'image.
Ça fait quand même cher pour ce que c'est.
Alors en guise de test, je l'ai soumise au champ électromagnétique NFC d'une fréquence
de 13,56 MHz générée par le Flipper Zero pendant la lecture.
Et effectivement, comme vous pouvez le voir, lorsqu'elle traverse le champ électrique,
l'intensité du courant induit lui permet de s'illuminer en blanc et de clignoter en
fonction de la fréquence.
Mais quelle est la raison qui fait que c'est vendu aussi cher ? Si vous avez la réponse,
je veux bien que vous la donniez en commentaire.
Et d'ailleurs, si vous êtes porteur d'un de ces bio-implants, ça peut aussi être intéressant
que vous nous parlez de votre expérience.
Et pour en finir avec cette XLED, on va juste extraire le contenu de la capsule et s'assurer
que l'observation est complète.
Alors je précise que je n'exerce pas une pression très importante à ce stade mais
il est vrai que j'utilise quand même ici une petite pince.
Bon, comme vous pouvez le voir, l'écrasement a produit pas mal de minuscules débris.
En revanche, ici, il a fallu que je presse assez fort mais il se trouve que ça n'est
pas du verre et ce que je pensais tout à l'heure être un gel est plutôt une sorte
de silicone transparent qui retient donc la LED à droite et l'antenne à gauche.
Bon voilà, je pense qu'on a fait un peu le tour des deux bio-implants qui sont à
ma possession.
Et mon avis sur la question, ça me laisse un peu perplexe bien que j'entrevoie des
possibilités qui vont très certainement se confirmer dans un avenir relativement proche.
Alors personnellement, je ne suis pas du tout la cible de ce genre de produit, même pour
un implant comme l'Apex Flex qui regroupe davantage de fonctionnalités mais toujours
pas de paiement sans contact et qui par conséquent est beaucoup plus intéressant par rapport
au Spark 2 qui, lui, n'est finalement qu'un gadget.
A ce rythme, il est évident qu'on va voir émerger dans les années à venir des bio-implants
gérés par des puces NFC de plus en plus abouties et qui offriront des possibilités
très intéressantes qu'on n'a pas aujourd'hui, y compris au niveau de la santé.
Parce que oui, en sous-cutanée, un capteur présent avec le bio-implant serait en mesure
de faire des mesures plus précises que ce que fait une montre ou une bague connectée
mais seulement lorsqu'il est alimenté par le champ électromagnétique généré
par le lecteur.
Et aussi la question du prix, aujourd'hui une bague NFC qui ne propose pas de paiement
sans contact, ça se trouve aux alentours d'une trentaine d'euros alors que le Spark
2 en coûte 100.
Et l'Apex Flex en version flexible sous-cutanée est lui proposé à 349$, ce qui est plus
cher qu'une montre connectée premium qui offre pourtant beaucoup plus de fonctionnalités.
Je serais très intéressé de savoir ce que vous en pensez et si vous seriez prêt à
franchir le pas de porter un de ces bio-implants dans la mesure où il répond à vos attentes
ou à vos besoins, donc n'hésitez pas à le dire en commentaire.
Et aussi il me paraît évident qu'une capsule en verre est un peu plus risquée à porter
en sous-cutanée qu'en flexible, imaginez que vous preniez un coup pile à l'endroit
où se trouve la capsule, vous allez vous retrouver avec des débris de verre et de
la substance écrasée sous la peau, c'est pas l'idéal comme situation.
Je comprends bien que le but de ces fabricants de ces produits est de tenter de rassembler
sur une seule et même puce NFC un maximum de fonctionnalités et de vous proposer de
l'avoir toujours sur vous.
Mais bon, ça fera jamais rien de plus que ce que fait déjà un smartphone qu'on a
quasiment tout le temps à porter de la main.
Alors oui, on vous le volera pas et vous le perdrez pas, sauf si vous perdez la main.
Et aussi la question de l'obsolescence, au bout de combien de temps il faut retirer
un plan pour le remplacer par celui de nouvelle génération parce qu'il est devenu un peu
obsolète.
Bref, la question des bio-implants peut faire débat, donc n'hésitez pas à en débattre
en commentaire, je lirai tout ce que je peux, ça peut être intéressant.
Allez, on se retrouve dans quelques semaines pour une prochaine vidéo sur un sujet totalement
différent.
D'ici là, portez-vous bien, ciao !