"À chaque fois, Bruno Retailleau jette une pierre dans le jardin d’Emmanuel Macron" (Thomas Bonnet)

President of France
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56 Vues de vidéo·23 juil. 2025
"À chaque fois, Bruno Retailleau jette une pierre dans le jardin d’Emmanuel Macron" (Thomas Bonnet)
Merci d'être avec nous. Il a allumé la mèche chez vous, allumé le feu chez vous.
« Je ne crois pas » ou « en même temps » dit Bruno Retailleau dans les colonnes de Valeurs Actuelles.
Il torpille la Macronie qui enrage depuis hier soir en découvrant ses déclarations et l'accuse de vouloir diviser le fameux socle commun.
Ambiance à une heure du Conseil des ministres. « Je ne crois pas » ou « en même temps ».
Le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron tout simplement parce qu'il n'est ni un gouvernement, ni un mouvement politique, ni une idéologie.
Il repose essentiellement sur un homme. « Je ne crois pas » ou « en même temps » car il alimente l'impuissant.
Racontez-nous Sébastien Ligné que s'est-il passé ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi sort-il comme ça cette déclaration Bruno Retailleau ?
Il faut savoir que ce n'est pas du tout une phrase qui serait sortie un petit peu trop rapidement de sa bouche, qui n'aurait pas été relue ou pensée.
Evidemment, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, surtout à ce niveau-là de responsabilité.
C'était une interview d'ailleurs qu'on avait préparée et envisagée avec eux, comme une interview non pas du ministre de l'Intérieur sur les questions sécuritaires, migratoires,
mais du chef de la droite par rapport à l'état politique du pays. C'était une interview politique, il devait s'exprimer à la fois sur son rôle en tant que président des Républicains,
sa vision du nouveau corpus idéologique qu'il souhaite développer pour 2027, son rapport à l'union des droites et son rapport au Bloc central, dont il fait plus ou moins partie en étant membre du gouvernement.
Tout le monde retient ces deux phrases, pardonnez-moi, vous avez pu faire cinq pages d'entretien, la seule chose qu'on retient c'est « je ne crois pas » ou « en même temps ».
Le macronisme va se terminer avec Emmanuel Macron, voilà ce qu'on retient ce matin.
Et une autre phrase qui est peut-être encore plus troublante et je trouve d'une violence inouïe pour le macronisme, c'est quand il explique finalement qu'il est pour le retour du clivage gauche-droite
et que selon lui, le Bloc central, donc la création d'Emmanuel Macron en 2017, a été un poison pour la démocratie parce qu'il considère que la tripartition a empêché toute possibilité d'alternance.
Donc il critique même, au-delà de l'idéologie d'Emmanuel Macron, l'existence même de cette troisième voie.
Lui, c'est un défenseur acharné du clivage gauche-droite, il le répète à longueur d'interview.
Ce n'est pas très étonnant en réalité de la part de Bruno Retailleau quand on connaît ses convictions maintenant depuis plus de 30 ans.
Ce qui est étonnant, c'est que c'est une charge inédite d'un ministre en exercice contre Emmanuel Macron, qui n'a jamais été aussi déstabilisé de l'intérieur.
On a la chance d'avoir les meilleurs journalistes politiques de France et de Navarre.
Jules Thorez, Sébastien Ligné et Thomas Bonnet, c'est un peu les To Be Free de l'Assemblée nationale, des cinq colonnes.
Écoutez, c'est un vrai boy's band ce trio-là.
Donc Thomas Bonnet, quelle analyse vous faites de ces déclarations ?
Pourquoi sort-il du bois maintenant et pourquoi aligne-t-il le feu alors qu'on est en plein été ?
Normalement, c'est tranquille, on prépare l'été, on prépare les vacances.
En fait, chaque interview de Bruno Retailleau, celle-là est peut-être la plus parlante parce qu'il va peut-être le plus loin dans les colonnes de Valeurs Actuelles.
Mais sur l'aide médicale d'État, sur l'Algérie, sur les énergies renouvelables, maintenant sur le concept même en même temps,
à chaque fois, il jette une pierre dans le jardin d'Emmanuel Macron.
Et on a bien compris, il veut se dissocier du bilan du macronisme parce qu'à sa droite, il est taxé justement de se mêler avec le Bloc central.
Donc il a tout intérêt à dire qu'il n'a rien à voir avec ces gens-là.
Les arguments qu'il oppose, moi, je les trouve plutôt pertinents.
Et ce qui m'intéresse, c'est la réaction, et je pense qu'on va en parler, des macronistes.
Ah, on y vient dans cinq minutes, mais c'est une pépite.
Simplement, c'est absolument incroyable parce qu'il n'y a aucun argument qui est opposé à Bruno Retailleau.
C'est que des arguments moraux.
C'est ça, donc je crois que même eux partagent ça.
Contre-attaque morale.
Et j'en veux pour preuve, les dernières élections législatives, les candidats macronistes avaient tous retiré le visage d'Emmanuel Macron de leur tract, ou presque.
Ils voulaient avoir un cercle.
Ils voulaient montrer aussi qu'il y avait une fin de règne quand même.
Le parti, j'ai vu Ambroise Méjean, qui est le représentant des Jeunes avec Macron.
Les Jeunes avec Macron, ça ne s'appelle plus les Jeunes avec Macron.
Ça s'appelle les Jeunes en marche.
Allez m'expliquer pourquoi.
C'est une bonne question, ça, qu'on devrait poser à M. Méjean.
On devrait l'appeler.
On va essayer de l'avoir en FaceTime, Ambroise Méjean.
Il fulmine depuis hier soir.
Quoi ? Mais qu'a-t-il dit ?
Honteux ! Il fait le jeu des extrêmes, Bruno Retailleau.
Gilles Torres.
Moi, ce que je trouve extrêmement intéressant, c'est le timing.
Et si je ne me trompe pas, l'interview a été réalisée la semaine dernière.
Le Valeurs Actuelles boucle le lundi.
Et donc, l'interview était déjà préfabriquée avant ce week-end.
Exactement.
On est bien d'accord.
Et donc, ce qui est intéressant, c'est que ce week-end, on a eu une autre actualité record historique.
C'est l'impopularité historique du président de la République, de François Bayrou.
Plus de 82% de Français insatisfaits du Premier ministre et du président de la République.
Et donc, à ce moment-là, et même avant, Bruno Retailleau décide d'accorder une sorte de rupture,
de montrer qu'il est en total désaccord.
Parce qu'avant Valeurs Actuelles, il y a eu le Figaro, dans lequel on voit bien que le duel se tend avec Jean-Noël Barraud et Emmanuel Macron.
Et là, c'est une ligne de plus dans la page que veut écrire Bruno Retailleau.
Et ça commence par la rupture avec le macronisme.
Parce qu'il ne peut absolument pas être qualifié d'otage du Macron.
Une actualité politique en chasse une autre.
Et c'est vrai qu'il y a tellement de déclarations politiques qu'on en oublie certaines.
Mais le mariage entre Bruno Retailleau et la Macronie, ce mariage-là, il était mort-né dès le début.
Rappelez-vous, quand il parle de l'état de droit, il se fait cartonner par la Macronie.
Ça commence comme ça.
Et le soir même, Gabriel Attal va faire une déclaration où il fait un communiqué
en demandant des garanties sur les sujets sociétaux à Bruno Retailleau,
qui doit s'en expliquer ensuite au 20 mars.
C'était Sébastien Lignier.
Alors Georges Fenech, maintenant qu'on a eu l'analyse des journalistes politiques,
c'est l'homme d'expérience.
Je pense qu'il y a une grande cohérence chez Bruno Retailleau.
Il n'a jamais dit d'ailleurs qu'il se mariait avec la Macronie.
Il a toujours expliqué sa présence au gouvernement pour empêcher l'ultra-gauche d'y rentrer.
Donc qu'il fasse part de son opposition, ou en même temps, ou à d'autres sujets de Macron,
ça me paraît tout à fait cohérent.
La difficulté nouvelle, c'est qu'il est dans ce gouvernement qui a un socle commun,
mais c'était acté à l'avance.
– Est-ce qu'on peut arrêter ces expressions qui ne veulent rien dire ?
Le socle commun.
– C'est Michel Barnier qui l'a inventé.
– Vous pouvez me le définir, le socle commun ?
Ça veut dire quoi le socle commun ?
C'est quoi le socle commun ?
– Que Bruno Retailleau soit pour une majorité et une opposition,
mais je crois qu'il y a une très large majorité de frères
qui veulent une démocratie avec une majorité et une opposition.
Il n'y a rien de scandaleux dans ce qu'il a dit.
– Alors ensuite, on ira sur le fond.
On ira sur le fond dans un instant, on écoutera les déclarations de la Macronie.
En fait, la Macronie déteste une chose, c'est la contradiction.
Un peu comme l'extrême-gauche d'ailleurs.
Le centre et l'extrême-gauche, c'est bonnet blanc sur les questions de débat.
Vous ne pouvez pas débattre avec eux, sinon on entre sur un terrain moral,
vous vous les divisez, vous faites le jeu des extrêmes.
– Ce n'est pas la gauche, c'est la gauche en réalité.
Et la Macronie aujourd'hui, c'est l'aile gauche de Macron.
– Je ne parle pas des idées, je parle de l'incapacité qu'on pourrait avoir parfois à débattre.
– À chaque fois, vous faites le jeu des extrêmes.
À la gauche, quand on critique Najat Vallaud-Bekessem à la Cour des comptes,
on fait le jeu des extrêmes.
– Mais il a toujours été extrêmement cohérent, Bruno Retailleau.
Avant d'entrer au gouvernement, il tenait la même ligne.
Maintenant qu'il y est rentré, il tient la même ligne.
Ce qui est quand même étonnant, c'est quand vous acceptez d'être au gouvernement,
on peut s'attendre à ce que vous fassiez quelques concessions.
Bruno Retailleau n'en fait pas, mais le résultat,
c'est qu'il est extrêmement ésolé sur beaucoup de sujets,
notamment l'Algérie, l'insécurité, l'immigration.
– Jules, toi, c'est extrêmement intéressant ce que dit Sarah,
puisqu'en réalité, au-delà du jeu politicien qu'on décèle assez facilement,
il y a vraiment un ras-le-bol.
Le ras-le-bol sur la question de l'Algérie, ça pèse à Bruno Retailleau.
C'est-à-dire que pendant des mois… – C'est une humiliation.
– Je ne sais pas si c'est une humiliation,
mais en tout cas, pendant des mois, on lui a dit
« Attends, ne sois pas dans la ligne de fermeté, laisse la diplomatie faire.
Tu ne sais pas faire de toute manière que tu es ministre
depuis que seulement quelques mois, Bruno.
Laisse-nous faire, on est du côté de la diplomatie.
Bolême sans salle, on va le libérer. »
Bon, il a constaté l'échec diplomatique et l'impuissance diplomatique en six mois.
Et je pense qu'il se contenait, il se contenait.
Et là, il a décidé, finalement, voilà, il y va, quoi.
– Thomas Bonnet, dans une heure, il y a le Conseil des ministres.
– Et demain ?
– On a le droit d'y assister ou pas ?
– Mais je pense qu'Emmanuel Macron n'est pas du tout insatisfait
de la déclaration de Bruno Rotailleau.
Pour la simple et bonne raison que…
Bruno Rotailleau dit quoi ?
Il dit « La seule personne qui fait vivre la Macronie, c'est Emmanuel Macron. »
– Il désigne l'impuissance, quand même.
– Il désigne aussi le fait que ce n'est qu'un progressisme moderne,
que le macronisme n'est qu'une suite de l'idéologie 68 ardes
qui a été développée, qui a déconstruit tous les socles.
Je ne suis pas sûr qu'Emmanuel Macron soit ravi de cette interview.
– Ça ne date pas d'hier que les deux personnages partagent des idées
complètement différentes.
– Non, mais qu'un ministre de l'intérieur en exercice le dise de telle manière,
c'est assez inédit.
Et d'ailleurs, certes, il est isolé.
– C'est inliné.
L'homme qui a mis le feu dans ce gouvernement,
je le dis aux auditeurs de Ropin et aux téléspectateurs.
– Il n'a jamais été aussi puissant, parce que s'il sort une phrase pareille,
c'est qu'il sait qu'il est intouchable, en réalité.
Il sait très bien que si Bruno Retailleau venait à quitter le gouvernement,
c'est la fin de ce fameux socle commun que vous détestez,
et c'est la fin de ce gouvernement.
– C'est l'expression que je ne supporte pas,
je ne veux strictement rien dire.
Le socle commun…
– Il est en position de force, il peut tout se permettre.
– Bruno Retailleau, s'il perd son poste, je pense qu'il s'en remettra,
contrairement à d'autres.
– Sébastien Lénier, vous devriez rester un peu discret.
En plein été, au moment où les gens sont en vacances,
profitent un peu de la plage, sont heureux de nous retrouver sur CNews.
Moi, je voulais commencer par le Tour de France,
une actualité politisative, et vous, vous publiez cette interview
qui vient foutre le feu au gouvernement.
Alors, juste pour Emmanuel Macron, pardonnez-moi,
il a l'expérience d'un ministre qui a des ambitions présidentielles
et qui peut tacler le gouvernement dans lequel il est.
Puisqu'Emmanuel Macron avait fait ça, sous François Hollande,
on a des archives, on va les découvrir dans un instant.
Donc, je vous dis, ce sont les macronistes crépusculaires
qui sont en colère ce matin, mais je ne suis pas sûr que l'Elysée…
– Ça a toujours été le cas.
– Mais peut-être que je me trompe.
– Sarkozy vis-à-vis Chirac, ça a toujours été le cas.
– Il y a toujours eu un moment où on se…
– On va écouter quelques réactions, parce que, je le disais,
la Macronie ne supporte pas la contradiction
et ne supporte pas d'être mis en difficulté par, pourquoi pas,
ce fameux socle commun.
Elisabeth Borne a dit quoi ?
« Pour une retaillot, le macronisme est une idéologie
et un parti politique.
Tentez, et on y va sur le terrain moral, les deux pieds devant.
De diviser le socle commun, c'est affaiblir les remparts
contre les extrêmes. »
– Les remparts contre les extrêmes, c'est exceptionnel comme argument,
parce que c'est le seul aujourd'hui…
Si vous demandez à quelqu'un de définir le macronisme,
c'est ce qui va arriver.
Alors, peut-être l'Europe, mais le rempart contre les extrêmes,
c'est la seule chose qui reste.
Et d'ailleurs, c'est un peu aussi ce sur quoi
a été élu Emmanuel Macron en 2017 et 2022,
moi ou K.O.
C'est un peu la marque de fabrique du macronisme,
c'est le rempart face aux extrêmes.
C'est leur vision.
– Au témoin d'un doute, Thomas Bonnet,
le rempart contre les extrêmes,
il y avait une période où finalement,
il ne fallait pas faire rempart,
quand ils ont servi de marchepied pour la France insoumise
aux élections législatives.
Il y avait un rempart ?
Non, mais il y avait un rempart contre les extrêmes, là, ou pas ?
– Vous avez complètement raison, Eliott.
Et d'ailleurs, dans l'interview, ça passait un peu plus inaperçu,
parce que ces deux phrases-là sont des déflagrations.
Bruno Retailleau est interrogé sur ce qu'il doit choisir
entre l'ERN et la France insoumise.
Il ne dit pas clairement qui choisira l'ERN,
mais il dit que la France insoumise,
c'est le principal danger aujourd'hui de notre pays.
Là aussi, c'est un petit clin d'œil
à ceux qui, il y a un an, sont associés avec eux.
– Et il dit que l'ER pourra pas gagner seul.
C'est quand même un gros clin d'œil.
– Quelques réactions politiques.
On rejoindra à 10h, Dunia Tengour,
notre journaliste politique à CNews,
parce qu'elle sera vraiment aux portes
du Conseil des ministres.
– J'ai hâte de voir l'ambiance.
– Ah, ça va être drôle.
Clément Beaune, l'ancien ministre macroniste
qui réagit ce matin, je vous propose de l'écouter.
– Il y a quand même des principes
qui devraient être assez simples.
Quand on est nommé par le Premier ministre,
on n'attaque pas le Premier ministre.
C'est quand même la base de notre Constitution
et de l'esprit démocratique.
– Il l'a fait avant d'être ministre,
il continue de le faire.
– Oui, mais la différence, c'est entre être ministre
et ne pas être ministre.
Quand on est ministre, on respecte le Premier ministre.
On peut être en désaccord,
on peut exprimer des sensibilités,
mais on respecte l'institution présidentielle.
Un débat public, il part complètement en cacahuète.
On ne peut pas tous les matins expliquer
que les juges sont méchants,
que le Premier ministre dit n'importe quoi.
On a quand même le droit, comme citoyen,
à vivre dans un pays où, quand on est ministre,
on n'attaque pas le Président de la République,
on n'attaque pas la justice,
on n'attaque pas les journalistes.
– Extraordinaire.
En quoi ?
C'est un manque de respect que de dire
que Macronie repose sur un homme.
Ce n'est pas un mouvement, ce n'est pas un parti.
Elle repose sur un homme
et lorsque cet homme va quitter l'Elysée,
il n'y aura plus de macronisme.
Et en plus, on en veut pour preuve quand même
que l'héritier normalement du macronisme,
Gabriel Attal, a depuis un an et demi
décidé de démacroniser le parti.
On l'a vu, vous l'avez dit,
avec Les Jeunes avec Macron
qui deviennent Les Jeunes En Marche.
Il a voulu attaliser le parti
et enlever la trace du Président de la République.
Thomas l'a dit, dans les législatives partielles
où il y avait des candidats macronistes,
Emmanuel Macron n'existe plus.
Donc c'est bien la preuve qu'Emmanuel Macron
va complètement disparaître avec le macronisme
et que le macronisme va disparaître
avec Emmanuel Macron.
Mais moi, ce qui va être intéressant
à suivre aujourd'hui, Elliot,
ça va être le Conseil des ministres.
Je vous rappelle que la porte-parole du gouvernement
a été la première à mettre une pièce
dans ce jukebox de la fin du macronisme
en disant qu'elle était des Républicains,
la porte-parole du gouvernement.
Donc elle est chargée de porter la parole
du gouvernement de Mme Borne, par exemple.
Donc ça va être très intéressant.
Sophie Prima, évidemment.
Sophie Prima, justement, on l'écoute
puisqu'elle a réagi ce matin.
Mais ce qui est intéressant,
c'est que Gabriel Attal,
il y a une dizaine de jours,
si je ne m'abuse, il a expliqué
qu'il n'y avait quasiment aucun point commun
avec les Républicains aujourd'hui.
Il faut savoir.
Non mais il faut savoir.
Mais d'ailleurs, Gabriel Attal n'a pas réagi
sur Twitter.
Non, non.
Le compte de renaissance a réagi.
Mais en réalité, Gabriel Attal,
ça lui va très bien.
Mais bien sûr.
Parce que Gabriel Attal,
il veut aussi réactiver
une forme de clivage
centre-droite-centre-gauche,
contrairement à Édouard Philippe.
Et puis Clément Borne
qui donne des leçons de respectabilité.
Encore une fois,
pendant les élections législatives anticipées,
c'était cette ligne macroniste de gauche,
l'île gauche,
qui était prête à taper dans la main
de députés de la France insoumise.
Et désormais, grâce à ces individus-là,
nous avons la possibilité d'avoir,
par exemple,
comment s'appelle-t-elle la députée LFI ?
Alma Dufour.
Ah, Alma Dufour.
C'était Horizon.
C'est pareil.
C'est les 50 nuances d'extrême-centre.
On écoute Sophie Primat ?
Une fois encore,
la raison pour laquelle,
à la fois Bruno Retailleau,
qui est le président de notre parti,
et un certain nombre d'autres ministres
dont je fais partie,
sommes dans ce gouvernement.
Nous sommes dans ce gouvernement,
qui est un gouvernement d'assemblage,
pour trouver, en fait,
une voie pour diriger la France
dans l'année et demie qui vient,
qui est une période extrêmement délicate,
d'un point de vue budgétaire et politique,
et pour éviter que notre pays
soit gouverné par les extrêmes.
Et donc, chacun garde sa personnalité,
ses convictions.
Et je pense qu'en disant cela,
Bruno Retailleau veut réaffirmer
que nous ne changeons pas nos convictions,
mais nous essayons, dans cette période,
de trouver la voie.
De trouver la voie.
Est-ce que, tiens,
ça c'est une autre question,
au-delà de la forme et du fond,
est-ce que les Français
épousent la déclaration
de Bruno Retailleau-Georges Fenech ?
Est-ce que vous pensez qu'il y a
une sorte de bon sens populaire
lorsqu'il dit ça ?
Les Français, ils espèrent
non pas un gouvernement d'assemblage,
comme je viens de l'entendre,
elle a raison d'ailleurs,
mais un gouvernement en majorité,
avec une majorité qui gouverne.
Donc je pense que les Français,
aujourd'hui,
ils voient 2027,
et ils voient revenir
un véritable clivage démocratique.
Le clivage, ça n'est pas mauvais en soi,
au contraire.
Ça permet un débat,
ça permet une confrontation.
Moi j'ai toujours vécu,
majorité, une opposition.
L'opposition a vocation
à devenir majorité.
C'est ça, la vivacité
d'un débat démocratique.
C'est pas d'étouffer
tout ce qui n'est pas le socle.
Oui, puis les Français
en ont assez des formules creuses
et de l'inertie de ce gouvernement.
Donc je pense que beaucoup partagent
la position de Bruno Retailleau.
Ils en ont marre.
Vous parliez d'un sondage tout à l'heure,
c'est exactement ça.
L'autre question
qu'on peut se poser,
c'est est-ce que Bruno Retailleau
peut désormais rester
dans ce gouvernement ?
Et si oui, combien de temps ?
Sébastien Liné ?
En tout cas,
ce qui est vraiment intéressant,
je trouve,
c'est que dans la réaction
des macronistes qu'on écoute
depuis tout à l'heure,
c'est de voir à quel point
il y a une grande hypocrisie là-dedans.
En fait, ils sont persuadés
qu'ils ont encore le pouvoir.
Pour moi,
ils se trompent
depuis les élections législatives.
Ils n'ont toujours pas retenu
de 2022,
mais encore plus
de post-dissolution.
Ils n'ont toujours pas compris
qu'ils ont perdu
ces législatives-là,
qu'ils sont au pouvoir
uniquement par un assemblage
et que donc,
quelqu'un qui rentre
dans ce socle commun
n'est pas là
pour leur faire plaisir,
mais dans le cas de Bruno Retailleau,
il le dit dans l'interview,
il est là uniquement
pour éviter à la France
un gouvernement dirigé
par la gauche.
C'est tout.
Ces gens-là ne gouvernent plus.
Ces gens-là ne sont plus au pouvoir.
Et donc, Bruno Retailleau,
il peut démissionner ou non,
mais ça ne changera rien
à la plus profonde des choses.
Que seulement
l'aspect politique des choses.
Vous avez entièrement raison,
Sébastien Ligny,
de dire que peut-être
que la Macronie pense
qu'elle a encore le pouvoir.
Mais elle pense surtout
avoir raison.
C'est la continuité philosophique
du cercle de la raison.
Si vous n'êtes pas d'accord
avec eux,
vous sortez de ce fameux
socle commun,
vous sortez de ce fameux
arc républicain
et vous avez tort.
Vous êtes quelqu'un
de dangereux.
Vous êtes quelqu'un
d'extrême.
Vous êtes quelqu'un
de réactionnaire.
C'est ça,
c'est ça la Macronie.
Et en fait,
Bruno Retailleau,
il faut qu'il fasse attention
parce qu'il est comptable
du bilan de la Macronie.
Je veux bien qu'il fasse
toutes les déclarations.
Ça fait neuf mois
qu'il y est.
Il n'est pas comptable
des sept ans.
Il n'est pas comptable
de la Macronie.
Il est comptable
de son bilan.
Il est comptable
de son bilan
de neuf mois.
George Fenech,
quand vous êtes depuis
neuf mois
dans un gouvernement
macroniste,
je veux bien vous l'appeler
comme vous voulez,
quand vous êtes depuis
neuf mois
dans un gouvernement
macroniste.
Il n'est pas.
L'opposition demain,
l'opposition demain
pour les élections
présidentielles,
à juste titre,
ou non d'ailleurs,
peut-être que vous avez raison,
dira,
M. Retailleau,
vous avez peut-être
les meilleures idées du monde.
Vous avez passé
tant de temps
avec ceux
qui ont saccagé
la France.
Est-ce que vous croyez
que sur le bilan
des relations entre la France
et l'Algérie,
M. Retailleau est comptable
du bilan de M. Macron ?
Le bilan économique,
ce n'est pas lui non plus.
Vous croyez ?
Et d'ailleurs,
cet argument,
à mon avis,
ne fonctionne pas
chez les Français
et on l'a vu
par deux fois
quand il y a eu
la présidence des Républicains.
C'était l'argument principal
de Laurent Wauquiez.
Je ne vous fais pas
le rappel du score
des 75-25.
Le Rassemblement national
utilise aussi
cet argument-là.
On voit bien
que ça ne prend pas
contre Bruno Retailleau.
Le seul argument
en réalité
qu'il prend
contre Bruno Retailleau,
c'est celui
de l'impuissance
qu'il pourrait avoir
au ministère de l'Intérieur
parce que les Français
ne lui attribuent
que cette responsabilité-là.
C'est qu'est-ce
que vous avez fait
en dix mois
au ministère de l'Intérieur ?
Là, Bruno Retailleau répond
qu'on est dans
une majorité d'assemblage.
On a trois couloirs
de nage à l'Assemblée.
On ne peut pas faire voter
des grands textes.
Il fait quand même
le maximum.
Absolument.
Mais par contre,
sur les expulsions,
on a des choses.
Sur la réduction
des visas
aux hiérarches algériens,
on fait des choses.
Il arrive à vous lister
une dizaine,
une quinzaine de choses
où il a réussi à faire.
Et pour répondre
à votre question,
est-ce qu'il peut rester
dans l'assemblage
de Bruno Retailleau
aujourd'hui
qu'il n'avait pas au départ ?
C'est que maintenant,
il est président des Républicains.
Donc, si on l'écarte
du gouvernement,
vous avez 46 députés en moins.
Bon courage pour trouver
une majorité.
Mais vous allez retrouver
vos premiers amours.
C'est la gauche.
Vous vous tournez
vers un socle commun
à gauche.
Gabriel Attal,
Elisabeth Borne,
M. Bohn,
ils sont très contents.
Ils sont à peine 200.
Comment ?
Ils sont à peine 200.
Je vous ai dit,
dans une demi-heure maintenant,
c'est le début
du conseil des ministres
à l'Élysée.
Dounia Tengour
est en direct avec nous
du service politique.
Pardonnez-moi,
pas police,
quoique c'est la police
de la pensée
en terre balconiste
ce matin.
Dounia Tengour,
vous êtes un peu loin
des portes de l'Élysée,
mais racontez-nous
qu'est-ce qu'il se passe
et quels sont les enjeux ?
J'imagine que ça va jaser
ce matin.
Exactement.
Bonjour Eliott,
bonjour à tous.
C'est un conseil
des ministres,
vous le savez,
sous haute tension
qui s'annonce ici
à l'Élysée à 10h.
Je suis à quelques pas.
Bien sûr,
ça n'a pas de sens
parce que la cour d'honneur
n'a pas encore ouvert.
Le conseil va commencer,
vous le savez,
à mi-clos.
Nous autres journalistes,
nous n'avons pas accès
bien évidemment
à ce conseil,
mais à la presse,
c'est-à-dire le compte-rendu
qui nous est dressé
par la porte-parole
du gouvernement Sophie Prima
qui est issue également
des rangs républicains.
Vous le savez,
vous en avez débattu,
Bruno Rotaillot
a fait une sortie choc
chez nos confrères
de Valeurs Actuelles.
Il ne croit pas.
En même temps,
c'est un tacle sévère
à l'encontre
du macronisme
qui n'a pas tardé
à faire réagir
dès hier soir.
Ses confrères,
ses consoeurs ministres
ont commencé
par la ministre de l'Éducation,
Elisabeth Borne,
qui finalement parle
d'une tentative
de division
du socle commun.
Même son de cloche
pour la ministre
de la Transition écologique,
Agnès Pagny-Runacher,
qui écrit
« Diviser n'est pas
un projet. »
Voilà pour l'ambiance.
Alors,
le parti Renaissance
va encore plus loin,
Éliott,
puisqu'il s'agit tout simplement
pour le parti
de propos inacceptables.
Voilà pour l'ambiance
à quelques minutes
de ce Conseil des ministres.
Autant vous le dire,
la question du maintien
de Bruno Rotailleau,
Place Beauvau,
va se poser.
Peut-il rester
dans un gouvernement
avec lequel
il ne partage
pas grand-chose,
pas d'idées communes ?
Toute la question est là.
Alors, réponse
dans quelques heures
ou quelques semaines,
Éliott.
Merci beaucoup,
Juliette Engour.
Merci à
Olivier Gangloff
qui vous accompagne.
Je regarde l'heure,
il est 9h25,
mais normalement
on a Anissa Dadi,
je le dis,
qui est en régie
sur Europe 1.
Le club de l'été ?
Where is the club de l'été ?
Et le carillon ?
Qu'est-ce qu'il se passe ?
S'il vous plaît.
Tu se perds là,
c'est ma petite carillon.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Ah !
Et la lumière fut.
Inessa Dadi,
est-elle là ?
