Jackie Kennedy a su franchir toutes les passerelles avec grâce : entre le conformisme des années 50 et la révolution des années 60, entre bonheur et tragédie, jeunesse et pouvoir, vie publique et vie privée. 👋 + de documentaires histoire 👉 http://bit.ly/3lqyFpY 🙏 Abonnez vous !
00:00 Intro 01:33 L’enfance de Jackie 13:11 La rencontre avec John Kennedy 20:30 Première dame d’Amérique et icône de mode 27:30 La restauration de la Maison Blanche 34:50 L’assassinat de Kennedy 40:31 Le mariage avec Onassis 44:45 LA fin de sa vie
Des millions de gens restent encore fascinés par tous les détails de sa vie et de sa personnalité. Comme Première Dame, elle a fait entrer la beauté, l’intelligence et le bon goût à la Maison Blanche. Puis son courage durant l’assassinat du Président lui ont valu l’admiration du monde entier. Mais si Jackie Kennedy Onassis est une icône de l’Amérique c’est avant tout un esprit libre et une battante.
Jackie Kennedy - une femme de style Un film de Christopher Rowley
23 avril 1996.
Une vente aux enchères très attendue chez Sotheby's à New York.
5 000 objets
ayant appartenu à celle que les Américains ont rangé
parmi les grandes figures de leur histoire.
Une femme devenue un mythe, Jackie Kennedy Onassis.
4 millions de dollars.
Telle était l'estimation de la valeur globale de cette vente.
Quatre jours plus tard, après le dernier coup de marteau du commissaire priseur.
Le total des recettes atteindra 35 millions de dollars.
Le temps n'a pas effacé la légende de Jackie Kennedy.
Malgré les turbulences de l'histoire, de son histoire, elle est restée
une grande dame, la seule vraie princesse qu'ait jamais eu l'Amérique.
Son destin singulier a fait d'elle une icône vivante.
Unanimement, le monde a salué sa force de caractère,
sa dignité, son extraordinaire distinction.
Elle a su toute sa vie conserver ce style,
cette image olympienne et énigmatique.
31 mai 1961 le président John Kennedy
et son épouse arrivent à Paris en voyage officiel.
Cette visite a pour but d'améliorer le dialogue entre de Gaulle et Kennedy.
Mais c'est la First Lady qui va tenir la vedette.
Les Parisiens n'ont d'yeux que pour elle.
Grandes réceptions à Versailles.
Tout le monde est subjugué par le charisme et l'élégance de Jackie.
Le général de Gaulle lui même est conquis par sa culture et sa connaissance
de la littérature française.
Jusqu'à l'arrivée au pouvoir de John Kennedy, on avait vu à la Maison-Blanche
que des First Lady grassouillette, mal fagotée et un peu défraîchie,
Jackie Kennedy était la première épouse de président belle, jeune et élégante.
Et pour les Européens, le fait qu'elle ne porte
ni robe à fleurs en nylon ni lunettes ridicules
signifiait que l'Amérique était peut être plus raffinée qu'on ne l'imaginait.
Son physique rayonnant,
avait quelque chose de rassurant.
C'était elle la vraie star.
Les échanges entre le président Kennedy et de Gaulle
passait au second plan aux yeux des Français.
Je pense sincèrement que ceci n'est pas étranger au fait
qu'une nouvelle amitié est née à ce moment là entre la France
et les Etats-Unis.
De même qu'elle brille par son charme et sa personnalité.
De même, Jackie voudra dépoussiérer et faire briller la maison Blanche,
symbole de la présidence.
En 1962,
elle organise pour la télévision une visite guidée du palais présidentiel.
L'émission sera regardée par 80 millions de téléspectateurs.
l'Amérique est vraiment peuplée de plouc.
Et ce que Jackie a fait de plus remarquable,
c'est d'essayer de changer cela en donnant l'exemple.
Je suis sûre que Jackie tiendra une place de plus en plus importante
dans l'histoire car c'est une des grandes dames de ce siècle.
C'est une Cléopâtre du monde moderne.
Naturelle, élégance.
Tout le monde en convient.
Cette femme a beaucoup de classe.
C'est une des clés de son succès.
La classe, ça vient de l'intérieur, tandis que l'élégance est extérieure.
Et chez les personnes qui ont du charisme, comme Jackie Kennedy ?
La classe et l'élégance vont de pair.
Toute sa vie, Jackie réinventera son style.
Son allure variera au gré des circonstances, mais elle aura toujours
cette distinction qui lui vient de ses origines et de son enfance.
Elle est née par un après-midi torride de 1929
à l'hôpital de Southampton à Rhode Island.
Son physique méditerranéen et son caractère fougueux,
elle les tient de son père, John Bouvier, dit
Black Jack.
Il est agent de change, un flambeur
et un séducteur, pour ne pas dire un incorrigible coureur de jupons.
Jeannette Lee,
la mère de Jackie, est tout le contraire de son mari.
Discrète, rigoureuse, soucieuse des apparences
et très à cheval sur les principes et les règles du grand monde.
C'est elle qui enseignera à Jackie les bonnes manières et la maîtrise de soi.
Elle n'aimait pas beaucoup sa mère.
En revanche, elle adorait son père.
C'était presque une relation incestueuse.
Pas au sens propre du terme, bien sûr.
Mais quand on voyait Jacqueline avec son père,
on aurait dit un couple d'amoureux.
Alors que lorsqu'elle était avec sa mère, c'était une petite fille
susceptible et capricieuse.
Le véritable mentor de Jackie,
c'est grand P Jacques, son grand père paternel.
C'est lui qui va l'initier à la littérature et aux arts.
Il lui a fait découvrir la littérature, Shakespeare et
il lui
a même fait lire l'histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain.
Elle avait à peine huit ans.
Jackie séjourne souvent à Lasata, la maison de vacances de son grand père.
C'est une véritable vitrine du design européen.
Pièces immenses, mobilier cossu,
jardin à l'italienne.
Les bouviers y cultivent aussi les traditions de l'ancien monde.
La cuisine y est exquise, les conversations d'un niveau élevé.
À Lasata
Jacky apprend que l'on peut mener au quotidien une existence raffinée.
Une large place est faite à la culture.
C que lui a inculqué sa famille.
C'est l'idée qu'on doit être cultivé, mais pas trop.
et que la culture se porte un peu comme une armure.
Elle a appris à toujours montrer son meilleur profil.
Grand P Jacques se vantait d'être le rejeton d'une lignée
d'aristocrates qui vivaient à la cour de Louis XIV.
Il avait même édité une plaquette intitulée Nos ancêtres.
Mais John Davis le cousin de Jackie, écrira un
livre démentant formellement ses origines nobles.
Même si ses ancêtres étaient un pur fantasme de son grand père.
Jackie restera profondément imprégnée de ses idéaux aristocrates.
Elle était convaincue d'être une aristocrate, de faire partie d'une élite
Ce qui ne veut pas dire qu'elle snober les gens.
Elle était gentille avec tout le monde,
mais elle avait toujours un petit air supérieur.
En effet, Jackie se conforme
aux exigences de son rang sans jamais se départir de son allure altière.
Mais il y a quelqu'un d'autre en elle.
Elle est à la fois princesse et garçon manqué.
Tout à fait ce qu'il faut pour assouvir sa passion pour les chevaux.
J'ai un souvenir très précis
de cette toute petite fille chevauchant un gigantesque étalon.
Et avec une maîtrise
absolument parfaite.
Sa mère, qui est elle même une excellente cavalière,
a fait monter Jackie dès qu'elle a su marcher.
A cinq ans, elle remportait déjà des concours hippiques.
Elle a tout de suite
été une remarquable cavalière.
Nous ses cousins et cousines
Elle nous considérait comme des poules mouillées
incapables de faire du saut d'obstacles comme elle.
En plus, elle passait des heures dans les écuries à bouchonner les chevaux
pour être encore plus proche d'eux.
Jackie s'adonnera à cette passion jusqu'à la fin de sa vie.
Monter à cheval symbolise les trois vertus qu'elle cultive le plus assidûment
la beauté, la liberté, la maîtrise de soi.
La maîtrise de soi et d'ailleurs,
celle qui lui sera le plus utile dès l'enfance.
Les époux Bouvier ont beau essayer de sauver les apparences,
leur ménage va à vau l'eau.
Blackjack est constamment à court d'argent et incapable de modérer
ses désirs de conquêtes.
En 1940, c'est le divorce et le premier traumatisme de la vie de Jackie.
Elle y fait
pourtant face avec un flegme étonnant.
Si elle souffrait,
c'était en silence et elle ne se plaignait jamais.
D'ailleurs, je ne l'ai jamais vu pleurer.
Heureusement, Jackie va très bien s'entendre avec les enfants de Hugh
Auchincloss que sa mère épouse en secondes noces.
Ce richissime banquier possède deux propriétés, dont une résidence d'été
à Newport .Hammersmith Farm, située dans un parc de 35 hectares
avec des jardins luxuriants et des intérieurs somptueux.
Jackie s'y sent comme au paradis.
Elle s'est choisit une chambre superbe ou elle passe des heures à lire,
à écrire des poèmes et à dessiner.
En 1944, Jackie a quinze ans.
L'âge d'entrer dans une école pour jeunes filles de bonne famille.
Le pensionnat de Miss
Porteur, dans le Connecticut, est loin d'être une prison austère.
Mais déjà, qui n'y retrouve pas le luxe dans lequel elle vivait depuis deux ans ?
Et elle doit s'habituer à la discipline.
Pourtant, l'uniforme obligatoire n'étouffe ni son style ni sa personnalité.
Non seulement elle était superbe,
mais elle avait beaucoup de classe et elle était intelligente.
Je dirais même qu'elle était nettement au dessus du lot.
Elle était espiègle, elle savait rire et amuser les autres,
elle faisait tout le temps des caricatures, des petits dessins.
Elle était inventive et aussi très attentionnée.
Si elle apprenait que l'une d'entre nous était déprimée ou malade,
elle lui portait un bouquet de fleurs.
Elle avait toujours des petites attentions, comme ça.
Et une fois à la Maison Blanche, elle a continué.
Elle quitte cette école en 1947 avec une mention d'excellence.
Sur sa fiche, on peut lire: traits de caractères
Le plus marquant.
Le sens de l'humour. Ambition.
Ne pas être une femme au foyer.
A 20 ans, elle part faire des études à Paris.
Elle s'inscrit en littérature française à la Sorbonne.
Heureuse et insouciante,
elle marche pendant des heures dans les rues de Paris,
partage la vie des jeunes intellectuels étrangers, fréquente le Café de Flore
et Les Deux Magots dans l'espoir d'apercevoir des écrivains célèbres.
Elle s'intéresse aussi aux beaux arts et à la danse.
Mais pas question de déroger à la dignité due à son rang.
Elle habite chez une comtesse, dans le 16ᵉ arrondissement.
Et tous les samedis soirs, elle retrouve la jeunesse dorée américaine
au bar du Ritz.
Plus tard, Jackie écrira.
Cette année passée à Paris fut la période la plus heureuse de ma vie.
C'est là bas que j'ai appris à ne pas avoir honte de ma soif d'apprendre.
Alors qu'ici, j'essayais toujours de la cacher.
Je suis rentrée heureuse de poursuivre mes études dans mon pays,
mais avec un amour pour la France qui ne me quittera jamais.
Si elle suivait les conseils
de sa mère, Jackie épouserait maintenant un homme riche et rentrerait dans le rang.
Mais elle veut voler de ses propres ailes, gagner sa vie.
Elle trouve une place de reporter photographe au Washington Times Herald,
ce qui l'amène à rencontrer le jeune sénateur du Massachussetts
John Kennedy et à brosser un portrait de lui dans sa rubrique.
Celui ci ne tarde pas
à lui faire la cour et il la présente bientôt au clan Kennedy.
Elle fait évidemment sensation.
La famille Kennedy, depuis les années 20,
attachait énormément d'importance à une certaine forme
de panache et de distinction.
Pour Rose Kennedy, la mère de John,
avoir du panache, c'est s'habiller chez les grands couturiers français.
Joseph, son mari, est très soucieux lui aussi de l'image de la famille
et il voit en Jacqueline
Bouvier la femme parfaite pour son fils, qu’il destine à une carrière politique.
Elle est catholique, elle a de l'éducation.
C'est une fille de bonne famille.
Ce qui rehaussera le statut social
de John.
John et Jackie forme un beau couple.
Un symbole de jeunesse et de vitalité qui devrait plaire au peuple américain.
Le mariage est célébré le
12 septembre 1953 à New Port.
C'est l'événement mondain de l'année et pour les Kennedy, l'occasion ou jamais
d'asseoir la réputation du futur candidat à la présidence.
Car John, poussé par son père, est enfin décidé à conquérir le pouvoir
jusqu'à la magistrature suprême et à apporter à la famille Kennedy
le prestige dont elle rêve depuis fort longtemps.
Ce dont personne ne se doute encore,
c'est que Jackie Kennedy va offrir un nouveau programme à l'Amérique
en imposant peu à peu une façon différente de penser la culture,
la mode et l'histoire.
1953 est une année faste pour l'Amérique.
L'économie est florissante.
Le pays se reconnaît dans son nouveau président, le bon papa Eisenhower,
ancien commandant en chef des forces alliées en Europe.
Mamie, son épouse, est une first lady très populaire
qui se dit elle même parfaitement satisfaite de sa réputation
de bonne ménagère et très heureuse de la chance qui lui est donnée de suivre
partout son mari.
En apparence, Jackie est prête à se conformer à cette image.
Une fois mariée au sénateur Kennedy, elle renonce à ses ambitions personnelles
et fait passer la carrière de son mari avant tout le reste.
De chroniqueuse,
elle était sur le point de passer éditorialiste,
le Washington Times Herald commençait à lui demander
d'écrire des articles de fond.
Mais Jack Kennedy a exigé qu’elle y renonce
Il lui a dit.
Jackie il y a qu'un écrivain dans cette famille et ce n'est pas toi.
Et elle a consenti à arrêter.
Lorsque le jeune couple emménage dans cette maison de Washington,
Jackie est décidée à être l'épouse parfaite.
Mais à sa façon, d'accord pour se conformer aux valeurs américaines,
mais avec quelque emprunt
à la culture européenne.
Le raffinement est son maître mot
et elle le décline aussi bien au quotidien que dans les somptueux dîners
qu'elle organise pour John et ses amis politiques.
Elle comprend aussi qu'elle
représente un atout politique important pour son mari.
Elle décide donc de le seconder dans ses campagnes électorales,
aussi bien sur la forme que sur le fond.
En 1960,
c'est la course à la maison Blanche.
La campagne est menée tambour battant.
John Kennedy et le candidat choisi par le Parti démocrate.
Mais cet homme jeune, catholique de surcroît, a
peu de chances de l'emporter face aux républicains Nixon
Heureusement, il y a Jackie et son irrésistible
sourire qui fascinent les foules.
En fait, serrer des milliers de mains et faire bonne figure devant les électeurs
est pour elle une véritable corvée.
Mais elle joue le jeu.
Je la revois comme si c'était hier.
Elle semblait toute seule dans la foule.
Personne ne lui parler et elle n'avait personne à qui parler.
elle avait l'air complètement perdu.
Mais elle gardait ce magnifique sourire, tellement chaleureux,
comme si elle s'était dit Je sourirais jusqu'au
bout, coûte que coûte.
Elle avait une attitude
totalement hors norme dans le monde politique.
Par exemple, au lieu d'assister à ces infect diners
d'une campagne et de prendre des bains de foule,
elle s'asseyait dans un coin et lisait les mémoires de De Gaulle en français.
Il y a eu un article
dans le magazine Time, juste avant l'élection de Kennedy.
Où l’on racontait qu'on l'avait vue danser pieds nus et en pantalon orange.
J'ai lu ça toute gamine et je me suis dit Quelle femme formidable !
Contre toute attente, le 9 novembre
1960, JFK remporte les élections contre Richard Nixon,
malgré un score très serré,
J’ai été impressionnée par Jackie Kennedy.
Dès la cérémonie d'investiture.
J'avais la chance de me trouver
dans la voiture qui précédait celle des Kennedy,
dans la parade du Capitole à la Maison-Blanche.
Et je les voyais de très près.
Ils saluaient la foule avec des sourires et des signes de la main.
Tellement sympathique qu'immédiatement j'ai eu l'impression de faire partie
de la famille et le public a dû avoir le même sentiment.
Il émanait d'eux une chaleur qu'aucun journaliste
de ma génération n'avait jamais connue chez d'autres présidents.
Quand Jackie est devenue First Lady.
Elle m'a donné l'impression d'avoir signé un engagement.
Elle n'avait
peut être pas aimé faire campagne mais ce rôle de première dame d'Amérique
l'intéressait, elle était décidé à le jouer à fond et le mieux possible,
mais à sa manière à elle.
Pas du tout, comme les précédentes First Lady.
Ainsi, du jour au lendemain, Jackie passe du statut
plutôt rébarbatif de femme de sénateur à celui de première dame d'Amérique.
C'est dans ce nouvel emploi qu'elle va fasciner le monde entier.
D'emblée, le pays se passionne
pour cette femme à l'allure princière et pour son style très recherchée.
Jackie était la première épouse de président à être aussi jeune,
belle, mince et à la pointe de la mode.
Elle portait ce que beaucoup de femmes rêvaient de porter.
Elle incarnait à la fois l'aristocratie américaine
et la sophistication européenne.
Et en plus, elle avait un teint diaphane et cheveux très brun, un visage expressif.
Elle était photogénique.
Pas étonnant qu'elle soit devenu aussi vite une icône.
Propulsé sur le devant de la
scène, elle va mettre un point d'honneur à soigner son allure.
Elle se fournit dans les bonnes
maisons de couture parisienne mais lance aussi un couturier américain.
Oleg Cassini a travaillé à Hollywood
et c'est lui qui va l'aider à peaufiner son style.
Il y avait quelque chose du sphinx dans l'expression de son visage.
On aurait dit une princesse égyptienne.
Elle avait les épaules
larges, comme les personnages des représentations hiéroglyphiques.
With very large.
Des épaules larges, des hanches minces et la taille longue et fine.
Une fois établie cette comparaison avec la princesse égyptienne.
J'avais un fil conducteur
pour dessiner ces vêtements et je n'avais qu'à m'inspirer de ce thème.
Comme on s'inspire d'une histoire.
Jackie a peut être un profil classique, mais elle a en plus l'audace
d'être différente
à une époque ou toutes les Américaines portent des manteaux de fourrure
et des voilette.
La nouvelle First
Lady apparaît dans un tailleur beige tout simple, coiffé du fameux pillbox hat.
Le chapeau en forme de boîte à pilules dont elle lancera
la mode.
Elle cultive majestueusement son style.
Et pendant les 1000 jours de son règne à la Maison-Blanche,
les variations de sa garde robe vont non seulement captiver les Américaines,
mais faire date dans l'histoire de la mode.
Si les Américaines se passionnait
à ce point pour les innovations vestimentaires de Jackie, c'est
qu'enfin elles pouvaient prendre exemple sur quelqu'un qui avait un chic fou.
Il ne faut pas oublier que dans les années 50,
l'Amérique du Nord était uniformisée, complètement dépourvue
de style.
Jackie arrive donc à point nommé.
Les Américaines ont besoin de conseils pour devenir les femmes
d'intérieur idéales.
Les épouses modèles de ces hommes qui sont le moteur de la prospérité
économique.
L'image de Jackie, magnifiée
par les médias, va leur servir de référence.
On la voit partout, à la télévision ou l'on peut désormais
apprécier les couleurs de ses toilettes
dans les rubriques politiques, aux côtés des grands de ce monde et surtout
sur les podiums des grands couturiers, puisque son style est devenu une mode.
Les journalistes s'amusent de cet engouement
pour la Première dame d'Amérique.
Certains vont jusqu'à dire qu'un rendez vous pris par madame Kennedy
avec un couturier est un événement autrement
plus important qu'une décision politique de son mari.
Il est vrai
qu'elles sont des millions à avoir adopté le style de Jackie Kennedy.
Robe trapèze, tailleur, petit chapeau plat
et collier de perles.
Madame Kennedy fait elle une apparition en manteau de léopard
En quelques mois, la demande mondiale de peau de léopard augmente,
au point de menacer la survie de l'espèce.
Elle ne commettait jamais la moindre faute de goût.
C'en était écœurant pour les femmes de son entourage.
On pouvait toujours essayer de nouer un foulard comme elle.
Ça ne donnait rien de bien.
Il lui suffisait d'une ceinture et d'une écharpe
pour donner un pantalon et une chemise à trois francs six sous,
une allure incroyablement chic.
Jackie ne supportait pas l’à peu près le manque d'élégance ou les négligences.
Si elle avait tant de classe, ce n'était pas parce qu'elle possédait
une garde robe bien fournie, mais parce qu'elle ne faisait jamais
de fausse note.
Entretenir cette image coûte très cher.
En 1961, les dépenses de la First Lady
dépassent le salaire de son mari plus de 100 000 $ par an.
Heureusement, Joe Kennedy, le père de John, est prêt à tout
pour entretenir le mythe.
C'est lui qui paye les factures.
Moyennant quoi, le monde entier continue à aduler Jackie.
Cette place de grande prêtresse de l'élégance
ne l'empêche pas de jouer avec passion son rôle de mère.
Caroline est née en 1957 et trois ans plus tard, arrive John Junior.
Malgré toutes les péripéties de son existence,
ses deux enfants compteront toujours plus que tout au monde.
Son mari et ses enfants passaient avant tout le reste.
Elle faisait tout pour leur assurer sécurité, bonheur et confort.
Elle veillait sur eux, les tenaient à l'écart des curieux
qui leur criaient, Caroline viens ici, John,
ici John, comme on appelle un chien.
Elle détestait ça.
Alors, elle sortait de la maison avec eux, discrètement.
Une fois les badauds partis.
La vie conjugale de Jackie est loin d'être aussi idyllique qu'on ne l'imagine.
John Kennedy, on le sait maintenant, menait une vie très dissolue.
Ses innombrables infidélités étaient soigneusement tenues secrètes,
mais constituaient une humiliation permanente pour Jackie.
Seulement, il ne fallait pas que ça se sache.
Là encore, elle arrivait à donner le change.
Sur la foi de l'image lisse et impeccable qu'elle affiche.
Le public continue à voir en elle une épouse et une mère parfaite.
Un modèle à suivre jusque dans les détails les plus terre à terre.
J'ouvrais des lettres pour elle, disant que tout le monde
prétend que je vous ressemble trait pour trait, madame Kennedy.
J'ai exactement les mêmes cheveux que vous.
Je voudrais savoir combien de bigoudis vous mettez la nuit.
C'est bien trois au milieu et deux de chaque côté.
Et est ce que ça dérange le président vos bigoudis ?
Question ahurissante.
Mais Jackie était une star et tout ce qu'elle faisait était forcément bien.
Elle, devient un idéal, une princesse.
Pour la première fois,
l'Amérique a une figure de proue qui montre comment s'habiller, comment
recevoir, comment élever ses enfants et décorer son intérieur.
Et quel intérieur !
Les quelque 50 pièces de la Maison Blanche
sont dans un état de délabrement pitoyable lorsque le couple y emménage.
Et non seulement Jackie entend la restaurer, mais elle veut en faire un
musée du peuple américain.
Les portraits n'étaient même pas des originaux.
Le mobilier se composait de copies
début 19ᵉ, il y avait très peu d'objets de valeur dans la maison.
Et pour cause,
les locataires précédents, les Truman et les Eisenhower,
avaient acheté tous leurs meubles dans des magasins de gros.
Le mobilier ancien de la Maison
Blanche avait été relégué dans un entrepôt voisin.
Elle a dit Il faut remplacer ce style petit bourgeois par quelque chose de beau.
Versailles a su résister au temps.
La Maison Blanche devra faire de même.
Jackie tenait beaucoup à faire
les choses comme il fallait et à être bien conseillée.
Elle a commencé par engager un conservateur à demeure.
Il n'y en avait jamais eu.
Jackie veut avant tout redonner grandeur
et prestige aux pièces de réception de la Maison-Blanche.
Elle confie cette tâche à Stéphane Boudin, un architecte d'intérieur
connu pour les aménagements d'inspiration française,
qu'il a fait dans les plus somptueuse demeure du monde.
En étudiant très précisément tous les détails
sous la houlette de Boudin,
elle transforme la Maison-Blanche en une splendide résidence ou se mêlent
les références à l'histoire de l'Amérique et le style français.
Jackie avair entendu dire que plusieurs toiles de Cézanne appartenant
à la Maison Blanche avaient été déposées ici à la National Gallery.
Elle est venue les réclamer.
Le conservateur les avaient réunies dans cette pièce sur les chevalets,
en plaçant les meilleurs au fond dans la pénombre.
Naturellement, c'est sur celle là qu'elle a jeté son dévolu.
Elle a dit Je vais prendre ça, ça et ça.
Jackie
orchestre personnellement toute la restauration de la Blanche.
Et lorsque le Congrès rechigne à voter la loi qui permettrait d'en
faire un musée, elle use de son charme et obtient gain
de cause.
Jackie a passé des dizaines de coups de téléphone.
De sa petite voix douce et feutrée, elle a convaincu
tous les membres du Congrès dont l'accord lui était indispensable.
Elle a manœuvré entièrement seule.
C’était en plus l'occasion de lever des fonds avec quelques amis
richissimes qui ont été flattés et ravis d'y participer.
Mon père s'est fait avoir.
Il lui a donné un bureau ancien.
Daniel Webster, qui est encore à la Maison-Blanche
dans la salle à manger privée.
La Maison-Blanche, est maintenant digne d'accueillir
les grandes réceptions présidentielles organisées de main de maître par Jackie,
elle dont la vocation était tout sauf être une femme au foyer.
La voilà devenue la plus célèbre hôtesse d'Amérique.
Elle a dit
On va tout changer, à commencer par la nourriture.
Il est grotesque de servir ce genre de choses
à des chefs d'Etat et de leur faire manger des hamburgers.
J'aurai un chef français
et l'un des plus renommés de l'époque,
René Verdon.
Je l'imagine très bien, relevant ses manches ôtant ses bijoux
et déclarant.
Commençons par le bœuf bourguignon.
Les Américains ont besoin qu'on les sorte un peu de leur ignorance.
Fini les longues tables en U, Jacky installe ses hôtes à des tables rondes.
Plus commode pour converser.
Autre nouveauté les invités ont le droit de fumer, de boire et de s'amuser
dans une atmosphère sympathique et néanmoins raffinée.
Du coup, il y avait une ambiance exquise avec un fond de musique douce.
C'était plein de charme et de raffinement.
C'était merveilleux.
Nappe en lin
jaune ou bleu, chandelier, petit bouquet de fleurs.
Les tables sont joliment dressées.
A Paris, Jackie est tombé en extase devant des chaises en bambou dorées.
Elle veut les même à la Maison-Blanche.
En un mois,
toutes les maîtresses de maison dans le vent
abandonnent les traditionnelles nappes blanches
pour adopter les nappes de couleur.
Les tables rondes et les chaises en bambou doré.
Des couleurs dans la salle à manger.
C'était du jamais vu.
Les défenseurs de la tradition ont crié au scandale.
C'est épouvantable.
Mais non, c'était fantastique.
Bonne chair, bon vin, bonne compagnie.
Quand on avait une trentaine d'années, on avait envie de passer un bon moment
dans une soirée sympathique, une grande fête ou l'on s'amusait vraiment.
Eh bien, c'était là bas que ça se passait.
On n'avait jamais vu une chose pareille à la Maison-Blanche.
Pendant les deux ans et demi qu'ils passeront à la Maison-Blanche.
Les Kennedy inviteront nombre de chefs d'État, mais aussi des écrivains,
des danseurs, des musiciens mondialement célèbre.
Entre une soirée avec Pablo Casals et un dîner avec 49 prix Nobel,
la première dame d'Amérique fait du palais présidentiel
une plaque tournante de l'art et de la culture.
On y recevra même la Joconde grâce à l'amitié
qui lie Jackie Kennedy et André Malraux, alors ministre français de la Culture.
Grâce aussi à la conviction de Jackie qu'un gouvernement a également pour tâche
de promouvoir les arts.
Cultivé et intellectuelle, mais sans ostentation.
Jackie crée en Amérique une nouvelle image de la féminité
la brune brillante en quelque sorte, l'antithèse de la blonde brûlante.
La sensualité de Jackie n'a rien à voir avec celle
de la blonde sulfureuse au décolleté vertigineux.
La ravissante idiote qui minaude comme une chatte.
C'était ça la féminité dans les années 50.
Pour moi, Jackie a apporté un peu du charme existentialistes français.
À la féminité américaine qui était beaucoup plus collet monté.
Quand je dis français, je ne pense pas à l'esprit de la haute couture,
mais plutôt au côté français de Jean Sieberg ou d'Audrey
Hepburn dans Funny face.
Voilà 1000 jours que John Kennedy est président et que Jackie le seconde
avec brio.
Elle semble parfaitement maîtresse de son image et de sa destinée.
Tout va basculer le 22 novembre 1963,
lors d'une visite officielle à Dallas.
Il faut imaginer l'horreur de cet instant.
Elle était assise dans la voiture avec pour ainsi dire,
la cervelle de son mari sur les genoux.
C'est stupéfiant
qu'elle ait été capable de surmonter ça et de tenir pendant les jours suivants.
Comment a t elle réussi à se ressaisir ?
Dieu seul le sait, mais ça montre une fois de plus
l'incroyable classe de cette femme.
Les obsèques de Kennedy font partie des images les plus marquantes du siècle.
Et là encore, ce qui frappe le monde entier, qui restera gravé
dans les mémoires, c'est la souveraine dignité de Jackie.
C'est elle qui a tout orchestré,
avec son habituel souci du détail.
Le cheval sans cavalier qui suit le cercueil est un rappel discret
des funérailles d'Abraham Lincoln.
Son grand voile noir est inspiré des toilettes portées par les veuves
lors des funérailles royales en Europe.
Et c'est conformément à la tradition méditerranéenne
qu'elle a choisi de marcher derrière le cercueil tiré par des chevaux.
250 000 personnes suivent le cortège funèbre
une mise en scène grandiose dans laquelle
certains observateurs verront un moyen de prouver
l'importance de Kennedy en tant que leader politique.
Et Jackie s'y entend pour les mises en scène.
C'est elle qui a fait répéter à John Junior
le dernier salut à son père.
et c'est elle qui allumera une flamme au cimetière d'Arlington.
Encore une de ces initiatives,
inspirée celle là de la flamme du soldat inconnu
qu'elle a vu à Paris.
Jackie avait compris que ses funérailles
seraient un événement unique suivi par des millions de personnes.
Il fallait les présenter comme un spectacle qui aurait
la dignité, l'austérité et la cohérence d'une véritable
mise en scène.
Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'était pas bouleversée.
et que ce n'était pas la douleur qui l'animait dans tous ses calculs.
Mais il fallait garder une certaine tenue.
Ces images seraient retransmise à la télévision.
Elles auraient un impact.
Elles allaient entrer chez les gens et forcément influer sur leur comportement.
C'était une autre façon de se dire qu'il était essentiel d'avoir de la classe,
qu'il faut savoir garder cette classe même dans l'angoisse et l'adversité.
Que c'est important à cause de l'effet produit.
Que ce n'est pas uniquement une question d'étiquette.
L'assassinat et les jours qui ont suivi
ont permis de constater que Jackie Kennedy n'était pas seulement
un modèle d'élégance et de bon goût, qui faisait autorité.
On découvrait en elle une force et une volonté
que l'on n'avait pas soupçonnées.
Et par la suite,
on a bien vu que c'était là sa vraie personnalité
et qu'elle lui permettait de reprendre sa vie en main.
En 1967,
les images de la guerre du Vietnam montrées à la télévision incitent
beaucoup d'Américains protester contre cette guerre.
Jackie est du nombre.
Son beau frère, Robert Kennedy, à son tour candidat
à la présidence, axe toute sa campagne sur l'opposition à la guerre.
Jackie le soutient ouvertement
et cette prise de position politique contredit l'image dans laquelle l'Amérique
veut la cantonner.
Celle de la veuve inconsolable et sublime.
À partir de ce moment là, chacun de ses actes
est vu comme un manquement à son devoir de reprendre le flambeau.
Et elle va faire figure de traîtresse
à la mémoire de Kennedy.
Tout le monde se demandait avec qui allait bien pouvoir se remarier,
qui elle fréquentait, comment elle élevait ses enfants.
Et là dessus, il y a eu l'assassinat de Robert Kennedy.
Je crois que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Elle a explosé.
En 1968
Elle fait scandale en décidant subitement d'épouser un vieil ami,
le célèbre armateurs grecs Aristote Onassis.
Onassis l'a achetée
Il fallait qu'elle s'en aille après l'assassinat.
Mais sa décision de partir pour l'Europe
était celle d'une mère soucieuse du bonheur de ses enfants,
qui veut assurer leur avenir et trouver assez d'argent pour le faire.
Car elle vivait sur un grand pied.
Onassis avait certes beaucoup de charme.
Mais surtout, il était riche et puissant.
Il était en mesure de la protéger.
Elle et ses enfants.
Pour illustrer ce nouveau chapitre de sa vie,
il reste les centaines de photos que Peter Berthe a prises
en Grèce de Jackie et Onassis.
C'était un type formidable.
Si on le prenait tel qu'il était un fêtard, un renégat, un excentrique.
Très primaire, mais d'une façon charmante.
Il croyait par exemple
que le but des impressionnistes était d'impressionner les gens.
Dans la merveilleuse île de Skorpios et sur le yacht d’Onassis, Le Christina,
Jackie essaie d'oublier son passé.
Elle avait des tas d'idées fantasques et espiègles.
On s'amusait bien avec elle.
Ses yeux pétillaient sans cesse.
Elle organisait plein de choses, recevait beaucoup
et était aux petits soins pour ses amis et ses invités, animaient des discussions
très ouvertes et toujours avec ce goût exquis, ce sens de l'humour.
La presse montre du doigt Jackie Onassis et sa frénésie dépensière.
Il est vrai qu'elle fait payer à son richissime
époux des factures assez astronomiques pour le faire pâlir.
Pourtant, dans
sa vie quotidienne, elle a adopté une simplicité sans précédent.
Elle était devenue très bohème et très simple
à bien des égards, elle s'autorisait à être naturelle.
Sur les photos qu'on a de Jackie à cette époque, elle portait
presque toujours un sweat shirt rayé et un jean très, très moulant.
Un genre d'élégance aristocratique.
Un style simple, classique, avec un léger laisse allé.
En fait, ça passait très bien parce qu'elle avait peu de poitrine.
Si elle avait eu des seins énormes, ça aurait été vulgaire.
Mais elle savait ce qui lui allait.
L'élégance et le bon goût,
voilà une chose qu'elle va avoir du mal à imposer à son nouveau mari.
Elle s'en aperçoit très vite.
Comme chacun sait,
les tabourets de bar du Christina étaient recouverts de peaux de testicules
de baleine, chose que monsieur Onassis était fière de faire remarquer à
ses invités.
Et toutes les chambres étaient meublées
dans un style pseudo rococo fin 19ᵉ.
Un peu comme dans les hôtels tape à l'oeil.
Et ça lui plaisait.
C'était son chez lui, il s'y sentait bien et n'aurait pas permis
qu'on y change quoi que ce soit.
Il était extraverti, manipulateur, paranoïaque.
Et avant tout, c'était un homme d'affaires
et souvent grossier, il faut bien le dire.
Elle a fait de son mieux, mais ça n'a
pas marché, il ne pouvait pas être heureux avec elle.
Et il lui fallait une Maria Callas.
Une Grecque comme lui.
C'était un homme très intelligent, mais assez fruste.
En 1975, Jackie est veuve pour la seconde fois.
Onassis s'est éteint à l'âge de 75 ans.
Ces dernières années avec lui ont été houleuses, tendues.
Mais son éducation lui interdit d'étaler les détails de sa vie en public.
Dans une interview, elle se contente de déclarer Aristote
Onassis m'a secouru à un moment ou ma vie était plongée dans l'ombre.
Il a beaucoup compté pour moi.
Il m'a conduite dans un monde de bonheur et d'amour.
New York, 1975.
Jackie Kennedy Onassis entame le dernier chapitre
de son existence.
Une existence de veuve toujours
digne et décente, mais néanmoins joyeuse.
On la voit dans les meilleurs restaurants,
dans les galas et au première des soirées théâtrales.
Une femme superbe, toujours en galante compagnie,
qui change souvent.
Elle vit enfin sa vie de célibataire.
Mais elle semble s'y perdre aussi.
Dépourvue d'un objectif précis, propre à canaliser son énergie.
Elle tourne en rond.
Un jour, je lui ai dit Tu devrais réfléchir, tu as du talent.
Toi qui a toujours aimé les livres, tu pourrais travailler dans une
maison d'édition.
Avec ses relations, elle n'aura aucun mal à trouver un travail,
d'abord chez Viking Press, puis chez Doubleday à New York.
Non qu'elle ait besoin d'argent.
Elle a hérité de 26 millions de dollars à la mort de Onassis.
Mais il faut qu'elle se réinvente.
Elle savait qu'elle pouvait faire sensation par son élégance
et séduire n'importe qui avec son charme.
Mais elle s'était toujours demandé si les gens l'appréciaient pour ce
qu'elle était vraiment.
Elle n'en a eu la preuve
que sur le tard, quand elle s'est remise à travailler.
C'est ainsi qu'à l'âge de 46 ans, Jackie devient un nouvel archétype américain
une femme célibataire qui travaille et élève seule ses enfants.
Jackie s'était toujours fixé un objectif.
Elle en a trouvé un aussi dans cette dernière période de sa vie.
On peut dire qu'elle était satisfaite.
Étant donné son goût
pour la littérature qu'elle a cultivé toute petite avec son grand père.
Il ne lui faut pas longtemps
pour faire ses preuves en tant que responsable d'édition.
Le choix de ses auteurs est souvent judicieux
et très éclectique.
Ce qui lui importait par dessus tout, c'était d'avoir une vie riche. Pas riche en terme
d'argent, riche en termes de bons livres, de conversations intéressantes,
d'amis sur qui on peut compter.
J'ai été très impressionnée, un jour ou nous avions rendez vous pour déjeuner,
de la voir arriver pieds nus dans ses mocassins, vêtue d'un pantalon
et d'un vieux manteau de castor.
C'est fantastique d'oser portait un manteau de castor vieux de 20 ans.
C'est ce que j'appelle avoir du style, pas le style américain.
Le style européen.
Désormais, Jackie ne cherche à attirer l'attention que pour mettre
sa notoriété au service de sa passion pour les monuments historiques.
Par exemple, elle s'est mis en tête de sauver
de la destruction la gare centrale de New York.
Elle lance une grande campagne et arrive à ses fins.
Ce qui lui tient peut être le plus à cœur,
ce sont les pages de l'histoire dans laquelle elle a été partie prenante.
Elle fonde à Boston la bibliothèque John Kennedy,
qui abrite aujourd'hui toutes les archives du gouvernement Kennedy.
L'un des choix les plus heureux qu'elle fasse dans les dernières années de sa vie,
c'est de prendre pour compagnon cet homme, Maurice Tempelsman.
Ils ont le même âge et le même goût pour l'art et les plaisirs simples.
Elle trouve avec lui l'équilibre qui lui a toujours manqué et un bonheur paisible.
Elle avait connu toutes les richesses possibles,
mais finalement, elle se rendait compte que
ce qui lui convenait le mieux, c'était une vie simple.
Au fond, elle a quitté le glamour et la beauté pour une relation difficile
à comprendre peut être, mais plus stable.
Elle était heureuse comme ça.
En février 1994,
Jackie apprend qu'elle est atteinte d'un cancer des glandes lymphatiques.
Elle accepte cette fatalité avec son flegme habituel.
Au fond, c'est un mal pour un bien, dit elle,
car j'ai l'impression de vivre une seconde vie.
Je ris plus souvent et je profite bien mieux
des choses.
Elle s'éteint dans son appartement de New York
le 19 mai 1994.
Elle sera enterrée selon sa volonté,
aux côtés de John Kennedy au cimetière d'Arlington.
Chaque année, 5 millions de visiteurs viennent se recueillir
sur la tombe des Kennedy ou brûlent encore la flamme allumée
par Jackie.
Ce que Jackie Kennedy nous a laissé en héritage ?
C'est son bon goût.
Il n'y a pas d'autre mot.
Ce bon goût qui était présent dans sa façon de s'habiller,
dans les intérieurs qu'elle décorait, dans les soirées
qu'elle organisait, mais surtout dans son comportement.
Elle l’incarnait tout simplement.
Elle le portait comme une aura.
Elle était le symbole même du bon goût.
On savait que ce qu'elle faisait était juste.
C'est pourquoi on la prenait pour exemple.
Je crois qu'elle a montré à des millions de gens comment il faut
se comporter dans cette vie compliquée qui est la nôtre.
Jackie a déclaré un jour Si l'on échoue avec ses enfants,
tout ce que l'on peut réussir d'autre dans la vie ne compte guère.
De ce point de vue encore, elle n'a rien eu à se reprocher.
John Junior fut rédacteur en chef d'un prestigieux magazine
jusqu'à sa tragique disparition en juillet 1999.
Caroline est avocate, mariée et mère
de trois enfants.
Quant à sa vie privée,
Jackie l'a jalousement tenu aussi secrète que possible.
Et peu avant de mourir, elle a brûlé toutes ses lettres
et ses papiers personnels.
Fidèle à elle même, elle a effacé ses traces pour sauvegarder
une fois encore sa dignité et emporter avec elle son mystère.