La vie INSPIRANTE de Saint François d'Assise

Histoire et Mythologie en BD
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148 Vues de vidéo·23 déc. 2024
Imaginons un jeune homme aisé, assailli par les fêtes, le luxe et les rêves de gloire
en tant que chevalier.
Pourtant, une série d'événements dramatiques bouleverse sa vie à jamais, le poussant
à abandonner son mode de vie vaniteux au profit d'une humilité extrême et d'un
service aux plus pauvres parmi les pauvres.
C'est Saint François d'Assise qui, en renonçant à tout ce qu'il possédait,
est tombé sur une prospérité spirituelle sans pareil.
Son parcours fut entaché de visions mystiques, de stigmates et d'un amour profond pour
toutes les créatures.
Saint François d'Assise naquit en 1181 à Assise, dans le centre de l'Italie.
Son nom de baptême était Giovanni di Pietro di Bernadone, mais son père, Pietro di Bernadone,
un riche marchand de tissus, le surnomma François.
Sa mère, Pika, issue d'un milieu noble et pieux, joua un rôle déterminant dans
l'éducation religieuse de son fils.
La famille Bernadone mena une vie confortable et respectable, typique des familles de marchands
aisées de l'époque.
Francis grandit dès son plus jeune âge dans un environnement aisé et haut de gamme,
où il ne manquait de rien.
Son père souhaitait qu'il poursuive ses propres affaires, en veillant à ce que Francis
reçoive une éducation orientée vers les affaires.
Durant sa jeunesse, François d'Assise vécut intensément la richesse et les loisirs que
sa famille lui offrait.
Il s'est fait connaître pour son style de vie flamboyant, participant souvent à
des événements sociaux et à des fêtes organisées pour l'élite de la ville.
Ses amis le respectaient et beaucoup le considéraient comme le roi de la fête.
Il était vaniteux, portait les vêtements les plus raffinés et aimait faire étalage
de son apparence exquise.
Il recherchait les joies du monde, et son attitude nonchalante et charmante a fait de
lui une figure bien connue à Assise.
Pourtant, cette quête incessante de plaisir et d'approbation sociale cachait un désir
plus profond de gloire et d'honneur.
Comme beaucoup de jeunes hommes de l'époque, François rêvait d'une vie d'aventure
chevaleresque, inspirée par les normes médiévales de bravoure et de chevalerie.
Il souhaitait ardemment devenir chevalier, combattre et atteindre la gloire et la distinction
sur les champs de bataille, un souhait qui semblait à portée de main lorsque, en 1201,
Assis se heurta à la ville voisine de Pérouse.
La querelle entre Assis et Pérouse fait partie des nombreux conflits locaux de l'Italie
médiévale, rythmée par les rivalités entre cité-état.
Afin de prouver sa bravoure et de se faire un nom, François rejoignait les forces d'Assise
en tant que soldat.
Mais le destin lui réserva une expérience amère.
Les forces d'Assise furent vaincues, et François fut ensuite capturé par les soldats
de Pérouse.
François se retrouva prisonnier, une réalité bien différente de celle à laquelle il était
habitué.
Il resta captif pendant près d'un an dans des conditions difficiles, souffrant de la
faim, du froid et de la maladie.
Cette douleur et ses privations eurent un impact profond sur sa vision du monde.
Bien qu'il n'avait pas encore atteint le stade de la conversion spirituelle, la
période qu'il passa en tant que prisonnier marqua le début d'un changement intérieur,
car il commença à réfléchir au sens de la vie et à l'inutilité de sa quête
de la gloire matérielle.
Après un an de captivité, François fut libéré après que son père eut payé une
rançon.
A son retour à Assise, il luttait encore pour se réadapter à la vie d'avant-guerre,
mais quelque chose avait déjà changé dans son état d'esprit.
Peu de temps après sa libération, il contracta une grave maladie qui l'affaiblit physiquement
et émotionnellement.
Il resta longtemps alité, ce qui l'obligea à mettre un terme à ses aventures chevaleresques
et à la vie décontractée qu'il avait autrefois caractérisée.
Durant cette période de fragilité physique, François dut faire face à sa propre mortalité
et réfléchir au chemin qu'il avait emprunté jusqu'alors.
Lui qui avait toujours été vif et joyeux se retrouvait soudain cloué au lit, avec
à peine le temps de réfléchir au sens de sa vie, et les objectifs qui lui avaient semblé
si clairs auparavant lui paraissaient désormais dénués de sens.
De plus, l'éventualité de la mort que la maladie avait fait surgir dans son esprit
amena François à s'interroger sur le sort de son âme et sur les aspects spirituels
qu'il avait jusqu'alors négligés.
Après sa guérison physique, François continua à subir une profonde transformation intérieure.
Il continua à chercher des réponses spirituelles et commença à s'isoler davantage de la
vie sociale, recherchant la solitude pour méditer et prier.
Au cours de cette période, une rencontre décisive eut lieu, un moment qui allait marquer
à jamais son processus de conversion, la rencontre avec un lépreux.
Les lépreux étaient nés aux bancs de la société de l'époque, redoutés et évités
par tous.
La maladie était très contagieuse et considérée comme une malédiction divine.
Pour François, qui grandit dans le luxe et le confort, la vue d'un lépreux était
odieuse.
Un jour, alors qu'il se promenait dans les environs d'Assise, il croisa un lépreux
sur le bord de la route.
Sa première réaction fut le dégoût et la peur.
Il essaya instinctivement de s'éloigner, mais quelque chose de profond se produisit
en lui.
Au lieu de s'échapper, François ressentit une force intérieure qui le poussa à aller
à l'encontre de ses pulsions.
Il descendit de son cheval et se dirigea vers le lépreux.
Dans un geste de profonde humilité et de compassion, François déposa un baiser sur
les mains du malade, ce qu'il n'aurait jamais fait dans sa vie antérieure.
Un acte d'amour et de miséricorde marqua un tournant dans sa conversion spirituelle.
Lui qui avait autrefois méprisé la souffrance et la pauvreté voyait désormais la présence
du Christ dans les nécessiteux.
Cette rencontre symbolisa pour lui l'abandon total de sa vie vaine antérieure et le début
d'un chemin d'humilité et de service.
Très vite, François prit une décision encore plus radicale.
Son expérience avec le lépreux avait profondément touché son cœur et lui avait fait comprendre
qu'il devait rompre une dernière fois avec son mode de vie riche.
Dans l'un des moments les plus poignants de son parcours, François décida publiquement
de renoncer à son héritage et à ses biens matériels.
Cet épisode se déroula devant l'évêque d'Assise et un grand nombre de citoyens,
dont son propre père.
François avait déjà commencé à se retirer des affaires familiales et à donner ses biens
aux pauvres, ce qui contrariait profondément son père Pietro di Bernadone.
Lassé de la folie de son fils, il se tourna vers la cour pour l'obliger à rendre l'argent
de la famille et à renoncer à ses intentions charitables.
Devant l'évêque, François non seulement rendit l'argent à son père, mais aussi,
dans un geste symbolique, enleva ses propres vêtements et les lui présenta nus.
Il déclara qu'à partir de ce moment, il n'avait plus de père terrestre, mais seulement
son père céleste.
Ému, l'évêque drapa François dans son manteau, symbole de la nouvelle vie qu'il
avait choisi de suivre.
Ce fut un moment de renoncement total à la vie matérielle.
François abandonna le confort, la richesse et les privilèges de sa famille pour vivre
dans la plus grande pauvreté.
En 1205, alors que François d'Assise essayait encore de comprendre sa nouvelle vocation,
il y eut un moment de profonde prise de conscience spirituelle qui allait changer le cours de
sa vie.
Un jour, alors qu'il entrait dans la petite chapelle abandonnée de San Damiano, juste
à l'extérieur d'Assise, François s'agenouilla pour prier devant le crucifix.
Alors qu'il priait, un événement extraordinaire se produisit, il entendit clairement la voix
du Christ lui parler.
La voix lui dit « François, tu dois aller restaurer mon église qui est en ruine ». François
interpréta littéralement cet appel.
En regardant la chapelle de San Damiano endommagée et en ruine, il pensa que le commandement
du Christ se référait à la restauration physique de cet édifice.
Stimulé par cette révélation divine, François entreprit immédiatement de réparer la chapelle.
Il commença à rassembler les matériaux et les pierres nécessaires à sa reconstruction
sans se soucier de la façon dont ils seraient perçus par les autres.
C'était un travail humble, mais il s'y consacra de tout son cœur et avec un sens
profond du but à atteindre.
N'ayant ni argent ni ressources propres, François colportait dans les rues d'Assise,
mendiant des dons de matériaux de construction et parfois même des aumônes pour poursuivre
son travail.
Pour le public, il semblait être devenu fou, surtout si l'on tient compte de son milieu
aisé.
Mais pour François, le travail de reconstruction des églises en ruine était une façon de
suivre directement l'appel du Christ.
Après avoir restauré San Damiano, François entreprit de reconstruire d'autres chapelles.
Il rénova également l'église Saint-Pierre et se consacra plus tard à la réparation
d'une chapelle encore plus importante, la Portion Cule, une petite église consacrée
à Notre-Dame des Anges, nichée dans un bois à la périphérie d'Assise.
La Portion Cule allait devenir l'un des lieux les plus chers à François et à ses
disciples, servant de cœur spirituel au futur ordre des frères mineurs.
Si François prit d'abord l'appel du Christ au pied de la lettre, sa mission de reconstruire
l'église avait un sens plus profond.
Il réalisa peu à peu que le commandement du Seigneur ne concernait pas seulement la
reconstruction physique des chapelles en ruines, mais le renouveau spirituel de l'église
dans son ensemble.
François était appelé à rénover la foi des gens, à restaurer l'éthique de l'humilité,
de la simplicité et de l'amour du prochain, qui, selon lui, s'était perdu dans l'opulence
et dans la puissance de l'église de l'époque.
Il prêcha la modestie, la pauvreté et l'amour pour toutes les créatures de Dieu, soulignant
que la vraie richesse était de servir les autres et de vivre en harmonie avec la création.
Il parcourait les ruelles d'Assise et des villages environnants, transmettant son message
à tous ceux qu'il rencontrait, sans faire de distinction entre les riches et les pauvres,
les nobles et les paysans.
Sa présence était modeste, mais il touchait profondément les gens par l'authenticité
de sa foi et la cohérence entre ses paroles et ses actes.
Il voyait la beauté de Dieu en toutes choses, des animaux aux plantes, et cette vision de
l'amour universel le conduisit à traiter toutes les créatures comme des frères et
des sœurs.
La pureté de son message et son exemple de vie commencèrent progressivement à attirer
d'autres personnes.
En 1208, le premier à rejoindre François fut Bernard de Quintavalet, un homme riche
qui, après avoir été inspiré par la vie de François, décida de renoncer à ses biens
et de suivre le chemin de la pauvreté.
Peu après, d'autres commencèrent à affluer vers lui, formant un petit groupe qui partageait
la même vision de la vie dans la pauvreté, la simplicité et le service aux plus démunis.
Peter, Catanie, Gilles et Sylvester furent parmi ses premiers compagnons.
François et ses disciples vivaient en communauté, sollicitant l'aumône pour leur subsistance
et pour aider les pauvres.
Ils ne possédaient pas plus que ce dont ils avaient besoin pour survivre, et tout ce
qu'ils obtenaient était partagé entre eux ou distribué aux plus démunis.
François baptisa sa fraternité Frères Mineurs, indiquant ainsi qu'il devait être petit
et humble devant Dieu et les autres.
La vie communautaire et le service aux pauvres étaient les pieds rangulaires de cette nouvelle
fraternité, qui se développa rapidement à mesure que de plus en plus de personnes
étaient influencées par le message et le mode de vie de François.
En 1210, François s'aperçut que le mouvement prenait de l'ampleur et qu'il aurait besoin
d'une approbation officielle pour sa fraternité.
Résolu à obtenir cette reconnaissance, il se rendit à Rome avec quelques-uns de ses
compagnons pour rencontrer le pape innocent Roi.
Cette rencontre constitua un moment crucial dans l'histoire de l'ordre franciscain.
Vêtu d'habits simples et frappé par la pauvreté, François expliqua sa philosophie
et la règle de la vie, que lui et ses frères suivaient, basée sur les évangiles et la
vie du Christ.
Le pape et ses conseillers étaient initialement réticents à approuver un ordre aussi radical,
fondé sur l'abandon total des biens.
Cependant, selon la tradition, le pape innocent Roi fit un rêve dans lequel il vit la basilique
Saint-Jean de Latran, l'église principale de Rome, sur le point de s'effondrer, mais
soutenu par un homme simple et humble, qu'il reconnut comme étant François.
Cette vision le persuada que la mission de François était essentielle pour revigorer
l'église.
Le pape donna son approbation informelle à l'ordre des frères mineurs, permettant
à François et à ses disciples de poursuivre leur vie de pauvreté et de prédication,
en reconnaissant officiellement la fraternité.
Non seulement l'approbation papa légitima le mouvement, mais elle lui permit également
de s'étendre.
Les enseignements de François sur l'humilité, la simplicité et l'amour du prochain continuèrent
à se répandre dans toute l'Italie et, finalement, dans toute l'Europe.
L'ordre connaîtra une croissance exponentielle au cours des années suivantes, attirant des
hommes et des femmes désireux de suivre la voie du Christ à travers la pauvreté et
le service.
Claire d'Assise, une jeune femme issue d'une famille noble qui résidait dans la même
ville que François, fut l'une des personnes profondément inspirées par ce dernier.
Issue d'un milieu privilégié, elle manifesta très tôt un penchant spirituel et un désir
de vivre une vie de simplicité et de prière.
Après avoir entendu la prédication de François et avoir été témoin de son mode de vie,
elle décida de suivre la même voie, celle du renoncement aux biens matériels et de
l'engagement total envers Dieu.
Claire cuit son foyer en 1212 et fut accueillie par François et ses frères dans la petite
chapelle de Porte Iuncula.
Dans un geste symbolique d'abandon absolu au Christ, elle coupa ses longs cheveux et
revêtit un simple habit, devenant ainsi la première femme à rejoindre le mouvement
franciscain.
François envoya Claire au couvent bénédictin de Saint-Paul jusqu'à ce qu'un nouveau
foyer soit créé pour elle et ses sœurs.
C'est ainsi que le Deuxième Ordre franciscain vit le jour, connu sous le nom d'Ordre des
Clarisses, composé de femmes qui, sous la direction de Sainte-Claire, menaient la même
vie de pauvreté et de prière que les frères mineurs.
Les Clarisses passaient leur vie cloîtrées, consacrées à la contemplation, à la prière
et au travail manuel, soutenues par leur confiance en la providence divine.
Tout comme François et ses frères, elles étaient démunies, ne possédaient aucun
bien personnel ou commun, et dépendaient entièrement de la charité d'autrui pour
leur survie.
Bien que Claire ait rencontré de nombreuses difficultés, y compris des pressions de la
part de certains secteurs de l'Église pour rassouplir la règle stricte de pauvreté
qu'elle suivait, elle est restée ferme dans son attachement à la pauvreté absolue,
un principe que François avait toujours défendu.
Pendant ce temps, l'ordre des frères mineurs connaissait également une expansion significative.
François et ses compagnons se déplaçaient sans relâche dans différentes régions,
prêchant l'Évangile et diffusant le message d'amour et d'humilité.
La simplicité et la joie de leur démarche attiraient de plus en plus d'adeptes.
L'ordre se développa de façon spectaculaire, s'étendant à toute l'Italie et au-delà.
En quelques années seulement, des frères franciscains étaient présents dans plusieurs
régions d'Europe, dont la France, l'Allemagne et l'Espagne.
Au plus fort de l'expansion de l'ordre franciscain, en 1219, François d'Assis
fut appelé à une mission encore plus audacieuse, se rendre au Moyen-Orient au cours de la cinquième
croisade pour y prêcher la paix et l'Évangile.
A l'époque, les croisades étaient un violent conflit entre chrétiens et musulmans, chacun
essayant de contrôler des territoires considérés comme sacrés, tels que Jérusalem.
Contrairement à la nature belliqueuse des croisades, François avait un profond désir
de promouvoir la compréhension et la réconciliation entre les religions et d'apporter son message
pacifique directement au cœur du conflit.
Il entreprit de se rendre en Égypte, où l'armée croisée était engagée dans le
siège de Daniette, une ville contrôlée par les forces musulmanes, dirigée par le
sultan Malik al-Kamil.
La guerre était dans une impasse, les batailles faisaient rage et les deux camps subissaient
de lourdes pertes.
Dans ce contexte destructeur, François prit une décision qui allait à l'encontre de
toutes les attentes.
Au lieu de prendre part au combat, il décida de traverser les lignes ennemies et de chercher
à rencontrer pacifiquement le sultan musulman.
Son intention était de prêcher l'Évangile à Malik al-Kamil, mais aussi, comme le suggèrent
certains spécialistes, de prouver qu'il était possible de trouver un chemin de compréhension
et de respect mutuel, même entre des ennemis en guerre.
Croyant profondément au pouvoir du dialogue et de la paix, il se dirigea sans crainte
vers le camp musulman avec l'un de ses compagnons, Beriluminatus.
François était conscient des risques, car le voyage pouvait facilement se terminer par
sa capture et son exécution.
Mais sa foi et son courage le poussèrent à continuer.
Après avoir été capturé par les forces musulmanes et conduit au sultan, il se passa
quelque chose d'inattendu.
Au lieu d'être traité comme un espion ou un ennemi, François fut accueilli avec
curiosité et respect.
Connu pour son intelligence et son ouverture au dialogue, le sultan Malik al-Kamil fut
impressionné par le courage et la sincérité de François.
Plutôt que de recourir à la violence ou à un prosélytisme agressif, il se dirigea
vers le sultan avec humilité et un profond respect.
Au cours des jours passés par François dans le camp du sultan, les deux hommes eurent
plusieurs entretiens.
Bien que François ait parlé de sa foi chrétienne et de l'amour de Dieu, il ne tenta pas de
forcer les gens à se convertir.
Le sultan fut tellement frappé par François qu'il lui offrit des cadeaux et même la
permission de prêcher parmi ses soldats.
Fidèle à son vœu de pauvreté, François refusa toute récompense matérielle, mais
accepta volontiers ce geste.
Au moment de partir, il retourna en toute sécurité dans le camp décroisé, sa foi
dans le dialogue et la réconciliation ayant été renforcées, même au cours d'un conflit
d'une telle violence.
La rencontre avec le sultan Malik al-Kamil devint un puissant symbole de compréhension
et de dialogue entre chrétiens et musulmans.
Des années plus tard, les frères franciscains héritèrent de la garde des lieux saints
de Jérusalem, un rôle qu'ils assument encore aujourd'hui, en partie grâce aux
bonnes relations que François a établies avec les musulmans au cours de son voyage.
En 1224, alors qu'il vieillit, la santé de François se dégrade en raison de sa vie
austère et des privations qu'il a volontairement adoptées.
Mais sa dévotion au Christ reste inébranlable et il cherche constamment à se rapprocher
de Dieu.
C'est dans ce contexte qu'il se retire au mont Alverno, un endroit isolé et montagneux
de la région de Toscane, pour y passer une période de profondes prières et de contemplations.
Il s'attachait particulièrement à méditer sur la Passion du Christ.
Le supplice que Jésus avait enduré sur la croix pour racheter l'humanité.
Avec son aile spirituelle, François voulait ressentir la douleur et le sacrifice du Christ
plus pleinement et personnellement, pour s'unir encore plus profondément à son sauveur.
Au cours d'une prière intense, François eut une vision qui allait marquer un tournant
extraordinaire dans sa vie.
Il aperçut un sérafin aux ailes flamboyantes, portant la figure du Christ crucifié qui
s'avançait vers lui.
Ce fut un spectacle profondément émouvant et mystérieux, illustrant l'union entre
la souffrance humaine et la gloire divine.
Au cours de cette expérience mystique, François fut saisi par un sentiment de douleur intense
et d'amour divin.
Puis un événement extraordinaire se produisit, son propre corps présenta les marques de
la crucifixion du Christ, les stigmates.
Elles sont apparues sur ses mains, ses pieds et son côté, correspondant aux blessures
que le Christ a subies lors de la crucifixion.
Ces blessures physiques, qui saignaient et lui causaient une grande douleur, étaient
perçues comme le signe divin que François avait été gratifié d'une part unique de
la souffrance rédemptrice de Jésus.
François ne voyait pas les stigmates comme une source d'orgueil ou de vanité, mais
comme une manifestation de sa profonde dévotion et de son désir de suivre le Christ de tout
cœur, même dans la souffrance.
Bien qu'il essaya de dissimuler ses stigmates, ses compagnons les plus proches ne tardèrent
pas à les découvrir.
François fut profondément touché et humilié par cette expérience, la considérant comme
un signe que Dieu avait répondu à sa quête d'une union plus intime avec le Christ.
Mais les stigmates lui causèrent également de grandes souffrances physiques, lui qui
était déjà affaibli par une mauvaise santé.
François vivait désormais avec des plaies ouvertes qui ne guérissaient jamais complètement
et continuaient à saigner de temps en temps.
Les stigmates de Saint François étaient un phénomène inhabituel et mystique qui
se répandit rapidement, augmentant encore la vénération entourant sa personne.
L'année même où il reçut les stigmates, Saint François d'Assise écrivit l'une
des œuvres les plus célèbres de sa vie, Le Cantique des créatures, également connu
sous le nom de Cantique du soleil.
Il reflète la profonde spiritualité de François et sa vision selon laquelle toute la création
est liée, faisant partie d'une grande famille sous la paternité de Dieu.
Pour François, le monde naturel n'était pas seulement une création du Seigneur, mais
aussi une manifestation directe de son amour et de sa bonté.
Le Cantique de François faisait l'éloge du soleil, de la lune, des étoiles, de l'eau,
du vent et même de la mort, les appelant ses frères et sœurs.
Dans chaque élément de la nature, il voyait un reflet de la grandeur et de la présence
de Dieu.
Écrit en italien vernaculaire plutôt qu'en latin, ce poème était novateur pour l'époque,
car il permettait aux gens ordinaires de comprendre et de participer à cette vision spirituelle.
Le Cantique des créatures est largement considéré comme l'une des premières œuvres littéraires
écrites en langue italienne et constitue une incarnation poétique de la théologie
franciscaine, Dieu peut être trouvé dans chaque partie de la création.
Bien que sa santé se soit détériorée, François vécut ses derniers jours dans la
paix et la tranquillité.
Souffrant de plusieurs maladies, dont la cécité, il passa ses dernières années entouré de
ses frères et dans un profond état de prière.
En 1226, conscient que sa mort approchait, François demanda à être ramené à la portion
cule, le lieu où il avait commencé son voyage de pauvreté et de service.
Il voulait mourir dans la plus grande simplicité, comme il avait vécu.
François est décédé le 3 octobre 1226 à l'âge de 44 ans.
Ses derniers instants furent marqués par son humilité et sa foi inébranlable.
Il demanda à être déposé directement sur le sol, au contact de la terre, en signe
de sa dernière humilité et de son unité avec la création.
Entouré de ses frères et en prière, François quitta ce monde, laissant derrière lui un
héritage spirituel qui transcendra sa vie.
Sa mort bouleversera ses disciples et l'église toute entière.
François avait suscité une renaissance spirituelle dans l'Europe médiévale, appelant les gens
à revenir à l'Évangile et à vivre dans la simplicité, l'humilité et l'amour
du prochain.
Sa vie était un témoignage de foi authentique et la vénération pour François s'est rapidement
accrue après sa mort.
Sa réputation de sainteté était si répandue qu'en 1228, deux ans seulement après sa
mort, le pape Grégoire IX l'a officiellement canonisé comme saint de l'église catholique.
La sainteté de François est une reconnaissance de son profond impact sur la spiritualité
chrétienne et de son importance pour le renouveau de l'église en ces temps difficiles.
Des milliers de personnes le considèrent déjà comme un saint, et son modèle continuera
d'influencer les générations à venir.
L'héritage du saint François d'Assis est toujours d'une grande actualité.
On se souvient de lui comme du saint patron des animaux et de l'environnement, dont
le message d'amour universel, de respect de la création et de simplicité de vie résonnent
profondément dans un monde confronté à des problèmes d'écologie et de justice
sociale.
Le mouvement franciscain qui l'a fondé s'est étendu à l'échelle mondiale,
et ses idées d'humilité, de paix et de fraternité inspirent encore des millions
de personnes dans le monde.
